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pedro almodovar

  • Compétition officielle 2009- "Etreintes brisées" de Pedro Almodovar

    Quelques semaines après le Festival de Cannes, je suis retournée voir "Etreintes brisées" de Pedro Almodovar, dans un contexte dépassionné. En voici ma deuxième critique:

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    Lorsque vous voyez un film dans l’effervescence du Grand Théâtre Lumière, dans l’euphorie cannoise, de surcroît à côté de l’équipe du film, votre avis est forcément vicié et imprégné de cette atmosphère excessive, c’est pourquoi j’ai tenu à retourner voir « Les Etreintes brisées » quelques jours après l’avoir vu sur la Croisette. Inutile de spécifier à quel point c’est étrange de voir un film dans une salle quasiment vide, qui ne réagit donc pas,  après l’avoir vu quelques jours auparavant en présence de l’équipe du film avec un public particulièrement réactif. Alors ? Alors, même loin de l’agitation cannoise, certes « Les Etreintes brisées » n’est pas le film le plus fou, le plus extravagant, le plus délirant de Pedro Almodovar mais il n’en demeure pas moins remarquable à de nombreux points de vue… et l’un de ses meilleurs films, peut-être même le plus maîtrisé. En tout cas, l’un de mes favoris de cette compétition cannoise 2009 avec, notamment « Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino (que Pedro Almodovar, en cinéphile, est d’ailleurs allé voir en séance du lendemain).

     

    Synopsis : Il y a 14 ans, dans un violent accident de voiture dans l’île de Lanzarote, un homme (Lluis Homar) a perdu la vue mais aussi la femme de sa vie, Lena (Penelope Cruz). Sa vie se partage alors en deux parties à l’image de ses deux noms : Harry Caine, pseudonyme ludique sous lequel il signe ses travaux littéraires, ses récits et scénarios ; et Mateo Blanco, qui est son nom de baptême sous lequel il vit et signe les films qu’il réalise. Après l’accident, il n’est alors plus que son pseudonyme : Harry Caine. Dans la mesure où il ne peut plus faire de films, il s’impose de survivre avec l’idée que Mateo Blanco est mort à Lanzarote aux côtés de Lena.

     

    Pedro Almodovar, habitué de la Croisette et de la compétition cannoise (juré en 1992, en compétition pour « Tout sur ma mère » en 1999- prix de la mise en scène -, pour « La mauvaise éducation » en 2004 –présenté hors compétition- ; pour « Volver » en 2006 –prix du scénario et d’interprétation collectif-) est, cette année reparti bredouille pour un film dont la mise en scène d’une impressionnante beauté et maîtrise,  le scénario impeccable et l’interprétation remarquable de Penelope Cruz auraient pourtant pu lui permettre de figurer au palmarès, à ces différents titres.

     

    Aussi invraisemblable que cela puisse paraître certains cinéastes ne sont pas des cinéphiles (j’aurais bien des exemples mais je m’abstiendrai) mais au même titre que Picasso maîtrisait parfaitement l’histoire de la peinture, condition sine qua non au renouvellement de son art, il me semble qu’un cinéaste se doit de connaître et d’être imprégné de l’histoire du cinéma, comme Pedro Almodovar qui, dans ce film, en plus de témoigner de sa cinéphilie livre une véritable déclaration d’amour au cinéma (il rend notamment hommage à Hitchcock, Antonioni, Malle, Rossellini… ).  Et à Penelope Cruz qu’il sublime comme jamais, en femme fatale, brisée et forte, à la fois Marylin Monroe, lumineuse et mélancolique, et Audrey Hepburn, gracile et déterminée.

     

    « Les Etreintes brisées » est un film labyrinthique d’une grande richesse : un film sur l’amour fou, le cinéma, la fatalité, la jalousie, la trahison, la passion, l’art. Un film dans lequel,  à l’image du festival de Cannes, cinéma et réalité se répondent, s’imbriquent, se confondent.

