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IN THE MOOD FOR CANNES 2024

  • Nomade - Vega La Plage : le lieu incontournable du 77ème Festival de Cannes (par Le Perchoir et Cartel)

    Nomade Vega la plage 2024.jpg

    L'an passé, je vous avais parlé à plusieurs reprises de la Plage Nomade, et notamment des formidables concerts qui s'y tenaient en fin de journée (Favien Berger, Irène Dresel ou encore Thomas de Pourquery), en partenariat avec la Sacem, société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique. Alors que la sélection officielle du 77ème Festival de Cannes a été annoncée hier (retrouvez mon article la détaillant sur Inthemoodforcinema.com, là, mais aussi, dans l'article précédent sur Inthemoodforcannes.com), Nomade vient également d'annoncer sa nouvelle présence cannoise qui, à n'en pas douter, en fera de nouveau le lieu incontournable de la Croisette pendant le Festival du Film.

    NOMADE, résidence artistique itinérante et agence expérientielle imaginée par les fondateurs de Cartel et du Perchoir, reconnue pour ses collaborations uniques avec les communautés du cinéma, de la musique, des arts, et de la gastronomie, annonce ainsi de nouveau sa présence au Festival de Cannes cette année encore, chez VEGA la Plage, au cœur de la Croisette.

    Cette année, VEGA la Plage se transforme pour accueillir les invités dans un cadre rénové, lieu d'exception de la Croisette. La plage séduit par son atmosphère qui marie avec talent : sobriété, tendance et élégance.

    C’est dans ce cadre idyllique que Nomade a choisi de poser ses valises pendant toute la durée du Festival de Cannes. 

    La journée, la plage proposera des espaces dédiés aux professionnels, comprenant des espaces lounges pour organiser vos rendez-vous et pour accueillir les besoins de la presse. L’agence Cartel apporte au projet toute son expérience pour offrir aux médias une vue imprenable face à la mer, les pieds dans le sable pour illustrer les sujets cannois.

     Á l’heure de l’apéritif, la plage accueillera les festivaliers pour des moments de networking et de détente avec une programmation bientôt annoncée. Et pour la 2ème année consécutive, NOMADE installe son iconique terrain de pétanque.

    Côté SUNSET LIVE SACEM, c’est dans l’espace verdoyant du JARDIN CROISETTE, à 3 mn de notre plage, que NOMADE vous attend pour découvrir ou redécouvrir les compositrices, les compositeurs et interprètes qui participent à la magie du cinéma. Après Flabien Berger, Irène Dresel ou encore Thomas de Pourquery, 2024 promet encore une programmation réjouissante.

     En partenariat avec la Sacem, société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique.

     Á la nuit tombée, NOMADE célèbrera les films en sélection ainsi que les grands rendez-vous du festival. Karl Planck, notre DA, proposera une programmation musicale à la fois pointue et festive.

    Du côté de l’assiette, après Adrien Cachot, Julien Duboué, Juan Arbelaez, NOMADE invite cette année Gianmarco Gorni (Top Chef 2020) et son acolyte Hubert Niveleau à revisiter la carte de la plage VEGA.

    La nouvelle résidence du Perchoir Ménilmontant VECCHIO qui fait vibrer le tout Paris depuis son ouverture viendra faire souffler un vent de Little Italy sur le festival.

     Parmi les plats du menu qui sera proposé pendant le Festival, Linguine alle vongole, Poulpe grillé-arrabiata, Calamars frits-spicy mayo, Meatballs et Arancino-cheddar-mayo épicée.

     NOMADE • VEGA LA PLAGE

    14 MAI - 25 MAI 2024

    BD de la Croisette

    06400 Cannes

     

    Catégories : SOIREES ET CONCERTS Lien permanent 0 commentaire Pin it! Imprimer
  • Programme du 77ème Festival de Cannes : les films de la sélection officielle 2024

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    Ce matin, à l’UGC Normandie, avait lieu l’annonce de la sélection officielle du 77ème Festival de Cannes qui se tiendra du 14 au 25 mai 2024, et que j’aurai le plaisir de couvrir pour la 22ème année consécutive. Comme le veut la tradition, la Présidente du Festival, Iris Knobloch (qui a succédé à Pierre Lescure qui lui-même a succédé à Gilles Jacob), a présenté cette édition et remercié les partenaires, après avoir rappelé que l'édition 2023 avai été celle de tous les records et que «la magie du grand écran est intacte. Plus que jamais, c'est au cinéma que le film a rendez-vous avec son histoire. C'est là qu'il a construit une légende », tandis que le Délégué général, Thierry Frémaux a annoncé la sélection officielle. Entre les « habitués » (Carax, Larrieu, Audiard, Coppola, Sorrentino, Cronenberg, Jia Zhang-Ke, Honoré, Lanthimos, Lellouche -pour la première fois en compétition- ) dont il est toujours réjouissant de découvrir de nouvelles œuvres et des cinéastes en devenir, venant des quatre coins du monde (comme Diamant brut d’Agathe Riedinger, un premier film français mais aussi beaucoup de premiers films d'origines très diverses et des films d’acteurs passés derrière la caméra, comme Daniel Auteuil pour un polar, Arianne Labed ou encore Noémie Merlant ou Laetitia  Dosch), cette sélection s’annonce hétéroclite et réjouissante avec, également, des montées des marches très « hollywoodiennes » : George Lucas, Richard Gere, Kevin Costner, Nicolas Cage, Demi Moore, Uma Thurman, Adam Driver, Francis Ford Coppola

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    Avec des films de Somalie, d’Inde, de Chine, du Vietnam, de Guinée, d’Ukraine etc, comme chaque année, la sélection officielle du Festival de Cannes permettra de dresser un état du monde cinématographique mais surtout un état des lieux du monde, en braquant ses projecteurs sur ses ombres et ses lumières.

    Comme le veut la tradition, quelques ajouts, « moins d’une dizaine de films », viendront compléter cette sélection. Le film de clôture n’a « pas encore été décidé », a souligné Thierry Frémaux. Le Festival de Cannes sera ouvert avec Le Deuxième Acte de Quentin Dupieux, un film au générique duquel figurent Vincent Lindon, Léa Seydoux, Louis Garrel, Raphaël Quesnard, une « comédie tout à fait réussie à la Dupieux qui nous mettra dans une belle humeur pour vivre ces 12 jours, un film qui repose beaucoup sur le cinéma et qui parle de cinéma. »  « Un festival dont on a décidé avec Iris et toute l’équipe qu'il serait pacifique, pacifié, joyeux et généreux et qu’on ne parlera que de cinéma ». C’est par ces mots que Thierry Frémaux a terminé cette annonce de sélection que je vous présente ci-dessous.

    Greta Gerwig présidera le jury de cette 77ème édition qui aura la passionnante mission de décerner la palme d’or parmi les 19 films en lice (pour l’instant) dont deux réalisés par des cinéastes ayant déjà obtenu la palme d’or (Coppola et Audiard). Le 25 mai, nous saurons qui succédera à Anatomie d’une chute de Justine Triet, lauréate de la palme d’or 2023 décernée par le jury de Ruben Östlund. Iris Knobloch a ainsi souligné que « Gerwig aime à réinventer les codes du cinéma. Elle embrasse tous les genres et s’adresse à tous les publics. Comme nous, elle valorise tous les métiers du cinéma puisqu’elle a été autrice, actrice et réalisatrice. Une jeune femme libre pleine d’idées et de talent ».

    Les cérémonies d’ouverture et de clôture seront présentées par Camille Cottin. « Notre maîtresse de cérémonie sera une autre femme brillante et engagée », a ainsi rappelé Iris Knobloch.  « Que des femmes tiennent cette année le haut de l’affiche me réjouit tout particulièrement » a-t-elle ajouté.

    Xavier Dolan présidera le jury Un Certain regard. « Je suis très heureuse que Xavier Dolan ait accepté de présider le jury Un certain regard » a spécifié Iris Knobloch.

    Une palme d’or d’honneur sera remise à Georges Lucas. « Célébrer les jeunes prodiges du cinéma aussi bien que les légendes vivantes a toujours été l’ADN du festival. Nous remettrons une palme d’or d’honneur à Lucas qui a fait entrer tant de héros dans la mythologie cinématographique qu’il est devenu un mythe lui-même. »

    Thierry Frémaux a annoncé la sélection officielle, après avoir précisé que ses équipes avaient cette année visionné 2000 films, et après avoir dédié la sélection à Michel Ciment récemment disparu :

    « Quand on repart en arrière, quand on lit l’histoire du festival, on s’aperçoit qu’elle est intimement liée à l’histoire de la critique et de la presse qui font aussi le Festival de Cannes. Je voudrais avoir une pensée pour le cinéma argentin qui connaît de grandes difficultés. Cette année, c’est à Michel Ciment qu’on voudrait dédier cette sélection, Michel qui a été membre du jury, qui était le fer de lance de la revue Positif, qui écrivait inlassablement sur les films, et il va nous manquer. La sélection cette année n’a pas été spécialement facile à faire. Le cinéma américain a été impacté par une longue grève. Un arrêt de plusieurs mois dans l’industrie hollywoodienne impacte forcément le Festival de Cannes. Le cinéma américain sera cependant tout à fait présent : Costner, Lucas. Columbia fêtera ses 100 ans à Cannes. »

    Thierry Frémaux a d’abord présenté les films de la section Cannes Première rappelant que le but pour les cinéastes était de « montrer leurs films sans autre enjeu. Le plaisir d’être en Debussy et de projeter leurs derniers travaux. Dans notre élan, nous aimons aussi que nos films soient vus et que les films marchent très bien en salles. »

    SÉANCES SPECIALES

    La belle de Gaza de Yolande Zauberman : « histoire des transsexuels qui vont à Tel Haviv vivre leur nouvelle identité, filmée et écrite avant la guerre et qui prend une résonance particulière pour continuer d’explorer ce territoire douloureux de notre planète. »

    Claire Simon présentera Apprendre, un film sur les enseignants, un « film tout à fait fort et émouvant comme l’est celui du cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa, L’invasion, « pas un film sur l’invasion russe mais sur les conséquences et ce qui se passe quand un pays envahi par un ennemi. »

    Raoul Peck présentera un documentaire qui s’appelle Ernest Cole, photographe, « une des plus grandes voix de la photo contemporaine. Ce film ramène aussi le passé au présent, le passé en l’occurrence était celui de l’Apartheid en Afrique du Sud, pays dans lequel il a grandi ».

