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Palmarès du 62ème Festival de Cannes en direct de la Croisette

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En écrivant sur ce blog, je regarde les informations qui diffusent les images de la cérémonie de clôture à laquelle j'étais il y a quelques heures encore. Vu par le prisme de l'écran de télévision et alors que je m'y trouve encore, Cannes me paraît déjà si loin:  une distance s'est déjà installée, j'émerge peu à peu de l'irréalité cannoise et la nostalgie déjà m'envahit. Comment ne pas être nostalgique après 13 jours aussi intenses dont je n'ai pu et voulu retranscrire qu'une infime part ici?

 Il m'est difficile de me prononcer sur ce palmarès n'ayant pas vu le film de Michael Haneke qui a obtenu la palme d'or, ni le prix du jury ni celui de la mise en scène, ni celui pour lequel Charlotte Gainsbourg a obtenu le prix d'interprétation, en revanche l'absence de Pedro Almodovar et Elia Suleiman me semble être une aberration.

 Le prix d'interprétation à Christoph Waltz ressemble davantage à un prix de consolation pour un film si magistral qu'il était difficile de ne pas le primer (mais Isabelle Huppert ne souhaitait paraît-il pas remettre de prix à Quentin Tarantino...) et alors que ce film de même que la réalisation de Pedro Almodovar aurait mérité de figurer au palmarès.

Le prix exceptionnel remis à Alain Resnais n'est que justice tant la carrière du cinéaste est à l'image de ce prix: exceptionnelle (à cette occasion, je vous proposerai bientôt sur ce blog un cycle Alain Resnais avec des critiques de films du cinéaste) et bien que "Les herbes folles" ne soit pas à la hauteur de ses précèdents films malgré sa fraîcheur étonnamment juvénile, c'est pourquoi ce prix lui seyait mieux, sans doute.

Le seul autre prix qui me réjouisse vraiment est celui attribué à "Un Prophète" de Jacques Audiard. Aurait-il eu la palme d'or si cette dernière n'avait pas déjà été française l'an passé? Il la méritait... En tout cas, le jury présidé par Isabelle Huppert, pour la distinction suprême, lui a préféré le cinéaste grâce auquel elle  avait obtenu le prix d'interprétation à Cannes pour " La Pianiste." Je retournerai en tout cas voir "Un Prophète" lors de sa sortie en salles, le 26 août, loin de l'entêtante confusion de mes pensées de cette soirée du 16 mai...

Je reviendrai, à mon retour, dans deux jours, sur ce palmarès, à la fois restrictif, dispersé et finalement consensuel et peut-être même austère, et sur les films dont je n'ai pas encore écrit les critiques, lesquelles seront mises en ligne au fur et à mesure sur "In the mood for Cannes " et sur "In the mood for cinema". Je retournerai aussi voir "Les Etreintes brisées" avant de vous en parler.

 Mais pour l'heure j'ai juste envie de retrouver et de savourer le silence après le tumulte, de m'adonner à la jubilation salvatrice de l'écriture, même vaine,  loin de cet écran en tout cas.

Rendez-vous dans deux jours pour de nouveaux articles sur ce blog... et pour un ultime bilan de ce festival, et pour quelques remerciements en attendant de nouveaux articles.

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EN COMPETITION - LONGS METRAGES

Palme d'Or
DAS WEISSE BAND (Le Ruban blanc) réalisé par Michael HANEKE

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Grand Prix
UN PROPHÈTE réalisé par Jacques AUDIARD 

 

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Prix spécial pour l'ensemble de sa carrière et sa contribution exceptionnelle à l'histoire du cinéma

Alain RESNAIS

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Prix de la mise en scène
Brillante MENDOZA pour KINATAY

Prix du Jury
FISH TANK réalisé par Andrea ARNOLD

BAK-JWI (Thirst, ceci est mon sang…) réalisé par PARK Chan-Wook

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Prix d'interprétation masculine
Christoph WALTZ dans INGLOURIOUS BASTERDS réalisé par Quentin TARANTINO

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Prix d'interprétation féminine
Charlotte GAINSBOURG dans ANTICHRIST réalisé par Lars von TRIER

Prix du scénario
MEI Feng pour CHUN FENG CHEN ZUI DE YE WAN (Nuits d’Ivresse printanière) réalisé par LOU Ye

Le Prix Vulcain de l’Artiste-Technicien

Aitor BERENGUER, mixeur son du film MAP OF THE SOUNDS OF TOKYO réalisé par Isabel COIXET.