     

    La mise en abyme, à l’image de tout ce film, est double : il y a d’une part le film que réalise Harry Caine mais aussi le making of de son film.  Harry Caine est lui-même double puisque c’est le pseudonyme de Mateo Blanco. Il meurt doublement : il perd la vue, la cécité étant la mort pour un cinéaste ; il perd la femme qu’il aime, une étreinte brisée qui représente la mort pour l’homme amoureux qu’il est aussi. Un film morcelé à l’image de ces photos en mille morceaux de Lena, d’une beauté tragique.

     

    Et puis que dire de la réalisation… Flamboyante comme ce rouge immédiatement reconnaissable comme celui d’un film de Pedro Almodovar.  D’un graphique époustouflant comme ce film que Mateo Blanco réalise. Sensuelle comme ces mains qui caressent langoureusement une image à jamais évanouie. Son scénario joue avec les temporalités et les genres (film noir, comédie, thriller, drame) avec une apparente facilité admirable.

     

    Peut-être la gravité mélancolique a-t-elle désarçonnée les aficionados du cinéaste qui n’en oublie pourtant pas pour autant sa folie jubilatoire comme dans ce film dans le film « Filles et valises », hommage irrésistible à « Femmes au bord de la crise de nerfs ».

     

    Un film gigogne d’une narration à la fois complexe et limpide, romantique et cruel, qui porte la poésie langoureuse, la beauté mélancolique et fragile de son titre, un film qui nous emporte dans ses méandres passionnées, un film pour les amoureux, du cinéma. Un film qui a la beauté, fatale et languissante, d’un amour brisé en plein vol… Un film qui a la gravité sensuelle de la voix de Jeanne Moreau, la beauté incandescente d’une étreinte éternelle comme  dans « Voyage en Italie » de Rossellini, la tristesse lancinante de Romy Schneider auxquels il se réfère.

     

    Penelope Cruz, d’une mélancolie resplendissante, pour cette quatrième collaboration,  aurait de nouveau mérité le prix d’interprétation et sa prestation (mais aussi celles de tous ses acteurs et surtout actrices auxquels il rend ici hommage, parfois juste le temps d’une scène comme pour Rossy de Palma)  prouve à nouveau quel directeur d’acteurs est Pedro Almodovar qui sait aussi, en un plan, nous embraser et embrasser dans son univers, immédiatement identifiable, la marque, rare, des grands cinéastes.

     

    Un film empreint de dualité sur l’amour fou par un (et pour les) amoureux fous du cinéma… le cinéma qui survit à la mort, à l’aveuglement, qui sublime l’existence et la mort, le cinéma qui reconstitue les étreintes brisées, le cinéma paré de toutes les vertus. Même celle de l’immortalité… Un film par lequel je vous recommande vivement de vous laisser charmer et enlacer…

  • Palmarès du Festival de Cannes 2009, mes pronostics: un festival truffaldien...

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    Il y a 11 jours, lors de la cérémonie d’ouverture, lorsqu’il faisait référence à François Truffaut, le maître de cérémonie, Edouard Baer, n’imaginait sans doute pas à quel point l’ombre du cinéaste planerait sur ce festival… mais avant d’en venir au caractère truffaldien de ce Festival de Cannes 2009, pour moi en tout cas, et des films qui y ont été présentés, je tenais à préciser que Cannes continuera toute la semaine prochaine sur « In the mood for cinema » et sur « In the mood for Cannes » puisque vous y retrouverez de très nombreuses photos et vidéos  que je n’ai pas encore eu le temps de mettre en ligne mais aussi mes critiques de « A l’origine » de Xavier Giannoli, « Les Etreintes brisées » de Pedro Almodovar, « Les Herbes folles » d’Alain Resnais, « The time that remains » d’Elia Suleiman, « Visage » de Tsai Ming-Liang etc. Vous pourrez également lire mon bilan de ce festival, et mes commentaires sur le palmarès.