    Daniel Auteuil viendra présenter Le Fil, un polar dans lequel il joue également avec Grégory Gadebois (un film distribué par la petite maison de production qui monte, Zinc, dont je vous avais déjà parlé ici à plusieurs reprises.) « Là où a été montré l’an passé Le Théorème de Marguerite, petit film qui a connu très belle carrière jusqu’aux César pour l’actrice meilleure révélation de l’année » a tenu à souligner Thierry Frémaux (un film également présenté au Festival de La Baule dans le cadre duquel il fut également primé et dont je vous avais parlé ici).

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    CANNES PREMIERE

    Alain Guiraudie viendra présenter Miséricorde, lequel « qui avait marqué le festival avec L’Inconnu du Lac à Un Certain Regard. Un film sur la circulation du désir des corps des regards entre les hommes. »

    C’est pas moi, le film de Leos Carax : « un essai esthétique comme le ferait un écrivain. Film assez court, très fulgurant, très brillant. »

    Nabil Ayouch pour Everybody loves Touda : « L’histoire d’une chanteuse et la manière dont parfois les chanteuses au Maroc étaient considérées comme autre chose et ne pouvaient pas complètement accomplir leur vocation d’artiste. »

    - En Fanfare d’Emmanuel Courcol

     - Rithy Panh présentera Rendez-vous avec Pol pot

    - Arnaud et Jean-Marie Larrieu seront de retour pour Le roman de Jim, un film avec Sara Giraudeau.

    SÉANCES DE MINUIT

    Thierry Frémaux a rappelé que Les Séances de Minuit étaient là « pour accueillir à Cannes un cinéma dont on pouvait penser il y a quelques années qu’il n’avait pas sa place à Cannes. »

    Au programme cette année, « deux films de genres qui sont aussi de grands films de metteurs en scène » : Twilight of the warrior walled in de Soi Cheang et I, The Executioner de Seung Wan Ryoo.

    Également en séance de minuit : The Surfeur de Nicolas Cage : « le film raconte l’histoire de Cage qui ayant grandi dans une petite baie en Australie décide de revenir faire du surf avec son fils. »

    Les femmes au balcon, la deuxième réalisation de Noémie Merlant, « comédie féministe à Marseille. »

    HORS COMPÉTITION

    Furiosa, une saga Mad Max de George Miller, « au lendemain de l’ouverture ».  « Lucas et lui sont de grandes imaginations venues nourrir le cinéma de personnages nouveaux. »

    Horizon de Kevin Costner, « première partie d’une saga américaine dirigée par Costner. Longue adaptation d’une vision de la conquête de l’Amérique.»

    She’s got no name de Chan Peter Ho-Sun, « plus grosse production chinoise de l’année.  Grand film d’auteur populaire ».

    Rumours, « coréalisation à 3 voix » de Evan Johnson, Galen Johnson et Guy Maddin. « Film qui raconte l’histoire d’un G7. Denis Ménochet campe le président français. Les dessous de la réunion des grands de ce monde. Comédie ironique et politique, extraordinairement instructive. »

    UN CERTAIN REGARD

    The Shameless de Konstantin Bojanov

    Le Royaume de Julien Colonna, un premier film, une « histoire d’apprentissage d’une jeune fille qui va apprendre les règles et les histoires de la communauté dans laquelle elle a grandi. »

    Vingt Dieux, premier film de Louise Courvoisier, qui « a gagné la Cinéfondation il y a quelques années. »

    Laetitia Dosch réalise son premier film une comédie intitulée Le procès du chien « dans ce monde où on est de plus en plus à interroger la justice pour telle ou telle raison. Film plein de choses formidables. Entrée suisse. »

    Black dog de Duan Hu, « film chinois qui raconte l’histoire il y a quelques années quand se préparaient les jeux de Pékin, quand le gouvernement chinois a décidé d’éliminer tous les chiens errants. Histoire d’un homme chargé d’évacuer tous les chiens. »

    The village next to paradise de Mo Harawe, un film somalien, un premier film.

    - « Autre premier film de comédienne, mais qui se révèle une cinéaste pleine de conviction Arianne Labed », September says, « un film tourné à Londres, un film d’échanges entre deux adolescentes et leur mère. »

    L’histoire de Souleymane de Boris Lojkine, « personnage qui incarne tous les personnages que nous voyons dans les rues de Paris, de Lyon, ces gens qui vont livrer des repas pour des grandes enseignes mondiales. »

    - Roberto Minervini avec Les Damnés, « quelqu’un qui vient du documentaire, film de guerre de Sécession sur la guerre civile des jeunes soldats en mission avec un ennemi invisible. Un des grands intérêts du film est la manière dont il renouvelle le regard sur le quotidien de la guerre et le ressenti de jeunes soldats. »

    - « Première entrée de l’histoire du Festival de Cannes de la Zambie et de la Guinée puisque c’est un film entre les deux pays » : On becoming a Guinea fowl de Rungano Nyoni, « comédie dramatique familiale assez forte et assez inédite pour nous qui ne sommes pas de ces pays, une cinéaste nous raconte ce que sont les rapports humains, et femmes / hommes dans ces pays. »

    - Le film d’un jeune cinéaste japonais Hiroshi Okuyama, My Sunshine, que Thierry Frémaux compare à Kore-Eda. « Des films pour lesquels on voit dix minutes et on sait s’il y a quelque chose de proprement cinématographique et c’est le cas de tous ces films un Certain Regard. »

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    Santosh de Sandhya Suri, « cinéaste indienne d’une génération de cinéastes venus d’Inde, pays qu’on a plaisir à voir revenir. »

    Viet and Nam, de Truong Minh Quý, « cinéaste vietnamien qui, l’an passé, a gagné La Caméra d’or. »

    Armand, premier film de Halfdan Ullmann Tøndel, « par ailleurs petit fils de Liv Ullmann. »

    COMPÉTITION

    The Apprentice de Ali Abbasi, un « cinéaste iranien qui vit en Suède dont on avait montré Border, film fantastique qui avait gagné Un Certain Regard. Là, il s’agit d’un film américain. L’apprenti n’est ni plus ni moins que Donald Trump, il raconte ses jeunes années. »

    - Motel destino de Karim Aïnouz, « film brésilien film très personnel »

    - Bird d’Andrea Arnold, « récit d’apprentissage d’une jeune fille dans une banlieue anglaise qui va essayer de s’évader de la fatalité sociale à laquelle sa naissance la destinait. Style caméra à l’épaule. Cinéma extraordinairement nécessaire pour nous raconter l’histoire des pays. »

    Emilia Perez de Jacques Audiard (lauréat de la palme d’or en 2015 avec Dheepan) comédie musicale chez les cartels mexicains. « J’en dis pas plus. Et cela nous permettra d’accueillir Zoe Saldana et Selena Gomez » précisé Thierry Frémaux.

    Anora de Sean Baker 

    Megalopolis de Francis Ford Coppola.  « On est très heureux d’accueillir celui qui fait partie du club fermé des réalisateurs ayant gagné deux palmes d’or, La Conversation -en 1974- et Apocalypse now – en 1979-. Film qu’il voulait faire de longue date. On est très heureux. Il est cher à notre cœur. »

    Les Linceuls de David Cronenberg, un film qui « évoque la perte d’un être cher », avec Vincent Cassel et Diane Kruger.

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    ©   Gravetech Productions Inc. / SBS Productions

    The Substance de Coralie Fargeat, « deuxième entrée française pour un film complètement américain avec Demi Moore. Film gore assumé. Pas mal de sang sur l’écran dont on a le sentiment qu’il traverse l’écran. »

    Grand tour de Miguel Gomes. « Film en partie en noir et blanc et en couleurs. D’une grande virtuosité visuelle. Voix très singulière du cinéma d’auteur européen. »

    Marcello mio de Christophe Honoré.  « La fille de Mastroianni qui tout à coup décide de refaire un petit voyage dans l’esprit de son père. Deneuve également dans ce film. Luchini, Biolay, Poupaud. Fiction mais une histoire réelle. »

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    Caught by the tides de Jia Zhang-Ke :  « grand maître chinois qui a eu aussi à traverser le covid dans un pays qui a eu d’autres stratégies que le monde occidental et qui n’a pas cessé de travailler pour ce qui est un film d’une grande fluidité narrative à travers un mélange d’images d’archives, de fiction, de vidéos, d’images incroyablement travaillées et qui dit de la Chine quelque chose qu’on n’a pas l’habitude de voir à travers un certain nombre de personnages qui font que le voyage vaut la peine. »

    All we imagine as light de Payal Kapadia.

