29.06.2009
En attendant le Festival de Cannes 2010
En attendant le Festival de Cannes 2010 que vous pourrez bien entendu suivre sur "In the mood for Cannes" et en attendant les premières informations concernant cette 63ème édition que vous pourrez bien entendu suivre sur ce blog, je vous renvoie donc vers mes deux autres blogs, mon blog principal "In the mood for cinema" d'une part, sur lequel vous pourrez suivre de nombreux évènements cinématographiques comme la critique de "Public Enemies" de Michael Mann en avant-première (et pas seulement, également des évènements théâtraux, musicaux, littéraires aussi avec le Prix des lectrices de Elle puisque je ferai partie du jury 2010, mais aussi des escapades à l'étranger puisque j'ai l'intention d'enrichir également la rubrique "Voyages" du blog après ma courte chronique "in the mood for Barcelona" en début d'année) et prochainement la critique de "Harry Potter et le Prince de Sang mêlé" en avant-première mais aussi le Festival Paris Cinéma en vip, la master class de Jean-Pierre Jeunet, le 20ème Festival du Film Britannique de Dinard et évidemment toujours des concours avec actuellement 20 places à gagner pour le cycle Michael Mann à la Cinémathèque etc; et mon blog "In the mood for Deauville" d'autre part sur lequel vous pourrez suivre le 35ème Festival du Cinéma Américain de Deauville qui sera aussi mon 16ème Festival du Cinéma Américain, en direct, avec d'ores et déjà de nombreuses informations concernant cette édition 2009.
11:19 Ecrit par Sandra.M dans In the mood for news-Cannes 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, festival, festival de cannes 2010, deauville, public enemies, paris cinéma, harry potter, dinard, britannique |
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31.05.2009
La vidéo de la cérémonie de clôture du 62ème Festival de Cannes dans son intégralité
15:16 Ecrit par Sandra.M dans CLOTURE 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : cannes, cinéma, clôture, cérémonie |
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30.05.2009
Mon bilan du Festival de Cannes 2009 : l’étourdissante nostalgie d’une étreinte brisée
Cannes n’est déjà plus qu’une rumeur lointaine, qu’un brouhaha étouffé par l’actualité arachnéenne qui tisse sa toile dévoreuse et impitoyable, pourtant, il y a à peine une semaine que le Festival de Cannes s’achevait et avec lui 13 jours d’une tornade dévastatrice qui me laissent encore nostalgique, éblouie, incrédule, étourdie, mélancolique comme après une almodovarienne étreinte brisée, mais aussi enrichie d’illusions magnifiques, ou magnifiquement tragiques.
Nostalgique après ces 13 jours qui, dans ma mémoire, déjà, se teintent de noir et blanc tant ils semblent appartenir à une mythologie cinématographique. Tant le temps semblait glisser au lieu de s’écouler. Tant tout paraissait joyeux, idyllique, désinvolte, léger. Tant c’était agréable de jouer à l’être le temps d’un festival.
Comment, d’ailleurs, ne pas être nostalgique après 13 jours aussi intenses dont je n’ai pu et voulu retranscrire qu’une infime part ici? Comment ne pas être nostalgique après 13 jours où réalité et fiction n’ont cessé de s’entrelacer, s’enlacer même au point de se confondre, me duper parfois même? Comment ne pas être nostalgique après 13 jours de rencontres improbables et magiques, cinématographiques et humaines? Comment ne pas être nostalgique après ce qui était pour moi un 9ème Festival de Cannes et sans nul doute le meilleur...jusqu'à présent? Comment ne pas être nostalgique quand la déroutante réalité a repris ses droits ? Comment ne pas être nostalgique quand, à trop tutoyer les étoiles, on en oublie que même elles, meurent un jour, que l’éblouissement peut-être trompeur, voire fatal ?
Incrédule tant ce festival semble s’être évanoui comme un songe qui procure une douloureuse et parfois illusoire beauté à ces instants aussi magiques qu’éphémères. De projections en soirées, de l’ouverture à la clôture, de rencontres magnifiques en retrouvailles trop vite esquissées ou d'autres insensées démontrant l’imagination d’une beauté et d’une violence cruelles et sans bornes de la réalité, de la vertigineuse salle du Théâtre Lumière à la luminosité d’une Croisette insolemment radieuse, de la projection jubilatoire d’ « Inglourious Basterds » à ma journée ludique et princière avec l’équipe L’Oréal, de ces instants festifs et joyeux avec les autres blogueurs, de l’inénarrable projection du magistral et nerveux « Prophète » de Jacques Audiard à la leçon de cinéma des frères Dardenne, de la plage Miramar à la plage Majestic 62, de la plage du Martinez aux coulisses du Grand Journal, du 3 :14 à la villa Murano, d'un documentaire d'une poésie rageuse à des films mis en scène avec une maestria sidérante, de la voix ensorcelante de Bryan Ferry à l'enthousiasme communicatif de Quentin Tarantino, de la gravité légère d'Edouard Baer à l'exubérance mélancolique de Pedro Almodovar, de voitures officielles en limousines, de la salle du soixantième à la salle Bunuel, tant d’instants indicibles gravés dans ma mémoire, tant d’instants où lueurs et bruits incessants vous troublent, déguisent la réalité, transportent.
Etourdie comme après un rêve dont le réveil est parfois douloureux mais dont l’état semi-comateux dans lequel il vous laisse anesthésie agréablement les pensées aussi confuses et troublantes soient-elles. Etourdie comme après une danse endiablée qui ne vous laisse le temps de reprendre ni votre souffle ni vos esprits ni de saisir la (dé)mesure de l’instant.
Moi que l’actualité passionne habituellement, je me suis surprise à ne même pas ouvrir un journal pendant ces 13 jours si ce n’est le quotidien du Film Français, bible du festivalier. Cannes plus que jamais cette année pour moi a été une sorte de bulle où rien d’autre ne semblait exister, où le monde s’arrêtait aux portes de la Croisette et tournait autour du palais des festivals. Le cinéma m’environnait, m’absorbait, procurait des reflets éblouissants à la réalité. Bien sûr tout était, comme toujours, excessif et dérisoire. J’ai juste feint de l’ignorer. Bien sûr la crise n’était pas bien loin : les plages étaient cette année deux fois moins nombreuses, de même que les affiches de film qui ornent habituellement les façades, certaines sociétés comme la Paramount étaient d'ailleurs pour la première fois absentes de la Croisette, le cinéma américain était ainsi peu présent sur la Croisette… Qu’importe: Cannes, le temps de ce festival, nous a donné une illusion d’éternité. Comme ces deux amants magnifiques surpris et immortalisés en pleine étreinte dans « Voyage en Italie » de Rossellini qu’Almodovar cite dans ses « Etreintes brisées ».
Emportée par le tourbillon cannois, cette année plus que jamais, je regrette juste de n’avoir vu aucun film de la section Un Certain Regard où chaque année je fais les plus belles découvertes cinématographiques et de n’avoir vu qu’un film de la Quinzaine des Réalisateurs. Ma soif de découvertes cinématographiques n’a pas été étanchée, ce festival l’a même intensifiée…
J’évoquais il y a quelques jours mes pronostics avec un bref avis sur chaque film en compétition (voir article ici), j’y évoquais aussi ce que représente depuis quelques années une palme d’or cannoise, le message qu’elle adresse au monde, le reflet qu’elle souhaite donner de ses espoirs, ses blessures, ses craintes, ses désirs, ses désordres, sa folie, de ses rêves… même si depuis quelques années les rêves n’ont plus leur place dans un palmarès et surtout une palme d’or qui se veut avant tout engagée et sociale, ce qui sans doute éloignait d’office le film de Quentin Tarantino qui, pourtant, certes est un film de divertissement qui s’assume comme tel mais montre aussi un visage de la barbarie, étonnamment et tristement actuel à l’image du film de Haneke « Le ruban blanc », palme d’or de cette édition 2009, sans doute d’apparence (d’apparence seulement) plus cinéphilique (En lisant ma critique d’ “Inglourious Basterds” en cliquant ici vous constaterez à quel point ce film est celui d’un cinéphile pour les cinéphiles) et en tout cas plus austère. A la définition de l'art(iste) d'Anatole France "L'artiste doit aimer la vie et nous montrer qu'elle est belle. Sous lui, nous en douterions", le palmarès a préféré celle de Rodin "L'art est la plus sublime mission de l'homme puisque c'est l'exercice de la pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre." Sans doute cette "machine de vérité" qu'évoquait la présidente du jury de ce 62ème Festival de Cannes, Isabelle Huppert, en ouverture... mais le cinéma ne peut être que cela, n'est heureusement pas que cela, même si cet autre pan du cinéma a été ignoré cette année par le palmarès cannois (mais aussi, il faut le dire, par sa sélection).
Cette année, plus que jamais la compétition cannoise avait à son générique de grands réalisateurs qui, néanmoins, souvent , n’ont pas réalisé leurs meilleurs films et j’avoue que cette année aucun film ne m’a enthousiasmée comme « Entre les murs » de Laurent Cantet, « Je veux voir » de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, « La frontière de l’aube » de Philippe Garel, « Le silence de Lorna » des frères Dardenne, « Two lovers » de James Gray, « Valse avec Bachir » d’Ari Folman ou « Vicky Cristina Barcelona » de Woody Allen, l’année passée. (Vous pouvez trouver les critiques de tous ces films sur ce blog).
Cette année aucune thématique n’a été mise en exergue, si ce n’est la mise en abyme, comme si le cinéma, tel Narcisse, se mirait dans son reflet, à s’y noyer, pour oublier, s’oublier, se rassurer, à nous y perdre délicieusement, et dangereusement parfois aussi. On retrouve bien sûr, notamment dans “Un prophète” et “A l’origine” la thématique carcérale beaucoup plus présente l’an passé (avec de nombreux plans derrière une vitre, un grillage etc), témoignage d’un monde qui étouffe et peine à respirer mais ce dont a surtout témoigné ce cru 2009: c’est de la rassurante diversité du cinéma mondial (et l’étonnante inventivité, audace du cinéma asiatique ou de "jeunes" cinéastes comme Alain Resnais !) malgré une austérité, et même une radicalité, une violence assez prégnantes au-delà des disparités géographiques et cinématographiques, plaie béante qui semble dépasser les frontières. On a aussi observé cette année davantage de grandes mises en scènes (Almodovar, Tarantino, Resnais…) que de grands scénarii…
Mais pour l’heure, je vais essayer de comprendre et analyser les émotions ravageuses de ce festival, loin de la violence et / de l’éclat parfois trompeurs des images, loin de l'éblouissement cannois, loin de la frénésie carnassière, loin de l’urgence rageuse cannoise qui fait que les mots jetés à la va-vite trahissent parfois les pensées, et ne les traduisent pas toujours avec justesse et avec le recul nécessaire pour apprécier chaque instant à sa juste et (dé)mesurée valeur…
J’en profite aussi pour vous donner rendez-vous au Festival du Cinéma Américain de Deauville qui fêtera cette année ses 35 ans, prochain grand rendez-vous festivalier que vous pourrez suivre en direct sur mes blogs (avant-premières, films en compétition, soirées, conférences de presse…) et auquel j’assisterai pour la 17ème année consécutive… mais en attendant vous pourrez retrouver sur ce blog de nombreuses critiques de films , en avant-première, à l'affiche ou de classiques du septième art mais aussi des nouvelles...
A suivre : notamment ma critique de « Map of the sounds of Tokyo » d’Isabel Coixet (compétition officielle 2009)
23:08 Ecrit par Sandra.M dans EDITORIAUX | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, festival, palmarès, huppert, tarantino, haneke, almodovar |
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28.05.2009
« Les Etreintes brisées » de Pedro Almodovar : critique du film, photos et vidéos de la projection cannoise en présence de l’équipe du film
Lorsque vous voyez un film dans l’effervescence du Grand Théâtre Lumière, dans l’euphorie cannoise, de surcroît à côté de l’équipe du film, votre avis est forcément vicié et imprégné de cette atmosphère excessive, c’est pourquoi j’ai tenu à retourner voir « Les Etreintes brisées » quelques jours après l’avoir vu sur la Croisette. Inutile de spécifier à quel point c’est étrange de voir un film dans une salle quasiment vide, qui ne réagit donc pas, après l’avoir vu quelques jours auparavant en présence de l’équipe du film avec un public particulièrement réactif. Alors ? Alors, même loin de l’agitation cannoise, certes « Les Etreintes brisées » n’est pas le film le plus fou, le plus extravagant, le plus délirant de Pedro Almodovar mais il n’en demeure pas moins remarquable à de nombreux points de vue… et l’un de ses meilleurs films, peut-être même le plus maîtrisé. En tout cas, l’un de mes favoris de cette compétition cannoise 2009 avec, notamment « Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino (que Pedro Almodovar, en cinéphile, est d’ailleurs allé voir en séance du lendemain).
Synopsis : Il y a 14 ans, dans un violent accident de voiture dans l’île de Lanzarote, un homme (Lluis Homar) a perdu la vue mais aussi la femme de sa vie, Lena (Penelope Cruz). Sa vie se partage alors en deux parties à l’image de ses deux noms : Harry Caine, pseudonyme ludique sous lequel il signe ses travaux littéraires, ses récits et scénarios ; et Mateo Blanco, qui est son nom de baptême sous lequel il vit et signe les films qu’il réalise. Après l’accident, il n’est alors plus que son pseudonyme : Harry Caine. Dans la mesure où il ne peut plus faire de films, il s’impose de survivre avec l’idée que Mateo Blanco est mort à Lanzarote aux côtés de Lena.
Pedro Almodovar, habitué de la Croisette et de la compétition cannoise (juré en 1992, en compétition pour « Tout sur ma mère » en 1999- prix de la mise en scène -, pour « La mauvaise éducation » en 2004 –présenté hors compétition- ; pour « Volver » en 2006 –prix du scénario et d’interprétation collectif-) est, cette année reparti bredouille pour un film dont la mise en scène d’une impressionnante beauté et maîtrise, le scénario impeccable et l’interprétation remarquable de Penelope Cruz auraient pourtant pu lui permettre de figurer au palmarès, à ces différents titres.
Aussi invraisemblable que cela puisse paraître certains cinéastes ne sont pas des cinéphiles (j’aurais bien des exemples mais je m’abstiendrai) mais au même titre que Picasso maîtrisait parfaitement l’histoire de la peinture, condition sine qua non au renouvellement de son art, il me semble qu’un cinéaste se doit de connaître et d’être imprégné de l’histoire du cinéma, comme Pedro Almodovar qui, dans ce film, en plus de témoigner de sa cinéphilie livre une véritable déclaration d’amour au cinéma (il rend notamment hommage à Hitchcock, Antonioni, Malle, Rossellini… ). Et à Penelope Cruz qu’il sublime comme jamais, en femme fatale, brisée et forte, à la fois Marylin Monroe, lumineuse et mélancolique, et Audrey Hepburn, gracile et déterminée.
