20/06/2014

Retrouvez mon bilan du Festival de Cannes 2014 dans CLAP, nouveau magazine de cinéma

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Longtemps, dès l'âge de 11 ou 12 ans, je pense, j'avais un rendez-vous hebdomadaire incontournable, aller acheter en kiosques les Première, Studio, et Positif (que je continue d'ailleurs à acheter de temps à autre). Allez savoir pourquoi, pour les deux premiers, j'ai cessé il y a trois ou quatre ans. Sans doute en raison d'internet qui pose un évident problème d'adaptation temporelle et d'immédiateté, sans doute aussi parce que je n'y retrouvais pas l'originalité de point de vue et les articles de fond que je recherchais.

C'est ainsi le parti pris de ce nouveau magazine de cinéma "Clap", financé par le site participatif Ulule ayant rapidement atteint puis dépassé l'objectif fixé pour son financement.

L'objectif du magazine lancé par Romain Dubois est ainsi défini sur le site Ulule : "Lancer la revue cinéma du futur. Nous souhaitons faire entendre aujourd’hui une voix différente et INDEPENDANTE que nous ne retrouvons pas dans la presse cinématographique actuelle. La voix de notre génération, le magazine que nous aimerions lire. Nous croyons au renouvellement de la presse cinéma autour d'une cinéphilie moins universitaire, moins poussiéreuse et plus ouverte sur tous les genres de cinéma autant que sur les séries ! Clap! s’intéresse à tous les cinémas sans préjugés : du blockbuster aux films d’auteur, des classiques de l'Age d'or hollywoodien aux films pop-corn des années 80, de la Série B au film d'animation.  A son cœur purement ciné viendra également s'ajouter un large cahier critique dédié aux séries. Vous l’aurez compris, le but est de n’exclure aucun genre, parler de TOUT, avec passion, précision et ouverture d’esprit.  Chaque numéro sera composé de longues interviews de grands cinéastes, acteurs, techniciens : ceux qui font le cinéma. Mais l'essence même de Clap! sera son dossier d’une vingtaine de pages, dans lequel chacun des rédacteurs exprimera son point de vue sur un thème commun, intemporel ou au contraire en lien avec l’actualité brûlante. Dans les deux cas, le dossier sera écrit avec l’exigence d’une approche inédite, d’un retour aux sources, d’une analyse précise, décalée, sérieuse : ce que le sujet dictera ! Exemples :  Qui est l’héritier légitime d’Hitchcock ?  La guerre du Viêtnam au cinéma. Hollywood n'a-t-il plus rien à dire ? L’animation : de Méliès à Pixar. Ceux qui ont fait l’Age d’Or hollywoodien. La mort de la grande SF.Et parce qu'il y a mille façons d'en parler, Clap! a décidé de rassembler le meilleur du web au sein de sa revue. Enfin un collectif de passionnés du ciné qui promet de tout dire, tout couvrir, pour le meilleur et pour le pire. Ont déjà rejoint la Clapteam : les excellentes plumes d’EastAsia & In the Mood for Cinéma,  qui auront leur rubrique rien qu’à eux !".

Je suis vraiment ravie d'écrire dans ce premier numéro (et dans les suivants) pour lequel j'ai choisi d'écrire le bilan du Festival de Cannes 2014 (raison pour laquelle je ne l'ai pas publié ici cette année). Pour le lire, il vous faudra donc acheter Clap (liste des points de vente, ici) ou vous abonner, là. A lire dans ce 1er numéro: un excellent article sur David Fincher, la rencontre avec Naomi Kawase et beaucoup d'autres choses. Bonne lecture! Vos avis sur le magazine sont bien sûr les bienvenus. Je transmettrai...

Suivez-moi aussi sur http://inthemoodlemag.com et http://inthemoodforfilmfestivals.com.

17:17 Écrit par Sandra Mézière dans COMPETITION OFFICIELLE 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

28/05/2014

Palmarès et clôture du Festival de Cannes 2014

Retrouvez également cet article sur mes blogs Inthemoodforfilmfestivals.com, Inthemoodforcinema.com et Inthemoodforcannes.com . Toutes les photos de cet article sont la propriété exclusive de ce blog. Pour une meilleure visibilité et lisibilité de cet article, rendez-vous sur mon site Inthemoodlemag.com .

Deux jours après la soirée de clôture, de retour de Cannes et pas encore tout à fait à la réalité, encore éblouie par les lumières cannoises et du 7ème art, je vais vous livrer un bilan plus émotionnel que cinématographique de cette 67ème édition puisque c’est dans mon article publié dans le magazine « Clap » (dont le premier numéro sera en kiosques le 18 juin) que vous pourrez cette année découvrir mon avis sur la compétition de cette 67ème édition dont j’ai une véritable vision d’ensemble puisque j’ai vu  les 18 films sélectionnés (et quels films !) ainsi que les films d’ouverture (« Grace de Monaco ») et de clôture (« Pour une poignée de dollars ») et quelques « séances spéciales » (« Caricaturistes, fantassins de la démocratie », « Kahlil Gibran’s the prophet ») et quelques films de la section Un Certain Regard (« Incompresa », « La chambre bleue », « Party girl ») sans oublier les courts-métrages de l’ADAMI. Bref, douze jours de grand cinéma et d’un voyage passionnant, une fenêtre ouverte sur le monde, ses aspirations et ses blessures, et sur le rêve.

Cette année, c’est aux premières loges que j’ai eu le plaisir de vivre la soirée du palmarès après ces douze jours de parenthèse enchantée. Une dernière montée des marches sous un soleil insolent, inondées de frénésie, baignées d’euphorie, paroxysme de douze jours à la frontière entre cinéma et réalité, de plus en plus ténue au fil des jours et des projections au point de confondre peu à peu l’affiche et une Croisette ô combien fellinienne quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit à laquelle je l’arpentais.

 « Les meilleures choses ont une fin, pas les meilleurs films. Ils continuent à exister. Leurs souvenirs se mélangent en nous avec ceux de notre vie réelle. Ils nous accompagnent, nous apprennent à vivre » a ainsi déclaré Lambert Wilson lors de la clôture. Sans aucun doute, quelques films de cette 67ème édition resteront gravés dans ma mémoire à se confondre avec les souvenirs de ma propre vie, à les adoucir ou les éclairer. Le mystère et le miracle du cinéma pour reprendre les mots de Desnos cité par Lambert Wilson lors de l’ouverture : « Ce que nous demandons au cinéma c’est ce que l’amour et la vie nous refusent : le mystère et le miracle. Place au miracle. »

A quelques minutes de l’annonce du palmarès, fébrile, la salle réagit à la montée des marches et ajuste ses pronostics, applaudit Sophia Loren, majestueuse, est parcourue d’un murmure admiratif en voyant Xavier Dolan gravir les marches dont le film a fait l’unanimité,  et accueille l’arrivée de Quentin Tarantino (qui présentera ensuite le film de Sergio Leone avec l’enthousiasme et la cinéphilie qui le caractérisent) parmi nous par une standing ovation. L’espace de quelques minutes, et plus que jamais, Cannes est le centre du monde du cinéma, se croit le centre du monde. Le brouhaha laisse bientôt place à un murmure d’impatience et à la musique qui précède le direct. Je frissonne immanquablement. Un peu de nostalgie déjà. D’impatience de connaître le verdict. Et du plaisir, ineffable, inaltérable, d’être là.

Lambert Wilson apparaît sur scène, vêtu d’un costume grenat, d’une élégance teintée d’ironie à l’image de son discours : « Les grands démocrates de ce monde pourront élargir impunément leurs frontières et Godzilla redeviendra le film le plus important de la semaine. Le monde redeviendra illisible. Dès demain, il vous faudra écrire et réaliser des films pour tenter de nous rendre compréhensible », « Même si c’est old fashion nous avons décidé de vous annoncer le palmarès depuis cette merveilleuse salle du festival plutôt que de le rendre accessible en VOD pour 6, 99 euros. »

Vient enfin l’heure du palmarès qui, après la palme d’or du court métrage, débute avec l’attribution de la caméra d’or à « Party girl », un film dont je vous avais dit à quel point il m’avait enthousiasmée, un film plein de vie et de délicatesse pour un sublime et touchant portrait de femme qui nous emporte dans sa fête joyeusement mélancolique.

Visiblement remué, c’est Timothy Spall qui reçoit ensuite le prix d’interprétation masculine pour son interprétation magistrale du peintre Turner dans le film de Mike Leigh, déjà remarquable dans son « All or nothing ».  Un film et un personnage à la fois âpres, rudes et sublimes d’une belle exigence dans les nuances des âmes autant que dans celles des teintes et des peintures.

C’est ensuite à l’actrice Julianne Moore qu’est attribué le prix d’interprétation féminine pour son rôle d’actrice cruelle, ravagée par l’ambition et craignant plus que tout de l’être par les années dans « Maps to the stars » de David Cronenberg, plongée lucide et cynique dans l’envers du décor d’Hollywood.

Le prix du scénario a été attribué à « Léviathan » pour une écriture particulière sophistiquée, habile, d’inspiration biblique et qui le méritait incontestablement.

Le prix de la mise en scène est revenu à « Foxcatcher », le seul prix vraiment incompréhensible pour moi. Si la réalisation est indéniablement maîtrisée, c’est aussi la plus classique de tous les films sélectionnés, la moins audacieuse.

Le prix du jury a été attribué ex-æquo au plus jeune, Xavier Dolan, et au plus âgé  (Jean-Luc Godard), des cinéastes en compétition qui ont finalement en commun la folie, l’audace, l’amour fou du cinéma, des films qui utilisent les codes du cinéma pour mieux les renouveler, les transcender. Pour Jane Campion, Xavier Dolan est « un génie » et elle s’est dit « bouleversée par le film de Godard, tellement moderne, il n’y a plus de récit, le film est une sorte de poème qui m’a frappée, voilà un homme vraiment libre. Nous avons opté pour un prix ex-æquo. Nous devons beaucoup de choses à Godard. A bout de souffle a changé le cinéma et nous avons été d’accord pour lui donner ce prix ».

Le Grand prix est revenu au film italien « Les merveilles » d’Alice Rohrwacher. L’impression de vérité, la vie, la sincérité, qui en émanent justifient ce prix peut-être plus du cœur que de la raison mais c’est cela aussi le cinéma, se laisser porter, emporter par les émotions.

Enfin, la palme d’or a été attribuée à « Winter sleep », le film de 3H16 de Nuri Bilge Ceylan dont je vous avais dit le soir de sa projection à quel point je ne les avais pas vues passer tant ce film est maîtrisé, d’une rare finesse psychologique, d’une beauté triste envoûtante, d’une lucidité admirable. Trop nombreux sont les festivaliers ou les journalistes à avoir critiqué ce film sans même l’avoir vu. Une palme d’or moins évidente que celle qui aurait pu/dû revenir à Sissako mais non moins méritée. J’avais été captivée par le sens du cadre et plus encore celui de la psychologie de Nuri Bilge Ceylan qui sait aussi bien capturer la rudesse des paysages que celle des cœurs, les paysages et les âmes plongés dans l’hiver. Un film à la fois aride et lumineux comme ses personnages principaux que l’on quitte et abandonne à regret à leurs faiblesses attendrissantes et solitudes désarmantes.  Jane Campion a ainsi justifié cette palme d’or lors de la conférence de presse du jury : «  Ce que j’ai apprécié dans Winter sleep : je me suis assise et ce film avait un rythme tellement merveilleux que j’aurais pu rester deux heures de plus. Comme une nouvelle de Tchekhov avec des personnages qui se torturent avec beaucoup d’intelligence. Une confrontation avec beaucoup de sophistication. »

Pour moi, un film restera néanmoins à jamais gravé dans ma mémoire, c’est « Timbuktu » d’Abderrahmane Sissako. Un film d’une beauté flamboyante qui exacerbe encore la cruauté et la folie du fanatisme qu’il dénonce, sans manichéisme, mais avec une intelligence redoutable. Le film parfaitement construit (début et fin se répondant, plans d’une violence implacable) est comme une démonstration sur le cercle vicieux de la bêtise du fanatisme. Chaque plan est parfait, alliant savamment les contrastes parfois dans la même image (le soleil irradie et illumine une scène profondément triste ou un plan  mis en parallèle avec le précédent illustre toute l’absurdité criminelle et tragiquement drôle du fanatisme). Du début à la fin, j’ai été éblouie par ce film qui relève pour moi de la perfection et dont chaque image, chaque visage (d’une beauté inouïes) resteront gravées en moi. Un film immense. Non seulement le film de ce festival mais aussi le film de l’année. Parce que tout concourt à en faire un très grand film: photographie, mise en scène, écriture mais aussi parce que son sujet est en résonance avec l’actualité et éclaire magnifiquement ses aspects les plus sombres, ce film méritait indéniablement la palme d’or même si Xavier Dolan méritait la palme de l’inventivité, la maturité, la vitalité, la singularité et l’émotion pour son poignant « Mommy ».

 Cette cérémonie de clôture a été riche en émotions. Bien sûr parce qu’elle marquait la fin de douze jours de parenthèse enchantée mais aussi la fin de la présidence de Gilles Jacob  qui l’a quittée avec l’élégance et la discrétion qui le caractérisent. Son « au revoir les enfants » inscrit sur l’écran du Grand Théâtre Lumière était d’une simplicité bouleversante et résumait toute la classe et la tendre ironie de celui qui a permis que le Festival de Cannes devienne ce qu’il est aujourd’hui, le plus important évènement cinématographique au monde. Une personne rare dont la curiosité insatiable, l’élégance, la clairvoyance et malgré cela l’étonnement constant ne cesseront de forcer mon admiration qu’il m’est plus facile de clamer après son départ, sans être soupçonnée de flagornerie. Merci M. Jacob.

Et puis, que dire du discours de Xavier Dolan qui m’a émue autant que l’avait fait son film. Des mots quin ont profondément résonné en moi. Un discours qui résume toute la force et la beauté de la création artistique, la violence et la légèreté surtout qu’elle suscite, qui permet de croire que, malgré les terribles vicissitudes de l’existence, tout est possible. Tout reste possible. Merci Xavier Dolan pour ce moment d’émotion sincère et partagé, pour ces films à votre image, vibrants de vie, de passion, de générosité, d’originalité, de folie, de singularité, d’intelligence. J’aurais aimé vous dire tout cela lorsque je vous ai croisé lors du dîner de clôture. Mais redoutant que mes mots ne soient à la hauteur de mes émotions et de la vôtre, j’ai préféré me taire et rester avec les mots si vibrants de votre discours dont voici un extrait :

 « Une note pour les gens de mon âge, les jeunes de ma génération. Ce sont les notes des dernières années dans ce monde de fous. Malgré les gens qui s’attachent à leurs goûts et n’aiment pas ce que vous faites, mais restez fidèles à ce que vous êtes.  Accrochons nous à nos rêves, car nous pouvons changer le monde par nos rêves, nous pouvons faire rire les gens, les faire pleurer. Nous pouvons changer leurs idées, leurs esprits. Et en changeant leurs esprits nous pouvons changer le monde. Ce ne sont pas que les hommes politiques et les scientifiques qui peuvent changer le monde, mais aussi les artistes. Ils le font depuis toujours. Il n’y a pas de limite à notre ambition à part celles que nous nous donnons et celles que les autres nous donnent. En bref, je pense que tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais. Et puisse ce prix en être la preuve la plus rayonnante ».

 Pour terminer, avant de vous récapituler le palmarès ci-dessous, rappelez-vous, dans mon article avant le festival, je vous livrais un petit « j’aime, j’aime pas » cannois, le voici à nouveau ci-dessous avec quelques ajouts et modifications suite à ces douze jours au cœur de Cannes. Je vous donne donc rendez-vous dans « Clap » pour mon compte rendu cinématographique et sur mes blogs, du 10 au 17 juin, pour la troisième édition du Champs-Elysées Film Festival dont j’ai le plaisir de faire partie du jury mais aussi la semaine prochaine pour les trophées Tribway du meilleur blog dont je fais partie des finalistes et évidemment pour les 40 ans du Festival du Cinéma Américain de Deauville en septembre…notamment !

A Cannes, j’aime :

-entendre le petit cliquetis lorsque les contrôleurs scannent les badges à l’entrée de la salle Debussy ou du Grand Théâtre Lumière comme un passeport pour le paradis, celui des cinéphiles,

-me laisser envoûter par le lever du soleil en allant à la première projection presse du matin sur une Croisette alors étrangement déserte et avoir l’impression que le monde m’appartient,

-oublier que ce tourbillon enivrant de cinéma ne durera pas toujours et que des illusions s’y perdent, aussi, souvent, brutalement,

-oublier, l’espace de douze jours, que la vraie vie n’est pas du cinéma ou n’est pas que du cinéma,

-avoir le cœur qui bat la chamade en entrant dans le Grand Théâtre Lumière, comme la première fois, comme pour un premier rendez-vous, notre premier rendez-vous,

-ce moment palpitant lorsque la salle s’éteint et avant que s’allume l’écran où le souffle de la salle est suspendu à ces premières images qui nous embarqueront pour un nouvel univers, un nouveau monde, une nouvelle aventure, un nouveau rêve,

-ne plus faire la distinction entre le jour et la nuit, la fiction et la réalité, mes souvenirs et mon imaginaire, l’affiche de Fellini et une Croisette aux accents felliniens,

-avoir l’impression que tout recommence et que tout est possible, et même croire, l’espace de douze jours hors de la réalité, que ce deuil  qui me ravageait avant de partir et qui n’a jamais quitté mes pensées, n’était qu’un terrible cauchemar, qu’une illusion de plus,

-entendre Gilles Jacob et Thierry Frémaux partager leur passion du cinéma, avec un constant enthousiasme, rivalisant d’humour et d’érudition,

-ce moment à la fin du film où, aussi, la salle retient son souffle, avant de se taire ou d’applaudir,

-lorsque les applaudissements semblent ne devoir jamais arrêter leur course folle telle une vague contagieuse de bonheur,

- cette bulle d’irréalité où les émotions, les joies réelles et cinématographiques, si disproportionnées, procurent un sentiment d’éternité fugace et déroutant,

- cet ailleurs proche qui abolit les frontières entre fiction et réalité, qui vous fait tout oublier, même que cela ne dure qu’un temps,

-l’ombre parallèle d’un miroir,

- celui qui, de toute façon, sortira vainqueur  et qui vous fait oublier tout le reste: le cinéma presque dissimulé derrière tous ceux qui font le leur, le cinéma si multiple, si surprenant, si audacieux, si magique, là plus qu’ailleurs,

-parler cinéma  à toute heure du jour et de la nuit, avec des amis ou des inconnus dans les files d’attente( le cinéma: langage universel) avec virulence parfois, comme si la vie en dépendait,

-redécouvrir des classiques du cinéma, ceux par lesquels j’ai commencé à l’aimer et se dire que la boucle est bouclée et que tout recommence, toujours,

-découvrir des bijoux du septième art et en être exaltée,

-être heurtée, brusquée par un film et en être exaltée, aussi, malgré tout,

-gravir les marches les plus célèbres du monde au son de la musique sous un soleil éblouissant et, l’espace d’un instant, être envahie par l’irréalité étincelante que procure ce moment qui suspend le vol du temps,

-entendre Aquarium de Camille de Saint-Saëns et savoir que la magie va à nouveau opérer,

-sortir d’une projection tardive, un peu étourdie, éblouie, arpenter la Croisette et avoir l’impression de me retrouver dans un film de Fellini, encore,

-retrouver la Croisette, celles et ceux, festivaliers, que je ne croise qu’une fois par an là-bas et avoir l’impression de les avoir quittés la veille. Le cinéma: langage intemporel, aussi,

-me souvenir de la petite fille que j’étais qui, avec son père, à la télévision, regardait tout cela de loin, fascinée, impressionnée, comme un monde lointain et inaccessible et avoir conscience de ma chance et à quel point cette passion pour le cinéma est exaltante et, au milieu des vicissitudes de l’existence, salutaire, et à quel point, et m’a fait vivre et me fait vivre tant de moments inoubliables, en particulier à Cannes,

