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PARTENARIATS ET SPONSORS

  • Plage Nespresso du Festival de Cannes 2016 : dîner signé Jean-François Piège

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    L’an passé, grâce à Nespresso, j’avais déjà eu le grand plaisir de vivre une formidable journée très « gastronomique » au Festival de Cannes 2015, un très agréable intermède au milieu des mes 12 jours de projections cannoises.

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    Vous pouvez retrouver mon récit de cette journée Nespresso 2015 et de mon dîner signé du chef Florent Ladeyn en cliquant ici.

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    Pour la 3ème  année consécutive, à l’occasion de ce Festival de Cannes 2016,  Nespresso  célébrait à nouveau les liens étroits entre cinéma et gastronomie en invitant trois chefs prestigieux à choisir chacun un film qui a marqué l’histoire du Festival et à le réinterpréter autour d’un menu d’exception. Chacun des chefs devenait alors le réalisateur d’un dîner pour quelque 70 convives autour d’une mise en scène en 5 plats et d’un décor original rappelant l’univers du film qui l’avait inspiré.

    Dans mon cas, ce fut Les 400 coups de Truffaut l’an passé avec la cuisine du chef de Florent Ladeyn et cette année Le Guépard de Visconti avec la cuisine de Jean-François Piège. J’étais donc doublement chanceuse cette année puisque je pouvais dîner sur le thème d’un de mes films préférés (dont je parle même dans mon roman L’amor dans l’âme qui vient d’être publié aux Editions du 38, ici) et goûter la cuisine d’un chef réputé que je souhaitais tester depuis longtemps.

    roman90Photo ci-dessus: mise en abyme d’une histoire de mise en abyme…

    Les 3 chefs se succédaient ainsi:  Armand Arnal (La Chassagnette, Arles – 1 * Michelin) a fait son cinéma inspiré par Undergound d’Emir Kusturica (Palme d’Or 1995); Jean-François Piège (Le Grand Restaurant, Paris – 2 * Michelin) a fait son cinéma inspiré par Le Guépard de Luchino Visconti (Palme d’Or 1963); Cédric Béchade (L’Auberge Basque, St Pée sur Nivelle – 1 * Michelin) a fait son cinéma inspiré par The Artist de Michel Hazanavicius (Prix d’Interprétation masculine pour Jean Dujardin 2011).

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    Cette année encore, la plage Nespresso était le lieu incontournable pour les professionnels du cinéma à la fois au cœur de l’agitation du festival et à l’abri de celle-ci. Un véritable havre de quiétude au cœur de Cannes avec une vue idyllique sur la Croisette.

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    Nespresso est aussi partenaire de la Semaine de la Critique, ce qui fut l’occasion pour moi de voir les courts-métrages de la clôture (réalisés par les actrices Sandrine Kiberlain, Chloé Sévigny et Laetitia Casta) et d’interviewer son passionnant et affable délégué général Charles Tesson qui nous a expliqué la genèse de la Semaine de la Critique avant d’évoquer cette édition 2016.

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    La plage Nespresso est aussi le lieu phare pour les interviews et rencontres professionnelles. Ce fut donc en toute logique le lieu de la remise des Nespresso Talents 2016 ( un concours qui invitait les jeunes cinéastes du monde entier à réaliser un court-métrage de 3 minutes filmé au format vertical, sur le thème Explore Your Extraordinary.), l’occasion notamment d’entendre l’élégant et talentueux Tomer Sisley donner une instructive leçon de cinéma, dans un anglais irréprochable.

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    Je reviendrai en détails sur ces films et sur cette interview de Charles Tesson sur mes blogs cinéma mais, en attendant, attardons-nous sur ce dîner hors du temps dans un décor inspiré du chef-d’œuvre de Visconti: candélabres, dorures, tableaux… nous rappelant les fastes de la bourgeoisie italienne dont le Guépard conte la déliquescence. Me revenait alors en mémoire, comme une mélopée obsédante cette célèbre citation empruntée au livre de Giuseppe Tomasi di Lampedusa:

    Nous fûmes les Guépards, les Lions ceux qui nous remplaceront seront les chacals et des hyènes… Et tous, Guépards, chacals et moutons, nous continuerons à nous considérer comme le sel de la Terre.

     Un peu plus et je voyais Tancrède et Angelica débarquer à notre table. Une douce parenthèse au milieu de mes 12 journées festivalières bien chargées dont vous pouvez retrouver mon compte rendu cinématographique, en cliquant ici.

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    J’ai eu le plaisir de partager ce dîner notamment avec de très sympathiques instagramers et une partie de la joyeuse équipe de l’agence 14 septembre (que je remercie d’ailleurs à nouveau au passage pour ce moment hors du temps, qui nous a presque permis de traverser l’écran). Le menu célébrait ainsi la cuisine italienne et en revisitait les classiques: la pizza, les carbonaras réalisées avec … des calamars. J’avoue que le résultat était bluffant, non seulement le visuel mais aussi le goût évoquaient ainsi le célèbre plat italien.

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    Le chef a même réussi l’exploit non seulement de me faire aimer le céleri mais aussi de me permettre de me régaler avec! L’amoureux du cinéma que semble aussi être Jean-François Piège (Son « grand restaurant » tire son nom du et truculent film de Jacques Besnard avec De Funès et Blier) nous a ainsi servi un dîner plein d’émotions, de saveurs à la fois différentes et qui se mariaient parfaitement, lesquelles saveurs nous ont permis de réaliser un palpitant voyage immobile. Merci à lui aussi pour son talent,  sa bonhomie et sa disponibilité.

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     Je vous laisse découvrir les photos des plats qui s’apparentaient à de véritables tableaux.

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    Pour en savoir plus sur Nespresso à Cannes, cliquez ici.

    Pour en savoir plus sur Jean-François Piège, retrouvez son site officiel en cliquant là.

    Toutes les photos sont issues de mon compte Instagram: @sandra_meziere.

    Critique – « Le Guépard » de Luchino Visconti

    Quand la réalité rejoint le cinéma (article  publié suite à la projection exceptionnelle du « Guépard »  en version restaurée dans le cadre de Cannes Classics du Festival de Cannes 2010)

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    Parmi mes très nombreux souvenirs du Festival de Cannes, celui de ce soir restera sans aucun doute un des plus émouvants et inoubliables. Ce soir, dans le cadre de Cannes Classics était en effet projetée la version restaurée du chef d’œuvre de Luchino Visconti « Le Guépard », palme d’or du Festival 1963. Un des films à l’origine de ma passion pour le cinéma avec  l’acteur que j’admire le plus (et tant pis pour ceux qu’il horripile… qu’ils me trouvent juste un seul acteur ayant tourné autant de chefs d’œuvre de « Rocco et ses frères » à « Monsieur Klein » en passant par « Le Cercle rouge » , « La Piscine » et tant d’autres…).

     Alors que nous étions très peu nombreux dans la file presse et que, en face, dans la file Cannes cinéphiles on se bousculait tout le monde a finalement pu entrer. J’avais une place de choix puisque juste à côté de moi figurait un siège sur lequel était écrit  Martin Scorsese  et devant  Alain Delon et Claudia Cardinale! Tandis que les premiers invités commençaient à arriver (Benicio Del Toro, Kate Beckinsale, Aishwarya Rai puis Salma Hayek, Juliette Binoche…), la fébrilité était de plus en plus palpable dans la salle. Avec son humour et son enthousiasme légendaires, Thierry Frémaux est venu prévenir que Martin Scorsese était retenu dans les embouteillages en ajoutant qu’Alain Delon avait tenu à préciser que lui n’était pas en retard.

     Puis Martin Scorsese est enfin sorti des embouteillages pour monter sur scène ( réalisateur du plus grand film de cette année « Shutter island », à voir absolument) pour parler de ce film si important pour lui. Puis ce fut au tour d’Alain Delon et Claudia Cardinale de monter sur scène. Tous deux émus, Alain Delon aussi nostalgique que Claudia Cardinale semblait enjouée.  Puis, ils se sont installés, juste devant moi et le film, ce film que j’ai vu tant de fois a commencé.

    Quelle étrange sensation de le découvrir enfin sur grand écran, tout en voyant ses acteurs au premier plan, juste devant moi, en chair et en os. Aussi fascinant et somptueux soit « Le Guépard » (et ce soir il m’a à nouveau et plus que jamais éblouie) mon regard ne pouvait s’empêcher de dévier vers Delon et Cardinale. Instant irréel où l’image de la réalité se superposait à celle de l’écran. Je ne pouvais m’empêcher d’essayer d’imaginer leurs pensées. Claudia Cardinale qui semblait littéralement transportée (mais avec gaieté) dans le film, tapant des mains, se tournant vers Alain Delon, lorsque des scènes, sans doute, lui rappelait des souvenirs particuliers, riant aussi souvent, son rire se superposant même sur la célèbre cavalcade de celui d’Angelica dans la scène du dîner. Et Alain Delon, qui regardait l’écran avec tant de solennité, de nostalgie, de tristesse peut-être comme ailleurs, dans le passé, comme  s’il voyait une ombre du passé ressurgie en pleine lumière, pensant, probablement,  comme il le dit souvent, à ceux qui ont disparu : Reggiani, Lancaster, Visconti….

    Delon et Cardnale plus humains sans doute que ces êtres d’une beauté irréelle sur l’écran et qu’ils ont incarnés mais aussi beaux et touchants. D’autant plus troublant que la scène de la réalité semblait faire étrangement écho à celle du film qui raconte  la déliquescence d’un monde, la nostalgie d’une époque. Comme si Delon était devenu le Prince Salina (incarné par Lancaster dans le film) qui regarde avec mélancolie une époque disparaître. J’avais l’impression de ressentir leur émotions, ce  qui, ajouté, à celle que me procure immanquablement ce film, a fait de cet instant un moment magique de vie et de cinéma entremêlés, bouleversant.

    Je n’ai pas vu passer les trois heures que dure le film dont la beauté, la modernité, la richesse, la complexité mais aussi la vitalité, l’humour  (c’était étonnant d’entendre ainsi la salle rire) me sont apparus plus que jamais éclatants et surtout inégalés. 47 ans après, quel film a pu rivaliser ? Quel film contient des plans séquences aussi voluptueux ? Des plans aussi somptueux ? On comprend aisément pourquoi le jury lui a attribué la palme d’or à l’unanimité !