EN COMPETITION - COURTS METRAGES


Palme d'Or
ARENA réalisé par João SALAVIZA

Mention spéciale

THE SIX DOLLAR FIFTY MAN (L’Homme qui valait 3,5 Dollars) réalisé par Mark ALBISTON, Louis SUTHERLAND
 

CAMERA D'OR
SAMSON AND DELILAH réalisé par Warwick THORNTON (présenté à Un Certain Regard)


Mention Spéciale Caméra d'Or
AJAMI réalisé par Scandar COPTI, Yaron SHANI (présenté à la Quinzaine des Réalisateurs)


UN CERTAIN REGARD


Prix Un Certain Regard - Fondation Gan pour le Cinéma

KYNODONTAS (Dogtooth) de Yorgos LANTHIMOS


Prix du Jury

POLITIST, ADJECTIV (Police, Adjective) de Corneliu PORUMBOIU.


Prix Spécial Un Certain Regard 2009

KASI AZ GORBEHAYE IRANI KHABAR NADAREH (No One Knows About Persian Cats) de Bahman GHOBADI
LE PÈRE DE MES ENFANTS (Father of my children) de Mia HANSEN-LØVE


CINEFONDATION


Premier Prix de la Cinéfondation

BÁBA réalisé par Zuzana Kirchnerová-Špidlová (FAMU, République Tchèque)


Deuxième Prix de la Cinéfondation

GOODBYE réalisé par Song Fang (Beijing Film Academy, Chine)


Troisième Prix de la Cinéfondation (ex aequo)

DIPLOMA réalisé par Yaelle Kayam (The Sam Spiegel Film & TV School, Israël)

NAMMAE UI JIP réalisé par Jo Sung-hee (Korean Academy of Film Arts, Corée du Sud)

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Commentaires

  • Salut Sandra,

    Le cinéma d'Almodovar reste un cinéma de qualité, de haute couture même, et nulle doute qu'il séduira un large public. D'ailleurs j'ai cru entendre que le film avait bien marché dès son premier jour. Mais comme je l'ai écrit dans mon texte sur ce film, ce film est sans audace, sans passion véritable, sans provocation, tout est joli, propre, consensuel, une émotion qui ne jaillit pas, une folie qui n'est jamais là alors que.. tout ca, c'est le cinéma d'Almodovar, ce qui fait qu'on peut l'adorer. Par rapport à un film comme Matador, il y a clairement un monde. Enfin... celà n'engage que moi.

    J'ai adoré le film de Tarantino mais je n'irais pas aussi loin que toi dans l'éloge. Le seul prix qui était plus que légitime à mes yeux - en regard des qualités des autres films - et bien c'est celui qui lui a été attribué.

    La palme pour Haneke, on empêchera pas les mauvaises langues de penser à du copinage sauf que non, ce film est grand, très grand. Mon avis a chaud est plus mitigé car je l'ai découvert dans de très mauvaises conditions. Mais, à l'exception du film de Suleiman sur lequel je me range totalement de ton côté, Le Ruban blanc flotait bien plus haut que tous les autres films.

    A mon avis, la sélection était de très bonne tenue, avec que de très bons films, avec leurs qualités, avec pour chacun peu de défauts, des prises de risques, des provocations, des audaces, mais au final, aucun film de grande ampleur, un film dont on se dit qu'il marquera l'histoire de cet art. Sauf, sauf peut-être le film d'Haneke qui a un contenu fort, une richesse humaniste, un regard sur le monde, un discours, et qui en plus fait preuve d'une extrême finesse et d'une rigueur esthétique rare. Certes ce n'est pas un film facile, un film long, lent, qui nécessite concentration et réflexion mais, selon ce que l'on attend du cinéma dès lors qu'il est érigé en art, selon ce que l'on estime être la vocation de Cannes, alors Le Ruban blanc peut paraître une palme légitime ou pas. Un film, une oeuvre d'art, on est pas obligé de la juger dans l'instantané. Avec un peu de recul et de réflexion, le Ruban blanc me parait grand, très grand !

    En aucun cas en revanche je n'arrive à soupçonner Isabelle Huppert de favoriser un ami. C'est une analyse assez pauvre et méprisante pour le travail d'Haneke. Enfin je crois, même si je n'empêcherai personne de penser comme il le veut ^^ Il va sans dire que ce que je dit là n'engage absolument que moi :)




    Sur ce, bon retour dans le monde réel :) Même pour moi ca va être dure, et pourtant j'étais loin des paillettes lol. Si ca te dit, j'ai écrit sur l'intégralité des films que j'ai vu, et quasi toute la sélection officielle.

