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EVENEMENTS DES 60 ANS DU FESTIVAL

  • "Chacun son cinéma", projection exceptionnelle des 60 ans du Festival de Cannes!

    Cannes. 3H du matin. Dehors la ville bruisse toujours autant de rumeurs, de fêtes, d'extravagances. Cannes, même , surtout à 3H du matin fait encore et toujours son cinéma mais Cannes, ce soir, plus que tout autre a bien le droit: le festival fête ses soixante ans. Avec grâce et magnificence. Ironie du destin, je fêtais hier mon anniversaire. Ni le même âge, ni la même importance, je vous rassure le festival ne m'a pas encore fait perdre le sens des réalités à ce point-là, pourtant ce soir rien n'était tout à fait réel, ma réalité et l'irréalité cannoise se confondaient plus que jamais. Le cinéma d'hier côtoyait  celui d'aujourd'hui, le cinéma d'aujourd'hui célèbrait celui d'hier,  sous un soleil étincelant, devant une foule en ébullition, avec la voix de Frédéric Mitterrand, voix off  intemporelle et réminiscence si symbolique de l'âge d'or du festival pour rythmer ce ballet magique où le Cannes d'hier semblait brusquement ressurgir, retrouvant ses fastes d'antan, son aura mythique. Le temps n'existait plus, la montée des marches était délicieusement interminable et attendant  mon tour pour entrer dans la grande salle du Théâtre Lumière, j'ai pu observer à loisir ce spectacle étrange, cette fébrilité indescriptible, ce générique improbable.

    De là où j'attendais pour entrer à mon tour, juste en bas des marches,  j'ai donc eu le privilège de pouvoir filmer avec mon appareil photo d'où des images plus qu'approximatives que j'ai néanmoins voulu mettre sur ce blog car malgré leur très mauvaise qualité, elles reflètent la folie joyeuse et presque solennelle qui a règné ce soir...et les plus perspicaces d'entre vous, sur les photos et les images,  reconnaîtront Sharon Stone, Alain Delon, les frères Dardenne, Faye Dunaway, Wong Kar Waï, Gérard Depardieu, Roman Polanski et bien d'autres. Rien que cela. Quelques uns des très nombreux prestigieux invités de cette projection de " Chacun son cinéma".

    Claudia Cardinale, Alain Delon. Le générique sublime du Guépard (voir ma critique ici), 44 ans plus tard. Le Guépard sans aucun doute le plus applaudi, arrivée magistrale, majestueuse, viscontienne et émouvante, le dernier, tout un symbole, lui que le festival avait oublié d'inviter pour les 50 ans du festival revient avec les honneurs pour les 60 ans et ferme cette marche somptueuse. Cannes se réconcilie avec son passé. Cannes rend hommage à ceux qui en ont bâti l'histoire. Cannes met aussi à l'honneur ceux qui en écriront l'histoire. 

     Ce soir, sous mes yeux, éblouis, par le soleil, par la magie du cinéma, je ne sais pas, sous mes yeux donc s'est déroulé un pan de l'histoire du cinéma en accéléré. Ce soir, le palais des festivals a réuni un plateau unique et exceptionnel.

     Cannes, 3H du matin. Comment pourrais-je dormir? J'ai certainement d'ailleurs déjà dormi, rêvé cette soirée avec ce générique inouï.

     Bien sûr je vous parlerai bientôt longuement de chacun de ces courts métrages, de l'accueil réservé à chacun d'entre eux dans la salle, de l'étrange ressemblance entre certains d'entre eux, de ce qu'ils nous disent sur le monde et le cinéma d'aujourd'hui, et je vous parlerai plus longuement de cette soirée. Mais à 3H du matin, je vous envoie  simplement quelques images, bien imparfaites, mais qui l'espace d'un instant vous plongeront dans cette effervescence ubuesque, en attendant que des mots, les miens, viennent vous conter cette soirée.

     Si le temps (et le sommeil!) me manque pour vous raconter depuis Cannes tous les évènements de ce festival, rassurez-vous de très nombreux articles seront publiés  ces prochains jours, et de vraies et longues critiques à mon retour. En attendant,  je vous laisse plonger "in the mood for cannes". Happy Birthday Cannes!

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    (Dernière minute...et considérations techniques : après quelques tentatives infructueuses, je ne peux pas mettre en ligne mes 5 autres vidéos inédites -de plus de 5Mo, les autres étant inférieures à 5 Mo-, si quelqu’un à une solution pour réduire des vidéos de plus de 5Mo à moins de 5Mo…merci d’avance !)

    Photos et vidéos © Sandra.M

    Sandra.M

  • L'hommage du 60ème Festival de Cannes à Claude Lelouch: d'"Un homme et une femme", palme d'or 1966 à "Roman de gare"

    medium_ardant.JPGCette année le Festival de Cannes a  décidé de rendre hommage à Claude Lelouch en projetant en avant-première "Roman de gare", son dernier film avec Fanny Ardant et Dominique Pinon. J'y serai pour vous  conter cet hommage et cette projection.