    Hypnotisée par ces images confuses de réalité et de cinéma superposées, de splendeur visuelle, de mélancolie, de nostalgie, je suis repartie avec dans ma poche la lettre destinée à Alain Delon parlant du scénario que j’aimerais lui soumettre, mais sans regrets : il aurait été maladroit, voire indécent de lui donner à cet instant si intense, particulier. Et encore maintenant il me semble entendre la valse qui a sublimé Angelica et Tancrède,  et d’en ressentir toute la somptuosité nostalgique…  Cette phrase prononcée par Burt Lancaster dans « Le Guépard » pourrait ainsi peut-être être désormais prononcée par ceux qui ont joué à ses côtés, il y a 47 ans déjà  : « Nous étions les Guépards, les lions, ceux qui les remplaceront seront les chacals, les hyènes, et tous, tant que nous sommes, guépards, lions, chacals ou brebis, nous continuerons à nous prendre pour le sel de la terre ».

     Ma critique du « Guépard » de Luchino Visconti

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    En 1860, en Sicile, tandis que Garibaldi et ses chemises rouges débarquent pour renverser la monarchie des Bourbons de Naples et l’ancien régime, le prince Don Fabrizio Salina (Burt Lancaster) ainsi que sa famille et son confesseur le Père Pirrone (Romolo Valli), quitte ses domaines pour son palais urbain de Donnafigata, tandis que son neveu Tancrède rejoint les troupes de Garibaldi. Tancrède s’éprend d’Angelica, (Claudia Cardinale), la fille du riche maire libéral  de Donnafugata : Don Calogero. Le Prince Salina s’arrange pour qu’ils puissent se marier. Après l’annexion de la Sicile au royaume d’Italie, Tancrède qui s’était engagé aux côtés des Garibaldiens les abandonne pour rejoindre l’armée régulière…

    Les premiers plans nous montrent une allée qui mène à une demeure, belle et triste à la fois. Les allées du pouvoir. Un pouvoir beau et triste, lui aussi. Triste car sur le déclin, celui de l’aristocratie que symbolise le Prince Salina. Beau car fascinant comme l’est le prince Salina et l’aristocratie digne qu’il représente. Ce plan fait écho à celui de la fin : le prince Salina avance seul, de dos, dans des ruelles sombres et menaçantes puis il s’y engouffre comme s’il entrait dans son propre tombeau. Ces deux plans pourraient résumer l’histoire, l’Histoire, celles d’un monde qui se meurt. Les plans suivants nous emmènent à l’intérieur du domaine, nous offrant une vision spectrale et non moins sublime de cette famille. Seuls des rideaux blancs dans lesquels le vent s’engouffre apportent une respiration, une clarté dans cet univers somptueusement sombre. Ce vent de nouveauté annonce l’arrivée de Tancrède, Tancrède qui apparaît dans le miroir dans lequel Salina se mire.  Son nouveau visage. Le nouveau visage du pouvoir. Le film est à peine commencé et déjà son image est vouée à disparaître. Déjà la fin est annoncée. Le renouveau aussi.

    Fidèle adaptation d’un roman écrit en 1957 par Tomasi di Lampedusa, Le Guépard témoigne d’une époque représentée par cette famille aristocrate pendant le Risorgimento, « Résurrection » qui désigne le mouvement nationaliste idéologique et politique qui aboutit à la formation de l’unité nationale entre 1859 et 1870. Le Guépard est avant tout l’histoire du déclin de l’aristocratie et de l’avènement de la bourgeoisie, sous le regard et la présence félins, impétueux, dominateurs du Guépard, le prince Salina. Face à lui, Tancrède est un être audacieux, vorace, cynique, l’image de cette nouvelle ère qui s’annonce.

    La scène du fastueux bal qui occupe un tiers du film est aussi la plus célèbre, la plus significative, la plus fascinante. Elle marque d’abord par sa magnificence et sa somptuosité :  somptuosité des décors, soin du détail du Maestro Visconti qui tourna cette scène en huit nuits parmi 300 figurants. Magnificence du couple formé par Tancrède et Angelica, impériale et rayonnante dans sa robe blanche. Rayonnement du couple qu’elle forme en dansant avec Salina, aussi.  La fin du monde de Salina est proche mais le temps de cette valse, dans ce décor somptueux, le temps se fige. Ils nous font penser à cette réplique de Salina à propos de la Sicile : « cette ombre venait de cette lumière ». Tancrède regarde avec admiration, jalousie presque, ce couple qui représente pourtant la déchéance de l’aristocratie et l’avènement de la bourgeoisie. Un suicide de l’aristocratie même puisque c’est Salina qui scelle l’union de Tancrède et Angelica, la fille du maire libéral, un mariage d’amour mais aussi et avant tout de raison entre deux univers, entre l’aristocratie et la bourgeoisie. Ces deux mondes se rencontrent et s’épousent donc aussi le temps de la valse d’Angelica et Salina. Là, dans le tumulte des passions, un monde disparaît et un autre naît. Ce bal est donc aussi remarquable par ce qu’il symbolise : Tancrède, autrefois révolutionnaire, se rallie à la prudence des nouveaux bourgeois tandis que Salina, est dans une pièce à côté, face à sa solitude, songeur,  devant un tableau de Greuze, la Mort du juste, faisant « la cour à la mort » comme lui dira ensuite magnifiquement Tancrède.

    Angelica, Tancrède et Salina se retrouvent ensuite dans cette même pièce face à ce tableau morbide alors qu’à côté se fait entendre la musique joyeuse et presque insultante du bal. L’aristocratie vit ses derniers feux mais déjà la fête bat son plein. Devant les regards attristés et admiratifs de Tancrède et Angelica, Salina s’interroge sur sa propre mort. Cette scène est pour moi une des plus intenses de ce film qui en comptent pourtant tant qui pourraient rivaliser avec elle. Les regards lourds de signification qui s’échangent entre eux trois, la sueur qui perle sur les trois visages, ce mouchoir qu’ils s’échangent pour s’éponger en font une scène d’une profonde cruauté et sensualité où entre deux regards et deux silences, devant ce tableau terriblement prémonitoire de la mort d’un monde et d’un homme, illuminé par deux bougies que Salina a lui-même allumées comme s’il admirait, appelait, attendait sa propre mort, devant ces deux êtres resplendissants de jeunesse, de gaieté, de vigueur, devant Salina las mais toujours aussi majestueux, plus que jamais peut-être, rien n’est dit et tout est compris.

     Les décors minutieusement reconstitués d’ une beauté visuelle sidérante, la sublime photo de Giuseppe Rotunno, font de ce Guépard une véritable fresque tragique, une composition sur la décomposition d’un monde, dont chaque plan se regarde comme un tableau, un film mythique à la réputation duquel ses voluptueux plans séquences (notamment la scène du dîner pendant laquelle résonne le rire interminable et strident d’Angelica comme une insulte à l’aristocratie décadente, au cour duquel se superposent des propos, parfois à peine audibles, faussement anodins, d’autres vulgaires, une scène autour de laquelle la caméra virevolte avec virtuosité, qui, comme celle du bal, symbolise la fin d’une époque), son admirable travail sur le son donc, son travail sur les couleurs (la séquence dans l’Eglise où les personnages sont auréolés d’une significative lumière grise et poussiéreuse ) ses personnages stendhaliens, ses seconds rôles judicieusement choisis (notamment Serge Reggiani en chasseur et organiste), le charisme de ses trois interprètes principaux, la noblesse féline de Burt Lancaster, la majesté du couple Delon-Cardinale, la volubilité, la gaieté et le cynisme de Tancrède formidablement interprété par Alain Delon, la grâce de Claudia Cardinale, la musique lyrique, mélancolique et ensorcelante de Nino Rota ont également contribué à faire de cette fresque romantique, engagée, moderne, un chef d’œuvre du septième Art. Le Guépard a ainsi obtenu la Palme d’or 1963… à l’unanimité.

     La lenteur envoûtante dont est empreinte le film métaphorise la déliquescence du monde qu’il dépeint. Certains assimileront à de l’ennui ce qui est au contraire une magistrale immersion  dont on peinera ensuite à émerger hypnotisés par l’âpreté lumineuse de la campagne sicilienne, par l’écho du pesant silence, par la beauté et la splendeur stupéfiantes de chaque plan. Par cette symphonie visuelle cruelle, nostalgique et sensuelle l’admirateur de Proust qu’était Visconti nous invite à l’introspection et à la recherche du temps perdu.

    La personnalité du Prince Salina devait beaucoup à celle de Visconti, lui aussi aristocrate, qui songea même à l’interpréter lui-même, lui que cette aristocratie révulsait et fascinait à la fois et qui, comme Salina, aurait pu dire : « Nous étions les Guépards, les lions, ceux qui les remplaceront seront les chacals, les hyènes, et tous, tant que nous sommes, guépards, lions, chacals ou brebis, nous continuerons à nous prendre pour le sel de la terre ».

    Que vous fassiez partie des guépards, lion, chacals ou brebis, ce film est un éblouissement inégalé par lequel je vous engage vivement à vous laisser hypnotiser…

  • L’hôtel Majestic Barrière et la plage Majestic 69: the places to be pendant le Festival de Cannes

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    Je vous parlais hier, ici, du nouvel établissement acquis par le Groupe Barrière, le célèbre hôtel Westminster situé au Touquet. Aujourd’hui, je vous emmène avec moi sur la Croisette (je couvrirai ainsi le festival pour la 16ème année consécutive sur mes blogs Inthemoodforcannes.com et Inthemoodforfilmfestivals.com et sur mes comptes twitter @moodforcinema et @moodforcannes, et sur Inthemoodforhotelsdeluxe.com pour tout ce qui concerne le luxe).

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    Je connais par cœur la Croisette et les palaces qui la jalonnent et mon préféré reste le Majestic Barrière à tel point que j’en ai fait le cadre de scènes clefs de mon roman « L’amor dans l’âme » publié en mars 2016 aux Editions du 38, (vous pourrez ainsi y découvrir la célèbre suite « Mélodie en sous-sol »,  lequel roman se déroule dans le cadre du Festival de Cannes 2014), à tel point aussi que, chaque année, je passe la majeure partie de mon temps entre deux projections, sur la plage Majestic 69, gérée par ADR prod pendant le festival depuis 13 ans maintenant. L’équipe vous accueillera toujours avec affabilité et professionnalisme.