« Les Etreintes brisées » est un film labyrinthique d’une grande richesse : un film sur l’amour fou, le cinéma, la fatalité, la jalousie, la trahison, la passion, l’art. Un film dans lequel, à l’image du festival de Cannes, cinéma et réalité se répondent, s’imbriquent, se confondent.
La mise en abyme, à l’image de tout ce film, est double : il y a d’une part le film que réalise Harry Caine mais aussi le making of de son film. Harry Caine est lui-même double puisque c’est le pseudonyme de Mateo Blanco. Il meurt doublement : il perd la vue, la cécité étant la mort pour un cinéaste ; il perd la femme qu’il aime, une étreinte brisée qui représente la mort pour l’homme amoureux qu’il est aussi. Un film morcelé à l’image de ces photos en mille morceaux de Lena, d’une beauté tragique.
Et puis que dire de la réalisation… Flamboyante comme ce rouge immédiatement reconnaissable comme celui d’un film de Pedro Almodovar. D’un graphique époustouflant comme ce film que Mateo Blanco réalise. Sensuelle comme ces mains qui caressent langoureusement une image à jamais évanouie. Son scénario joue avec les temporalités et les genres (film noir, comédie, thriller, drame) avec une apparente facilité admirable.
Peut-être la gravité mélancolique a-t-elle désarçonnée les aficionados du cinéaste qui n’en oublie pourtant pas pour autant sa folie jubilatoire comme dans ce film dans le film « Filles et valises », hommage irrésistible à « Femmes au bord de la crise de nerfs ».
Un film gigogne d’une narration à la fois complexe et limpide, romantique et cruel, qui porte la poésie langoureuse, la beauté mélancolique et fragile de son titre, un film qui nous emporte dans ses méandres passionnées, un film pour les amoureux, du cinéma. Un film qui a la beauté, fatale et languissante, d’un amour brisé en plein vol… Un film qui a la gravité sensuelle de la voix de Jeanne Moreau, la beauté incandescente d’une étreinte éternelle comme dans « Voyage en Italie » de Rossellini, la tristesse lancinante de Romy Schneider auxquels il se réfère.
Penelope Cruz, d’une mélancolie resplendissante, pour cette quatrième collaboration, aurait de nouveau mérité le prix d’interprétation et sa prestation (mais aussi celles de tous ses acteurs et surtout actrices auxquels il rend ici hommage, parfois juste le temps d’une scène comme pour Rossy de Palma) prouve à nouveau quel directeur d’acteurs est Pedro Almodovar qui sait aussi, en un plan, nous embraser et embrasser dans son univers, immédiatement identifiable, la marque, rare, des grands cinéastes.
Un film empreint de dualité sur l’amour fou par un (et pour les) amoureux fous du cinéma… le cinéma qui survit à la mort, à l’aveuglement, qui sublime l’existence et la mort, le cinéma qui reconstitue les étreintes brisées, le cinéma paré de toutes les vertus. Même celle de l’immortalité… Un film par lequel je vous recommande vivement de vous laisser charmer et enlacer…
Sandra.M
18:48 Ecrit par Sandra.M dans COMPETITION OFFICIELLE 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, festival, etreintes brisées, almodovar, cruz |
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Le Festival de Cannes continue sur Inthemoodforcannes.com
Après quelques jours éloignée du blog pour retrouver mes esprits après cette grisante parenthèse cannoise, vous pourrez bientôt et dès aujourd'hui lire de nouveaux articles (sur In the mood for cinema mais aussi sur In the mood for Cannes) concernant ce Festival de Cannes 2009 avec pour commencer ma critique des "Etreintes brisées" de Pedro Almodovar mais aussi de "A l'origine" de Xavier Giannoli, "Visage" de Tsai Ming-Liang, "Map of the sounds of Tokyo" d'Isabel Coixet, "Les herbes folles" d'Alain Resnais etc et un nouveau bilan de ce Festival de Cannes 2009. Cette année le temps m'a manqué pour écrire aussi bien et autant que je l'aurais souhaité, je vais donc me rattraper dès aujourd'hui...
En attendant retrouvez mes anciens articles publiés sur In the mood for Cannes:
Edito "in the mood for Cannes" n°1: ce que le Festival de Cannes représente pour moi
L'ouverture du 62ème Festival de Cannes (cérémonie d'ouverture et projection de "Là-haut")
Ma journée avec L'Oréal (Martinez, projection de "Bright star" de Jane Campion...)
De battre mon coeur s'est arrêté: "Un Prophète" de Jacques Audiard...
Soirée Allociné/Philips et "Vengeance" de Johnnie To
Le Grand Journal vu des coulisses et soirée Canal + sur la plage du Martinez( Quentin Tarantino, Mélanie Laurent, Diane Krüger, Christoph Waltz...)
La leçon de cinéma des frères Dardenne au 62ème Festival de Cannes (résumé et vidéos)
Brad Pitt et Quentin Tarantino à Cannes pour "Inglourious Basterds"
Ma critique d' "Inglourious Basterds" de Quentin Tarantino: ma palme d'or du Festival de Cannes 2009
Instantané cannois: Yvan Le Bolloch et son groupe (plage du Gray d'Albion)
Instantané cannois: Jerry Lewis
Palmarès du 62ème Festival de Cannes, mes pronostics: un festival truffaldien
Palmarès du 62ème Festival de Cannes en direct de la Croisette
11:05 Ecrit par Sandra.M dans In the mood for news-Cannes 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, festival, palmarès, tarantino, almodovar |
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25.05.2009
Palmarès du 62ème Festival de Cannes en direct de la Croisette
En écrivant sur ce blog, je regarde les informations qui diffusent les images de la cérémonie de clôture à laquelle j'étais il y a quelques heures encore. Vu par le prisme de l'écran de télévision et alors que je m'y trouve encore, Cannes me paraît déjà si loin: une distance s'est déjà installée, j'émerge peu à peu de l'irréalité cannoise et la nostalgie déjà m'envahit. Comment ne pas être nostalgique après 13 jours aussi intenses dont je n'ai pu et voulu retranscrire qu'une infime part ici?
Il m'est difficile de me prononcer sur ce palmarès n'ayant pas vu le film de Michael Haneke qui a obtenu la palme d'or, ni le prix du jury ni celui de la mise en scène, ni celui pour lequel Charlotte Gainsbourg a obtenu le prix d'interprétation, en revanche l'absence de Pedro Almodovar et Elia Suleiman me semble être une aberration.
Le prix d'interprétation à Christoph Waltz ressemble davantage à un prix de consolation pour un film si magistral qu'il était difficile de ne pas le primer (mais Isabelle Huppert ne souhaitait paraît-il pas remettre de prix à Quentin Tarantino...) et alors que ce film de même que la réalisation de Pedro Almodovar aurait mérité de figurer au palmarès.
Le prix exceptionnel remis à Alain Resnais n'est que justice tant la carrière du cinéaste est à l'image de ce prix: exceptionnelle (à cette occasion, je vous proposerai bientôt sur ce blog un cycle Alain Resnais avec des critiques de films du cinéaste) et bien que "Les herbes folles" ne soit pas à la hauteur de ses précèdents films malgré sa fraîcheur étonnamment juvénile, c'est pourquoi ce prix lui seyait mieux, sans doute.
Le seul autre prix qui me réjouisse vraiment est celui attribué à "Un Prophète" de Jacques Audiard. Aurait-il eu la palme d'or si cette dernière n'avait pas déjà été française l'an passé? Il la méritait... En tout cas, le jury présidé par Isabelle Huppert, pour la distinction suprême, lui a préféré le cinéaste grâce auquel elle avait obtenu le prix d'interprétation à Cannes pour " La Pianiste." Je retournerai en tout cas voir "Un Prophète" lors de sa sortie en salles, le 26 août, loin de l'entêtante confusion de mes pensées de cette soirée du 16 mai...
Je reviendrai, à mon retour, dans deux jours, sur ce palmarès, à la fois restrictif, dispersé et finalement consensuel et peut-être même austère, et sur les films dont je n'ai pas encore écrit les critiques, lesquelles seront mises en ligne au fur et à mesure sur "In the mood for Cannes " et sur "In the mood for cinema". Je retournerai aussi voir "Les Etreintes brisées" avant de vous en parler.
Mais pour l'heure j'ai juste envie de retrouver et de savourer le silence après le tumulte, de m'adonner à la jubilation salvatrice de l'écriture, même vaine, loin de cet écran en tout cas.
Rendez-vous dans deux jours pour de nouveaux articles sur ce blog... et pour un ultime bilan de ce festival, et pour quelques remerciements en attendant de nouveaux articles.
Palme d'Or
DAS WEISSE BAND (Le Ruban blanc) réalisé par Michael HANEKE
Grand Prix
UN PROPHÈTE réalisé par Jacques AUDIARD
Prix spécial pour l'ensemble de sa carrière et sa contribution exceptionnelle à l'histoire du cinéma
Alain RESNAIS
Prix de la mise en scène
Brillante MENDOZA pour KINATAY
Prix du Jury
FISH TANK réalisé par Andrea ARNOLD
BAK-JWI (Thirst, ceci est mon sang…) réalisé par PARK Chan-Wook
Prix d'interprétation masculine
Christoph WALTZ dans INGLOURIOUS BASTERDS réalisé par Quentin TARANTINO
Prix d'interprétation féminine
Charlotte GAINSBOURG dans ANTICHRIST réalisé par Lars von TRIER
Prix du scénario
MEI Feng pour CHUN FENG CHEN ZUI DE YE WAN (Nuits d’Ivresse printanière) réalisé par LOU Ye
Le Prix Vulcain de l’Artiste-Technicien
Aitor BERENGUER, mixeur son du film MAP OF THE SOUNDS OF TOKYO réalisé par Isabel COIXET.
EN COMPETITION - COURTS METRAGES
Palme d'Or
ARENA réalisé par João SALAVIZA
Mention spéciale
THE SIX DOLLAR FIFTY MAN (L’Homme qui valait 3,5 Dollars) réalisé par Mark ALBISTON, Louis SUTHERLAND
CAMERA D'OR
SAMSON AND DELILAH réalisé par Warwick THORNTON (présenté à Un Certain Regard)
Mention Spéciale Caméra d'Or
AJAMI réalisé par Scandar COPTI, Yaron SHANI (présenté à la Quinzaine des Réalisateurs)
UN CERTAIN REGARD
Prix Un Certain Regard - Fondation Gan pour le Cinéma
KYNODONTAS (Dogtooth) de Yorgos LANTHIMOS
Prix du Jury
POLITIST, ADJECTIV (Police, Adjective) de Corneliu PORUMBOIU.
Prix Spécial Un Certain Regard 2009
KASI AZ GORBEHAYE IRANI KHABAR NADAREH (No One Knows About Persian Cats) de Bahman GHOBADI
LE PÈRE DE MES ENFANTS (Father of my children) de Mia HANSEN-LØVE
CINEFONDATION
Premier Prix de la Cinéfondation
BÁBA réalisé par Zuzana Kirchnerová-Špidlová (FAMU, République Tchèque)
Deuxième Prix de la Cinéfondation
GOODBYE réalisé par Song Fang (Beijing Film Academy, Chine)
Troisième Prix de la Cinéfondation (ex aequo)
DIPLOMA réalisé par Yaelle Kayam (The Sam Spiegel Film & TV School, Israël)
NAMMAE UI JIP réalisé par Jo Sung-hee (Korean Academy of Film Arts, Corée du Sud)
02:34 Ecrit par Sandra.M dans PALMARES 2009 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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24.05.2009
Palmarès du Festival de Cannes 2009, mes pronostics: un festival truffaldien...
Il y a 11 jours, lors de la cérémonie d’ouverture, lorsqu’il faisait référence à François Truffaut, le maître de cérémonie, Edouard Baer, n’imaginait sans doute pas à quel point l’ombre du cinéaste planerait sur ce festival… mais avant d’en venir au caractère truffaldien de ce Festival de Cannes 2009, pour moi en tout cas, et des films qui y ont été présentés, je tenais à préciser que Cannes continuera toute la semaine prochaine sur « In the mood for cinema » et sur « In the mood for Cannes » puisque vous y retrouverez de très nombreuses photos et vidéos que je n’ai pas encore eu le temps de mettre en ligne mais aussi mes critiques de « A l’origine » de Xavier Giannoli, « Les Etreintes brisées » de Pedro Almodovar, « Les Herbes folles » d’Alain Resnais, « The time that remains » d’Elia Suleiman, « Visage » de Tsai Ming-Liang etc. Vous pourrez également lire mon bilan de ce festival, et mes commentaires sur le palmarès.
Cette année, je n’ai ainsi pas eu le temps que j’aurais aimé avoir pour vous parler de chaque film mais finalement j’aime cette idée de vous en parler avec recul, loin de l’agitation, la frénésie, cette course à l’information vorace et effrénée, et parfois vaine qui règne à Cannes, et si je n’ai probablement pas eu le temps c’est sans doute, parce que, comme disait Truffaut « la vie a beaucoup plus d’imagination que nous ». Oui, décidément, la vie a été particulièrement imaginative cette année me faisant vivre un festival incroyable insolite, unique, irréel maniant les fils du hasard et du destin avec une habileté et une inventivité inégalées. Peut-être cette inventivité de la réalité est-elle la raison pour laquelle j’ai vu cette année certes de très bons films qui ne m’ont néanmoins pas enthousiasmée comme d’autres les années passées à l’exception d’ « Inglourious Basterds » (cliquez ici pour lire ma critique d' "Inglourious Basterds" de Quentin Tarantino), un film que, pourtant, je pensais détester, et qui pour moi mérite désormais la palme d’or. Le jury d’Isabelle Huppert décernera-t-il une deuxième palme d’or à Quentin Tarantino qui l’avait déjà obtenue pour « Pulp Fiction » , un cinéaste avec lequel elle a de surcroît eu quelques dissensions au moment du casting de ce même « Inglourious Basterds » ?
Avant le festival, un blogueur m’a demandé, à la simple lecture des synopsis, sans avoir vu aucun film, quel serait, selon moi la palme d’or 2009. J’avais alors nommé « The time that remains » d’Elia Suleiman. Et je le nommerai, aussi, à nouveau. Dans ce film Elia Suleiman déjà récompensé par le Festival pour « Intervention divine » (prix du jury en 2002), mêle ses propres souvenirs à ceux des membres de sa famille, dressant un portrait de la vie quotidienne de ces Palestiniens qui sont restés sur leurs terres natales et qu’on nomme « Arabes-Israéliens » vivant comme une minorité dans leur propre pays. Ce film burlesque et politique, grave et poétique, visuellement parfait (à l’image d’« Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino, « Les Etreintes brisées » de Pedro Almodovar) qui emprunte à Keaton et à Tati pourrait bien se voir couronné de la distinction suprême pour la perfection de chacun de ses plans mais aussi pour l’absurdité d’une guerre qu’il souligne à la manière de Tati, la désamorçant par la "politesse du désespoir", le rire, mais aussi par sa poésie enchanteresse. Un film pacifiste, de surcroît drôle et poétique : une palme d’or idéale non ?