-repartir de Cannes avec des envies d’écriture, portées par les illusions enchanteresses, les désillusions fracassantes, du festival

Je n’ignore pas qu’à Cannes il y a aussi tous ceux qui font leur cinéma, théâtre des vanités destructeur et  assassin et pour cette raison,

à Cannes, j’aime moins:

- les parures d’orgueil que revêtissent ainsi ceux qui s’y donnent l’illusion d’exister,

- les semblants d’amitiés piétinés sans vergogne pour grimper dans l’échelle de la vanité,

- les personnalités qui se révèlent, tristement parfois, dans ce théâtre des apparences,

- l’exacerbation par la hiérarchie festivalière des rancœurs de ceux qui sont en bas et la vanité de ceux qui sont en haut qui croient y déceler là un signe de leur supériorité, et qui oublient que, au bout de dix jours, l’égalité et la réalité reprendront leurs droits,

- les Dorian Gray, Georges Duroy, Rastignac, Lucien de Rubempré (de pacotille) qui s’y croisent, s’y défient, s’y méprisent…et finalement s’y perdent,

- la célérité avec laquelle Cannes passe de l’adoration à la haine : la violente versatilité de la Croisette, sa capacité à déifier puis piétiner, avec la même pseudo-conviction et force,

-ceux qui vous disent « LE » Téchiné, « LE » Dolan au lieu du film de…, pour bien signifier qu’ils appartiennent à un cercle d’initiés, les mêmes qui parleront systématiquement (que) de daubes (que j’exècre ce mot!) ou de chefs-d’œuvre ne connaissant pas la demi-mesure et la nuance et les mêmes qui mettront invariablement « pour le coup » dans chacune de leurs critiques (mais qui a initié cette expression passe-partout?),

- le pathétique acharnement de certains pour paraître cyniques, désabusés, blasés, désinvoltes, las,

-les amis d’autrefois dont l’indifférence, le silence ou l’incapacité à prononcer ces mots si simples et salutaires « mes condoléances » est comme un couteau dans la plaie béante et invisible de ce deuil récent et inconcevable,

-Les soirées sans fin, sans faim à force d’être enchaînées pour certains. La foule impérieuse du festival qui, mieux que nulle autre, sait être passionnément exaltée et aussi impitoyable avec la même incoercible exaltation,

-la versatilité des personnalités et avis pour un sursaut de vanité, même si je sais que tant d’illusions s’y fracassent, que Cannes peut encenser, broyer, magnifier, dévaster et en a perdu certains et tant à force de les éblouir, les fasciner, les aliéner,

-ceux qui montent les marches…pour les redescendre ensuite sans même aller voir le film et qui mépriseront en sortant ceux qui ne rêvaient que de cela,

-ceux qui viennent à Cannes et disent que c’est forcément mieux ailleurs, que c’était forcément mieux avant, que, forcément, ils ne pouvaient pas faire autrement, parce qu’oubliant ou justement se rappelant très bien tous ceux qui aimeraient avoir leur chance,

-préférer l’écriture nocturne au sommeil  pour partager ma passion pour les films …et réaliser que le dernier jour je peine à rester aussi attentive devant un film pourtant captivant,

-quand Cannes  se révèle un véritable terrain de guerre où chacun ne lutte que pour son intérêt, et qui révèle les veuleries de certains,

- arriver le jour de la clôture, avoir l’impression que le festival vient de commencer et l’avoir traversé comme un rêve éveillé (mais ça, j’aime, aussi).

 Je vous laisse avec le palmarès et avec, encore en tête, la voix inimitable de Depardieu lisant Khalil Gibran lors d’une séance spéciale de cette 67ème édition  ou prononçant cette célèbre phrase du film de Truffaut « Le dernier métro » revu avec un immense plaisir dans le cadre de Cannes Classics : « Tu es si belle que te regarder est une souffrance. (Hier, tu disais que c’était une joie.) C’est une joie et une souffrance. »

 PALMARES DU 67ème FESTIVAL DE CANNES :

En Compétition :

Longs métrages

Palme d’or

WINTER SLEEP Réalisé par Nuri Bilge CEYLAN

 Grand Prix

 LE MERAVIGLIE (LES MERVEILLES) Réalisé par Alice ROHRWACHER

 Prix de la mise en scène

 Bennett MILLER pour FOXCATCHER

 Prix du scénario

 Andrey ZVYAGINTSEV, Oleg NEGIN pour LEVIATHAN

 Prix d’interprétation féminine

 Julianne MOORE dans MAPS TO THE STARS Réalisé par David CRONENBERG

 Prix d’interprétation masculine

 Timothy SPALL dans MR. TURNER Réalisé par Mike LEIGH

 Prix du Jury

 MOMMY Réalisé par Xavier DOLAN

 ADIEU AU LANGAGE Réalisé par Jean-Luc GODARD

 Courts métrages

 Palme d’or du court métrage

 LEIDI Réalisé par Simón MESA SOTO

 Mention spéciale – court métrage

 AÏSSA Réalisé par Clément TREHIN-LALANNE

 JA VI ELSKER Réalisé par Hallvar WITZØ

 Un Certain Regard :

 Prix Un Certain Regard

 FEHÉR ISTEN Réalisé par Kornél MUNDRUCZÓ

 Prix du Jury – Un Certain Regard

 TURIST (FORCE MAJEURE) Réalisé par Ruben ÖSTLUND

Prix spécial Un Certain Regard

 THE SALT OF THE EARTH (LE SEL DE LA TERRE) Réalisé par Wim WENDERS, Juliano RIBEIRO SALGADO

 Prix d’ensemble

 PARTY GIRL Réalisé par Claire BURGER, Samuel THEIS, Marie AMACHOUKELI

 Prix du meilleur acteur

 David GULPILIL dans CHARLIE’S COUNTRY (LE PAYS DE CHARLIE) Réalisé par Rolf DE HEER

 Cinéfondation :

Premier Prix de la Cinéfondation

 SKUNK Réalisé par Annie SILVERSTEIN

 Deuxième Prix de la Cinéfondation

 OH LUCY! Réalisé par Atsuko HIRAYANAGI

 Troisième Prix de la Cinéfondation Ex-aequo

 LIEVITO MADRE Réalisé par Fulvio RISULEO

 THE BIGGER PICTURE (LE TABLEAU D’ENSEMBLE) Réalisé par DAISY JACOBS

 Caméra d’or :

 Caméra d’or

 PARTY GIRL Réalisé par Samuel THEIS, Claire BURGER, Marie AMACHOUKELI

A lire également - épisodes précédents :

-mon article « Programme complet du Festival de Cannes 2014 et passion(s) cannoise(s) 

-Festival de Cannes – Episode 1: Cérémonie d’ouverture et projection de « Grace de Monaco » d’Olivier Dahan

-Festival de Cannes 2014 – Episode 2 : « Mr Turner » de Mike Leigh, ouverture d’Un Certain Regard et « Party girl »

-Festival de Cannes 2014 – Episode 3 : Egoyan, Amalric, Ceylan, Bonello,
Ulliel, Truffaut, Depardieu et les autres

-Cannes Classics: analyse « Le jour se lève » de Marcel Carné

-Quelques clichés en attendant l’épisode 4 de mes pérégrinations cannoises

-Clôture et palmarès du 67ème Festival de Cannes: mes pronostics

16:39 Écrit par Sandra Mézière dans PALMARES 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

24/05/2014

Palmarès du Festival de Cannes 2014 : pronostics

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Un bon festival est d’ailleurs souvent comme un grand film vous laissant heureux et exténué, joyeusement nostalgique et doucement mélancolique, riche d’émotions et de réflexions, souvent contradictoires , et il faut souvent un peu de recul pour appréhender ces multiples réflexions et émotions qu’il a suscitées, pour découvrir quelles images auront résisté à l’écoulement du temps, aux caprices de la mémoire, à ce flux et flot d’informations ininterrompues, vous disais-je dans mon article avant le festival consacré à ma passion cannoise.

Je vais donc me contredire puisque c'est sans le recul nécessaire et encore bouleversée par le film que je viens de voir, "Timbuktu" d'Abderrahmane Sissako, que je vous livre ici mes choix pour le palmarès que je vous commenterai ce soir après la clôture à laquelle j'aurai le plaisir d'assister.

Quant à mon compte rendu du festival, c'est dans le tout nouveau magazine "Clap" (en kiosques le 16 juin) que vous pourrez le lire même si vous retrouverez ici prochainement mes critiques des films en sélection officielle.

PALME D'OR

 

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Pour moi, et pas seulement parce que je l'évoque sous le coup de l'émotion qui m'a submergée et me submerge encore, un film domine largement cette compétition c'est "Timbuktu" d'Abderrahmane Sissako. Un film d'une beauté flamboyante qui exacerbe encore la cruauté et la folie du fanatisme qu'il dénonce, sans manichéisme, mais avec une intelligence redoutable. Le film parfaitement construit (début et fin se répondant, plans d'une violence implacable) est comme une démonstration sur le cercle vicieux de la bêtise du fanatisme. Je voudrais avoir le temps de vous en parler des heures. Chaque plan est parfait, alliant savamment les contrastes parfois dans la même image (le soleil irradie et illumine une scène profondément triste ou un plan  mis en parallèle avec le précédent illustre toute l'absurdité criminelle et tragiquement drôle du fanatisme). Du début à la fin, j'ai été éblouie par ce film qui relève pour moi de la perfection et dont chaque image, chaque visage (d'une beauté inouïes) resteront gravées en moi. Un film immense. Non seulement le film de ce festival mais aussi le film de l'année. Parce que tout concourt à en faire un très grand film: photographie, mise en scène, écriture mais aussi parce que son sujet est en résonance avec l'actualité et éclaire magnifiquement ses aspects les plus sombres, ce film mérité indéniablement la palme d'or même si Xavier Dolan mériterait la palme de l'inventivité, la maturité, la vitalité, la singularité et l'émotion pour son poignant "Mommy". A mon avis, trois films peuvent prétendre à la palme d'or:

"Timbuktu" d'Abderrahmane Sissako

"Mommy" de Xavier Dolan (ce qui ferait de lui le plus jeune lauréat de la récompense suprême)

"Still the water" de Naomi Kawase pour sa beauté mélancolique, sa poésie sombre, son universalité.

GRAND PRIX DU JURY

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Idem que pour la palme d'or. J'attribuerais pour ma part ce prix à Xavier Dolan qui signe avec "Mommy" son meilleur film, le plus abouti. Un film qui vous touche droit au cœur. (Je l'attribuerais évidemment à Sissako s'il n'obtient pas la palme d'or qu'il mérite).

Les Dardenne pourraient aussi être de sérieux prétendants avec le bouleversant et ensoleillé portrait de femme qui se relève qu'est leur film "Deux jours, une nuit".

PRIX DU JURY

Je ne vais pas me contredire et donc ce troisième prix, je l'attribuerais à Naomi Kawase pour "Still the water" pour les raisons précédemment évoquées.

Mais... allez savoir: qui sait si le jury ne pourrait récompenser "Adieu au langage" de Jean-Luc Godard ou pourquoi pas décerner un prix spécial pour ce film qui agace ou fascine, déconstruit l'écriture cinématographique et multiplie les références pour nous égarer dans sa pensée absconse.

J'aurais aussi envie d'attribuer ce prix à "Mr. Turner" de Mike Leigh qui mérite aussi incontestablement sa place au palmarès. Un film et un personnage à la fois âpres, rudes et sublimes d’une belle exigence dans les nuances des âmes autant que dans celles des teintes et des peintures.

Autre prétendant sérieux: "Winter sleep" de Nuri Bilge Ceylan par lequel j'ai été captivée pour son sens du cadre et plus encore celui de la psychologie du réalisateur qui sait aussi bien capturer la rudesse des paysages que celle des cœurs, les paysages et les âmes plongés dans l’hiver. Un film à la fois aride et lumineux comme ses personnages principaux que l’on quitte et abandonne à regret à leurs faiblesses attendrissantes et solitudes désarmantes.

"Relatos salvajes" de Damian Szifron pour l'incontestable originalité avec laquelle il montre comment la civilisation peut dégénérer en barbarie pourrait aussi recevoir ce prix.

PRIX D'INTERPRETATION MASCULINE

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Je décernerais ce prix  à un acteur dont j'admire le travail depuis longtemps qui m'avait déjà bouleversée dans "All or nothing" de Mike Leigh, Timothy Spall, parfait pour interpréter  les contrastes de cet homme entre l’extrême sensibilité qu'il met dans son art et la rudesse de ses manières, entre les tourments qu’il exprime dans ses toiles et ceux qu’il ne parvient pas à exprimer autrement, réussissant à peindre les tempêtes qui s’agitent sur les océans et dans son crane mais jamais à les expliciter. 

Le jeune acteur de "Mommy" Antoine-Olivier Pilon le mériterait également pour sa composition de cet adolescent impulsif et violent, ce serait aussi une manière de récompenser le travail de directeur d'acteurs de Xavier Dolan.

La composition nuancée de Gaspard Ulliel dans le rôle de Saint Laurent qu'il porte sur ses épaules pourrait également être récompensée.

Le jeune Maxim Emelianov crève également l'écran dans "The Search" de Michel Hazanavicius.

Je précise que je n'ai pas vu (et rattraperai demain) "Foxcatcher", Steve Carell étant aussi pressenti pour recevoir ce prx.

Enfin, l'acteur de Léviathan Alexey Serebryakov est aussi un sérieux prétendant au titre.

PRIX D'INTERPRETATION FEMININE

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Mon cœur balance entre trois interprètes:

-Marion Cotillard dans "Deux jours, une nuit". Lui attribuer ce prix serait aussi une manière de récompenser le formidable travail de directeurs d'acteurs qu'accomplissent ici, une fois de plus, les frères Dardenne

-Julienne Binoche éblouissante dans la sinueuse, brillante, lucide et passionnante mise en abyme d'Olivier Assayas "Sils Maria", déjà lauréate de cette récompense pour le magistral "Copie conforme" de Kiarostami.

-Anne Dorval dans "Mommy" de Xavier Dolan parce qu'elle est une Mommy magistrale, qu'elle incarne cette femme avec un mélange fascinant de douceur, de dureté (apparente) et d'extravagance.

PRIX DE LA MISE EN SCENE

Si, à ma grande déception, Sissako n'obtenait pas la palme d'or ou le grand prix, il mériterait également ce prix de la mise en scène (même si ce serait pour moi réducteur de lui attribuer "seulement" le prix de la mise en scène). Je l'attribuerais donc soit à Zvyaguintsev, à Leigh ou Ceylan s'ils n'ont pas obtenu un des prix précédemment évoqués.

PRIX DU SCENARIO

La passionnante mise en abyme d'Olivier Assayas pourrait prétendre à ce prix.

 

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Les Dardenne aussi pour leur "réécriture" de "12 hommes en colère" mais également Damian Szifron pour la logique implacable avec laquelle chacune de ses histoires dégénère dans la violence.

 Par ces brefs pronostics (je réfléchis ci-dessus à "haute voix", mes choix figurent en gras), vous aurez compris les films par lesquels j'ai été le plus enthousiasmée. Avant le festival, je le qualifiais de "bulle d’irréalité où les émotions, les joies réelles et cinématographiques, si disproportionnées, procurent un sentiment d’éternité fugace et déroutant". Cette année n'a pas dérogé à la règle, me plongeant dans une palpitante, déroutante, hypnotique fenêtre ouverte sur le monde et sur les rêves.

Rendez-vous ce soir pour la cérémonie de clôture. Je vous invite à me suivre en direct sur twitter sur @moodforcinema et @moodforcannes.

12:25 Écrit par Sandra Mézière dans CLÔTURE 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

22/05/2014

Festival de Cannes 2014: en attendant l'épisode 4 de mes pérégrinations cannoises...

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Emportée par le tourbillon des films et de quelques soirées (avec parcimonie pour ces dernières et avec frénésie pour les premières) ou même une escapade en mer ou des concerts, je n'ai pas écrit ici depuis plusieurs jours afin de le faire ultérieurement pour vous parler avec la précision qu'il se doit des films (une vingtaine) vus depuis mon dernier article. Samedi, j'aurai ainsi vu tous les films de la compétition officielle (d'un très haut niveau comme toujours même si je n'ai pas encore eu de coup de foudre cinématographique, en précisant qu'il me reste à rattraper les films de Dolan et Sissako et que je verrai le film d'Assayas demain matin et en précisant que l'admiration et l'émotion ont néanmoins été rendez-vous pour certains films et cinéastes) et pourrai vous en faire un bilan complet et un véritable compte rendu après le festival. Je vous parlerai également de films hors compétition comme le magnifique "Incompresa" d'Asia Argento vu ce soir, film qui exhale toutes les blessures, la cruauté et la fantaisie de l'enfance mais aussi de courts métrages (ceux des talents Cannes Adami), de documentaires ou encore des très nombreuses conférences de presse auxquelles j'ai eu le plaisir d'assister (Xavier Dolan  a donné la conférence de presse la plus passionnante du festival ce matin, je vous la résumerai également). En attendant de vous livrer mes pronostics et mon compte rendu, pour vous faire patienter, voici une petite sélection de mes clichés de quelques évènements cannois auxquels j'ai eu la chance d'assister... Pour patienter, vous pouvez aussi retrouver les premiers épisodes de mes pérégrinations cannoises sur http://inthemoodforfilmfestivals.com ...ou lire mes "Ombres parallèles" pour ma vision fictive du festival ou encore me suivre sur twitter puisque je commente le festival en direct (@moodforcannes / @moodforcinema pour le compte principal) et y donne brièvement mon opinion sur tous les films vus. A très bientôt donc pour le prochain épisode de mes pérégrinations cannoises, mes pronostics mais aussi la clôture à laquelle j'ai également le plaisir d'être invitée.

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23:05 Écrit par Sandra Mézière dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

18/05/2014

Festival de Cannes 2014 – Episode 3 : Egoyan, Amalric, Ceylan, Bonello, Ulliel, Truffaut, Depardieu et les autres

Pour une meilleure lisibilité de cet article, rendez-vous sur mon nouveau site consacré aux festivals de cinéma: http://inthemoodforfilmfestivals.com

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Un soleil insolent s’est installé sur la Croisette et exacerbe le sentiment d’irréalité procuré par le doux écoulement des journées au rythme des projections qui s’enchaînent à tel point que j’enrage de n’avoir pas le temps de vous en parler comme je le souhaiterais. Un peu éblouie par ce soleil mais plus encore par les lumières du cinéma qui, à Cannes, se font plus étincelantes et éclatantes qu’ailleurs, j’en retiens des images disparates, presque psychédéliques, comme celles qui émaillent parfois le film de Bertrand Bonello sur Yves Saint Laurent projeté dans le cadre de la compétition de ce 67ème Festival de Cannes.

Le cinéma à forte dose abolit les frontières entre les mondes et les époques et je me demande si je ne suis pas comme la Cecilia de « La Rose pourpre du Caire » de Woody Allen et si les personnages de fiction traversent réellement l’écran ou si ces instants ne sont que le fruit de mon imaginaire dans ce doux refuge que sont les salles obscures de ce festival. Ainsi, après avoir revu le chef d’œuvre de Truffaut « Le dernier métro » (quel plaisir que de le visionner à nouveau dans le cadre de Cannes Classics cet après-midi), quelques heures plus tard, son (magistral) acteur principal lisait devant moi un texte de Khalil Ghibran de sa voix inimitable, au milieu d’une prestigieuse assemblée qui retenait son souffle, alors qu’il peinait  à retrouver le sien tout juste descendu de son hélicoptère. (Thierry Frémaux, quelques minutes auparavant, craignait qu’il ne vienne finalement pas, et en a ainsi signalé l'arrivée entendue depuis la salle du 60ème où se déroulait l'évènement).

