Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

PALMARES - Page 3

  • Palmarès du Festival de Cannes 2009, mes pronostics: un festival truffaldien...

    affichecannes20093.png

    Il y a 11 jours, lors de la cérémonie d’ouverture, lorsqu’il faisait référence à François Truffaut, le maître de cérémonie, Edouard Baer, n’imaginait sans doute pas à quel point l’ombre du cinéaste planerait sur ce festival… mais avant d’en venir au caractère truffaldien de ce Festival de Cannes 2009, pour moi en tout cas, et des films qui y ont été présentés, je tenais à préciser que Cannes continuera toute la semaine prochaine sur « In the mood for cinema » et sur « In the mood for Cannes » puisque vous y retrouverez de très nombreuses photos et vidéos  que je n’ai pas encore eu le temps de mettre en ligne mais aussi mes critiques de « A l’origine » de Xavier Giannoli, « Les Etreintes brisées » de Pedro Almodovar, « Les Herbes folles » d’Alain Resnais, « The time that remains » d’Elia Suleiman, « Visage » de Tsai Ming-Liang etc. Vous pourrez également lire mon bilan de ce festival, et mes commentaires sur le palmarès.

     

    Cette année, je n’ai ainsi pas eu le temps que j’aurais aimé avoir pour vous parler de chaque film mais finalement j’aime cette idée de vous en parler avec recul, loin de l’agitation, la frénésie, cette course à l’information vorace et effrénée, et parfois vaine qui règne à Cannes, et si je n’ai probablement pas eu le temps c’est sans doute, parce que, comme disait Truffaut « la vie a beaucoup plus d’imagination que nous ». Oui, décidément, la vie a été particulièrement imaginative cette année me faisant vivre un festival incroyable insolite, unique, irréel maniant les fils du hasard et du destin avec une habileté et une inventivité inégalées. Peut-être cette inventivité de la réalité est-elle la raison pour laquelle j’ai vu cette année certes de très bons films qui ne m’ont néanmoins pas enthousiasmée comme d’autres les années passées à l’exception d’ « Inglourious Basterds » (cliquez ici pour lire ma critique d' "Inglourious Basterds" de Quentin Tarantino), un film que, pourtant, je pensais détester, et qui pour moi mérite désormais la palme d’or. Le jury d’Isabelle Huppert décernera-t-il une deuxième palme d’or à Quentin Tarantino qui l’avait déjà obtenue pour « Pulp Fiction » , un cinéaste avec lequel elle a de surcroît eu quelques dissensions au moment du casting de ce même « Inglourious Basterds » ?

     

     Avant le festival, un blogueur m’a demandé, à la simple lecture des synopsis, sans avoir vu aucun film, quel serait, selon moi la palme d’or 2009. J’avais alors nommé « The time that remains » d’Elia Suleiman. Et je le nommerai, aussi, à nouveau. Dans ce film Elia Suleiman déjà récompensé par le Festival pour « Intervention divine » (prix du jury en 2002), mêle ses propres souvenirs à ceux des membres de sa famille, dressant un portrait de la vie quotidienne de ces Palestiniens qui sont restés sur leurs terres natales et qu’on nomme « Arabes-Israéliens » vivant comme une minorité dans leur propre pays. Ce film burlesque et politique, grave et poétique, visuellement parfait (à l’image  d’« Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino, « Les Etreintes brisées » de Pedro Almodovar) qui emprunte à Keaton et à Tati pourrait bien se voir couronné de la distinction suprême pour la perfection de chacun de ses plans mais aussi pour l’absurdité d’une guerre qu’il souligne à la manière de Tati, la désamorçant par la "politesse du désespoir", le rire, mais aussi par sa poésie enchanteresse. Un film pacifiste, de surcroît drôle et poétique : une palme d’or idéale non ?

     

    Si la palme d’or est un prix cinématographique, couronnant le talent d’un cinéaste, elle est, en effet, bien au-delà de ça, le reflet d’un message adressé au monde, ou bien le reflet de ses souffrances, d’une plaie mise à nu. Et si cette palme devait être politique, alors elle reviendrait indéniablement à Suleiman. Si elle devait couronner le talent, l’imagination, la jubilation du spectateur, le plaisir (une notion parfois oubliée cette année mais que Tarantino concilie admirablement avec une exigence artistique remarquable) ce serait Tarantino.

     

    Viennent ensuite « Les Etreintes brisées » de Pedro Almodovar et « Un Prophète » de Jacques Audiard. Le premier présente comme point commun avec le film de Tarantino d’être une déclaration d’amour fou au cinéma ( et à Penelope Cruz dont le cinéaste sublime et révèle le talent et la beauté ravageuse comme rarement un cinéaste l’a fait avec une actrice),  pour certains un film moins bon que les précédents, il n’en demeure pas moins d’une maîtrise parfaite, d’un graphisme fascinant,  influencé par Hitchcock, Bunuel, Rossellini (et même Truffaut par le biais de Jeanne Moreau décidément très présente dans l’esprit des cinéastes cannois, voir plus bas)… un film d’une sensualité mélancolique  qui est aussi un régal de chaque instant pour les cinéphiles. Certains lui ont reproché son manque d’émotion qui à mon avis sied au contraire au caractère des personnages et montre encore une évolution dans son cinéma.

     

     Non seulement cette mise en abyme relie le film d’Almodovar et celui de Tarantino mais aussi leurs dénouements qui se font joliment écho. Pour moi, il serait impossible que l’un et l’autre ne figurent pas au palmarès même si un prix autre que la palme d’or serait peut-être une déception pour le cinéaste espagnol dont on dit qu’il pensait déjà l’obtenir pour « Volver » (couronné d’un prix d’interprétation collectif).

     

    Vient ensuite « Un Prophète » de Jacques Audiard, un film d’une intensité rare qui non seulement met en exergue les difficultés de vie dans les prisons, l’inhumanité qui y règne et qu’elle suscite, une plaie à vif de notre société, mais qui est aussi un divertissement. Ce sujet en pleine actualité et la maîtrise là aussi impressionnante du cinéaste pourraient lui valoir une palme d’or même si on dit sur la Croisette que deux palmes d’or françaises consécutives seraient impossibles pour deux films qui par ailleurs possèdent en commun de souligner des réalités sociales brûlantes. Il pourrait donc se voir remettre, au même titre que les films précédemment cités, le prix du jury ou le Grand prix du jury (qui en général prime l’originalité et la recherche) ou bien un prix spécial du jury et plus vraisemblablement un prix d'interprétation (voir ci-dessous).

     

    Concernant le Grand Prix du jury, qui en général crée la surprise, le jury pourrait également primer un film plus déconcertant  (et ils n’ont pas manqué pendant ce festival)  à l’exemple de « Visage » de Tsai Ming-Liang, allègrement sifflé hier soir et qui a pourtant le mérite de dérouter, de nous embarquer sur des chemins inhabituels mais à Cannes l’impatience, l’exigence de l’immédiateté, le refus de laisser le temps au temps ont fait que la moitié de la salle avait quitté la projection quand la lumière s’est rallumée. Ce film est pourtant (lui aussi) un vibrant hommage au cinéma et à Truffaut (on retrouve ainsi trois de ses actrices fétiches avec une mariée non plus en noir mais en blanc, dans une scène irrésistible ; il souligne les jambes de Fanny Ardant à la manière de Truffaut dans « Vivement dimanche » et puis bien sûr la présence de Jean-Pierre Léaud, sans oublier « le tourbillon de la vie » fredonné comme si de rien n’était)… Et comme le dit  Ken Loach : « Le cinéma, c’est comme le foot : quand on joue sans risque, on peut gagner mais le match sera bien vite oublié ».

     

     Le jury pourrait également créer la surprise en remettant ce prix à « Nuit d’ivresse printanière » de Lou Ye ou à un film qui a suscité la polémique : « Antichrist » de Lars Von Trier (que je n’ai pas vu mais au cours de la projection duquel de nombreux spectateurs se sont évanouis, sans compter le réalisateur refusant de revenir dans le Grand Théâtre et s’étant enfermé dans les toilettes). Oui, Gilles Jacob avait raison : Cannes n’est pas un festival pour « les âmes sensibles ». Sa violence peut surgir, brutalement, à chaque instant.

