27.05.2010

Interview de Bernard Blancan (prix d’interprétation du Festival de Cannes 2006 pour « Indigènes »)

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Ce Festival de Cannes 2010 aura été pour moi particulièrement mouvementé et avant tout riche de belles rencontres. Derrière la superficialité, la frénésie, le bal des vanités et des masques que Cannes est aussi, il y a tous ceux qui font leur métier avec enthousiasme, le défendent avec passion, humilité, conviction à l'image de Bernard Blancan, présent cette année à Cannes pour « Hors-la-loi » de Rachid Bouchareb.

Je vous ai déjà dit ce que Cannes évoquait pour moi (ici) mais à cette définition il faudrait aussi ajouter la versatilité et le caractère souvent grégaire des médias traditionnels. Ainsi, vous vous souvenez sans doute du prix d'interprétation collectif reçu par les acteurs d' « Indigènes » en 2006 (Jamel Debbouze, Samy Naceri, Sami Bouajila, Roschdy Zem et Bernard Blancan). Qui a oublié ce grand moment d'émotion de la clôture 2006 quand ils entonnèrent le chant des tirailleurs sénégalais ?

J'aime autant et aussi passionnément le cinéma et Cannes que j'en exècre d'autres aspects comme cette capacité à se laisser éblouir par un miroir aux alouettes, des personnalités excentriques dissimulant par cette esbroufe la vacuité de leur talent mais c'est aussi le jeu, parfois cruel, absurde, et injuste, de Cannes.

 Pourquoi Bernard Blancan qui a au moins autant de talent que les autres, a reçu le prix d'interprétation exactement au même titre, a au moins autant de choses à dire et de l'avis général est exceptionnel dans « Hors-la-loi » comme il l'était dans « Indigènes », a-t-il été privé de conférence de presse et de montée des marches avec ses acolytes ? Pourquoi aucun journaliste ou presque n'a-t-il eu la curiosité de s'intéresser à son travail ?  Pourquoi le festival, la production et la distribution du film ont-ils permis qu'il soit ainsi évincé de la promotion ? Mystère... Certes il ne répète pas deux fois la même plaisanterie douteuse pour attirer l'attention (ceux qui auront suivi Le Grand Journal et la conférence de presse comprendront). C'est d'autant plus absurde que son rôle est essentiel, qu'il en « impose » dans ce rôle du colonel Faivre (notamment lors d'un dialogue passionnant et une scène particulièrement forte avec Sami Bouajila) et qu'il l'impose avec beaucoup de force, de rigueur, de droiture. L'humilité et la simplicité ne font pas toujours bon ménage avec l'exubérance cannoise où Paris Hilton est précédée d'une nuée de photographes quand un acteur talentueux les voit l'ignorer.

 Je vous reparlerai de « Hors-la-loi » dont j'ai écrit une première courte critique, ici et qui mérite beaucoup mieux que cette polémique absurde (le massacre sujet à polémique fait 6 minutes dans le film et se justifie par le point de vue qui est celui des Algériens).

Enfin avant de laisser place à l'interview, je voulais remercier l'équipe de touscoprod, une autre belle rencontre de ce festival dont je vous conseille vraiment de regarder les excellents reportages souvent faits (dans le cadre de tousàCannes) dans l'urgence mais avec enthousiasme et un vrai souci de bien faire et de s'intéresser REELLEMENT au cinéma et aux talents dans la lumière mais aussi dans l'ombre.

 De mon côté, je pense renouveler sur le blog ces interviews pour donner la parole à ceux qui ne l'ont pas suffisamment et le méritent.

  Je vous recommande également le blog de Bernard Blancan sur lequel vous pourrez notamment lire son point de vue sur son expérience cannoise mais aussi sur son métier de comédien pour lequel il vit et vibre et sur lequel vous constaterez là aussi une nouvelle fois que l'humilité est la marque du talent mais aussi la diversité de ce talent (one man show etc).