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 En fait, je ne souhaite pas savoir si tout ceci est réel ou rêvé, simplement que le songe se poursuive et maintienne la réalité en sommeil, quelques jours encore. Voilà ce que j’ai retenu de ces deux derniers jours en quelques mots, en attendant des développements et critiques dignes de ce nom. Pour pouvoir aller voir « The Homesman » de Tommy Lee Jones dans quelques heures (et l’apprécier), c’est donc seulement en chiffres, émotions, couleurs, pensées, citations,  images, que je vous livre un petit résumé de ces deux jours :

-3 heures et 16 minutes. Telle est la durée du film de Nuri Bilge Ceylan "Winter sleep". 3H16 que je n’ai pas vues passer. Captivée par le sens du cadre et plus encore celui de la psychologie du réalisateur qui sait aussi bien capturer la rudesse des paysages que celle des cœurs, les paysages et les âmes plongés dans l’hiver. Un film à la fois aride et lumineux comme ses personnages principaux que l’on quitte et abandonne à regret à leurs faiblesses attendrissantes et solitudes désarmantes.

 -3minutes 30 : le temps des applaudissements pour le film précité qui, indubitablement en aurait mérité beaucoup plus. Un très beau film dont je vous reparlerai.

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 -Noir et blanc : le judicieux contraste de couleurs par lequel débute le film de Bertrant Bonello « Saint Laurent ». Nous le découvrons de dos à la réception d’un hôtel se présentant sous un nom d’emprunt et puis de dos dans une atmosphère blafarde, cafardeuse. Un homme dans l’ombre. Un homme et ses zones d’ombre.  L’artiste face à ses démons. Un film qui alterne entre envolées créatrices et scènes superflues, entre de trop rares moments de grâce et des moments de vacuité, qui confond parfois mélancolie et ennui, porté néanmoins par la composition nuancée de Gaspard Ulliel et surtout celle d’Helmut Berger (qui domine, et de loin, la distribution), et par la beauté de l’art de Saint Laurent. Le film reste un hommage créatif au génie mélancolique qu'était Saint Laurent mais aussi un défilé de scènes inégales si bien que là où les hallucinations et les excès permettaient à Saint Laurent de donner vie à des modèles sublimes, le désordre dans le montage du film se perd et nous perd parfois. Vain excès.

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 Quelques phrases retenues de la conférence de presse : Bonello n’a pas vu le film de Jalil Lespert (que j’avoue lui avoir préféré). « Ce qui nous intéressait, c’est de montrer le travail, ce sont les couturières qui ont créé les costumes du film qui sont à l’écran », « Le projet était très antérieur au film de Lespert qui a eu le soutien ferme et définitif de  Bergé » (Eric Altmayer, le producteur), « Ce 2ème film nous a libérés des contraintes du biopic traditionnel pour aller dans la vérité de ce qu’on voulait faire ». Jérémie Rénier a également fait part de son admiration en voyant Gaspard Ulliel composer son personnage, « Quand le texte est si beau, l’acteur n’a qu’à s’incliner devant les mots » (Amira Casar), « Plus qu’un biopic, c’est une odyssée dans la tête du créateur » (Gaspard Ulliel),  « Saint Laurent a une fragilité dans la voix qui ne devait pas se transformer en faiblesse » (Bonello), « J’avais la volonté de faire avancer le film par contrastes pour donner du relief et l’âme du personnage » (Bonello), « Je tenais à tourner en 35 mm pour offrir une richesse sur les couleurs et textures ?

 -La fascination pour les premiers plans du film d’Atom Egoyan que j’ai trouvés étourdissants de beauté glaciale et réellement captivants, lyriques même… La déception fut ensuite à la hauteur de l’étourdissement suscité par ces premières images. Ce qui débutait comme un polar se poursuit comme une vulgaire et racoleuse série tv américaine. Dommage, vraiment, car les idées ne manquaient pas pour nous montrer cette innocence ternie et ces personnages captifs des images, enfermés dans l’écran.

 -« L’hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertu ». Une citation de Molière qui m’a accompagnée toute la journée. Allez savoir pourquoi.

 - La voix de Depardieu encore qui prononce tant de fois et tant de fois différemment et intensément cette sublime phrase de Truffaut dans "Le dernier métro" (que l’on retrouve d’ailleurs aussi dans « La Sirène du Mississipi) : "Tu es si belle que te regarder est une souffrance. (Hier, tu disais que c'était une joie.) C'est une joie et une souffrance."

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-Le scintillement des bougies à la soirée Swarovski qui donnait l’impression que la mer même était constituée de cristaux éblouissants dans un lieu judicieusement nommé « L’Ecrin »

 -Le brio avec lequel Amalric adapte  Simenon et autopsie un drame mais surtout la vie de province et ses âmes faussement sereines, le tout sublimé par une justesse exceptionnelle dans la direction d’acteurs et par conséquent dans le jeu de ces derniers. Il y avait « La Veuve Couderc », « En cas de malheur », « Le chat » et tant d’autres. Il faudra désormais compter avec « La chambre bleue ».

-Les images de la beauté versatile de la Croisette qui, du lever au coucher du soleil, semble éclairée par les meilleurs directeurs de la photographie

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-Envoûtée par la poésie hypnotique, la puissance métaphorique et la force ensorcelante des premières images de « The Prophet ». Un moment de magie comme seul Cannes sait en susciter. Présentée par Sama Hayek, la soirée fut aussi courte que réjouissante.  Le festival a en effet consacré cette séance spéciale en hommage au cinéma d'animation, en accueillant les premières images de Kahlil Ghibran’s The Prophet, produit par Salma Hayek, qui est également l’une des voix du film. Les réalisateurs ayant participé à cette oeuvre collective étaient également présents : Roger Allers, Gaëtan et Paul Brizzi, Joan C. Gratz, Mohammed Saeed Harib, Tomm Moore, Nina Paley, Bill Plympton, Joann Sfar et Michal Socha. Des extraits  du film (réellement magnifiques)  ont été projetés et des passages du livre du poète libanais ont été lus par Julie Gayet et Gérard Depardieu.

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Et c’est avec le souvenir de ce moment hors du temps et celui des notes mélodieuses de Gabriel Yared que je vous laisse…

A lire également - épisodes précédents :

-mon article « Programme complet du Festival de Cannes 2014 et passion(s) cannoise(s) 

-Festival de Cannes – Episode 1: Cérémonie d’ouverture et projection de « Grace de Monaco » d’Olivier Dahan

-Festival de Cannes 2014 - Episode 2 : "Mr Turner" de Mike Leigh, ouverture d'Un Certain Regard et "Party girl"

Inthemoodforfilmfestivals dans les médias :

-Dans le journal Nice Matin du jour:

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-un article de 20 minutes me citant comme compte twitter à suivre

-Un article du Courrier de la Mayenne que vous pouvez retrouver ici.

-Sur le site internet de Nice-Matin

 

A suivre… et quelques clichés de ce jour:

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01:43 Écrit par Sandra Mézière dans COMPETITION OFFICIELLE 2014, CONFERENCES DE PRESSE | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

16/05/2014

Festival de Cannes 2014 – Episode 2 : « Mr. Turner » de Mike Leigh, ouverture d’Un Certain Regard et « Party girl »

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Pour une meilleure lisibilité, retrouvez cet article sur mon nouveau site Inthemoodforfilmfestivals.com.

A l’heure tardive à laquelle j’écris tranquillement ces mots, sous ma fenêtre, les rues cannoises s’agitent et bruissent de fêtes et de rumeurs tumultueuses et vient de s’achever le traditionnel feu d’artifice qui illumine chaque année la Croisette lorsque la météo a l’obligeance de se faire clémente. Là, dans mon refuge, à l’abri comme je le suis dans les salles obscures, je retrouve le plaisir d’écrire et de partager mon enthousiasme (ou mes déceptions, mais je préfère toujours partager mon enthousiasme, d’autres, a fortiori à Cannes, se chargent de transcrire, voire exagérer, les déceptions) bien supérieur pour moi à celui d’arpenter les fêtes (oui, je suis une sorte d’extraterrestre, sans doute) où on ne parlera que de l’autre (fête), celle qui était forcément mieux parce que vous n’y étiez pas, des fêtes où on se parle sans s’écouter, où on est là pour être vu et voir davantage que pour être. Les pass pour les différents lieux et les invitations pour les soirées s’accumulent sur mon bureau et pour l’heure je continue à leur préférer obstinément cet écran et celui du Théâtre Lumière, de la Salle Debussy ou de la Salle  Buñuel, les doux noms auxquels répondent les salles du festival. Rassurez-vous : je redeviendrai une terrienne le temps de quelques soirées, ne serait-ce que pour vous les raconter et pour m’en inspirer pour tenter d’écrire d’autres romans et nouvelles puisque les soirées cannoises furent une source d’inspiration pour quelques-unes des nouvelles de mon recueil « Ombres parallèles ». Mais c’est une autre histoire et si je continue ainsi, je vais vous parler de tout sauf du cinéma. Je pourrais ainsi également vous parler de l’incroyable décalage que constitue le festival cette année pour moi et de quelques réflexions qui m'ont été adressées qui seraient presque cocasses si elles n’étaient si insensibles, indifférentes, tranchantes suite à de tragiques évènements personnels récents. Ou encore de ce célèbre site d’actualité qui m’a sollicitée hier et aujourd’hui pour écrire « gracieusement » parce que, hein, de nombreuses personnalités le font et il leur faut quelqu’un pour écrire sur le festival. Je ne doute pas que d’autres accepteront là où j’ai refusé considérant sans doute que la visibilité du site en question constitue un énorme privilège qui justifie d’écrire pour leurs beaux yeux (ou belles stats). Je pourrais vous parler de plein d’autres choses autres que de cinéma mais une fiction s’esquisse peu à peu qui recueillera ces pensées tourmentées, contradictoires… En attendant revenons à la réalité du cinéma de Cannes.

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Cette journée a débuté par ce qui fut pour moi le premier film en compétition de ce 67ème Festival de Cannes, « Mr. Turner » de Mike Leigh, un cinéaste que j’apprécie, tout en reconnaissant les excès de son « style », notamment dans le jeu des comédiens qu’il aime lorsqu’ils ont de fortes tendances aux épanchements lacrymaux. Je me souviens de l’émotion qu'avait suscité son « All or nothing » découvert à Cannes en 2002 avec, déjà, un Timothy Spall qui crevait l’écran. Un film et un acteur par lesquels j’avais été littéralement bouleversée, m’adonnant à mon tour à de « Leighiens » épanchements lacrymaux. Ici, Timothy Spall interprète le peintre Turner. Sans doute certains trouveront-ils qu’il cabotine ou que son jeu est maniéré, sans doute des intimes du peintre Turner qui savent mieux que quiconque qu’il ne se comportait pas ainsi, lequel, rappelons-le, est décédé en 1851. Simplement Timothy Spall a-t-il décidé d’esquisser, de composer un personnage tout comme, pour esquisser le portrait de Turner, Mike Leigh a dessiné une suite de saynètes/toiles d’une beauté renversante, éblouissante, captivante malgré la longueur du film, recourant à une lenteur finalement judicieuse pour nous  faire apprécier cet artiste comme un tableau qui n’offre pas d’emblée toutes ses richesses au regard mais se dévoile peu à peu, à l’image de cet éléphant à peine visible au premier regard sur cette toile de Turner.

Le film et le personnage se construisent de paradoxes : entre l’extrême sensibilité que cet homme met dans son art et la rudesse de ses manières, entre les tourments qu’il exprime dans ses toiles et ceux qu’il ne parvient pas à exprimer autrement, réussissant à peindre les tempêtes qui s’agitent sur les océans et dans son crane mais jamais à les expliciter. Mike Leigh s’est concentré sur les dernières années de l’existence du peintre britannique qui fut un artiste reconnu, membre apprécié quoique dissipé de la Royal Academy of Arts,  vivant entouré de son père (qui fut aussi son assistant), et de sa dévouée (c’est un euphémisme) gouvernante (fantastique Dorothy Atkinson). Un tableau d’autant plus intéressant que, au-delà de sa saisissante beauté picturale, le parallèle est évident entre l’artiste peintre et l’artiste cinéaste, en particulier lorsque celui-ci subit les sarcasmes de l’establishment. Toute relation avec la réalité serait évidemment purement fortuite.

Mike Leigh nous éclaire sur le travail de Turner tout en ne cherchant pas à rendre sympathique cet homme sombre et parfois même repoussant et glacial ou en tout cas incapable de s’exprimer autrement qu’au travers de ses toiles ou par des borborygmes "inhumains". Ce film nous laisse avec le souvenir de peintures et de plans qui se confondent, en tout cas d’une beauté à couper le souffle, et le souvenir  de ce premier plan étincelant avec ce soleil prometteur, ce moulin, ces deux paysannes qui marchent  en parlant flamand tandis que seul et/ou isolé (Turner fait lui-même la distinction entre la solitude et l'isolement, sans doute ressent-il la première sans être victime du second), en marge de la toile/de l’écran le peintre s’adonne à son art, comme un miroir de celui qui le portraiture pour le cinéma (des « Ménines » de Velasquez version 21ème siècle, finalement). Un film et un personnages à la fois âpres, rudes et sublimes d’une belle exigence dans les nuances des âmes autant que dans celles des teintes et des peintures. Un prix d’interprétation masculine en perspective pour Timothy Spall ?  A n’en pas douter, il peut d’ores et déjà figurer parmi les prétendants au titre.

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Les journées cannoises se constituent aussi de choix cornéliens et de films manqués, pour moi ce fut aujourd’hui « Timbuktu » de Sissako que j’espère bien rattraper avant la clôture lui ayant préféré la conférence de presse de "Mr. Turner" de Mike Leigh.

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Puis, deux rendez-vous professionnels et déjà il était temps de se préparer pour l’ouverture d’un Certain Regard « la contre-programmation de la sélection officielle par elle-même » comme l’a rappelé Thierry Frémaux qui s’est improvisé maître de cérémonie, avec son enthousiasme légendaire, présentant les membres du jury Un Certain Regard et de la Caméra d’or mais aussi saluant la présence dans la salle de l'actrice de Julie Gayet et de la Ministre de la Culture et faisant monter sur scène TOUTE l’équipe du film d’ouverture, des acteurs aux maquilleurs, « Party girl », premier film français de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis, l’histoire d’Angélique, une femme de soixante ans, qui « aime encore la fête et les hommes. La nuit, pour gagner sa vie, elle les fait boire dans un cabaret à la frontière allemande. Avec le temps, les clients se font plus rares. Mais Michel, son habitué qui est toujours amoureux d’elle, lui propose de l’épouser ».

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Il se dégage de ce film et surtout de son interprète principale et grâce à son interprète principale, une sincérité rare. Malgré le titre, rien de glamour dans ces « party girl »(s) et dans Forbach où elles  travaillent, et pourtant, beaucoup de grâce, de charme, de vivacité, de vérité, de vie, d’amour. De cinéma donc. Un cinéma sans genres et frontières entre fiction et réalité. Angélique, c'est en effet ici Angélique Litzenburger interprétant son propre rôle avec ses propres enfants, sur une idée de Samuel Theis, un des trois coréalisateurs et...le fils d'Angélique. Un magnifique portrait de femme libre, entière, et généreuse ou égoïste, à vous de juger, mais en tout cas terriblement séduisante et attachante, hors-cadre, hors-cases. Cassavetes avait Gena Rowlands. Amachoukeli, Burger et Theis ont Angélique Litzenburger. Quand  vous aurez vu le film (et je vous y engage) vous verrez que la comparaison n’est pas exagérée. Le tout servi par une bo entraînante, une réalisation particulièrement délicate sur un sujet qui aurait pu être particulièrement impudique. Un film plein de vie et de délicatesse pour un sublime et touchant portrait de femme qui nous emporte dans sa fête joyeusement mélancolique.

 Sous ma fenêtre, les bruissements de la Croisette se sont transformés en vacarme puis se sont tus tout aussi brutalement. Ces films mériteraient évidemment que j’en parle plus longuement, ce que je ne manquerai pas de faire à mon retour. Les mots commencent à danser sous mes yeux. Il est temps pour moi de fermer ce chapitre en attendant d’en ouvrir un autre demain avec une journée qui devrait commencer par le film d’Atom Egoyan en compétition à 8H30 et qui devrait se clôturer par une soirée cannoise (oui, je redeviens "humaine") dont je vous dirai plus demain.  A suivre !

A lire également :

-mon article « Programme complet du Festival de Cannes 2014 et passion(s) cannoise(s) 

-Festival de Cannes - Episode 1: Cérémonie d'ouverture et projection de "Grace de Monaco" d'Olivier Dahan

Inthemoodforfilmfestivals dans les médias :

-un article de 20 minutes me citant comme compte twitter à suivre

-Un article du Courrier de la Mayenne que vous pouvez retrouver ici.

01:07 Écrit par Sandra Mézière dans COMPETITION OFFICIELLE 2014, UN CERTAIN REGARD 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

14/05/2014

Festival de Cannes 2014, épisode 1 - Ouverture du festival et "Grace de Monaco" d'Olivier Dahan

Pour une meilleur lisibilité de cet article, rendez-vous sur mon site http://inthemoodforfilmfestivals.com

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Arrivée à Cannes deux jours avant l’ouverture du festival, j’ai vu, peu à peu, l’irréalité cannoise tisser sa toile et hisser les voiles pour un ailleurs cinématographique, modifier l’apparence de la ville pour qu’elle ne respire bientôt plus qu’au rythme haletant de 24 images par seconde, pour m’envelopper dans ses voiles et m’embarquer pour un vol de 12 jours.  Quelques perturbations ne sont pas à exclure et si l’ailleurs vers lequel m’embarque cette irréalité sera peut-être aussi déroutant, à n’en pas douter, il sera surtout réjouissant. Parce que, oui, j’ose le clamer et l’affirmer et le revendiquer : cet enthousiasme qu’il est de bon ton ici de taire pour se vanter d’être blasé et las. Moi, je suis contente et fière, naïve que je suis, que les vicissitudes de l’existence (et je vous -r-assure : je n’ai pas été épargnée ces derniers mois) n’aient pas entamé mon enthousiasme ni ma passion pour le cinéma, même après 13 festivals de Cannes, a fortiori après 13 festivals de Cannes, même si ma lucidité se fait plus vive, même plus cruelle parfois.

Cruel : le public face auquel s’est retrouvé Lambert Wilson, maître de cérémonie de l’ouverture de cette 67ème édition du Festival de Cannes, l’était indubitablement. J’en tremblais pour lui. Tant d’élégance, de charisme et d’intelligence doivent susciter plus d’une jalousie et plus d’un se gausserait sans doute d’un faux pas, d’une hésitation, d’une absence. Il ne leur donnera pas ce plaisir. Il a su mêler avec brio, humour, élégance, reconnaissance envers ce festival qui lui a fait cet honneur de lui confier de rôle délicat, mais aussi envers son père et ses pairs (et c’est un exploit quand justement être blasé est de rigueur), avec même un zeste d’impertinence (magnifique danse avec Nicole Kidman comme un écho à la magie du tourbillon de la vie de Jeanne Moreau et Vanessa Paradis) mais aussi hommage au(x) cinéma(s).

Même si j’ai senti l’émotion s’emparer de lui, surjouant un peu et arpentant la scène, sans doute pour la masquer, il n’a pas démérité, s’inquiétant aussi à juste titre de « l’évaporation de la mémoire du cinéma » alors que « nous n’avons jamais été autant abreuvés de contenu ». Un tel flux et flot d’images hypnotiques qui broient l’information au lieu de la mettre en lumière. Mais le cinéma, heureusement, est là pour cela…Combien de fois, c’est vrai, me suis-je heurtée à des murs en parlant de ma passion pour le cinéma de Carné, Melville ou même Sautet comme si tout cela avait été englouti dans ce flot d’images carnassières.