    - Kinds of kindness de Yorgos Lanthimos avec Emma Stone et Willem Dafoe

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    © Atsushi Nishijima

    - Troisième entrée française avec Gilles Lellouche et L’amour ouf.

    Diamant brut d’Agathe Riedinger, un premier film français. « Je ne vais pas dire que c’est la petite fille des Dardenne mais une petite nièce du sud de la France. Personnage une jeune fille que la caméra très virtuose suit, qui a des rêves, des utopies, un accomplissement qui passe beaucoup par une deuxième existence virtuelle sur les réseaux. Film extrêmement contemporain, moderne. Ce film avait la force pour que Cannes continue d’être une terre de découverte. »

    Oh Canada de Paul Schrader, « un grand metteur en scène et un grand cinéphile bressonien, l’occasion de retrouver Richard Gere pour ce dernier scénario tourné de Russell Banks tourné l’an passé. Une comédie funèbre mais pas triste sur le vieillissement, sur le retour sur une vie. »

    Limonov – The Ballad de Kirill Serebrennikov

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    ©  Gianni Fiorito

    Parthenope de Paolo Sorrentino, « après un détour par d’autres supports, la série notamment avec The young Pope, il revient pour un film tourné à Naples, l’histoire d’une jeune fille dont le problème est qu’elle est jeune et belle et qui voudrait être considérée pour autre chose. Des sociétés différentes qui se côtoient, basse et haute société et des intellectuels. »

    The girl with the needle de Magnus von Horn, « le moins connu, première entrée en sélection officielle et compétition, film tourné en noir et blanc d’époque au tournant du 19ème et 20èeme, les difficultés pour les ouvrières de continuer à exister dans le désir de liberté de l’esprit et du corps. »

    SÉLECTION OFFICIELLE

    FILM D'OUVERTURE

    LE DEUXIÈME ACTE

    Quentin Dupieux

    Hors Compétition

    COMPÉTITION

    THE APPRENTICE

    Ali Abbasi

    MOTEL DESTINO

    Karim Aïnouz

    BIRD

    Andrea Arnold

    EMILIA PEREZ

    Jacques Audiard

    ANORA

    Sean Baker

    MEGALOPOLIS

    Francis Ford Coppola

    THE SHROUDS

    David Cronenberg

    THE SUBSTANCE

    Coralie Fargeat

    GRAND TOUR

    Miguel Gomes

    MARCELLO MIO

    Christophe Honoré

    FENG LIU YI DAI (CAUGHT BY THE TIDES)

    Jia Zhang-Ke

    ALL WE IMAGINE AS LIGHT

    Payal Kapadia

    KINDS OF KINDNESS

    Yórgos Lánthimos

    L'AMOUR OUF

    Gilles Lellouche

    DIAMANT BRUT

    Agathe Riedinger

    1er film

    OH CANADA

    Paul Schrader

    LIMONOV - THE BALLAD

    Kirill Serebrennikov

    PARTHENOPE

    Paolo Sorrentino

    PIGEN MED NÅLEN (THE GIRL WITH THE NEEDLE)

    Magnus von Horn

    UN CERTAIN REGARD

    NORAH

    Tawfik Alzaidi

    THE SHAMELESS

    Konstantin Bojanov

    LE ROYAUME

    Julien Colonna

    1er film

    VINGT DIEUX !

    Louise Courvoisier

    1er film

    LE PROCÈS DU CHIEN (WHO LET THE DOG BITE?)

    Laetitia Dosch

    1er film

    GOU ZHEN (BLACK DOG)

    Guan Hu

    THE VILLAGE NEXT TO PARADISE

    Mo Harawe

    1er film

    SEPTEMBER SAYS

    Ariane Labed

    1er film

    L'HISTOIRE DE SOULEYMANE

    Boris Lojkine

    LES DAMNES

    Roberto Minervini

    ON BECOMING A GUINEA FOWL

    Rungano Nyoni

    BOKU NO OHISAMA (MY SUNSHINE)

    Hiroshi Okuyama

    SANTOSH

    Sandhya Suri

    VIET AND NAM

    Truong Minh Quý     

    ARMAND

    Halfdan Ullmann Tøndel

    1er film

    HORS COMPÉTITION

    SHE'S GOT NO NAME

    Chan Peter Ho-Sun

    HORIZON

    Kevin Costner

    RUMOURS

    Evan Johnson, Galen Johnson & Guy Maddin

    FURIOSA : UNE SAGA MAD MAX

    George Miller

    SÉANCES DE MINUIT

    TWILIGHT OF THE WARRIOR WALLED IN

    Soi Cheang

    THE SURFER

    Lorcan Finnegan

    LES FEMMES AU BALCON

    Noémie Merlant

    I, THE EXECUTIONER

    Seung Wan Ryoo

    CANNES PREMIÈRE

    EVERYBODY LOVES TOUDA

    Nabil Ayouch

    C’EST PAS MOI

    Leos Carax

    EN FANFARE

    Emmanuel Courcol

    MISÉRICORDE

    Alain Guiraudie

    LE ROMAN DE JIM

    Arnaud Larrieu & Jean-Marie Larrieu

    RENDEZ-VOUS AVEC POL POT

    Rithy Panh

    SÉANCES SPÉCIALES

    LE FIL

    Daniel Auteuil

    ERNEST COLE, PHOTOGRAPHE

    Raoul Peck

    L’INVASION

    Sergei Loznitsa

    APPRENDRE

    Claire Simon

    LA BELLE DE GAZA

    Yolande Zauberman

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  • 76ème Festival de Cannes : palmarès détaillé et commenté

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    Cette 76ème édition a été à l’image de sa cérémonie d’ouverture : d’une grande sobriété et élégance. Ce « cru » 2023 fut particulièrement exceptionnel avec d’immenses films qui resteront indéniablement dans l’histoire du cinéma. Une histoire que Cannes continue d’écrire, éditions après éditions.

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    Le Jury de ce 76ème Festival de Cannes, présidé par le réalisateur suédois Ruben Östlund, entouré de la réalisatrice marocaine Maryam Touzani, l’acteur français Denis Ménochet, la scénariste et réalisatrice britanico-zambienne Rungano Nyoni, l’actrice et réalisatrice américaine Brie Larson, l’acteur et réalisateur américain Paul Dano, l’écrivain afghan Atiq Rahimi, le réalisateur argentin Damián Szifron, ainsi que la réalisatrice française Julia Ducournau, a donc remis son palmarès parmi les 21 films présentés en Compétition cette année. Un palmarès qui me réjouit tout particulièrement puisqu’y figurent tous les films pour lesquels j’ai partagé ici mon enthousiasme au cours de ces 11 jours, au premier rang desquels la palme d’or décernée à Justine Triet pour Anatomie d’une chute, devenant ainsi la 10ème palme d'or française, un film palpitant sur le doute, le récit, la vérité, la complexité du couple, et plus largement des êtres. Un film qui fait une confiance absolue au spectateur. Un film dont le rythme ne faiblit jamais, que vous verrez au travers du regard de Daniel, l'enfant que ce drame va faire grandir violemment, comme lui perdu entre le mensonge et la vérité, juge et démiurge d’une histoire qui interroge, aussi, avec maestria, les pouvoirs et les dangers de la fiction.

    Je me réjouis également du Grand Prix décerné à The Zone of interest dans lequel Jonathan Glazer prouve d’une nouvelle manière, singulière, puissante, audacieuse et digne, qu’il est possible d’évoquer l’horreur sans la représenter frontalement, par des plans fixes, en nous en montrant le contrechamp, reflet terrifiant de la banalité du mal, non moins insoutenable, dont il signe une démonstration implacable. Cette image qui réunit dans chaque plan deux mondes qui coexistent et dont l’un est une insulte permanente à l’autre est absolument effroyable.  Si cette famille nous est montrée dans sa quotidienneté, c’est avant tout pour nous rappeler que la monstruosité peut porter le masque de la normalité. L’intelligence réside aussi dans la fin, qui avilit le monstre et le fait tomber dans un néant insondable tandis que nous restent les images de ce musée d’Auschwitz dans lequel s’affairent des femmes de ménage, au milieu des amas des valises, de chaussures et de vêtements, et des portraits des victimes. C’est d’eux dont il convient de se souvenir. De ces plus de cinq millions de morts tués, gazés, exterminés, parfois par des journées cyniquement ensoleillées. Un passé si récent comme nous le rappellent ces plans de la maison des Höss aujourd’hui transformée en mémorial. Une barbarie passée contre la résurgence de laquelle nous avons encore trop peu de remparts. Le film s’achève par un écran noir accompagné d’une musique lugubre, là pour nous laisser le temps d’y songer, de nous souvenir, de respirer après cette plongée suffocante, et de reprendre nos esprits et notre souffle face à l’émotion qui nous submerge. Un choc cinématographique. Un choc nécessaire. Pour rester en alerte. Pour ne pas oublier les victimes de l’horreur absolue mais aussi que le mal peut prendre le visage de la banalité. Un film brillant, glaçant, marquant, incontournable. Avec ce quatrième long-métrage (après Sexy Beast, Birth, Under the skin) Jonathan Glazer a apporté sa pierre à l'édifice mémoriel. De ce film, vous ne ressortirez pas indemnes. Vous ne pourrez pas (l') oublier. Voyez-le, impérativement.