     

     Ce prix pourrait aussi être beaucoup plus consensuel en couronnant un film d’un classicisme irréprochable comme « Bright star » de Jane Campion, ou « Map of the sounds of Tokyo » d’Isabel Coixet, un film d’une simplicité envoûtante, ou bien encore la folie juvénile de l’octogénaire Alain Resnais dans "Les herbes folles" (là encore un film avec une mise en abyme qui pour moi s’apparente davantage à un court-métrage à chute, le cinéaste semble s’être beaucoup amusé mais ce film dont je vous reparlerai ces jours prochains est loin d’être son meilleur).

     

    Ce prix pourrait aussi être attribué à un film de genre, le western urbain de Johnnie To « Vengeance ». Les films précités pourraient également se voir remettre un prix spécial ou une mention spéciale.

     

    Concernant le prix du scénario : les films de Pedro Almodovar, Quentin Tarantino, Jacques Audiard ou encore celui d’Isabel Coixet (« Map of the sounds of Tokyo ») pourraient également y prétendre. Ce sont en tout cas mes favoris dans ce domaine et parmi ceux que j’ai vus. (même si d’après les échos de la Croisette « Vincere » pourrait aussi prétendre à ce prix, mais je ne l’ai pas vu…)

     

    Enfin concernant les prix d’interprétation,  pour le prix d’interprétation masculine : Tahar Rahim dans « Un Prophète », LA révélation de ce festival (ce qui serait par ailleurs un moyen de récompenser le talent de directeur d’acteurs de Jacques Audiard, et une « consolation » si ni la palme d’or ni le grand prix ni le prix du jury ne pouvaient lui être remis), Elliot Tiber pour « Taking Woodstock » (je précise que je n’ai pas vu ce film), François Cluzet dans « A l’origine »,  Sergi Lopez dans « Map of the sounds of Tokyo ».

     

     Concernant le prix d’interprétation féminine : Abbie Cornish dans « Bright star » ou Penelope Cruz dans « Les Etreintes brisées » (mes choix avec Tahar Rahim dans le film de Jacques Audiard, pour le prix d’interprétation masculine). Récompenser l’actrice espagnole serait là aussi une manière de récompenser l’immense directeur d’acteurs qu’est Pedro Almodovar  et empêcher qu’il ne reparte bredouille (ce qui, à mon sens, est impossible). Il pourrait également s’agir de Katie Jarvis dans « Fish tank », Charlotte Gainsbourg dans « Antichrist », Giovanna Mezzogiorno dans « Vincere » (je précise que je n’ai pas vu ces trois derniers films).

     

    Je précise en effet à nouveau que je n’ai pas vu tous les films de la compétition et notamment le film de Michael Haneke «  Le Ruban blanc » et « Vincere » de Marco Bellochio dont on dit également qu’ils pourraient figurer au palmarès (même si concernant le premier la position d’isabelle Huppert est un peu délicate puisqu’il s’agit du cinéaste qui lui avait permis d’obtenir le prix d’interprétation féminine à Cannes pour « La Pianiste ».)

     

    Si ce festival a été pour moi une « joie » immense, à tel point que je me demande encore si qui était réel ou ne l’était pas, la réalité ayant bien souvent dépassé l(m)a fiction et me confrontant chaque jour à un choix cornélien entre la vie et le cinéma (même si les deux se subliment réciproquement, se consacrer à l'un c'est parfois oublier l'autre, aussi entremêlés soient-ils à Cannes, comme nulle part ailleurs), j’espère que le retour à la réalité ne sera pas une « souffrance ».  « Les films sont plus harmonieux que la vie. Il n’ya pas d’embouteillages dans les films, il n’y a pas de temps mort » écrivait François Truffaut (citation de « La Nuit Américaine »). Ce festival qui s’est apparenté à un film, aussi a été plus harmonieux que la vie qu’il a sublimée.  Sans aucun temps mort. Sans une seconde pour éprouver l’écoulement du temps. Sans une seconde pour réaliser. Pour réaliser que c’était la vraie vie. Pour réaliser que ces instants vont s’enfuir à jamais mais que leur souvenir restera, majestueux, inaltérable. Claude Sautet (que, je sais, je ne me lasse pas non plus de citer) disait que le cinéma doit « faire aimer la vie ». La vie est-elle si cruelle, insupportable pour que les cinéastes nous donnent cette année surtout envie d’aimer le cinéma ? Resnais, Tarantino, Almodovar, Tsai Ming-Liang ont ainsi signé des films de cinéastes et de cinéphiles, des mises en abyme tortueuses et savoureuses. Non, je crois surtout qu’ils avaient envie de dire qu’ils aimaient le cinéma. Passionnément.   Je vous avais bien dit dans mon édito que le cinéma sortirait grand vainqueur. Quoiqu’il arrive.  Viva il cinema !

     

    A suivre sur « In the mood for cinema », « In the mood for Cannes » et « Off Cannes » (le blog d'Allociné à Cannes pour lequel j'écris également) : de nouvelles critiques de films présentés sur la Croisette, mes commentaires sur le palmarès, mon bilan de ce Festival de Cannes 2009,  de nombreuses vidéos et photos inédites et des remerciements auxquels cette année tout particulièrement je tiens à consacrer un article entier.

     

    Mes favoris de ce Festival de Cannes 2009: "Inglourious Basterds" de Quentin Tarantino, "Les Etreintes brisées" de Pedro Almodovar, " The time that remains" d'Elia Suleiman, "Un prophète" de Jacques Audiard,  "Map of the sounds of Tokyo" d'Isabel Coixet .

     

     Alors, quel(s) message(s) Isabelle Huppert et son jury veulent-ils adresser au monde et à celui du cinéma, quel(s) reflet (s) veulent-ils en donner? Réponse et analyse ce soir sur ce blog...

     

  • L'ouverture du 62ème Festival de Cannes

    2009_0514Cannesouverture20090053.JPG
    Cannestéléphone1 001.jpg
    Cannestéléphone1 002.jpg
    2009_0514Cannesouverture20090015.JPG
    2009_0514Cannesouverture20090020.JPG
    2009_0514Cannesouverture20090031.JPG
    2009_0514Cannesouverture20090037.JPG

     

    Un an. Un an déjà. Un an que je me trouvais dans cette même salle du Grand Théâtre Lumière, alors pour l'ouverture du 61ème Festival de Cannes. Toujours aussi vertigineuse. Ou peut-être était-ce hier : le présentateur est d’ailleurs toujours le même, avec son air et ce ton  si particulier, faussement nonchalants, d’une légèreté gravité ou d’une gravité légère, un oxymore à lui tout seul d’ailleurs. Tête d’oxymore, voilà une qualification très baerienne. Il y a un an disais-je. Il y a un an déjà : cette même sensation que cela durerait éternellement, cette belle parenthèse, le doux miroir de mes rêves pour paraphraser une chanson à l’honneur lors de cette ouverture. Oui, alors peut-être bien était-ce hier, peut-être que les 365 autres jours n’ont existé que dans mon esprit, que je n’ai jamais quitté ce lieu  qui, en une seconde, peut vous saisir d’émotion sans doute en raison de « la force si perceptible en ce lieu du cinéma, notre art » pour reprendre les termes de la présidente de cette édition 2009, Isabelle Huppert. Elle aussi était légèrement grave. La voix qui trahissait une émotion à peine audible mais bel et bien là, une voix assurée sans être arrogante, une voix qui sera celle du cinéma, et peut-être au-delà, du monde et de ses rêves et de ses tourments, par le nom qu’elle prononcera dans 10 jours. 10 jours qui vont « rendre fantastique le réel », 10 jours à l’oublier ce réel, 10 jours à le transcender. 10 jours à découvrir des films magistraux à voir les extraits des films en compétition projetés hier soir. Chacun contenait déjà la promesse d’un grand moment de cinéma. Grâce à des cinéastes obstinés, libres, imaginatifs, intelligents, fous qui, selon Isabelle Huppert citant Fellini, nous diront qui « nous sommes et qui nous serons » même si peut-être ce festival nous le fera parfois oublier, chacun jouant ici à être quelqu’un d’autre, jouant avec l’image, avec son image, avec les images.