 « Luchino, Federico, Roberto, Vittorio, Maurice, Ingmar, Orson,  Michelangelo prenez bien soin d’Alain Resnais », ainsi Lambert Wilson a-t-il joliment rendu hommage à Alain Resnais qui lui a donné de si beaux rôles comme dans « On connaît la chanson » ou récemment dans le sublime "Vous n'avez encore rien vu". Oui, bien sûr, cher Lambert Wilson, nous nous souvenons de ceux dont vous avez cité les prénoms, de tels maîtres du 7ème art que citer leurs prénoms suffit d’ailleurs à les identifier mais vous avez raison, il faut être vigilant. Cannes l’est, nous aide avec Cannes Classics notamment, véritable écrin pour les classiques du 7ème art et pas seulement puisque cette année, et c’est la surprise de dernière minute : le film de clôture sera « Pour une poignée de dollars » de Sergio Leone présenté par Tarantino, un moment qui s’annonce jubilatoire et que je ne manquerai pas de vous relater ici.

 Quand s’est élancée la musique de la « Leçon de piano » avec sur l’écran, ce mélange d’âpreté gracieuse et de poésie qui caractérise le cinéma de Jane Campion, j’ai senti l’émotion s’emparer de moi. Le mystère et le miracle du cinéma. Ce en quoi et ce à quoi je veux croire ardemment et intensément pendant ces douze jours pour ne pas faire mentir cette très belle citation de Desnos rappelée par Lambert Wilson :  « ce que nous demandons au cinéma c’est ce que l’amour et la vie nous refusent : le mystère et le miracle. Place au miracle. » Peut-être celui qui faisait croire à Lambert Wilson, enfant que la palme était «  comme un grand arbre qui recouvrait d’or ceux qui passaient sous ses branches ». Le miracle de l’imaginaire.

Jane Campion  a, à son tour, rendu hommage à ce festival qui a couronné de la palme d’or sa « Leçon de Piano » : Ces images m’ont bouleversée. Je dois beaucoup, énormément à ce festival. Ma carrière n’aurait pas été possible sans Cannes. J’aime ce festival. Je le connais bien. Ça fait 28 ans que je viens ».

Et puis il y a eu ces extraits de films dont certains m’ont déjà fait frissonner, tout comme, immanquablement, chaque année, la douce réminiscence suscitée par la musique de « Aquarium » de Saint-Saëns qui ponctue les montées des marches.

Alfonso Cuaron et Chiara Mastroianni ont ensuite déclaré ouverte cette 67ème édition avant la projection du film d’ouverture avant que Lambert Wilson ne fasse chanter à la salle, un peu glaciale, un joyeux anniversaire à Tim Roth (Prince Rainier dans le film d’ouverture)  et à Sofia Coppola (membre du jury).

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A la conférence de presse d’annonce de sélection du festival, le 17 Avril, Thierry Frémaux avait ainsi défini ce qui constitue Cannes et sa magie : le glamour, les auteurs, la presse, les professionnels. Il est désormais de coutume que le film d’ouverture contribue au glamour de Cannes. « Grace de Monaco » d’Olivier Dahan n’a pas dérogé à la règle même si la famille princière monégasque sans doute initialement espérée sur les marches a boudé la cérémonie ayant désavoué le film en raison des libertés prises avec la réalité, leur (ir)réalité (on les comprend, l’image du Prince Rainier est ici celle d’un homme autoritaire, parfois même humiliant avec son épouse ne l’ayant épousé que par intérêt même si la deuxième partie du film efface cette image peu flatteuse).

Lorsqu'elle épouse le Prince Rainier en 1956, Grace Kelly est alors une immense star de cinéma, promise à une carrière extraordinaire. Six ans plus tard, alors que son couple rencontre de sérieuses difficultés, Alfred Hitchcock lui propose de revenir à Hollywood, pour incarner Marnie dans son prochain film (un rôle finalement dévolu à Tippi Hedren). Mais c'est aussi le moment ou la France menace d'annexer Monaco, ce petit pays dont elle est maintenant la Princesse. Grace est déchirée. Il lui faudra choisir entre la flamme artistique qui la consume encore ou devenir définitivement : Son Altesse Sérénissime, la Princesse Grace de Monaco. 

Il est vrai que pour l’ouverture, ce film était une judicieuse idée. D’abord, parce que c’est à Cannes que se sont rencontrés Rainier et celle qui allait devenir la Princesse Grace mais aussi parce que le film commence par un plan séquence (qui n’est pas sans rappeler celui de l’annonce de la mort de Cerdan dans « La Môme », d’une certaine manière l’un et l’autre signifient la mort pour la protagoniste puisque quitter l’écran, c’est entrer dans une sorte de prison et de tombeau pour Grace) qui mène Grace de l’écran à sa loge, de l’image sur papier glacée à sa réalité, d’une route qui la conduit vers tous les possibles à une autre qui la conduit à l’enfermement puis la mort. Malgré son visage qui ressemble à un masque de cire intemporel, Nicole Kidman parvient à surprendre  et émouvoir, même à éblouir…mais le problème est que le réalisateur lui-même semble avoir été ébloui par les ors de Monaco, par son actrice, oubliant de donner de l’âme à son film très simpliste, et dichotomique même. Grace est ici une actrice fragile, une femme intelligente, prisonnière de son statut, de Monaco, de sa prison dorée. Une actrice qui va sacrifier sa carrière pour le rôle de sa vie : Princesse Grace de Monaco. C’est tout ce que s’évertue à démontrer Olivier Dahan. C’est joli, mignon mais cela manque cruellement de chair et d’âme. Cela semble être d’ailleurs le seul rôle qui compte pour Dahan qui oublie un peu trop de diriger les seconds rôles à moins qu’ils ne les dirigent délibérément dans la caricature.

Malheureusement, cette Princesse Grace possède donc les mêmes défauts que « La Môme » : notamment ces gros plans qui cherchent à forcer l’émotion, sous-estimant peut-être l’intelligence du spectateur et forçant souvent le trait, notamment dans ses citations d’Hitchcock ( feu d’artifice rappelant celui de « La Main au collet », espionnage dans les coursives du palais où est "enchaînée" la Princesse, chignon  rappelant celui de « Vertigo » etc. )

En restent : une actrice étincelante, de jolis décors et costumes, une judicieuse et glamour mise en abyme   pour une ouverture et une citation d’ouverture à méditer : « L’idée que ma vie puisse être un conte de fée est déjà en soi un conte de fée. ». Libre à vous de juger cela ridicule mais ça le sera toujours moins que ces journalistes qui ont jugé sans doute très spirituel de siffler la projection ou de rire à gorge déployée pour surjouer leur mépris et bien signifier à quel point ils n’étaient pas dupes.

Un film léger mais glamour, idéal pour une ouverture et donner le coup d’envoi d’un festival glamour ET cinéphile.
 
Je vous laisse avec une autre citation pour vous faire oublier la précédente, extraite de « Bright star » de Jane Campion, des vers du poète John Keats, et qui, dans le film, faisaient écho  aux papillons qui envahissent la chambre du personnage féminin, Fanny :

« Je rêve que nous sommes des papillons

N’ayant à vivre que trois jours d’été.

Avec vous ils seraient plus plaisants

Que cinquante années d’une vie ordinaire »

 

A mon programme demain : « Mr. Turner » de Mike Leigh, « Timbuktu » d’Abderrahmane Sissako et enfin l’ouverture d’Un Certain Regard avec le film « Party girl » de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis.

A lire également : mon article « Programme complet du Festival de Cannes 2014 et passion(s) cannoise(s) 

Inthemoodforfilmfestivals dans les médias : un article de 20 minutes me citant comme compte twitter à suivre

Quelques clichés de ma vie de festivalière :

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Les marches attendent leur tapis rouge, la veille de l'ouverture.

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Prête pour "affronter" le 67ème Festival de Cannes

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Ci-dessous, ascenseur pour le paradis

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Ci-dessous, vue depuis la suite Swarovski de l'hôtel Martinez où j'ai eu le plaisir d'être invitée. Merci à l'équipe Swarovski pour la gentillesse de l'accueil.

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Le passage obligé de tout journaliste: le casier presse avec les dossiers de presse du jour

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Suivez-moi aussi sur twitter (@moodforcannes/@moodforcinema) et sur instagram : instagram.com/inthemoodforcinema

 

 

22:59 Écrit par Sandra Mézière dans OUVERTURE 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

09/05/2014

Ma passion cannoise et le programme complet du Festival de Cannes 2014

Edito: une passion cannoise

Dans cet édito, je vous parle tout d'abord de ma passion cannoise, et de la genèse de celle-ci, avant de me livrer à un "j'aime", "j'aime pas" cannois. Vous pourrez ensuite y retrouver mes attentes pour cette édition, mon compte rendu de la conférence de presse d'annonce de sélection du festival mais aussi le programme complet (avec les ajouts qui ont été effectués après la conférence de presse du 17 Avril, y compris le jury, Cannes classics etc).  Je vous dis aussi comment me suivre en direct "in the mood for Cannes" du 12 au 26 Mai.

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A quelques jours d’entrer à nouveau, presque religieusement, dans le mythique et vertigineux Théâtre Lumière, comme une douce réminiscence de la première fois où, en 2001, j’ai découvert, émerveillée, ce lieu qui pour moi représentait la quintessence du cinéma mais aussi un cénacle inaccessible que je regardais à travers l'écran de télévision depuis l'enfance, et en attendant de m’adonner comme tous les festivaliers, à ses rituels sublimes et dérisoires, aujourd’hui,  je vous raconte pourquoi j’aime le Festival de Cannes, un peu, beaucoup. Passionnément. Une passion lucide et revendiquée.

Ce festival qui reste le plus grand au monde présente cette particularité d’être un film en soi. Un bon festival est d’ailleurs souvent comme un grand film vous laissant heureux et exténué, joyeusement nostalgique et doucement mélancolique, riche d’émotions et de réflexions, souvent contradictoires , et il faut souvent un peu de recul pour appréhender ces multiples réflexions et émotions qu’il a suscitées, pour découvrir quelles images auront résisté à l’écoulement du temps, aux caprices de la mémoire, à ce flux et flot d’informations ininterrompues.

Même si cette année j'irai avec (comme François-Jean Gabin- dans le chef d'œuvre de Marcel Carné, « Le jour se lève », qui sera projeté dans le cadre de Cannes Classics) « un œil gai et un autre un petit peu triste" en raison de tragiques évènements récents, je sais que le cinéma, toujours, finira par mettre un joli voile sur la tristesse, à m’emporter et transporter, a fortiori à Cannes où, plus qu’ailleurs, il dévoile une palette infinie, miroir de la diversité et de la richesse cinématographique mondiales.

14 ans. Cela fait 14 ans déjà que, pour la première fois, je vivais ce tourbillon grisant de cinéma  dans cet antre du septième art grâce au concours du prix de la jeunesse. Fébrile. Impressionnée. Enthousiaste. Je n'imaginais pas alors y retourner tous les ans. Je m'étais simplement promis d'y retourner l'année suivante parce que mes examens de sciences politiques qui se déroulaient le lendemain de mon retour avaient exigé quelques impasses non pas sur les révisions mais sur certaines projections. 14 ans de souvenirs. De souvenirs de films surtout. De projections mémorables. Du "Pianiste" de Polanski à "Inglourious Basterds" de Tarantino ou "The Artist" d"Hazanavicius ou encore des films plus confidentiels comme "Je veux voir" de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige ou des classiques comme "Le Guépard" de Visconti ou des master classes comme celle des Dardenne ou de Catherine Deneuve,  tant de moments de cinéma indélébiles parmi une multitude d'autres.  Mais aussi 14 ans d’une réalité qui, là-bas, si souvent, a mal porté son nom tant elle ressemblait (et ressemble) à un film étourdissant.

Cannes, c'est avant tout un bonheur inégalé de cinéphile, la plus belle et fascinante fenêtre ouverte sur le cinéma. Et sur le monde. Un monde dont ce festival met en lumière les ombres et  les blessures (et cette année ne devrait pas déroger à la règle avec des films sur de très récents évènements historiques) alors que, n’étant pas à un paradoxe près, il nous en tient tellement éloignés. 

A Cannes, tout est démultiplié, irréel. Les émotions. Le soleil (ou la pluie!). Les solitudes qui se grisent et s'égarent et se noient dans la multitude. Les soirées sans fin, sans faim à force d'être enchaînées pour certains. La foule impérieuse du festival qui, mieux que nulle autre, sait être passionnément exaltée et aussi impitoyable avec la même incoercible exaltation.

Même si (et parce que) je connais les pièges et revers de ce théâtre des vanités, cette comédie humaine fascinante et terrifiante (un peu, parfois, aussi), la versatilité des personnalités et avis pour un sursaut de vanité, même si je sais que tant d’illusions s’y fracassent, que Cannes peut encenser, broyer, magnifier, dévaster et en a perdu certains et tant à force de les éblouir, les fasciner, les aliéner, oui, malgré tout cela, j’aime ce festival et tous les cinémas qu’il propose avec autant de folie douce que lors de mon premier Festival de Cannes. Entrez dans la danse avec moi pour cette valse filmique cannoise enivrante qui vous grisera de soleil, d’émotions, de cinéma. Et parfois d’illusions.

Cette année, comme chaque année, je vous parlerai quotidiennement du festival sur 3 de mes 7 blogs (Inthemoodforfilfestivals.com, Inthemoodforcannes.com, Inthemoodlemag.com), sur les réseaux sociaux (twitter: sur @moodforcinema -compte principal- et @moodforcannes -mon compte uniquement consacré au festival- mais aussi sur instagram : instagram.com/inthemoodforcinema ) et enfin dans "Clap", et j'en suis ravie. Vous pourrez ainsi, pour un bilan du Festival de Cannes, me retrouver dans ce journal papier dont le premier numéro sera en vente dans tous les kiosques dès le 16 juin. Et peut-être ailleurs pendant le festival: il se peut en effet que je vous réserve quelques surprises! Comme chaque année, il faudra faire des choix cornéliens. Je privilégierai donc la Sélection officielle et surtout la compétition officielle et Un Certain Regard. Il me tarde de découvrir les films de Téchiné, Dolan, des Dardenne, de Cronenberg, Amalric, Hazanavicius, Godard, Ceylan, Leigh...parmi tant d'autres!

Je m’inspire d’ailleurs de cette passion viscérale et de mes pérégrinations cannoises dans 4 des 13 nouvelles de mon recueil sur le cinéma "Ombres parallèles" qui se déroulent dans le cadre du Festival de Cannes et que vous pourrez trouver dans toutes les librairies numériques (Amazon, Fnac etc) ou ici directement sur le site de mon éditeur.

A Cannes, j’aime :

-entendre le petit cliquetis lorsque les contrôleurs scannent les badges à l'entrée de la salle Debussy ou du Grand Théâtre Lumière comme un passeport pour le paradis, celui des cinéphiles,

-me laisser envoûter par le lever du soleil en allant à la première projection presse du matin sur une Croisette alors étrangement déserte et avoir l’impression que le monde m’appartient,

-oublier que ce tourbillon enivrant de cinéma ne durera pas toujours et que des illusions s’y perdent, aussi,

-oublier, l'espace de 11 jours, que la vraie vie n’est pas du cinéma ou n’est pas que du cinéma,

-avoir le cœur qui bat la chamade en entrant dans le Grand Théâtre Lumière, comme la première fois, comme pour un premier rendez-vous, notre premier rendez-vous,

-ce moment palpitant lorsque la salle s'éteint et avant que s’allume l’écran où le souffle de la salle est suspendu à ces premières images qui nous embarqueront pour un nouvel univers, un nouveau monde, une nouvelle aventure,

-ne plus faire la distinction entre le jour et la nuit, la fiction et la réalité, mes souvenirs et mon imaginaire,

-avoir l'impression que tout recommence et que tout est possible,

-entendre Gilles Jacob et Thierry Frémaux partager leur passion du cinéma, avec un constant enthousiasme, rivalisant d'humour et d'érudition,

-ce moment à la fin du film où, aussi, la salle retient son souffle, avant de se taire ou d'applaudir,

-lorsque les applaudissement semblent ne devoir jamais arrêter leur course folle tels une vague de bonheur,

- cette bulle d'irréalité où les émotions, les joies réelles et cinématographiques, si disproportionnées, procurent un sentiment d'éternité fugace et déroutant 

- cet ailleurs proche qui abolit les frontières entre fiction et réalité, qui vous fait tout oublier, même que cela ne dure qu’un temps,

- celui qui, de toute façon, sortira vainqueur  et qui vous fait oublier tout le reste: le cinéma presque dissimulé derrière tous ceux qui font le leur, le cinéma si multiple, si surprenant, si audacieux, si magique, là plus qu'ailleurs,

-parler cinéma  à toute heure du jour et de la nuit, avec des amis ou des inconnus dans les files d'attente( le cinéma: langage universel) avec virulence parfois, comme si la vie en dépendait,

-redécouvrir des classiques du cinéma, ceux par lesquels j'ai commencé à l'aimer et se dire que la boucle est bouclée et que tout recommence, toujours,

-découvrir des bijoux du septième art et en être exaltée,

-être heurtée, brusquée par un film et en être exaltée, aussi, malgré tout,

-gravir les marches les plus célèbres du monde au son de la musique sous un soleil éblouissant et, l'espace d'un instant, être envahie par l'irréalité étincelante que procure ce moment qui suspend le vol du temps,

-entendre Aquarium de Camille de Saint-Saëns et savoir que la magie va à nouveau opérer,

-sortir d'une projection tardive, un peu étourdie, éblouie, arpenter la Croisette et avoir l'impression de me retrouver dans un film de Fellini,

-retrouver la Croisette, celles et ceux, festivaliers, que je ne croise qu'une fois par an là-bas et avoir l'impression de les avoir quittés la veille. Le cinéma: langage intemporel, aussi,

-me souvenir de la petite fille que j'étais qui, avec son père, à la télévision, regardait tout cela de loin, fascinée, impressionnée, comme un monde lointain et inaccessible et avoir conscience de ma chance et à quel point cette passion pour le cinéma est exaltante et, au milieu des vicissitudes de l'existence, salutaire, et à quel point et m'a fait vivre et me fait vivre tant de moments inoubliables, en particulier à Cannes.

Je n’ignore pas qu’à Cannes il y a aussi tous ceux qui font leur cinéma, théâtre des vanités destructeur et  assassin et pour cette raison,

à Cannes, j'aime moins:

- les parures d’orgueil que revêtissent ainsi ceux qui s’y donnent l’illusion d’exister,

- les semblants d’amitiés piétinés sans vergogne pour grimper dans l’échelle de la vanité,

- les personnalités qui se révèlent, tristement parfois, dans ce théâtre des apparences,

- l’exacerbation par la hiérarchie festivalière des rancœurs de ceux qui sont en bas et la vanité de ceux qui sont en haut qui croient y déceler là un signe de leur supériorité, et qui oublient que, au bout de dix jours, l’égalité et la réalité reprendront leurs droits,

- les Dorian Gray, Georges Duroy, Rastignac, Lucien de Rubempré (de pacotille) qui s’y croisent, s’y défient, s’y méprisent…et finalement s’y perdent,

- la célérité avec laquelle Cannes passe de l’adoration à la haine :  la violente versatilité de la Croisette, sa capacité à déifier puis piétiner, avec la même pseudo-conviction et force,

-ceux qui vous disent "LE" Téchiné, "LE" Dolan au lieu du film de..., pour bien signifier qu'ils appartiennent à un cercle d'initiés, les mêmes qui parleront systématiquement (que) de daubes (que j'exècre ce mot!) ou de chefs-d'œuvre ne connaissant pas la demi-mesure et la nuance et les mêmes qui mettront invariablement "pour le coup" dans chacune de leurs critiques (mais qui a initié cette expression passe-partout?),

- le pathétique acharnement de certains pour paraître cyniques, désabusés, blasés, désinvoltes, las,

-ceux qui montent les marches...pour les redescendre ensuite sans même aller voir le film et qui mépriseront en sortant ceux qui ne rêvaient que de cela,

-ceux qui viennent à Cannes et disent que c'est forcément mieux ailleurs, que c'était forcément mieux avant, que, forcément, ils ne pouvaient pas faire autrement, parce qu'oubliant ou justement se rappelant très bien tous ceux qui aimeraient avoir leur chance,

-préférer l'écriture nocturne au sommeil  pour partager ma passion pour les films ...et réaliser que le dernier jour je peine à rester aussi attentive devant un film pourtant captivant,

-quand Cannes  se révèle un véritable terrain de guerre où chacun ne lutte que pour son intérêt, et qui révèle les veuleries de certains,

- arriver le jour de la clôture, avoir l'impression que le festival vient de commencer et l'avoir traversé comme un rêve éveillé (mais ça, j'aime, aussi).