Si la palme d’or est un prix cinématographique, couronnant le talent d’un cinéaste, elle est, en effet, bien au-delà de ça, le reflet d’un message adressé au monde, ou bien le reflet de ses souffrances, d’une plaie mise à nu. Et si cette palme devait être politique, alors elle reviendrait indéniablement à Suleiman. Si elle devait couronner le talent, l’imagination, la jubilation du spectateur, le plaisir (une notion parfois oubliée cette année mais que Tarantino concilie admirablement avec une exigence artistique remarquable) ce serait Tarantino.
Viennent ensuite « Les Etreintes brisées » de Pedro Almodovar et « Un Prophète » de Jacques Audiard. Le premier présente comme point commun avec le film de Tarantino d’être une déclaration d’amour fou au cinéma ( et à Penelope Cruz dont le cinéaste sublime et révèle le talent et la beauté ravageuse comme rarement un cinéaste l’a fait avec une actrice), pour certains un film moins bon que les précédents, il n’en demeure pas moins d’une maîtrise parfaite, d’un graphisme fascinant, influencé par Hitchcock, Bunuel, Rossellini (et même Truffaut par le biais de Jeanne Moreau décidément très présente dans l’esprit des cinéastes cannois, voir plus bas)… un film d’une sensualité mélancolique qui est aussi un régal de chaque instant pour les cinéphiles. Certains lui ont reproché son manque d’émotion qui à mon avis sied au contraire au caractère des personnages et montre encore une évolution dans son cinéma.
Non seulement cette mise en abyme relie le film d’Almodovar et celui de Tarantino mais aussi leurs dénouements qui se font joliment écho. Pour moi, il serait impossible que l’un et l’autre ne figurent pas au palmarès même si un prix autre que la palme d’or serait peut-être une déception pour le cinéaste espagnol dont on dit qu’il pensait déjà l’obtenir pour « Volver » (couronné d’un prix d’interprétation collectif).
Vient ensuite « Un Prophète » de Jacques Audiard, un film d’une intensité rare qui non seulement met en exergue les difficultés de vie dans les prisons, l’inhumanité qui y règne et qu’elle suscite, une plaie à vif de notre société, mais qui est aussi un divertissement. Ce sujet en pleine actualité et la maîtrise là aussi impressionnante du cinéaste pourraient lui valoir une palme d’or même si on dit sur la Croisette que deux palmes d’or françaises consécutives seraient impossibles pour deux films qui par ailleurs possèdent en commun de souligner des réalités sociales brûlantes. Il pourrait donc se voir remettre, au même titre que les films précédemment cités, le prix du jury ou le Grand prix du jury (qui en général prime l’originalité et la recherche) ou bien un prix spécial du jury et plus vraisemblablement un prix d'interprétation (voir ci-dessous).
Concernant le Grand Prix du jury, qui en général crée la surprise, le jury pourrait également primer un film plus déconcertant (et ils n’ont pas manqué pendant ce festival) à l’exemple de « Visage » de Tsai Ming-Liang, allègrement sifflé hier soir et qui a pourtant le mérite de dérouter, de nous embarquer sur des chemins inhabituels mais à Cannes l’impatience, l’exigence de l’immédiateté, le refus de laisser le temps au temps ont fait que la moitié de la salle avait quitté la projection quand la lumière s’est rallumée. Ce film est pourtant (lui aussi) un vibrant hommage au cinéma et à Truffaut (on retrouve ainsi trois de ses actrices fétiches avec une mariée non plus en noir mais en blanc, dans une scène irrésistible ; il souligne les jambes de Fanny Ardant à la manière de Truffaut dans « Vivement dimanche » et puis bien sûr la présence de Jean-Pierre Léaud, sans oublier « le tourbillon de la vie » fredonné comme si de rien n’était)… Et comme le dit Ken Loach : « Le cinéma, c’est comme le foot : quand on joue sans risque, on peut gagner mais le match sera bien vite oublié ».
Le jury pourrait également créer la surprise en remettant ce prix à « Nuit d’ivresse printanière » de Lou Ye ou à un film qui a suscité la polémique : « Antichrist » de Lars Von Trier (que je n’ai pas vu mais au cours de la projection duquel de nombreux spectateurs se sont évanouis, sans compter le réalisateur refusant de revenir dans le Grand Théâtre et s’étant enfermé dans les toilettes). Oui, Gilles Jacob avait raison : Cannes n’est pas un festival pour « les âmes sensibles ». Sa violence peut surgir, brutalement, à chaque instant.
Ce prix pourrait aussi être beaucoup plus consensuel en couronnant un film d’un classicisme irréprochable comme « Bright star » de Jane Campion, ou « Map of the sounds of Tokyo » d’Isabel Coixet, un film d’une simplicité envoûtante, ou bien encore la folie juvénile de l’octogénaire Alain Resnais dans "Les herbes folles" (là encore un film avec une mise en abyme qui pour moi s’apparente davantage à un court-métrage à chute, le cinéaste semble s’être beaucoup amusé mais ce film dont je vous reparlerai ces jours prochains est loin d’être son meilleur).
Ce prix pourrait aussi être attribué à un film de genre, le western urbain de Johnnie To « Vengeance ». Les films précités pourraient également se voir remettre un prix spécial ou une mention spéciale.
Concernant le prix du scénario : les films de Pedro Almodovar, Quentin Tarantino, Jacques Audiard ou encore celui d’Isabel Coixet (« Map of the sounds of Tokyo ») pourraient également y prétendre. Ce sont en tout cas mes favoris dans ce domaine et parmi ceux que j’ai vus. (même si d’après les échos de la Croisette « Vincere » pourrait aussi prétendre à ce prix, mais je ne l’ai pas vu…)
Enfin concernant les prix d’interprétation, pour le prix d’interprétation masculine : Tahar Rahim dans « Un Prophète », LA révélation de ce festival (ce qui serait par ailleurs un moyen de récompenser le talent de directeur d’acteurs de Jacques Audiard, et une « consolation » si ni la palme d’or ni le grand prix ni le prix du jury ne pouvaient lui être remis), Elliot Tiber pour « Taking Woodstock » (je précise que je n’ai pas vu ce film), François Cluzet dans « A l’origine », Sergi Lopez dans « Map of the sounds of Tokyo ».
Concernant le prix d’interprétation féminine : Abbie Cornish dans « Bright star » ou Penelope Cruz dans « Les Etreintes brisées » (mes choix avec Tahar Rahim dans le film de Jacques Audiard, pour le prix d’interprétation masculine). Récompenser l’actrice espagnole serait là aussi une manière de récompenser l’immense directeur d’acteurs qu’est Pedro Almodovar et empêcher qu’il ne reparte bredouille (ce qui, à mon sens, est impossible). Il pourrait également s’agir de Katie Jarvis dans « Fish tank », Charlotte Gainsbourg dans « Antichrist », Giovanna Mezzogiorno dans « Vincere » (je précise que je n’ai pas vu ces trois derniers films).
Je précise en effet à nouveau que je n’ai pas vu tous les films de la compétition et notamment le film de Michael Haneke « Le Ruban blanc » et « Vincere » de Marco Bellochio dont on dit également qu’ils pourraient figurer au palmarès (même si concernant le premier la position d’isabelle Huppert est un peu délicate puisqu’il s’agit du cinéaste qui lui avait permis d’obtenir le prix d’interprétation féminine à Cannes pour « La Pianiste ».)
Si ce festival a été pour moi une « joie » immense, à tel point que je me demande encore si qui était réel ou ne l’était pas, la réalité ayant bien souvent dépassé l(m)a fiction et me confrontant chaque jour à un choix cornélien entre la vie et le cinéma (même si les deux se subliment réciproquement, se consacrer à l'un c'est parfois oublier l'autre, aussi entremêlés soient-ils à Cannes, comme nulle part ailleurs), j’espère que le retour à la réalité ne sera pas une « souffrance ». « Les films sont plus harmonieux que la vie. Il n’ya pas d’embouteillages dans les films, il n’y a pas de temps mort » écrivait François Truffaut (citation de « La Nuit Américaine »). Ce festival qui s’est apparenté à un film, aussi a été plus harmonieux que la vie qu’il a sublimée. Sans aucun temps mort. Sans une seconde pour éprouver l’écoulement du temps. Sans une seconde pour réaliser. Pour réaliser que c’était la vraie vie. Pour réaliser que ces instants vont s’enfuir à jamais mais que leur souvenir restera, majestueux, inaltérable. Claude Sautet (que, je sais, je ne me lasse pas non plus de citer) disait que le cinéma doit « faire aimer la vie ». La vie est-elle si cruelle, insupportable pour que les cinéastes nous donnent cette année surtout envie d’aimer le cinéma ? Resnais, Tarantino, Almodovar, Tsai Ming-Liang ont ainsi signé des films de cinéastes et de cinéphiles, des mises en abyme tortueuses et savoureuses. Non, je crois surtout qu’ils avaient envie de dire qu’ils aimaient le cinéma. Passionnément. Je vous avais bien dit dans mon édito que le cinéma sortirait grand vainqueur. Quoiqu’il arrive. Viva il cinema !
A suivre sur « In the mood for cinema », « In the mood for Cannes » et « Off Cannes » (le blog d'Allociné à Cannes pour lequel j'écris également) : de nouvelles critiques de films présentés sur la Croisette, mes commentaires sur le palmarès, mon bilan de ce Festival de Cannes 2009, de nombreuses vidéos et photos inédites et des remerciements auxquels cette année tout particulièrement je tiens à consacrer un article entier.
Mes favoris de ce Festival de Cannes 2009: "Inglourious Basterds" de Quentin Tarantino, "Les Etreintes brisées" de Pedro Almodovar, " The time that remains" d'Elia Suleiman, "Un prophète" de Jacques Audiard, "Map of the sounds of Tokyo" d'Isabel Coixet .
Alors, quel(s) message(s) Isabelle Huppert et son jury veulent-ils adresser au monde et à celui du cinéma, quel(s) reflet (s) veulent-ils en donner? Réponse et analyse ce soir sur ce blog...
10:31 Ecrit par Sandra.M dans PALMARES 2009 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, festival, palmarès, tarantino, isabelle huppert, pedro almodovar, penelope cruz, françois truffaut, elia suleiman, jacques audiard, tahar rahim, françois cluzet |
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23.05.2009
Le Grand journal vu de la loge vip et la soirée Canal plus sur la plage du Martinez
Cette année, j'aurai certes et à mon grand regret vu moins de films que d'habitude (j'aurai néanmoins vu la majorité des films de la compétition officielle, ce soir ou demain matin vous pourrez bien entendu lire mes pronostics pour le palmarès qui sera décerné demain, sur "In the mood for Cannes" et "In the mood for Cinema", et ultérieurement mes critiques des films dont je n'ai pas encore eu le temps de vous parler comme "A l'origine" de Xavier Giannoli, "Les étreintes brisées" de Pedro Almodovar", "Les herbes folles" d'Alain Resnais) mais j'aurai aussi découvert de nombreuses autres facettes du Festival de Cannes... rassasiant mon insatiable curiosité, m'imprègnant plus que jamais de l'atmosphère irréelle de ce festival.
Hier soir, quand on m'a proposé d'assister au Grand Journal de Michel Denisot dans le carré vip, c'est-à-dire sous le plateau, sur la plage du Martinez j'ai d'abord hésité, ayant prévu de voir l'hommage à Fanny Ardant et son premier film en tant que réalisatrice et puis je me suis dit que l'expérience pourrait être amusante... culpabilisant un court instant de soudain, ainsi, préférer la vie au cinéma. Mais après tout c'est à travers "Nul part ailleurs" puis "Le Grand journal" que j'ai longtemps suivi ce festival alors se retrouver de l'autre coté de la barrière promet finalement d'être plutôt amusant.
Comme vous le verrez ci-dessous, j'étais aux premières loges pour saisir l'enthousiasme débordant de Quentin Tarantino (invité de Michel Denisot hier soir avec Diane Krüger, Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Jean-Marc Barr, Gaspard Noé, Anna Mouglalis, Jan kounen...). Voir les réactions en direct des invités à l'impitoyable et délectable "petit journal" de Yann Barthès était plutôt réjouissant et au moins aussi impitoyable que la chronique en question.
11:15 Ecrit par Sandra.M dans INSTANTANES, Soirées | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, martinez, quentin tarantino, le grand journal, michel denisot, mélanie laurent, diane krüger, soirée |
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La leçon de cinéma des frères Dardenne au 62ème Festival de Cannes
La leçon de cinéma fait partie de ces évènements du Festival de Cannes auquel j'assiste chaque année. Après Catherine Deneuve, Martin Scorsese et Quentin Tarantino (vous pouvez retrouver mes résumés de ces différentes master class sur "In the mood for Cannes" et/ sur "In the mood for cinema"), c'était cette année au tour des frères Dardenne de nous faire partager leur vision du septième art, comme d'habitude dans la petite (400 places) salle Bunuel qui confère toujours une certaine confidentialité à cette leçon, comme chaque année passionnante.
Après une courte présentation de Thierry Frémaux, c'est à Michel Ciment qu'est revenu le rôle d'intervieweur, plutôt facile tant les Dardenne savent partager leur passion, et semblent y prendre plaisir. Comme à chaque fois, cette leçon a été entrecoupée d'extraits ("La promesse", "Le Fils", "Rosetta", "L'enfant", "Le silence de Lorna") .
Qu'ils donnent cette leçon de cinéma à Cannes semble être une évidence tant leur histoire est indissociable de ce festival qui les a révèlés et plusieurs fois couronnés: palme d'or et prix d'interprétation féminine pour "Rosetta" en 1999, Prix d'interprétation masculine pour "Le Fils" en 2002, palme d'or pour "L'Enfant" en 2005, prix du scénario pour "Le silence de Lorna" en 2008.
Ce qui étonne d'abord c'est l'immense simplicité mais aussi complicité entre les deux frères dont les paroles jamais ne se chevauchent et dont la pensée semble être une même continuité et émaner d'une seule et même personne. Sans doute cette alchimie explique-t-elle aussi celle qui existe dans leur cinéma, c'est pourquoi aussi, ci-dessous, je citerai l'un et l'autre de manière indifférenciée.
Ils ont commencé par évoquer l'origine de ce qui est devenu par la suite leur métier, cette "impression que la vie d'adulte était ennuyeuse et qu'au cinéma la vie était plus amusante." Armand Gatti, le poète et metteur en scène avec qui ils ont débuté comme assistants les a réunis et leur a "fait croire à la possibilité de devenir vidéastes". Ils ont en effet débuté par la vidéo et le documentaire.