     

    Sean Penn nous avait promis une palme d’or politique. Isabelle Huppert nous parle du « cinéma comme une machine de vérité ».  La vérité est-elle toujours politique ? L’est-elle toujours à Cannes, en tout cas ? Réponse dans 10 jours.  Après cette « fête en larmes ». Cette « joie et cette souffrance ». Edouard Baer a bien fait de citer Truffaut. Oui, hier je disais aussi que le cinéma était une joie. Mais comme toute passion, aussi cinématographique soit-elle, c’est une joie et c’est aussi une souffrance. Une fête en larmes, il nous l’a bien dit. Même si elles seront de crocodiles pour certains. Parce que la machine de vérité sera probablement plus présente sur les écrans cannois que sur la Croisette, comme toujours.

     

    Et puis… et puis la voix de Bryan Ferry a retenti, et on a tout oublié : la joie, la souffrance, Fellini, Truffaut, la salle vertigineuse pour se laisser porter par cette voix, cet air envoûtant, si cinématographique, mélancolique, une joie et une souffrance qui nous fait revenir à Truffaut finalement, une voix qui nous a portés donc  comme je me laisserai porter pendant ces 10 jours sans doute, avant de réaliser que le rêve était éveillé, évidemment lorsqu’il sera trop tard.

     

    2009_0514Cannesouverture20090049.JPGAprès ? Après vous savez : Charles Aznavour et Hafsia Herzi ont déclaré ouverte cette 62ème édition. Et puis après, encore, quand pour vous le rideau est tombé, Thierry Frémaux est monté sur scène, avec son enthousiasme toujours aussi débordant et communicatif, et accessoirement ses lunettes pour la projection en 3D de « Là-haut », le film d’animation des Studios Disney-Pixar qui sortira en salles le 29 juillet prochain, un film scénarisé par  Pete Docter et Bob Peterson, et produit par Jonas Riviera et John Lasseter. « Là-haut » est ainsi le premier dessin animé à être projeté en ouverture du Festival de Cannes, et aussi le premier à être projeté en 3D dans le grand théâtre Lumière (d’où ces lunettes si seyantes, je vous rassure ainsi, ou pas : ce n’est pas le remède à une cataracte précoce…).

     

    là-haut.jpgDans « Là-haut », un vieux monsieur bougon qui a toujours rêvé de partir à l’aventure, s’y résout, après le décès de sa femme. Il part en Amérique du Sud,  avec sa maison qui vole,  entraînée par des ballons multicolores, accompagné d’un jeune scout. Evidemment l’un et l’autre vont s’enrichir et grandir grâce à cette rencontre et à cette aventure jalonnée d’animaux truculents. Un film qui ressemblait finalement beaucoup à ce Festival. Un conte initiatique. Cannes ne l’est-il pas aussi ? Initiatique, en tout cas. Une histoire qui nous emmène au-dessus du monde, nous fait voler, rêver, certes mais peut-être pour mieux le voir et le regarder, ce monde. Une histoire qui nous dit qu’il n’y a pas d’âge pour réaliser ses rêves aussi fous ou démesurés soient-ils. Une idée judicieuse donc pour cette ouverture. Un film qui, certes, n’a pas déchainé l’enthousiasme des festivaliers à l’issue de la projection, mais qui les fait commencer ce festival avec optimisme, des ballons multicolores plein les yeux, l’envie de dévorer l’existence et ses rêves.

     

     Le passage muet et si parlant est magnifique, le visuel est irréprochable, c’est drôle et touchant, sans être simpliste ou trop moralisateur, même si cela captivera sans doute plus les petits que les grands… Espérons en tout cas que ce festival nous emmènera aussi haut et loin  que Carl, ce jeune homme de 78 ans (dont la voix française est celle d’un autre jeune homme de 84 ans, Charles Aznavour que nous n’avons malheureusement pas entendu accompagner « She » avec Bryan Ferry comme c’était apparemment prévu, comme quoi la magie est unique et imprévisible, comme celle du tourbillon de la vie de Jeanne Moreau et Vanessa Paradis). A suivre sur « In the mood for Cannes » avec, pour commencer aujourd’hui « Nuits d’ivresse printanière »  du chinois Lou Ye.

     

    Vous pourrez revoir l’intégralité de cette cérémonie sur le site officiel du Festival: http://www.festival-cannes.com .

     

    Mes vidéos (pardon pour la mauvaise qualité et les mouvements un peu brusques, je ferai mieux la fois prochaine...):

     

    L'arrivée de l'équipe de "Là-haut" dans la salle du Grand Théâtre Lumière:

     

    La tête d'oxymore présente la cérémonie d'ouverture:

     

     

    Madame la Présidente: Isabelle Huppert

     

     

    Bryan Ferry interprète "She"... et la magie opère...

     

     

    Charles Aznavour et Hafsia Herzi déclarent le 62ème Festival de Cannes ouvert

     

  • "Là-haut", le nouveau film des Studios Disney Pixar en ouverture du 62ème Festival de Cannes en 3-D relief (explication et bande annonce)

    up2.jpg

    up1.jpgLà-haut (UP), le nouveau film d'animation des studios Disney Pixar produit sous l’égide de John Lasseter fera l’ouverture du 62e Festival de Cannes en avant-première mondiale en 3-D Relief le mercredi 13 mai 2009.

    Là-haut est une comédie d’aventure, l’histoire d’un vieil homme qui rêve de faire un voyage en ballon en Amérique du sud. Le jour où ce rêve s’accomplit, il s’aperçoit qu’un passager encombrant l’accompagne…

    LÀ-HAUT est réalisé par Pete Docter, réalisateur de MONSTRES & CIE. (2001) et auteur des histoires originales de TOY STORY  (1995), de TOY STORY 2 (1998) et de WALL-E (2008). Il est co-réalisé par Bob Peterson, également scénariste, par ailleurs auteur du MONDE DE NEMO (2003).

    John Lasseter est le directeur de la création de Walt Disney Animation Studios et de Pixar Animation Studios, réalisateur oscarisé et producteur de TOY STORY, TOY STORY 2, 1001 PATTES, MONSTRES & CIE, LES INDESTRUCTIBLES, LE MONDE DE NEMO, CARS, RATATOUILLE et WALL-E

    C’est la première fois qu’un film d’animation fera l’ouverture du Festival de Cannes, et qui plus est en 3-D Relief.

    L’animation a déjà connu les honneurs de la sélection officielle avec DUMBO (1947), LA PLANETE SAUVAGE (1973), FRITZ LE CHAT (1974), SHREK (2001), LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE (2003), SHREK 2 (2004), NOS VOISINS LES HOMMES (2006), KUNG-FU PANDA, PERSEPOLIS (2007) et VALSE AVEC BASHIR (2008).

    LÀ-HAUT sortira en salles aux Etats-Unis le vendredi 29 mai puis en France le 29 juillet.

    Le Festival de Cannes se déroule du mercredi 13 au dimanche 24 mai 2009.

    Le jury est présidé par la comédienne française Isabelle Huppert.

    Monaco.jpgEn attendant d'autres informations concernant ce 62ème Festival de Cannes que vous pourrez suivre en direct, de l'ouverture à la clôture, sur "In the mood for Cannes", je vous invite à retrouver mon compte rendu du 11ème Festival du Film Asiatique de Deauville sur In the mood for Deauville, et à suivre le Forum International Cinéma et Littérature de Monaco, actuellement en direct sur In the mood for cinema.

     

     

     

    BANDE ANNONCE De "Là-haut"

  • "Millenium" ou "Anges et démons" en ouverture Festival de Cannes 2009?

    Le thriller "Millenium "réalisé par Niels Arden Oplev , adaptation très attendue au cinéma du premier volet de la trilogie littéraire, véritable best seller de Stieg Larsson , pourrait ouvrir le prochain Festival de Cannes (le film sort ainsi en salles le 13 Mai prochain, jour d'ouverture du Festival).

    millenium.jpg

    Le film aurait ainsi été choisi au détriment d' "Anges et Démons" de Ron Howard , qui adapte quant à lui le livre éponyme de Dan Brown  qui sort également en salles le 13 Mai prochain.

    angeset.jpg

    A suivre sur "In the mood for cinema" et "In the mood for Cannes" puisque je serai en direct de Cannes pour vous faire vivre le festival du 13 au 24 mai.