    Allez à plus et au plaisir :)

    Benoît

  • @ Benoît : ma critique des "Etreintes brisées" sera en ligne à mon retour de Provence dans quelques jours mais pour moi sa mise en scène atteint la perfection... même si je suis d'accord concernant la folie moins présente que dans la plupart de ses films.
    Je persiste à dire que le prix d'interprétation est un prix de consolation mais à Cannes on ne remet pas (plus) une palme d'or à un film d'avertissement qui d'ailleurs est loin d'être que cela...bien au contraire.
    Quant au "Ruban blanc", je ne porterai aucun jugement ne l'ayant pas vu..., et je ne permettrai pas de "mépriser" un cinéaste que j'apprécie ("Caché ", notamment, est pour moi un chef d'oeuvre...). Et je suppose que si ce prix a été attribué à ce film c'est que sa qualité était telle qu'Isabelle Huppert a considéré qu'elle ne pourrait être soupçonnée d'aucun copinage.
    C'est vrai aussi que cette année aucun film ne m'a enthousiasmée comme les années précèdentes.
    Je lirai ton blog et les autres blogs cannois lorsque je serai de retour, dans quelques jours après m'être octroyée un peu de temps salutaire loin du blog...

  • Sandra,

    Un grand merci pour tous tes posts cannois et pour nous avoir permis de vivre de l'intérieur le plus grand Festival de cinéma du monde!
    J'ai beaucoup apprécié tes comptes rendus, justes, sincères et généreux, qui ont fait briller dans mes yeux quelques unes des nombreuses étincelles qui ont illuminé les tiens!

    Quant au palmarès, il a le mérite d'être relativement diversifié et de mettre en valeur des films importants. Evidemment, il y a quelques absents (mais le brillant Almodovar se débrouillera sans problème, même sans récompense cannoise, je ne m'en fais pas pour lui!).

    Une pensée personnelle pour "Map of the sounds of Tokyo", le film d'Isabel Coixet, que je n'ai pas vu mais que j'attends avec impatience, en tant que grand admirateur des oeuvres de cette réalisatrice. Si tu as l'occasion d'en poster une critique, je serai tout ouïe!

    Encore merci Sandra et bon "atterrissage"!

  • Pour avoir suivi Cannes de plus loin , ICI ou là... le recul me laisse entrevoir qu'à chaque Président son Palmarès, comme chaque viticulteur, selon sa personnalité, saura produire un crû différent. Cette année encore, c'est une nouvelle surprise, toujours différente: les esprits chagrins parleront de palmarès 'intello', les autres moins amers le qualifieront 'd'exigeant', à l'image de la filmographie d'Isabelle Huppert sans aucun doute. Pour aller dans le même sens, mais à l'inverse, je n'ai encore lu personne regretter le manque de récompense du Ken Loach pourtant cité de nombreuses fois favori pour sa 'fraîcheur'. Cqfd a contrario, en quelque sorte. Dans un autre 'genre', l'année passée, le palmarès 'seanpennien' était clairement social et engagé et n'en n'était pas moins intéressant. Aucun regret donc: Cannes reste le festival mondial de tous les cinémas, même si chaque année c'est une certaine branche de la famille qui est mise à l'honneur plutôt qu'une autre. D'ailleurs, pour évoquer un autre absent qui n'aura certainement pas tort... il me semble que le cinéma de Tarantino à déjà connu son heure et je ne doute pas qu'une palme ratée en ce qui le concerne n'éloignera le public des salles. Qoi qu'il en soit, grâce à la magie... noire et blanche de Cannes, vive le cinéma! ; vive tous les cinémas !

  • @ Mister Loup: Merci pour ces compliments même si je n'ai pas eu le temps de parler de ce festival autant que je l'aurais souhaité et de mettre en ligne des critiques de tous les films que j'ai vus mais je vais me rattraper ces prochains jours. Je posterai en effet une critique du très beau "Maps of the sounds of Tokyo". L'atterrissage est en effet un peu rude...:-) Merci encore, je suis ravie d'avoir réussi à vous faire vivre ce festival par procuration.

    @ Moïse: En effet, le palmarès prend chaque année les couleurs de sa présidente ou de son président; j'ai trouvé ce palmarès-ci un peu austère, sans être vraiment engagé et même si Tarantino n'a pas besoin d'une palme d'or pour que le public soit au rendez-vous son film est d'une maîtrise telle qu'il l'aurait méritée (mais il m'est difficile de me prononcer n'ayant pas vu le film d'Haneke...). Mais Cannes reste en effet le festival de tous les cinémas, la plus grande immersion cinéphilique au monde, et son palmarès n'est finalement qu'anecdotique...

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