     Si parmi mes palmes d'or favorites figurent « Le Guépard » de Visconti (dont je vous ai déjà longuement parlé) et « Elephant » de Gus Van Sant (dont je vous parlerai prochainement),  Un homme et une femme, grand prix du 20ème anniversaire du Festival en 1966 (ex aequo avec « Signore e Signori » -Ces Messieurs dames- de Pietro Germi),  en fait également indéniablement partie.

     Claude Lelouch n’avait alors que 26 ans et cette palme symbolise pour moi magnifiquement ce que représente le Festival de Cannes : une mise en lumière extraordinaire pour un film et un cinéaste. Claude Lelouch a souvent payé le prix de cette réussite précoce et fulgurante. Peu importe : les critiques passent et les films restent…

     Lettre ouverte à M.Claude Lelouch... et à ses détracteurs:

    Visconti, Hitchcock, Resnais, Loach, Melville, Sautet, Costa-Gavras, Chaplin, Capra, Renoir, Carné, Truffaut et…Lelouch. Je l’avoue. Je l’avoue, Claude Lelouch fait partie, (vous faîtes  partie) de ces cinéastes qui m’ont donnée envie de vivre au rythme de ma passion démesurée, dévorante, pour le cinéma.

    medium_un_homme..3.JPGOui, je l’avoue comme on confesserait un crime car cela en est d’ailleurs un pour un certain cénacle pseudo intellectuel du cinéma, un crime passible de regards dédaigneux et méprisants, signifiant à l’inculte que je deviens alors très certainement que je ne n’aurais rien compris au cinéma. Eh bien, je crois pourtant pouvoir me vanter que si, messieurs les censeurs « autodéifiés » ! J’ai compris que le cinéma c’est l’art du montage (aussi). J’ai compris que le cinéma, comme son nom l’indique, est un art (7ème du nom), qu’il n’est pas seulement un spectacle ou un divertissement… mais j’ai aussi compris ce qu’il nous enseigne : la tolérance et l’ouverture d’esprit. J’ai compris qu’il n’est pas contradictoire (au risque de subir de nouveaux regards dédaigneux) d’aimer Lelouch ET Resnais, sans pour autant être dépourvue de tout regard cinématographique ou de tout sens critique.

    Si le cinéma peut (et non doit) vous apporter une vision du monde, il peut aussi vous permettre de vous en évader, et définitivement, non, ce n’est pas incompatible.

    J’ignore si, comme vous le faîtes dire à vos personnages dans « Les Parisiens », le cinéma « c’est mieux que la vie »  mais en tout cas le vôtre nous la fait aimer. Indéniablement. Passionnément. Passionnément comme vous filmez les acteurs, comme vous filmiez Richard Anconina et Jean-Paul Belmondo, en 1988, dans « Itinéraire d’un enfant gâté », lors de scènes inénarrables et jubilatoires, à l’image de tous vos films, à l’image d’ "Un homme et une femme ".

    Ainsi, déjà, en 1966, vous nous transportiez dans votre univers romanesque, sensible, facétieux, ludique. Déjà vous jouiez avec les méandres du temps, entre passé et présent, entre noir et blanc, nous rappelant donc que le cinéma est l’art du montage, comme on vous reprocha ensuite (injustement) de l’avoir oublié après ce film qui se vit décerner tant de récompenses dont la palme d’or donc mais aussi deux Oscars (on ne pardonne rien au talent).

    Art de l’émotion poussée à son paroxysme aussi, par le truchement de l’histoire la plus simple du monde mais aussi la plus difficile à conter: celle de la rencontre de deux solitudes blessées. Une histoire si singulière et non moins universelle, intemporelle même. Jamais film ne m’avait donnée à ce point la sensation de voir une histoire d’amour naître et vibrer sous mes yeux, d’en ressentir -partager, presque- le moindre battement de cœur ou le moindre frémissement de ses protagonistes, comme si votre caméra en scrutait les visages et les âmes. Par une main qui frôle une épaule si judicieusement et subtilement filmée. Par le plan d’un regard qui s’évade et s’égare. Par la musique éternelle de Francis Lai qui nous chavire le cœur. Par une photographie aux accents picturaux qui sublime Deauville filmée avec une lumière nimbée de mélancolie, des paysages qui cristallisent les sentiments de Jean-Louis et d’Anne, fragile et paradoxalement impériale, magistralement (dirigée et) interprétée par Anouk Aimée. Jamais un film ne m’avait donnée cette impression de spontanéité, de vérité presque. Alors monsieur Lelouch, vous avez eu raison de ne pas écouter les critiques continuant à nous conter de « belles histoires », à nous narrer des « hasards et coïncidences », auxquels, grâce à vous, je crois plus que jamais. Je ne sais pas si, comme le disait un des personnages de « Hommes, femmes mode d’emploi », « le pire n’est jamais décevant », mais en tout cas votre cinéma n’est jamais décevant, toujours surprenant et inventif.