    LE TEASER DE "MILLENIUM":

    BANDE-ANNONCE D'"ANGES ET DEMONS":

  • Le palmarès complet et détaillé du 61ème Festival de Cannes: une palme d'or française 21 ans après Pialat!

    1107435841.jpg

     793786238.jpg Il y a quelques heures Sean Penn a dévoilé le palmarès du jury du 61ème Festival de Cannes qu’il a présidé : un palmarès éclectique sans être consensuel et qui surtout, a permis que, 21 ans après la dernière palme d’or française à savoir celle de « Sous le soleil de Satan » de Maurice Pialat, la palme d’or soit attribuée à un film français : « Entre les murs »  de Laurent Cantet dont je vous parlais avec enthousiasme hier (vous pouvez également retrouver dans mon article d’hier les vidéos des réactions du public à l’issue de la projection).

     Cette palme d’or me ravit : ce film allie savamment humour et gravité, captant la poésie et la violence du quotidien, et est aussi d’une certaine manière peut-être le film le plus violent du festival comme l’a dit Jeanne Balibar lors de la conférence de presse du jury, un film qui a terminé en beauté cette sélection 2008 certes de moindre qualité que celle de l’année précédente, après une édition également moins festive qui n’en a pas moins été particulièrement intéressante et instructive sur le monde qu’elle a reflété.  Un film dont je vous parlerai à nouveau prochainement avec le recul nécessaire.

    Pour justifier la palme d’or, Sean Penn, lors de la conférence de presse du jury a ainsi évoqué la générosité qui s’en dégageait. Marjane Satrapi quant à elle  a déclaré : "Ce fut notre coup de cœur à nous tous. C’est un film qui va au-delà de la banlieue, au-delà de l’école, et qui posait la vraie question de la démocratie, de tous ces gens qui cohabitent ensemble sans donner de réponse en plus. Souvent, vous voyez un professeur qui règle tous les problèmes à la fin comme par miracle. Dans ce film, il n’y a pas de réponses mais toutes les questions que l’on se pose. C’était aussi les qualités du jeu et ce réalisme évident. J’étais une fervente admiratrice de ce film." Pour Sean Penn: "L’une des raisons pour lesquelles nous avons pris une décision unanime, c’est qu’on a commencé par l’art cinématographique. C’est un film sans coutures : l’interprétation, l’écriture, tout était magique, les provocations, la générosité. Cela correspond à tout ce que vous souhaitez au cinéma. En plus de cela, et à cause des problèmes que ce film aborde, grâce aussi à l’opportunité de ses sujets, dans un monde qui a faim, qui a besoin d’éducation, qui cherche une voix, ce film nous a beaucoup touchés." Lorsqu’il a reçu son prix Laurent Cantet a déclaré qu’il avait voulu faire un film « multiple, foisonnant, complexe » et c’est indéniablement réussi… à en croire les réactions du public pendant et après la projection, et à en croire le choix unanime du jury.

    866510718.JPG
    Ci-dessus, mon invitation pour la projection évènement de ce 61ème Festival de Cannes

    Le prix de la mise en scène à Nuri Bilge Ceylan me ravit également (je reviendrai sur ce film ces prochains jours), mon premier coup de cœur de cette compétition 2008. Le réalisateur a dédié son prix à son pays qu’il « aime passionnément ». Son film illustre parfaitement les propos de préambule de Faye Dunawaye concernant le prix de la mise en scène : « Un réalisateur doit être responsable pour chaque scène du film » paraphrasant ainsi Tarantino lors de sa leçon de cinéma. Un prix qui aurait également pu revenir à « Il Divo » auquel le jury a préféré remettre le prix du jury également mérité et qui, avec « Gomorra » récompensé du Grand Prix, signe le retour du cinéma italien à Cannes, et sur la scène cinématographique.

    Deux ans après leur dernière palme d’or pour « L’enfant », les frères Dardenne figurent de nouveau au palmarès cette fois avec le prix du scénario, un prix significatif pour des cinéastes dont on reconnaissait toujours d’abord les qualités de metteur en scène oubliant à quel point leurs scénarii étaient ciselés tant l’aspect documentaire de leurs films occulte que cela a été écrit nous donnant le sentiment d’une réalité prise sur le vif.

    1451956437.jpg

    Le prix d’interprétation masculine a été remis par le jury à l’unanimité de même que la palme d’or. Je ne me prononcerai pas sur le premier attribué à Benicio Del Toro (qui a dédié son prix au Che qu’il incarne) n’ayant pas vu « Che » de Soderbergh ni sur le prix d’interprétation féminine n’ayant pas non plus vu le film de Walter Salles et Sandra Thomas pour lequel Sandra Corveloni a été récompensée. (Me trompé-je où une certaine inquiétude s’est alors lue dans le regard de Catherine Deneuve qui a alors dû s’interroger sur la raison pour laquelle le festival lui avait demandé de revenir ? ). Walter Salles a ainsi déclaré : « Je suis fière de faire partie d’une profession qui est le reflet d’une nation sur la toile du cinéma ».

    1100482968.jpg

    580573474.jpgLe prix (prix spécial du 61ème Festival de Cannes) de Catherine Deneuve (c’était donc cela !) et Clint Eastwood  (photo ci-contre de Clint Eastwood prise par "In the mood for Cannes" lors de l'hommage à Manuel de Oliveira)était aussi un symbole fort envers deux monstres sacrés du cinéma, envers le mythe que Cannes a longtemps surtout symbolisé, envers un autre cinéma, celui de nos rêves d’enfant dont je vous parlais d’ailleurs en ouverture. L’émotion de Catherine Deneuve était palpable, on aurait aimé que la salle se lève comme elle l’a fait pour Robert De Niro, au-delà de l’actrice c’est le symbole de tout un pan de l’Histoire du cinéma mais aussi de sa capacité à se renouveler, à s’adapter aux évolutions du monde qui étaient ainsi récompensés. Il peut paraître un peu étrange que Sean Penn et son jury aient mis sur le même plan Catherine Deneuve et Clint Eastwood l’une étant venue à Cannes en tant qu’actrice et l’autre en tant que réalisateur. Le Président du jury a ainsi justifié ces deux prix spéciaux :

    "Je pense que eux (Catherine Deneuve et Clint Eastwood), et quelques autres dans le monde du cinéma, représentent la raison pour laquelle nous nous sommes lancés dans ce métier. Quand on est dans ce milieu depuis aussi longtemps et que l’on reste inventif, créatif, que l’on continue à élever son niveau, je considère cela comme un encouragement pour nous autres. Je ne parlerai pas de dette à leur égard. Nous devons reconnaître le poids qu’ils ont apporté au Festival et à notre travail."

    1376407235.JPG
    Ci-dessus, l'équipe de "Hunger" de Steve Mc Queen lors de la projection du film en ouverture de "Un Certain Regard"

    A noter également que « Hunger » de Steve Mc Queen a reçu le prix de la caméra d’or (qui récompense un premier long-métrage) présidé par Bruno Dumont, un film qui a fait l’ouverture de la sélection Un Certain Regard (dont je vous ai également parlé, voir mon article plus bas) dont la radicalité était destinée à plaire au président dudit jury. Bruno Dumont s’est ainsi dit « impressionné par la vitalité, la qualité, la liberté » de certains films présentés et que c’était rassurant pour le cinéma. Il a salué en Steve Mc Queen « la naissance d’un très grand metteur en scène » primé pour sa « grâce », pour la puissance de son cinéma, sa « capacité à élever l’Histoire et le spectateur qui le regarde ».

    La tension et l’émotion qui se lisaient dans le regard et les rictus innommables du Président du jury pendant tout le palmarès contrastaient avec la joyeuse désinvolture décalée du maître de cérémonie Edouard Baer qui a notamment ironiquement salué le jury en disant qu’il avait « rarement vu un jury aussi joyeux » ou encore en ironisant sur « l’être humain en chaque membre du jury », soulignant ainsi le caractère dérisoire de la folie cannoise. Tout juste Sean Penn a-t-il dit avec humour( !) qu’il dirait distinctement le nom des films ne l’ayant pas compris la fois où lui-même avait été nommé.