     

    Cette année, je n’ai ainsi pas eu le temps que j’aurais aimé avoir pour vous parler de chaque film mais finalement j’aime cette idée de vous en parler avec recul, loin de l’agitation, la frénésie, cette course à l’information vorace et effrénée, et parfois vaine qui règne à Cannes, et si je n’ai probablement pas eu le temps c’est sans doute, parce que, comme disait Truffaut « la vie a beaucoup plus d’imagination que nous ». Oui, décidément, la vie a été particulièrement imaginative cette année me faisant vivre un festival incroyable insolite, unique, irréel maniant les fils du hasard et du destin avec une habileté et une inventivité inégalées. Peut-être cette inventivité de la réalité est-elle la raison pour laquelle j’ai vu cette année certes de très bons films qui ne m’ont néanmoins pas enthousiasmée comme d’autres les années passées à l’exception d’ « Inglourious Basterds » (cliquez ici pour lire ma critique d' "Inglourious Basterds" de Quentin Tarantino), un film que, pourtant, je pensais détester, et qui pour moi mérite désormais la palme d’or. Le jury d’Isabelle Huppert décernera-t-il une deuxième palme d’or à Quentin Tarantino qui l’avait déjà obtenue pour « Pulp Fiction » , un cinéaste avec lequel elle a de surcroît eu quelques dissensions au moment du casting de ce même « Inglourious Basterds » ?

     

     Avant le festival, un blogueur m’a demandé, à la simple lecture des synopsis, sans avoir vu aucun film, quel serait, selon moi la palme d’or 2009. J’avais alors nommé « The time that remains » d’Elia Suleiman. Et je le nommerai, aussi, à nouveau. Dans ce film Elia Suleiman déjà récompensé par le Festival pour « Intervention divine » (prix du jury en 2002), mêle ses propres souvenirs à ceux des membres de sa famille, dressant un portrait de la vie quotidienne de ces Palestiniens qui sont restés sur leurs terres natales et qu’on nomme « Arabes-Israéliens » vivant comme une minorité dans leur propre pays. Ce film burlesque et politique, grave et poétique, visuellement parfait (à l’image  d’« Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino, « Les Etreintes brisées » de Pedro Almodovar) qui emprunte à Keaton et à Tati pourrait bien se voir couronné de la distinction suprême pour la perfection de chacun de ses plans mais aussi pour l’absurdité d’une guerre qu’il souligne à la manière de Tati, la désamorçant par la "politesse du désespoir", le rire, mais aussi par sa poésie enchanteresse. Un film pacifiste, de surcroît drôle et poétique : une palme d’or idéale non ?

     

    Si la palme d’or est un prix cinématographique, couronnant le talent d’un cinéaste, elle est, en effet, bien au-delà de ça, le reflet d’un message adressé au monde, ou bien le reflet de ses souffrances, d’une plaie mise à nu. Et si cette palme devait être politique, alors elle reviendrait indéniablement à Suleiman. Si elle devait couronner le talent, l’imagination, la jubilation du spectateur, le plaisir (une notion parfois oubliée cette année mais que Tarantino concilie admirablement avec une exigence artistique remarquable) ce serait Tarantino.

     

    Viennent ensuite « Les Etreintes brisées » de Pedro Almodovar et « Un Prophète » de Jacques Audiard. Le premier présente comme point commun avec le film de Tarantino d’être une déclaration d’amour fou au cinéma ( et à Penelope Cruz dont le cinéaste sublime et révèle le talent et la beauté ravageuse comme rarement un cinéaste l’a fait avec une actrice),  pour certains un film moins bon que les précédents, il n’en demeure pas moins d’une maîtrise parfaite, d’un graphisme fascinant,  influencé par Hitchcock, Bunuel, Rossellini (et même Truffaut par le biais de Jeanne Moreau décidément très présente dans l’esprit des cinéastes cannois, voir plus bas)… un film d’une sensualité mélancolique  qui est aussi un régal de chaque instant pour les cinéphiles. Certains lui ont reproché son manque d’émotion qui à mon avis sied au contraire au caractère des personnages et montre encore une évolution dans son cinéma.

     

     Non seulement cette mise en abyme relie le film d’Almodovar et celui de Tarantino mais aussi leurs dénouements qui se font joliment écho. Pour moi, il serait impossible que l’un et l’autre ne figurent pas au palmarès même si un prix autre que la palme d’or serait peut-être une déception pour le cinéaste espagnol dont on dit qu’il pensait déjà l’obtenir pour « Volver » (couronné d’un prix d’interprétation collectif).