Pour eux faire un film c'est "savoir où mettre la caméra par rapport au corps du comédien et par rapport au décor".
Ils ne se considèrent pas comme des cinéphiles.
Ils ont également évoqué leur "goût du secret", le fait qu'un troisième regard les perturbe.
Pour eux un acteur doit en savoir le moins possible et aussi en faire le moins possible: "moins tu en dis, plus le spectateur pourra investir les choses". Il faut "toujours contredire l'acteur pour qu'il soit toujours en déséquilibre et ne s'enferme jamais dans une image de son personnage."
Ils ont également évoqué "l'importance accordée à la matérialité des objets" mais aussi le fait d'être deux qui leur permet de se "sentir comme des usurpateurs honteux": "c'est parce qu'on est deux qu'on est cinéastes parce que dans le cinéma il y a trop de bruit", ajoute l'un des deux frères avec ironie... Michel Ciment demande "pour rien?". Un sourire ironique de Jean-Pierre Dardenne répond à la question.
Enfin ils ont évoqué lechangement de style avec "Le silence de Lorna" avec un scénario plus complexe (ils ont d'ailleurs obtenu le prix du scénario pour ce film) et une caméra plus stable.
Articles connexes: Ma critique du "Silence de Lorna", ma critique de "L'enfant"
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09:39 Ecrit par Sandra.M dans LEçON DE CINEMA 2009: LES FRERES DARDENNE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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22.05.2009
La critique d’« Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino : palme d’or du Festival de Cannes 2009 ?
Bien sûr, j’ai été envoûtée par la poésie et la mélancolie sensuelles des « Etreintes brisées » de Pedro Almodovar ( sur lequel je reviendrai et avec lequel le film de Tarantino présente d’ailleurs quelques similitudes), bien sûr j’ai été enthousiasmée par la précision remarquable de la réalisation de Jacques Audiard mais le film de Quentin Tarantino est le premier de ce festival et peut-être même le premier film depuis un moment à m’avoir ainsi hypnotisée, captivée, étonnée de la première à la dernière seconde. Le premier film depuis longtemps que j’avais envie de revoir à peine le générique achevé.
Pitch : Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l’exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa ( Christoph Waltz). Shosanna (Mélanie Laurent) s’échappe de justesse et s’enfuit à Paris où elle se construit une nouvelle identité en devenant exploitante d’une salle de cinéma. Quelque part, ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis. « Les bâtards », nom sous lequel leurs ennemis vont apprendre à les connaître, se joignent à l’actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark (Diane Krüger) pour tenter d’éliminer les dignitaires du troisième Reich. Leurs destins vont se jouer à l’entrer du cinéma où Shosanna est décidée à mettre à exécution une vengeance très personnelle.
De ce film, très attendu et seul film américain de cette compétition officielle 2009, je n’avais pas lu le pitch, tout juste vu la bande-annonce qui me faisait craindre une grandiloquence maladroite, un humour douteux, voire indécent sur un sujet délicat. Je redoutais, je pensais même détester ce film et ne m’attendais donc pas à ce que la première séquence (le film est divisé en 5 chapitres qui correspondent aux parcours de 5 personnages) me scotche littéralement à l’écran dès la première seconde, à ne plus pouvoir m’en détacher jusqu’à la dernière ligne du générique.
L’un des premiers plans nous montre une hache dans un univers bucolique que la caméra de Tarantino caresse, effleure, esquisse et esquive : finalement ce simple plan pourrait résumer le ton de ce film, où la menace plane constamment, où le décalage est permanent, où toujours le spectateur est sur le qui-vive, la hache pouvant à chaque instant venir briser la sérénité. Cette première séquence dont nous ne savons jamais si nous devons en rire, ou en frissonner de plaisir (parce qu’elle est jubilatoire à l’image de tout ce film, une première séquence au sujet de laquelle je ne vous en dirai pas plus pour maintenir le suspense et la tension incroyables qui y règne) ou de peur, est sans nul doute une des plus réussies qu’il m’ait été donné de voir au cinéma.
Chaque séquence au premier rang desquelles la première donc recèle d’ailleurs cette même ironie tragique et ce suspense hitchcockien, le tout avec des plans d’une beauté, d’une inventivité sidérantes, des plans qui sont ceux d’un grand cinéaste mais aussi d’un vrai cinéphile (je vous laisse notamment découvrir ce plan magnifique qui est un hommage à « La Prisonnière du désert » de John Ford ) et d’un amoureux transi du cinéma. Rien que la multitude de références cinématographiques mériterait une deuxième vision tant l’admiration et la surprise lors de la première empêchent de toutes les distinguer.
Oui, parce que « Inglourious Basterds » est aussi un western. « Inglourious Basterds » appartient en réalité à plusieurs genres… et à aucun : western, film de guerre, tragédie antique, fable, farce, comédie, film spaghetti aussi. En fait un film de Quentin Tarantino . (« Inglourious Basterds » est inspiré d’un film italien réalisé par Enzo G.Castellari). Un genre, un univers qui n’appartiennent qu’à lui seul et auxquels il parvient à nous faire adhérer, quels qu’en soient les excès, même celui de réécrire l’Histoire, même celui de se proclamer chef d’œuvre avec une audace et une effronterie incroyables. Cela commence ainsi comme un conte (« il était une fois »), se termine comme une farce.
Avec quelle facilité il semble passer d’un ton à l’autre, nous faire passer d’une émotion à une autre, comme dans cette scène entre Mélanie Laurent et Daniel Brühl, dans la cabine de projection, une scène qui, en quelques secondes, impose un souffle tragique poignant, époustouflant, d’un rouge éblouissant. Une scène digne d’une tragédie antique.
Il y a du Hitchcock dans ce film mais aussi du Chaplin pour le côté burlesque et poétique et du Sergio Leone pour la magnificence des plans, et pour cet humour ravageur, voire du Melville aussi pour la réalisation, Meville à qui un autre cinéaste (Johnnie To) de cette compétition se référait d’ailleurs. Voilà, en un endroit tenu secret, Tarantino, après les avoir fait kidnapper et fait croire à leurs disparitions au monde entier, a réuni Chaplin, Leone, et Hitchcock et même Melville et Ford, que l’on croyait morts depuis si longtemps et leur a fait réaliser ce film qui mêle avec brio poésie et sauvagerie, humour et tragédie.
Et puis, il y a en effet le cinéma. Le cinéma auquel ce film est un hommage permanent, une déclaration d’amour passionnée, un hymne vibrant à tel point que c’est le cinéma qui, ici, va sauver le monde, réécrire la page la plus tragique de l’Histoire, mais Tarantino peut bien se permettre : on pardonne tout au talent lorsqu’il est aussi flagrant. Plus qu’un hommage au cinéma c’est même une leçon de cinéma, même dans les dialogues : « J’ai toujours préféré Linder à Chaplin. Si ce n’est que Linder n’a jamais fait un film aussi bon que « Le Kid ». Le grand moment de la poursuite du « Kid ». Superbe . » Le cinéma qui ravage, qui submerge, qui éblouit, qui enflamme (au propre comme au figuré, ici). Comment ne pas aimer un film dont l’art sort vainqueur, dans lequel l’art vainc la guerre, dans lequel le cinéma sauve le monde ?
Comment ne pas non plus évoquer les acteurs : Mélanie Laurent, Brad Pitt, Diane Krüger, Christoph Waltz, Daniel Brühl y sont magistraux, leur jeu trouble et troublant procure à toutes les scènes et à tous les dialogues (particulièrement réussis) un double sens, jouant en permanence avec le spectateur et son attente. Mélanie Laurent qui a ici le rôle principal excelle dans ce genre, de même que Daniel Brühl et Brad Pitt qui, depuis « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford », le chef d’œuvre d’Andrew Dominik ne cesse de prendre de l’épaisseur et nous surprendre.
Que dire de la BO (signée Ennio Morricone) incroyable qui, comme toujours chez Tarantino, apporte un supplément de folie, d’âme, de poésie, de lyrisme et nous achève…
Si Quentin Tarantino a déjà remporté la palme d’or en 1994 (et a notamment présidé le jury en 2004, remettant la palme d’or à Michael Moore pour « Fahrenheit 9/11 », il a également donné une leçon de cinéma l’an passé), il pourrait bien renouveler l’exploit. A défaut, il mériterait le prix de la mise en scène auquel pourraient également prétendre Jacques Audiard et Pedro Almodovar, deux films de ce point vue également parfaits... Il est en tout cas impossible qu’il ne figure pas au palmarès, même si les dissensions avec Isabelle Huppert qui avait effectué le casting pour « Inglourious Basterds » pourraient compliquer encore la tâche.
Quentin Tarantino avec ce septième long-métrage a signé un film audacieux, brillant, insolent, tragique, comique, lyrique, exaltant, décalé, fascinant, irrésistible, cynique, ludique, jubilatoire, dantesque, magistral. Une leçon et une déclaration d’amour fou et d’un fou magnifique, au cinéma. Ce n’est pas que du cinéma d’ailleurs : c’est un opéra baroque et rock. C’est une chevauchée fantastique. C’est un ouragan d’émotions. C’est une explosion visuelle et un ravissement permanent et qui font passer ces 2H40 pour une seconde !
Bref, il se pourrait bien qu’il s’agisse d’un chef d’œuvre… Je vous laisse en juger par vous-mêmes lors de sa sortie en salles le 21 août et lors de la proclamation du palmarès de ce festival de Cannes 2009 dont il est impossible qu’il ne l’honore pas… A contrario de ses « bâtards sans gloire », Tarantino mérite indéniablement d’en être auréolé ! « Inglourious Basters » était le film le plus attendu de ce festival 2009. A juste titre.
Qu’a pensé Pedro Almodovar, également présent à la séance à laquelle j’ai vu ce film ? Sans doute que tous deux aiment passionnément le cinéma, et lui rendent un vibrant hommage (la dernière réplique du film de Tarantino fait ainsi écho à celle d’Almodovar).
Cette critique est un peu courte eu égard à la richesse de ce film, j’y reviendrai donc. Pour l’heure, je me dirige vers la projection de « A l’origine » de Xavier Giannoli. Sur la Croisette il se murmure que François Cluzet pourrait bien remporter un prix d’interprétation grâce à ce film...
A suivre : la critique des « Etreintes brisées » de Pedro Almodovar, la critique du décevant et déconcertant « Les herbes folles » d’Alain Resnais, les vidéos et le résumé de la leçon de cinéma des frères Dardenne, la critique de « A l’origine » de Xavier Giannoli.
Sandra.M
09:08 Ecrit par Sandra.M dans COMPETITION OFFICIELLE 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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21.05.2009
Brad Pitt et Quentin Tarantino à Cannes pour "Inglourious basterds"
En attendant ma critique, ce soir, d' "Inglourious basterds" de Quentin Tarantino (compétition officielle 2009), un film dont je peux déjà vous annoncer qu'il est absolument magistral, pour l'instant ma palme d'or, voici, pour patienter, Quentin Tarantino et Brad Pitt (photo: inthemoodforcannes.com ).
16:53 Ecrit par Sandra.M dans INSTANTANES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, brad pitt, quentin tarantino, inglourious basterds |
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Instantané cannois: Yvan Le Bolloch et son groupe
08:08 Ecrit par Sandra.M dans INSTANTANES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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Instantané cannois: Jerry Lewis!
08:03 Ecrit par Sandra.M dans INSTANTANES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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A suivre: la leçon de cinéma des frères Dardenne
07:59 Ecrit par Sandra.M dans LEçON DE CINEMA 2009: LES FRERES DARDENNE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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"Women are heroes" coproduit par Juliette Renaud ou "la beauté de l'éphémère" (épisode 4)
Ce qui marque sans aucun doute le festivalier lors d'une première visite à Cannes, ce sont les contrastes et les paradoxes saisissants de ce festival lors duquel on peut aussi bien assister à la master class d'un réalisateur qui évoque davantage la rentabilité que la passion, l'industrie que la création puis à celle d'une passionnante productrice dont les yeux brillent d'enthousiasme et de détermination et dont la beauté du projet rendent l'agitation permanente de la Croisette soudain si désinvolte et indécente.
Ce projet, coproduit par Juliette Renaud et réalisé par JR, s'appelle provisoirement "Women are heroes" et a pour objectif de mettre en avant la dignité des femmes (au Kenya, Brésil, Soudan, Libéria, en Sierra-Leone...) en mettant en valeur leurs portraits à l'aide d'un objectif 28 millimètres puis en collant ces portraits sur les murs de leur pays. Mais c'est bien plus que cela...
Dès les premiers plans émane en effet une beauté poignante. A la fois aventure artistique et humaine, oeuvre d'art contemporain, objet filmique, "Women are heroes" est une oeuvre d'une tristesse sensuelle (aussi étonnamment que cela puisse paraître, à l'image des "Etreintes brisées" de Pedro Almodovar, dont je vous parlerai demain) qui fait surgir la poésie (notamment par des jets de couleurs sur les yeux des portraits, quelle symbole que de les éclairer et les illuminer ainsi) et "la beauté de l'éphémère", selon l'expression de la productrice Juliette Renaud.
Chaque instant est d'une majesté à couper le souffle et nous emmène si loin de Cannes, de cette superficialité que ce festival exhibe parfois, aussi.
Bunuel, Wong Kar Wai, Depardon semblent s'être réunis pour nous inviter à cette danse tragiquement onirique, sombre et rayonnante, pleine de désespoirs et si riche d'espérances.
La musique, jamais redondante, souligne l'horreur et la magnificence et contribue à faire de chaque instant de ce voyage initiatique, chaque plan, une étape époustouflante.
C'est aussi pourquoi j'aime passionnément ce festival qui permet des rencontres aussi magiques que celles-ci, que l'émotion surgisse brusquement au milieu du tumulte, que rien d'autre n'existe plus que la beauté de l'instant, de l'éphémère donc, et qu'importe peu la veille et le lendemain, le lieu et le temps, la dérision du dérisoire. Je vous l'avais bien dit: le cinéma, finalement, est toujours vainqueur...
C'était le dernier épisode consacré à mes journées en compagnie des autres blogueurs (avec Allociné et Philips) dont je vous reparlerai à la fin de ce festival. En attendant, retrouvez de nouveaux articles en direct de Cannes, jusqu'à la clôture. A suivre: la leçon de cinéma des frères Dardenne.
07:22 Ecrit par Sandra.M dans ALLOCINE ET LES BLOGUEURS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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20.05.2009
La beauté de l'éphémère (épisode 3): "Vengeance" de Johnnie To etc
Je vous avais laissé à la sortie du film de Jacques Audiard, « Un prophète » à l’issue duquel ma course effrénée a repris, cette fois pour rejoindre le groupe des blogueurs invités par Allociné et Philips à l’hôtel 3 :14, d’abord dans une sublime suite louée par Philips pour une démonstration du nouvel écran aux proportions 21/9, puis au Baron pour le dîner. Là, les étages ne portent pas de numéros mais des noms de continents auxquels s’adapte la décoration, exotique, son atmosphère ouatée nous embarquant pour un ailleurs savoureux . Après un joyeux et délicieux diner, notamment agrémenté par l’agitation permanente de notre exubérante voisine, présentatrice de télévision à ses heures… nous prenons la direction de l’extérieur de l’hôtel pour rejoindre notre voiture. Je comprends mieux pourquoi mes collègues venus de Nice avec ce même véhicule en parlaient sans cesse. Nous voilà plongés en plein film de Scorsese, ou en tout cas dans une autre (ir)réalité cannoise.
Après avoir fait déplacer quelques véhicules et CRS qui nous barraient le passage, nous voilà partis pour la villa Murano, haut lieu des soirées cannoises, dans notre véhicule improbable qui attire et attise les regards. Malgré la lenteur de notre carrosse, le trajet paraît trop court. Après avoir montré nos invitations, nous traversons la voie ferrée puis arrivons dans la fameuse villa Murano qui surplombe la somptueuse baie de Cannes. Nous y passons une petite heure à observer cette foule si éclectique et le dj qui semble avoir allègrement avoir dépassé les 70 ans mais à Cannes , je vous le disais, le temps n'existe pas ... Puis, je repars pour Cannes, cette fois en navette de la villa Murano. Malgré l’heure tardive, la foule est toujours aussi nombreuse à déambuler sur la Croisette, toujours aussi bigarrée. Et le cinéma dans tout ça me direz-vous ? C’est vrai que pour l’heure j’ai vu moins de films que les années précédentes, mais je me délecte à observer cette autre et nouvelle facette de la vie cannoise, qui fait son propre cinéma.
La journée du lendemain fut tout aussi chargée avec notamment un passage sur le marché du film pour un rendez-vous à Studio Canal et un visionnage d’un extrait d'un film d'animation puis nous voilà repartis pour notre quartier général pour une master class avec le co-réalisateur de « Vilaine », Jean-Patrick Benès.
Je passe sur cette journée (mais je reviendrai sur ce sujet ultérieurement) pour en venir à la surprise réservée par les équipes d’Allociné et Philips qui nous avaient donné rendez-vous à 18H pour une soirée mystère « en dehors de Cannes ». Je supposai que cette surprise pourrait être une montée des marches pour « Vengeance » et ne m’en réjouissais pas moins tant j’avais envie de voir ce film, et tant ce serait un plaisir de partager ces instants avec les autres blogueurs pour lesquels cette séance dans le Grand Théâtre Lumière serait une première. Notre groupe se disperse et tandis que certains se retrouvent non loin de Quentin Tarantino (et quelque chose me dit qu’ils ne s’en sont pas encore remis) ou même lui parlent ou lui serrent la main, je me plonge dans la violence lyrique du cinéma de Johnnie To.
La foule est particulièrement dense aux abords du palais, pour voir Johnny Hallyday sans doute, dont c’est le retour au cinéma après « Jean-Philippe » et « L’homme du train ». Je brûle d’impatience de voir ce film pour son influence melvillienne, étant une inconditionnelle du réalisateur du « Samouraï » et de « L’armée des ombres ». Là aussi il s’agit d’ailleurs d’une sorte de samouraï qui porte le nom de Costello comme le personnage interprété par Alain Delon dans le film éponyme. Ici le samouraï c’est donc toujours Costello c’est fois interprété par Johnny Hallyday qui vient à Hong Kong pour venger sa fille (Sylvie Testud) victime de tueurs à gages. Sur son passeport est écrit « cuisinier ». 20 ans plus tôt il était en réalité tueur professionnel. Alain Delon, initialement prévu pour reprendre le rôle de ce nouveau Costello s’est finalement retiré du projet trouvant le scénario décevant, en réalité aussi inexistant qu’abracadabrantesque et résumé dans le titre. Johnny y est hiératique, n’esquissant pas l’ombre d’un sourire (si ce n’est au dénouement). La bonne idée scénaristique était sans doute sa perte de mémoire, la vengeance devenant alors un instinct mécanique et abstrait. Certains plans d’une beauté lyrique sidérante, le mélange d’autodérision et de film noir, l’intrusion du fantastique, la non performance (à juste titre) de Johnny Hallyday amnésique procurent à ce film une singularité et un charme certains sans, évidemment, jamais atteindre le niveau du maître du polar auquel Johnnie To se réfère. Le seul prix auquel pourrait prétendre Johnnie To serait pour sa mise en scène mais de ce point de vue également le film de Jacques Audiard et évidemment celui de Pedro Almodovar (dont je vous parle demain et vous laisse une de mes vidéos de l’issue de la projection ci-dessous) le dominent largement.
A suivre : la leçon de cinéma des frères Dardenne (mon résumé et mes vidéos), « Les étreintes brisées de Pedro Almodovar », les vidéos de Pedro Almodovar et Penelope Cruz à l’issue de la projection et ma critique du film, "la beauté de l’éphémère, épisode 4 " et dernier épisode de mes pérégrinations en compagnie des autres blogueurs (vous comprendrez enfin le pourquoi de ce titre)…et de nombreux autres évènements cinématographiques et de la vie cannoise !
10:34 Ecrit par Sandra.M dans ALLOCINE ET LES BLOGUEURS, COMPETITION OFFICIELLE 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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19.05.2009
La beauté de l'éphémère (2): de battre mon coeur s'est arrêté...
Ces cinq premiers jours cannois ont ressemblé à un film. Un film aussi vertigineux que la salle du Théâtre Lumière. Aussi palpitant qu’un film de Jacques Audiard. Aussi inventif qu’un film d’Alain Resnais. Aussi poétique qu’un film de Fellini. Aussi onirique qu’un film de Burton. Et pourtant ... et pourtant ces 5 jours étaient bien réels.
Mais revenons là où je vous avais laissés, attendant mes collègues blogueurs aussi choisis par Allociné et Philips pour vivre un autre Festival de Cannes et le relater sur le blog « Off Cannes » (http://www.offcannes.com ). Après un déjeuner à l’endroit qui deviendra notre quartier général, la « plage des stars », je culpabilisais (juste un peu hein:-)) de quitter mes collègues blogueurs (avec lesquels j’aurai le grand plaisir de passer plus de temps ensuite), mais j'étais néanmoins ravie car je partais voir le dernier film de Jacques Audiard présenté en compétition officielle « Un prophète ». J’étais d’autant plus ravie que depuis son prix du meilleur scénario en 1996 pour le très percutant « Un héros très discret », ses films m’ont toujours enthousiasmée.
Après ma troisième montée des marches de ce Festival 2009, toujours ( plus que jamais) dans des conditions exceptionnelles, vraiment hors du temps, je me plonge dans l’univers, à la fois empreint de noirceur et de poésie, de Jacques Audiard. Il nous fait entrer par le trou de la serrure dans l’univers carcéral, et parvient à nous immerger dans cet univers âpre, pendant 2H30, sans jamais que nous voyions le temps passer.
Le temps, nous le passons avec Malik (Tahar Rahim), condamné à 6 ans de prison, ne sachant ni lire ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul à monde, il paraît ainsi plus jeune et plus fragile que les autres détenus. Il n’a que 19 ans. D’emblée il tombe sous la coupe d’un groupe de prisonniers corses qui fait régner la loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des « missions » il s’endurcit et gagne la confiance des Corses. Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer son propre réseau.
Quelle gageure de captiver le spectateur en l’immergeant dans un univers aussi rugueux ! Audiard y parvient pourtant magistralement sans pour autant tomber dans la facilité, et notamment pas dans l’écueil du manichéisme, nous faisant suivre pas à pas le parcours sinueux de ce détenu magistralement interprété par Tahar Rahim (une véritable révélation qui mériterait un prix d’interprétation).
Du cinéma de Jacques Audiard émane une poésie violente, à l’image de ces instants au cours desquels mon cœur de battre s’est arrêté. A l’heure où les conditions de vie dans les prisons font objet de débat, tout en étant indéniablement divertissant (De victime, Malik devient héros, même si c’est sa survie qui l’exige, un héros meurtrier), le film d’Audiard a une incontestable portée politique, chaque seconde du film démontrant à quel point la prison est devenue une micro-société où les trafics semblent se pérenniser, voire se développer. Les gardiens sont d’ailleurs très peu présents dans le film et les prisonniers semblent presque circuler à leur guise, à l’abri des regards extérieurs, là où la violence semble pourtant encore plus palpable.
Ce nouveau film « entre les murs » pourrait-il aussi avoir la palme d’or après celle, éponyme, de 2008 ? Finalement, outre le fait d’être tous deux français, ils présentent aussi le point commun de pointer le doigt sur une réalité tout en n’oubliant jamais le spectateur, une réalité (la difficulté de vie dans les prisons où se développent les trafics plus qu’elles ne réinsèrent) en pleine actualité à l’image de ce qu’était l’école, sujet principal de la palme d'or 2008 « Entre les murs ».
Audiard montre une nouvelle fois son attachement à ces personnages et l'empathie dont il sait faire preuve à leur égard et nous faire passer, aussi abîmés par la vie soient-ils, des personnages que les difficultés de l’existence transforment radicalement.
Le premier grand film de ce festival qui mêle avec brio fantasmagorie et réalisme violence et poésie noire, meurtre et rédemption, divertissement et sujet de société. Un prix du scénario (pour Abdel Raouf Dafri, scénariste du dyptique Mesrine) n’est de nouveau pas à exclure…
Ces dix minutes étaient décidément trop courtes pour vous parler de ce film et je dois désormais partir pour la leçon de cinéma des frères Dardenne alors je vous reparlerai de ce film ultérieurement et de la suite de cette soirée très « hollywoodienne » (au 3 :14, au Baron et à la villa Murano) en compagnie des autres blogueurs… mais sans nul doute, quelle qu’en soit la suite, restera le souvenir de la beauté de l’éphémère, de l’intensité du silence, de sa polysémie plus que jamais troublante, de l’ironie du destin, décidément plus imaginatif que la fiction, ou alors au point de lui ressembler. Oui, ce soir-là, de battre mon cœur s’est arrêté…
A suivre : outre le récit de cette soirée et "la beauté de l'éphémère: épisode 3", la critique de « Vengeance » de Johnnie To, des master class, la leçon de cinéma des frères Dardenne, « Les étreintes brisées », la plage Orange, la plage Majestic 62, Jerry Lewis, Yvan Le Bolloch dans un concert impromptu … et de nombreux autres évènements!
12:04 Ecrit par Sandra.M dans ALLOCINE ET LES BLOGUEURS, COMPETITION OFFICIELLE 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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La beauté de l’éphémère (1)… : ma journée avec L’oréal (suite)
Hier, il a neigé sur la Croisette… C’est finalement ce que j’ai vu de plus banal ces 5 derniers jours, l’improbable étant devenu la norme.
Comment résumer ces 5 jours si riches en émotions, en évènements, en cinéma, en rencontres, en instants irréels, réellement cinématographiques, à tel point que je n’ai pas eu le temps d’écrire, à tel point que j’ai préféré la vie à son récit, sa fiction, pourtant si indissociablement liés, enchevêtrés, parfois avec une ironie diabolique… oui, j’ai découvert une nouvelle facette de Cannes où tout semble joyeux, passible, irréel, où la vie, réellement « passe comme un rêve ». 5 jours qui équivalent à une seconde ou un an. Le temps n’existe plus, s’est même arrêté un instant, le temps d’un cliché sur tapis rouge, puis a repris sa course effrénée, laissant son illusion d’éternité. Je retrouve aujourd’hui avec plaisir la mélodie du silence et des mots pour vous raconter même si je n’aurai à nouveau pas autant de temps que je l’aurais souhaité, mais en tout cas, désormais, les articles seront de nouveau quotidiens sur Inthemoodforcannes.com, Inthemoodforcinema.com et aussi sur offcannes.com sur lequel je vais également continuer à écrire.
Grâce au concours de blogs remporté par Inthemoodforcannes.com l'an passé, je devais donc passer cette journée du 15 mai en compagnie de L'Oréal...
Tout a commencé par une voiture officielle du Festival qui est venue me chercher pour m’emmener au Martinez. Et puis ensuite les journées, les nuits, le cinéma, la réalité se sont enchaînés et confondus dans un ballet grisant. L’accueil de l’équipe L’Oréal, la présentation aux inénarrables journalistes de la presse féminine avec lesquelles je passerai cette journée l’oréalesque, le déjeuner au Carlton (au lieu du restaurant de plage du Martinez, pour cause de pluie) dans une salle presque vide à la table à côté de celle de Jane Campion (tout de même) à l’image de ses précédents films, d’une étrange grâce intemporelle, Abbie Cormish, Ben Whishaw , un jeune homme dont ma voisine intarissable m’apprend qu’il s’agit de Ryan Philippe, et non loin d’Eva Longoria (contre laquelle mon autre voisine journaliste ne cessera de pester pour avoir vue son interview annulée au dernier moment) et Tony Parker. Retour au Martinez pour attendre la maquilleuse de L’Oréal et le coiffeur de Jacques Dessange. L’ambiance est joyeuse et décontractée (merci encore à mes deux amies qui se reconnaîtront, c’était formidable de partager ces instants insolites avec vous). La conversation est tellement joyeuse que nous ne voyons pas l’heure passer.
J’apprends justement que Ben Wishaw, l’acteur principal du film de Jane Campion « Bright star » vient d’être coiffé par la même main, juste avant moi, et puis surtout je pose plein de questions sur le festival auxquelles ma coiffeuse répond avec gentillesse, se mêlant à notre joyeux brouhaha. C’est passionnant et oserais-je dire (oui, oui, j’oserai ) beaucoup plus que la conversation de certaines journalistes avec lesquelles j’ai déjeuné (pas toutes, j’ai été ravie de faire connaissance avec certaines d’entre elles dont ma voisine qui se reconnaîtra, je pense).
Soudain, une des attachées de presse de l’Oréal entre en trombes dans la chambre. Le ciel semble lui être tombé sur la tête, la catastrophe paraît imminente. Un être mystérieux la presse au téléphone de m’emmener de gré ou de force. Il faut se dépêcher, les autres m’attendent, les voitures sont sur le point de partir et nous devons impérativement partir avec le reste de l’équipe L’Oréal. La coiffeuse remet à la hâte les dernières mèches, je voudrais avoir le temps de la remercier mais déjà on m’entraîne dans les couloirs du Martinez pour une course échevelée (enfin heureusement uniquement au sens figuré). Nous croisons Franc Dubosc qui se fait prendre en photo dans des poses très jamesbondesques mais je n’ai pas le temps de m’attarder sur cette image plus cocasse que glamour qu’on m’engouffre dans l’ascenseur avant de me refaire prendre ma course dans le hall du Martinez, jusqu’au bar où devait se dérouler le cocktail. Les sept journalistes avec lesquelles j’ai déjeuné m’attendent et devant nous Eva Longoria tente de rentrer dans sa voiture sous une nuée de flashs qui nous éblouissent nous aussi. On nous attribue un numéro de voiture. La mienne se trouve juste derrière celle d’Eva Longoria. Nous montons dans notre voiture à la hâte, et roulons ainsi au pas, jusqu’au bas des marches. C’est étrange de voir la foule, vorace, ainsi se presser contre la vitre, avide d’un regard. L’actrice dont j’ignore le nom qui est aussi dans ma voiture semble aux anges pour sa première montée des marches. Eva Longoria et Tony Parker descendent de la voiture juste devant nous pour signer des autographes puis on nous ouvre la portière et nous attendons puis gravissons les marches juste derrière eux parmi les cris stridents, violents parfois même, des photographes. L’actrice « de la voiture » dont évidemment j’ignore toujours le nom replace une de mes mèches rebelles, comme si la montée des marches devait créer une complicité, ou du moins en donner l’impression, se disant sans doute que ce geste à la fois faussement nonchalant et sympathique serait très photogénique, ou peut-être tout simplement très heureuse d’être là.
Et puis je retrouve cette salle que je connais si bien, et le cinéma, enfin. La lumière s’éteint. J’apprécie le silence après l’euphorie. Je me plonge dans l’univers, plus doux et policé, de Jane Campion que j’attendais si impatiemment. Le début me déroute. Cette histoire avait tout pour me plaire mais ce récit des amours contrariées du jeune poète anglais John Keats et de sa voisine Fanny Brawne peine à m’embarquer. Jane Campion vous nous parler de fièvre ( de la passion et de la création) mais son film en est malheureusement dépourvu. Ce qui aurait pu (et sans doute voulu) être une retenue devient tellement lisse que cela me laisse à distance, pourtant j’aurais aimé me laisser emporter par cette histoire, par leurs élans passionnés et leurs désirs contrariés. Les obstacles à l’histoire d’amour des deux protagonistes sont finalement assez flous, les personnages secondaires trop esquissés pour être crédibles. Abbie Cormish y met beaucoup de conviction, mériterait un prix d’interprétation, sans nul doute. La caméra, pourtant si sensible, presque caressante, de Jane Campion est appliquée mais je n’arrive pas à être touchée par ses personnages, à croire à leurs sentiments. Restent les mots de John Keats d’une mélancolie envoûtante, à l’image de ce que j’aurais rêvé que soit ce film, à l’histoire si prometteuse. La photographie est certes empreinte de cette retenue à la fois lumineuse et sombre, et de mélancolie mais pas assez pour que nous éprouvions l’amour douloureux des protagonistes, ni cette passion qui les prive de liberté.
Contrairement à ses films précédents et bien que les sentiments qui envahissent les deux personnages principaux soient intemporels, le film a aussi un aspect suranné malgré la poésie qui surgit parfois, comme tous ces papillons qui envahissent la chambre de Fanny faisant écho aux vers de John Keats :
« Je rêve que nous sommes des papillons
N’ayant à vivre que trois jours d’été.
Avec vous ils seraient plus plaisants
Que cinquante années d’une vie ordinaire »
Je repense à ma voisine de projection qui le midi même avait affirmé, péremptoire, visiblement très fière de partager cette "découverte"(ou du moins ce qui pour elle semblait l’être) que l’art, selon sa définition devait être intemporel. Ce film ne sera certainement pas pour elle un chef d’œuvre…
Puis revenant dans le prosaïsme du XXIème siècle, quoique… nous reprenons les voitures officielles, direction le Majestic pour le dîner. Tandis qu’une des convives continue d’évoquer son sujet favori, elle-même, ma voisine me parle de son émotion, les yeux encore rougies, que lui a provoqué le film de Jane Campion. Je m’en veux presque de n’être pas émue. Peut-être aussi, parce que je suis là et ailleurs, à penser à la beauté ironique du destin qui fait se rejoindre ma fiction et la réalité, à penser que je n’ai peut-être pas tort de rêver toujours à l’impossible, aussi déraisonnable soit-il. Puis, je me paie le luxe de refuser d’aller à la soirée Canal plus (à la villa Doumergues ou de Mai, je n’ai pas bien compris) pour me retrouver avec le silence de mes pensées enivrantes, après une dernière séance photo dans le hall du Martinez et avant d’y passer la nuit.
La nuit sera courte et après un petit déjeuner au Martinez, une voiture officielle m’attend pour me ramener à mon hôtel car déjà ces mésaventures à peine terminées d’autres m’attendent puisque 3 heures plus tard mes camarades blogueurs sélectionnés comme moi pour vivre 3 jours à Cannes, avec Allociné et Philips, vont bientôt arriver. Je les attends avec impatience, ayant hâte de faire leur connaissance pour certains, de les retrouver pour d’autres. Je n’imaginais pas alors à quel point ces trois jours, aussi, seraient inoubliables…
Avant de partir vers d’autres aventures, je repense aux signes du destin en redoutant aussi leur cruauté, et je repense à cette journaliste également invitée par L'Oréal qui a demandé à sa collègue, avec le plus grand sérieux du monde si elle parlait autrichien, ce à quoi son interlocutrice a rétorqué qu’en effet elle parlait… allemand. Je crois qu’à cet instant, au moins, la perplexité lui aura fait oublier le refus d’Eva Longoria…
Je vous parlerai de nouveau de cette journée dans mon compte rendu final du festival. Vous pouvez retrouver les photos et vidéos dans l'article ci-dessous. D'autres viendront les rejoindre...
10:02 Ecrit par Sandra.M dans COMPETITION OFFICIELLE 2009, CONCOURS DE BLOGS L'OREAL PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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17.05.2009
Le festival "passera comme un rêve"...éveillé
Il vous faudra encore attendre quelques heures encore avant d’avoir le récit de ces journées improbables : du Baron à la villa Murano, d’un concert gitan imprévu d’un certain Le Bolloch, d’un fim choc d'un certain Audiard nommé « Un prophète », de la déception Campion, de notre limousine improbable, du Carlton au Martinez, de ces heures hors du temps, où la vie dépasse la fiction, où la fiction la sublime, où le rêve dévore la vie, de cette envie plus que jamais viscérale d'écrire, bref le premier jour du reste de ma vie. Dès que j’aurai les deux heures nécessaires pour vous parler de ces instants magiques comme il se doit, ici et sur le blog d’Allociné « offcannes.com » sur lequel vous trouverez déjà quelques uns de mes articles et ceux de mes charmants collègues du club 30O d'Allociné.
09:56 Ecrit par Sandra.M dans In the mood for news-Cannes 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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16.05.2009
Ma journée avec L'Oréal: insolite et unique...
J'enrage de n'avoir que 10 minutes devant moi et donc de ne pas avoir le temps de vous raconter cette journée d'hier, pour moi exceptionnelle, à tant d'égards. Une journée d'émotions, insolite et unique, qui "fait passer la vie comme un rêve" comme dirait Gilles Jacob, alors...une fois n'est pas coutume, le récit est reporté pour ne vous laisser pour le moment que quelques photos, en guise de bande-annonce. Voici donc, ci-dessous, quelques photos et vidéos avant d'en avoir le récit et bien sûr la critique du film de Jane Campion... Les vidéos sont très courtes, j'ai prréfèré vivre l'instant plutôt que l'immortaliser et difficile de filmer dans une telle effervescence où le temps s'emballe, mais je vous raconterai...
11:49 Ecrit par Sandra.M dans CONCOURS DE BLOGS L'OREAL PARIS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, l'oréal, longoria |
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14.05.2009
L'ouverture du 62ème Festival de Cannes
Un an. Un an déjà. Un an que je me trouvais dans cette même salle du Grand Théâtre Lumière, alors pour l'ouverture du 61ème Festival de Cannes. Toujours aussi vertigineuse. Ou peut-être était-ce hier : le présentateur est d’ailleurs toujours le même, avec son air et ce ton si particulier, faussement nonchalants, d’une légèreté gravité ou d’une gravité légère, un oxymore à lui tout seul d’ailleurs. Tête d’oxymore, voilà une qualification très baerienne. Il y a un an disais-je. Il y a un an déjà : cette même sensation que cela durerait éternellement, cette belle parenthèse, le doux miroir de mes rêves pour paraphraser une chanson à l’honneur lors de cette ouverture. Oui, alors peut-être bien était-ce hier, peut-être que les 365 autres jours n’ont existé que dans mon esprit, que je n’ai jamais quitté ce lieu qui, en une seconde, peut vous saisir d’émotion sans doute en raison de « la force si perceptible en ce lieu du cinéma, notre art » pour reprendre les termes de la présidente de cette édition 2009, Isabelle Huppert. Elle aussi était légèrement grave. La voix qui trahissait une émotion à peine audible mais bel et bien là, une voix assurée sans être arrogante, une voix qui sera celle du cinéma, et peut-être au-delà, du monde et de ses rêves et de ses tourments, par le nom qu’elle prononcera dans 10 jours. 10 jours qui vont « rendre fantastique le réel », 10 jours à l’oublier ce réel, 10 jours à le transcender. 10 jours à découvrir des films magistraux à voir les extraits des films en compétition projetés hier soir. Chacun contenait déjà la promesse d’un grand moment de cinéma. Grâce à des cinéastes obstinés, libres, imaginatifs, intelligents, fous qui, selon Isabelle Huppert citant Fellini, nous diront qui « nous sommes et qui nous serons » même si peut-être ce festival nous le fera parfois oublier, chacun jouant ici à être quelqu’un d’autre, jouant avec l’image, avec son image, avec les images.
Sean Penn nous avait promis une palme d’or politique. Isabelle Huppert nous parle du « cinéma comme une machine de vérité ». La vérité est-elle toujours politique ? L’est-elle toujours à Cannes, en tout cas ? Réponse dans 10 jours. Après cette « fête en larmes ». Cette « joie et cette souffrance ». Edouard Baer a bien fait de citer Truffaut. Oui, hier je disais aussi que le cinéma était une joie. Mais comme toute passion, aussi cinématographique soit-elle, c’est une joie et c’est aussi une souffrance. Une fête en larmes, il nous l’a bien dit. Même si elles seront de crocodiles pour certains. Parce que la machine de vérité sera probablement plus présente sur les écrans cannois que sur la Croisette, comme toujours.
Et puis… et puis la voix de Bryan Ferry a retenti, et on a tout oublié : la joie, la souffrance, Fellini, Truffaut, la salle vertigineuse pour se laisser porter par cette voix, cet air envoûtant, si cinématographique, mélancolique, une joie et une souffrance qui nous fait revenir à Truffaut finalement, une voix qui nous a portés donc comme je me laisserai porter pendant ces 10 jours sans doute, avant de réaliser que le rêve était éveillé, évidemment lorsqu’il sera trop tard.
Après ? Après vous savez : Charles Aznavour et Hafsia Herzi ont déclaré ouverte cette 62ème édition. Et puis après, encore, quand pour vous le rideau est tombé, Thierry Frémaux est monté sur scène, avec son enthousiasme toujours aussi débordant et communicatif, et accessoirement ses lunettes pour la projection en 3D de « Là-haut », le film d’animation des Studios Disney-Pixar qui sortira en salles le 29 juillet prochain, un film scénarisé par Pete Docter et Bob Peterson, et produit par Jonas Riviera et John Lasseter. « Là-haut » est ainsi le premier dessin animé à être projeté en ouverture du Festival de Cannes, et aussi le premier à être projeté en 3D dans le grand théâtre Lumière (d’où ces lunettes si seyantes, je vous rassure ainsi, ou pas : ce n’est pas le remède à une cataracte précoce…).
Dans « Là-haut », un vieux monsieur bougon qui a toujours rêvé de partir à l’aventure, s’y résout, après le décès de sa femme. Il part en Amérique du Sud, avec sa maison qui vole, entraînée par des ballons multicolores, accompagné d’un jeune scout. Evidemment l’un et l’autre vont s’enrichir et grandir grâce à cette rencontre et à cette aventure jalonnée d’animaux truculents. Un film qui ressemblait finalement beaucoup à ce Festival. Un conte initiatique. Cannes ne l’est-il pas aussi ? Initiatique, en tout cas. Une histoire qui nous emmène au-dessus du monde, nous fait voler, rêver, certes mais peut-être pour mieux le voir et le regarder, ce monde. Une histoire qui nous dit qu’il n’y a pas d’âge pour réaliser ses rêves aussi fous ou démesurés soient-ils. Une idée judicieuse donc pour cette ouverture. Un film qui, certes, n’a pas déchainé l’enthousiasme des festivaliers à l’issue de la projection, mais qui les fait commencer ce festival avec optimisme, des ballons multicolores plein les yeux, l’envie de dévorer l’existence et ses rêves.
Le passage muet et si parlant est magnifique, le visuel est irréprochable, c’est drôle et touchant, sans être simpliste ou trop moralisateur, même si cela captivera sans doute plus les petits que les grands… Espérons en tout cas que ce festival nous emmènera aussi haut et loin que Carl, ce jeune homme de 78 ans (dont la voix française est celle d’un autre jeune homme de 84 ans, Charles Aznavour que nous n’avons malheureusement pas entendu accompagner « She » avec Bryan Ferry comme c’était apparemment prévu, comme quoi la magie est unique et imprévisible, comme celle du tourbillon de la vie de Jeanne Moreau et Vanessa Paradis). A suivre sur « In the mood for Cannes » avec, pour commencer aujourd’hui « Nuits d’ivresse printanière » du chinois Lou Ye.
Vous pourrez revoir l’intégralité de cette cérémonie sur le site officiel du Festival: http://www.festival-cannes.com .
Mes vidéos (pardon pour la mauvaise qualité et les mouvements un peu brusques, je ferai mieux la fois prochaine...):
L'arrivée de l'équipe de "Là-haut" dans la salle du Grand Théâtre Lumière:
La tête d'oxymore présente la cérémonie d'ouverture:
Madame la Présidente: Isabelle Huppert
Bryan Ferry interprète "She"... et la magie opère...
Charles Aznavour et Hafsia Herzi déclarent le 62ème Festival de Cannes ouvert
10:15 Ecrit par Sandra.M dans OUVERTURE 2009 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, ouverture, cannes, festival, bryan ferry, aznavour |
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13.05.2009
Edito "In the mood for Cannes" n°1: ce que le Festival de Cannes représente pour moi...
Dernier article avant d'arriver sur la Croisette sur le chemin de laquelle je serai quand cette note sera mise en ligne!
Le prochain article sera publié en direct de Cannes, ce soir...
A la demande d'Allociné (pour son site "Off Cannes" dont je vous communiquerai le lien cette semaine), un article medley "in the mood for Cannes" sur ce que représente le Festival de Cannes pour moi, un article à la suite duquel vous aussi, dans les commentaires, pouvez bien entendu écrire ce que le Festival de Cannes représente pour vous.
Ce que le Festival de Cannes représente pour moi (notamment...):
Avant d’en fouler les célébrissimes marches, pour la première fois, il y a neuf ans déjà (j’avais alors été sélectionnée pour le prix de la jeunesse du Ministère de la Jeunesse et des Sports, avec 39 autres jeunes cinéphiles qui, eux, en revanche, n’étaient pas des marches, ce qui, vu leur nombre, aurait procuré une allure hitchcockienne à cette aventure), Cannes représentait pour moi une mythologie inaccessible, l’image d’Epinal d’un festival idéalisé à travers le petit écran qui me renvoyait le cliché insaisissable et majestueux d’un cénacle impénétrable (aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours regardé les cérémonies d’ouverture et de clôture, et l’annonce de la sélection cannoise, avec un vif intérêt), idéalisé comme un diamant pur et étincelant (j’ignorais alors que le diamant, en plus de briller, fasciner, peut dangereusement éblouir et surtout couper, blesser). Cannes représentait alors pour moi cet endroit mythique où le cinéma est omniprésent, omniscient, omnipotent même. La fête du cinéma. De tous les cinémas. Des cinémas du monde entier. Le miroir grossissant et informant du monde, déroutant parfois aussi. Le reflet de ses colères, de ses blessures, de sa poésie. C’était Cannes qui brandit le poing comme Pialat. Cannes qui embrasse, complimente et encense comme Benigni. Qui émeut aussi, violemment même parfois. Cannes, tourbillon de la vie, envoûtant comme la voix de Jeanne Moreau. Tourbillon de cinéma aussi, évidemment. Cannes et ses rituels, sublimes et parfois ridicules, futiles et nécessaires, dérisoires et essentiels.
Et désormais ? Désormais, Cannes, c’est pour moi cette bulle d’irréalité où les émotions, les frustrations, les joies réelles et cinématographiques, si disproportionnées, procurent un sentiment d’éternité fugace et déroutant. Désormais, Cannes, c’est aussi une Croisette insolemment insomniaque où se frôle, se heurte une faune inénarrable et volubile, une foule bigarrée aux déambulations unanimes. Cannes, c’est ce va-et-vient incessant de festivaliers exaltés, harassés, excessifs, cyniques, désinvoltes, las, aveugles et sourds à tout ce qui se déroule hors les murs de la Croisette.
Cannes, cet animal sauvage palmé, mystérieux et indomptable, qui en a perdu certains et tant à force de les éblouir, les fasciner, les aliéner. Jeu dangereux avec lequel, là plus qu’ailleurs, les personnalités peuvent prendre des reflets changeants, finalement éclairants, révélant le portrait de Dorian Gray en chacun.
Ne vous méprenez pas: malgré la noirceur, ou plutôt la lucidité du tableau, j’y vais avec un enthousiasme inégalé, une curiosité inextinguible pour le cinéma et la vie qui s’y entremêlent, s’y défient et entrechoquent, étrangement et parfois même sublimement, l’espace d’un inestimable instant, lequel instant sublime, à lui seul, éclipse alors le souvenir amer de la foire aux vanités que Cannes est aussi. C’est en effet parfois le culte du dérisoire qui y devient essentiel mais qui, à y regarder de plus près, le révèle aussi, si bien ou si mal, cet essentiel.
Et puis évidemment on aurait presque tendance à l’oublier: il y a aussi le cinéma presque dissimulé derrière tous ceux qui font le leur, le cinéma si multiple, si surprenant, si audacieux, si magique encore et plus que jamais, à Cannes, plus qu’ailleurs. D’ailleurs, à Cannes, tout est plus qu’ailleurs. Les émotions. Le soleil. Les solitudes qui se grisent et s’égarent et se noient dans la multitude. Les soirées sans fin, sans faim à force d’être enchaînées pour certains. La foule si pressée et atypique du festival qui, mieux que nulle autre, sait être passionnément exaltée et aussi impitoyable avec la même incoercible exaltation.
Cannes, c’est aussi cet endroit où on ne cesse d’être surpris, de s'acharner à ne pas le paraître, même si d'autres sont vraiment blasés, tristement: valse troublante des apparences que Cannes exhale et exhibe, adore et abhorre. Cannes décidément si versatile et éclectique. A Cannes, nous sommes tous des enfants gâtés, capricieux qui oublions le lendemain, qui oublions que tout doit finir un jour, que la vie ne peut être une fête et un spectacle et une histoire et une nuit sans fin.
Cannes passionnément : tour à tour haïssable et adorable donc. Effrayante et fascinante. Là où la réalité titube, où la vie virevolte. Cannes hiérarchique et arrogante où, soudain, subrepticement, magnifiquement, surgissent des instants de grâce. Cannes et ses applaudissements effrénés, ses réactions exacerbées, ses émotions démultipliées, ses regards parfois blasés, harassés, rassasiés. Rassasiés de feindre d’être blasés. Rassasiés d’images. Rassasiés d’hypocrisie, là où, aussi, pour paraphraser Molière, elle est « un vice à la mode » et, là où aussi, elle « passe pour vertu ». Ou, comme le mien, captivé et curieux, le plus souvent.
Cannes et sa frénésie : de fêtes, de bruit, de rumeurs, de scandales, de cinéma, surtout, malgré tout. Cannes effervescente qui s’enivre de murmures, qui se grise de lumières éphémères, qui s’en étourdit oubliant presque celles du Septième Art. Cannes magique, insaisissable. Cannes versatile. Cannes excessive. Cannes qui ne connaît pas la demi-mesure dans la majesté comme dans la brutalité, dans le rêve comme dans le cauchemar, mais c’est aussi ce qui rend ce festival irrésistible et unique.
Cannes prompt à magnifier ou détruire. A déifier ou piétiner. Cannes où des rêves achoppent, où des illusions se brisent, où des projets s’esquissent, où des carrières s’envolent, où des films vous éblouissent, où des regards étincellent, où des cinéastes émergent, se révèlent au monde, nous révèlent un monde. Le leur. Le nôtre. Cannes et sa palme. D’or et de bruit et de lumières. Tonitruante, retentissante, scintillante. Cannes aux intentions pacifistes, aux débats presque belliqueux. Cannes paradoxale. Multiple et unique. Lumineuse et violente. Inimitable.
Cannes, aussi, surtout, le plus grand festival de cinéma au monde que j’aime passionnément, où j’ai tant de souvenirs inénarrables et inoubliables : j’y ai ainsi découvert des cinéastes comme Alexandre Sokourov, Nuri Bilge Ceylan, Park Chan-wook, Paolo Sorrentino, James Gray, Fatih Akin et tant d’autres ; j’y ai vécu des instants de cinéma uniques comme les projections d’ « Elephant » de Gus Van Sant, de « L’enfant » des frères Dardenne, du « Pianiste » de Roman Polanski, d’ « Entre les murs » de Laurent Cantet, dans le vertigineux Grand Théâtre Lumière ; j’y ai assisté à la si émouvante cérémonie des 60 ans du festival ; j’y ai assisté aux passionnantes leçons de cinéma de Catherine Deneuve, de Martin Scorsese et de Quentin Tarantino ; j’y ai revu le burlesque et irrésistible « Mécano de la Général » de Buster Keaton ; j’y ai découvert des films saisissants comme « Je veux voir » de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige ; j’y ai croisé Pedro Almodovar et ses actrices auréolées d’un prix d’interprétation lors d’un moment improbable et magique ; j’y ai vécu de formidables frissons cinéphiliques. De bonheur. D’effroi. D’émotion. De tension.
Cannes où, pour paraphraser Gilles Jacob dans son autobiographie, cette année plus que jamais la « vie passera comme un rêve », Cannes qui, pourtant, n’est « pas un paradis pour les âmes sensibles » : Cannes qui marie si bien les paradoxes. Cannes dont j’attends avec une impatience fébrile et grandissante cette 62ème édition avec sa myriade inégalée ( ?) de grands réalisateurs : Almodovar, Resnais, Haneke, To, Campion, Lee, Audiard, Loach et tant d’autres, mais aussi tous ceux, inconnus et non moins talentueux peut-être, que ce festival me fera découvrir!
Alors… quand retentira la musique de Saint-Saëns, indissociable de ce festival, réminiscence de tant de souvenirs, ceux de mon enfance à travers l’écran et ceux de mon irréelle réalité, je sais déjà qu’une irrépressible émotion s’emparera de moi, je sais que Cannes m’emportera dans son tourbillon éblouissant et terrifiant, je sais, surtout, après tout, que le cinéma, toujours, finira pas triompher.
Sandra.M
08:00 Ecrit par Sandra.M dans EDITORIAUX | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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12.05.2009
"In the mood for Cannes", j-1: mon programme
Je vous rappelle qu’à partir de demain soir, vous pourrez me suivre en direct de Cannes, pour l'ouverture de cette 62ème édition, et cela jusqu’à la clôture, le 25 mai, pour ce festival qui s’annonce pour moi exceptionnel, pas seulement en raison de sa compétition dont le programme est particulièrement réjouissant.
Vous pourrez ainsi me suivre sur « In the mood for Cannes » et « In the mood for cinema » mais aussi sur Twitter ( http://twitter.com/moodforcinema ) et sur le Groupe Facebook d’In the mood for Cannes, ainsi que sur le site off Cannes d’Allociné (dont je n'ai pas encore l'adresse, je vous la transmettrai dès que ce sera le cas).
Même si mon programme, comme chaque année, se fera au jour le jour, je sais néanmoins d’ores et déjà que le 15, je passerai ma journée en compagnie de l’équipe L’Oréal (au Martinez notamment) et que le soir nous monterons les marches pour « Bright star » de Jane Campion. (Cette journée étant très chargée, il est fort probable que le compte rendu de cette journée sera mis en ligne le lendemain soir, au plus tard et que les 15 et 16, les articles se feront également plus rares mais ce n’est que pour publier davantage ensuite).
Les 16 et 17, je serai reporter pour Allociné (sur le blog Off Cannes), mais je continuerai bien entendu à publier en parallèle sur ce blog, quotidiennement, dans la mesure du temps que me laissera la frénésie cannoise.
Je peux par ailleurs d’ores et déjà vous annoncer que vous retrouverez de nombreux évènements cannois sur ce blog, aussi bien cinématographiques que festifs.
L’actualité autre que cannoise reviendra le 27 mai, sur « In the mood for cinema ». En attendant, vous pouvez retrouver ma critique de « Millenium » de Niels Arden Oplev, qui sort en salles demain (ainsi que les vidéos de l’avant-première sur les Champs Elysées) en cliquant ici.
J'en profite aussi pour vous signaler que le concours pour gagner une place pour deux pour l'avant-première de "Tellement proches" au Forum des Images, en présence de l'équipe du film, le 20 mai, est prolongé jusqu'à dimanche 17 mai. Cliquez ici pour savoir comment tenter votre chance!
Rendez-vous demain soir en direct de Cannes, et n’oubliez pas de suivre la cérémonie d’ouverture sur Canal plus (en clair, à partir de 19H15).
Vous constaterez que pour l’occasion mon blog « In the mood for Cannes » a changé de design ( ce sera bientôt le tour de mes deux autres blogs inthemoodforcinema.com et inthemoodfordeauville.com ), j’espère qu’il vous plaira. En tout cas merci beaucoup à l’équipe de Hautetfort pour leur précieuse aide technique.
09:55 Ecrit par Sandra.M dans In the mood for news-Cannes 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, blog, in the mood for cannes, allociné, l'oréal, ouverture, canal plus |
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11.05.2009
Pour suivre le 62ème Festival de Cannes: web, tv, presse, radio
Pour suivre le 62ème Festival de Cannes le mieux possible, je vous propose ci-dessous une liste (sans doute non exhaustive, mais qui sera complètée au fur et à mesure) de sites internet, de blogs, d'émissions tv et de radio, et de journaux...
Le 62 ème Festival de Cannes sur le web
-Vous pourrez bien évidemment suivre ce Festival sur mon blog principal "In the mood for cinema" et bien sûr sur "In the mood for Cannes", du 13 au 25 mai 2009. Vous pourrez également me suivre sur le site "Off Cannes" avec Allociné, à partir du 16 mai, (j'y reviens ci-dessous) mais aussi sur mon twitter et sur le groupe facebook d'Inthemoodforcannes.com .
- Pendant toute la durée du Festival, vous pourrez donc suivre cette 62ème édition sur le site "Off Cannes" (je n'ai pas encore l'adresse mais vous la communiquerai dès que ce sera le cas) le site d'Allociné regroupant les contenus non officiels sur le festival (émissions vidéos, articles, photos...). Le premier week end du festival, vous retrouverez sur ce site les articles des 7 blogueurs membres du club 300 sélectionnés et qui sont donc: In the mood for cinema, Lyricis, FilmGeek, Buzz my Geek, In bed with Kinoo, Angie Sweet's Home , Oh my bloogness!. Puisque d'Allociné, il est question, j'en profite pour vous recommander leur autre site consacré au Festival de Cannes 2009.
-D'autres blogueurs seront également présents sur la Croisette, pour une partie ou pour la totalité du Festival: Yes we Cannes, Cannes 2009 en live!, Cinemaniacannes, Tadah! blog, Boulevard du cinéma, L.aime le cinéma, Une dernière séance,
-Evidemment, je vous recommande l'excellente nouvelle version du site officiel du Festival de Cannes. Vous pourrez y suivre le quotidien du festival et avoir de nombreuses informations sur les films sélectionnés.
Concernant toutes les informations pratiques (météo, hébergement etc), vous trouverez de nombreux liens dans la colonne de gauche d'Inthemoodforcannes.com .
Je vous recommande enfin l'excellent blog de "L'hebdo cinéma" de Canal plus.
Arte, France 2, France 3 et bien sûr Canal + ont leurs sites entièrement consacrés au Festival de Cannes.
Côté journaux on line, Madame Figaro explore le Festival côté mode. Le JDD a également sa page spéciale Cannes ainsi que le Parisien.
Les journaux de cinéma ne sont pas en reste puisque Première a créé sa page spéciale Cannes . Il sera probablement aussi question du festival sur le blog de Studio Cinélive. Il est aussi évidemment question du Festival sur le site des Cahiers du cinéma.
Pour les amateurs de photos des montées des marches, je vous recommande le site de L'Oréal Cannes.
Je vous recommande également le blog d'ADR news (plage Majestic 62 et Chacha plage), pour vivre le Festival, côté fêtes.
Le 62ème Festival de Cannes à la télévision
-Comme chaque année, la chaîne emblématique du septième art, Canal + sera évidemment aux premières loges avec, du lundi au vendredi, Le Grand Journal de Michel Denisot en direct, à partir de 19H05, sur la plage du Martinez. Laurent Weil, quant à lui, sera sur le tapis rouge pour recueillir les impressions des acteurs et cinéastes figurant en compétition officielle. Didier Allouch interviewera les équipes de films hors compétition et en séance spéciale. Frédéric Beigbeder analysera la sélection parallèle. Guillaume Gallienne fera des bonus spécial Cannes avec des clins d'oeil de Louise Bourgoin. Et évidemment, comme chaque année, les cérémonies d'ouverture et de clôture seront diffusées en clair sur Canal plus, respectivement les 13 (à partir de 19H15) et 24 mai (à partir de 19H30), présidées par Isabelle Huppert et avec Edouard Baer en maître de cérémonie. Au total: 20 heures de programmes (dont 15 en direct), 477 personnes mobilisées sur place.
Quant à Daphné Roulier, elle présentera "l'hebdo cinéma" depuis Cannes (en clair), les samedis 16 et 23 mai, à 11H50. Le dimanche, à la même heure, Laurent Weil animera "Les Rencontres du cinéma" avec une interview de Penelope Cruz le 17 mai. Enfin Canal + diffusera quelques pépites révèlées à Cannes comme "Le bannissement" de Zviaguintsev.
-Pour vivre le Festival en direct, je vous recommande évidemment TV Festival qui sera coproduite pour la première fois par Canal + et Orange (diffusion sur le Canal 50 d'Orange pour les mobiles et sur le canal 17 de Canal Sat). Vous pourrez y voir les conférences de presse, interviews, montées des marches...
-D'autres émissions, en vrac:
-"Ciné confidential" , à 20H15, sur Orange Ciné Max (indiscrétions, critiques, interviews), émission présentée par Sophie Soulignac et Stéphane Charbit
-"Ciné Novo", sur Orange Ciné Novo, à 20H40, émission présentée par Marc Iskenderian
-"Cinéquin", sur Paris Première, à 20H20, émission présentée par Elisabeth Quin
-"Cannes dernière", sur Paris PRemière, émission présentée par Xavier de Moulins (5 minutes quotidiennes)
-"Paris dernière spécial Cannes", sur Paris Première, dimanche 24 mai, à minuit, émission présentée par Xavier de Moulins
- "Cannes 2009...by Warren", sur Filles TV, tous les jours à 16H50, émission animée par Warren (coulisses du festival commentés depuis un yacht)
-"Metropolis", samedi, à 22H30, sur Arte
-"Arte Culture", tous les jours, à 19H30, avec Annette Gerlach et Marie Labory, sur Arte
Le Festival de Cannes 2009 à la radio
VITAMINE, 1er radio musicale indépendante en PACA, leader à Cannes, du 13 au 24 mai, sur la plage de la Voile Rouge. Plus de 3 heures d'émissions quotidienne en direct à partir de 16h00. Radio également partenaire de la programmation du VIP Room.
Vitamine à Toulon sur 90.8 - à Hyères sur 88.3 - à St Tropez sur 89.1 - à Fréjus / St Raphael sur 93.8 - à Marseille et Aix sur 107.2 - à Cannes et Nice sur 104.8 - à Monaco sur 102.4
Le 62ème Festival de Cannes dans la presse
A venir...
Livres
Je vous recommande évidemment l'autobiographie de Gilles Jacob "La vie passera comme un rêve" dont je vous ai déjà parlé, ici.
11:26 Ecrit par Sandra.M dans LE FESTIVAL DE CANNES 2009 DANS LES MEDIAS | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, canal plus, internet, blog, festival, tv festival |
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09.05.2009
La leçon de cinéma des frères Dardenne: mardi 19 mai, salle Bunuel, à 14H30
© Diaphana Films
Après notamment Catherine Deneuve, Martin Scorsese et Quentin Tarantino, c'est aux frères Dardenne que revient cette année la lourde et passionnante responsabilité de la leçon de cinéma. Un choix qui semble aller de soi tant l'histoire des frères Dardenne est indissociable de ce festival, et tant ce festival leur a apporté:
Biographie sélective extraite du site officiel du Festival:
"Ils débutent au cinéma comme assistants du poète et metteur en scène Armand Gatti et après avoir réalisé de nombreux documentaires, passent à la fiction. La reconnaissance publique et critique arrive avec leur troisième film, La Promesse (1996).
Depuis, ils enchaînent les succès : Rosetta, présenté en Compétition, couronné par la Palme d'or et le Prix d'interprétation féminine du Festival en 1999. Le Fils, qui vaut à Olivier Gourmet le Prix d'interprétation masculine en 2002.
Comme Francis Coppola, Emir Kusturica, Billie August et Shohei Imamura, ils obtiennent une deuxième Palme d'or, qu'ils reçoivent en 2005 pour L'Enfant. En 2008, c'est le Prix du scénario qui leur est attribué pour Le Silence de Lorna.
Ils affirment toujours partir de la réalité. « On parle avec les gens, ça vient nourrir énormément notre narration. On parle ensemble de ce qu’on a lu, vu, entendu. Les choses s’emboîtent petit à petit. On ne peut pas accepter un élément qui n’ait pas de nécessité matérielle. »
Après Martin Scorsese, Quentin Tarantino mais aussi Nanni Moretti ou Wong Kar Wai, ils viendront dialoguer avec Michel Ciment de leur parcours singulier, de leur travail d’échange, d’écriture filmique à quatre mains et du sens qu’ils donnent à leur création.
Ils accueilleront les festivaliers, cinéphiles et journalistes mardi 19 mai, salle Buñuel, à 14h30."
Mes articles liés à celui-ci:
- ma critique de "Le silence de Lorna"
-La leçon de cinéma de Catherine Deneuve
-Le leçon de cinéma de Martin Scorsese
-La leçon de cinéma de Quentin Tarantino
A noter: la leçon de cinéma revient en Bunuel après avoir eu lieu en Debussy l'an passé. Probablement les organisateurs comptent-ils sur une affluence moins forte que pour Quentin Tarantino. En tout cas, comptez sur moi pour y être et vous en faire le compte rendu.
12:21 Ecrit par Sandra.M dans LEçON DE CINEMA 2009: LES FRERES DARDENNE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, festival, master class, lecçon de cinéma, dardenne |
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08.05.2009
Les horaires des projections de la sélection officielle du Festival de Cannes 2009
Je vous propose une partie de la programmation ci-dessous. Vous trouverez le reste en cliquant sur le lien ci-dessus. Je vous rappelle que tous ces films repassent en séances du lendemain dans la salle du 60ème (sur badge professionnel).
COMPETITION OFFICIELLE 2009- PROGRAMMATION DU GRAND THEATRE LUMIERE
MER/WED 13 mai
19.00 Cérémonie d’ouverture
23.00 UP H. C. 1h44 (Là-haut) de Pete Docter
JEU/THU 14 mai
8.30 15.00 22.30 FISH TANK 2h04 d’Andrea Arnold
12.00 19.30 CHUN FENG CHEN ZUI DE YE WAN 1h55 ( Spring Fever /Nuits d’ivresse printanière) de Lou Ye
VEN/FRI 15 mai
8.30 15.00 19.30 BRIGHT STAR 2h00 de Jane Campion
11.30 22.30 BAK-JWI 2h13 (THIRST /THIRST, ceci est mon sang…) de Park Chan-Wook
SAM/SAT 16 mai
8.30 15.00 18.30 UN PROPHÈTE 2h30 ( A Prophet ) de Jacques Audiard
12.00 22.00 TAKING WOODSTOCK 2h00 d’Ang Lee
DIM/SUN 17 mai
8.30 19.30 VENGEANCE 1h48 de Johnnie To
16.30 KINATAY 1h40 de Brillante Mendoza
LUN/MON 18 mai
8.30 14.30 19.30 LOOKING FOR ERIC 1h56 de Ken Loach
11.30 22.30 ANTICHRIST 1h44 de Lars Von Trier
MAR/TUE 19 mai
8.30 15.00 19.30 LOS ABRAZOS ROTOS 2h09 ( Broken Embraces /Étreintes brisées) de Pedro Almodóvar
12.00 22.30 VINCERE 2h08 de Marco Bellocchio
MER/WED 20 mai
8.30 12.15 19.00 INGLOURIOUS BASTERDS 2h40 de Quentin Tarantino
16.00 LES HERBES FOLLES 1h44 ( Wild Grass ) d’Alain Resnais
JEU/THU 21 mai
8.30 18.30 À L’ORIGINE 2h30 ( In the Beginning ) de Xavier Giannoli
12.00 22.00 DAS WEISSE BAND 2h24 ( The White Ribbon /Le Ruban blanc) de Michael Haneke
VEN/FRI 22 mai
11.30 22.30 THE TIME THAT REMAINS 1h49 d’Elia Suleiman
14.30 ENTER THE VOID 2h30 (Soudain le vide) de Gaspar Noé
SAM/SAT 23 mai
8.30 19.00 VISAGE 2h18 (Face) de Tsai Ming-liang
12.00 22.30 MAP OF THE SOUNDS OF TOKYO 1h49 (Carte des sons de Tokyo) d’Isabel Coixet
DIM/SUN 24 mai
19.15 Cérémonie de clôture
23.00 COCO CHANEL & IGOR STRAVINSKY H. C. 1h58 de Jan Kounen
11:48 Ecrit par Sandra.M dans HORAIRE DES PROJECTIONS (Festival de Cannes 2009) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, programme, horaires, festival de cannes, grand théâtre lumière |
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07.05.2009
"A l'origine" de Xavier Giannoli: compétition officielle 2009
Je poursuis la présentation des films de la compétition officielle 2009, avec l'un des 4 films français: "A l'origine" de Xavier Giannoli.
Synopsis: En France, aujourd'hui, un petit escroc sans envergure réussit à se faire passer pour un chef de chantier responsable de la construction d'un tronçon d'autoroute. Il va duper toute une région, engager une dizaine d'ouvriers, et profiter cyniquement de son escroquerie avant de rencontrer une femme, maire d'une petite ville qui traverse sa route. Elle le trouble, le fragilise, lui révèle un monde qu'il ne connaissait pas: les sentiments. Jusqu'où ira-t-il pour sauver ses victimes, pour se sauver lui-même de son mensonge.
Sortie en salles: le 14 octobre 2009
Durée: 2H30
Casting: François Cluzet, Gérard Depardieu, Emmanuelle Devos, Vincent Rottier, Stéphanie Sokolinski...
Complément d'informations: En 1998, Xavier Giannoli avait obtenu la palme d'or du court-métrage avec "L'interview". En 2006 , Xavier Giannoli présentait en compétition "Si j'étais chanteur", son troisième long après "Une aventure" et "Les corps impatients" un film qui avait ravi les festivaliers mais qui était reparti bredouille. "A l'origine" est donc son deuxième film en compétition officielle. Cliquez ici pour lire ma critique de "Si j'étais chanteur", vu à Cannes, en 2006.
22:16 Ecrit par Sandra.M dans COMPETITION OFFICIELLE 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, festival, compétition, giannoli, a l'origine |
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06.05.2009
L'actrice indienne Sharmilla Tagore rejoint le jury du 62ème Festival de Cannes
L'actrice indienne Sharmilla Tagore, star du cinéma hindi et arrière-petite-fille du poète Rabindranath Tagore rejoint le jury du 62ème Festival de Cannes présidé par Isabelle Huppert (dont vous pouvez trouver la liste des membres en cliquant ici) . Elle a alterné films populaires de Bollywood et cinéma d'auteur indien, et a débuté enfant dans "Le Monde d'Apu" (1959) de Satyajit Ray avec qui elle a tourné cinq films.
15:20 Ecrit par Sandra.M dans JURY (FESTIVAL 2009) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, jury, sharmilla tagore |
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"Les Lascars" à la Semaine de la Critique
Le film "Les Lascars" sera projeté dans le cadre de la Semaine de la Critique avant de sortir en salles, le 17 juin 2009.
Synopsis: Condé-sur-Ginette, en périphérie de la Ville, à mille lieux du sable chaud, des cocotiers et du bleu océan des Caraïbes. C’est l’été, le soleil brûle le chrome des mobylettes, réchauffe le bitume des tours, asphyxie les halls d’immeubles et crame les esprits. Ici, tout le monde rêve des plages de Santo Rico. Certains plus que d’autres. Pour Tony Merguez et José Frelate, les deux MC’s du quartier, le départ est imminent. Mais ils perdent l’argent des billets suite à une arnaque de l’agence de voyage. Retour à la case Ginette ! Pour refaire surface, Tony se mue en Montana façon Scarface et tente de monter un nouveau business en refourguant un peu d’herbe fraîche “gentiment” avancée par Zoran, le dangereux gangster psychopathe du tiéquar. José de son côté déniche un job dans la villa du juge Santiépi, père de la belle Clémence qu’il convoite. Tout aurait pu rouler, si une maîtresse en furie, des policiers énervés, un juge coriace et la fureur de l’été n’en avaient décidé autrement…
Compléments d'informations ( informations issues du dossier de presse): Les Lascars sur grand écran avec leur langage bien à eux, leur façon de bouger, de danser, de s’emballer, de s’animer, offrent aujourd’hui un fi lm unique et détonnant doté d’un casting étonnant : Vincent Cassel, Diane Kruger, Omar et Fred, Gilles Lellouche, Diam’s, Frédérique Bel, Vincent Desagnat… Les Lascars ont commencé petits. Ils ne mesuraient qu’une minute et sont apparus à la télévision en 2000 sous la forme de sketches explosifs. Miroir irrévérencieux de notre société urbaine, la série (deux saisons de 30 épisodes d’une minute) a créé l’événement dans le monde du dessin animé et a gagné un statut culte. Le programme est diffusé sur Canal + en 2001, sur MCM de 2003 à 2008 et dans plus de vingt pays à travers le monde, notamment sur MTV aux Etats-Unis depuis 2005. Le phénomène Lascars explose avec Internet et la téléphonie mobile. En 2009, les épisodes de la série totalisent plus de 20 millions de visionnages et le site Internet du fi lm - www.lascars-lefi lm.com - enregistre plus de 150 000 visites après seulement deux mois de mise en ligne.
15:09 Ecrit par Sandra.M dans SEMAINE DE LA CRITIQUE 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, lascars, semaine de la critique 2009, cannes, festival |
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05.05.2009
Le Festival de Cannes 2009 sur Orange
Je voulais vous parler de la présence d'Orange à Cannes. Yougether, suite à cette vidéo, envoyée à quelques blogueurs dans un premier temps, m'en donne l'occasion.
Vous pourrez ainsi retrouver le Festival de Cannes sur les chaînes Orange cinéma séries: magazines quotidiens consacrés à l'actualité du Festival, soirées thématiques dédiées aux grands acteurs, réalisateurs, et aux films cultes qui ont contribué à l'histoire du festival.
22:11 Ecrit par Sandra.M dans In the mood for news-Cannes 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : cinéma, cannes, orange |
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