    Il me faudra certainement plusieurs jours avant d’émerger de la bulle d’irréalité cannoise, avant de pouvoir vous faire ici un nouveau bilan de ce festival avec le recul nécessaire (et évoquer notamment de nouveau cette palme d'or 2008 comme elle le mérite), avant de pouvoir évoquer toutes les émotions qu’il a suscitées et cristallisées. N’hésitez donc pas à revenir sur « In the mood for Cannes ». De nouveaux articles seront mis en ligne à partir de mercredi sur ce blog pour évoquer tout ce que l’effervescence cannoise ne m’a pas laissée le temps de vous raconter avec la distance indispensable pour le faire.

    196942289.JPG
    920465505.JPG
    1180842559.JPG
    29507823.JPG
    2087528642.JPG

    Ci-dessus, souvenirs de mon dîner de clôture, là où j’ai croisé les équipes de « Gomorra » et des « Trois singes »  applaudies par les convives, derniers sursauts grisants d’irréalité cannoise

    Sandra.M 

    PALMARES DETAILLE DU 61ème FESTIVAL DE CANNES 

    566890381.jpg

    EN COMPETITION - LONGS METRAGES

    Palme d'Or

    ENTRE LES MURS de / by Laurent Cantet

    Grand Prix
    GOMORRA de / by Matteo Garrone

    Prix du 61e Festival de Cannes
    Catherine Deneuve dans / for UN CONTE DE NOËL de / by Arnaud DESPLECHIN
    Clint Eastwood pour / for L’ÉCHANGE (The Exchange)

    Prix de la mise en scène
    ÜÇ MAYMUN (Three Monkeys / Les Trois Singes) de / by Nuri Bilge Ceylan

    Prix du Jury
    IL DIVO de / by Paolo Sorrentino

    Prix d'interprétation masculine
    Benicio Del Toro dans / for CHE de / by Steven SODERBERGH

    Prix d'interprétation féminine
    Sandra Corveloni dans / for LINHA DE PASSE de / by Walter SALLES, Daniela THOMAS

    Prix du scénario
    LE SILENCE DE LORNA de / by Jean-Pierre et Luc DARDENNE


    EN COMPETITION - COURTS METRAGES

    Palme d'Or
    MEGATRON de / by Marian Crisan

    Prix du Jury
    JERRYCAN de / by Julius Avery


    CAMERA D'OR


    HUNGER de / by Steve McQueen (Un Certain Regard)

    Mention Spéciale Caméra d'Or
    VSE UMRUT A JA OSTANUS (Ils mourront tous sauf moi) de / by Valeria Gaï GUERMANIKA (Semaine Internationale de la Critique)


    UN CERTAIN REGARD

    Prix Un Certain Regard - Fondation Gan pour le Cinéma
    TULPAN de / by Sergey Dvortsevoy

    Prix du Jury
    TOKYO SONATA de / by Kurosawa Kiyoshi

    Coup de Coeur du Jury
    WOLKE 9 de / by Andreas Drese

    Le K.O. du Certain Regard
    TYSON de / by James Toback

    Prix de l'espoir
    JOHNNY MAD DOG de / by Jean-Stéphane SAUVAIRE

    CINEFONDATION

    Premier Prix de la Cinéfondation
    HIMNON (Hymne) de / by Elad Keidan (The Sam Spiegel Film and TV School, Israël)

    Deuxième Prix de la Cinéfondation
    FORBACH de / by Claire Burger (La fémis, France)

    Troisième Prix de la Cinéfondation
    STOP de / by Park Jae-ok (The Korean Academy of Film Arts, Corée du Sud)
    KESTOMERKITSIJÄT (Signalisation des routes) de / by Juho Kuosmanen (University of Art and Design Helsinki, Finlande)

  • Bilan provisoire de cette édition 2008: en attendant le palmarès...

    1757800905.JPG
    803385360.JPG

     Je ne dispose que de quelques minutes pour faire un premier bilan de cette édition 2008 sur lequel je reviendrai bien évidemment. Je précise au préalable que je n’ai vu que 11 des 22 films en compétition, ce qui relativise par conséquent ce bilan, néanmoins les films que j’ai vus (je pourrais d’ailleurs en dire autant de ceux projetés à « Un Certain Regard ») s’inscrivent dans la lignée de ce qu’évoquait Sean Penn en début de festival à savoir qu’il souhaitait primer des films qui montrent que leurs réalisateurs ont conscience du monde dans lequel ils vivent. Non seulement ils en ont conscience mais cherchent à nous en faire prendre  conscience en recourant le plus souvent à un style très réaliste, proche du documentaire et que le film des frères Dardenne « Le silence de Lorna » incarne à la perfection et dont il incarne la perfection. Une troisième palme d’or est-elle envisageable pour les deux frères belges ? En tout cas un prix d’interprétation pour la jeune actrice Arta Dobroshi serait amplement mérité et une palme d’or ne serait pas non plus volée pour ce film qui reste un de mes favoris de cette édition 2008 (que je trouve globalement moins bonne et surtout moins diversifiée que l’édition 2007).

    Le choix sera donc sans doute d’autant plus cornélien que tous les films ou presque peuvent entrer dans cette définition de « conscience du monde ».

    Les palmes des festivaliers et de la presse sont pour le moment : « L’échange » de Clint Eastwood, « Un Conte de noël » d’Arnaud Desplechin et « Entre les murs » de Laurent Cantet.

    Les films de cette année évoquaient souvent le thème de l’enfermement ( que de plans derrière des barreaux !), l’aveuglement au sens propre comme au figuré, la difficulté de communication (le thème de « Babel » sans le talent d’Inarritu). Par conséquent les films qui s’évadaient de ces thèmes comme « Two lovers » de James Gray et « La frontière de l’aube » de Philippe Garrel, et  malgré la noirceur du dernier que je continue à défendre, constituaient une salutaire respiration.  Je continue à  souhaiter à ce dernier un grand prix ou un prix du jury ou pourquoi pas une palme d’or qui ne manquerait pas de diviser les festivaliers qui ont hué et méprisé ce film qui n’en méritait pas tant.

     « My magic » de Eric Khoo que je n’ai pas eu l’occasion de voir mais dont j’ai reçu de nombreux échos enchantés, film poétique en décalage avec le reste de la sélection pourrait aussi emporter l’adhésion du jury.

    Pour la mise en scène  « Les trois singes » et la réalisation picturale et envoûtante de Nuri Bilge Ceylan (qui pourrait aussi mériter un prix du scénario, un grand prix ou un prix du jury) et  la réalisation époustouflante de « Il Divo » figurent parmi mes favoris…  Clint Eastwood est également un sérieux prétendant au titre pour « L’échange ».

     Pourquoi ne pas aussi remettre deux prix d’interprétation féminine : un à Angelina Jolie, récompensant ainsi indirectement Clint Eastwood et un cinéma plus académique et « hollywoodien » (qui n’en a d’ailleurs pas moins une résonance politique et qui, à cet égard, correspond également aux vœux de Sean Penn quant aux films primés) et en même temps l’actrice du « Silence de Lorna », Arta Dobroshi, récompensant ainsi un cinéma au style radicalement différent, réaliste et non moins poignant.

    Il pourrait d’ailleurs en aller de même pour le prix d’interprétation masculine (une double récompense récompensant deux sortes de cinéma)… Concernant le prix d'interprétation féminine les actrices de deux films que je n'ai pas vus: "Leonera" et "La femme sans tête" figurent aussi parmi les favoris des festivaliers.

    Pour le prix d’interprétation masculine, les prétendants au titre sont nombreux (Benicio del Toro pour  Che, « Toni Servillo » pour « Il Divo », pourquoi pas François Bégaudeau pour « Entre les murs », manière singulière de primer ce film qui repose essentiellement sur le talent d’auteur de ce dernier, mais aussi d’interprète, d’ailleurs dans tous les sens du terme, interprète des fragilités du monde dont il a lui aussi pleinement conscience et sait avec brio nous faire prendre conscience, ou encore parmi les prétendants Phillip Seymour Hoffman même si je suis restée totalement hermétique à ce film prétentieux, une récompense à Mathieu Amalric ne serait pas non plus à exclure, une autre manière de distinguer « Un conte de noêl », qui a tant charmé les festivaliers ) même si ma préférence va à Joaquin Phoenix pour « Two lovers ». Le primer permettrait par ailleurs de faire un clin d’œil à un cinéma moins réaliste et social que celui que le reste du palmarès mettra probablement en valeur si on se fie aux dires du président du jury.