 

Compte rendu de la conférence de presse - Programme complet (avec les compléments de sélection annoncés après la conférence)

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 Pour faire vous aussi votre planning, téléchargez la grille des projections en cliquant ici. Nous ignorons pour l'instant un seul élément: quel sera le film de clôture!

Avant de vous livrer à nouveau mon compte rendu de la conférence de presse du Festival, ci-dessous, je vous rappelle que quelques jours plus tard a également été annoncé le JURY présidé par Jane Campion et composé de:

Carole BOUQUET (Actrice – France)

Sofia COPPOLA (Réalisatrice, Scénariste, Productrice – Etats-Unis)

Leila HATAMI (Actrice – Iran)

JEON Do-yeon (Actrice – Corée du Sud)

Willem DAFOE (Acteur – Etats-Unis)

Gael GARCIA BERNAL (Acteur, Réalisateur, Producteur – Mexique)

JIA Zhangke (Réalisateur, Scénariste, Producteur – Chine)

Nicolas Winding REFN (Réalisateur, Scénariste, Producteur – Danemark)

En bas de cet article, vous trouverez également les compléments de sélection annoncés après la conférence.

Jeudi 17 Avril 2014. 11h, au cinéma l’UGC Normandie sur les Champs-Elysées. Caméras et journalistes du monde entier sont aux aguets. Des murmures fébriles et impatients parcourent la salle. Ecouter le programme du festival revient à lire le menu d’un grand chef qui allume le regard et les papilles tant le cinéma, quand il est réussi, suscite un émerveillement des sens. Sur l’estrade Marcello Mastroianni, par-dessus ses lunettes, nous observe avec malice et élégance et accueille Gilles Jacob, président du festival (depuis 38 ans ) et Thierry Frémaux (délégué général du festival) venus annoncer la sélection officielle de ce 67ème Festival de Cannes. Rituel immuable et immuablement jubilatoire. Peut-être Mastroianni regarde-t-il aussi le premier avec une tendre complicité tant il possède en commun avec lui l’élégance et la malice comme en témoigne la pointe d’humour dont, comme à l’accoutumée, il assaisonne son discours d’ouverture : « Aujourd’hui si j’ai bien lu les journaux est annoncée la sélection. » Il évoque aussi la passionnante difficulté de la  mission de sélectionneur et, à quel point, c’est « captivant pour les critiques, angoissant pour les cinéastes, risqué pour les sélectionneurs » parce qu’il faut accepter "de voir des films dans de mauvaises conditions", parfois « pas finis », parfois "sans sous-titres" avec, notamment, « le risque de sous-estimer par fatigue ou de surestimer par comparaison » mais aussi « de grands bonheurs particulièrement dans la découverte de nouveaux talents ».

Thierry Frémaux, avec son enthousiasme légendaire (je me demande toujours comment du premier au dernier jour du festival, il fait preuve de la même énergie communicative) débute en rendant hommage à ce que l’enseignement de Gilles Jacob, qui va quitter la présidence du festival « mais pas le festival » à l’issue de cette 67ème édition, lui a apporté et à tout ce qu’il a apporté au festival. « J’ai présenté des sélections et je me souviens des trois premières, c’est de lui que j’ai appris. On va tenter de continuer de faire de Cannes toujours le rendez-vous cinématographique mondial. » Quelques journalistes présents me font part de leur émotion que je partage d’être à la dernière conférence de presse de Gilles Jacob tant il est pour moi indissociable de ce festival auquel il a tant apporté. Bien heureusement, la Cinéfondation (dont le jury sera cette année présidé par Abbas Kiarostami) continuera d’être sous son égide, et la littérature y gagnera de nouveaux beaux romans.

1800 longs-métrages ont été présentés à la sélection du Festival de Cannes pour cette 67ème édition. Ont été sélectionnés 49 longs-métrages qui représentent 28 pays, «  un voyage dans le cinéma, un voyage dans le monde du cinéma, un voyage dans le monde tout court » comme le définit Thierry Frémaux. Un voyage palpitant, agréablement déroutant, aussi, toujours. Comme une réponse aux reproches absurdes sur le manque de femmes en sélection (pourquoi devrait-on choisir un film en fonction du sexe de son auteur, l’œuvre est jugée et non son auteur), Thierry Frémaux précise que cette année 15 réalisatrices ont vu leurs films sélectionnés. Il salue aussi le rôle de la presse évoquant les 4 piliers de Cannes « le glamour, les auteurs, les professionnels et la presse » rappelant que « Gilles Jacob a voulu accroître le mode d’invitation à certains journalistes » (j’en profite d’ailleurs pour saluer le fait que Cannes s’est ouvert aux blogueurs, s’il me semble avoir été la première accréditée presse il y a plusieurs années, nombreux sont ceux qui peuvent aujourd’hui profiter du festival en tant qu’accrédités presse) mais aussi la précarité économique ressentie dans ses conversations avec les producteurs. Le film de clôture sera annoncé ultérieurement, rappelle-t-il, ainsi que les membres du jury présidé cette année par Jane Campion qui avait obtenu la Palme d'or en 1993 avec "La leçon de piano". La sélection Cannes classics sera annoncée la semaine prochaine également même si nous savons déjà que sera projeté "Paris Texas" de Wim Wenders (palme d'or 1984). Ce dernier viendra également présenter son dernier documentaire "Le sel de la terre", sélectionné à Un Certain Regard, portrait du photographe brésilien Sebastião Salgado.

 Par ailleurs, pour cause d’élections européennes, la compétition s’arrêtera le vendredi, les prix seront remis le samedi, et la clôture avec la palme d’or aura lieu le dimanche soir. Thierry Frémaux a rappelé également l’esprit de l’affiche avec Mastroianni qui  « porte les réminiscences du cinéma européen, d'une certaine audace" comme un écho au Festival de Cannes. Sublime affiche d’ailleurs qui est un hommage au cinéma d'hier, hommage au cinéma tout court, par cette judicieuse mise en abyme puisqu'elle fait écho à un film sur le cinéma  et quel film sur le cinéma! Mastroianni, en regardant par-dessus ses lunettes, avec son regard intense et malicieux, nous invite à regarder, à nous plonger dans son regard, synonyme de toute la poésie et la singularité du 7ème art.

 Je vous rappelle également que Lambert Wilson sera l'élégant et charismatique maître de cérémonie de l'ouverture et de la clôture et que le festival s’ouvrira avec "Grace de Monaco", le biopic d’Olivier Dahan avec Nicole Kidman. Thierry Frémaux a précisé que le film serait projeté dans la version voulue par son réalisateur, "la seule version qui existe", évoquant ainsi implicitement le conflit artistique entre le réalisateur et le producteur Harvey Weinstein mais aussi avec la famille royale.

Avant d’annoncer la sélection, Thierry Frémaux a précisé :"Dans cette sélection des films très ancrés dans la réalité contemporaine et des films qui parlent du passé pour parler du présent." L'essence de Cannes et pour moi un des grands bonheurs et honneurs de ce festival que d'être une "fenêtre ouverte sur le monde".  Vient ensuite le moment tant attendu de l’annonce de la sélection (que vous pourrez retrouver en détails ci-dessous).

 Avant d’en présenter la sélection, Thierry Frémaux rappelle la vocation de "Un Certain Regard » «  créé en 1978 : contre programmation de la sélection officielle par elle-même avec de jeunes pousses et de glorieux anciens". En sélection Un Certain Regard, nous retrouverons ainsi notamment cette année "La chambre bleue", adaptation de Simenon par Amalric, film "fulgurant" d'1h15 selon Thierry Frémaux mais aussi, pour le cinéma français, Pascale Ferran avec "Bird people". Dans cette sélection également, le premier film en tant que réalisateur de Ryan Gosling. Seront également en lice le dernier Lisandro Alonso, film "très étrange" selon Thierry Frémaux, avec Viggo Mortensen mais aussi "L'Incomprise" d'Asia Argento. Cinq premiers films figurent également dans la sélection Un Certain Regard dont le film d’ouverture, « Party Girl », de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis.  Rappelons également que Pablo Trapero sera le président du jury Un Certain Regard 2014.

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 Cette année, Cannes sera fidèle à ses "piliers", alliant glamour et auteurs avec, pour le glamour,  Robert Pattinson, Hilary Swank, Nicole Kidman, Marion Cotillard, Julianne Moore, Ryan Gosling, Juliette Binoche, Meryl Streep... et de grands auteurs  comme Ken Loach (avec "Jimmy's hall", après sa palme d’or en 2006 pour « La vent se lève ») , les frères Dardenne pour un film défini par Thierry Frémaux comme un « western belge », Nuri Bilge Ceylan pour leur "Sommeil d'hier" de 3H16, Cronenberg (« Maps to the stars » , portrait au vitriol de la quête de célébrité hollywoodienne dans lequel il met à nouveau en scène Robert Pattinson après "Cosmopolis"), Atom Egoyan (« Captives ») mais aussi le grands retour de Jean-Luc Godard , un homme "qui fait un cinéma toujours singulier", pour "Adieu au langage".

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 Hors compétition, le festival célèbrera les vingt ans du studio Dreamworks avec la projection du film d’animation « Dragons 2 ». Hors compétition également, Zhang Yimou viendra présenter « Coming Home ».

 Le Festival célèbrera aussi à sa manière les 70 ans du journal « Le Monde, avec « Les Gens du Monde », un documentaire d’Yves Jeuland tourné pendant la campagne présidentielle de 2012.

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Côté français, en plus du Suisse Godard (le film est de nationalité française) seront aussi en lice  Olivier Assayas avec "Sils Maria" avec Juliette Binoche et Kristen Stewart, Michel Hazanavicius avec "The search" ( trois ans après le prix d’interprétation de Jean Dujardin pour « The Artist », succès international), avec un film sur la guerre en Tchétchénie avec, à l'affiche, Bérénice Bejo et Annette Benning, et enfin Bertrand Bonello pour "Saint Laurent" avec Gaspard Ulliel, Léa Seydoux et Jérémie Rénier, un film dont le scénario est déjà précédé de très bons échos.

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 Parmi les 18 films en lice,  également celui du Malien et Mauritanien Abderrahmane Sissako,  "Tombouctou" (Timbuktu).

Le petit génie Xavier Dolan sera pour la première fois en compétition officielle pour « Mommy », film défini par Thierry Frémaux comme  « foisonnant, baroque, audacieux qui va être adoré autant qu'exaspérer", ainsi en lice pour être le plus jeune détenteur de la palme d'or. "Les Amours imaginaires" et "Laurence anyways" avaient déjà eu les honneurs de la sélection Un Certain Regard, en 2010 et 2012. Xavier Dolan ne sera pas le seul à figurer pour la première fois en compétition officielle. Il y aura également l’Italienne Alice Rohrwacher et l’Argentin Damian Szifron pour un film produit par...Pedro Almodovar.

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Un dix-neuvième film viendra compléter la liste des films en compétition dans les jours à venir.

Le cinéma américain sera représenté par Tommy Lee Jones avec "The Homesman" (avec Hilary Swank et Meryl Streep), son deuxième film en tant que réalisateur (co-produit par Luc Besson) et par Bennett Miller  avec "The foxcatcher" avec Channing Tatum, Mark Ruffalo et Steve Miller.

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 Pour le cinéma britannique, en plus de Ken Loach qui sera pour la 15ème fois en compétition, Mike Leigh, dix-huit ans après sa palme d’or pour « Secrets et mensonges », sera à nouveau en compétition avec « M. Turner » sur la fin de la vie du peintre anglais.

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Jean-Pierre et Luc Dardenne, déjà double Palme d'or (avec "Rosetta" en 1999 et "L'Enfant" en 2005), seront peut-être les premiers à obtenir trois palmes d’or avec "Deux jours, une nuit", film avec  Marion Cotillard qui revient en compétition cannoise deux ans après « De rouille et d’os » de Jacques Audiard. Ces deux immenses cinéastes et directeurs d'acteurs sont de retour en compétition trois ans après "Le Gamin  au vélo" dans lequel ils dérogeaient pour la première fois à leur règle de n'employer que des acteurs non professionnels.

Rappelons enfin que le Jury 2014 de la Cinéfondation et des Courts métrages réunira autour de son président, Abbas Kiarostami, les réalisateurs Noémie Lvovsky,  Daniela Thomas,  Mahamat-Saleh Haroun, et Joachim Trier et que c’est Nicole Garcia qui présidera cette année le Jury de la Caméra d’or, qui désignera le meilleur premier film présenté à Cannes.

Inutile de vous dire que ce programme particulièrement alléchant me réjouit tout particulièrement. Comme chaque année, j'essaierai de voir un maximum de films de la compétition officielle (Dolan, Leigh, Loach, Dardenne, Cronenberg...mais aussi les petits nouveaux) avec quelques incursions dans les sélections parallèles.

Pour en savoir plus sur ce théâtre des vanités aussi fascinant qu'impitoyable mais aussi sur ma passion dévorante pour ce festival et toutes les émotions contrastées qu'il m'inspire, vous pouvez aussi télécharger mon recueil de 13 nouvelles "Ombres parallèles" (qui en comprend 4 sur Cannes) disponible dans toutes les librairies numériques (fnac ici, Amazon ici, Cultura, Relay, Orange, Kobo etc) ou directement chez mon éditeur Numeriklivres.

Plus enthousiaste que jamais de me retrouver pour la 14ème année consécutive dans cet antre du 7ème art, je vous donne rendez-vous sur mes différents sites (http://inthemoodforfilmfestivals.com, http://inthemoodforcannes.com –sur lesquels vous trouverez toutes les informations sur le Festival de Cannes puisqu'ils sont entièrement consacrés au festival-, http://inthemoodforcinema.com et http://inthemoodlemag.com ) en direct de Cannes du 12 au 26 Mai pour des articles quotidiens mais aussi sur twitter (sur @moodforcinema et @moodforcannes  et instagram http://instagram.com/inthemoodforcinema).

 

SELECTION OFFICIELLE DU FESTIVAL DE CANNES 2014

 

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En Compétition

Film d'ouverture    
     
Olivier DAHAN GRACE DE MONACO 1h43
     
  ***  
     
Olivier ASSAYAS SILS MARIA 2h03
     
Bertrand BONELLO SAINT LAURENT 2h15
     
Nuri Bilge CEYLAN

KIS UYKUSU

(Sommeil d'hiver)

3h16
     
David CRONENBERG MAPS TO THE STARS 1h51
     
Jean-Pierre DARDENNE,
Luc DARDENNE
DEUX JOURS, UNE NUIT 1h35
     
Xavier DOLAN MOMMY 2h20
     
Atom EGOYAN CAPTIVES 1h53
     
Jean-Luc GODARD ADIEU AU LANGAGE 1h10
     
Michel HAZANAVICIUS THE SEARCH 2h40
     
Tommy Lee JONES THE HOMESMAN 2h02
     
Naomi KAWASE

FUTATSUME NO MADO

(Still the water)

1h50
     
Mike LEIGH MR. TURNER 2h29
     
Ken LOACH JIMMY’S HALL 1h46
     
Bennett MILLER FOXCATCHER 2h10
     
Alice ROHRWACHER LE MERAVIGLIE 1h50
     
Abderrahmane SISSAKO TIMBUKTU 1h40
     
Damian SZIFRON

RELATOS SALVAJES

(Wild Tales)

1h55
     
Andrey ZVYAGINTSEV LEVIATHAN 2h20
     

 

 

 

Un Certain Regard

Film d'ouverture    
     

Marie AMACHOUKELI,

Claire BURGER,

Samuel THEIS

PARTY GIRL

1er film

1h35
     
  ***  
     
Lisandro ALONSO JAUJA 1h41
     
Mathieu AMALRIC LA CHAMBRE BLEUE 1h15
     
Asia ARGENTO

INCOMPRESA

(L'Incomprise)

1h43
     
Kanu BEHL

TITLI

1er film

2h04
     
Ned BENSON ELEANOR RIGBY 1h59
     
Pascale FERRAN BIRD PEOPLE 2h07
     
Ryan GOSLING

LOST RIVER

1er film

1h45
     
Jessica HAUSNER AMOUR FOU 1h36
     
Rolf de HEER

CHARLIE’S COUNTRY

(Le Pays de Charlie)

1h48
     
Andrew HULME

SNOW IN PARADISE

1er film

1h28
     
July JUNG

DOHEE-YA

(A Girl at my Door)

1er film

1h59
     
Panos KOUTRAS XENIA 2h03
     
Philippe LACÔTE RUN
1er film
1h40
     
Ruben ÖSTLUND

TURIST

(Force Majeure)

2h
     
Jaime ROSALES

HERMOSA JUVENTUD

(La Belle Jeunesse)

1h40
     
WANG Chao FANTASIA 1h25
     

Wim WENDERS

Juliano RIBEIRO SALGADO

THE SALT OF THE EARTH

(Le Sel de la terre)

1h40
     
Keren YEDAYA

HARCHECK MI HEADRO

(Loin de son absence)

1h35

 

 


Hors Compétition

 

 

Dean DEBLOIS DRAGONS 2 1h45 
     
ZHANG Yimou GUI LAI
(Coming Home)
1h51  

 

 

 

Séances de minuit

 

 

CHANG PYO JEOK (The Target) 1h39   
     
Kristian LEVRING THE SALVATION 1h30   
     
David MICHOD THE ROVER 1h40

 

 

 

 

Séances spéciales

 

 

Aida BEGIC, Leonardo DI COSTANZO, Jean-Luc GODARD, Kamen KALEV, Isild LE BESCO, Sergei LOZNITSA, Vincenzo MARRA, Ursula MEIER, Vladimir PERISIC, Cristi PUIU, Marc RECHA, Angela SCHANELEC, Teresa VILLAVERDE LES PONTS DE SARAJEVO  1h50   
     
Polsky GABE RED ARMY  1h25 
     
Sergei LOZNITSA MAIDAN  2h  
     
Mohammed OSSAMA EAU ARGENTÉE  1h50 
     
Stéphanie VALLOATTO CARICATURISTES - FANTASSINS DE LA DÉMOCRATIE  1h46   

 

  

 

 

Célébration des 70 ans du journal Le Monde :

 

 

Yves JEULAND

LES GENS DU MONDE 

 

 

Compléments de sélection du Festival de Cannes 2014

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Très attendu (par moi en tout cas), ce complément de sélection du 67ème Festival de Cannes est à la hauteur de cette attente avec de belles surprises parmi lesquelles le dernier film de Téchiné "L'homme qu'on aimait trop" qui sera projeté hors compétition.

Comme il a été annoncé par la direction du Festival de Cannes lors de la conférence de presse du 17 avril dernier, les films suivants viennent compléter la composition de la Sélection officielle.

 Hors Compétition

 

L’Homme qu’on aimait trop d’André Téchiné avec Guillaume Canet, Catherine Deneuve et Adèle Haenel (1h56)

 

Un Certain Regard

 

Fehér Isten (White God) de Kornél Mundruczó (1h59)

 

 

Séances Spéciales

 

Of Men and War (Des Hommes et de la guerre) de Laurent Bécue-Renard (documentaire, 2h22)

 

The Owners de Adilkhan Yerzhanov (1h33)

 

Géronimo de Tony Gatlif, avec Céline Salette, Rachid Yous (1h44)

Le film fera également l’objet d’une séance pour les lycéens de la Région PACA.