    Alors pour répondre à une interrogation de Jean-Louis (interprété par Jean-Louis Trintignant) citant Giacometti« Qu’est- ce que vous choisiriez : l’art ou la vie ?», votre cinéma ne nous donne pas envie de choisir, il sublime les deux.

    Un homme et une femme. Comme tant d’autres. Différents aussi. Différents et singuliers. Comme votre cinéma. Un art qui sublime l’art et la vie donc. Celle de vos spectateurs, aussi, surtout.
     

    Alors, oui, je l’avoue. J’ai revu « un Homme et une femme » un nombre incalculable de fois, j’ai souri en regardant et revoyant « Itinéraire d’en enfant gâté » et l’inénarrable scène de Belmondo apprenant à Anconina à ne pas être surpris, j’ai suivi avec délectation les tribulations des personnages de « Hommes, femmes mode d’emploi » pour qui « le pire n’est jamais décevant » et « le pire n’est jamais certain », je me suis accrochée à mon fauteuil en regardant  votre court-métrage « c’était un rendez-vous » admirative devant la prouesse technique, j’ai décidé de ne jamais cesser de croire aux « Hasards et coïncidences »  et je me suis mise à croire aux « belles histoires » en regardant toutes celles que  vous avez écrites, et filmées.

    Alors merci Monsieur Lelouch de nous avoir ainsi emmenés en voyage…et surtout ne vous arrêtez jamais malgré vos récents échecs…

     Je ne sais pas si le cinéma c’est « mieux que la vie » mais en tout cas le vôtre nous la fait aimer et l’a sublimée. Indéniablement.

    Je ne sais pas non plus si j’aime autant Deauville grâce à « un Homme et une femme » ou si j’aime autant « Un Homme et une femme » à cause de Deauville mais en tout cas j’aime le cinéma grâce aux deux, liés à jamais dans ma mémoire de cinéphile et de festivalière dans les méandres de laquelle fiction et réalité se confondent délicieusement… Oui, entre fiction et réalité. Passé et présent. Comme dans un film de Lelouch…

    Sandra.M

  • "Chacun fait son cinéma": les films des 60 ans du Festival!

    medium_ans.3.JPGAvec ce soixantième anniversaire les organisateurs, selon les propres termes de Gilles Jacob, aspirent à donner un « nouvel élan » au festival. Pour cela ils veulent notamment rassembler ceux qui ont fait du Festival de Cannes ce qu’il est aujourd’hui, à savoir l’évènement cinématographique le plus important au monde, et l’évènement le plus médiatisé (avec les Jeux Olympiques) et ceux pour qui Cannes a contribué en partie à ce qu’ils soient ce qu’ils sont aujourd’hui, des cinéastes parfois hier inconnus que leur passage sur la Croisette a mis sous les feux de la rampe et qui sont pour toujours sortis de l’ombre. D’où l’idée du film à sketchs pour réunir tous ces talents aussi variés que leur provenance, des 5 continents et de 25 pays différents dont voici la liste impressionnante :  Theo Angelopoulos, Olivier Assayas, Bille August, Jane Campion, Youssef Chahine, Chen Kaige, Michael Cimino, Ethan & Joel Coen, David Cronenberg, Jean-Pierre & Luc Dardenne, Manoel De Oliveira, Raymond Depardon, Atom Egoyan, Amos Gitai, Hou Hsiao Hsien, Alejandro Gonzalez Iñarritu, Aki Kaurismaki, Abbas Kiarostami, Takeshi Kitano, Andrei Konchalovsky, Claude Lelouch, Ken Loach, Nanni Moretti, Roman Polanski, Raoul Ruiz, Walter Salles, Elia Suleiman, Tsai Ming Liang, Gus Van Sant, Lars Von Trier, Wim Wenders, Wong Kar Wai, Zhang Yimou.

     L’idée est donc celle d’une promenade autour d’un thème unique  et que soit alloué un même budget modeste à tous ces éminents cinéastes. Ils livreront en 3 minutes leur "actuel état d’esprit inspiré par la salle de cinéma".

    Selon Gilles Jacob, aucun réalisateur n’a eu connaissance des synopsis de ses confrères et ils les découvriront normalement le 20 Mai, jour de la projection à Cannes et de sa diffusion en simultané sur Canal plus. Le titre est déjà connu, il s’agit de « Chacun son cinéma ». Cela promet d’être un voyage inventif et inattendu dont je ne manquerai pas de vous faire le récit.

    Le dernier film à sketchs présenté à Cannes avait  créé l’évènement. Il s’agissait de Paris, je t’aime, film d’ouverture de la Sélection Un Certain Regard l’an passé. Voir le récit ici. Cela nous laisse entrevoir le caractère évènementiel de ce film anniversaire de ce sémillant sexagénaire !

    Sandra.M