    Il est aussi difficile d’imaginer que « Entre les murs » (Grand prix ? Prix du jury ?) reparte bredouille même si on imagine toute la difficulté de la traduction à transcrire toutes les subtilités de la langue française  et de ses décalages ici au centre du film.

    « Waltz with Bashir » d’Ari Folman que je n’ai pas vu figure également parmi les favoris, notamment en raison de sa portée politique. Il serait étonnant que la palme d’or soit attribuée à un film d’animation et la palme d’or est finalement rarement surprenante mais un prix du jury ou un grand prix ou un prix du scénario sont également probables.

    Pourquoi ne pas non plus attribuer la palme d’or à un film chinois comme « 24 city » de Jia Zhang Ke, signe fort envers un pays actuellement dramatiquement (et doublement) au centre de l’actualité et envers un cinéaste particulièrement talentueux sans concessions pour son pays et n'oublions pas que la palme d'or, ces dernières années, a toujours eu une portée sociale et/ou politique (d'où également une potentielle troisième palme d'or pour les Dardenne).

    Ce ne sont là que quelques pistes que je n’ai pas le temps d’approfondir en précisant de nouveau que je n'ai vu que 11 films sur 22. Je précise que je n’ai pas eu le temps d’évoquer sur ce blog tous les films vus lors de ce Festival, j’y reviendrai bien évidemment à mon retour notamment sur le remarquable « La vie moderne » de Raymond Depardon, sur « Une histoire italienne », sur « Un Conte de noël » et quelques autres ainsi que sur les moments marquants de ce festival que je n'ai pas toujours eu le temps d'évoquer, emportée par le tourbillon et la frénésie festivaliers.

      J’analyserai également bien entendu en détails ce palmarès qui sera dans tous les cas passionnant, peut-être déroutant et évidemment  particulièrement attendu et ausculté.

    Réponses ce soir à 19H15. La cérémonie sera de nouveau présentée par Edouard Baer et la palme d’or remise par Robert De Niro.

    Ci-dessous, pour patienter en attendant le palmarès, quelques photos supplémentaires de cette édition 2008 et de la Croisette…

    1635897131.JPG
    Le plateau de l'autre évènement de Cannes: "Le Grand journal" de Canal plus
    419283104.JPG
    Le ponton du Martinez
    1648202752.JPG
    Kung Fu Panda à l'honneur sur le ponton du Carlton
    631105840.JPG
    L'entrée du marché du film
    1749207744.JPG
    Le plateau du Grand Journal de Canal plus
    741721880.JPG
    L'équipe d'"Une histoire italienne" (à gauche: Monica Bellucci)
    1102453639.JPG
    La fin du marché du film
    1467865393.JPG
    Nouveauté 2008: les concerts live avec le dernier soir le rock à l'honneur avec "Le Cercle", Richard Kolinka, Daniel Darc
    767396433.JPG
    Sandra.M
  • La cérémonie de clôture et le palmarès complet du 60ème Festival de Cannes

     

    b4dd5720e2ea850bacc75dc6034ee922.jpg
    9d6b6f21099d5128145200c5705f2d3d.jpg

    Dimanche 27 Mai 2007. Le Mistral s’est levé, soudain. Dernière journée du festival. Dernière projection. Derniers rayons du soleil. Après l’effervescence, son évanescence. J’ai l’impression pourtant encore que cela durera toujours : la musique environnante, incessante, qui rythme mes pas et cœur légers de festivalière aguerrie à l’insouciance, ou à la feindre jusqu'à y croire, la musique qui me donne l’impression d’avancer dans un ralenti langoureux, d’être la protagoniste mélancolique d’un film de Wong Kar-Wai, forcément envoûtant, d’une autre blueberry night, la musique qui enivre et ne laisse plus le temps de penser qu’un jour, peut-être proche, cela se terminera, il le faudra bien, la musique qui magnifie  l’irréalité cannoise, la musique qui donne l’impression que Cyd Charisse et Fred Astaire vont surgir et esquisser quelques pas de danse sur le tapis rouge, la musique qui me donne  envie d’esquisser quelques pas de danse à mon tour, la musique qui ne parvient néanmoins pas à me faire oublier les objectifs braqués sur le tapis rouge qui m’en empêchent, dans un sursaut de conscience, la musique de U2 souvent, réminiscence d’un moment magique de ce festival,  With or without you, protagoniste d’un film de Winterbottom peut-être finalement, la musique qui ne parvient pas à dérider tous les festivaliers, ceux toujours énervés,désabusés, harassés, blasés, aveuglés par leur suffisance, masque de leur frustration d’ignorés des flashs dont ils auraient aimé qu’ils les aveuglent, eux, les déjà aveuglés, la musique qui réunit les aveugles de toutes sortes, dans un tourbillon euphorisant. L’impression que la musique, heureusement, ne se taira jamais donc, l’impression que les journées s’achèveront toujours par des projections dans le Grand Théâtre Lumière, ou qu’elles ne s’achèveront pas même, puis par une cavalcade, souvent effrénée, malheureusement rarement sincère, d’applaudissements, par des déambulations sur la plage, toujours en musique évidemment,  par une frénésie insatiable d’images, de découvertes cinéphiliques, de bruits et rumeurs, de fêtes, et l’illusion que tout cela est la réalité, immortelle, l’impression présomptueuse de l’être, qu’aujourd’hui et  demain ne meurent jamais, la musique qui précède la cérémonie de clôture, qui précède le silence, la tension, le temps de réaliser que je suis dans cette salle où dans quelques secondes s’écrira une page de l’histoire du cinéma, la dernière page de ce 60ème anniversaire surtout, page si dérisoire et essentielle, là où le dérisoire et le futile, l’espace de quelques jours, se sont transformés en essentiel. Faire taire la nostalgie qui pointe son nez, que dis-je, son cap, sa péninsule,  repenser à la musique qui n’en laissait pas le temps, et surtout écouter Diane Krüger, hésitante, solennelle, gênée par son rire nerveux, probablement doublement angoissée puisqu’elle est à la fois la maîtresse de cérémonie et une des actrices principales du film de clôture : « L’âge des ténèbres » de Denis Arcand.

    Cannes, déjà dégrisée, déjà ailleurs, déjà au lendemain, déjà au 61ème, est bien morne en cette soirée de clôture. Elle est déjà bien loin l’atmosphère festive du dimanche 20 Mai, fête d’anniversaire de ces 60 ans. Jamel Debbouze tente l’impertinence avec un succès relatif. Alain Delon réussit à émouvoir de sa belle et charismatique audace, sursaut de magie dans une salle qui en a connu tellement , qui n’en est jamais rassasiée, qui s’en galvanise, pour prolonger encore un peu la musique puis, après les 25 secondes d’applaudissements pour Romy Schneider qu’il a demandées,  il annonce le prix d’interprétation féminine pour l’actrice de Secret Sunshine, la Coréenne Jeon Do-yeon aussi inconnue que son homologue masculin primé pour Le Bannissement, le Russe Konstanton Lavronenko dans un film qui, pour sa réalisation magistrale, aurait mérité le prix de la mise en scène. Je précise que je n’ai pas vu trois des films figurant au palmarès d’où leur absence dans mes pronostics, dont Lumière silencieuse du Mexicain Carlos Reygadas, prix ex aequo du jury avec Persepolis film d’animation de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, satire du régime iranien, que je n’ai pas vu également.

    58781468d4ba2956a9815b7e3e7035c6.jpgL’annonce du palmarès se poursuit : le festival de Cannes, plus que jamais fenêtre ouverte sur le monde, récompense cette année essentiellement le jeune cinéma, le cinéma d’auteur…et d’inconnus.  Le scaphandre et le papillon reçoit le prix de la mise en scène, lueur d’espoir malgré son sujet âpre, hymne au pouvoir de l’imagination, de la création artistique, bijou de poésie, de dérision et de grâce. (J’y reviendrai dans une critique). 