 Alors que le marché du film commençait à être démonté, que Bernard Blancan repartait aussitôt après pour un tournage en Corse  (je le remercie à nouveau de nous avoir accordé cette interview), rencontre sur une plage cannoise et sous un soleil éblouissant.

FILMOGRAPHIE  DE BERNARD BLANCAN (vous avez également pu le voir dans de nombreuses séries tv ) :

 Les Nuits de Sister Welsh  de Jean-Claude Janer - Prochainement

 Quand la guerre sera loin (TV)de Olivier Schatzky - 2010

 Carmen  2010

 Hors-la-loi  de Rachid Bouchareb - 2010

La Robe du soir  de Myriam Aziza - 2010  

 Louise Michel la rebelle  de Solveig Anspach - 2010

 London River  de Rachid Bouchareb - 2009

 No Pasaran  de Emmanuel Caussé, Eric Martin - 2009

Léger tremblement du paysage  de Philippe Fernandez - 2009

 Partir  de Catherine Corsini - 2009

Adieu Gary  de Nassim Amaouche - 2009

 Charlotte Corday (TV)  de Henri Helman - 2008

 Le Voyage de la Veuve (TV)  de Philippe Laik - 2008

 Le Voyage aux Pyrénées  de Jean-Marie Larrieu, Arnaud Larrieu - 2008

 Les Insoumis  de Claude-Michel Rome - 2008  

 Capitaine Achab  de Philippe Ramos - 2008

 Les Hauts murs  de Christian Faure - 2008

 Résistance aux tremblements  de Olivier Hems - 2007

 Tel père, telle fille  de Sylvie Ballyot - 2007

  Indigènes  de Rachid Bouchareb - 2006

 Un jour d'été (TV)  de Franck Guérin - 2006

La Chasse à l'homme (Mesrine) (TV)  de Arnaud Selignac - 2006

Lettres de la mer rouge (TV)  de Eric Martin, Emmanuel Caussé - 2006

Un an  de Laurent Boulanger - 2006

 Cache-cache  de Yves Caumon - 2006

 Les Mâtines  de Annick Raoul - 2005

 La Maison de Nina  de Richard Dembo - 2005

  La Ravisseuse  de Antoine Santana - 2005

 Connaissance du monde (drame psychologique)  de Philippe Fernandez - 2004  

 Je suis un assassin  de Thomas Vincent - 2004

Inguelezi  de François Dupeyron - 2004

 Rencontre avec le dragon  de Hélène Angel - 2003

  L'Etang  2002

 A cause d'un garçon  de Fabrice Cazeneuve - 2002

 Le Chignon d'Olga  de Jérôme Bonnell - 2002

 Un moment de bonheur  de Antoine Santana - 2002

 Fais-moi des vacances  de Didier Bivel - 2002

 Amour d'enfance  de Yves Caumon - 2001

 Un dérangement considérable  de Bernard Stora - 2000

 Peau d'homme, coeur de bête  de Hélène Angel - 1999

Réflexion  de Philippe Fernandez - 1999

  La Beauté du monde de Yves Caumon - 1998

 Conte philosophique (la caverne)  de Philippe Fernandez - 1998

  Le Cri de Tarzan  de Thomas Bardinet - 1996

  Antonin  de Yves Caumon - 1989

11:20 Écrit par Sandra.M dans INTERVIEWS "IN THE MOOD FOR CANNES" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26.03.2007

Interview de Bernard Blancan, prix d'interprétation masculine pour "Indigènes" au Festival de Cannes 2006!

Bernard Blancan. Les Films du Losange

medium_indigenes.2.JPG Bernard Blancan inaugure une série d'interviews que j'ai réalisées pour ce blog. Si je l'ai choisi en premier c'est d’abord parce qu’il est emblématique du Festival de Cannes 2006 où il a reçu le prix d’interprétation masculine (ex-aequo avec les autres acteurs principaux du film : Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem et Sami Bouajila) pour sa magnifique prestation dans Indigènes de Rachid Bouchareb, le film évènement de 2006 qui comme des millions de spectateurs m’avait bouleversée et qui a d'ailleurs aussi bouleversé l’Histoire (et pas seulement celle du cinéma) puisque suite à la projection privée du film à l'Elysée le Président de la République Française a décidé « d’abolir les discriminations entre les tirailleurs et les soldats français », ensuite parce que son parcours et son passage si soudain de l’ombre à la lumière et sa vision du festival me paraissaient passionnantes, enfin parce qu’il possède lui-même un blog sur lequel il raconte ses expériences.