 

Enfin, El Ardor de Pablo Fendrik (1h40), dans lequel joue Gael Garcia Bernal, membre du Jury de la Compétition, sera également présenté en Séance Spéciale.

Programme de Cannes Classics 2014

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Cannes Classics qui présente des films anciens et des chefs d'œuvre de l'histoire du cinéma en copies restaurées donne toujours lieu à de grands moments de Cannes et de cinéma. Je lui dois ainsi mon plus beau souvenir du festival avec la projection du "Guépard". Cette année, la sélection nous promet encore de belles émotions avec Sophia Loren en invitée d'honneur, les 30 ans " de "Paris, Texas",   un hommage à Henri Langlois, le retour de Kieslowski à Cannes, un chef-d’œuvre du cinéma géorgien, un film méconnu de Raymond Bernard sur la guerre de 14-18, les couleurs de Sayat Nova retrouvées. Je pourrais difficilement résister à l'envie de revoir "Le jour se lève", "Le dernier métro" et tant d'autres. Je vous laisse découvrir cette belle programmation ci-dessous (communiqué de presse officiel du festival).
 
 
Il y a dix ans, alors que la relation du cinéma contemporain à sa propre mémoire était sur le point d’être bouleversée par l’apparition naissante du numérique, le Festival de Cannes a créé Cannes Classics, une sélection qui permet d’afficher le travail de valorisation du patrimoine effectué par les sociétés de production, les ayants droit, les cinémathèques ou les archives nationales à travers le monde.
Devenu une composante essentielle de la Sélection officielle, dans une présence de l’histoire du cinéma dont se sont inspirés à leur tour plusieurs festivals internationaux, Cannes Classics présente des films anciens et des chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma dans des copies restaurées.
 
Parce que Cannes se donne aussi comme mission d’enchanter le rapport du public d’aujourd’hui avec la mémoire du cinéma, Cannes Classics met le prestige du plus grand festival du monde au service du cinéma retrouvé, accompagnant toutes les nouvelles exploitations : sortie en salles, en VOD ou édition en DVD/Blu-ray des grandes œuvres du passé.
 
Les films sélectionnés pour cette édition 2014 sont projetés dans le Palais des Festivals, Salle Buñuel ou salle du Soixantième, en présence de ceux qui ont restauré ces films et, lorsqu’ils sont encore parmi nous, de ceux qui les ont réalisés.
 
Le programme de l’édition 2014 de Cannes Classics se compose de vingt-deux longs métrages et de deux documentaires. Les films sont projetés comme voulus par les ayants droit, en DCP 2K ou DCP 4K. Pour la première fois, qu’on le déplore ou qu’on le célèbre, aucune copie 35mm ne sera projetée à Cannes Classics.

 

  • Invitée d’honneur : SOPHIA LOREN

Prix d’interprétation féminine en 1961 et présidente du jury en 1966, Sophia Loren est l’invitée d’honneur de Cannes Classics. Elle accompagnera la projection de LA VOCE UMANA (2014, 25mn), réalisé par Edoardo Ponti, qui marque son retour au cinéma. Au cours de la même soirée sera projeté MARIAGE A L’ITALIENNE de Vittorio De Sica (1964, 1h42) dans une restauration réalisée en 4K par L’Immagine Ritrovata. Restauration menée en collaboration entre la Cineteca di Bologna pour Surf Film et la Technicolor Foundation pour Cinema Heritage avec la contribution de Memory Cinema au laboratoire L'Immagine Ritrovata


Sophia Loren a également accepté de faire une « masterclass », dans une conversation qui aura lieu sur la scène de la salle Buñuel.
 

  • PER UN PUGNO DI DOLLARI / A FISTFUL OF DOLLARS / POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS de Sergio Leone (1964, 1h40)

Pour célébrer la naissance, en 1964, du western italien, la Cinémathèque de Bologne présentera une copie restaurée en 4K par L’Immagine Ritrovata de POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS réalisé par Sergio Leone en 1964 avec Clint Eastwood et Gian Maria Volonte. Restauration menée par la Cineteca di Bologna et Unidis Jolly Film au laboratoire L'Immagine Ritrovata. Financement assuré par le Hollywood Foreign Press Association et The Film Foundation.
Projection rendue possible grâce aux ayants droit : la famille Paladino et Unidis Jolly Film, qui a produit et distribué le film. Remerciements également à la famille Leone.
 

  • Les trente ans de PARIS, TEXAS de Wim Wenders (1984, 2h25)

Décernée par le Président du Jury Dirk Bogarde et remise sur scène par Faye Dunaway, la Palme d’or de Paris Texas a trente ans. Wim Wenders revient sur la Croisette (outre sa sélection à Un Certain Regard avec THE SALT OF THE EARTH) avec une copie restaurée de PARIS, TEXAS. Après Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat ou Le Guépard de Luchino Visconti, le Festival de Cannes montre les copies restaurées de ses Palmes d’or.
Transfert HD fait au laboratoire Deluxe à New York, supervisé par Wim Wenders, et Spirit Scan effectué au laboratoire allemand CinePost Production. Numérisation effectuée par Criterion.

 

  • REGARDS SUR UNE REVOLUTION : COMMENT YUKONG DEPLAÇA LES MONTAGNES de Marceline Loridan et Joris Ivens (1976, 1h11)

Une présentation de Marceline Loridan et des Archives françaises du film du CNC.
Restauration numérique effectuée à partir de la numérisation en 2K des négatifs 16mm, réalisée par le laboratoire du CNC à Bois d'Arcy. Etalonnage et finitions accomplis par Eclair.
 

  • SEISHUN ZANKOKU MONOGATARI (CONTES CRUELS DE LA JEUNESSE) de Nagisa Oshima (1960, 1h32)

Une présentation du studio Shochiku.
Restauration numérique réalisée en 4K par Shochiku Co., Ltd. sous la supervision de Takashi Kawamata, caméraman de Nagisa Oshima. Le film sera distribué en France par Carlotta Films.
 

  • LES CROIX DE BOIS de Raymond Bernard (1931, 1h55)

Présenté par Pathé et la Fondation Jérôme Seydoux – Pathé.
Film restauré en 4K par L’Immagine Ritrovata à Bologne.
 

  • OVERLORD de Stuart Cooper (1975, 1h24)

Une restauration présentée par The Criterion Collection (New York).
Transfert numérique haute définition sous la supervision du réalisateur Stuart Cooper à partir d’une copie neuve 35mm à grain fin. Son mono encodé en 24 bits.
 

  • LA PAURA / ANGST / LA PEUR  de Roberto Rossellini (1954, 1h23)

Dans le cadre du projet Rossellini, une restauration réalisée en 4K par L’Immagine Ritrovata à Bologne.
Depuis 2011, Cannes Classics accueille l’ambitieux projet italien, The Rossellini Project, issu de la collaboration entre Instituto Luce Cinecittà, Cineteca di Bologna, CSC-Cineteca Nazionale et Coproduction Office, ce dernier responsable des ventes internationales. Après la présentation de La Macchina Ammazzacattivi (La Machine à tuer les méchants, 1948) et Viaggio In Italia/Journey To Italy (Voyage en Italie, 1954), voici La Paura de Roberto Rossellini.
Copie restaurée par Cineteca di Bologna avec L’Immagine Ritrovata en collaboration avec Istituto Luce Cinecittà , CSC-Cineteca Nazionale et Coproduction Office.

 

  • LE HASARD (PRZYPADEK) de Krzysztof Kieślowski (1981, 1h57)

Une présentation du Polish Film Institute.
Restauration réalisée en 2K, avec étalonnage supervisé par le directeur de la photographie
 

  • LE DERNIER METRO de François Truffaut (1980, 2h21)

Présenté par MK2 et la Cinémathèque française, avec le soutien du Fonds Culturel Franco-Américain, à l’occasion des trente ans de la disparition de François Truffaut.
Négatif original numérisé en 4K et restauré image par image en 2K par Digimage. Restauration et étalonnage supervisés par Guillaume Schiffman.
 

  • DRAGON INN  (龍門客棧) de King Hu (1967, 1h51)

Une présentation du Chinese Taipei Film Archive.
Restauration numérique réalisée en 4K par L’Immagine Ritrovata à Bologne à partir du négatif. Le directeur de la photographie a supervisé l’étalonnage.
 

  • LE JOUR SE LEVE de Marcel Carné (1939, 1h31)

Restauration 4K présentée par Studio Canal.
Travaux image effectués par Eclair, son restauré par Diapason en partenariat avec Eclair.
 

  • LA COULEUR DE LA GRENADE (SAYAT NOVA) de Sergei Parajanov (1968, 1h17)

Restauration financée par la Film Foundation-World Cinema Project (New York) et réalisée en 4K par L’immagine Ritrovata.
 

  • LEOLO de Jean-Claude Lauzon (1992, 1h42)

Une présentation de « Éléphant, mémoire du cinéma québécois. »
Saisie numérique faite en 2k à partir du négatif original, son restauré par la Cinémathèque québécoise. Services techniques : Technicolor, services créatifs : Marie-José Raymond et Claude Fournier pour Éléphant.
 

  • LA VIE DE CHATEAU de Jean-Paul Rappeneau (1965, 1h30)

Présenté par TF1 DA.
Film restauré en 2K chez Mikros à partir du négatif original, avec restauration des stock shots. Etalonnage réalisé en collaboration avec Jean-Paul Rappeneau et Pierre Lhomme, directeur de la photographie. Restauration de la musique de Michel Legrand par Stéphane Lerouge.
 

  • JAMAICA INN (LA TAVERNE DE LA JAMAÏQUE) de Alfred Hitchcock (1939, 1h40)

Une présentation de Cohen Film Collection LLC.
Restauration numérique réalisée en 4K par 4K RRsat Europe – Ray King et Anthony Badger Finishing Post Productions Ltd – Jason Tufano et Marc Bijum.
 

  • LES VIOLONS DU BAL de Michel Drach (1974, 1h44)

Restauration Silverway Média. Le financement a été assuré par Port-Royal Films avec le soutien du CNC et le concours de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
 

  • BLUE MOUNTAINS (LES MONTAGNES BLEUES) de Eldar Shengelaia (1983, 1h31)

Une présentation du Georgian National Film Center.
Numérisation de l'image et du son réalisés à partir du négatif original en 4K par Gosfilmfond  Russia.

LOST HORIZON (HORIZONS PERDUS) de Frank Capra (1937, 2h12)
Une présentation de Park Circus, dans une copie restaurée en numérique 4k par Sony Pictures Colorworks, à l’occasion de la restauration de plusieurs titres de Capra.
 
LA CHIENNE de Jean Renoir (1939, 1h35)
Film présenté par Les Films du Jeudi et la Cinémathèque française avec le soutien du CNC et le concours du Fonds Culturel Franco-Américain (DGA – MPA – SACEM – WGAW).
Restauration image 2K (d’après un scan 4K) faite par Digimage Classics et restauration son par Diapason.

TOKYO ORINPIKKU (TOKYO OLYMPIAD) de Kon Ichikawa (1965, 2h40)
Une présentation du Comité International Olympique.
Le film a été restauré numériquement en 4K à partir des éléments films originaux pour le Comité International Olympique par Warner Bros. Motion Picture Imaging et Audio Mechanics à Burbank, USA.



A noter également, deux documentaires sur le cinéma :

LIFE ITSELF de Steve James (2014, 1h58) : la vie et le parcours de Roger Ebert, grand critique de cinéma américain.
 
THE GO-GO BOYS: THE INSIDE STORY OF CANNON FILMS de Hilla Medalia (2014, 1h30) : l’histoire de Cannon Films et des producteurs Menahem Golan et Yoram Globus, qui seront présents.
 
 
Enfin, en hommage à Marcello Mastroianni et en écho à l’affiche du 67e Festival de Cannes, HUIT ET DEMI de Federico Fellini (1963, 2h13), restauré par Gaumont et Eclair sera projeté en ouverture du programme du Cinéma de la plage.
 

LA COMPÉTITION DES COURTS METRAGES 2014

 

 

LES COURTS METRAGES EN COMPETITION:

 

 

Ran HUANG THE ADMINISTRATION OF GLORY 15’ Chine
       
Dea KULUMBEGASHVILI UKHILAVI SIVRTSEEBI
(Invisible Spaces)
10’ Géorgie
       
Masahiko SATO, Takayoshi OHARA, Yutaro SEKI, Masayuki TOYOTA, Kentaro HIRASE HAPPO-EN 13’ Japon
       
Simón MESA SOTO LEIDI 15' Colombie Royaume-Uni
       
Sergey PIKALOV SONUNCU
(The Last One)
15’ Azerbaijan
       
Petra SZŐCS A KIVEGZES
(The Execution)
14’ Hongrie Roumanie
       

Clément TREHIN-LALANNE

AÏSSA

8’ France
       
Laura WANDEL LES CORPS ÉTRANGERS 15’ Belgique
       
Hallvar WITZØ

JA VI ELSKER

(Yes we Love)

15’ Norvège
       

 

 * Le film italien  A PASSO D'UOMO de Giovanni ALOI a été retiré de la Compétition des courts métrages car il s’est avéré contrevenir au règlement de cette Sélection.

 

 

 

LA SÉLECTION CINÉFONDATION 2014

 

LA SÉLECTION CINÉFONDATION:

 

 

Max CHAN OUR BLOOD 25’       Hampshire College
États-Unis
       
Pierre CLENET
Alejandro DIAZ
Romain MAZEVET
Stéphane PACCOLAT
HOME SWEET HOME 10’ Supinfocom Arles
France
       
Omar EL ZOHAIRY THE AFTERMATH OF THE INAUGURATION OF THE PUBLIC TOILET AT KILOMETER 375 18’ High Cinema Institute, Academy of Arts
Égypte
       
Reinaldo Marcus GREEN STONE CARS 14’ NYU Tisch School of the Arts
États-Unis
       
HAN Fengyu LAST TRIP HOME 26’ Ngee Ann Polytechnic
Singapour
       
Meryll HARDT UNE VIE RADIEUSE
(A Radiant Life)
17’ Le Fresnoy
France
       
Chie HAYAKAWA NIAGARA 27’ ENBU Seminar
Japon
       

Atsuko HIRAYANAGI

 

OH LUCY!

21’ NYU Tisch School of the Arts Asia
Singapour
       
Inbar HORESH THE VISIT 27’ Minshar for Art, School and Center
Israël
       
Stefan IVANČIĆ LETO BEZ MESECA
(Moonless Summer)
31' Faculty of Dramatic Arts
Serbie
       
Daisy JACOBS THE BIGGER PICTURE 7' National Film and Television School
Royaume-Uni
       
György Mór KÁRPÁTI PROVINCIA 21' University of Theatre and Film Arts
Hongrie
       
KWON Hyun-ju SOOM
(Breath)
38' Chung-Ang University
Corée du Sud
       
Léa MYSIUS LES OISEAUX-TONNERRE
(Thunderbirds)
22' La Fémis
France
       
Fulvio RISULEO  LIEVITO MADRE
(Sourdough)
 17' Centro Sperimentale di Cinematografia
Italie
       
Annie SILVERSTEIN  SKUNK  16' The University of Texas at Austin
États-Unis
       

 

11:32 Écrit par Sandra Mézière | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

07/05/2014

CANNES CLASSICS 2014 - ANALYSE - LE JOUR SE LEVE de Marcel Carné

Une version restaurée du chef d’œuvre de Marcel Carné « Le jour se lève » sera projeté dans la section Cannes Classics 2014 (dont je vous présente l’enthousiasmant programme, ici). Je vous propose aujourd’hui une analyse du film de Marcel Carné, cinéaste dont certains raillent le classicisme mais qui, avec « Le jour se lève », a pourtant influencé un grand nombre d’autres réalisateurs.

 
 Le jour se lève : la fin d’une « grande illusion »
 
Pour Mitry, le film phare du réalisme poétique n’était pas le Quai des Brumes mais Le jour se lève qui marqua indéniablement les esprits surtout par sa construction singulière qui, a posteriori, en fait une œuvre particulièrement clairvoyante et un constat désespéré sur son époque.
 
Le constat désespéré de la fin d’un monde
 
A la recherche d’un scénario qui pourrait reformer le trio qu’il formait avec Gabin et Prévert, Carné est enthousiasmé par un synopsis de Jacques Viot et surtout par le procédé de narration que celui-ci a l’intention d’utiliser et qui comprend trois longs retours en arrière et une structure dramatique respectant la règle des trois unités. Il trouvait en revanche que l’histoire était assez inconsistante. Finalement ce sera celle de François (Jean Gabin) assassin de son rival Valentin (Jules Berry), un ignoble dresseur de chiens. François est assiégé dans sa chambre par la police et il revoit en une nuit les circonstances qui l‘ont conduit au crime. François est un ouvrier sableur, enfant de l’Assistance publique qui s’éprend d’abord de Françoise (Jacqueline Laurent), une petite fleuriste, elle aussi de l’Assistance. Il apprend ensuite que Valentin a sans doute été l’amant de Françoise, celui-ci se vantant de l’avoir séduite pour se venger de François. Il rencontre Clara (Arletty), l’ancienne et sulfureuse maîtresse de Valentin dont il tombe également amoureux et que celle-ci préfère à Valentin. François remonte son réveil pour aller travailler. Valentin vient le provoquer chez lui. Le réveil ne sonnera plus l’heure du travail mais l’heure de la mort comme il aurait pu sonner l’heure inéluctable de la guerre. La police fait évacuer la place et lance des bombes lacrymogènes dans l’appartement, mais François s’est déjà tiré une balle dans le cœur. Le film est sorti le 17 juin 1939, c’est-à-dire quelques semaines seulement avant la guerre.
 
Le désenchantement du film semblait anticiper sur la déception amère qui submergea la France à la veille du second cataclysme mondial. Comme le destin tragique des personnages scellé par l’armoire mais aussi scellé par le compte à rebours du réveil, le destin tragique de la France semble être scellé. La fin du film en devient donc d’autant plus symbolique : les policiers donnent l’assaut contre François et laissent un espace vide que parcourt un aveugle qui hurle, ne comprenant pas ce qui se passe. L’euphorie du Front Populaire est chassée par la guerre comme les ouvriers par la police, et la succession et le contraste de ces deux évènements diamétralement opposés sont si soudains que le spectateur de l’époque ne comprend pas non plus ce qui se passe. L’innocent est condamné au suicide. Il n’y a plus d’espoir. Il n’y a plus d’avenir. D’ailleurs, avant même le générique tout espoir est banni : « Un homme a tué … , enfermé, assiégé dans une chambre. Il évoque les circonstances qui ont fait de lui un meurtrier. » François n’a plus d’espoir. La France n’a plus d’espoir. Le prénom du personnage même semble insister sur la métaphore du désespoir connu alors par l’Etat qui voit la guerre comme un avenir inévitable.
 
Dans cette optique, les dialogues prennent alors une étrange résonance. Ainsi lorsqu’un gendarme répond à une voisine inquiète « Mais vous ne courez aucun danger madame » et qu’on lui répond « On dit ça, on dit ça » on songe autant à la situation inquiétante de la France qu’à celle de François. D’autres répliques font ainsi écho à celle-ci : « On dirait que tout le monde est mort », « vous êtes nerveux parce que vous êtes inquiet et vous êtes inquiet parce qu’il y a des choses qui vous échappent. » Son destin échappe à François comme le destin de la France lui échappe et il s’évanouit dans un dernier cri de désespoir : « François, mais qu’est-ce qu’il a François, y a plus de François, il est mort François. » Cette menace semble être davantage encore mise en exergue par des répliques qui rappellent les idéaux du Front Populaire si proche et pourtant si lointain comme « Le travail c’est la liberté puis c’est la santé. » ou encore les paroles d’Arletty : « la liberté, c’est pas rien. » Ces idéaux sont encore symbolisés par la solidarité dont les amis de François font preuve à son égard. Cette dichotomie entre une France encore marquée par cette euphorie mais néanmoins consciente du danger qui la menace pourrait se résumer dans cette réplique de Françoise à propos de l’ours en peluche qu’elle compare à François : « vous voyez il est comme vous, il a un œil gai et l’autre qui est un petit peu triste », comme la France partagée entre les réminiscences de la gaieté de 1936 et la tristesse suscitée par le danger imminent.
 