     

     Le reste du palmarès laisse de côté les habitués du festival et le cinéma américain (à l’exception du prix du 60ème attribué à Gus Van Sant pour Paranoïd park dans lequel on retrouve la marque du cinéaste : plans séquences, même scène vue sous un angle différent, plans de dos…mais qui n’arrive pas à la hauteur de Elephant et Gerry. Dommage que ce prix n’ait pas été attribué à Wong Kar-Wai, peut-être par ce prix le jury a-t-il souhaité contenter le cinéma américain alors que le cinéma asiatique figurait déjà largement au palmarès, le festival de Cannes est autant affaire de diplomatie que de cinéphilie…)

    Jane Fonda se prend pour Marilyn Monroe et confond Gilles Jacob et Kennedy en susurrant un « happy birthday president » (Ah bon c’est Gilles Jacob qui a 60 ans ?) puis elle annonce la palme d’or attribué à  4 mois, 3 semaines et 2 jours du roumain Cristian Mungiu.

    Les lauréats et les remettants reviennent sur scène, après quelques timides applaudissements. Puis, déjà, on démonte la scène pour projeter le film de clôture.  Cela se termine, toujours brutalement.

    Je m’éclipse. Je ressors du Grand Théâtre Lumière, pour la dernière fois cette année, encore grisée malgré tout, de cinéma, de 12 journées intenses, entre cinéma et réalité, de réalité très cinématographique, d’un cinéma très réel aussi. Je suis surprise de constater qu’il fait encore jour, ce rêve-là n’était pas nocturne, surprise que les passants avancent à un rythme normal, ni au ralenti, ni en accéléré.  C’est terminé, je marche toujours au ralenti, vraiment.

    Dimanche 27 Mai 2007. Le Mistral s’est levé, le soleil imperturbable de ce 60ème festival s’est discrètement éclipsé mais le vent n’a pas tout balayé : les souvenirs, de vie et de cinéma, les illusions retrouvées, la passion, toujours et plus que jamais vivace et irrépressible pour le cinéma et la vie qu’il sait si bien retranscrire, traduire, sublimer, refléter, défendre, moquer...même lors de cette soixantième édition dont les films étaient pour la plupart empreints de douleur (douleur du deuil souvent, douleur de la misère sociale, douleur de la séparation, douleur résultant d’une situation politique)…et empreints de beaucoup d’espoir malgré tout. Quelques minutes plus tard,  des applaudissements spontanés, effrénés ET sincères résonneront dans le restaurant d’un grand hôtel cannois où je me trouve et où Julian Schnabel vient de faire son apparition. Ultime sursaut de magie cannoise. Celle-là, elle ne s’éclipse jamais tout à fait. J’applaudis à mon tour. J’applaudis : son prix, l’émotion que m’a procuré ce film bouleversant, poétique, j’applaudis la fin du festival, j’applaudis ce dénouement rêvé et pourtant réel.

    Je vous laisse avec le palmarès : d’autres aventures, cinématographiques et scénaristiques, m’attendent.

    2b9f4a8be6c92b89e284e5d243e2e37b.jpgPALMARES DU 6Oème FESTIVAL DE CANNES 

    e1ffdfd5389fed63c149144e8bc30789.jpg
    La photo ci-dessus a été reprise grâce à l'aimable autorisation du site L'Oréal, ce blog participant au concours de blogs L'Oréal.

    Palme d'or: "4 luni, 3 saptami si 3 zile" réalisé par Cristian Mungiu

    Grand prix: "Mogari no mori" réalisé par Naomi Kawase

    Prix du 60ème anniversaire: Gus Van Sant pour "Paranoïd park"

    Prix du scénario: Fatih Akin pour "Auf der Anderen Seite"

    Prix de la mise en scène: Julian Schnabel pour "Le scaphandre et le papillon"¨

    Prix d'interprétation masculine: Konstantin Lavronenko dabs "Izganie" de Alexandrev Zviaguintsev

    Prix d'interprétation féminine: Jeon Do-yeon dans "Secret Sunshine" réalisé par Lee Chang-dong

    Prix du jury: "Persepolis" réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud et "Stellet licht" réalisé par Carlos Reygadas

    37ef4808c655bc9ccafb2bb9273a4739.jpg
    La photo ci-dessus provient du site L'Oréal avec l'aimable autorisation de L'Oréal, ce blog participant au concours de blogs L'Oréal

    ---

    Palme d'or du court métrage: "Ver Llover" réalisé par Elisa Miler

    Mention spéciale court métrage "Run" réalisé par Mark Albiston

    Mention spéciale à Ah Ma réalisé par Anthony Chen

    ---

    Caméra d'or: "Meduzot " réalisé par Etgar Keret et Shira Geffen présenté dans le cadre de la semaine internationale de la critique.

    Caméra d'or-mention spéciale: "Control" réalisé par Anton Corbun présenté dans le cadre de la quinzaine de la réalisateur.

    Prix Un Certain Regard : California dreamin’ réalisé par Cristian Nemescu

    Prix spécial du jury Un Certain Regard : Actrices réalisé par Valeria Bruni Tedeschi

    Coup de cœur du jury Un Certain Regard : Bikur Hatizmoret réalisé par Eran Kolirin

    Prix de la critique internationale:4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu

    Prix Fipresci dans "Un Certain Regard": La visite de la fanfare d'Eran Kolirin

    Prix Fipresci dans la Quinzaine des Réalisateurs et la Semaine de la Critique: Elle s'appelle Sabine de Sandrine Bonnaire

    Cinéfondation :

    Premier prix : Ahora todos parecen contentos réalisé par Gonzalo Tobal

    Deuxième prix : Ru Dao réalisé par Chen Tao

    Troisième prix ex-aequo A reunion réalisé par Hong Sung-Hoon et Minus réalisé par Pavle Vuckovic

     Prochain festival : Festival du Film Romantique de Cabourg où je serai du 14 au 17 juin 2007,  je vous le commenterai au retour sur « In the mood for cinema » sur lequel vous pourrez également trouver toutes les informations concernant ce festival dans quelques jours.

     En attendant, dès demain, retrouvez de nombreux nouveaux articles quotidiens concernant ce 60ème Festival sur « In the mood for Cannes », avec, pour commencer, demain, mon récit de la mémorable leçon de cinéma de Martin Scorsese.

    938aec12161faaa504d290f596d8f9fc.jpg En juillet, vous pourrez également découvrir mon nouveau blog entièrement consacré au Festival du Cinéma Américain de Deauville « In the mood for Deauville », un festival où je serai bien entendu comme chaque année.

    Dans la note ci-dessous, mon album photos de ce 60ème Festival de Cannes (revenez le consulter, il sera progressivement enrichi), en attendant d’autres critiques, vidéos et images inédites bientôt en ligne sur « In the mood for Cannes ».

     

    Sandra.M

  • En attendant la clôture: mes pronostics et préférences!

    ff6d52957a4c399acab9f3407f9d34a6.jpg 

    Voici, mes pronostics en bref, en attendant le palmarès qui sera délivré ce soir par Stephen Frears et son jury.

    D’abord, il faut l’avouer: cette année, je n’ai pas éprouvé de coup de cœur à la hauteur de ceux qu’avaient notamment suscité Babel, Le Labyrinthe de Pan, Indigènes et Le vent se lève l’an passé, peut-être aussi parce que cette année tout particulièrement de nombreux cinéastes en compétition avaient déjà été sélectionnés à Cannes ou même été primés en sélection officielle : Wong Kar-Wai, Joel et Ethan Coen, Gus Van Sant, Emir Kusturica, Quentin Tarantino... Si les films de ces derniers, cette année, étaient tous toujours d’excellente qualité, ils ne bénéficiaient plus de l’effet de surprise pour un univers certes singulier mais déjà connu des spectateurs. 

     Voici dont mes préférences et pronostics tout en 4620a04fd5db9be47852f5772c6743d4.jpgsachant que je n’ai vu « que » 13 films en compétition sur 20 et un film concourant pour la caméra d’or (« Boxes » de Jane Birkin).

    Je reviendrai ultérieurement sur les thématiques récurrentes de ce 60ème Festival même si le deuil était au centre d’un certain nombre de films (« Les chansons d’amour » de Christophe Honoré, « Mogari no mori » de Naomi Kawase…).