     

    Vient ensuite « Un Prophète » de Jacques Audiard, un film d’une intensité rare qui non seulement met en exergue les difficultés de vie dans les prisons, l’inhumanité qui y règne et qu’elle suscite, une plaie à vif de notre société, mais qui est aussi un divertissement. Ce sujet en pleine actualité et la maîtrise là aussi impressionnante du cinéaste pourraient lui valoir une palme d’or même si on dit sur la Croisette que deux palmes d’or françaises consécutives seraient impossibles pour deux films qui par ailleurs possèdent en commun de souligner des réalités sociales brûlantes. Il pourrait donc se voir remettre, au même titre que les films précédemment cités, le prix du jury ou le Grand prix du jury (qui en général prime l’originalité et la recherche) ou bien un prix spécial du jury et plus vraisemblablement un prix d'interprétation (voir ci-dessous).

     

    Concernant le Grand Prix du jury, qui en général crée la surprise, le jury pourrait également primer un film plus déconcertant  (et ils n’ont pas manqué pendant ce festival)  à l’exemple de « Visage » de Tsai Ming-Liang, allègrement sifflé hier soir et qui a pourtant le mérite de dérouter, de nous embarquer sur des chemins inhabituels mais à Cannes l’impatience, l’exigence de l’immédiateté, le refus de laisser le temps au temps ont fait que la moitié de la salle avait quitté la projection quand la lumière s’est rallumée. Ce film est pourtant (lui aussi) un vibrant hommage au cinéma et à Truffaut (on retrouve ainsi trois de ses actrices fétiches avec une mariée non plus en noir mais en blanc, dans une scène irrésistible ; il souligne les jambes de Fanny Ardant à la manière de Truffaut dans « Vivement dimanche » et puis bien sûr la présence de Jean-Pierre Léaud, sans oublier « le tourbillon de la vie » fredonné comme si de rien n’était)… Et comme le dit  Ken Loach : « Le cinéma, c’est comme le foot : quand on joue sans risque, on peut gagner mais le match sera bien vite oublié ».

     

     Le jury pourrait également créer la surprise en remettant ce prix à « Nuit d’ivresse printanière » de Lou Ye ou à un film qui a suscité la polémique : « Antichrist » de Lars Von Trier (que je n’ai pas vu mais au cours de la projection duquel de nombreux spectateurs se sont évanouis, sans compter le réalisateur refusant de revenir dans le Grand Théâtre et s’étant enfermé dans les toilettes). Oui, Gilles Jacob avait raison : Cannes n’est pas un festival pour « les âmes sensibles ». Sa violence peut surgir, brutalement, à chaque instant.

     

     Ce prix pourrait aussi être beaucoup plus consensuel en couronnant un film d’un classicisme irréprochable comme « Bright star » de Jane Campion, ou « Map of the sounds of Tokyo » d’Isabel Coixet, un film d’une simplicité envoûtante, ou bien encore la folie juvénile de l’octogénaire Alain Resnais dans "Les herbes folles" (là encore un film avec une mise en abyme qui pour moi s’apparente davantage à un court-métrage à chute, le cinéaste semble s’être beaucoup amusé mais ce film dont je vous reparlerai ces jours prochains est loin d’être son meilleur).

     

    Ce prix pourrait aussi être attribué à un film de genre, le western urbain de Johnnie To « Vengeance ». Les films précités pourraient également se voir remettre un prix spécial ou une mention spéciale.

     

    Concernant le prix du scénario : les films de Pedro Almodovar, Quentin Tarantino, Jacques Audiard ou encore celui d’Isabel Coixet (« Map of the sounds of Tokyo ») pourraient également y prétendre. Ce sont en tout cas mes favoris dans ce domaine et parmi ceux que j’ai vus. (même si d’après les échos de la Croisette « Vincere » pourrait aussi prétendre à ce prix, mais je ne l’ai pas vu…)

     

    Enfin concernant les prix d’interprétation,  pour le prix d’interprétation masculine : Tahar Rahim dans « Un Prophète », LA révélation de ce festival (ce qui serait par ailleurs un moyen de récompenser le talent de directeur d’acteurs de Jacques Audiard, et une « consolation » si ni la palme d’or ni le grand prix ni le prix du jury ne pouvaient lui être remis), Elliot Tiber pour « Taking Woodstock » (je précise que je n’ai pas vu ce film), François Cluzet dans « A l’origine »,  Sergi Lopez dans « Map of the sounds of Tokyo ».

     

     Concernant le prix d’interprétation féminine : Abbie Cornish dans « Bright star » ou Penelope Cruz dans « Les Etreintes brisées » (mes choix avec Tahar Rahim dans le film de Jacques Audiard, pour le prix d’interprétation masculine). Récompenser l’actrice espagnole serait là aussi une manière de récompenser l’immense directeur d’acteurs qu’est Pedro Almodovar  et empêcher qu’il ne reparte bredouille (ce qui, à mon sens, est impossible). Il pourrait également s’agir de Katie Jarvis dans « Fish tank », Charlotte Gainsbourg dans « Antichrist », Giovanna Mezzogiorno dans « Vincere » (je précise que je n’ai pas vu ces trois derniers films).

     

    Je précise en effet à nouveau que je n’ai pas vu tous les films de la compétition et notamment le film de Michael Haneke «  Le Ruban blanc » et « Vincere » de Marco Bellochio dont on dit également qu’ils pourraient figurer au palmarès (même si concernant le premier la position d’isabelle Huppert est un peu délicate puisqu’il s’agit du cinéaste qui lui avait permis d’obtenir le prix d’interprétation féminine à Cannes pour « La Pianiste ».)

     

    Si ce festival a été pour moi une « joie » immense, à tel point que je me demande encore si qui était réel ou ne l’était pas, la réalité ayant bien souvent dépassé l(m)a fiction et me confrontant chaque jour à un choix cornélien entre la vie et le cinéma (même si les deux se subliment réciproquement, se consacrer à l'un c'est parfois oublier l'autre, aussi entremêlés soient-ils à Cannes, comme nulle part ailleurs), j’espère que le retour à la réalité ne sera pas une « souffrance ».  « Les films sont plus harmonieux que la vie. Il n’ya pas d’embouteillages dans les films, il n’y a pas de temps mort » écrivait François Truffaut (citation de « La Nuit Américaine »). Ce festival qui s’est apparenté à un film, aussi a été plus harmonieux que la vie qu’il a sublimée.  Sans aucun temps mort. Sans une seconde pour éprouver l’écoulement du temps. Sans une seconde pour réaliser. Pour réaliser que c’était la vraie vie. Pour réaliser que ces instants vont s’enfuir à jamais mais que leur souvenir restera, majestueux, inaltérable. Claude Sautet (que, je sais, je ne me lasse pas non plus de citer) disait que le cinéma doit « faire aimer la vie ». La vie est-elle si cruelle, insupportable pour que les cinéastes nous donnent cette année surtout envie d’aimer le cinéma ? Resnais, Tarantino, Almodovar, Tsai Ming-Liang ont ainsi signé des films de cinéastes et de cinéphiles, des mises en abyme tortueuses et savoureuses. Non, je crois surtout qu’ils avaient envie de dire qu’ils aimaient le cinéma. Passionnément.   Je vous avais bien dit dans mon édito que le cinéma sortirait grand vainqueur. Quoiqu’il arrive.  Viva il cinema !

     

    A suivre sur « In the mood for cinema », « In the mood for Cannes » et « Off Cannes » (le blog d'Allociné à Cannes pour lequel j'écris également) : de nouvelles critiques de films présentés sur la Croisette, mes commentaires sur le palmarès, mon bilan de ce Festival de Cannes 2009,  de nombreuses vidéos et photos inédites et des remerciements auxquels cette année tout particulièrement je tiens à consacrer un article entier.

     

    Mes favoris de ce Festival de Cannes 2009: "Inglourious Basterds" de Quentin Tarantino, "Les Etreintes brisées" de Pedro Almodovar, " The time that remains" d'Elia Suleiman, "Un prophète" de Jacques Audiard,  "Map of the sounds of Tokyo" d'Isabel Coixet .

     

     Alors, quel(s) message(s) Isabelle Huppert et son jury veulent-ils adresser au monde et à celui du cinéma, quel(s) reflet (s) veulent-ils en donner? Réponse et analyse ce soir sur ce blog...

     

  • La Sélection officielle du 62ème Festival de Cannes

    affichecannes2009.jpg Après 1670  longs métrages visionnés, le comité de sélection du Festival de Cannes vient de dévoiler son choix et les 20 films en compétition tant attendus, ainsi que les deux jurys de ce Festival de Cannes 2009.  

     

    Au final, 53 longs métrages sélectionnés représentant 32 pays de production différents dont 46 premières mondiales. 

     

    Une sélection particulièrement attrayante que je me réjouis tout particulièrement de découvrir (en particulier le film d’Alain Resnais et celui d’Ang Lee dont je suis inconditionnelle mais aussi ceux d’Audiard, de Loach, de Campion, de Park Chan-Wook-grand prix du jury avec "Old boy" en 2004- ou encore celui de Johnnie To que je promets de vous commenter, entre autres, sur In the mood for cinema et In the mood for Cannes) et qui comprend notamment 4 films français ( Alain Resnais, Jacques Audiard, Xavier Gianoli, Gaspard Noé- dont on se souvient du passage à Cannes très controversé pour « Irréversible », en 2002-), 6 films asiatiques dont « Vengeance » de Johnnie To (avec Johnny Hallyday et Sylvie Testud dans les rôles principaux) mais aussi « Visage » de Tsai Mong-liang dont le casting est également en grande partie français (Fanny Ardant, Laetitia Casta...) ...

     

    On remarque un absent pourtant annoncé par de nombreuses rumeurs : « Public Enemies » de Michael Mann. Viendra-t-il ultérieurement rejoindre la liste des films hors compétition ?

     

     

     On retrouve de nombreux habitués de la Croisette et de sa compétition et même de nombreux etreintes.jpglauréats : Almodovar (prix de la mise en scène 1999 pour « Tout sur ma mère »), Tarantino (palme d’or 1994 avec « Pulp Fiction »), Campion (palme d’or ex-æquo avec « La leçon de piano » en 1993), Loach (palme d’or 200- avec « Le vent se lève »), Haneke (notamment grand prix du jury pour « La Pianiste » en 2001) Lars Von Trier (palme d’or 2000 avec « Dancer in the dark ») et un scandale annoncé pour son « Antichrist » avec Charlotte Gainsbourg…

     

     "Coco Chanel & Igor Stravinski" de Jan Kounen (et alors que "Coco avant Chanel" d'Anne Fontaine est à l'affiche depuis hier -critique demain sur Inthemoodforcinema.com- ), avec Anna Mouglalis et Mads Mikkelsen, clôturera le festival.  "L’Armée du crime" de Robert Guédiguian et "Agora" d’Alejandro Amenabar, deux films également très attendus seront projetés hors compétition ainsi que "L’Imaginarium du Docteur Parnassus" de Terry Gilliam dans lequel Heath Ledger tenait son dernier rôle.

     

    19 films sont en compétition pour Un Certain Regard et notamment pour la France, "Irène" d’Alain Cavalier, "Demain dès l’aube" de Denis Dercourt et "Le Père de mes enfants" de Mia Hansen-Love .

     

     A l'occasion de cette conférence de presse du 62ème Festival de Cannes,  Gilles Jacob a aussi souhaité apporter son soutien aux "créateurs indépendants". Il a également indiqué que le nouveau site internet du festival proposerait non plus la "sampiternelle" bande-annonce mais les cinq premières minutes des films de la sélection officielle. Nous pouvons d'ores et déjà constaté que le très agréable nouveau site internet officiel du festival (http://www.festival-cannes) est largement tourné vers les nouveaux médias...

    COMPETITION OFFICIELLE

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    Voici la liste des 20 films en compétition :  Pedro ALMODÓVAR « LOS ABRAZOS ROTOS » (Etreintes brisées),  Andrea ARNOLD “FISH TANK”,  Jacques AUDIARD « UN PROPHÈTE » , Marco BELLOCCHIO « VINCERE », Jane CAMPION “BRIGHT STAR”, Isabel COIXET “MAP OF THE SOUNDS OF TOKYO” ,  Xavier GIANNOLI “A L’ORIGINE” , Michael HANEKE “DAS WEISSE BAND” (Le Ruban blanc), Ang LEE “TAKING WOODSTOCK”, Ken LOACH “LOOKING FOR ERIC”,  LOU Ye CHUN FENG CHEN ZUI DE YE WAN (Nuits d'ivresse printanière), Brillante MENDOZA “KINATAY”, Gaspar NOE « ENTER THE VOID » (Soudain le vide), PARK Chan-Wook “BAK-JWI” (Thirst, ceci est mon sang...), Alain RESNAIS “LES HERBES FOLLES » , Elia SULEIMAN “THE TIME THAT REMAINS”,  Quentin TARANTINO “INGLOURIOUS BASTERDS” , Johnnie TO “VENGEANCE”,  TSAI Ming-liang “VISAGE “, Lars VON TRIER “ANTICHRIST”.

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    SELECTION OFFICIELLE (HORS-COMPETITION)

     Alejandro AMENABAR “AGORA”,  Terry GILLIAM “THE IMAGINARIUM OF DOCTOR PARNASSUS” (L'imaginarium du Docteur Parnassus), Robert GUÉDIGUIAN « L'ARMÉE DU CRIME ». En séances de minuit : Stéphane AUBIER, Vincent PATAR « A TOWN CALLED PANIC » (Panique au village) - 1er film,  Sam RAIMI « DRAG ME TO HELL » (Jusqu'en enfer), Marina de VAN « NE TE RETOURNE PAS ».

     

    SEANCES SPECIALES

     Anne AGHION “MY NEIGHBOR, MY KILLER” (Mon voisin, mon tueur), Adolfo ALIX, JR., Raya MARTIN « MANILA », Souleymane CISSE « MIN YE », Michel GONDRY « L'EPINE DANS LE CŒUR »,  Zhao LIANG « PETITION » (La Cour des plaignants)

    Keren YEDAYA KALAT HAYAM(Jaffa).

     

     

    SELECTION "UN CERTAIN  REGARD" 

    BONG Joon « Ho MOTHER », Alain CAVALIER « IRENE », Lee DANIELS « PRECIOUS »,  Denis DERCOURT « DEMAIN DES L'AUBE », Heitor DHALIA “À DERIVA”, Bahman GHOBADI « KASI AZ GORBEHAYE IRANI KHABAR NADAREH » , Ciro GUERRA « LOS VIAJES DEL VIENTO » (Les Voyages Du Vent), Mia HANSEN-LOVE » LE PÈRE DE MES ENFANTS »,  Hanno HÖFER, Razvan MARCULESCU, Cristian MUNGIU, Constantin POPESCU, Ioana URICARU « AMINTIRI DIN EPOCA DE AUR », Nikolay KHOMERIKI « SKAZKA PRO TEMNOTU » , HIrokazu KORE-EDA “KUKI NINGYO” , Yorgos LANTHIMOS “KYNODONTAS » (Dogtooth), Pavel LOUNGUINE “TZAR” (Le Tsar), Raya MARTIN “INDEPENDENCIA”  (Independence), Corneliu PORUMBOIU “POLITIST, ADJECTIV” (Policier, Adjectif), Pen-Ek RATANARUANG « NANG MAI », João Pedro RODRIGUES « MORRER COMO UM HOMEM » (Mourir Comme Un Homme), Haim TABAKMAN « EYES WIDE OPEN », Warwick THORNTON SAMSON AND DELILAH- 1er film,   Jean VAN DE VELDE  « THE SILENT ARMY ».

     

    Je reviendrai prochainement en détails sur tous ces films...