Une innovation formelle : une homologie esthétique entre la forme et le fond
 
Ainsi, pour Mitry, la raison de la réussite du film n’en tient pas essentiellement à l’histoire, ni à l’interprétation mais à ce que « le scénario , entièrement bâti sur un retour en arrière construit une structure narrative parfaitement adéquate à son contenu .Le flash back n’est plus un flash back plus ou moins judicieusement utilisé pour faire avancer l’histoire mais il devient la figure de style en quoi une homologie esthétique s’instaure entre la forme et le fond , ce à quoi fort peu de films sont parvenus (Citizen Kane de Welles , Vivre de Kurosawa , 8 ½ de Fellini, Providence de Resnais). » Sans sa construction singulière le film aurait peut-être été noyé dans le flot de ceux du réalisme poétique mais sa construction, son scénario original de Jacques Viot, l’adaptation et les dialogues de Prévert, en ont fait pour beaucoup « le chef d’œuvre du réalisme poétique. »
 
C’est donc la première fois en France qu’on construit entièrement une histoire sur le principe du retour en arrière même si le procédé n’était pas entièrement nouveau puisque Renoir l’avait aussi utilisé dans Le crime de Monsieur Lange, le cinéma muet utilisant également quelques incursions dans le passé de ses personnages, il apparaît néanmoins ici comme novateur. Ce procédé a bien sûr été immortalisé par un mythique film américain, en 1941 : Citizen Kane d’Orson Welles. Ce procédé paraissait alors tellement novateur, que le distributeur, craignant une réaction négative du public, par mesure de précaution, avait fait précéder le générique du Jour se lève d’un « carton » destiné à expliquer à un public supposé trop ingénu le fonctionnement du « retour en arrière » même si ce procédé avait déjà été utilisé dans un film américain : The power and the glory écrit par Preston Sturges et réalisé par William K.Howard en 1933.
 
 Cette innovation du flash back et de ce film qui se déroule donc en une nuit, du meurtre à l’assaut de la police n’est pas la seule contenue dans Le jour se lève. Il était également audacieux de montrer un ouvrier sur les lieux de son travail, en l’occurrence François dans l’exercice de sa profession de sableur, ce qui était jusqu’alors considéré comme ennuyeux et donc susceptible de lasser le public. Des ouvriers ont donc été mis en scène et ne l’ont été auparavant que dans Toni (1934) et La vie est à nous (1936), encore invisible. Il sera ainsi qualifié de « huis clos prolétarien ». Rarement en effet le cadre de vie de la population ouvrière aura été décrite avec autant de précision, le travail de François n’étant pas un simple cadre mais aussi au centre de certains dialogues, celui-ci évoquant : « le chômage…ou bien le boulot. Ah ! J’ai fait des boulots, jamais les mêmes, toujours pareils…La peinture, le pistolet…ou bien le minium…Pas bon non plus le minium…le sable…et la fatigue…la lassitude ». Si les décors paraissent au premier abord réalistes, une observation plus minutieuse permet de constater qu’ils ne sont pas dénués d’expressionnisme à l’exemple de l’immeuble de François démesurément vertical et situé à côté d’un réverbère presque aussi haut que lui. Trauner, le décorateur, avait ainsi insisté pour que le personnage soit isolé, loin et très haut et donc pour que l’immeuble fasse cinq étages et que François soit en haut de celui-ci. Le producteur menace de se suicider quand Carné annonce que cet immeuble fera cinq étages et sera construit aux studios de Joinville mais le réalisateur finira par obtenir gain de cause. Le remake américain de Litvak de 1947 prouve d’ailleurs à quel point ce fut judicieux. Le protagoniste s’y trouve en effet au deuxième étage, ce qui fait perdre toute sa force à ces scènes.
 
 Malgré toutes les précautions du distributeur,  le film fut jugé déconcertant par le public, pourtant il fut reconnu tout de suite comme un chef-d’œuvre dont l’envoûtement résulte d’un ensemble : les leitmotivs musicaux de Maurice Jaubert et qui accompagnent les lents fondus enchaînés, la lumière de Curt Courant et le décor de Trauner alliés aux dialogues de Prévert et au jeu de contrasté de Gabin qui murmure différemment avec Françoise ou Clara et qui crie face au cynisme de Berry. Pour Bazin, ainsi on « y éprouve le sentiment d’un parfait équilibre, d’une forme d’expression idéale : la plénitude d’un art classique » ou encore René Lehmann dans L’intransigeant en 1939 pour qui c’est « un film extrêmement attachant et fort, dont on n’aimera peut-être pas la substance mais qu’on ne pourra pas s’empêcher d’admirer. » ou encore dans La Lumière Georges Altman écrivit en 1939 : « mais c’est là une œuvre d’art sans défaillance ni concession ».
 
Le jour se lève étant considéré comme le chef d’œuvre du réalisme poétique, on lui imputera donc les défauts ultérieurement reprochés à ce mouvement, le trouvant trop « fabriqué » ou même que le symbolisme était « de pacotille » et la mise en scène « rudimentaire ». Le réveil qui sonne au dénouement du film pour appeler l’ouvrier mort au travail est peut-être jugé « de pacotille » mais le pessimisme du film et justement ce symbolisme témoignent de l’état d’esprit de l’époque avec une étonnante lucidité. Il est vrai que dans ce film rien ne semble laissé au hasard. Tous les objets ont leur signification et constituent même des personnages du film concourant à cette impression que le dénouement tragique est inéluctable. L’ours en peluche, la broche, les photos, les boyaux de vélo, tout va prendre peu à peu une signification. Ainsi Bazin en a fait une analyse détaillée lui permettant de dresser un véritable portrait anthropomorphique de François et en démontre l’utilisation dramatique et le rôle symbolique en fonction du caractère du personnage de François  comme le fait qu’il prenne par exemple bien soin de faire tomber dans le cendrier la cendre de cigarette qui macule le tapis de la chambre : « Tant de propreté et d’ordre un peu maniaque révèle le côté soigneux et un peu vieux garçon d’un personnage et frappe le public comme un trait de mœurs ». L’armoire joue alors un rôle central :« Cette armoire normande que Gabin pousse devant la porte et qui donne lieu à un savoureux dialogue dans la cage d’escalier entre le commissaire et le concierge(…).Ce n’est pas la commode, la table ou le lit que Gabin pouvait mettre devant la porte .Il fallait que ce fut une lourde armoire normande qu’il pousse comme une énorme dalle sur un tombeau. Les gestes avec lesquels il fait glisser l’armoire , la forme même du meuble font que Gabin ne se barricade pas dans sa chambre :il s’y mure. »
 
Un chef-d’œuvre à ne pas manquer à Cannes!

10:37 Écrit par Sandra Mézière dans CANNES CLASSICS 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

Cannes 2014 - Critique de THE ARTIST en attendant THE SEARCH de Michel Hazanavicius

La projection cannoise de THE ARTIST de Michel Hazanavicius reste un de mes plus beaux souvenirs de ce festival. Je vous raconte aujourd’hui à nouveau cette projection et vous parle de ma passion pour ce film en attendant avec impatience de découvrir « The Search », le nouveau film de Michel Hazanavicius en compétition officielle de ce Festival de Cannes 2014 avec Bérénice Béjo (lauréate du prix d’interprétation du formidable film d’Asghar Farhadi, « Le Passé », à Cannes, en 2013) et Annette Bening. Le film raconte quatre destins que la guerre va amener à se croiser. Entre 1999 et 2000, lors du conflit opposant les Russes et les Tchétchènes, Carole, infirmière et membre d’une Organisation Non Gouvernementale, recueille un jeune enfant tchétchène. En parallèle, on suit l’histoire d’un jeune soldat russe…

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Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.

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Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.

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Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film « The Artist ».

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Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film « The Artist ».

C’était un dimanche matin de mai 2011, le début du Festival de Cannes encore, en projection presse. Pas encore vraiment l’effervescence pour le film qui obtint la palme d’or mais un joli bruissement d’impatience parmi les regards déjà las, ou obstinément sceptiques. 1H40 plus tard, la salle résonnait d’applaudissements, pendant dix minutes, fait rare en projection presse. Le soir même, je suis retournée le voir en projection officielle. L’émotion fut la même, redoublée par la présence de l’équipe du film, terriblement émue elle aussi par les réactions enthousiastes du public, par les rires tendres, par cette cavalcade d’applaudissements qui a commencé lors de la dernière scène et ne s’est plus arrêtée pour continuer pendant un temps qui m’a paru délicieusement long. Un beau, rare et grand moment du Festival de Cannes.

Le pari était pourtant loin d’être gagné d’avance. Un film muet (ou quasiment puisqu’il y a quelques bruitages). En noir et blanc. Tourné à Hollywood. En 35 jours. Par un réalisateur qui jusque là avait excellé dans son genre, celui de la brillante reconstitution parodique, mais très éloigné de l’univers dans lequel ce film nous plonge. Il fallait beaucoup d’audace, de détermination, de patience, de passion, de confiance, et un peu de chance sans doute aussi, sans oublier le courage -et l’intuition- d’un producteur (Thomas Langmann) pour arriver à bout d’un tel projet. Le pari était déjà gagné quand le Festival de Cannes l’a sélectionné d’abord hors compétition pour le faire passer ensuite en compétition, là encore fait exceptionnel.

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Le film débute à Hollywood, en 1927, date fatidique pour le cinéma puisque c’est celle de l’arrivée du parlant. George Valentin (Jean Dujardin) est une vedette du cinéma muet qui connait un succès retentissant…mais l’arrivée des films parlants va le faire passer de la lumière à l’ombre et le plonger dans l’oubli. Pendant ce temps, une jeune figurante, Peppy Miller (Bérénice Béjo) qu’il aura au départ involontairement  placée dans la lumière, va voir sa carrière débuter de manière éblouissante. Le film raconte l’histoire de leurs destins croisés.

Qui aime sincèrement le cinéma ne peut pas ne pas aimer ce film qui y est un hommage permanent et éclatant. Hommage à ceux qui ont jalonné et construit son histoire, d’abord, évidemment. De Murnau à Welles, en passant par Borzage, Hazanavicius cite brillamment ceux qui l’ont ostensiblement inspiré. Hommage au burlesque aussi, avec son mélange de tendresse et de gravité, et évidemment, même s’il s’en défend, à Chaplin qui, lui aussi,  lui surtout, dans « Les feux de la rampe », avait réalisé un hymne à l’art qui porte ou détruit, élève ou ravage, lorsque le public, si versatile, devient amnésique, lorsque le talent se tarit, lorsqu’il faut passer de la lumière éblouissante à l’ombre dévastatrice. Le personnage de Jean Dujardin est aussi un hommage au cinéma d’hier : un mélange de Douglas Fairbanks, Clark Gable, Rudolph Valentino, et du personnage de Charles Foster Kane (magnifiques citations de « Citizen Kane ») et Bérénice Béjo, avec le personnage de Peppy Miller est, quant à elle, un mélange de Louise Brooks, Marlène Dietrich, Joan Crawford…et nombreuses autres inoubliables stars du muet.

Le cinéma a souvent parlé de lui-même… ce qui a d’ailleurs souvent produit des chefs d’œuvre. Il y a évidemment « La comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz, « La Nuit américaine de Truffaut », « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, enfin « Une étoile est née » de George Cukor et encore « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen et Gene Kelly auxquels « The Artist », de par son sujet, fait évidemment penser. Désormais, parmi ces classiques, il faudra citer « The Artist » de Michel Hazanavicius. Ses précèdents films étaient d’ailleurs déjà des hommages au cinéma. On se souvient ainsi des références à « Sueurs froides » ou « La Mort aux trousses » d’Hitchcock dans « OSS 117 : Rio ne répond plus ».

Hazanavicius joue ainsi constamment et doublement la mise en abyme : un film muet en noir et blanc qui nous parle du cinéma muet en noir et blanc mais aussi qui est un écho à une autre révolution que connaît actuellement le cinéma, celle du Numérique.

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Le mot jubilatoire semble avoir été inventé pour ce film, constamment réjouissant, vous faisant passer du rire aux larmes, ou parfois vous faisant rire et pleurer en même temps. Le scénario et la réalisation y sont pour beaucoup mais aussi la photographie (formidable travail du chef opérateur Guillaume Schiffman qui, par des nuances de gris, traduit les états d’âme de Georges Valentin), la musique envoûtante (signée Ludovic Bource, qui porte l’émotion à son paroxysme, avec quelques emprunts assumés là aussi, notamment à Bernard Herrmann) et évidemment les acteurs au premier rang desquels Jean Dujardin qui méritait amplement son prix d’interprétation (même si Sean Penn l’aurait également mérité pour « This must be the place »).

Flamboyant puis sombre et poignant, parfois les trois en même temps, il fait passer dans son regard (et par conséquent dans celui du spectateur), une foule d’émotions, de la fierté aux regrets,  de l’orgueil à la tendresse, de la gaieté à la cruelle amertume de la déchéance.  Il faut sans doute beaucoup de sensibilité, de recul, de lucidité et évidemment de travail et de talent pour parvenir à autant de nuances dans un même personnage (sans compter qu’il incarne aussi George Valentin à l’écran, un George Valentin volubile, excessif, démontrant le pathétique et non moins émouvant enthousiasme d’un monde qui se meurt). Il avait déjà prouvé dans « Un balcon sur la mer » de Nicole Garcia qu’il pouvait nous faire pleurer.  Il confirme ici l’impressionnant éclectisme de sa palette de jeu et d’expressions de son visage.

 Une des plus belles et significatives scènes est sans doute celle où il croise Peppy Miller dans un escalier, le jour  du Krach de 1929. Elle monte, lui descend. A l’image de leurs carrières. Lui masque son désarroi. Elle, sa conscience de celui-ci, sans pour autant dissimuler son enthousiasme lié à sa propre réussite. Dujardin y est d’une fierté, d’une mélancolie, et d’une gaieté feinte bouleversantes, comme à bien d’autres moments du film. Et je ne prends guère de risques en lui prédisant un Oscar pour son interprétation, ou en tout cas un Oscar du meilleur film étranger pour Hazanavicius.  Bérénice Béjo ne démérite pas non plus dans ce nouveau rôle de « meilleur espoir féminin » à la personnalité étincelante et généreuse, malgré un bref sursaut de vanité de son personnage. Il ne faudrait pas non plus oublier les comédiens anglo-saxons : John Goodman, Malcolm McDowell et John Cromwell (formidablement touchant dans le rôle du fidèle Clifton).

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Il y aura bien quelques cyniques pour dire que ce mélodrame  est plein de bons sentiments, mais Hazanicius assume justement ce mélodrame. « The Artist » est en effet aussi une très belle histoire d’amour simple et émouvante, entre Peppy et Georges mais aussi entre Georges et son cabot-in Uggy : leur duo donne lieu à des scènes tantôt drôles, tantôt poétiques, tantôt touchantes, et là encore parfois au trois en même temps. Hommage aussi à ce pouvoir magique du cinéma que de susciter des émotions si diverses et parfois contradictoires.

Michel Hazanavicius  évite tous les écueils et signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures et la noble fragilité.

Ce film m’a éblouie, amusée, émue. Parce qu’il convoque de nombreux souvenirs de cinéma. Parce qu’il est une déclaration d’amour follement belle au cinéma. Parce qu’il ressemble à tant de films du passé et à aucun autre film contemporain. Parce qu’il m’a fait ressentir cette même émotion que ces films des années 20 et 30 auxquels il rend un vibrant hommage. Parce que la réalisation est étonnamment inspirée (dans les deux sens du terme d’ailleurs puisque, en conférence de presse, Michel Hazanavicius a revendiqué son inspiration et même avoir « volé » certains cinéastes). Parce qu’il est burlesque, inventif, malin, poétique, et touchant.  Parce qu’il montre les artistes dans leurs belles et poignantes contradictions et fêlures.

Il ne se rapproche d’aucun autre film primé jusqu’à présent à Cannes…et en sélectionnant cet hymne au cinéma en compétition puis en le  primant,  le Festival de  Cannes a prouvé qu’il était avant tout le festival qui aime le cinéma, tous les cinémas, loin de la caricature d’une compétition de films d’auteurs représentant toujours le même petit cercle d’habitués dans laquelle on tend parfois à l’enfermer.

Un film à ne manquer sous aucun prétexte si, comme moi, vous aimez passionnément et même à la folie, le cinéma. Rarement un film aura aussi bien su en concentrer la beauté simple et magique, poignante et foudroyante. Oui, foudroyante comme la découverte  de ce plaisir immense et intense que connaissent les amoureux du cinéma lorsqu’ils voient un film pour la première fois, et découvrent son pouvoir d’une magie ineffable, omniprésente ici.

En bonus :

- Ma critique de « La Comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz

-Ma critique de « OSS 117 : Rio ne répond plus » de Michel Hazanavicius

-Ma critique d’ « Un balcon sur la mer » de Nicole Garcia

-Ma critique des « Feux de la rampe » de Charlie Chaplin

10:36 Écrit par Sandra Mézière dans COMPETITION OFFICIELLE 2011, IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

02/05/2014

Programme de Cannes Classics 2014

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Cannes Classics qui présente des films anciens et des chefs d'œuvre de l'histoire du cinéma en copies restaurées donne toujours lieu à de grands moments de Cannes et de cinéma. Je lui dois ainsi mon plus beau souvenir du festival avec la projection du "Guépard". Cette année, la sélection nous promet encore de belles émotions avec Sophia Loren en invitée d'honneur, les 30 ans " de "Paris, Texas",   un hommage à Henri Langlois, le retour de Kieslowski à Cannes, un chef-d’œuvre du cinéma géorgien, un film méconnu de Raymond Bernard sur la guerre de 14-18, les couleurs de Sayat Nova retrouvées. Je pourrais difficilement résister à l'envie de revoir "Le jour se lève", "Le dernier métro" et tant d'autres. Je vous laisse découvrir cette belle programmation ci-dessous (communiqué de presse officiel du festival).
 
 
Il y a dix ans, alors que la relation du cinéma contemporain à sa propre mémoire était sur le point d’être bouleversée par l’apparition naissante du numérique, le Festival de Cannes a créé Cannes Classics, une sélection qui permet d’afficher le travail de valorisation du patrimoine effectué par les sociétés de production, les ayants droit, les cinémathèques ou les archives nationales à travers le monde.
Devenu une composante essentielle de la Sélection officielle, dans une présence de l’histoire du cinéma dont se sont inspirés à leur tour plusieurs festivals internationaux, Cannes Classics présente des films anciens et des chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma dans des copies restaurées.
 
Parce que Cannes se donne aussi comme mission d’enchanter le rapport du public d’aujourd’hui avec la mémoire du cinéma, Cannes Classics met le prestige du plus grand festival du monde au service du cinéma retrouvé, accompagnant toutes les nouvelles exploitations : sortie en salles, en VOD ou édition en DVD/Blu-ray des grandes œuvres du passé.
 
Les films sélectionnés pour cette édition 2014 sont projetés dans le Palais des Festivals, Salle Buñuel ou salle du Soixantième, en présence de ceux qui ont restauré ces films et, lorsqu’ils sont encore parmi nous, de ceux qui les ont réalisés.
 