                                                                               Palme d’or ?

    Ces dernières années, les jurys cannois ont affectionné les palmes d’or à résonance politique : « Fahrenheit 9/11 » de Michael Moore, palme d’or 2004, « Le vent se lève » de Ken Loach, palme d’or 2006…, cela pourrait être de nouveau le cas cette année avec un président du jury, cinéaste engagé…

    Mon favori pour la palme d’or 2007 n’entre pas dans cette catégorie : c’est « Le scaphandre et le papillon » de Julian Schnabel. « Persepolis » pourrait aussi   se prétendre à ce titre.(Je n’ai pas vu ce film qui a, paraît-il, eu droit à une standing ovation de 30 minutes). Le jury cannois osera-t-il remettre une palme d’or à un film d’animation ? Peut-être créera-t-il un prix spécial pour l’occasion. On murmure ici et là que, comme en 1979 (année où avaient été primés ex-aequo « Le tambour » de Volker Schlöndorff et « Apocalypse now » de Francis Ford Coppola) deux films pourraient se voir attribuer le titre suprême. « Auf der anderen seite » qui a reçu un accueil plus que chaleureux dans le Grand Théâtre Lumière et qui évoque notamment la quête d’identité et la double culture, et le deuil de nouveau pourrait aussi entrer dans cette catégorie. J’ai également particulièrement apprécié « My blueberry nights » qui, s’il n’innove pas formellement par rapport à « In the mood for love » ou « 2046 » reste parmi les films en tête de cette compétition officielle et en tout cas en tête de mon propre palmarès.

     

                                                                               Grand prix du jury ?

    Le grand prix revient en général à un film au parti pris assez radical (« Flandres » l’an passé). Pourquoi pas créer l’originalité en décernant ce prix au film d’animation Persépolis ou l’attribuer à « Mogari no mori », davantage dans la lignée de cette catégorie du palmarès.

                                                                     Prix d’interprétation masculine ?

    C’est certainement le prix pour lequel existent le plus grand nombre de prétendants : tout d’abord Louis Garrel (une manière de récompenser le très bon film de Christophe Honoré, voir ma critique ici), Joaquin Phoenix dans le palpitant polar familial de James Gray,  In-Hyung Kang dans « Souffle » de Kim Ki-Duk, les deux enfants du film Tehilim (Michael Moshonov et  Yonathan Alster), Gabe Nevins dans « Paranoïd park », ce qui serait une manière de récompenser ce film bien en dessous  d’ « Elephant » mais néanmoins de très bonne qualité, Mathieu Amalric, néanmoins son rôle est essentiellement vocal et inexpressif et donc finalement selon moi il justifie moins que les autres ce prix d’interprétation, Fu’ad Ait Aattou dans « Une vieille maîtresse » de Catherine Breillat pour ce film dont, à l’image de l’affligeant, complaisant, grotesque « Import-Export » on se demande pourquoi il figure en sélection officielle, peut-être le désir d’un parfum de scandale sans lequel Cannes ne serait plus Cannes qu’il ne suscite pourtant même pas ; Shigeki Uda dans « Mogari No Mori ». Ma préférence va vers Louis Garrel et vers le jeune protagoniste de « Paranoïd Park » , deux films dont il serait dommage qu’ils ne figurent pas au palmarès.                                                

                                                                                            Prix d’interprétation féminine ?

    Beaucoup moins de prétendantes que de prétendants pour le prix d’interprétation, cette sélection ayant présenté davantage de rôle masculins forts que de rôle féminins. Pourquoi pas Anne Consigny dans « Le scaphandre et le papillon » vers laquelle irait mon choix ? Il est aussi beaucoup question  de l’actrice de « Alexandra » de Alexander Sokourov, Galina Vishnevskaya, autre cinéaste habitué de la Croisette qui pourrait bien (enfin !) ne pas repartir bredouille. 

                                                                               Prix de la mise en scène ?

    1171a15c4abdc518604027e5b2ee5650.jpgMa préférence irait  vers « Blueberry nights » de Wong Kar-Wai qui a cependant déjà reçu ce titre en 1997 pour « Happy together », et quelques années plus tard, le prix d’interprétation masculine pour « In the mood for love » (pour Tony Leung) avec une mention spéciale pour la sublime mise en scène du « Bannissement » de Andreï Zviaguintsev qui pourrait par conséquent davantage encore prétendre à ce titre.

                                                                                    Prix du scénario ?

    Ma préférence va sans aucun doute à « La nuit nous appartient » de James Gray. « Auf der Anderen Seite » pourrait aussi prétendre à ce titre s’il ne figure pas au palmarès dans une autre catégorie.

                                                                                           Prix du jury ?

    Un des réalisateurs habitués de la Croisette pourrait se voir attribuer ce prix en guise de lot de consolation ( Gus Van Sant, Tarantino, les frères Coen). Ma préférence irait néanmoins vers « Tehilim » de Raphaël Nadjari. Si « Auf der Anderen Seite » ou « Tehilim » ne reçoivent pas le grand prix, ils pourraient également se voir attribuer le prix du jury.                                                                                        

    Caméra d’or ?

    a689948dcc1887e4b2f6b1509166abb0.jpgJe n’ai vu qu’un seul film concourant dans cette catégorie («Boxes » de Jane Birkin) mais en raison de ses très nombreuses qualités évoquées dans un article précèdent, j’espère qu’il obtiendra ce prix tant convoité décerné à un premier film parmi toutes les sélections officielles.

    Vous l’aurez compris, mes coups de cœur de ce festival sont :

    « Le scaphandre et le papillon » de Julian Schnabel

                                                    « My blueberry nights » de Wong Kar-Wai

                                                       

                                                                “We own the night” de James Gray

    “ Auf der anderen seite” de Fatih Akin

    Avec des mentions spéciales pour des qualités bien spécifiques à  « Paranoïd park » de Gus Van Sant, « Le Bannissement » de Andreï Zviaguintsev, « Tehilim » de Raphaël Nadjari, « Les chansons d’amour », la comédie musicale de Christophe  Honoré qui pourrait également créer la surprise…

     Tout en précisant que je n’ai pas vu un des grands favoris : « Persépolis », grand fravori, sur lequel je ne me prononcerai donc pas et « 4 mois, 3 semaines, et 2 jours » de Cristian Mungiu , que je n'ai pas vu non plus et qui a reçu le prix de la critique internationale et qui pourrait également figurer au palmarès.

    Enfin, le festival délivrera peut-être un prix spécial, rappelons que le prix des 50 ans du festival de Cannes était revenu au « Destin » de Youssef Chahine…

    A partir de mercredi, je reviendrai quotidiennement, en critiques, en vidéos et en images sur ce 60ème Festival, sa sélection et ses plus grands évènements.

     

     N’hésitez donc pas à revenir sur « In the mood for Cannes ». Je vous invite à laisser vos commentaires et votre propre palmarès  ci-dessous.

     

    Je reviendrai également sur ce palmarès auquel j’aurai la chance d’assister en direct ce soir!

     

    Sandra.M (photo, copyright Sandra.M)

  • Palmarès et cérémonie de clôture Un Certain Regard

    Cette année le "Prix Un Certain Regard" a été attribué au film roumain "California dreamin'" de Cristian Nemescu et au monteur du film, le réalisateur étant décèdé avant la fin du tournage et le film ayant été projeté inachevé.
    "Le rêve de la nuit d'avant" de Valeria Bruni-Tedeschi figure également au palmarès.
    N'ayant vu que "L'avocat de la terreur" de Barbeth Shroeder (que je vous recommande toujours vivement et sur lequel je reviendrai bientôt) dans cette sélection "Un Certain Regard', je m'abstiendrai de tout commentaire sur ce palmarès que je vous livre ci-dessous en images et vidéos.
    2a0322e871b3d9f2a040bec1ea467a19.jpg

     

     


    7b2afefa8aaf61fc93703694c7f5947d.jpg






    d009725c13ab1d983c5c70d600c4ef81.jpg



    e7ceee5e4a181db2081d8bde92c78877.jpg
    De nouveaux toutes mes excuses pour ces bribes de vidéos trop courtes et de piètre qualité, bientôt en ligne les vidéos dans leur totalité.
    Copyrigth photos et vidéos: Sandra.M