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    C’est là, dans ce cadre idyllique, sur la plus belle plage de la Croisette depuis laquelle vous pouvez admirer le palais des festivals qu’elle jouxte, qu’ont lieu de nombreux press junkets, photocalls, déjeuners professionnels … Le business lounge est aussi l’endroit idéal pour échanger au calme de l’agitation (et en même temps en son cœur) entre deux séances. Vous pourrez aussi y retrouver de prestigieuses marques: Kering, Riva, BoConcept, Baron Ph. de Rothschild, Finley, Nespresso, BMW…

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    C’est là que sera célébré le début du festival mais aussi le clôture et, sans aucun doute, comme chaque année, l’élégance sera au rendez-vous lors de fêtes auxquelles Gatsby le Magnifique n’aurait rien eu à envier.

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    En 2010, à l’occasion de l’ouverture du Festival de Cannes, le Majestic avait révélé sa nouvelle aile spectaculaire lors d’une inauguration qui l’avait également été. Avaient ainsi été dévoilés :

    -10.000 m2 supplémentaires,
    -44 nouvelles suites dont 2 suites duplex de 450 m2
    -un spa de 450 m2
    -1500 m2 de luxueuses boutiques
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    L’hôtel (membre de The Leading Hotels of the world – toujours un gage de qualité-), à l’image de sa plage, se situe à la fois en plein centre de Cannes et un peu en retrait de son agitation. C’est aussi l’adresse idéale pour les festivaliers puisqu’il se trouve juste en face du palais des festivals. Il est également située sur la Croisette et à deux pas des boutiques de la rue d’Antibes.
     
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    Parmi ses atouts: salle de projection, Concierge Clefs d’Or,  Spa Diane Barrière by Clarins, plage privée…
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    Pour les gastronomes, pendant le festival, dans l’hôtel, vous aurez le choix entre le Fouquet’s et la Petite Maison de Nicole. Je vous recommande vivement « Le Fouquet’s » ou de prendre un verre dans les salons, un moment toujours hors du temps.
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    L’hôtel compte 265 chambres, 84 suites dont 2 penthouses d’exception comme la sublime suite Christian Dior (cf photo  ci-dessous, vous la reconnaîtrez aisément puisque celle-ci emprunte les teintes grises et chics chères au grand couturier), un espace au sixième et splendide étage de l’aile ouest de l’hôtel, conçu par l’architecte Renaud d’Hauteserre.
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    L’hôtel vous propose de nombreuses activités:
     
    -spa Diane Barrière by Clarins avec les activités suivantes:
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    – Zumba
    – LIA (Low Impact Aerobic)
    – TRX
    – Core training
    – Freedom Spirit
    – Pilates
    – PNL (Programmation Neuro-Linguistique)
    – LPG
    – Intraceuticals Oxygen Infusion
    mais aussi:
    -une piscine extérieure
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    -une plage privée avec de nombreuses activités nautiques
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    L’hôtel dispose également d’un bar à champagne et d’un club Diwi and co pour les enfants.
     
    Si vous voulez vous détendre tout en profitant du luxe ultime, en étant en plein centre de Cannes, n’hésitez pas : choisissez le Majestic Barrière.
     
    Hôtel Majestic Barrière

    10 Boulevard de la Croisette, 06400 Cannes

    Retrouvez également  cet article sur mon blog Inthemoodforhotelsdeluxe.com.
  • Concours - Avec Canal + gagnez mon roman au coeur du Festival de Cannes!

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    Voilà une très belle mise en lumière pour mon roman puisque Canal + le met aujourd'hui à l'honneur sur son site officiel et vous permet de remporter un des 5 exemplaires que la chaîne met en jeu.

    Retrouvez l'article consacré au concours et au roman sur le site officiel de Canal plus en cliquant sur le visuel du concours ou sur ce lien: http://www.canalplus.fr/cinema/l-actualite-cinema-sur-canal/cid1382041-jeu-concours-pour-gagner-le-livre-l-amor-dans-l-ame-de-sandra-meziere.html

    Pour faire partie des gagnants, il vous suffit de RT l'annonce du concours mise en ligne sur le compte twitter @cinemacanalplus, de suivre le compte twitter @cinemacanalplus et d'être ensuite tiré au sort.

  • Nespresso, partenaire de la 55ème Semaine de la Critique

    Il y a 15 jours, je vous parlais (ici et sur Inthemoodforhotelsdeluxe.com) de la formidable opération cannoise de la marque Nespresso, "Les chefs font leur cinéma", à laquelle j'avais eu le plaisir de participer l'an passé.  Retrouvez mon article sur l'édition 2015 et le programme 2016, en cliquant ici.

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    Par ailleurs, cette année, Nespresso est à nouveau partenaire de la Semaine de la Critique, laquelle a d'ailleurs dévoilé hier sa très belle affiche 2016.

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    L'association de Nespresso avec la Semaine de la Critique s'est faite tout naturellement, le soutien à l’innovation et à la création étant au cœur des valeurs de Nespresso. Cette section cannoise, qui met à l'honneur les première et deuxième œuvres des cinéastes du monde entier, se consacre à la découverte des futurs grands réalisateurs. Wong Kar-Wai, Jacques Audiard, Arnaud Desplechin ou encore Valérie Donzelli - présidente du jury de cette édition 2016 -, ont ainsi fait leurs débuts à la Semaine de la Critique.  Nespresso parraine depuis 2011 le Grand Prix Nespresso décerné par le jury de la Semaine de la Critique au meilleur long métrage de la sélection. Ensemble, la Semaine de la Critique et Nespresso, animés à la fois par l'exigence et la curiosité, explorent et révèlent la jeune création cinématographique.  Cette année 2016 marque le 5e anniversaire de l'association entre Nespresso et la Semaine de la Critique et confirme la convergence de leurs volontés et missions communes : en 2011, le Grand Prix Nespresso de la Semaine de la Critique est remis au réalisateur Jeff Nichols pour son film Take Shelter (à l’honneur sur l’affiche de cette édition 2016). Cinq ans plus tard, son 3e long métrage, Midnight Special, sorti sur les écrans le 16 mars dernier, est un succès critique et public.

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    "Le Grand Prix Nespresso a beaucoup influencé ma carrière. Je sens que mon nom a tout de suite été propulsé dans des sphères où l'industrie ne m'aurait pas inclus autrement. Le Prix a confirmé la place du film dans les consciences. Cela a promu mon film et ma réputation à un niveau qui aurait pris autrement des années à atteindre" confie Jeff Nichols.

    Ont été récompensés par le Grand Prix Nespresso de la Semaine de la Critique :

    2015 : Santiago Mitre pour PAULINA

    2014 : Myroslav Slaboshpytskiy pour THE TRIBE

    2013 : Fabio Grassadonia et Antonio Piazza pour SALVO

    2012 : Antonio Mendez Esparza pour AQUÍ Y ALLA

    2011 Jeff Nichols pour TAKE SHELTER

    La Plage Nespresso, lieu incontournable du Festival de Cannes et de ses festivaliers, accueille à nouveau cette année toutes les équipes des films sélectionnés à la Semaine de la Critique - événements, interviews, séances photo, déjeuners et dîners où membres du jury, réalisateurs, acteurs, producteurs, professionnels se rencontrent. La Semaine y organise également ses Talents Talks, moments de rencontres et de discussions privilégiés avec ses auteurs.

    Pour mettre en lumière l'innovation & la création en gastronomie, la Plage Nespresso accueille également 3 grands Chefs pour une série de dîners exclusifs intitulée "Les Chefs font leur Cinéma". Une expérience gastronomique inspirée non seulement par les Grands Crus Nespresso, mais aussi par des films ayant contribué à la légende de Cannes. Cliquez ici pour lire mon article à ce sujet.

  • Nespresso au Festival de Cannes 2016 : les chefs font leur cinéma!

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    L’an passé, grâce à Nespresso, j’avais eu le grand plaisir de vivre une formidable journée très « gastronomique » au Festival de Cannes, un très agréable intermède au milieu des mes 12 jours de projections cannoises. Vous pouvez retrouver mon récit de cette journée Nesspresso et de mon dîner signé du chef Florent Ladeyn sur mon site Inthemoodforhotelsdeluxe.com en cliquant ici. Cliquez ici pour lire mon interview sur le site officiel Nespresso Cannes et ici pour y lire mon article publié sur ce même site de Nespresso.

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    Pour la 3ème  année consécutive, Nespresso célèbre les liens étroits entre cinéma et gastronomie en invitant trois chefs prestigieux à choisir chacun un film qui a marqué l’histoire du Festival et à le réinterpréter autour d’un menu d’exception. Chacun des chefs devient alors le réalisateur d’un dîner pour quelque 70 convives autour d’une mise en scène en 5 plats et d’un décor original rappelant l’univers du film qui l’a inspiré (dans mon cas, ce fut « Les 400 coups » de Truffaut).

    En mai prochain, Nespresso, partenaire du Festival de Cannes et de la Semaine de la Critique, accompagne une nouvelle fois l’esprit créatif de ces deux événements et apporte sa signature personnelle à travers un concept original qui allie gastronomie et cinéma.

    Pour les chefs comme pour les films choisis, le programme est à nouveau particulièrement réjouissant cette année. Ci-dessous, je vous propose de découvrir les trois films (dont mon film préféré, signé Visconti) et les trois chefs qui seront à l’honneur et, en bonus, en bas de cet article, ma critique de deux des trois films sélectionnés, tous deux liés pour moi à d’inoubliables moments vécus lors du Festival de Cannes: « The Artist » de Michel Hazanavicius et le chef d’œuvre de Visconti, « Le Guépard ».

    Voici le programme de cette année:

    Entre le 12 et le 18 mai, « Les Chefs font leur Cinéma », ce sont : 

    3 chefs/réalisateurs, 3 films/menus, 6 séquences/dîners

    – Jeudi 12 mai & Vendredi 13 mai 

    Armand Arnal (La Chassagnette, Arles – 1 * Michelin) fait son cinéma inspiré par Undergound d’Emir Kusturica (Palme d’Or 1995)

    – Samedi 14 & Dimanche 15 mai

    Jean-François Piège (Le Grand Restaurant, Paris – 2 * Michelin) fait son cinéma inspiré par Le Guépard de Luchino Visconti (Palme d’Or 1963)

    – Mardi 17 mai & Mercredi 18 mai 

    Cédric Béchade (L’Auberge Basque, St Pée sur Nivelle – 1 * Michelin) fait son cinéma inspiré par The Artist de Michel Hazanavicius (Prix d’Interprétation masculine pour Jean Dujardin 2011).