 

Bernard Blancan a répondu aujourd'hui à mes questions envoyées par email. Vous pouvez retrouver ses réponses ci-dessous… J’en profite pour le remercier de nouveau. 

 

 

Retrouvez également mes commentaires sur ce film dans mon compte-rendu du Festival de Cannes 2006.

 

Liens, Blogs de Bernard Blancan: http://www.blancan.org et http://www.blancan.com .

 

Sandra.M:Que symbolisait pour vous le Festival de Cannes avant d’y aller ?

Bernard Blancan: Un temple du paraître un peu futile et vain. Néanmoins, le palmarès est très déterminant pour le cinéma.

 
Sandra.M: Qu’est-ce qui vous a le plus marqué lorsque vous y êtes allé pour la première fois ? Etait-ce une bonne expérience ?

Bernard Blancan: La première fois que j’y suis allé (film de Caumon, Amour d’Enfance, prix Un Certain Regard) , je m’y suis senti très mal. Pas à ma place.

Sandra.M: Quels souvenirs gardez-vous du Festival de Cannes 2006 et de votre prix d'interprétation?

Bernard Blancan: Cannes 2006 a été un conte de fée. J’y allais pour regarder faire les copains et, finalement, j’ai fait pleinement partie de l’aventure. Les moments forts ont été les premiers retours après la projection de presse, la conférence de presse au cours de laquelle j’ai trouvé ma place sans avoir l’impression d’être un usurpateur, la montée des marches, la projection elle-même aux côtés d’un ancien combattant (sans doute le moment le plus fort), le moment où on m’annonce que je fais partie du lot “prix d’interprétation” et pour finir, la remise du prix avec “C’est nous les Africains”...
 
Sandra.M: Ce prix a-t-il changé beaucoup de choses pour vous?

Bernard Blancan:Il m’a donné le diplôme que je n’espérais pas. Dès lors, je n’ai plus à me justifier d’être acteur. J’ai davantage de propositions et je suis plus “respecté”. Néanmoins, je tiens à continuer mon boulot dans le cinéma mais aussi le court-métrage et la télévision. Mais je me sens changé en profondeur. Moins dans le doute permanent.
 
Sandra.M: J'ai parfois eu le sentiment que vous aviez été injustement moins médiatisé que vos 4 collègues également primés, comment avez-vous ressenti cela?

Bernard Blancan: J’ai eu ma place dans les médias. Bien au-delà de ce que j’aurais pu espérer. Quand il y a eu des injustices, je l’ai signifié. Il y a eu par exemple une affiche avec la mention “prix d’interprétation” et seulement les noms de mes collègues. Je ne suis pas non plus allé à Hollywood car je n’étais pas clairement invité. Le sentiment de frustration, dès lors qu’il est exprimé et entendu ne dure pas.

Sandra.M : Le Festival de Cannes, si excessif, peut être aussi magique que cauchemardesque ? Avez-vous une anecdote qui aille dans un sens ou dans l’autre ?

Bernard Blancan: Magique, il l’a été dans l’ensemble. Le cauchemar (petit) c’était de voir les caméras m’éviter. On ne changera pas les média...


Sandra.M : Si vous souhaitez vous pouvez ajouter quelques mots, notamment sur votre actualité.

Bernard Blancan: J’ai fait un spectacle qui s’appelle “Bernard Blancan, enfin disponible” qui reprend mes expériences cannoises et jette un regard amusé et décalé sur mon parcours d’acteur. Tournée 2007/2008.