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    Le jury du prix CST de l’artiste-technicien a également décerné le prix 2023 à Johnnie Burn, Sound Designer et Chef monteur son du film. « Sa création sonore incarne, par l’hors-champ, l’horreur du génocide et questionne notre humanité » a ainsi déclaré le jury. Je vous avais ainsi parlé l’autre jour du rôle primordial que joue le son dans ce film. D’abord, ces notes lancinantes et douloureuses, avant même la première image, qui viennent déjà heurter notre tranquillité, nous avertir que la sérénité qui lui succèdera sera fallacieuse. Avant même le premier plan, ce qui nous interpelle, c’est le son, incessant, négation permanente de la banalité des scènes de la maisonnée. C’est le bruit d’un wagon. Ce sont des cris étouffés. Ce sont des coups de feu. Ce sont des aboiements. Ce sont ces ronronnements terrifiants et obsédants des fours crématoires. Mais c’est l’arrière-plan aussi qui teinte d’horreur tout ce qui se déroule au premier, cette indifférence criante qui nous révulse. Je ne saurais citer un autre film dans lequel le travail sur le son est aussi impressionnant que dans ce film, la forme sonore tellement au service du fond : cette dichotomie permanente entre ce vacarme et l’indifférence qu’il suscite. Ce grondement incessant qui nous accompagne des jours après. Les musiques composées par Mica Levi et les sons du concepteur sonore Johnnie Burn sont pour beaucoup dans la singularité de cette œuvre et dans sa résonance. Ces dissonances qui constamment nous rappellent que tout cela n'a rien de normal, qui nous oppressent. 

    Je vous avais également parlé de la beauté et de la drôlerie désespérée du film de Aki Kuarismäki qui a reçu un prix du jury, là aussi, amplement mérité.

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    L’admirable scénario du film Monster de Kore-eda a également été récompensé à juste titre. C’est la première fois, depuis son premier long métrage en 1995 que Kore-eda réalise un film dont il n’a pas écrit le scénario même s’il a contribué aux recherches sur place pour développer le script dont l’intrigue se déroule à Suwa, dans la préfecture de Nagano. Et quel scénario ! Au-delà de la réalisation, toujours très inspirée, signifiante et juste, c’est ici la grande force du film. D’apparence classique, il se révèle aussi limpide que labyrinthique pour nous ramener à la sortie du tunnel (au sens propre comme au sens figuré), et à la source du secret qu’il traque comme dans un polar, celui des mystères de l’adolescence mais aussi de la fausse innocence de certains adultes.

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    Je me réjouis également du Prix d’interprétation masculine pour Koji Yakusho dans le film de Wim Wenders, Perfect days. Il est remarquable dans ce rôle si solaire de cet homme souvent méprisé, mais attentif à tout et tous, dont de petites touches (de rencontres, de rêves, de regards, de silences) nous révèlent le passé et l’émouvante personnalité. 

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    Oublié de ce palmarès, le magistral film de Kaouther Ben Hania, Les Filles d’Olfa qui a heureusement reçu l’œil d’or du documentaire et le Prix de la Citoyenneté. Un documentaire qui ne cède jamais au manichéisme, et qui brouille intelligemment la frontière entre réalité et fiction, pour mieux enfanter la vérité, est aussi original que fascinant, citoyen, instructif et poignant.

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    Enfin, je me réjouis que le jury 2023 du PRIX CST de la Jeune Technicienne ait été attribué à Anne-Sophie Delseries, cheffe décoratrice du film Le Théorème de Marguerite pour lequel j’avais partagé ici également mon enthousiasme suite à sa projection. « Grâce à la délicatesse de son travail, Anne-Sophie Delseries est parvenue à donner naissance à un troisième personnage incontournable à la narration du film » a ainsi déclaré le jury.

     

     PALMARES COMPLET

    LONGS MÉTRAGES

    Palmarès 2023

    PALME D’OR

    ANATOMIE D’UNE CHUTE réalisé par Justine TRIET

    GRAND PRIX

    THE ZONE OF INTEREST réalisé par Jonathan GLAZER

    PRIX DE LA MISE EN SCÈNE

    TRAN ANH Hùng pour LA PASSION DE DODIN BOUFFANT

    PRIX DU JURY

    KUOLLEET LEHDET (LES FEUILLES MORTES) réalisé par Aki KAURISMÄKI

    PRIX DU SCÉNARIO

    SAKAMOTO Yuji pour KAIBUTSU (MONSTER) réalisé par KORE-EDA Hirokazu

    PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE

    Merve DIZDAR dans KURU OTLAR USTUNE (LES HERBES SÈCHES) réalisé par Nuri Bilge CEYLAN

    PRIX D’INTERPRÉTATION MASCULINE

    Koji YAKUSHO dans PERFECT DAYS réalisé par Wim WENDERS

    COURTS MÉTRAGES

    Palmarès 2023

    PALME D’OR

    27 de Flóra Anna BUDA

    MENTION SPÉCIALE

    FÁR réalisé par Gunnur MARTINSDÓTTIR SCHLÜTER

    UN CERTAIN REGARD

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    Palmarès 2023

    PRIX UN CERTAIN REGARD

    HOW TO HAVE SEX réalisé par Molly MANNING WALKER

    PRIX DU JURY

    LES MEUTES réalisé par Kamal LAZRAQ

    PRIX DE LA MISE EN SCÈNE

    Asmae EL MOUDIR pour KADIB ABYAD (LA MÈRE DE TOUS LES MENSONGES)

    PRIX DE LA NOUVELLE VOIX

    AUGURE réalisé par BALOJI

    PRIX D’ENSEMBLE

    CROWRÃ (LA FLEUR DE BURITI) réalisé par João SALAVIZA & Renée NADER MESSORA

    PRIX DE LA LIBERTÉ

    GOODBYE JULIA réalisé par Mohamed KORDOFANI

    LA CINEF

    Palmarès 2023

    PREMIER PRIX

    NORWEGIAN OFFSPRING réalisé par Marlene Emilie LYNGSTAD

    Den Danske Filmskole, Danemark

    DEUXIÈME PRIX

    HOLE réalisé par HWANG Hyein

    Korean Academy of Film Arts, Corée du Sud

    TROISIÈME PRIX

    AYYUR (LUNE) réalisé par Zineb WAKRIM

    ÉSAV Marrakech, Maroc

    CAMÉRA D'OR

    Palmarès 2023

    BÊN TRONG VO KEN VANG (L’ARBRE AUX PAPILLONS D’OR) de THIEN AN PHAM

    Quinzaine des Cinéastes

    L’ŒIL D'OR - ANNÉE DU DOCUMENTAIRE EX ÆQUO

    Palmarès 2023

    LES FILLES D’OLFA réalisé par Kaouther BEN HANIA

    KADIB ABYAD (LA MÈRE DE TOUS LES MENSONGES) réalisé par Asmae EL MOUDIR

    COMMISSION SUPÉRIEURE TECHNIQUE

    Palmarès 2023

    Le jury du prix CST de l’artiste-technicien décerne le prix 2023 à Johnnie Burn, Sound Designer et Chef monteur son du film THE ZONE OF INTEREST de Jonathan Glazer. Sa création sonore incarne, par l’hors-champ, l’horreur du génocide et questionne notre humanité. Le jury 2023 du PRIX CST de la Jeune Technicienne a retenu Anne-Sophie Delseries, cheffe décoratrice du film LE THÉORÈME DE MARGUERITE. Grâce à la délicatesse de son travail, Anne-Sophie Delseries est parvenue à donner naissance à un troisième personnage incontournable à la narration du film. »

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  • Critique de ANATOMIE d'une chute de Justine Triet - Compétition officielle 2023

    anatomie d'une chute de Justine Triet

    Je découvre ce film en « rattrapage » le dernier jour du Festival de Cannes, quelques heures avant la clôture, et j’en suis sortie bousculée, heurtée par la lumière réconfortante du Sud après cette plongée dans cette histoire qui m’avait totalement happée. La récompense cannoise suprême serait amplement méritée pour ce thriller de l’intime qui m’a captivée de la première à la dernière seconde. Comme à l’issue d’un thriller, le film terminé, vous n’aurez qu’une envie : le revoir, pour quérir les indices qui vous auraient échappés. Si la palme d’or était cette année française, le cinéma hexagonal recevrait ainsi pour la onzième fois la prestigieuse récompense, dévolue à une réalisatrice pour la troisième fois de l’histoire du festival après Jane Campion, pour La leçon de piano, en 1993, et après Julia Ducournau, pour Titane, en 2021. Anatomie d’une chute est le quatrième long-métrage de Justine Triet après La bataille de Solférino (2013), Victoria (2016) et Sibyl (2019). Alors qu’un autre film de procès récoltait les louanges des festivaliers, Le procès Goldman de Cédric Kahn, à la Quinzaine des cinéastes, le procès de cette chute a également reçu des avis presque unanimement enthousiastes. Il serait néanmoins très réducteur de définir ce film comme étant uniquement un « film de procès ».

    Sandra (Sandra Hüller), Samuel (Samuel Theis) et leur fils malvoyant de 11 ans, Daniel (Milo Machado Graner), vivent depuis un an loin de tout, à la montagne, dans la région dont Samuel est originaire. Un jour, Samuel est retrouvé mort au pied de leur maison. Une enquête pour mort suspecte est ouverte. Sandra est bientôt inculpée malgré le doute : suicide ou homicide ?

    Ce sont finalement trois mystères qu’explore le film, contenus dans son titre : le mystère d’un couple, surtout de sa déliquescence, le mystère d’une mort suspecte, le mystère des récits de Sandra, écrivaine. Trois chutes. Le terme chute s’applique ainsi à ces trois mystères. La chute du couple. La chute (physique) qui conduit à la mort de Daniel. La chute d’une œuvre (qu’elle soit romanesque ou cinématographique). C’est donc à cette triple anatomie que nous convie Justine Triet. Et finalement à l’anatomie de celle qui les réunit : le fascinant, intrigant, froid et impénétrable personnage de Sandra. 

    Cela commence dans le cadre en apparence serein du chalet familial, par une chute : celle d’une balle dans un escalier, qui en préfigure d’autres. Une jeune universitaire vient interviewer Sandra sur son travail d’écrivaine. Autour d’un verre, une joute verbale s’installe, non dénuée de séduction. Cette dernière répond de manière évasive, et dans ses réponses et sa manière de répondre, déjà, s’instaure un certain malaise qui s’accroît lorsque Samuel, invisible, à l’étage, met une musique assourdissante (une version instrumentale du P.I.M.P de 50 Cent , P.I.M.P de Bacao Rhythm et Steel Band) qu’il écoute en bouche tout en rénovant les combles du chalet. Bien qu’absent du cadre, Samuel envahit l’espace. Sandra feint tout d’abord de faire abstraction de cet envahissement sonore qui entrave l’interview, qu’elle doit finalement interrompre. Pour s’échapper de cette cacophonie, le jeune Daniel part sortir son chien. C’est là qu’il découvrira le corps sans vie de son père.

    Le personnage de Sandra est absolument passionnant, celui d’une femme libre, à la personnalité retorse. C’est finalement cette personnalité qui semble être disséquée et désapprouvée lors du procès parce qu’elle n’entre pas dans les cases. Dans la vie d’une romancière, on préfère ainsi imaginer qu’elle « tue le héros de son roman » plutôt  « qu’un banal suicide» de son mari. Sa froideur et sa distance la rendent rapidement suspecte aux yeux du procureur qui n'aura de cesse de prouver sa culpabilité. Incarné par Antoine Reinartz, il s’acharne sur elle avec une rare violence. Son récit à lui est parfaitement manichéen. Sandra fait une « bonne coupable », une parfaite « méchante » pour que soit raconté « le bon récit », celui de l’écrivaine meurtrière.

    L’aveugle est finalement le seul à (sa)voir. Plus que de vérité, il est question de réécriture de la vérité, de choix de récit et c’est avant tout cela qui rend cette histoire passionnante. Elle questionne constamment cette notion de vérité et d’écriture. Le récit appartient alors à Daniel. C’est à lui que reviendra de choisir le récit officiel. Autopsie d’un meurtre d’Otto Preminger (film prenant avec James Stewart, que je vous recommande au passage) dont le titre a inspiré celui du film de Justine Triet, interrogeait lui aussi cette notion de vérité. Dans Sibyl, Virginie Efira incarne une romancière reconvertie en psychanalyste. Rattrapée par le désir d'écrire, elle décide de quitter la plupart de ses patients. Là aussi, elle va réécrire une réalité…

    La dissection du couple est également particulièrement passionnante, notamment une scène de dispute pendant laquelle vous retiendrez votre souffle (ce ne sera d’ailleurs pas la seule). Est ainsi disséquée la complexité des rapports qu’entretiennent Sandra et Samuel, constitués de rancœurs, de jalousie aussi, d’inégalité. L’un et l’autre puisent dans la vie, dans leur vie, pour écrire, l’une avec plus de succès que l’autre. Samuel veut faire de la vie de son couple la matière de son roman, il enregistre d’ailleurs leurs conversations. Le scénario, habile et ciselé, inverse les rôles stéréotypés qu’offre la plupart des récits. C’est elle qui réussit et vit de sa plume (lui n’est qu’un professeur qui tente d’écrire). C’est lui qui est en mal de reconnaissance. C’est en cela aussi que l’on fera son procès, on lui reproche de n’être finalement pas à sa place.

    Sandra Hüller, présente dans deux films en compétition cette année à Cannes (l’autre était The Zone of Interest de Jonathan Glazer), révélée à Cannes en 2016 dans Toni Erdmann, est impressionnante d’opacité, de froideur, de maitrise, d’ambiguïté. Justine Triet a écrit le rôle pour elle et elle l’incarne à la perfection.  « J’ai écrit pour elle, elle le savait, c’est une des choses qui m’ont stimulée dès le départ. Cette femme libre qui est finalement jugée aussi pour la façon qu’elle a de vivre sa sexualité, son travail, sa maternité : je pensais qu’elle apporterait une complexité, une impureté au personnage, qu’elle éloignerait totalement la notion de « message » a ainsi déclaré Justine Triet.

    Swann Arlaud (Petit paysan, Grâce à Dieu, Vous ne désirez que moi…), pour moi un des meilleurs acteurs de sa génération, est également  d’une rare justesse dans le rôle de l’avocat, sensible, très impliqué, qui fut sans doute plus qu’un ami, ce qui donne une fragilité intrigante à son personnage, instillant un trouble dans leurs relations.

    Justine Triet a fait le choix de ne pas mettre de musique additionnelle, néanmoins la musique du début nous hante, contrebalancé par le prélude de Chopin que Daniel joue au piano.

    Justine Triet et Arthur Harari (coscénariste) livrent un film palpitant sur le doute, le récit, la vérité, la complexité du couple, et plus largement des êtres. Un film qui fait une confiance absolue au spectateur. Un film dont le rythme ne faiblit jamais, que vous verrez au travers du regard de Daniel, l'enfant que ce drame va faire grandir violemment, comme lui perdu entre le mensonge et la vérité, juge et démiurge d’une histoire qui interroge, aussi, avec maestria, les pouvoirs et les dangers de la fiction.

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  • Prix de la Citoyenneté du Festival de Cannes 2023 - Critique - LES FILLES D'OLFA de Kaouther Ben Hania

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    Je vous parle chaque année du Prix de la Citoyenneté du Festival de Cannes, décerné à un des films de la compétition officielle. L’an passé, le jury du Prix de la Citoyenneté avait couronné un film iranien, le magistral, suffocant et bouleversant Leila et ses frères de Saeed Roustaee. Ce prix met en avant des valeurs humanistes, universalistes et laïques. Il célèbre l'engagement d'un film, d'un réalisateur et d'un scénariste en faveur de ces valeurs. Je vous recommande ainsi les pages passionnantes du site officiel du Prix de la Citoyenneté qui les définissent. Les films suivants ont reçu le Prix de la Citoyenneté les années passées : Capharnaüm de Nadine Labaki (2018), Les Misérables de Ladj Ly (2019), Un héros de Asghar Farhadi (2021), Leila et ses frères de Saeed Roustaee (2022). Pour en savoir plus sur le Prix de la Citoyenneté, rendez-vous sur le site officiel du prix.

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    Pour sa cinquième édition, le Prix de la Citoyenneté a donc été attribué au film tunisien de Kaouther Ben Hania, Les filles d’Olfa. Le jury du Prix de la Citoyenneté 2023, présidé par Maria de Medeiros, a également décidé de décerner une mention spéciale au film Jeunesse de Wang Bing, mettant ainsi doublement le documentaire à l’honneur, genre souvent délaissé par le Festival de Cannes. Si certains doutaient que le genre du documentaire puisse témoigner d’un univers et du regard d’un cinéaste, et qu’il puisse être véritablement une œuvre filmique, alors le film de Kaouther Ben Hania devrait définitivement les convaincre du contraire.

    Si le jury présidé par Ruben Östlund n’a attribué aucune récompense à ce cinquième long-métrage de la réalisatrice tunisienne, cette dernière reviendra néanmoins de Cannes avec 4 prix. En plus du Prix de la Citoyenneté, elle a ainsi reçu le Prix du Cinéma Positif, l’Œil d’or du meilleur documentaire et la mention du Prix François Chalais. La singularité, la force et l’audace de cette œuvre justifient amplement ces différentes récompenses. Bien que les sujets et les cadres de ces deux films soient bien différents, comme la palme d’or dévolue cette année à Justine Triet, le film de Kaouther Ben Hania explore les notions de mensonge et de vérité, et l’idée de réécriture de sa propre histoire, celle d’une écrivaine soupçonnée de meurtre dans le premier cas, celle d’une mère (Olfa) dont deux des quatre filles ont été, selon ses propres termes, « dévorées par le loup ».

    Le dispositif original et hybride de la réalisatrice consiste à ce que la mère (Olfa) et ses deux filles (Eya et Tayssir), les benjamines, nous racontent l’histoire de la disparition des deux aînées (Rhama et Ghofrane). Trois comédiennes se joignent également à elles : Hend Sabri dans le rôle d’Olfa et deux actrices dans les rôles des aînées disparues, Nour Karoui et Ichraq Matar. La réalisatrice a eu l’idée de ce dispositif pour faire surgir une vérité, et pour que la mère ne surjoue pas ou ne réécrive pas trop la réalité. Olfa, bien consciente de cette possibilité de romancer sa réalité, se compare d’ailleurs à Rose dans Titanic.  « Elle raconte son histoire et des acteurs vont jouer cette histoire. Donc je suis Rose. » résume-t-elle.

    Plusieurs modes de narration se superposent ainsi : les souvenirs d’Olfa et ceux de ses deux filles cadettes encore présentes, face caméra, une reconstitution de leurs souvenirs qu’elles rejouent, les scènes reconstituées jouées par les comédiennes qui incarnent les sœurs ainées disparues, les scènes rejouées par Olfa elle-même, les scènes reconstituées jouées par la doublure d’Olfa. Tout cela aurait pu devenir extrêmement complexe et confus. Au contraire, en ressort une extrême limpidité qui contribue au surgissement d’une vérité.

    L’histoire d’Olfa et de ses filles avait été fortement médiatisée en Tunisie, il y a quelques années. Cette mère célibataire de quatre filles, qui travaille comme femme de ménage, faisait alors le tour des émissions pour évoquer ses deux filles disparues qui ont fui en Libye rejoindre « le loup », en réalité radicalisées.  C’est à ses contradictions, entre obscurité et lumière, violence, amour et espoir que s’est intéressée la réalisatrice. Cette dichotomie entre ombre et lumière est astucieusement illustrée par la réalisation, et surtout par la photographie (de Farouk Laaridh). Chaque plan mériterait que l’on s’y attarde, et notamment le recours aux couleurs : blanc, noir avec des touches de rouge qui apparaissent comme des étincelles d’espoir ou de gaieté.

    L’utilisation du décor est aussi particulièrement judicieuse. La réalisatrice dit ainsi s’être inspirée du décor unique de Dogville de Lars von Trier et, comme dans Dogville, ce qui se dit et se « joue » devant nous est tellement captivant et brillamment mis en scène que l’environnement disparaît presque et importe finalement peu. C’est d’ailleurs cette confiance dans le spectateur et dans la force évocatrice et cathartique du cinéma qui constitue une des grandes richesses du film.

     Pour montrer l’absence des hommes dans la vie des cinq femmes mais aussi peut-être pour les rendre insignifiants, uniformes, unis dans la même violence ou impuissance, un seul acteur (Majd Mastoura) joue tous les hommes de l’histoire. Le dispositif est d’une telle puissance et fait surgir des moments d’une telle intensité qu’il ne parviendra pas à rejouer une scène particulièrement éprouvante.

    Le « personnage » d’Olfa est passionnant par son ambiguïté, sa complexité, ses zones d’ombre. Si le film interroge la notion de vérité, il nous interpelle aussi sur le cycle de la violence, celle-ci se reproduisant de générations en générations. La reconstitution de la nuit de noces d’Olfa est effroyable mais témoigne aussi de ce jeu troublant avec la vérité. Olfa met alors en scène les comédiens et la façon dont elle l’envisage témoigne autant de la violence qu’elle a subie que de celle qu’elle porte désormais en elle. De victime du patriarcat, elle est passée à celle qui le défend, dirigeant le corps et le destin de ses filles, considérant leurs corps comme « dangereux », devenant possessive et dirigiste, jusqu’à l’extrême, jusqu’à la violence.

    Les reconstitutions sont d’autant plus troublantes que les deux cadettes ont atteint l’âge qu’avaient les aînées lors de leur départ. En les confrontant à celles qui les incarnent, c’est comme si un lien plus fort encore, gémellaire, les unissaient, mais aussi comme si elles se voyaient dans un miroir.

    Les béances que le film explore ne sont pas seulement celles de la famille mais aussi celles de la Tunisie, qui apparaît comme une société encore très patriarcale. Sous Ben Ali, le voile étant interdit, les filles et notamment les deux ainées d’Olfa considèrent alors comme un acte de rébellion de l’arborer, et comme un signe paradoxal de leur liberté, de résistance à leur mère qui reproduit sur elles les violences qu’elle a elle-même subies (la reconstitution de la scène lors de laquelle elle frappe une de ses filles est effroyable).

    Cette mise en abyme, cette théâtralisation du réel est aussi intéressante pour les questions avec lesquelles elle nous laisse et que cela fait émerger, les doutes sur la réécriture de la réalité également. Finalement, c’est aussi à une « anatomie d’une chute » que procède Kaouther Ben Hania, presque une enquête pour comprendre comment deux jeunes filles gaies et lumineuses ont pu ainsi se radicaliser, se tourner vers la noirceur, l’obscurantisme et la violence aveugle et inouïe. La musique d’Amine Bouhafa amplifie encore l’émotion. Par ce dispositif, la réalisatrice exalte aussi le rôle de la parole, là où elle n’était plus possible avec celles qui ne voulaient plus entendre que leur vérité, dogmatique. Le dernier regard face caméra nous hantera longtemps et renforce nos interrogations. Ce documentaire qui ne cède jamais au manichéisme, et qui brouille intelligemment la frontière entre réalité et fiction, pour mieux enfanter la vérité, est aussi original que fascinant, citoyen, instructif et poignant.

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  • CLÔTURE et PALMARES DE UN CERTAIN REGARD et CRITIQUE de UNE NUIT de ALEX LUTZ

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    Paris, métro bondé, un soir comme les autres.
    Une femme bouscule un homme, ils se disputent. Très vite le courant électrique se transforme… en désir brûlant. Les deux inconnus sortent de la rame et font l’amour dans la cabine d’un photomaton.
    La nuit, désormais, leur appartient.
    Dans ce Paris aux rues désertées, aux heures étirées, faudra-t-il se dire au revoir ?

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    On songe évidemment à Before Sunrise de Richard Linklater mais aussi au moins connu et non moins excellent After, avec Raphaël Personnaz et Julie Gayet, de Géraldine Maillet qui explorait également déjà cette idée de la nuit comme vecteur de rencontre et comme instrument de suspension de vol du temps.

     La nuit, le temps semble en effet s’étirer, et être le moment de tous les possibles (ceux de la jeunesse retrouvée), toutes les libertés et de toutes les audaces, de l’oubli de la rude réalité et des drames que le jour viendra réveiller de sa lumière crue.

    Entre maladresse et audace, ces deux-là vont se livrer comme ils ne l’ont jamais fait, réécrire et réinventer leur nuit, laisser affleurer leurs fragilités, mais surtout disserter sur leur couple et faire le bilan de leur vie. Peu à peu, ils se dépouillent du masque des apparences (au propre comme au figuré : ils empruntent des vêtements à des étudiants, se débarrassent de leurs portables, perdent leurs portefeuilles…). Parfois l’incongruité s’en mêle, ou la poésie le temps d’une rencontre avec un cheval.

    Même au milieu des autres, ils semblent couper du monde, dans leur bulle onirique, que ce soit dans un parc, un magasin de meubles ou une soirée étudiante. La caméra filme au plus près leurs visages, leur fugue et leur fouge.

    Les logorrhées désordonnées du personnage incarné par Alex Lutz font penser à Woody Allen comédien dans ses propres films, de même que leurs conversations pseudo-psychanalytiques débridées sur le couple rappellent évidemment les longs-métrages du cinéaste américain.

    Le « twist » final que de multiples indices disséminés dès le début mais aussi le jeu des deux comédiens auront permis aux plus attentifs de deviner, apporte un autre éclairage, romantique et dramatique, à cette histoire. Si elle n’a pas l’inventivité de Guy, cette promenade nocturne dans les rues de Paris n’en est pas moins émouvante et la nuit parisienne le terrain de jeu de deux talentueux comédiens dont le plaisir à écrire et jouer ensemble transpire dans chaque plan.

    PALMARES UN CERTAIN REGARD

    Prix Un Certain Regard

    HOW TO HAVE SEX réalisé par Molly Manning Walker

    1er film

    Prix de la Nouvelle Voix

    AUGURE réalisé par Baloji

    1er film

    Prix d’Ensemble

    CROWRÃ (LA FLEUR DE BURITI) réalisé par João Salaviza & Renée Nader Messora

    Prix de la Liberté

    GOODBYE JULIA réalisé par Mohamed Kordofani

    1er film

    Prix de la Mise en Scène

    Asmae El Moudir pour KADIB ABYAD

    (LA MÈRE DE TOUS LES MENSONGES)

     

    Prix du Jury

    LES MEUTES réalisé par Kamal Lazraq

    1er film

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  • Critique de RIEN À PERDRE de Delphine Deloget - Un CERTAIN REGARD - 1er film

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    Programmé dans la section Un Certain Regard, ce premier long-métrage de fiction de la documentariste Delphine Deloget (notamment lauréate du prix Albert-Londres 2015 dans la catégorie audiovisuel), est d'abord un magnifique portrait de femme, prise au piège de mécanismes et d’une réalité qui la dépassent.

    Virginie Efira incarne ici Sylvie qui vit à Brest avec ses deux enfants, Sofiane et Jean-Jacques. Elle travaille dans un bar et le soir doit donc laisser ses enfants seuls. Une nuit, Sofiane se blesse alors qu’il est seul dans l’appartement : en voulant se faire des frites, il fait exploser la friteuse. Les services sociaux sont alertés et placent l’enfant en foyer, le temps de mener une enquête. C’est alors la cellule familiale qui explose, aussi. Persuadée d’être victime d’une erreur judiciaire, Sylvie se lance dans un combat pour récupérer son fils, persuadée qu’elle sera plus forte que la machine judiciaire…

    Ce film nous tient en haleine de la première à la dernière seconde, en empathie avec cette mère aimante et attentionnée à qui on enlève son enfant, qui révèle peu à peu ses zones d’ombre, parfois un peu d’inconscience, une vie de bohème, mais rien qui ne semble justifier l’inhumanité de l’institution à son égard et à l’égard de son enfant.

    Sous prétexte de le protéger d’une éventuelle maltraitance, le point de vue de l’enfant est nié, et ses troubles du comportement ne font alors que croître. Le film aborde cette réalité dans toute sa complexité, sans manichéisme, le passé de documentariste de Delphine Deloget servant sans aucun doute le long-métrage pour lui procurer cette humanité nuancée.

    Le film aborde aussi le thème de la séparation sous différents angles. L’aîné se cherche lui aussi, aspire à trouver son indépendance. Virginie Efira prouve une nouvelle fois l’étendue de son talent, éclatant dans les deux films projetés cette année à Cannes (l’autre était L’amour et les forêts de Valérie Donzelli su les violences psychologiques faites aux femmes.)

    Le film de Delphine Deloget met en exergue les dysfonctionnements d’une machine administrative rigide et implacable qui sous prétexte de ne pas passer à côté d’un cas de maltraitance broie les êtres qu’elle est censée protéger. Voir cette famille unie ainsi déchirée, la mère de famille peu à peu sombrer (et finalement par leur faute donner raison aux services sociaux), la surdité de l’administration (remarquable India Hair), ses deux frères (formidables Arieh Worthalter et Mathieu Demy) se démener pour l’aider, et le mal-être évident de l’enfant (et de son frère aîné à qui on essaie de faire avouer des blessures passées dont lui-même n’avait pas conscience) …tout cela touche en plein cœur. Un film poignant qui ouvre aussi le débat sur une réalité, comme le ferait un passionnant documentaire.

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  • Critique de L’ÉTÉ DERNIER de Catherine Breillat (compétition officielle) et conférence de presse

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    Anne (Léa Drucker), avocate renommée, vit en harmonie avec son mari Pierre (Olivier Rabourdin) et leurs filles de 6 et 7 ans. Un jour, Théo (Samuel Kircher), 17 ans, fils de Pierre d’un précédent mariage, emménage chez eux. Peu de temps après, il annonce à son père qu’il a une liaison avec Anne. Elle nie.

    Tout commence dans un bureau dans lequel, off, une femme pose des questions intimes à une adolescente, avec froideur. Elle n’apparaît pas tout de suite de sorte que l’on pense à une accusatrice avant de réaliser qu’il s’agit d’une avocate, Anne. Comme si là déjà résidait le double visage de ce personnage. A sa jeune cliente, elle dit ainsi :  « Aux assises les victimes font souvent figure d'accusés. Rassure-toi, les juges savent faire la part des choses. Tu restes calme et tu dis surtout toujours la vérité. » Est-ce ainsi qu’elle se considérera ensuite : « une victime qui fait figure d’accusée » ? Peut-être. Dans son tailleur rigide, elle ne laisse encore rien apparaître de la femme qui sera bientôt dominée par ses pulsions. Théo est torse nu la première fois qu’elle voit celui dont son père dit « il est méchant comme la galle. » Elle aussi peut se montrer d’une grande cruauté, notamment pendant un acte d’amour avec son mari lorsqu’elle lui raconte une anecdote peu valorisante pour lui se terminant ainsi : « Il avait 33 ans et je le voyais comme un pré-cadavre »

    « Des gosses perturbés, j'en vois tous les jours » dit-elle à Théo. « Je suis pas un gosse. » lui rétorque-t-il. Et puis commencent les premiers contacts, lorsqu’ils se mettent réciproquement la tête sous l’eau. Tu n’y vas pas de main morte, lui dit-il. Jamais, répond-elle, comme une adolescente bravache. Il dit qu’il n’a pas d’amis. Elle non plus. Il lui prend le bras pour lui faire un tatouage, ils semblent seuls au monde. Elle peine à réprimer sa jubilation… Elle délaisse un déjeuner barbant entre amis (ceux qu’elle appelle les « normauxpathes », magnifique trouvaille) pour l’accompagner en ville sur sa trottinette. Le glissement se fait progressif.

    Dans le rôle de Théo, Samuel Kircher est stupéfiant. Frère de Paul Kircher qui devait initialement incarner ce personnage, présent également à Cannes cette année pour Le Règne animal de Thomas Cailley (ouverture Un Certain Regard), et qui est tout aussi impressionnant.  Le personnage incarné par Samuel Kircher semble pouvoir passer de l’enfance à l’âge adulte en un quart de seconde, même parfois dans un même plan sur le même regard. Ce regard de loup traqueur et traqué, implacable. Fragile et redoutable.

    En conférence de presse, Catherine Breillat a évoqué l’inspiration de Caravage à propos d’Anne, « Marie-Madeleine en extase », et « son ambition passionnée, fiévreuse parfois féroce d'aller vers une image. » Mais aussi, à propos de Théo, ce « personnage qui n'a jamais eu d'attention de personne. Pour une fois considéré comme un adulte. Pour la première fois quelqu'un pour qui il a l'impression de compter. »

    L’été dernier est aussi un film passionnant sur la vérité (Tu jures de dire toute la vérité ? demande ainsi Théo à Anne. LES vérités, répond-elle), la manière dont on s’arrange avec, soi-même avec sa propre conscience et les autres. A cet égard, le dernier plan, les derniers mots sont d’une force incroyable sur cette vérité que l’on enterre. Anne sera allée au bout de sa plus grande peur : « Que tout disparaisse. Ou que je fasse moi-même tout pour que tout disparaisse. La tentation irrépressible de la chute. Il vaut mieux se jeter dans le vide pour que la peur cesse. » Lors de la conférence de presse, Léa Drucker a ainsi évoqué le « chaos à l'intérieur de cette femme. La tentation irrépressible de la chute. Le vertige qui se joue dans beaucoup de vies. » Catherine Breillat devance aussi certaines accusations lors de cet échange entre Théo et Anne : «  - C’est toi l’adulte. - Et toi, alors, un enfant ? J’ai eu tort de céder mais ce n’est pas constitutif d’un inceste ».

    Une actrice ne m’avait pas fascinée à ce point depuis longtemps. Léa Drucker est une fois de plus exceptionnelle, mais aussi filmée comme elle ne l’a jamais été. Elle peut passer de la femme meurtrie quand elle dit, en éludant de raconter son passé à Théo :   « Parfois, il y a des choses qui n'auraient jamais dû arriver », à la femme froide et diabolique pour sauver sa peau devant son mari quand Théo révèle leur histoire : « C’est ignoble. Insensé. Tu vas pas me dire que tu l’as cru une seconde ? Ce petit morveux minable. Avaler une ignominie pareille. Comment j’aurais pu avoir envie d’une liaison avec ton fils ? C’est un gamin ! » Elle arrive à nous faire prendre d’empathie pour ce personnage aride et complexe capable de nier farouchement la vérité et même de nous faire croire à son mensonge et juste après de sauver une jeune fille en détresse, la jeune Sarah qu’elle sauve et qui lui offre des fleurs pour la remercier de l’avoir aidée.

    Clotilde Courau est aussi parfaite dans le rôle coloré de la sœur coiffeuse, dont Anne dit que c’est sa « meilleure amie » mais aussi « elle a été toujours jalouse de moi ». Chacune de ses relations, même si avec sa sœur, semble ainsi, sous le signe de la/sa dualité. Lors de la conférence de presse, il a aussi été question du « salon de coiffure très Almodovar opposé à univers plus feutré de sa sœur ». Olivier Rabourdin dans le rôle du mari est d’une douce puissance et surtout d’une justesse remarquables.

    L’Été dernier est le remake du film danois Queen of hearts, envoyé par le producteur Saïd Ben Saïd à Catherine Breillat à un moment où elle ne voulait plus faire de cinéma. Et il a particulièrement bien fait de lui suggérer ce projet tant sa caméra regarde sans juger. L’amoralité du film instaure évidemment un malaise mais cette ambigüité contribue aussi à sa singularité et sa beauté.  La caméra de Breillat enferme les passions pour mieux les laisser transpirer l’écran, elle enferme les visages pour qu’ils nous happent dans leurs vertiges. Ils nous apparaissent dans toute leur clarté (magnifique photographie de Jeanne Lapoirie) qui dissimule tant d’obscurités.

     « Je suis féministe mais avant tout cinéaste et entomologiste, j'aime scruter les choses. » a ainsi déclaré Catherine Breillat en conférence de presse.

    Un film fort et captivant servi par des dialogues et des comédiens exceptionnels, qui interroge la vérité (que l’on enterre, comme cet « été dernier » qu’Anne et son mari vont sans doute feindre d’oublier), les hypocrisies sociales, nous bouscule, nous laissant ko après la dernière réplique.

    Catégories : COMPETITION OFFICIELLE, CONFERENCES DE PRESSE Lien permanent 0 commentaire Pin it! Imprimer
  • Critique de PERFECT DAYS de Wim Wenders - Compétition officielle 2023

    cinéma, Cannes, Festival de Cannes, compétition officielle, Perfect days, Wim Wenders

    Je dois vous le dire d’emblée car je sais l’attention volatile et il serait dommage que vous passiez à côté de ce film que j’ai follement aimé : ce nouveau long-métrage de Wim Wenders est une merveille qui met le cœur en joie.  Le bruissement des feuilles. Le reflet des ombres. L’architecture des bâtiments de Tokyo. Les rayons du soleil qui éclaboussent la ville de lumière. Dans ce film, tout est poésie, ode à l’instant et à sa fragilité, à la singularité de l’être, au pouvoir de l’art et plus spécifiquement de la musique pour le sublimer, comme la célèbre chanson de Lou Reed dont s’inspire le titre.

    Ces « perfect days » sont ceux d’Hirayama (Koji Yakusho) qui travaille à l’entretien des toilettes publiques de Tokyo. Une vie simple. Un quotidien très structuré que la caméra scrute avec minutie et douceur, le suivant dès l’aube dans ses rituels qu’il accomplit avec une régularité métronomique, et accompagnant son regard sur les livres, et les arbres qu’il aime photographier. Son passé va nous être conté par bribes au gré de rencontres inattendues qui apportent un éclat nouveau à sa personnalité : la riche famille qui méprise son quotidien et avec laquelle il a rompu, cette nièce qui lui ressemble tant, cette femme qui ne le laisse pas insensible, son bonheur contagieux à écouter ses cassettes, à s’occuper de ses plantes, à photographier le même arbre sur lequel rebondissent les rayons du soleil ou à lire (Faulkner ou Patricia Highsmith) avant de céder au sommeil.

    Le film a pour origine une lettre reçue par le cinéaste en 2022 qui lui disait ceci : « Seriez-vous intéressé par le tournage d'une série de courts métrages de fiction à Tokyo, peut- être 4 ou 5, d'une durée de 15 à 20 minutes chacun ? Ces films traiteraient tous d'un projet social public extraordinaire, impliqueraient le travail de grands architectes et nous nous assurerions que vous puissiez développer les scénarios vous-même et obtenir la meilleure distribution possible. Et nous vous garantissons une liberté artistique totale. » Si au mot architecture (a fortiori de toilettes publiques) vous associez la froideur, détrompez-vous, tout ici est à l’image d’Hirayama : inondé de chaleur. Le regard que ce dernier porte sur la vie et les autres est empreint de sérénité et d'empathie, et traverse l’écran pour nous envelopper de son aura lumineuse, poétique, délicate. Réconfortante. Le spectateur épouse alors son rythme, et trouve dans la répétition de ses journées, jamais ennuyeuse à vivre pour lui, une paix consolante.

    Le film entier est jalonné de tubes des années 60-70 qui exaltent la beauté de l’instant et font surgir la magie, et l’émotion. Le personnage principal incarné par Koji Yakusho ne parle pas une bonne partie du film mais la quiétude qui émane de son visage en dit tellement de son bonheur d’être là que toute parole serait redondante. Koji Yakusho mériterait d'être récompensé pour ce rôle si solaire de cet homme souvent méprisé, mais attentif à tout et tous, dont de petites touches (de rencontres, de rêves, de regards, de silences) nous révèlent le passé et l’émouvante personnalité. Wim Wenders est d’ailleurs un habitué de la Croisette qui l’a souvent récompensé :  Prix de la critique internationale pour Au fil du temps, Palme d'or, Prix de la critique internationale et le Prix du jury œcuménique pour Paris, Texas, Prix de la mise en scène pour Les Ailes du désir, Grand prix du jury pour Si loin, si proche !, et Prix spécial du jury Un certain regard, Mention spéciale du jury œcuménique et Mention spéciale du Prix François-Chalais pour Le Sel de la Terre.

    Le dernier plan, d’une grâce infinie, sur la musique de Nina Simone avec le visage d’Hirayama illuminé de lueurs, changeantes comme ses expressions, justifie son prix à lui seul et nous fait quitter la salle encore sous le charme de ce moment hors des trépidations de la vi(ll)e.

    Cette promenade poétique dans une époque agitée, qui pourrait sembler de prime abord d’une apparente banalité, s'apparente à un conte philosophique d’une grande profondeur, magistralement écrit par Wim Wenders et Takuma Takasaki (avec aussi un magnifique travail sur le son et la lumière) dont on ressort avec l’envie de contempler tout ce qui nous environne, de se laisser caresser par les rayons du soleil, de les admirer inlassablement lorsqu’ils percent à travers les feuilles des arbres, de rouler en écoutant à tue-tête la musique des années 80 (The Animals, Patti Smith,  The Rolling Stones, Lou Reed, The Velvet Underground, Otis Redding, The Kinks, Van Morrison :…rien que ça !), de se laisser transporter par cette bouffée jubilatoire et d’y puiser un invincible optimisme, une croyance en tous les possibles de l’existence que ce film esquisse avec une infinie délicatesse.

    Catégories : COMPETITION OFFICIELLE Lien permanent 0 commentaire Pin it! Imprimer
  • Critique de L’AMOUR ET LES FORÊTS de Valérie Donzelli - Cannes Première

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    C’est dans la section Cannes Première qu’est présenté ce nouveau film de Valérie Donzelli, une adaptation du roman éponyme de Eric Reinhardt publié aux Editions Gallimard.

    Quand Blanche (Virginie Efira) croise le chemin de Grégoire (Melvil Poupaud), elle pense rencontrer celui qu’elle cherche. Les liens qui les unissent se tissent rapidement et leur histoire se construit dans l’emportement. Le couple déménage, Blanche s’éloigne de sa famille, de sa sœur jumelle, s’ouvre à une nouvelle vie. Mais fil après fil, elle se retrouve sous l’emprise d’un homme possessif et dangereux. Grégoire s’appelle Lamoureux. L’amoureux qu’il semble incarner magnifiquement. Blanche le rencontre à une fête à laquelle sa sœur jumelle l’a poussée à aller.

    Face caméra, Blanche commence son récit qui nous embarque aux côtés de sa sœur jumelle. Elles sont en route pour une soirée. Dans la voiture, la musique, les couleurs qui les environnent évoquent la joie, les prémisses d’une rencontre. Quand Blanche revoit cet ancien camarade d’école à la soirée à laquelle elle accompagne sa sœur, elle ne le reconnaît pas. « Mais tu as beaucoup maigri » lui dit-elle.  Il lui raconte notamment qu’il aurait voulu être pilote d’avion. Ce complexe et ce regret seront les seules « explications » à l’homme pervers et violent qu’il deviendra. Ce soir-là, la rencontre semble magique. Ils se regardent intensément. Les autres et le monde n’existent plus. Et quand il cite (mal) Britannicus : J'aimais jusqu'à ses pleurs que je faisais couler », peut-être peut-on déjà déceler les racines du mal.

    Puis cela commence par des remarques insidieuses, une nouvelle coiffure de Blanche qu’il accueille par un cassant « Je suis pas très frange en général », avant de l’éloigner délibérément de sa famille en inventant une mutation, l’obligeant à quitter la Bretagne  et la mer pour l’Est et les forêts. Et puis il y a ses expressions mielleuses, presque enfantines « Vérité, vérité » qui marquent déjà son obsession de tout savoir, comme lorsqu’il lit par-dessus l’épaule de Blanche lorsqu’elle écrit à sa sœur.

    Disons-le d’emblée, le scénario co-écrit avec Audrey Diwan, d’une force et maîtrise exemplaires, nous captive de la première à la dernière seconde, de la lumière à l’obscurité, de la respiration à la suffocation.

    La lumière du chef opérateur Laurent Tangy suit les évolutions de cette histoire du conte au thriller hitchcockien, notamment par de savants clairs-obscurs. Le cadre enferme de plus en plus Blanche, comme elle l’est dans son enfer, dans cette maison elle-même inquiétante. Seule la forêt représentera un ailleurs.

    Autour de Virginie Efira (magistrale une fois de plus) évolue une pléiade d’actrices remarquables : Virginie Ledoyen, Romane Bohringer, Laurence Côte, Nathalie Richard ou encore Dominique Reymond...  Melvil Poupaud est impressionnant dans le rôle de ce « petit monsieur » rigide, possessif, violent, d’une mauvaise foi et perversité rares, derrière une apparence lisse et élégante, dont la perversité va jusqu’à reconnaître ses fautes après avoir entendu à la radio une émission sur un homme maltraitant sa femme, avant de se positionner en victime en lui reprochant de l’avoir « laissé faire ça » :  « Pourquoi tu m’as jamais rien dit. Ce qui me tue c’est ton manque de considération. Tu dois pas m’aimer beaucoup pour me laisser devenir ce monstre. »

    Glaçante, puissante, cette histoire d’amour se transforme thriller psychologique émaillée de scènes de fantaisie au début pour ne bientôt plus laisser bientôt plus de place qu’à la noirceur, qu’à l’enfermement dans cette prison de violence et d’emprise. Elle nous laisse, comme Blanche à la fin, heureux d’être libres mais KO. Un grand film. A voir absolument.

    Catégories : CANNES PREMIERE Lien permanent 0 commentaire Pin it! Imprimer