    Pour participer à ces expériences uniques, les gourmets et cinéphiles pourront tenter leur chance en jouant du 18 avril au 1er mai sur le site http://www.nespresso.com/cannes pour gagner deux séjours à Cannes pour 2 personnes (montée des marches pour le film en compétition officielle, accès privilégié au Palais, dîner gastronomique Les Chefs font leur Cinéma, nuit dans un palace de la Croisette). Trente dîners pour deux personnes   » Les Chefs font leur Cinéma  » seront aussi mis en jeu dans la Boutique Nespresso à Cannes.

    Critique – « Le Guépard » de Luchino Visconti

    Quand la réalité rejoint le cinéma (article déjà publié suite à la projection exceptionnelle du « Guépard »  en version restaurée dans le cadre du Festival de Cannes 2010)

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    Parmi mes très nombreux souvenirs du Festival de Cannes, celui de ce soir restera sans aucun doute un des plus émouvants et inoubliables. Ce soir, dans le cadre de Cannes Classics était en effet projetée la version restaurée du chef d’œuvre de Luchino Visconti « Le Guépard », palme d’or du Festival 1963. Un des films à l’origine de ma passion pour le cinéma avec  l’acteur que j’admire le plus (et tant pis pour ceux qu’il horripile… qu’ils me trouvent juste un seul acteur ayant tourné autant de chefs d’œuvre de « Rocco et ses frères » à « Monsieur Klein » en passant par « Le Cercle rouge » , « La Piscine » et tant d’autres…).

     Alors que nous étions très peu nombreux dans la file presse et que, en face, dans la file Cannes cinéphiles on se bousculait tout le monde a finalement pu entrer. J’avais une place de choix puisque juste à côté de moi figurait un siège sur lequel était écrit  Martin Scorsese  et devant  Alain Delon et Claudia Cardinale! Tandis que les premiers invités commençaient à arriver (Benicio Del Toro, Kate Beckinsale, Aishwarya Rai puis Salma Hayek, Juliette Binoche…), la fébrilité était de plus en plus palpable dans la salle. Avec son humour et son enthousiasme légendaires, Thierry Frémaux est venu prévenir que Martin Scorsese était retenu dans les embouteillages en ajoutant qu’Alain Delon avait tenu à préciser que lui n’était pas en retard.

     Puis Martin Scorsese est enfin sorti des embouteillages pour monter sur scène ( réalisateur du plus grand film de cette année « Shutter island », à voir absolument) pour parler de ce film si important pour lui. Puis ce fut au tour d’Alain Delon et Claudia Cardinale de monter sur scène. Tous deux émus, Alain Delon aussi nostalgique que Claudia Cardinale semblait enjouée.  Puis, ils se sont installés, juste devant moi et le film, ce film que j’ai vu tant de fois a commencé.

    Quelle étrange sensation de le découvrir enfin sur grand écran, tout en voyant ses acteurs au premier plan, juste devant moi, en chair et en os. Aussi fascinant et somptueux soit « Le Guépard » (et ce soir il m’a à nouveau et plus que jamais éblouie) mon regard ne pouvait s’empêcher de dévier vers Delon et Cardinale. Instant irréel où l’image de la réalité se superposait à celle de l’écran. Je ne pouvais m’empêcher d’essayer d’imaginer leurs pensées. Claudia Cardinale qui semblait littéralement transportée (mais avec gaieté) dans le film, tapant des mains, se tournant vers Alain Delon, lorsque des scènes, sans doute, lui rappelait des souvenirs particuliers, riant aussi souvent, son rire se superposant même sur la célèbre cavalcade de celui d’Angelica dans la scène du dîner. Et Alain Delon, qui regardait l’écran avec tant de solennité, de nostalgie, de tristesse peut-être comme ailleurs, dans le passé, comme  s’il voyait une ombre du passé ressurgie en pleine lumière, pensant, probablement,  comme il le dit souvent, à ceux qui ont disparu : Reggiani, Lancaster, Visconti….

    Delon et Cardnale plus humains sans doute que ces êtres d’une beauté irréelle sur l’écran et qu’ils ont incarnés mais aussi beaux et touchants. D’autant plus troublant que la scène de la réalité semblait faire étrangement écho à celle du film qui raconte  la déliquescence d’un monde, la nostalgie d’une époque. Comme si Delon était devenu le Prince Salina (incarné par Lancaster dans le film) qui regarde avec mélancolie une époque disparaître. J’avais l’impression de ressentir leur émotions, ce  qui, ajouté, à celle que me procure immanquablement ce film, a fait de cet instant un moment magique de vie et de cinéma entremêlés, bouleversant.

    Je n’ai pas vu passer les trois heures que dure le film dont la beauté, la modernité, la richesse, la complexité mais aussi la vitalité, l’humour  (c’était étonnant d’entendre ainsi la salle rire) me sont apparus plus que jamais éclatants et surtout inégalés. 47 ans après, quel film a pu rivaliser ? Quel film contient des plans séquences aussi voluptueux ? Des plans aussi somptueux ? On comprend aisément pourquoi le jury lui a attribué la palme d’or à l’unanimité !

    Hypnotisée par ces images confuses de réalité et de cinéma superposées, de splendeur visuelle, de mélancolie, de nostalgie, je suis repartie avec dans ma poche la lettre destinée à Alain Delon parlant du scénario que j’aimerais lui soumettre, mais sans regrets : il aurait été maladroit, voire indécent de lui donner à cet instant si intense, particulier. Et encore maintenant il me semble entendre la valse qui a sublimé Angelica et Tancrède,  et d’en ressentir toute la somptuosité nostalgique…  Cette phrase prononcée par Burt Lancaster dans « Le Guépard » pourrait ainsi peut-être être désormais prononcée par ceux qui ont joué à ses côtés, il y a 47 ans déjà  : « Nous étions les Guépards, les lions, ceux qui les remplaceront seront les chacals, les hyènes, et tous, tant que nous sommes, guépards, lions, chacals ou brebis, nous continuerons à nous prendre pour le sel de la terre ».

     Ma critique du « Guépard » de Luchino Visconti

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    En 1860, en Sicile, tandis que Garibaldi et ses chemises rouges débarquent pour renverser la monarchie des Bourbons de Naples et l’ancien régime, le prince Don Fabrizio Salina (Burt Lancaster) ainsi que sa famille et son confesseur le Père Pirrone (Romolo Valli), quitte ses domaines pour son palais urbain de Donnafigata, tandis que son neveu Tancrède rejoint les troupes de Garibaldi. Tancrède s’éprend d’Angelica, (Claudia Cardinale), la fille du riche maire libéral  de Donnafugata : Don Calogero. Le Prince Salina s’arrange pour qu’ils puissent se marier. Après l’annexion de la Sicile au royaume d’Italie, Tancrède qui s’était engagé aux côtés des Garibaldiens les abandonne pour rejoindre l’armée régulière…

    Les premiers plans nous montrent une allée qui mène à une demeure, belle et triste à la fois. Les allées du pouvoir. Un pouvoir beau et triste, lui aussi. Triste car sur le déclin, celui de l’aristocratie que symbolise le Prince Salina. Beau car fascinant comme l’est le prince Salina et l’aristocratie digne qu’il représente. Ce plan fait écho à celui de la fin : le prince Salina avance seul, de dos, dans des ruelles sombres et menaçantes puis il s’y engouffre comme s’il entrait dans son propre tombeau. Ces deux plans pourraient résumer l’histoire, l’Histoire, celles d’un monde qui se meurt. Les plans suivants nous emmènent à l’intérieur du domaine, nous offrant une vision spectrale et non moins sublime de cette famille. Seuls des rideaux blancs dans lesquels le vent s’engouffre apportent une respiration, une clarté dans cet univers somptueusement sombre. Ce vent de nouveauté annonce l’arrivée de Tancrède, Tancrède qui apparaît dans le miroir dans lequel Salina se mire.  Son nouveau visage. Le nouveau visage du pouvoir. Le film est à peine commencé et déjà son image est vouée à disparaître. Déjà la fin est annoncée. Le renouveau aussi.

    Fidèle adaptation d’un roman écrit en 1957 par Tomasi di Lampedusa, Le Guépard témoigne d’une époque représentée par cette famille aristocrate pendant le Risorgimento, « Résurrection » qui désigne le mouvement nationaliste idéologique et politique qui aboutit à la formation de l’unité nationale entre 1859 et 1870. Le Guépard est avant tout l’histoire du déclin de l’aristocratie et de l’avènement de la bourgeoisie, sous le regard et la présence félins, impétueux, dominateurs du Guépard, le prince Salina. Face à lui, Tancrède est un être audacieux, vorace, cynique, l’image de cette nouvelle ère qui s’annonce.

    La scène du fastueux bal qui occupe un tiers du film est aussi la plus célèbre, la plus significative, la plus fascinante. Elle marque d’abord par sa magnificence et sa somptuosité :  somptuosité des décors, soin du détail du Maestro Visconti qui tourna cette scène en huit nuits parmi 300 figurants. Magnificence du couple formé par Tancrède et Angelica, impériale et rayonnante dans sa robe blanche. Rayonnement du couple qu’elle forme en dansant avec Salina, aussi.  La fin du monde de Salina est proche mais le temps de cette valse, dans ce décor somptueux, le temps se fige. Ils nous font penser à cette réplique de Salina à propos de la Sicile : « cette ombre venait de cette lumière ». Tancrède regarde avec admiration, jalousie presque, ce couple qui représente pourtant la déchéance de l’aristocratie et l’avènement de la bourgeoisie. Un suicide de l’aristocratie même puisque c’est Salina qui scelle l’union de Tancrède et Angelica, la fille du maire libéral, un mariage d’amour mais aussi et avant tout de raison entre deux univers, entre l’aristocratie et la bourgeoisie. Ces deux mondes se rencontrent et s’épousent donc aussi le temps de la valse d’Angelica et Salina. Là, dans le tumulte des passions, un monde disparaît et un autre naît. Ce bal est donc aussi remarquable par ce qu’il symbolise : Tancrède, autrefois révolutionnaire, se rallie à la prudence des nouveaux bourgeois tandis que Salina, est dans une pièce à côté, face à sa solitude, songeur,  devant un tableau de Greuze, la Mort du juste, faisant « la cour à la mort » comme lui dira ensuite magnifiquement Tancrède.

    Angelica, Tancrède et Salina se retrouvent ensuite dans cette même pièce face à ce tableau morbide alors qu’à côté se fait entendre la musique joyeuse et presque insultante du bal. L’aristocratie vit ses derniers feux mais déjà la fête bat son plein. Devant les regards attristés et admiratifs de Tancrède et Angelica, Salina s’interroge sur sa propre mort. Cette scène est pour moi une des plus intenses de ce film qui en comptent pourtant tant qui pourraient rivaliser avec elle. Les regards lourds de signification qui s’échangent entre eux trois, la sueur qui perle sur les trois visages, ce mouchoir qu’ils s’échangent pour s’éponger en font une scène d’une profonde cruauté et sensualité où entre deux regards et deux silences, devant ce tableau terriblement prémonitoire de la mort d’un monde et d’un homme, illuminé par deux bougies que Salina a lui-même allumées comme s’il admirait, appelait, attendait sa propre mort, devant ces deux êtres resplendissants de jeunesse, de gaieté, de vigueur, devant Salina las mais toujours aussi majestueux, plus que jamais peut-être, rien n’est dit et tout est compris.

     Les décors minutieusement reconstitués d’ une beauté visuelle sidérante, la sublime photo de Giuseppe Rotunno, font de ce Guépard une véritable fresque tragique, une composition sur la décomposition d’un monde, dont chaque plan se regarde comme un tableau, un film mythique à la réputation duquel ses voluptueux plans séquences (notamment la scène du dîner pendant laquelle résonne le rire interminable et strident d’Angelica comme une insulte à l’aristocratie décadente, au cour duquel se superposent des propos, parfois à peine audibles, faussement anodins, d’autres vulgaires, une scène autour de laquelle la caméra virevolte avec virtuosité, qui, comme celle du bal, symbolise la fin d’une époque), son admirable travail sur le son donc, son travail sur les couleurs (la séquence dans l’Eglise où les personnages sont auréolés d’une significative lumière grise et poussiéreuse ) ses personnages stendhaliens, ses seconds rôles judicieusement choisis (notamment Serge Reggiani en chasseur et organiste), le charisme de ses trois interprètes principaux, la noblesse féline de Burt Lancaster, la majesté du couple Delon-Cardinale, la volubilité, la gaieté et le cynisme de Tancrède formidablement interprété par Alain Delon, la grâce de Claudia Cardinale, la musique lyrique, mélancolique et ensorcelante de Nino Rota ont également contribué à faire de cette fresque romantique, engagée, moderne, un chef d’œuvre du septième Art. Le Guépard a ainsi obtenu la Palme d’or 1963… à l’unanimité.

     La lenteur envoûtante dont est empreinte le film métaphorise la déliquescence du monde qu’il dépeint. Certains assimileront à de l’ennui ce qui est au contraire une magistrale immersion  dont on peinera ensuite à émerger hypnotisés par l’âpreté lumineuse de la campagne sicilienne, par l’écho du pesant silence, par la beauté et la splendeur stupéfiantes de chaque plan. Par cette symphonie visuelle cruelle, nostalgique et sensuelle l’admirateur de Proust qu’était Visconti nous invite à l’introspection et à la recherche du temps perdu.

    La personnalité du Prince Salina devait beaucoup à celle de Visconti, lui aussi aristocrate, qui songea même à l’interpréter lui-même, lui que cette aristocratie révulsait et fascinait à la fois et qui, comme Salina, aurait pu dire : « Nous étions les Guépards, les lions, ceux qui les remplaceront seront les chacals, les hyènes, et tous, tant que nous sommes, guépards, lions, chacals ou brebis, nous continuerons à nous prendre pour le sel de la terre ».

    Que vous fassiez partie des guépards, lion, chacals ou brebis, ce film est un éblouissement inégalé par lequel je vous engage vivement à vous laisser hypnotiser…

    Critique – « The Artist » de Michel Hazanavicius

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film « The Artist ».

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film « The Artist ».

    C’était un dimanche matin de mai 2011, le début du Festival de Cannes encore, en projection presse. Pas encore vraiment l’effervescence pour le film qui obtint la palme d’or mais un joli bruissement d’impatience parmi les regards déjà las, ou obstinément sceptiques. 1H40 plus tard, la salle résonnait d’applaudissements, pendant dix minutes, fait rare en projection presse. Le soir même, je suis retournée le voir en projection officielle. L’émotion fut la même, redoublée par la présence de l’équipe du film, terriblement émue elle aussi par les réactions enthousiastes du public, par les rires tendres, par cette cavalcade d’applaudissements qui a commencé lors de la dernière scène et ne s’est plus arrêtée pour continuer pendant un temps qui m’a paru délicieusement long. Un beau, rare et grand moment du Festival de Cannes.

    Le pari était pourtant loin d’être gagné d’avance. Un film muet (ou quasiment puisqu’il y a quelques bruitages). En noir et blanc. Tourné à Hollywood. En 35 jours. Par un réalisateur qui jusque là avait excellé dans son genre, celui de la brillante reconstitution parodique, mais très éloigné de l’univers dans lequel ce film nous plonge. Il fallait beaucoup d’audace, de détermination, de patience, de passion, de confiance, et un peu de chance sans doute aussi, sans oublier le courage -et l’intuition- d’un producteur (Thomas Langmann) pour arriver à bout d’un tel projet. Le pari était déjà gagné quand le Festival de Cannes l’a sélectionné d’abord hors compétition pour le faire passer ensuite en compétition, là encore fait exceptionnel.

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    Le film débute à Hollywood, en 1927, date fatidique pour le cinéma puisque c’est celle de l’arrivée du parlant. George Valentin (Jean Dujardin) est une vedette du cinéma muet qui connait un succès retentissant…mais l’arrivée des films parlants va le faire passer de la lumière à l’ombre et le plonger dans l’oubli. Pendant ce temps, une jeune figurante, Peppy Miller (Bérénice Béjo) qu’il aura au départ involontairement  placée dans la lumière, va voir sa carrière débuter de manière éblouissante. Le film raconte l’histoire de leurs destins croisés.

    Qui aime sincèrement le cinéma ne peut pas ne pas aimer ce film qui y est un hommage permanent et éclatant. Hommage à ceux qui ont jalonné et construit son histoire, d’abord, évidemment. De Murnau à Welles, en passant par Borzage, Hazanavicius cite brillamment ceux qui l’ont ostensiblement inspiré. Hommage au burlesque aussi, avec son mélange de tendresse et de gravité, et évidemment, même s’il s’en défend, à Chaplin qui, lui aussi,  lui surtout, dans « Les feux de la rampe », avait réalisé un hymne à l’art qui porte ou détruit, élève ou ravage, lorsque le public, si versatile, devient amnésique, lorsque le talent se tarit, lorsqu’il faut passer de la lumière éblouissante à l’ombre dévastatrice. Le personnage de Jean Dujardin est aussi un hommage au cinéma d’hier : un mélange de Douglas Fairbanks, Clark Gable, Rudolph Valentino, et du personnage de Charles Foster Kane (magnifiques citations de « Citizen Kane ») et Bérénice Béjo, avec le personnage de Peppy Miller est, quant à elle, un mélange de Louise Brooks, Marlène Dietrich, Joan Crawford…et nombreuses autres inoubliables stars du muet.

    Le cinéma a souvent parlé de lui-même… ce qui a d’ailleurs souvent produit des chefs d’œuvre. Il y a évidemment « La comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz, « La Nuit américaine de Truffaut », « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, enfin « Une étoile est née » de George Cukor et encore « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen et Gene Kelly auxquels « The Artist », de par son sujet, fait évidemment penser. Désormais, parmi ces classiques, il faudra citer « The Artist » de Michel Hazanavicius. Ses précèdents films étaient d’ailleurs déjà des hommages au cinéma. On se souvient ainsi des références à « Sueurs froides » ou « La Mort aux trousses » d’Hitchcock dans « OSS 117 : Rio ne répond plus ».

    Hazanavicius joue ainsi constamment et doublement la mise en abyme : un film muet en noir et blanc qui nous parle du cinéma muet en noir et blanc mais aussi qui est un écho à une autre révolution que connaît actuellement le cinéma, celle du Numérique.

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    Le mot jubilatoire semble avoir été inventé pour ce film, constamment réjouissant, vous faisant passer du rire aux larmes, ou parfois vous faisant rire et pleurer en même temps. Le scénario et la réalisation y sont pour beaucoup mais aussi la photographie (formidable travail du chef opérateur Guillaume Schiffman qui, par des nuances de gris, traduit les états d’âme de Georges Valentin), la musique envoûtante (signée Ludovic Bource, qui porte l’émotion à son paroxysme, avec quelques emprunts assumés là aussi, notamment à Bernard Herrmann) et évidemment les acteurs au premier rang desquels Jean Dujardin qui méritait amplement son prix d’interprétation (même si Sean Penn l’aurait également mérité pour « This must be the place »).

    Flamboyant puis sombre et poignant, parfois les trois en même temps, il fait passer dans son regard (et par conséquent dans celui du spectateur), une foule d’émotions, de la fierté aux regrets,  de l’orgueil à la tendresse, de la gaieté à la cruelle amertume de la déchéance.  Il faut sans doute beaucoup de sensibilité, de recul, de lucidité et évidemment de travail et de talent pour parvenir à autant de nuances dans un même personnage (sans compter qu’il incarne aussi George Valentin à l’écran, un George Valentin volubile, excessif, démontrant le pathétique et non moins émouvant enthousiasme d’un monde qui se meurt). Il avait déjà prouvé dans « Un balcon sur la mer » de Nicole Garcia qu’il pouvait nous faire pleurer.  Il confirme ici l’impressionnant éclectisme de sa palette de jeu et d’expressions de son visage.

    Une des plus belles et significatives scènes est sans doute celle où il croise Peppy Miller dans un escalier, le jour  du Krach de 1929. Elle monte, lui descend. A l’image de leurs carrières. Lui masque son désarroi. Elle, sa conscience de celui-ci, sans pour autant dissimuler son enthousiasme lié à sa propre réussite. Dujardin y est d’une fierté, d’une mélancolie, et d’une gaieté feinte bouleversantes, comme à bien d’autres moments du film. Et je ne prends guère de risques en lui prédisant un Oscar pour son interprétation, ou en tout cas un Oscar du meilleur film étranger pour Hazanavicius.  Bérénice Béjo ne démérite pas non plus dans ce nouveau rôle de « meilleur espoir féminin » à la personnalité étincelante et généreuse, malgré un bref sursaut de vanité de son personnage. Il ne faudrait pas non plus oublier les comédiens anglo-saxons : John Goodman, Malcolm McDowell et John Cromwell (formidablement touchant dans le rôle du fidèle Clifton).

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    Il y aura bien quelques cyniques pour dire que ce mélodrame  est plein de bons sentiments, mais Hazanicius assume justement ce mélodrame. « The Artist » est en effet aussi une très belle histoire d’amour simple et émouvante, entre Peppy et Georges mais aussi entre Georges et son cabot-in Uggy : leur duo donne lieu à des scènes tantôt drôles, tantôt poétiques, tantôt touchantes, et là encore parfois au trois en même temps. Hommage aussi à ce pouvoir magique du cinéma que de susciter des émotions si diverses et parfois contradictoires.

    Michel Hazanavicius  évite tous les écueils et signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures et la noble fragilité.

    Ce film m’a éblouie, amusée, émue. Parce qu’il convoque de nombreux souvenirs de cinéma. Parce qu’il est une déclaration d’amour follement belle au cinéma. Parce qu’il ressemble à tant de films du passé et à aucun autre film contemporain. Parce qu’il m’a fait ressentir cette même émotion que ces films des années 20 et 30 auxquels il rend un vibrant hommage. Parce que la réalisation est étonnamment inspirée (dans les deux sens du terme d’ailleurs puisque, en conférence de presse, Michel Hazanavicius a revendiqué son inspiration et même avoir « volé » certains cinéastes). Parce qu’il est burlesque, inventif, malin, poétique, et touchant.  Parce qu’il montre les artistes dans leurs belles et poignantes contradictions et fêlures.

    Il ne se rapproche d’aucun autre film primé jusqu’à présent à Cannes…et en sélectionnant cet hymne au cinéma en compétition puis en le  primant,  le Festival de  Cannes a prouvé qu’il était avant tout le festival qui aime le cinéma, tous les cinémas, loin de la caricature d’une compétition de films d’auteurs représentant toujours le même petit cercle d’habitués dans laquelle on tend parfois à l’enfermer.

    Un film à ne manquer sous aucun prétexte si, comme moi, vous aimez passionnément et même à la folie, le cinéma. Rarement un film aura aussi bien su en concentrer la beauté simple et magique, poignante et foudroyante. Oui, foudroyante comme la découverte  de ce plaisir immense et intense que connaissent les amoureux du cinéma lorsqu’ils voient un film pour la première fois, et découvrent son pouvoir d’une magie ineffable, omniprésente ici.

  • Ma journée "in the mood for" Nespresso au 68ème Festival de Cannes

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    Photo  de Florent Ladeyn ci-dessus: ©Emmanuel Nguyen Ngoc

    Cliquez ici pour lire mon interview sur le site officiel Nespresso Cannes et ici pour y lire mon article.

    Ce 68ème Festival de Cannes, dont j’ai du mal à réaliser qu’il s’agit déjà de mon quinzième vécu en intégralité, fut cette année aussi cinématographique (tout de même pas moins de 22 films vus et de 10 conférences de presse, cliquez ici pour lire mon bilan de mes 12 jours de festival sur Inthemoodforfilmfestivals.com) que gastronomique. Après un mémorable déjeuner du chef Cyril Lignac que je vous raconte,ici, j’ai eu le grand plaisir, à l’invitation de Nespresso (pour être le temps d’une journée son « ambassadrice »), de déjeuner sur la plage éponyme et, le soir, de faire partie des heureux privilégiés qui ont dégusté la cuisine d’un des trois grands chefs qui s’y sont succédés au cours du festival, dans un cadre idyllique, sans aucun doute le lieu le plus agréable, à la fois chic et convivial, de ce 68ème Festival de Cannes, dont la transparence et la situation en hauteur, comme suspendu au-dessus des flots et de l’agitation de la Croisette, permettaient aux convives de déguster les mets les plus délicieux tout en admirant une vue à couper le souffle sur la Croisette.

    Cliquez ici pour lire mon interview sur le site de Nespresso au sujet,notamment, de mon lien avec le Festival de Cannes.

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    Nespresso est ainsi partenaire du Festival de Cannes depuis 8 ans et de la Semaine de la Critique depuis 5 ans. Mais surtout, l’an passé, la marque a initié une opération aussi originale que réjouissante intitulée « Les chefs font leur cinéma », un concept  singulier qui allie gastronomie et cinéma au plus grand plaisir de mes papilles et de mon regard de gourmet cinéphile. Cette opération semblait en effet faite pour moi puisqu’elle concilie mes deux passions pour le cinéma et la gastronomie.

    Nespresso invitait ainsi trois grands chefs à être les réalisateurs de dîners d’exception, cette année : Yves Camdeborde, Christophe Dufau et Florent Ladeyn. Pour mon plus grand plaisir, c’est la cuisine du troisième que j’ai eu l’opportunité de déguster, Florent Ladeyn dont j’avais assidument suivi le parcours dans l’émission « Top chef » (il fut finaliste en 2013) dans laquelle chacun de ses plats me  mettait l’eau à la bouche et qui, aujourd’hui, avec   « L’Auberge du Vert Mont, Boeschepe » possède son étoile Michelin.

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    J’ai eu d’autant plus de chance que Florent Ladeyn a « fait son cinéma » inspiré par un film d’un de mes cinéastes préférés, François Truffaut, avec « Les 400 coups »  (Prix de la mise en scène Festival de Cannes 1959). Comment oublier cette course effrénée à laquelle succède ce regard par lequel s’achève brusquement le film et qui nous achève nous aussi par sa force, sa soudaineté? Et puis cette scène où il se prend de passion pour « La Recherche de l’Absolu » de Balzac (qui lui coûtera bien cher). Et, plus largement, je retiens la vitalité extraordinaire qui se dégage de tout le film, grâce à la force novatrice de l’écriture et de la réalisation mais aussi grâce à un jeune acteur qui faisait ici ses débuts et qui allait devenir indissociable de son célèbre personnage Antoine Doinel et de la « Nouvelle Vague »  : Jean-Pierre Léaud.

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    « Comment ne pas se retrouver dans le portrait de cet adolescent un peu turbulent, un peu rebelle, qui se sent différent et n’est pas très à l’aise dans le moule où on veut l’enfermer ? Ce que j’ai cherché dans ce menu, c’est retrouver ce rapport à l’enfance et aux souvenirs qu’on peut avoir en cuisine. Créer des émotions en se remémorant des souvenirs, en les remaniant, en les réinventant, en revisitant par exemple des plats de cantine, comme autant de clins d’œil à notre enfance… » a ainsi expliqué Florent Ladeyn. Lorsque nous l’avons rencontré , la charmante et talentueuse Emilie du blog « Griottes » et moi-même (chaque jour étaient invitées une blogueuse cinéma et une blogueuse cuisine),  ce dernier nous a expliqué que pour lui existait aussi aujourd’hui une « nouvelle vague » dans la gastronomie française comparable à celle que Truffaut et ses camarades avaient initiée dans le cinéma.

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    Le Vendredi 22 Mai, un peu grisée par 9 journées joyeusement étourdissantes de grand cinéma, ma journée « Nespresso » a donc commencé par un déjeuner sur la plage Nespresso (qui n’était pas orchestré par Florent Ladeyn, au contraire du dîner) mais par le chef qui y officie habituellement. Ce fut un tel régal que je ne peux m’empêcher de vous en livrer ici quelques clichés (le tout, les pieds dans l’eau ou presque, avec une mer aux reflets d’une beauté éblouissante, une pause salutaire après 9 jours à courir d’une projection à l’autre). Du foie gras parfumé de grand cru Nespresso, en passant par le filet de bœuf rôti avec de la purée à la truffe jusqu’à l’ivresse de chocolat -tout un programme-, ce fut un délice.

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    Après un passage dans les coulisses du Grand Journal de Canal plus, pour la dernière de l’émission, je suis donc retournée sur la plage Nespresso pour le dîner tant attendu.

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    Le lieu, pour l’occasion, a été magnifiquement décoré autour de la thématique du film et nous a fait retomber joyeusement en enfance, (je ne donnerai pas de noms mais j’en ai même surpris certains à s’amuser avec les billes disposées sur la table).

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    Photo ci-dessus: ©Emmanuel Nguyen Ngoc

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    Le chef en plein travail dans les cuisines de la plage Nespresso…

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    L’inventivité était au rendez-vous dès l’entrée avec ce plumier en guise d’assiette. Tous les plats résultaient de la libre inspiration du chef, avec pour seul impératif, la thématique du film de Truffaut, « Les 400 coups ».

    Florent Ladeyn a malicieusement donné à ses plats des noms de plats de notre enfance et de cantine: « Betteraves vinaigrette, carottes râpées, céleri rémoulade », puis « Tortellinis de jambon blanc et fromage râpé », « poisson pané et sa macédoine de légumes », « canard champignons à la crème et Grand Cru Indriya from India. », « Yaourt aux fruits rouges » avec une indéniable préférence pour ma part pour le poisson et surtout le dessert bien plus élaboré que sa dénomination et réellement exquis. Je vous laisse déguster le menu des yeux ci-dessous.

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     Merci à l’agence 14 septembre pour le chaleureux accueil, à l’équipe de Nespresso, à Emilie du blog « Griottes » pour sa charmante compagnie tout au long de cette journée, et au chef Florent Ladeyn pour le temps qu’il nous a accordé malgré le stress.

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  • Mon déjeuner orchestré par Cyril Lignac à la Cucina S.Pellegrino pendant le 68ème Festival de Cannes

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    C’était un dimanche ensoleillé comme le furent tous les jours (à quelques gouttes d’eau égarées -non pétillantes- près) de ce 68ème Festival de Cannes, mon Quinzième (Une prémonition? C’est le nom d’un des restaurants du chef dont je vais vous parler aujourd’hui…). Un soleil qui étourdit joyeusement et rend doucement velléitaire. Une terrasse située en haut d’un immeuble de la rue d’Antibes dans lequel on entre comme dans un antre secret, à l’abri des rumeurs, des regards et de la folie intransigeante du festival. Une table d’hôtes dont le décor à la fois au cœur et à l’écart du festival exhale un parfum d’évasion. Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour faire de cette escale gastronomique un enchantement et une pause exquise au milieu du festival (cliquez ici pour lire mon bilan de mes 12 jours de festival sur Inthemoodforfilmfestivals.com).

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    J’étais déjà passée quelques jours plus tôt pour découvrir les lieux, le premier jour du festival, l’occasion d’échanger quelques mots avec le très affable chef Michel Roth.

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    S’y succédèrent ainsi les chefs suivants: JACQUES CHIBOIS , MAURO COLAGRECO , RONAN KERVARREC, STÉPHANIE LE QUELLEC,  NICOLAS NAVARRO, MICHEL ROTH, CYRIL LIGNAC. Pour ma part, c’est la cuisine de ce dernier que je souhaitais déguster, étant une habituée de son restaurant « Le Chardenoux des Prés » (je vous ai déjà dit tout le bien que j’en pensais, cliquez ici pour lire mon article détaillé à ce sujet) et c’est pour un de ses déjeuners que, par chance, j’ai eu le grand plaisir d’être invitée à la table d’hôtes de la Cucina S.Pellegrino.

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    Pensé comme une table d’hôtes éphémère, ce lieu aspirait à être l’écrin de moments exclusifs et intimistes avec  sa cuisine ouverte et sa terrasse avec vue panoramique sur les hauteurs de Cannes, bref un îlot de sérénité au milieu de l’agitation du festival. Chaque jour du Festival,  des chefs français étoilés et de renom se relayaient et revisitaient, chacun à leur manière, la cuisine italienne, une expérience gustative qu’on promettait comme originale et hors du temps aux heureux privilégiés qui avaient la chance de vivre cette expérience. Mettons tout de suite fin au suspense: la promesse fut entièrement tenue!

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    Le lieu servait aussi pour les press junkets, l’occasion de croiser le talentueux John C.Reilly, un des interprètes du singulier « The Lobster » de Yorgos Lanthimos, en compétition officielle du festival, un film dont je vous parlerai bientôt sur Inthemoodforfilmfestivals.com, avant l’arrivée des convives et du chef sollicité pour diverses photos et interviews et…pour un rituel étrange pour le Grand Journal de Canal + (photo ci-dessous).

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    Aux commandes officiait donc le chef Cyril Lignac pour ce déjeuner auquel se sont attablés, entre autres, Jean-Benoît Dunckel du groupe Air et le DJ producteur Para One mais aussi  la réalisatrice Céline Sciamma, le compositeur-musicien Bertrand Burgalat… (cf photo ci-dessous, je suis au fond, un peu dissimulée, en pleine conversation -passionnante- avec le Directeur de l’Action Culturelle de la SACEM…)

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    Quant au déjeuner en lui-même, cela se passe presque de commentaires tant ce fut un régal et un sans fautes pour l’exigeant gourmet que je suis. Je vous laisse déguster le programme ci-dessous.

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    Onctueux, savoureux, délicieux…, les qualificatifs (et pas seulement ceux qui riment) me manquent pour définir ce moment de jubilation gustative avec l’apothéose, le dessert dont le nom déjà était une invitation au voyage: « Fraise des bois de Vélez Malaga au naturel, coque croustillante ivoire, sorbet et meringue noix de coco » , un dessert qui fut largement à la hauteur de la promesse que recelait ce nom exotique. Le chef est venu nous présenter chaque plat, avec bonne humeur et servant les convives quant une sauce devait y être ajoutée.

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    A la fin de ce déjeuner hors du temps, tout en me promettant de retourner dès que possible au Chardenoux des Prés pour tester sa nouvelle carte et de tester le restaurant étoilé de Cyril Lignac, Le Quinzième, j’en avais presque oublié que 2h plus tôt, je regardais sans cesse ma montre, redoutant de manquer les 120 ans du cinématographe Lumière, une séance spéciale qui avait lieu dans le Grand Théâtre Lumière à 15H. Partie de la Cucina à 14H50, après un sprint ubuesque pour parcourir les centaines de mètres qui me séparaient du palais, me frayant un passage au milieu de la foule obstinément statique (comme dans un dénouement de comédie romantique, vous savez, quand les deux protagonistes veulent se retrouver et qu’une foule d’obstacles se dresse sur leur chemin), j’ai gravi les marches à 14H59, la dernière, me suis retrouvée au milieu d’un prestigieux parterre en orchestre, essoufflée, vaguement gênée de mon arrivée tardive, mais satisfaite de ma course utile et victorieuse, et j’ai assisté à un des plus beaux et savoureux (oui, je dégaine aussi les rimes en -eux pour le cinéma, autre délice sensoriel)  moments du Festival de Cannes 2015 mais c’est là une autre histoire que je vous raconterai bientôt sur Inthemoodforfilmfestivals.com. Et comme ce festival fut pour moi aussi cinéphilique que gastronomique, à suivre également bientôt le récit de mon dîner autour du film « Les 400 coups » de Truffaut avec le chef Florent Ladeyn, à l’invitation de Nespresso.

  • La Cucina S.PELLEGRINO au Festival de Cannes : une prestigieuse table d'hôtes étoilée sur la Croisette

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    Depuis quelques années, les marques rivalisent d'imagination pour profiter de l'énorme visibilité médiatique du Festival de Cannes (l'événement le plus médiatisé au monde avec les Jeux Olympiques, dit-on). S.Pellegrino, partenaire du Festival de Cannes depuis 2010,  pourrait bien remporter cette palme du prestige, du glamour et de l'événement avec sa prestigieuse table d'hôtes étoilée, une manière pour la marque de cultiver  une nouvelle fois l’amour de la table, le glamour et l’art de vivre à l’italienne.  En 2010, la marque créait déjà la surprise avec « La Trattoria S.Pellegrino® », restaurant  éphémère raffiné, mettant en lumière le talent de chefs renommés. En 2014, « La Trattoria Al Mare S.Pellegrino® » investissait la baie de Cannes pour des repas gastronomiques à bord de bateaux. Un travail d’orfèvre réalisé à quatre mains par un duo de chefs franco-italien Marco Stabile et Alain Llorca, gage d’une expérience culinaire inédite.

    Glamourissime et intimiste à la fois, La Cucina S.Pellegrino® a été imaginée par la plus italienne des eaux pétillantes pour vivre des instants gastronomiques rares et privilégiés. Du 13 au 22 mai 2015, cette table d’hôtes d’exception réunira autour de ses déjeuners des chefs étoilés et de renom, ainsi que des stars du cinéma, puis accueillera le public cannois le soir, lors de dîners prestigieux.

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    Un lieu à part, une évocation de la douceur de vivre à l’italienne A deux pas du Palais des Festivals, personnalités du cinéma et influenceurs se donneront rendez-vous à La Cucina S.Pellegrino® pour apprécier tout le raffinement d’une cuisine élégante d’inspiration italienne. Pensé comme une table d’hôtes éphémère, ce lieu hors du commun sera l’écrin de moments exclusifs et intimistes. Au sein d’un espace résolument contemporain, sa cuisine ouverte et sa terrasse avec vue panoramique sur les hauteurs de Cannes en feront un îlot de sérénité.


     Chaque jour du Festival, à l’abri de la frénésie cannoise, des chefs français étoilés et de renom se relayeront et revisiteront, chacun à leur manière, la cuisine italienne pour proposer  à une personnalité en vue et à ses convives un menu gastronomique sur-mesure. Partageant leur savoir-faire et leur amour de la cuisine avec ces invités de prestige, ces chefs d’orchestre de la haute gastronomie leur feront vivre une expérience gustative originale et hors du temps. La Cucina S.Pellegrino proposera un équilibre parfait entre art de vivre à l’italienne et cuisine raffinée. L’après-midi, la Cucina S.Pellegrino accueillera les équipes de films en compétition pour des press junkets, des shootings ou des interviews. Enfin, en soirée, elle recevra  le public cannois pour des dîners de prestige.

    Chacun des chefs donnera son interprétation personnelle de la cuisine italienne. De quoi vivre des expériences culinaires inédites avec  JACQUES CHIBOIS , MAURO COLAGRECO , RONAN KERVARREC,
    STÉPHANIE LE QUELLEC,  NICOLAS NAVARRO, MICHEL ROTH, CYRIL LIGNAC (cliquez ici pour retrouver mon article sur "Le Chardenoux des Prés", le restaurant du 6ème de Cyril Lignac).

    Marque ancrée dans la sphère de la haute gastronomie, S.Pellegrino® reflète cet art de vivre à l’italienne, apprécié dans le monde entier. Quant à son histoire d’amour avec le 7e art, elle démarre en 1960, lorsque la marque se fait remarquer dans le chef d’œuvre de Federico Fellini : La Dolce Vita. En véritable icône, elle a depuis séduit des réalisateurs aussi mythiques que Woody Allen ou Billy Wilder, qui lui ont fait une place de choix sur leurs plateaux.


    Une véritable saga, qui dure depuis 2010… Depuis 5 ans, S.Pellegrino® fait pétiller de plaisir les lieux les plus incontournables de Cannes, accompagnant déjeuners et dîners officiels. Chaque année, ce sont ainsi 30 millions de bouteilles S.Pellegrino® édition spéciale Cannes qui portent fièrement les couleurs du Festival.

  • Découvrez la collection "édition limitée" spéciale Cannes de la marque CELIO et remportez un voyage VIP à Cannes

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    Depuis mon premier Festival de Cannes, il y a 15 ans (comme chaque année, vous pourrez bien entendu me suivre en direct de la Croisette sur Inthemoodforfilmfestivals.com  et Inthemoodforcannes.com et sur @moodforcinema et @moodforcannes ), j'ai vu peu à peu la Croisette se transformer. Si le festival est toujours et plus que jamais, le plus grand festival de cinéma au monde, c'est aussi désormais une vitrine incontournable pour les plus grandes marques qui ont bien compris la résonance internationale de l'événement dont on dit que c'est le plus médiatisé au monde avec les Jeux Olympiques.

    La marque Celio a ainsi elle aussi décidé de célébrer l'événement, tout d'abord en créant une collection édition limitée spéciale Cannes. Elle se compose d'une chemise col cassé en coton égyptien et d'une déclinaison de 6 nœuds papillon (accessoire indispensable à Cannes puisque la montée des marches pour les hommes est interdite à quiconque ne porte pas de nœud papillon à quelques rares exceptions près, on se souvient ainsi de Jean-Luc Godard qui avait enfreint le rituel sacré). 

    Cette judicieuse collection sera en vente à partir du 6 MAI sur le site celio.com ainsi que dans les boutiques Cannes et Champs Elysées Paris. 

    L'autre bonne idée de Celio est de mettre en places des triporteurs qui arpenteront la Croisette pour vendre cette collection "édition limitée", de quoi sauver la mise à la dernière minute aux distraits qui auraient oublié l'indispensable panoplie ou qui, tout simplement, voudraient rivaliser d'élégance pour la montée des marches.  

    La boutique cannoise de Celio sera aussi évènementialisée avec la présence d'un barbier hair styliste, et des séances de relooking pendant toute la durée du festival. 

    Comme Celio n'est pas avare de bonnes idées pour mettre en avant sa collection "édition limitée", un jeu concours grand public sera mis en ligne du 23 avril au 06 Mai. Il est accessible à cette adresse  : http://cannes.celio.com/ 
     
    Les lots mis en jeu sont les suivants 
    Lot 1 : Un voyage à Cannes VIP pour 2 personnes – Voyage le 16 et 17 Mai. 
    Lot 2 : Une tenue complète Celio 
    Lot 3 : 1 pass illiimité Gaumont Pathé
    100 lots suivants : 1 paire de lunettes de soleil Celio. 

    Alors... vous rêviez de gravir les marches les plus prestigieuses au monde, de vibrer au rythme de la frénésie cannoise? N'attendez plus pour tenter votre chance!

  • L'Oréal au Festival de Cannes 2014

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    Retrouvez également cet article sur Inthemoodforluxe.com.

    Maquilleur Officiel du Festival de Cannes depuis 16 ans et pour la 17ème année en 2014, L’Oréal Paris contribue chaque année à la magie et la beauté de l’évènement Cinéma le plus prestigieux du monde, le Festival de Cannes que je couvre depuis 14 ans sur mes différents blogs, a fortiori sur mon blog dédié au Festival de Cannes http://inthemoodforcannes.com et celui dédié aux festivals de cinéma http://inthemoodforfilmfestivals.com

    En 2008, c'est avec ce premier blog "In the mood for Cannes" que je remportais le concours de blogs du Festival de Cannes organisé par L'Oréal et dont le prix a consisté à vivre deux journées de rêve l'année suivante.

    Pour adopter le maquillage des célébrités présentes sur le tapis rouge, L'Oréal  propose désormais à ses internautes une plateforme digitale décryptant les plus beaux maquillages du Festival de Cannes, un site particulièrement réussi que je vous invite à visiter et sur lequel vous retrouverez les célèbres et somptueuses égéries de la marque: www.get-the-look.fr .

     

     

    Voici le récit et les photos de mon expérience avec L'Oréal en 2009 publiés alors... :

     

     

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    Mon badge L'Oréal
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    Mon programme
     
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    Star d'un jour: merci Jacques Dessange et L'Oréal...
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    Dans les couloirs du Martinez
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    Dans le hall du Majestic
     
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    Tout a commencé par une voiture officielle du Festival qui est venue me chercher pour m’emmener au Martinez. Et puis ensuite les journées, les nuits, le cinéma, la réalité se sont enchaînés et confondus dans un ballet grisant. L’accueil de l’équipe L’Oréal, la présentation aux inénarrables journalistes de la presse féminine avec lesquelles je passerai cette journée l’oréalesque, le déjeuner au Carlton (au lieu du restaurant de plage du Martinez, pour cause de pluie) dans une salle presque vide à la table à côté de celle de Jane Campion (tout de même) à l’image de ses précédents films, d’une étrange grâce intemporelle, Abbie Cormish, Ben Whishaw , un jeune homme dont ma voisine intarissable m’apprend qu’il s’agit de Ryan Philippe, et non loin d’Eva Longoria (contre laquelle mon autre voisine journaliste ne cessera de pester pour avoir vue son interview annulée au dernier moment) et Tony Parker.  Retour au Martinez pour attendre la maquilleuse de L’Oréal et le coiffeur de Jacques Dessange.  L’ambiance est joyeuse et décontractée (merci encore à mes deux amies qui se reconnaîtront, c’était formidable de partager ces instants insolites avec vous). La conversation est tellement joyeuse que nous ne voyons pas l’heure passer.  J’apprends justement que Ben Wishaw, l’acteur principal du film de Jane Campion « Bright star » vient d’être coiffé par la même main, juste avant moi, et puis surtout je pose plein de questions sur le festival auxquelles ma coiffeuse répond avec gentillesse, se mêlant à notre joyeux brouhaha. C’est passionnant et oserais-je dire (oui, oui, j’oserai ) beaucoup plus que la conversation de certaines journalistes avec lesquelles j’ai déjeuné (pas toutes, j’ai été ravie  de faire connaissance avec certaines d’entre elles dont ma voisine qui se reconnaîtra, je pense).

     

    Soudain, une des attachées de presse de l’Oréal entre en trombes dans la chambre. Le ciel semble lui être tombé sur la tête, la catastrophe paraît imminente. Un être mystérieux la presse au téléphone de m’emmener de gré ou de force. Il faut se dépêcher, les autres m’attendent, les voitures sont sur le point de partir et nous devons impérativement partir avec le reste de l’équipe L’Oréal. La coiffeuse remet à la hâte les dernières mèches, je voudrais avoir le temps de la remercier mais déjà on m’entraîne dans les couloirs du Martinez pour une course échevelée (enfin heureusement uniquement au sens figuré). Nous croisons Franc Dubosc qui se fait prendre en photo dans des poses très jamesbondesques mais je n’ai pas le temps de m’attarder sur cette image plus cocasse que glamour qu’on m’engouffre dans l’ascenseur avant de me refaire prendre ma course dans le hall du Martinez, jusqu’au bar où devait se dérouler le cocktail. Les sept journalistes avec lesquelles j’ai déjeuné m’attendent et devant nous Eva Longoria tente de rentrer dans sa voiture sous une nuée de flashs qui nous éblouissent nous aussi. On nous attribue un numéro de voiture. La mienne se trouve juste derrière celle d’Eva Longoria. Nous montons dans notre voiture à la hâte, et roulons ainsi au pas, jusqu’au bas des marches. C’est étrange de voir la foule, vorace, ainsi se presser contre la vitre, avide d’un regard. L’actrice dont j’ignore le nom qui est aussi dans ma voiture semble aux anges pour sa première montée des marches. Eva Longoria et Tony Parker descendent de la voiture juste devant nous pour signer des autographes puis on nous ouvre la portière et nous attendons puis gravissons les marches juste derrière eux parmi les cris stridents, violents parfois même, des photographes. L’actrice «  de la voiture » dont évidemment j’ignore toujours le nom replace une de mes mèches rebelles, comme si la montée des marches devait créer une complicité, ou du moins en donner l’impression, se disant sans doute que ce geste à la fois faussement nonchalant et sympathique serait très photogénique, ou peut-être tout simplement très heureuse d’être là.

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     Et puis je retrouve cette salle que je connais si bien, et le cinéma, enfin. La lumière s’éteint. J’apprécie le silence après l’euphorie. Je me plonge dans l’univers, plus doux et policé, de Jane Campion que j’attendais si impatiemment. Le début me déroute. Cette histoire avait tout pour me plaire mais ce récit des amours contrariées du jeune poète anglais John Keats et  de sa voisine Fanny Brawne peine à m’embarquer. Jane Campion vous nous parler de fièvre ( de la passion et de la création) mais son film en est malheureusement dépourvu.  Ce qui aurait pu (et sans doute voulu) être une retenue devient tellement lisse que cela me laisse à distance, pourtant j’aurais aimé me laisser emporter par cette histoire, par leurs élans passionnés et leurs désirs contrariés. Les obstacles à  l’histoire d’amour des deux protagonistes sont finalement assez flous, les personnages secondaires trop esquissés pour être crédibles. Abbie Cormish y met beaucoup de conviction, mériterait un prix d’interprétation, sans nul doute. La caméra, pourtant si sensible, presque caressante,  de Jane Campion est appliquée mais je n’arrive pas à être touchée par ses personnages, à croire à leurs sentiments. Restent les mots de John Keats d’une mélancolie envoûtante, à l’image de ce que j’aurais rêvé que soit ce film, à l’histoire si prometteuse. La photographie est certes empreinte de cette retenue à la fois lumineuse et sombre, et de mélancolie mais pas assez pour que nous éprouvions l’amour douloureux des protagonistes, ni cette passion qui les prive de liberté.

    Contrairement à ses films précédents et bien que les sentiments qui envahissent les deux personnages principaux soient intemporels, le film a aussi un aspect suranné malgré la poésie qui surgit parfois, comme tous ces papillons qui envahissent la chambre de Fanny faisant écho aux vers de John Keats :

    « Je rêve que nous sommes des papillons

    N’ayant à vivre que trois jours d’été.

    Avec vous ils seraient plus plaisants

    Que cinquante années d’une vie ordinaire »

    Je repense à ma voisine de projection qui le midi même avait affirmé, péremptoire, visiblement très fière de partager cette "découverte"(ou du moins ce qui pour elle semblait l’être)  que l’art, selon sa définition devait être intemporel. Ce film ne sera certainement pas pour elle un chef d’œuvre…

     

    Puis revenant dans le prosaïsme du XXIème siècle, quoique… nous reprenons les voitures officielles, direction le Majestic pour le dîner. Tandis qu’une des convives continue d’évoquer son sujet favori, elle-même, ma voisine me parle de son émotion, les yeux encore rougies, que lui a provoqué le film de Jane Campion. Je m’en veux presque de n’être pas émue. Peut-être aussi, parce que je suis là et ailleurs, à penser à la beauté ironique du destin qui fait se rejoindre ma fiction et la réalité, à penser que je n’ai peut-être pas tort de rêver toujours à l’impossible, aussi déraisonnable soit-il. Puis, je me paie le luxe de refuser d’aller à la soirée Canal plus (à la villa Doumergues ou de Mai, je n’ai pas bien compris) pour me retrouver avec le silence de mes pensées enivrantes, après une dernière séance photo dans le hall du Martinez et avant d’y passer la nuit.

     

    La nuit sera courte et après un petit déjeuner au Martinez, une voiture officielle  m’attend pour me ramener à mon hôtel car déjà ces mésaventures à peine terminées d’autres m’attendent puisque 3 heures plus tard mes camarades blogueurs sélectionnés comme moi pour vivre 3 jours à Cannes, avec Allociné et Philips, vont bientôt arriver. Je les attends avec impatience, ayant hâte de faire leur connaissance pour certains, de les retrouver pour d’autres. Je n’imaginais pas alors à quel point ces trois jours, aussi, seraient inoubliables…

     

    Avant de partir vers d’autres aventures, je repense aux signes du destin en redoutant aussi leur cruauté, et je repense à cette journaliste également invitée par L'Oréal qui a demandé à sa collègue, avec le plus grand sérieux du monde si elle parlait autrichien, ce à quoi son interlocutrice a rétorqué qu’en effet elle parlait… allemand.  Je crois qu’à cet instant, au moins, la perplexité lui aura fait oublier le refus d’Eva Longoria…

     

    Quelques années plus tard, je publiais un recueil de nouvelles intitulé "Ombres parallèles" dont 4 se déroulent dans le cadre du Festival de Cannes et sont fortement inspirées de mes 14 années de Festival de Cannes et notamment de ces péripéties.