Le programme de l’édition 2014 de Cannes Classics se compose de vingt-deux longs métrages et de deux documentaires. Les films sont projetés comme voulus par les ayants droit, en DCP 2K ou DCP 4K. Pour la première fois, qu’on le déplore ou qu’on le célèbre, aucune copie 35mm ne sera projetée à Cannes Classics.

 

  • Invitée d’honneur : SOPHIA LOREN

Prix d’interprétation féminine en 1961 et présidente du jury en 1966, Sophia Loren est l’invitée d’honneur de Cannes Classics. Elle accompagnera la projection de LA VOCE UMANA (2014, 25mn), réalisé par Edoardo Ponti, qui marque son retour au cinéma. Au cours de la même soirée sera projeté MARIAGE A L’ITALIENNE de Vittorio De Sica (1964, 1h42) dans une restauration réalisée en 4K par L’Immagine Ritrovata. Restauration menée en collaboration entre la Cineteca di Bologna pour Surf Film et la Technicolor Foundation pour Cinema Heritage avec la contribution de Memory Cinema au laboratoire L'Immagine Ritrovata


Sophia Loren a également accepté de faire une « masterclass », dans une conversation qui aura lieu sur la scène de la salle Buñuel.
 

  • PER UN PUGNO DI DOLLARI / A FISTFUL OF DOLLARS / POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS de Sergio Leone (1964, 1h40)

Pour célébrer la naissance, en 1964, du western italien, la Cinémathèque de Bologne présentera une copie restaurée en 4K par L’Immagine Ritrovata de POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS réalisé par Sergio Leone en 1964 avec Clint Eastwood et Gian Maria Volonte. Restauration menée par la Cineteca di Bologna et Unidis Jolly Film au laboratoire L'Immagine Ritrovata. Financement assuré par le Hollywood Foreign Press Association et The Film Foundation.
Projection rendue possible grâce aux ayants droit : la famille Paladino et Unidis Jolly Film, qui a produit et distribué le film. Remerciements également à la famille Leone.
 

  • Les trente ans de PARIS, TEXAS de Wim Wenders (1984, 2h25)

Décernée par le Président du Jury Dirk Bogarde et remise sur scène par Faye Dunaway, la Palme d’or de Paris Texas a trente ans. Wim Wenders revient sur la Croisette (outre sa sélection à Un Certain Regard avec THE SALT OF THE EARTH) avec une copie restaurée de PARIS, TEXAS. Après Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat ou Le Guépard de Luchino Visconti, le Festival de Cannes montre les copies restaurées de ses Palmes d’or.
Transfert HD fait au laboratoire Deluxe à New York, supervisé par Wim Wenders, et Spirit Scan effectué au laboratoire allemand CinePost Production. Numérisation effectuée par Criterion.

 

  • REGARDS SUR UNE REVOLUTION : COMMENT YUKONG DEPLAÇA LES MONTAGNES de Marceline Loridan et Joris Ivens (1976, 1h11)

Une présentation de Marceline Loridan et des Archives françaises du film du CNC.
Restauration numérique effectuée à partir de la numérisation en 2K des négatifs 16mm, réalisée par le laboratoire du CNC à Bois d'Arcy. Etalonnage et finitions accomplis par Eclair.
 

  • SEISHUN ZANKOKU MONOGATARI (CONTES CRUELS DE LA JEUNESSE) de Nagisa Oshima (1960, 1h32)

Une présentation du studio Shochiku.
Restauration numérique réalisée en 4K par Shochiku Co., Ltd. sous la supervision de Takashi Kawamata, caméraman de Nagisa Oshima. Le film sera distribué en France par Carlotta Films.
 

  • LES CROIX DE BOIS de Raymond Bernard (1931, 1h55)

Présenté par Pathé et la Fondation Jérôme Seydoux – Pathé.
Film restauré en 4K par L’Immagine Ritrovata à Bologne.
 

  • OVERLORD de Stuart Cooper (1975, 1h24)

Une restauration présentée par The Criterion Collection (New York).
Transfert numérique haute définition sous la supervision du réalisateur Stuart Cooper à partir d’une copie neuve 35mm à grain fin. Son mono encodé en 24 bits.
 

  • LA PAURA / ANGST / LA PEUR  de Roberto Rossellini (1954, 1h23)

Dans le cadre du projet Rossellini, une restauration réalisée en 4K par L’Immagine Ritrovata à Bologne.
Depuis 2011, Cannes Classics accueille l’ambitieux projet italien, The Rossellini Project, issu de la collaboration entre Instituto Luce Cinecittà, Cineteca di Bologna, CSC-Cineteca Nazionale et Coproduction Office, ce dernier responsable des ventes internationales. Après la présentation de La Macchina Ammazzacattivi (La Machine à tuer les méchants, 1948) et Viaggio In Italia/Journey To Italy (Voyage en Italie, 1954), voici La Paura de Roberto Rossellini.
Copie restaurée par Cineteca di Bologna avec L’Immagine Ritrovata en collaboration avec Istituto Luce Cinecittà , CSC-Cineteca Nazionale et Coproduction Office.

 

  • LE HASARD (PRZYPADEK) de Krzysztof Kieślowski (1981, 1h57)

Une présentation du Polish Film Institute.
Restauration réalisée en 2K, avec étalonnage supervisé par le directeur de la photographie
 

  • LE DERNIER METRO de François Truffaut (1980, 2h21)

Présenté par MK2 et la Cinémathèque française, avec le soutien du Fonds Culturel Franco-Américain, à l’occasion des trente ans de la disparition de François Truffaut.
Négatif original numérisé en 4K et restauré image par image en 2K par Digimage. Restauration et étalonnage supervisés par Guillaume Schiffman.
 

  • DRAGON INN  (龍門客棧) de King Hu (1967, 1h51)

Une présentation du Chinese Taipei Film Archive.
Restauration numérique réalisée en 4K par L’Immagine Ritrovata à Bologne à partir du négatif. Le directeur de la photographie a supervisé l’étalonnage.
 

  • LE JOUR SE LEVE de Marcel Carné (1939, 1h31)

Restauration 4K présentée par Studio Canal.
Travaux image effectués par Eclair, son restauré par Diapason en partenariat avec Eclair.
 

  • LA COULEUR DE LA GRENADE (SAYAT NOVA) de Sergei Parajanov (1968, 1h17)

Restauration financée par la Film Foundation-World Cinema Project (New York) et réalisée en 4K par L’immagine Ritrovata.
 

  • LEOLO de Jean-Claude Lauzon (1992, 1h42)

Une présentation de « Éléphant, mémoire du cinéma québécois. »
Saisie numérique faite en 2k à partir du négatif original, son restauré par la Cinémathèque québécoise. Services techniques : Technicolor, services créatifs : Marie-José Raymond et Claude Fournier pour Éléphant.
 

  • LA VIE DE CHATEAU de Jean-Paul Rappeneau (1965, 1h30)

Présenté par TF1 DA.
Film restauré en 2K chez Mikros à partir du négatif original, avec restauration des stock shots. Etalonnage réalisé en collaboration avec Jean-Paul Rappeneau et Pierre Lhomme, directeur de la photographie. Restauration de la musique de Michel Legrand par Stéphane Lerouge.
 

  • JAMAICA INN (LA TAVERNE DE LA JAMAÏQUE) de Alfred Hitchcock (1939, 1h40)

Une présentation de Cohen Film Collection LLC.
Restauration numérique réalisée en 4K par 4K RRsat Europe – Ray King et Anthony Badger Finishing Post Productions Ltd – Jason Tufano et Marc Bijum.
 

  • LES VIOLONS DU BAL de Michel Drach (1974, 1h44)

Restauration Silverway Média. Le financement a été assuré par Port-Royal Films avec le soutien du CNC et le concours de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
 

  • BLUE MOUNTAINS (LES MONTAGNES BLEUES) de Eldar Shengelaia (1983, 1h31)

Une présentation du Georgian National Film Center.
Numérisation de l'image et du son réalisés à partir du négatif original en 4K par Gosfilmfond  Russia.

LOST HORIZON (HORIZONS PERDUS) de Frank Capra (1937, 2h12)
Une présentation de Park Circus, dans une copie restaurée en numérique 4k par Sony Pictures Colorworks, à l’occasion de la restauration de plusieurs titres de Capra.
 
LA CHIENNE de Jean Renoir (1939, 1h35)
Film présenté par Les Films du Jeudi et la Cinémathèque française avec le soutien du CNC et le concours du Fonds Culturel Franco-Américain (DGA – MPA – SACEM – WGAW).
Restauration image 2K (d’après un scan 4K) faite par Digimage Classics et restauration son par Diapason.

TOKYO ORINPIKKU (TOKYO OLYMPIAD) de Kon Ichikawa (1965, 2h40)
Une présentation du Comité International Olympique.
Le film a été restauré numériquement en 4K à partir des éléments films originaux pour le Comité International Olympique par Warner Bros. Motion Picture Imaging et Audio Mechanics à Burbank, USA.



A noter également, deux documentaires sur le cinéma :

LIFE ITSELF de Steve James (2014, 1h58) : la vie et le parcours de Roger Ebert, grand critique de cinéma américain.
 
THE GO-GO BOYS: THE INSIDE STORY OF CANNON FILMS de Hilla Medalia (2014, 1h30) : l’histoire de Cannon Films et des producteurs Menahem Golan et Yoram Globus, qui seront présents.
 
 
Enfin, en hommage à Marcello Mastroianni et en écho à l’affiche du 67e Festival de Cannes, HUIT ET DEMI de Federico Fellini (1963, 2h13), restauré par Gaumont et Eclair sera projeté en ouverture du programme du Cinéma de la plage.
 
Le programme complet du Cinéma de la plage sera annoncé ultérieurement.

11:38 Écrit par Sandra Mézière dans CANNES CLASSICS 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

Compléments de sélection du Festival de Cannes 2014

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Très attendu (par moi en tout cas), ce complément de sélection du 67ème Festival de Cannes est à la hauteur de cette attente avec de belles surprises parmi lesquelles le dernier film de Téchiné "L'homme qu'on aimait trop" qui sera projeté hors compétition.

Comme il a été annoncé par la direction du Festival de Cannes lors de la conférence de presse du 17 avril dernier, les films suivants viennent compléter la composition de la Sélection officielle.

 Hors Compétition

 

L’Homme qu’on aimait trop d’André Téchiné avec Guillaume Canet, Catherine Deneuve et Adèle Haenel (1h56)

 

Un Certain Regard

 

Fehér Isten (White God) de Kornél Mundruczó (1h59)

 

 

Séances Spéciales

 

Of Men and War (Des Hommes et de la guerre) de Laurent Bécue-Renard (documentaire, 2h22)

 

The Owners de Adilkhan Yerzhanov (1h33)

 

Géronimo de Tony Gatlif, avec Céline Salette, Rachid Yous (1h44)

Le film fera également l’objet d’une séance pour les lycéens de la Région PACA.

 

Enfin, El Ardor de Pablo Fendrik (1h40), dans lequel joue Gael Garcia Bernal, membre du Jury de la Compétition, sera également présenté en Séance Spéciale.

 

 

11:29 Écrit par Sandra Mézière dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

Le jury du 67ème Festival de Cannes

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Découvrez le jury, prestigieux et éclectique, de ce Festival de Cannes 2014. Voici le communiqué de presse du festival à ce sujet.

Jane Campion, réalisatrice, productrice et scénariste néo-zélandaise, lauréate de la Palme d’or pour "La Leçon de piano", sera la Présidente du Jury du 67e Festival de Cannes. Conformément à la tradition universaliste et internationale de Cannes, elle sera entourée de huit personnalités du cinéma mondial venues de Chine, de Corée, du Danemark, d’Iran, des Etats-Unis, de France et du Mexique.

 Ainsi, le Jury sera composé, comme en 2009, de cinq femmes et quatre hommes. Il aura à départager les 18 films en Compétition pour composer le Palmarès qui sera annoncé sur scène lors de la cérémonie du samedi 24 mai. La Palme d’or sera projetée lors de la soirée de clôture du Festival, dimanche 25 mai, en présence du Jury et de l’équipe du film récompensé.




LE JURY

Jane CAMPION – Présidente
(Réalisatrice, Scénariste, Productrice – Nouvelle-Zélande)


Carole BOUQUET (Actrice – France)

Sofia COPPOLA (Réalisatrice, Scénariste, Productrice – Etats-Unis)

Leila HATAMI (Actrice – Iran)

JEON Do-yeon (Actrice – Corée du Sud)

Willem DAFOE (Acteur – Etats-Unis)

Gael GARCIA BERNAL (Acteur, Réalisateur, Producteur – Mexique)

JIA Zhangke (Réalisateur, Scénariste, Producteur – Chine)

Nicolas Winding REFN (Réalisateur, Scénariste, Producteur – Danemark)

Carole Bouquet, actrice (France)
Après des débuts en 1977 avec Luis Buñuel dans Cet obscur objet du désir, elle alterne cinéma d’auteur et grandes productions. James Bond Girl en 1981 dans Rien que pour vos yeux, elle travaille avec Bertrand Blier pour Buffet Froid (1979) et Trop Belle pour toi (1989) qui lui vaut le César de la meilleure actrice. Elle tournera Le jour des idiots de Werner Schroeter, Grosse Fatigue et Embrassez qui vous voudrez de Michel Blanc, Lucie Aubrac de Claude Berri, L’Enfer de Danis Tanovic, Nordeste de Juan Diego Solanas (Festival de Cannes 2005) et Impardonnables d’André Téchiné.

Sofia Coppola, réalisatrice et scénariste (Etas-Unis)
Son premier long métrage,The Virgin Suicides (1999) est invité à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes, où il suscite l’intérêt de la critique internationale. Quatre ans plus tard, plusieurs fois nommée aux Oscars pour Lost in Translation, notament pour le prix de la meilleure réalisatrice, elle obtient celui du meilleur scénario. Son troisième film, Marie-Antoinette est sélectionné en Compétition à Cannes en 2006. Après un Lion d’or au Festival de Venise pour Somewhere (2010), Sofia Coppola a fait l’ouverture de Un Certain Regard avec son dernier film The Bling Ring au Festival de Cannes 2013.

Leila Hatami, actrice (Iran)
Née à Téhéran dans une famille de cinéastes, elle joue d’abord dans les films de son père, Ali Hatami, avant de décrocher le premier rôle de Leila de Dariush Mehrjui (1998) qui lui confère une reconnaissance nationale. C’est Asghar Farhadi qui la fera connaitre dans le monde entier avec Une séparation (Ours d’or au Festival de Berlin 2011). Elle reçoit le Prix d’interprétation à Karlovy Vary pour Last Step d’Ali Mosaffa en 2012.

Jeon Do-yeon, actrice (Corée du Sud)
Première actrice coréenne à recevoir le Prix d’interprétation au Festival de Cannes pour son rôle dans Secret Sunshine de Lee Chang-dong (2007), Jeon Do-yeon a commencé sa carrière à la télévision avant de se consacrer exclusivement au cinéma : elle a joué notamment I Wish I Had a Wife de Ryoo Seung, My Mother, The Mermaid de Park Jin-pyo ou The Housemaid de Im Sang-soo, présenté à Cannes en 2010. Immense star dans son pays, elle vient de tourner Memories of the Sword de Park Heung-sik.

Willem Dafoe, acteur (Etats-Unis)
Deux fois nommé aux Oscars, pour Platoon d’Oliver Stone et L’Ombre du Vampire, Dafoe a tourné dans 80 films parmi lesquels Grand Budapest Hotel de Wes Anderson, Light Sleeper de Paul Schrader, La dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese, Antichrist de Lars von Trier ou Le Patient anglais d’Anthony Minghella. On pourra bientôt le voir dans A Most Wanted Man d’Anton Corbijn et Pasolini d’Abel Ferrara. Co-fondateur du Wooster Group, collectif de théâtre expérimental, il est actuellement en tournée avec le spectacle de Bob Wilson, The Old Woman.

Gael García Bernal, acteur, réalisateur et producteur (Mexique)
Il fait des débuts remarqués dans Amours chiennes d’Iñárritu et enchaîne avec Y Tu Mamá También d’Alfonso Cuarón. Il tourne avec de grands noms du cinéma international : Carnets de voyage de Walter Salles, La Mauvaise éducation de Pedro Almodóvar, La Science des rêves de Michel Gondry, Babel de Gonzalez Iñárritu, ou encore The Limits of Control de Jim Jarmusch. Il fonde en 2005 avec Diego Luna sa société de production Canana et après quelques courts métrages, dirige son premier long en 2010, Deficit, sélectionné à La Semaine de la Critique de Cannes.

Nicolas Winding Refn, réalisateur, scénariste et producteur (Danemark)
Son premier film, Pusher (1996), écrit et réalisé à 24 ans, devient immédiatement une œuvre culte et le rend célèbre dans le monde entier. Il signe ensuite Bleeder (1999), Fear X (2003), Pusher II & III (2004 & 2005), Bronson (2008) et Valhalla Rising (2009), caractéristiques de ce qu’on appellera le style "Refn-esque". En 2011, Drive est invité en Compétition au Festival de Cannes et remporte le Prix de la Mise en scène, décerné par le Jury présidé par Robert De Niro. Son dernier film, Only God Forgives, était en Compétition à Cannes en 2013.

Jia Zhangke, réalisateur, scénariste et producteur (Chine)
Après avoir étudié la peinture, Jia Zhangke, né en 1970, a intégré dans les années 90, l’Académie du Film de Pékin. Après le succès de son premier film, Xiao Wu (1998), il réalise Platform (Zhantai, 2000) et Unknown Pleasures (Ren xiao yao, 2002) respectivement sélectionnés à Venise et à Cannes. Still Life reçoit le Lion d’or à Venise en 2006. Il a également présenté au Festival de Cannes, 24 City en Compétition en 2008 et I Wish I Knew au Certain Regard en 2010. L’an dernier, A Touch of Sin a remporté le Prix du Scénario décerné par le Jury présidé par Steven Spielberg.

Suivez aussi mes pérégrinations en direct du Festival de Cannes sur http://inthemoodforfilmfestivals.com, mon nouveau site entièrement consacré aux festivals de cinéma.

11:18 Écrit par Sandra Mézière dans JURYS 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

26/04/2014

Caricaturistes - Les Fantassins de la démocratie : bande annonce

12 caricaturistes, 1 idéal : liberté d’expression …

Découvrez la bande annonce de "CARICATURISTES - FANTASSINS DE LA DÉMOCRATIE", en compétition officielle hors compétition de Cannes 2014. Un film documentaire de Stéphanie Valloatto, co-écrit par Radu Mihaileanu, sortie en salles le 28 mai 2014.

       

SYNOPSIS :
12 fous formidables, drôles et tragiques, des quatre coins du monde, des caricaturistes, défendent la démocratie en s'amusant, avec, comme seule arme, un crayon, au risque de leurs vies. Ils sont: français, tunisienne, russe, américain, burkinabé, chinois, algériens, ivoirien, vénézuélienne, israélien et palestinien.

Les caricaturistes : Plantu, Nadia Khiari – Willis from Tunis, Mikhail Zlatkovsky, Michel Kichka, Baha Boukhari, Rayma Suprani, Angel Boligan, Jeff Danziger, Damien Glez, Lassane Zohore, Pi San, Slim, Baki Boukhalfa, Kurt Westergaard.

 

Pour soutenir le film, EUROPACORP et l'association CARTOONING FOR PEACE, fondée par PLANTU et KOFI ANNAN organisent un grand concours de dessins jusqu’au 18 mai, sur le thème "ET VOILÀ CE QUI NE ME VA PAS "
Un jury de caricaturistes internationaux présidé par PLANTU choisira les dessins les plus originaux, drôles et mordants et décernera les prix lors d'une grande avant-première du film, gratuite et en plein air, qui aura lieu le 23 mai sur la Place de la République, à Paris.

Pour participer rendez-vous sur le site : www.caricaturistes-leconcours.com

 

11:49 Écrit par Sandra Mézière dans BANDES-ANNONCES | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |