17/04/2014

La sélection officielle du Festival de Cannes 2014

 

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Conférence de presse #Cannes2014 1ère partie par CannesFestTV


Conférence de presse #Cannes2014 2ème partie par CannesFestTV

 

 Cet article sera prochainement complété par mon compte rendu de la conférence de presse et mon avis sur la sélection que je vous laisse découvrir en attendant.

En Compétition

Film d'ouverture    
     
Olivier DAHAN GRACE DE MONACO 1h43
     
  ***  
     
Olivier ASSAYAS SILS MARIA 2h03
     
Bertrand BONELLO SAINT LAURENT 2h15
     
Nuri Bilge CEYLAN

KIS UYKUSU

(Sommeil d'hiver)

3h16
     
David CRONENBERG MAPS TO THE STARS 1h51
     
Jean-Pierre DARDENNE,
Luc DARDENNE
DEUX JOURS, UNE NUIT 1h35
     
Xavier DOLAN MOMMY 2h20
     
Atom EGOYAN CAPTIVES 1h53
     
Jean-Luc GODARD ADIEU AU LANGAGE 1h10
     
Michel HAZANAVICIUS THE SEARCH 2h40
     
Tommy Lee JONES THE HOMESMAN 2h02
     
Naomi KAWASE

FUTATSUME NO MADO

(Still the water)

1h50
     
Mike LEIGH MR. TURNER 2h29
     
Ken LOACH JIMMY’S HALL 1h46
     
Bennett MILLER FOXCATCHER 2h10
     
Alice ROHRWACHER LE MERAVIGLIE 1h50
     
Abderrahmane SISSAKO TIMBUKTU 1h40
     
Damian SZIFRON

RELATOS SALVAJES

(Wild Tales)

1h55
     
Andrey ZVYAGINTSEV LEVIATHAN 2h20
     

 

 

 

Un Certain Regard

Film d'ouverture    
     

Marie AMACHOUKELI,

Claire BURGER,

Samuel THEIS

PARTY GIRL

1er film

1h35
     
  ***  
     
Lisandro ALONSO JAUJA 1h41
     
Mathieu AMALRIC LA CHAMBRE BLEUE 1h15
     
Asia ARGENTO

INCOMPRESA

(L'Incomprise)

1h43
     
Kanu BEHL

TITLI

1er film

2h04
     
Ned BENSON ELEANOR RIGBY 1h59
     
Pascale FERRAN BIRD PEOPLE 2h07
     
Ryan GOSLING

LOST RIVER

1er film

1h45
     
Jessica HAUSNER AMOUR FOU 1h36
     
Rolf de HEER

CHARLIE’S COUNTRY

(Le Pays de Charlie)

1h48
     
Andrew HULME

SNOW IN PARADISE

1er film

1h28
     
July JUNG

DOHEE-YA

(A Girl at my Door)

1er film

1h59
     
Panos KOUTRAS XENIA 2h03
     
Philippe LACÔTE RUN
1er film
1h40
     
Ruben ÖSTLUND

TURIST

(Force Majeure)

2h
     
Jaime ROSALES

HERMOSA JUVENTUD

(La Belle Jeunesse)

1h40
     
WANG Chao FANTASIA 1h25
     

Wim WENDERS

Juliano RIBEIRO SALGADO

THE SALT OF THE EARTH

(Le Sel de la terre)

1h40
     
Keren YEDAYA

HARCHECK MI HEADRO

(Loin de son absence)

1h35

 

 


Hors Compétition

 

 

Dean DEBLOIS DRAGONS 2 1h45 
     
ZHANG Yimou GUI LAI
(Coming Home)
1h51  

 

 

 

Séances de minuit

 

 

CHANG PYO JEOK (The Target) 1h39   
     
Kristian LEVRING THE SALVATION 1h30   
     
David MICHOD THE ROVER 1h40

 

 

 

 

Séances spéciales

 

 

Aida BEGIC, Leonardo DI COSTANZO, Jean-Luc GODARD, Kamen KALEV, Isild LE BESCO, Sergei LOZNITSA, Vincenzo MARRA, Ursula MEIER, Vladimir PERISIC, Cristi PUIU, Marc RECHA, Angela SCHANELEC, Teresa VILLAVERDE LES PONTS DE SARAJEVO  1h50   
     
Polsky GABE RED ARMY  1h25 
     
Sergei LOZNITSA MAIDAN  2h  
     
Mohammed OSSAMA EAU ARGENTÉE  1h50 
     
Stéphanie VALLOATTO CARICATURISTES - FANTASSINS DE LA DÉMOCRATIE  1h46   

 

  

 

 

Célébration des 70 ans du journal Le Monde :

 

 

Yves JEULAND LES GENS DU MONDE  25’      

17:08 Écrit par Sandra Mézière dans CONFERENCES DE PRESSE | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

16/04/2014

Conférence de presse du Festival de Cannes 2014 en direct

Demain, à partir de 11H, suivez-moi en direct de la conférence de presse du 67ème Festival de Cannes qui aura lieu  à l'UGC Normandie. Vous pourrez (en espérant que cela captera...) me suivre sur twitter (@moodforcinema, @moodforcannes ) et en tout cas retrouver mon compte rendu détaillé de la conférence de presse et mon avis sur la sélection dès demain après-midi sur Inthemoodforfilmfestivals.com, Inthemoodforcannes.com, Inthemoodlemag.com. Vous pourrez également suivre la conférence en direct comme si vous y étiez aussi sur tv festival, ici.

Vous pourrez ensuite me retrouver en direct de Cannes, du 12 au 26 Mai, pour ce qui sera mon 14ème festival cannois déjà depuis le prix de la jeunesse grâce auquel j'y suis allée la 1ère fois, n'imaginant pas alors y retourner chaque année ensuite, quoiqu'il arrive et pour toute sa durée, et toujours avec la même soif de découvertes cinématographiques.

Pour en savoir plus sur ce théâtre des vanités aussi fascinant qu'impitoyable mais aussi sur ma passion pour ce festival et toutes les émotions contrastées qu'il m'inspire, vous pouvez aussi télécharger mon recueil de 13 nouvelles "Ombres parallèles" (qui en comprend 4 sur Cannes) disponible dans toutes les librairies numériques (fnac ici, Amazon ici, Cultura, Relay, Orange, Kobo etc) ou directement chez mon éditeur Numeriklivres.

Pour l'instant de cette édition 2014, nous savons:

- qu'elle aura lieu du 14 au 25 Mai

- que le jury sera présidé par Jane Campion

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- que l'affiche, couleur sépia est un hommage au cinéma d'hier, hommage au cinéma tout court, par cette judicieuse mise en abyme puisque l'affiche fait écho à un film sur le cinéma (que les cinéphiles et/ou inconditionnels de Fellini reconnaîtront forcément...) et quel film sur le cinéma! Mastroianni, en regardant par-dessus ses lunettes, avec son regard intense et malicieux, nous invite à regarder, à nous plonger dans son regard, synonyme de toute la poésie et la singularité du 7ème art

- que PARTY GIRL, un premier film écrit et réalisé par Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis a été choisi pour faire l’ouverture de la Sélection officielle Un Certain Regard.

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-que Lambert Wilson sera l'élégant et charismatique maître de cérémonie de l'ouverture et de la clôture

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-que le Jury 2014 de la Cinéfondation et des Courts métrages réunira autour de son président, Abbas KIAROSTAMI (Iran), les réalisateurs Noémie LVOVSKY (France),  Daniela THOMAS (Brésil),  Mahamat-Saleh HAROUN (Tchad), et Joachim TRIER (Norvège).

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-que "Grace de Monaco" d'Olivier Dahan fera l'ouverture du festival

-que Pablo Trapero sera le président du jury Un Certain Regard 2014

22:47 Écrit par Sandra Mézière dans CONFERENCES DE PRESSE | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

15/04/2014

L'affiche du Festival de Cannes 2014 : Un "certain regard" de Mastroianni...

 

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En 2012, l’affiche du Festival de Cannes représentait Marilyn Monroe, les yeux baissés, comme une invitation douce et langoureuse au rêve, soufflant une bougie, affiche à la fois gracieuse et épurée réalisée à partir d’une photo de l’actrice faite par Otto L. Bettmann.

En 2013,  Joanne Woodward et Paul Newman étaient à l’honneur sur l’affiche de cette 66ème édition, avec une photo, d'une beauté étourdissante, prise sur le tournage de « A New Kind of Love » de Melville Shavelson, et qui, cette fois nous invitait à un tourbillon de cinéma, à un désir infini de pellicule, le désir infini…comme celui (de cinéma) que suscite Cannes.

 

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Cette année, ce sont Hervé Chigioni et son graphiste Gilles Frappier qui ont conçu et réalisé l’affiche de la 67e édition du Festival de Cannes à partir d’un photogramme tiré de Huit et demi de Federico Fellini, qui fut présenté en Sélection officielle en 1963.

« Son regard par-dessus ses lunettes noires nous rend complices d’une promesse de joie cinématographique mondiale, explique l’auteur de l’affiche. La joie de vivre ensemble le Festival de Cannes.»

Chiara Mastroianni, fille de l’acteur, a ainsi commenté l'affiche : « Je suis très fière et très touchée que Cannes, avec son affiche, ait fait le choix de rendre hommage à mon père. Je la trouve très belle et très moderne. Et je le trouve très beau et très moderne : une douce ironie et la classe du détachement. Tellement lui, quoi ! »

Une affiche couleur sépia, hommage au cinéma d'hier, hommage au cinéma tout court, par cette judicieuse mise en abyme puisque l'affiche fait écho à un film sur le cinéma...et quel film sur le cinéma! Mastroianni, en regardant par-dessus ses lunettes, avec son regard intense et malicieux, nous invite à regarder, à nous plonger dans son regard, synonyme de toute la poésie et la singularité du 7ème art.
 

L’affiche du Festival 2014 est signée Lagency / Taste, Paris.

17:06 Écrit par Sandra Mézière dans AFFICHES | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

10/04/2014

Conférence de presse d'annonce de sélection du Festival de Cannes 2014 le 17 mai 2014

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Retrouvez ici et sur mon site consacré aux festivals de cinéma http://inthemoodforfilmfestivals.com , jeudi prochain, mon compte rendu de la conférence de presse d'annonce de sélection du Festival de Cannes 2014 à laquelle j'assisterai ce 17 Mai 2014 à 11H au cinéma l'UGC Normandy. Retrouvez-moi ensuite en direct de Cannes dès le 12 Mai, jusqu'au 26 Mai pour une couverture complète du Festival de Cannes sur les blogs précités. Si cela capte, je vous commenterai la conférence de presse en direct sur twitter (@moodforcinema et @moodforcannes ). En attendant, vous pouvez toujours retrouver mes récits fictifs du Festival de Cannes...fortement inspirés de la réalité dans mon recueil de nouvelles "Ombres parallèles" à acquérir, ici.

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16:58 Écrit par Sandra Mézière dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

Party Girl, un premier film en ouverture du Certain Regard du Festival de Cannes 2014

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Party Girl © DR

Retrouvez, ci-dessous, le communiqué de presse du Festival de Cannes au sujet du film d'ouverture d'Un Certain Regard 2014.

PARTY GIRL, un premier film écrit et réalisé par Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis a été choisi pour faire l’ouverture de la Sélection officielle Un Certain Regard. Il succède à The Bling Ring de l'américaine Sofia Coppola, présenté en 2013.
 
Produit par Elzévir Films et distribué par Pyramide Films, Party Girl parcourt l’existence d’Angélique, soixante ans, entraîneuse dans un bar de nuit, qui aime encore la fête et les hommes mais qui, devenue la doyenne, se sent en fin de course. Sur un coup de tête, elle accepte d’épouser Michel, son client régulier. Portrait d'une femme libre, qui a choisi une vie en marge de la bonne société, le film plonge au cœur d'une France méconnue dans un réalisme assumé : le personnage principal est interprété par la véritable Angélique.


Les trois coréalisateurs se sont connus à la Fémis où ils ont étudié le scénario et le montage et ont commencé leur collaboration. Ils signent ensuite des courts métrages remarqués dans les festivals et primés : Forbach (2e Prix de la Cinéfondation, Festival de Cannes 2008 et Grand Prix du Festival de Clermont-Ferrand 2009), C’est gratuit pour les filles (Semaine de la Critique 2009 - César du Meilleur Court métrage 2010), puis Demolition Party (2013).


Tout à son rôle de découvreur de talents, le Certain Regard offre par ce choix la meilleure des expositions à une première œuvre, collective et innovante dans sa forme comme par son sujet. Comme un écho au souhait du Président du Jury du Certain Regard 2014, Pablo Trapero, d’y voir « une sélection toujours passionnante où on trouve de grands maîtres, de jeunes promesses et des formes nouvelles du cinéma. »
 
Party Girl sera présenté en ouverture du Certain Regard jeudi 15 mai 2014.
Le programme complet du Certain Regard sera annoncé, comme l’ensemble de la Sélection officielle, jeudi 17 avril à Paris.

 

16:56 Écrit par Sandra Mézière dans UN CERTAIN REGARD 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

09/04/2014

Grey Goose au Festival de Cannes 2014 : le lieu le plus iconoclaste de la croisette

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Ce fut déjà l'an passé le lieu incontournable des débuts de soirée et soirées cannoise (je me souviens ainsi de l'électrique et magique concert de Lou Doillon): Grey Goose revient cette année à Cannes avec ce qui sera sans aucun doute le décor le plus original et iconoclaste de cette édition 2014: la boulangerie bleue avec Le bar de la Croisette. Voilà qui est une belle idée, ludique, insolite, élégante.

Ce concept est destiné à faire écho aux intrinsèques de la marque: le blé tendre d'hiver et l'eau pure de Gensac-La-Pallue, le but étant d'offrir aux invités une expérience innovante et raffinée.

Comme l'an passé, ce lieu incontournable se situera dans les jardins du Grand Hôtel avec pour ambiance sonore les mixes décalés des DJs français Le Tournedisque. Des surprises viendront compléter cette belle programmation.

Pour cette occasion, Claudio Bedini, ambassadeur de la marque a élaboré 5 créations originales en puisant son inspiration dans le savoir-faire français et les codes des plus grands bars à cocktails.

Retrouvez-moi en direct de Cannes et du festival du 12 au 26 Mai sur Inthemoodforcannes.com, Inthemoodforfilmfestivals.com, Inthemoodlemag.com et Inthemoodforcinema.com et dans le recueil de 13 nouvelles "Ombres parallèles" qui comprend 4 nouvelles qui se déroulent dans le cadre du Festival de Cannes.

14:24 Écrit par Sandra Mézière dans SOIREES ET CONCERTS | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

07/04/2014

Les nouveaux horizons du cinéma : (re)découvrez les films de la Cinéfondation

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La Cinéfondation est une belle "institution" créée en 1998 par Gilles Jacob (qu'il continuera d'ailleurs de présider après son départ de la présidence du Festival de Cannes en 2015), sous l'égide du Festival de Cannes, pour la recherche de nouveaux talents. Chaque année, elle sélectionne de quinze à vingt courts et moyens métrages présentés par des écoles de cinéma de tous pays. Par ailleurs, depuis 2000, la Cinéfondation propose une résidence à Paris pour les cinéastes et une aide à l'écriture de scénario. Elle organise également des rencontres avec des professionnels. La sélection des participants est effectuée par un jury présidé par un réalisateur ou une personnalité du cinéma ; elle se fonde sur la qualité des films déjà réalisés, sur l'intérêt du projet de long métrage en cours d'écriture et sur la motivation des candidats. Parallèlement, la Cinéfondation organise chaque année à Cannes une compétition de courts-métrages réalisés par les élèves d'écoles de cinéma du monde entier.

"Les nouveaux horizons du cinéma" : une belle initiative consacré à un cycle de la Cinéfondation, qui concerne 9 films diffusés dans une cinquantaine de salles en France, du 18 au 29 avril.

Claire Denis en est la marraine exceptionnelle de cette réjouissante opération. 

Tournés par des réalisateurs passés par la Résidence et l'Atelier de La Cinéfondation, ces films ont été sélectionnés et primés en festivals (Cannes, Berlin, Locarno). Mis à part trois inédits - le chilien Carne de Perro, le néo-zélandais The Weight of elephants et l’iranien Frontier blues -, ils sont tous sortis en salles ces deux dernières années.

Organisé par I LIKE CINEMA, le cycle « Les Nouveaux Horizons du Cinéma » est diffusé à Paris et dans une quarantaine de salles en province.


Ancrés sur un territoire donné, nourris d’expériences singulières, ces films ont en commun d’ouvrir de nouvelles perspectives sur la fiction, en tissant des liens étroits avec le réel.


Qu’il arpente la mémoire politique du Chili ou une cour de récré française dans les années 80, qu’il sillonne les carrefours de Bogota ou la frontière nord de l’Iran, chaque réalisateur nous offre une fenêtre panoramique sur son univers.

L'enjeu réel, au-delà du cycle, est d'offrir une nouvelle visibilité à un cinéma naissant – plus que jamais sacrifié par le rythme des sorties - et, à quelques semaines du Festival de Cannes, de mettre en lumière le rôle de la Cinéfondation tout au long de l'année, focalisée sur l'accompagnement et le développement de premiers films.


Les 9 films présentés dans le cadre de cette opération: Despues de Lucia, Les Chevaux de Dieu, Fifi hurle de joie, Rêves d'or, La société du feu rouge, Chroniques d'une cour de récré, Carne de Perro, The Weight of elephants et Frontier blues.


Après la VOD, I LIKE CINEMA propose de découvrir le TOD, premier service de Theater On Demand. Un site internet de programmation communautaire et de vente de places de cinéma qui met en relation les salles de cinéma indépendantes, les films et les spectateurs (www.ilikecinema.com). 4 clics suffisent pour créer sa séance Cinéfondation : « je choisis mon film, je choisis ma salle, je crée ma proposition de séance, je reçois mon billet ! ».

Un dispositif moderne qui se prolonge sur le forum du site : les spectateurs sont invités à dialoguer avec les réalisateurs et les exploitants à l’issue des séances.

Page Facebook: https://www.facebook.com/ilikecine?ref=hl

Je vous encourage vraiment à découvrir ces films, souvent de vraies pépites, à soutenir et participer à cette belle opération.

14:20 Écrit par Sandra Mézière dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéfondation, festival de cannes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

06/04/2014

Un recueil de nouvelles sur les festivals de cinéma et le Festival de Cannes

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L'approche du 67ème Festival de Cannes (que je vous ferai bien entendu suivre en direct ici comme chaque année, et même un peu plus que chaque année, puisque je l'évoquerai dans d'autres médias en plus de ce blog et d'Inthemoodforfilmfestivals.com, Inthemoodlemag.com et Inthemoodforcinema.com et puisque je serai à Cannes, un peu en amont du festival, à savoir dès le 12 Mai et jusqu'au 26 Mai) est pour moi l'occasion de vous reparler de mon recueil de 13 nouvelles "Ombres parallèles" puisque 4 nouvelles de ce recueil se déroulent dans le cadre du Festival de Cannes et, s'il s'agit bel et bien de fictions, à l'image des autres nouvelles, elles sont fortement inspirées de mes pérégrinations festivalières et de mes observations dans les festivals, et évidemment à Cannes. J'y partage aussi ma passion pour ce festival que je fréquente assidûment depuis 14 ans...

Voici le synopsis du recueil tel que publié sur le site de la librairie en ligne de mon éditeur:

Treize histoires de passions cinématographiques et amoureuses, romantiques et cruelles.  Treize destins qui se croisent dans les coulisses du 7 e  art, dans l’envers du décor des festivals.  Treize déclarations d’amour au cinéma, dans un théâtre des vanités où se côtoient des êtres éperdus d’absolu, idéalistes, et des êtres éperdument cyniques, souvent désabusés.  Treize histoires pour rêver, et découvrir un univers méconnu, intrigant.  De Deauville à Monaco, en passant par Cannes, Dinard, Cabourg, Annonay et Paris pour la cérémonie des César, Sandra Mézière, à qui vingt années de pérégrinations et d’expériences singulières comme jurée dans les principaux festivals de cinéma ont inspiré ces textes, vous fera partager sa passion dévorante pour le 7e art. Ces ombres qu’elle dépeint, qui hantent la pellicule, sont aussi celles du destin. Les parallèles ne se rejoignent jamais, dit-on. Aussi, ces treize histoires d’amour qui s’esquissent s’achèvent-elles souvent dans le mystère, le drame, ou même le crime.

Où le trouver?

Dans toutes les librairies numériques: fnac.com, relay.com, Amazon etc. et évidemment directement sur le site de mon éditeur, ici.

 Sachez par ailleurs que "Ombres parallèles" fait partie de la collection e-LIRE de mon éditeur que ce dernier définit ainsi: La collection e-LIRE, une collection dont on a voulu faire un écrin. Un écrin ouvert sur des bijoux littéraires, des écritures fortes, étonnantes, qui vous renversent, vous retournent, vous roulent comme des vagues furieuses et vous bercent à la fois comme la marée peut se faire douce, à nous laisser regarder l’immuabilité de l’eau qui va et vient. Des écritures qui donnent vie à nos vies intérieures, à nos combats dérisoires comme à nos croisades héroïques, portent un regard parfois violent sur la société, telle qu’elle nous englobe ou nous rejette, telle qu’on la vit au quotidien."

Vous le trouverez à 4, 99€ en lecture seule. Sachez également qu'il fait partie de la nouvelle collection coup double de mon éditeur qui vous permet d'avoir, pour un tarif préférentiel, cet ouvrage et un autre d'un autre auteur de la même maison d'édition.

Quelques articles dans la presse au sujet d'"Ombres parallèles":

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04/04/2014

Lambert Wilson, maître de cérémonie du 67ème Festival de Cannes

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Après la flamboyante et pétillante Audrey Tautou, inénarrable maîtresse de cérémonie l'an passé, ce sera au tour de Lambert Wilson d'être le maître de cérémonie cette année, l'élégance, l'intelligence et la classe donc. Vincent Cassel en 2006 et Edouard Baer (en 2008 et 2009) l'avaient précédé dans ce prestigieux rôle. Voilà qui promet de beaux moments et discours pour l'ouverture et la clôture de ce 67ème Festival de Cannes.

Lambert Wilspn fait sa première apparition à Cannes en 1985, avec Rendez-vous, d’André Téchiné. Il revient ensuite à plusieurs reprises en Sélection, en tant qu’interprète mais aussi comme Président du Jury Un Certain Regard (1999). 

En 2010, lors du 63e Festival de Cannes, il bouleverse les festivaliers par sa performance dans Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, Grand Prix du Jury cette année-là et pour lequel Lambert Wilson sera nommé quelques mois plus tard pour le César du Meilleur acteur.

A cette occasion, je vous propose trois critiques de films d'Alain Resnais avec Lambert Wilson dont "Vous n'avez encore rien vu", mon immense coup de cœur du Festival de Cannes 2012.

Vous n'avez encore rien vu : affiche

Disons-le d’emblée, le film d’Alain Resnais était mon énorme coup de cœur de l'édition 2012 du Festival de Cannes avec « A perdre la raison » de Joachim Lafosse (section Un Certain Regard) et « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire (Semaine de la Critique). Bien sûr, il est difficile d’évincer (et de comparer) avec « Amour » et « De rouille et d’os » qui m’ont également enthousiasmée mais ce film a (et a suscité) ce quelque chose en plus, cet indicible, cet inexplicable que l’on pourrait nommer coup de foudre.

Après tant de grands films, des chefs d’œuvres souvent même, Alain Resnais prouve une nouvelle fois qu’il peut réinventer encore et encore le dispositif cinématographique, nous embarquer là où on ne l’attendait pas, jouer comme un enfant avec la caméra pour nous donner à notre tour ce regard d’enfant émerveillé dont il semble ne s’être jamais départi. A bientôt 90 ans, il prouve que la jeunesse, l’inventivité, la folie bienheureuse ne sont pas questions d’âge.

Antoine, homme de théâtre, convoque après sa mort, ses amis comédiens ayant joué dans différentes versions d’Eurydice, pièce qu’il a écrite. Il a enregistré, avant de mourir, une déclaration dans laquelle il leur demande de visionner une captation des répétitions de cette pièce: une jeune troupe lui a en effet demandé l’autorisation de la monter et il a besoin de leur avis.

Dès le début, la mise en abyme s’installe. Les comédiens appelés par leurs véritables noms reçoivent un coup de fil leur annonçant la mort de leur ami metteur en scène. Première répétition avant une succession d’autres. Puis, ils se retrouvent tous dans cette demeure étrange, presque inquiétante, tel un gouffre un peu morbide où leur a donné rendez-vous Antoine.  Cela pourrait être le début d’un film policier : tous ces comédiens réunis pour découvrir une vérité. Mais la vérité qu’ils vont découvrir est toute autre. C’est celle des mots, du pouvoir et de la magie de la fiction.

Puis, se passe ce qui arrive parfois au théâtre, lorsqu’il y a ce supplément d’âme, de magie (terme que j’ai également employé pour « Les bêtes du sud sauvage« , autre coup de coeur de 2012, mais aussi différents soient-ils, ces deux films ont cet élément rare en commun), lorsque  ce pouvoir des mots vous embarque ailleurs, vous hypnotise, vous fait oublier  la réalité, tout en vous ancrant plus que jamais dans la réalité, vous faisant ressentir les palpitations de la vie.

En 1942, Alain Resnais avait ainsi assisté à une représentation d’ « Eurydice » de Jean Anouilh de laquelle il était sorti bouleversé à tel point qu’il avait fait deux fois le tour de Paris à bicyclette. C’est aussi la sensation exaltante que m’a donné ce film!

Chaque phrase prononcée, d’une manière presque onirique, magique, est d’une intensité sidérante de beauté et de force et exalte la force de l’amour. Mais surtout Alain Resnais nous livre ici un film inventif et ludique. Il joue avec les temporalités, avec le temps, avec la disposition dans l’espace (usant parfois aussi du splitscreen entre autres « artifices »). Il donne à jouer des répliques à des acteurs qui n’en ont plus l’âge. Cela ne fait qu’accroître la force des mots, du propos, leur douloureuse beauté et surtout cela met en relief le talent de ses comédiens. Rarement, je crois, j’aurais ainsi été émue et admirative devant chaque phrase prononcée quel que soit le comédien. A chaque fois, elle semble être la dernière et la seule, à la fois la première et l’ultime. Au premier rang de cette distribution (remarquable dans sa totalité), je citerai Pierre Arditi, Lambert Wilson, Anne Consigny, Sabine Azéma mais en réalité tous sont extraordinaires, aussi extraordinairement dirigés.

C’est une des plus belles déclarations d’amour au théâtre et aux acteurs, un des plus beaux hommages au cinéma qu’il m’ait été donné de voir et de ressentir. Contrairement à ce qui a pu être écrit ce n’est pas une œuvre posthume mais au contraire une mise en abyme déroutante, exaltante d’une jeunesse folle, un pied-de-nez à la mort qui, au théâtre ou au cinéma, est de toutes façons transcendée. C’est aussi la confrontation entre deux générations ou plutôt leur union par la force des mots. Ajoutez à cela la musique de Mark Snow d’une puissance émotionnelle renversante et vous obtiendrez un film inclassable et si séduisant (n’usant pourtant d’aucune ficelle pour l’être mais au contraire faisant confiance à l’intelligence du spectateur).

Ce film m’a enchantée, bouleversée, m’a rappelé pourquoi j’aimais follement le cinéma et le théâtre, et les mots. Ce film est d’ailleurs au-delà des mots auquel il rend pourtant un si bel hommage. Ce film aurait mérité un prix d’interprétation collectif, un prix de la mise en scène…et pourquoi pas une palme d’or (il est malheureusement reparti bredouille du palmarès de ce Festival de Cannes 2012) ! Ces quelques mots sont bien entendu réducteurs pour vous parler de ce grand film, captivant, déroutant, envoûtant, singulier. Malgré tout ce que je viens de vous en dire, dîtes-vous que de toutes façons, « Vous n’avez encore rien vu ». C’est bien au-delà des mots. Et espérons que nous aussi nous n’avons encore rien vu et qu’Alain Resnais continuera encore très longtemps à nous surprendre et enchanter ainsi. Magistralement.

Commençons par le premier film projeté dans le cadre du festival qui est aussi le plus ancien des trois « On connaît la chanson ». Toute la malice du cinéaste apparaît déjà dans le titre de ce film de 1997, dans son double sens, propre et figuré, puisqu’il fait à la fois référence aux chansons en playback interprétées dans le film mais parce qu’il sous-entend à quel point les apparences peuvent être trompeuses et donc que nous ne connaissons jamais vraiment la chanson…

Suite à un malentendu, Camille (Agnès Jaoui), guide touristique et auteure d’une thèse sur « les chevaliers paysans de l’an mil au lac de Paladru » s’éprend de l’agent immobilier Marc Duveyrier (Lambert Wilson). Ce dernier est aussi le patron de Simon (André Dussolier), secrètement épris de Camille et qui tente de vendre un appartement à Odile (Sabine Azéma), la sœur de Camille. L’enthousiaste Odile est décidée à acheter cet appartement malgré la désapprobation muette de Claude, son mari velléitaire (Pierre Arditi). Celui-ci supporte mal la réapparition après de longues années d’absence de Nicolas (Jean-Pierre Bacri), vieux complice d’Odile qui devient le confident de Simon et qui est surtout très hypocondriaque.

Ce film est pourtant bien plus que son idée de mise en scène, certes particulièrement ludique et enthousiasmante, à laquelle on tend trop souvent à le réduire. A l’image de ses personnages, le film d’Alain Resnais n’est pas ce qu’il semble être. Derrière une apparente légèreté qui emprunte au Boulevard et à la comédie musicale ou du moins à la comédie (en) »chantée », il débusque les fêlures que chacun dissimule derrière de l’assurance, une joie de vivre exagérée, de l’arrogance ou une timidité.

C’est un film en forme de trompe-l’œil qui commence dès la première scène : une ouverture sur une croix gammée, dans le bureau de Von Choltitz au téléphone avec Hitler qui lui ordonne de détruire Paris. Mais Paris ne disparaîtra pas et sera bien heureusement le terrain des chassés-croisés des personnages de « On connaît la chanson », et cette épisode était juste une manière de planter le décor, de nous faire regarder justement au-delà du décor, et de présenter le principe de ces extraits chantés. La mise en scène ne cessera d’ailleurs de jouer ainsi avec les apparences, comme lorsqu’Odile parle avec Nicolas, lors d’un dîner chez elle, et que son mari Claude est absent du cadre, tout comme il semble d’ailleurs constamment « absent », ailleurs.

Resnais joue habilement avec la mise en scène mais aussi avec les genres cinématographiques, faisant parfois une incursion dans la comédie romantique, comme lors de la rencontre entre Camille et Marc. L’appartement où ils se retrouvent est aussi glacial que la lumière est chaleureuse pour devenir presque irréelle mais là encore c’est une manière de jouer avec les apparences puisque Marc lui-même est d’une certaine manière irréel, fabriqué, jouant un personnage qu’il n’est pas.

Le scénario est signé Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri et témoigne déjà de leur goût des autres et de leur regard à la fois acéré et tendre sur nos vanités, nos faiblesses, nos fêlures. Les dialogues sont ainsi des bijoux de précision et d’observation mais finalement même s’ils mettent l’accent sur les faiblesses de chacun, les personnages ne sont jamais regardés avec condescendance mais plutôt lucidité et indulgence. Une phrase parfois suffit à caractériser un personnage comme cette femme qui, en se présentant dit, « J’suis une collègue d’Odile. Mais un petit cran au-dessus. Mais ça ne nous empêche pas de bien nous entendre ! ». Tout est dit ! La volonté de se montrer sous son meilleur jour, conciliante, ouverte, indifférente aux hiérarchies et apparences…tout en démontrant le contraire. Ou comme lorsque Marc répète à deux reprises à d’autres sa réplique adressée à Simon dont il est visiblement très fier « Vous savez Simon, vous n’êtes pas seulement un auteur dramatique, mais vous êtes aussi un employé dramatique ! » marquant à la fois ainsi une certaine condescendance mais en même temps une certaine forme de manque de confiance, et amoindrissant le caractère a priori antipathique de son personnage.

Les personnages de « On connaît la chanson » sont avant tout seuls, enfermés dans leurs images, leurs solitudes, leur inaptitude à communiquer, et les chansons leur permettent souvent de révéler leurs vérités masquées, leurs vrais personnalités ou désirs, tout en ayant souvent un effet tendrement comique. De « J’aime les filles » avec Lambert Wilson au « Vertige de l’amour » avec André Dussolier (irrésistible ) en passant par le « Résiste » de Sabine Azéma. C’est aussi un moyen de comique de répétition dont est jalonné ce film : blague répétée par Lambert Wilson sur Simon, blague de la publicité pour la chicorée lorsque Nicolas montre la photo de sa famille et réitération de certains passages chantés comme « Avoir un bon copain ».

Chacun laissera tomber son masque, de fierté ou de gaieté feinte, dans le dernier acte où tous seront réunis, dans le cadre d’une fête qui, une fois les apparences dévoilées (même les choses comme l’appartement n’y échappent pas, même celui-ci se révèlera ne pas être ce qu’il semblait), ne laissera plus qu’un sol jonché de bouteilles et d’assiettes vides, débarrassé du souci des apparences, et du rangement (de tout et chacun dans une case) mais la scène se terminera une nouvelle fois par une nouvelle pirouette, toute l’élégance de Resnais étant là, dans cette dernière phrase qui nous laisse avec un sourire, et l’envie de saisir l’existence avec légèreté.

Rien n’est laissé au hasard, de l’interprétation (comme toujours chez Resnais remarquable direction d’acteurs et interprètes judicieusement choisis, de Dussolier en amoureux timide à Sabine Azéma en incorrigible optimiste en passant par Lambert Wilson, vaniteux et finalement pathétique et presque attendrissant) aux costumes comme les tenues rouges et flamboyantes de Sabine Azéma ou d’une tonalité plus neutre, voire fade, d’Agnès Jaoui.

« On connaît la chanson » a obtenu 7 César dont celui du meilleur film et du meilleur scénario original. C’est pour moi un des films les plus brillants et profonds qui soient malgré sa légèreté apparente, un mélange subtile –à l’image de la vie – de mélancolie et de légèreté, d’enchantement et de désenchantement, un film à la frontière des émotions et des genres qui témoigne de la grande élégance de son réalisateur, du regard tendre et incisif de ses auteurs et qui nous laisse avec un air à la fois joyeux et nostalgique dans la tête. Un film qui semble entrer dans les cadres et qui justement nous démontre que la vie est plus nuancée et que chacun est forcément plus complexe que la case à laquelle on souhaite le réduire, moins lisse et jovial que l’image « enchantée » qu’il veut se donner. Un film jubilatoire enchanté et enchanteur, empreint de toute la richesse, la beauté, la difficulté, la gravité et la légèreté de la vie. Un film tendrement drôle et joyeusement mélancolique à voir, entendre et revoir sans modération…même si nous connaissons déjà la chanson !

Dans le cadre du festival était également projeté « Cœurs », un film d’Alain Resnais de 2006. Le film choral était alors à la mode. Alain Resnais, cinéaste emblématique de la modernité, ne suit pas les modes mais les initie, encore. Malgré le temps, sa modernité n’a pas pris une ride et de ce point de vue du haut de ses 80 ans et quelques, mais surtout du haut de ses innombrables chefs d’œuvre (Hiroshima, mon amour, L’année dernière à Marienbad, Nuit et brouillard, On connaît la chanson, Smoking, no smoking, Je t’aime, je t’aime et tant d’autres), il reste le plus jeune des cinéastes. Coeurs est l’adaptation de Private fears in public places, une pièce de théâtre de l’auteur anglais Alain Ayckbourn dont Alain Resnais avait déjà adapté en 1993 une autre de ses œuvres, pour en faire Smoking, No smoking.

Ce film, choral donc, croise les destins de six « cœurs en hiver » dans le quartier de la Grande Bibliothèque, quartier froid, moderne et impersonnel, sous la neige du début à la fin du film. La neige, glaciale, évidemment. La neige qui incite à se presser, à ne pas voir, à ne pas se rencontrer, à fuir l’extérieur. C’est donc à l’intérieur qu’il faut chercher la chaleur. Normalement. A l’intérieur qu’on devrait se croiser donc. Alors, oui, on se croise mais on ne se rencontre pas vraiment.

C’est probablement d’On connaît la chanson que se rapproche le plus ce film, en particulier pour la solitude des personnages. Le dénouement est pourtant radicalement différent et avec les années qui séparent ces deux films la légèreté s’est un peu évaporée. Ainsi, dans On connaît la chanson les personnages chantent. Là, ils déchantent plutôt. Ils sont en quête surtout. En quête de désirs. De désir de vivre, surtout, aussi. Même dans un même lieu, même ensemble, ils sont constamment séparés : par un rideau de perle, par la neige, par une séparation au plafond, par une cloison en verre, par des couleurs contrastées, par des cœurs qui ne se comprennent plus et ne battent plus à l’unisson. Non, ces cœurs-là ne bondissent plus. Ils y aspirent pourtant.

Le coeur se serre plus qu’il ne bondit. A cause des amours évanouis. Des parents disparus. Du temps passé. Ils sont enfermés dans leur nostalgie, leurs regrets même si la fantaisie et la poésie affleurent constamment sans jamais exploser vraiment. La fantaisie est finalement recouverte par la neige, par l’apparence de l’innocence. L’apparence seulement. Chaque personnage est auréolé de mystère. Resnais a compris qu’on peut dire beaucoup plus dans les silences, dans l’implicite, dans l’étrange que dans un excès de paroles, l’explicite, le didactique. Que la normalité n’est qu’un masque et un vain mot.

Comme toujours chez Resnais les dialogues sont très et agréablement écrits. La mise en scène est particulièrement soignée : transitions magnifiquement réussies, contrastes sublimes et saisissants des couleurs chaudes et froides, jeu sur les apparences (encore elles). Rien d’étonnant à ce qu’il ait obtenu le Lion d’Argent du meilleur réalisateur à Venise.

De la mélancolie, Alain Resnais est passé à la tristesse. De l’amour il est passé à la tendresse. Celle d’un frère et d’une sœur qui, à la fin, se retrouvent, seuls, enlacés. Sur l’écran de télévision qu’ils regardent, s’inscrit alors le mot fin. Espérons qu’elle ne préfigure pas la croyance du réalisateur en celle du cinéma, peut-être sa disparition sur le petit écran du moins. Peut-être la fin des illusions du cinéaste.

En suivant les cœurs de ces personnages désenchantés, leurs « cœurs en hiver », Alain Resnais signe là un film particulièrement pessimiste, nostalgique, cruel parfois aussi. On en ressort tristes, nous aussi, tristes qu’il n’ait plus le cœur léger. Un film qui mérite néanmoins d’être vu. Pour ses acteurs magistraux et magistralement dirigés. Pour la voix de Claure Rich vociférant. Pour le vibrant monologue de Pierre Arditi. Pour le regard d’enfant pris en faute de Dussolier. Pour la grâce désenchantée d’Isabelle Carré. Pour la fantaisie sous-jacente de Sabine Azéma. Pour l’égarement de Lambert Wilson. Pour la voix chantante de Laura Morante soudainement aussi monotone que les appartements qu’elle visite. Pour et à cause de cette tristesse qui vous envahit insidieusement et ne vous quitte plus. Pour son esthétisme si singulier, si remarquablement soigné. Pour la sublime photographie d’Eric Gautier. Pour sa modernité, oui, encore et toujours. Parce que c’est une pierre de plus au magistral édifice qu’est l’œuvre d’Alain Resnais.

14:34 Écrit par Sandra Mézière dans CLÔTURE 2014, OUVERTURE 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

03/04/2014

Festival de Cannes 2014 - L'affiche de la 53ème Semaine de la Critique

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Voici le communiqué de presse de la Semaine de la Critique à ce sujet:

Pour sa 53ème édition, la Semaine de la Critique dévoile son affiche qui incarne l’énergie créatrice d’une nouvelle génération de cinéastes en mouvement.

Conçue par l’agence Les bons faiseurs, cette affiche met en scène l’égérie des Rencontres d’après minuit, premier film de Yann Gonzalez, découvert à la Semaine de la Critique. Sous l’objectif du photographe Jean-Claude Moireau, Kate Moran chevauche une moto avec fougue, prête à conquérir de nouveaux horizons.

Consacrée à l’émergence de nouveaux auteurs, la Semaine de la Critique vous emporte dans le sillon de ces jeunes réalisateurs, suivant les traces de leurs prédécesseurs, Chris Marker, Jean Eustache, Paul Morrissey, Ken Loach, Wong Kar-wai, Leos Carax, Arnaud Desplechin, Guillermo del Toro, Jacques Audiard, Alejandro González Iñárritu, Keren Yedaya, Quentin Dupieux ou Jeff Nichols.

La Semaine de la Critique vous donne rendez-vous à Cannes du 15 au 23 mai pour découvrir sa sélection de 10 courts et 10 longs métrages, des premières oeuvres audacieuses témoignant de la vitalité du cinéma.

La Sélection de cette 53ème édition commentée par Charles Tesson, Délégué Général,  sera dévoilée sur le site de la Semaine le lundi 21 avril.

11:17 Écrit par Sandra Mézière dans AFFICHES | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

L'affiche de la Quinzaine des Réalisateurs 2014

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L'affiche de la Quinzaine des Réalisateurs vient d’être dévoilée, une affiche décalée et intrigante qui invite à plonger la tête la première dans le cinéma. L’affiche est signée par Michel Welkinger et la photographie, Cécile Burban (comme l’an passé).

 

"Il y a deux manières extrêmement opposées de voir cette affiche. Soit nous voyons un spectateur qui s'échappe, prend la tangente en pénétrant dans l'écran ... L'échappée belle. Soit cet homme se faufile dans le monde sombre tel qu'il est représenté dans un certain cinéma de l'année 2014, un cinéma qui pourrait en effet être estampillé série noire... si le mot n'était pas déjà breveté" pour Edouard Waintrop, le délégué de la Quinzaine des Réalisateurs. "Comme le suggère cette affiche, les films que nous vous présenterons vous feront entrer dans la dimension du cinéma qui continue d'être du moins nous l'espérons, plus grand que la vie", a-t-il poursuivi.

 

L’an passé la Quinzaine avait couronné « Les Garçons et Guillaume, à table ! » de Guillaume Gallienne dont je vous propose la critique à cette occasion.

Critique de "Les Garçons et Guillaume, à table!" de Guillaume Gallienne

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Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Guillaume Gallienne, vous pourrez difficilement l’oublier après avoir vu « Les Garçons et Gauillaume, à table ! ».

 

« Jet set », « Fanfan la tulipe », « Narco », « Fauteuils d’orchestre »,  « Le concert », « Ensemble, nous allons vivre une très très grande histoire d’amour », « Sagan »,  « Marie-Antoinette » , tels sont quelques-uns des films dans lesquels ce Sociétaire de la Comédie Française a joués jusqu’à présent mais rien de comparable avec « Les garçons et guillaume, à table ! », adaptation du spectacle éponyme de Guillaume Gallienne qui en est le chef d’orchestre…et l’orchestre puisqu’il en signe le scénario, la mise en scène…et deux des rôles principaux (dans son spectacle, il incarnait tous les rôles). Pour son premier film, il ne s’est donc pas facilité la tâche.

 Guillaume Gallienne a déjà reçu de multiples récompenses pour ce film, notamment à la Quinzaine des réalisateurs, où je l’ai vu la première fois, et où il a été acclamé, puis au Festival du Cinéma Américain de Deauville où il a reçu le prix Michel d’Ornano, où je l’ai vu, et avec au moins autant de plaisir, une deuxième fois…et où il a été à nouveau ovationné (cf ma vidéo ci-dessus). Il a également reçu le prix du public au Festival du Film francophone d’Angoulême.

 Ne vous arrêtez donc pas à ce titre de série B qui ne vous semblera plus du tout l’être une fois que vous aurez vu le film, le titre se justifiant alors parfaitement. C’est ainsi que sa mère les appelait, son frère et lui, pour qu’ils viennent dîner : « Les Garçons ET Guillaume, à table ! ». A part déjà. Tout un programme. Très efféminé, il a toujours été considéré par tout le monde comme la fille que sa mère n’a jamais eue, enfin surtout par lui-même, fasciné par cette mère à qui il aurait tant aimé ressembler. Un amour fusionnel (le fond rejoignant alors la forme puisqu’il interprète son rôle) dont il va peu à peu dénouer les fils pour apprendre à savoir qui il est et aime vraiment...   

 Cela débute dans la loge d’un théâtre, celle de Guillaume Gallienne qui se (dé)maquille, enlève son masque de clown (triste ?) avant d’entrer en scène. A nu. La salle retient son souffle. Nous aussi. Dès le début, il happe notre attention et emporte notre empathie, par son autodérision, son écriture précise, cinglante, cruelle et tendre à la fois, ne ressemblant à aucune autre. Puis sa voix, posée et précise comme s’il lisait une partition, nous emporte dans son tourbillon de folie, de dérision, de lucidité tendre et caustique : « Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : "Les garçons et Guillaume, à table !" et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant: "Je t’embrasse ma chérie"; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus. »

 Et s’il ne s’est pas facilité la tâche, c’est parce que non seulement il interprète le rôle de sa mère, aimante (trop ou mal peut-être), sachant rester élégante tout en étant vulgaire, masquant sa tendresse derrière un air revêche et des paroles (fra)cassantes, mais parce qu’il joue aussi son propre rôle… à tous les âges ! Avec un talent tel qu’on oublie d’ailleurs rapidement et totalement qu’il n’a pas l’âge du personnage. La magie du cinéma. Et le talent d’un grand acteur, à tel point qu’il en devient follement séduisant malgré son allure parfois improbable.

 Gallienne multiplie les mises en abyme  et effets narratifs suscitant ainsi un comique de situation en plus de celui du langage qu’il manie avec une dextérité déconcertante et admirable, et qu’il aime visiblement d’un amour immodéré, comme sa mère, à la folie même, avec pour résultat un rythme effréné, un film sans temps mort, d’une drôlerie ravageuse au moins autant que la tendresse et l’émotion qui nous cueillent aux moments parfois les plus inattendus, à l’image d’un autre clown, à la canne et au chapeau melon, qui savait nous bouleverser autant que nous faire rire.

 Dommage que deux scènes cèdent à la facilité, notamment une avec Diane Krüger,  alors que, auparavant, jamais le film n’essayait d’être consensuel ou de répondre aux codes de la comédie. L’interprétation réjouissante nous les fait néanmoins regarder avec indulgence tant la performance de Gallienne est exceptionnelle, y compris dans cette scène et du début à la fin, avec des scènes d’anthologie, sans parler de rôles secondaires tout aussi réjouissants notamment celui incarné par Françoise Fabian, la grand-mère fantasque et doucement folle.

 

Ce film est aussi et avant tout une déclaration d’amour fou  à sa mère (quel personnage !) et aux femmes dont il aime et scrute jusqu’à la respiration, mais aussi aux mots, avec lesquels il jongle admirablement, et au théâtre, qui libère, et même au cinéma avec les codes duquel il s’amuse ici. Même s’il lorgne parfois du côté d’Almodovar, Woody Allen ou de Wilder (avec une réplique finale comme un écho à son « nobody’s perfect »), ce film peut difficilement être plus personnel tout en étant universel et il faut sans aucun doute une tonne de talent et de sensibilité pour transformer son mal être en film burlesque, en ce rafraichissant plaidoyer pour la différence (qui n’est jamais militant), en film aussi atypique, inclassable que celui qui en est l’auteur et l’acteur. Un grand auteur et un très grand acteur. Et une comédie tendre et caustique à voir absolument.

 

11:14 Écrit par Sandra Mézière dans AFFICHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cannes, festival de cannes, cannes 2014, quinzaine des réalisateurs | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

01/04/2014

Création du Prix Découverte Sony CineAlta

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Paris, le 1e avril 2014 : Sony est honoré d’annoncer aujourd’hui son partenariat avec « La Semaine de la Critique » pour le 67eme Festival de Cannes.

« La Semaine de la Critique » est une section parallèle du Festival de Cannes créée en 1962. Elle se consacre à la découverte des nouveaux talents du cinéma en présentant des premiers et seconds films du monde entier ainsi qu’une compétition de courts métrages qui lui a permis par le passé de révéler François Ozon, Gaspar Noé, Andrea Arnold ou James Franco. Au terme des sept jours de projections sont décernés cinq prix dont les deux principaux sont :

• le Prix Découverte Sony CineAlta, qui récompense le meilleur court ou moyen métrage en Compétition.
• le Grand Prix Nespresso, qui récompense le meilleur long métrage en Compétition

Sony a toujours eu à cœur d’encourager les futurs talents de la production cinématographique. C’est pourquoi il remettra une dotation de 4 000 € au réalisateur du film primé au sein de la compétition.

Rémi Bonhomme, Coordinateur général de la Semaine de la Critique, déclare : « La Semaine de la Critique cultive un esprit dynamique, audacieux, voire impertinent qui lui assure une présence singulière et remarquée au sein du Festival de Cannes. Nous avons reconnu ces valeurs chez Sony, nous sommes convaincus que la marque saura accompagner les jeunes talents sur le long terme. »

Fabien Pisano, Directeur Marketing chez Sony déclare « Nous sommes ravis de faire partie de l’aventure du Festival de Cannes avec la Semaine de la Critique. Nous souhaitons accompagner les jeunes créateurs dès le début de leur parcours en mettant à leur disposition nos meilleures innovations. C’est un vrai plaisir de voir un réalisateur s’emparer d’une nouvelle technologie comme le 4K pour exprimer son talent et sa vision »

Le Jury, présidé par un(e) cinéaste accompagné de quatre professionnels du cinéma, sera annoncé très prochainement. Depuis sa création en 2003, le Prix Découverte a révélé de nombreux cinéastes novateurs : Juliana Rojas et Marco Dutra, Jérémy Clapin, Wi Ding Ho, Valery Rosier, le collectif H5, Guillaume Gouix, Damien Manivel, Ariel Kleiman ou plus récemment Daria Belova.

Pour célébrer ce nouveau partenariat ainsi que le premier anniversaire des caméras « CineAlta Série-F » (F5, F55 et F65), Sony met en place un concours. En se connectant sur la page Facebook Sony Professional Europe à partir du 1 avril, les participants pourront gagner un voyage à Cannes pendant le festival et des pass Semaine de la Critique.

11:11 Écrit par Sandra Mézière dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

14/03/2014

Jury de la Cinéfondation et des courts métrages du Festival de Cannes 2014

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Le Jury 2014 de la Cinéfondation et des Courts métrages réunira autour de son président, Abbas KIAROSTAMI (Iran), les réalisateurs Noémie LVOVSKY (France),  Daniela THOMAS (Brésil),  Mahamat-Saleh HAROUN (Tchad), et Joachim TRIER (Norvège).
Ils auront à décerner trois prix parmi les films d’étudiants d’écoles de cinéma du monde entier présentés dans la Sélection Cinéfondation qui sera annoncée ultérieurement. 


Les Prix de la Cinéfondation seront annoncés par le Jury, jeudi 22 mai, lors d’une cérémonie qui sera suivie de la projection des films primés.
Le Jury devra également désigner la Palme d’or du Court métrage qui sera remise lors de la cérémonie du Palmarès, samedi 24 mai.
 
A cette occasion, je vous propose, ci-dessous, la critique d'un film pour lequel j'avais eu un véritable coup de foudre "Copie conforme" de Kiarostami découvert au Festival de Cannes 2010.

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La sélection de ce film avait (à tort) suscité quelques remous avant même son annonce officielle en raison de la présence de Juliette Binoche au casting également sur l'affiche officielle du 63ème Festival de Cannes parce que ce serait susceptible sans doute d'influer sur le vote du jury. Vaine polémique (mais Cannes aime, aussi, les polémiques surtout quand elles sont vaines) à laquelle son jeu magistral est une cinglante réponse.

« Copie conforme » est le premier film du cinéaste iranien tourné hors de ses frontières, un film qu'il a écrit pour Juliette Binoche.

Face à James (William Shimell), un écrivain quinquagénaire anglo-saxon qui donne en Italie, à l'occasion de la sortie de son dernier livre, une conférence ayant pour thème les relations étroites entre l'original et la copie dans l'art elle est une jeune femme d'origine française, galeriste qu'il rencontre. Ils partent ensemble pour quelques heures à San Gimignano, petit village près de Florence. Comment distinguer l'original de la copie, la réalité de la fiction ? Ils nous donnent ainsi d'abord l'impression de se rencontrer puis d'être en couple depuis 15 ans.

Selon James, lors de sa conférence,  une bonne copie peut valoir un original et tout le film semble en être une illustration. James et la jeune femme semblent jouer à « copier » un couple même si la réponse ne nous est jamais donnée clairement. Peut-être est-elle folle ? Peut-être entre-t-elle dans son jeu ? Peut-être se connaissent-ils réellement depuis 15 ans ? Ce doute constitue un plaisir constant pour le spectateur qui devient alors une sorte d'enquêteur cherchant dans une phrase, une expression une explication. Il n'y en aura pas réellement et c'est finalement tant mieux.

Ainsi Kiarostami responsabilise le spectateur. A lui de construire son propre film. Les personnages regardent souvent face caméra en guise de miroir, comme s'ils se miraient dans les yeux du spectateur pour connaître leur réelle identité. « Copie conforme » est donc un film de questionnements plus que de réponses et c'est justement ce qui le rend si ludique, unique, jubilatoire. Le jeu si riche et habité de Juliette Binoche, lumineuse et sensuelle, peut ainsi se prêter à plusieurs interprétations.

Un film qui nous déroute, un film de contrastes et contradictions, un film complexe derrière une apparente simplicité. A l'image de l'art évoqué dans le film dont l'interprétation dépend du regard de chacun, le film est l'illustration  pratique de la théorie énoncée par le personnage de James. De magnifiques et longs plans-séquences, des dialogues brillants, une mise en scène d'une redoutable précision achèvent de faire de ce film en apparence si simple une riche réflexion sur l'art et sur l'amour.

William Shimell (chanteur d'opéra dont c'est le premier rôle) et Juliette Binoche excellent et sont aussi pour beaucoup dans cette réussite. Un film sur la réflexivité de l'art  qui donne à réfléchir. Un dernier plan délicieusement énigmatique et polysémique qui signe le début ou le renouveau ou la fin d'une histoire plurielle. Un très grand film à voir absolument. Un vrai coup de cœur.

« Copie conforme » est le 9ème film présenté à Cannes par Kiarostami qui a par ailleurs été membre du jury longs métrages  en 1993, du jury de la Cinéfondation en 2002 et Président du jury de la Caméra d'Or en 2005. Enfin, il a  remporté la Palme d'Or en 1997 pour "Le goût de la cerise."

Juliette Binoche raconte ainsi sa rencontre avec Kiatostami: "Je suis partie en Iran rencontrer Abbas (je l'avais croisé à Cannes, à l'Unesco, chez Jean-Claude Carrière). Il m'a dit "Viens à Téhéran !". Je l'ai cru, j'y suis allée, deux fois. Un soir il m'a raconté l'histoire que nous avons tourné ensemble cet été, il m'a raconté chaque détail, le soutien-gorge, le restaurant, l'hôtel, bref, il m'a dit que c'était une histoire qui lui était arrivée. A la fin, après avoir parlé pendant 45 minutes dans un anglais impeccable, il m'a demandé : "Tu me crois ?". Je lui ai dit : "Oui". Il m'a dit : "Ce n'est pas vrai !". Je suis partie d'un éclat de rire qui lui a donné envie de faire ce film, je crois !", explique-t-elle.

11:38 Écrit par Sandra Mézière dans JURYS 2014 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |

10/02/2014

Le palmarès du Festival de Cannes 2014 annoncé le samedi 24 Mai

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Exceptionnellement le palmarès du Festival de Cannes sera dévoilé une journée plus tôt, changeant un peu les habitudes des festivaliers, pour cause d'élections européennes. Que chacun se rassure, les séance de rattrapage de fin de festival sont maintenues. Retrouvez le communiqué de presse du festival à ce sujet ci-dessous.

En raison des élections européennes qui se dérouleront le dimanche 25 mai, la direction du Festival de Cannes a décidé de dévoiler le Palmarès de sa 67e édition la veille, le samedi 24 mai, lors de la traditionnelle cérémonie au Grand Théâtre Lumière.

Le dernier film de la compétition sera projeté le vendredi 23 mai et le jury délibérera le lendemain pour désigner les lauréats.

De fait, l’annonce des prix Un Certain Regard aura lieu dans la soirée du vendredi 23 mai, les Prix de la Cinéfondation étant  décernés l’après-midi du même jour, comme à leur habitude.

Pendant le week-end du 24 et 25 mai, tous les films de la Sélection officielle feront l’objet d’une reprise dans les salles du Palais. Le Festival se terminera ainsi le dimanche 25 mai par la projection de la Palme d’or.

17:07 Écrit par Sandra Mézière dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |