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SEMAINE DE LA CRITIQUE

  • Critique de DIAMOND ISLAND de DAVY CHOU (Semaine de la Critique 2016)

    Diamond Island est  une île sur les rives de Phnom Penh transformée par des promoteurs immobiliers pour en faire le symbole du Cambodge du futur, un paradis ultra-moderne pour les riches. Bora a 18 ans et, comme de nombreux jeunes originaires des campagnes, il quitte son village natal pour travailler sur ce vaste chantier. C’est là qu’il se lie d’amitié avec d’autres ouvriers de son âge, jusqu’à ce qu’il retrouve son frère aîné, le charismatique Solei, disparu cinq ans plus tôt. Solei lui ouvre alors les portes d’un monde excitant, celui d’une jeunesse urbaine et favorisée, ses filles, ses nuits et ses illusions.

    Davy Chou filme ainsi avec grâce  l’adolescence dans un décor à l’image de celle-ci: mélancolique, fascinant, entre 2 époques. En résulte un film au charme lancinant, hypnotique. Présenté à la Semaine de la Critique, ce premier long-métrage fait d’abord de son décor un personnage à part entière entre les immeubles de luxe en construction et les décors de fêtes foraines qui semblent emprisonner les personnages dans leurs griffes de bétons et métalliques où ils évoluent, leurs déambulations semblent chorégraphiées comme une  danse triste à la lueur des néons, aussi factices que l’insouciance de l’adolescence qui finira par s’éclipser.

    « Diamond island », aussi contradictoire que son titre, est un beau portrait de l’adolescence cambodgienne, un judicieux  écho entre ce pays en friche, fascinant et douloureux (ce diamant n’éblouit guère longtemps et ne cache pas le labeur qu’il nécessite à sa construction) et cette époque de la vie, où, un jour le décor s’écroule et les lumières éblouissantes s’éteignent pour laisser place à la réalité, souvent cruelle ou en tout cas médiocre, dans laquelle le véritable amour n’a plus sa place.

  • Semaine de la Critique 2016 : le programme

     

    Ce 18 avril, le délégué général de la Semaine de la critique, Charles Tesson, a annoncé les 7longs-métrages et 10 courts en compétition comme vous le verrez dans le vidéo ci-dessus. La Semaine de la Critique se tiendra du 12 au 20 Mai.

    La plus ancienne section parallèle cannoise, la Semaine de la Critique célèbre cette année sa 55ème édition en mettant à l’honneur les films et talents révélés depuis son 50ème anniversaire. Pour incarner cette édition 50+5, la Semaine a choisi l’actrice Jessica Chastain dans une scène de « Take Shelter », second long métrage de Jeff Nichols qui l’a révélée dans l’un de ses premiers grands rôles et pour lequel Jeff Nichols fut auréat du Grand Prix Nespresso lors de la 50e édition de la Semaine.

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    Le jury sera présidé par la comédienne et réalisatrice Valérie Donzelli. Elle sera entourée de Alice Winocour, découverte à la Semaine de la Critique avec Augustine (2011) puis Maryland présenté à Un Certain Regard en 2015 et lauréate du César du meilleur scénario pour Mustang; Nadav Lapid dont L’Institutrice sélectionné en 2014 est salué par la presse comme l’un des films majeurs du cinéma israélien; David Robert Mitchell dont It Follows présenté en compétition en 2014 à la Semaine est déjà devenu un film culte pour toute une génération de cinéphiles et Santiago Mitre, lauréat du Grand Prix Nespresso en 2015 pour Paulina, une œuvre parmi les plus puissantes du jeune cinéma argentin, qui sortira sur les écrans français le 13 avril prochain. Pendant le festival, la Semaine de la Critique déclinera ce 50+5 en 5 Talents Talks, moments de rencontres et de discussions privilégiées autour de ses jeunes talents sur la Plage Nespresso.

    Au programme : cinq premiers films et deux seconds dans la liste des longs-métrages. Les réalisateurs des courts-métrages auront l’opportunité d’intégrer le programme Next Step, un atelier « de formation et d’accompagnement vers le long-métrage ».

    Trois prix seront remis aux lauréats :

    -le Grand Prix Nespresso

    - le prix Révélation France 4

    - le prix Découverte Leica Cine du court-métrage.

    Au programme également des séances spéciales dont le film d’ouverture « Victoria », la nouvelle comédie de Justine Triet avec Virginie Efira, Vincent Lacoste et Melvil Poupaud.

     

    La Semaine de la Critique s’achèvera par les trois premiers courts-métrages de trois réalisatrices débutantes: Laeticia Casta (En moi), Sandrine Kiberlain (Bonne figure), et Chloe Sevigny (Kitty) qui portent « un regard féminin sur la condition d’artiste et le plaisir du jeu » selon Charles Tesson.

    Film d’ouverture :

    Victoria, de Justine Triet (France)

    Compétition :

    Longs-métrages  :

    Albüm, de Mehmet Can Mertoglu (Turquie)

    Diamond Island, de Davy Chou (Cambodge/France)

    Grave, de Julia Ducourneau (France)

    Mimosas, d’Oliver Laxe (Espagne)

    Shavua Ve Yom (One Week and a day), d’Asaph Polonsky (Israël)

    Tramontane, de Vatche Boulghourjian (Liban)

    A Yellow Bird, de K. Rajagopal (Singapour)

    Courts-métrages :

    Arnie, de Rina B. Tsou (Taïwan/Philippines)

    Aascensão, de Pedro Peralta (Portugal)

    Campo de Viboras, de Cristèle Alves Meira (Portugal)

    O Delírio é a redenção dos aflitos, de Fellipe Fernandes (Brésil)

    L’Enfance d’un chef, d’Antoine de Bary (France)

    Limbo, de Konstantina Kotzamani (Grèce)

    Oh what a wonderful feeling, de François Jaros (Canada)

    Prenjak, de Wregas Bhanuteja (Indonésie)

    Le Soldat vierge, d’Erwan Le Duc (France)

    Superbia, de Luca Tóth (Hongrie)

    Films de clôture :

    Bonne figure (Smile), de Sandrine Kiberlain (France) (court-métrage)

    En moi, de Laetitia Casta (France) (court-métrage)

    Kitty, de Chloë Sevigny (États-Unis) (court-métrage)

    Séances spéciales :

    I tempi felici verranno presto, d’Alessandro Comodin (Italie)

    Apnée de Jean-Christophe Meurisse (France)

    Séance 50+5

    Myomano shel tzalam atonot (From the Diary of a Wedding Photographer), de Nadav Lapid (Israël)

    Los pasos del agua, de César Augusto Acevedo (Colombie).

    Retrouvez toutes les infos sur: http://semainedelacritique.com .

  • Composition du jury de la Semaine de la Critique 2016

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    Alors que le Festival de Cannes a avant-hier dévoilé son affiche officielle, hier la Semaine de la Critique (la plus ancienne sélection parallèle cannoise) a annoncé la composition de son jury 2016 qui met à l’honneur les Talents découverts depuis son 50e anniversaire célébré en 2011. Cette édition 50+5 sera incarnée par un jury exceptionnellement composé de 5 cinéastes marquants révélés avec leur premier ou second long métrage ces 5 dernières années.

    La Présidente du jury, Valérie Donzelli décernera le Grand Prix Nespresso et le Prix Révélation France 4 à l’un des 7 longs métrages de la compétition ainsi que le Prix Découverte Leica Cine à l’un des 10 courts métrages.

    Elle sera entourée de Alice Winocour, découverte à la Semaine de la Critique avec Augustine (2011) puis Maryland présenté à Un Certain Regard en 2015 et lauréate du César du meilleur scénario pour Mustang; Nadav Lapid dont L’Institutrice sélectionné en 2014 est salué par la presse comme l’un des films majeurs du cinéma israélien; David Robert Mitchell dont It Follows présenté en compétition en 2014 à la Semaine est déjà devenu un film culte pour toute une génération de cinéphiles et Santiago Mitre, lauréat du Grand Prix Nespresso en 2015 pour Paulina, une œuvre parmi les plus puissantes du jeune cinéma argentin, qui sortira sur les écrans français le 13 avril prochain.

    Pendant le festival, la Semaine de la Critique déclinera ce 50+5 en 5 Talents Talks, moments de rencontres et de discussions privilégiées autour de ses jeunes talents sur la Plage Nespresso.

     

     

  • Programme de la 54ème Semaine de la Critique

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    Après l’annonce de la sélection officielle du Festival de Cannes (retrouvez mon article, ici), vient l’heure de l’annonce de la programmation des sélections parallèles.

    La 54ème Semaine de la Critique qui se déroulera du 14 au 22 Mai a dévoilé sa programmation constituée uniquement de premiers et deuxièmes films. Onze longs métrages et dix courts-métrages figurent au programme de cette année. Cette année, l’affiche provient du film « Respire  » de Mélanie Laurent, un des meilleurs films de l’année 2014 que je vous recommande vivement et dont vous pouvez retrouver ma critique, ici.

    En ouverture sera projeté le film « Les Anarchistes » de Elie Wajeman, avec Tahar Rahim et Adèle Exarchopoulos, l’histoire d’un brigadier qui infiltre un groupe d’anarchistes à Paris à la fin du 19ème siècle.

    anarchistes

    « Les Deux Amis », le premier long-métrage de Louis Garrel (dans lequel il joue également) qui s’inspire des « Caprices de Marianne » de Musset, un film co-écrit avec Christophe Honoré, figure également parmi les films sélectionnés.

    Un premier film français figure également parmi les films en compétition : « Ni le ciel ni la terre » de Clément Cogitore, un film Jérémie Rénier et Kevin Azaïs qui se déroule en pleine guerre d’Afghanistan.

    C’est également un film français « La vie grand » de Mathieu Vadepied qui fera la clôture du festival.

    FILM D’OUVERTURE
    LES ANARCHISTES Elie Wajeman (France)

     

    FILM DE CLÔTURE
    LA VIE EN GRAND Mathieu Vadepied (France)

    SÉANCE SPÉCIALE
    COIN LOCKER GIRL HAN Jun-hee (Corée du Sud)
    LES DEUX AMIS Louis Garrel (France)

     
    LONGS MÉTRAGES EN COMPÉTITION
    DÉGRADÉ Arab & Tarzan Nasser (Palestine, France, Qatar)
    KRISHA Trey Edward Shults (États-Unis)
    MEDITERRANEA Jonas Carpignano (Italie, France, États-Unis, Allemagne, Qatar)
    NI LE CIEL NI LA TERRE Clément Cogitore (France, Belgique)
    PAULINA Santiago Mitre (Argentine Brésil, France)
    SLEEPING GIANT Andrew Cividino (Canada)
    LA TIERRA Y LA SOMBRA (LA TERRE ET L’OMBRE) César Augusto Acevedo (Colombie, France, Pays-Bas, Chili, Brésil)
    COURTS ET MOYENS MÉTRAGES EN COMPÉTITION
    ALLES WIRD GUT (EVERYTHING WILL BE OKAY) Patrick Vollrath (Allemagne)
    BOYS Isabella Carbonell (Suède)
    COMMAND ACTION João Paulo Miranda (Brésil)
    LA FIN DU DRAGON Marina Diaby (France)
    THE FOX EXPLOITS THE TIGER’S MIGHT Lucky Kuswandi (Indonésie)
    JEUNESSE DES LOUPS-GAROUS Yann Delattre (France)
    LOVE COMES LATER Sonejuhi Sinha (États-Unis)
    RAMONA Andrei Cretulescu (Roumanie)
    TOO COOL FOR SCHOOL Kevin Phillips (Etats-Unis)VARICELLA Fulvio Risuleo (Italie)
     
  • Ronit Elkabetz, présidente du jury de la Semaine de la Critique 2015

     

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    La comédienne et réalisatrice israélienne Ronit Elkabetz présidera le jury de la 54e Semaine de la Critique à Cannes du 14 au 22 mai. Elle remettra trois prix : le Grand Prix Nespresso et le Prix Révélation France 4 pour les longs métrages, le Prix Découverte Sony CineAlta pour les courts métrages.

    Star incontestable dans son pays, cette actrice audacieuse ose tous les rôles. Egérie de nombreux cinéastes, elle est révélée dans Mon trésor de Keren Yedaya présenté à la Semaine de la Critique et lauréat de la Caméra d’or 2004. Ronit Elkabetz fait de nombreuses apparitions dans le cinéma français, notamment chez André Téchiné, mais c’est en tant que réalisatrice qu’elle revient en Ouverture de la Semaine de la Critique 2008 avec le deuxième volet de sa trilogie, Les Sept Jours. Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs, son troisième long métrage, Le Procès de Viviane Amsalem, lui vaut une nomination aux Golden Globes 2015 dans la catégorie Meilleur film étranger.

    Pour décerner ces trois prix, Ronit Elkabetz sera entourée de quatre personnalités internationales, chacune représentative des métiers du cinéma : Katell Quillévéré (cinéaste), Peter Suschitzky (directeur de la photographie), Andréa Picard (programmatrice au Festival International du Film de Toronto) et Boyd van Hoeij (journaliste).

  • Semaine de la Critique - THE LUNCHBOX de Ritesh Batra

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    « The Lunchbox » (présenté à la Semaine de la Critique) est lepremier film de Ritesh Batra.

    Une erreur dans le service pourtant très efficace de livraison de lunchboxes (les « Dabbawallahs » de Bombay) met en relation Ila, une jeune femme au foyer délaissée par son mari, et un homme plus âgé, Saajan. Ils s’inventent un autre monde, une évasion, grâce aux notes qu’ils s’échangent par le biais de ces boîtes à repas. Progressivement, ce rêve menace de prendre le dessus sur leur réalité.

    « The lunchbox » est un film atypique dans le cinéma indien, à la fois réaliste, film d’auteur  tout en restant grand et tout public sans être non plus un film « bollywoodien ».  Il  renouvelle  aussi le genre de la comédie romantique et celui de la liaison épistolaire avec un mélange de fraîcheur, d’humour,  de réalisme et  grâce à toute une galerie de personnages secondaires attachants. Des âmes seules  (ré)unies par cette solitude dans un Bombay tentaculaire, grouillant et paradoxalement glacial.

    Une mise en scène judicieusement répétitive fait écho à la routine des personnages de laquelle va peu à peu les sortir cette lunchbox providentielle. Hanté par la mort de son épouse, Saajan, derrière une apparence revêche, laisse peu à peu se révéler sa vraie  personnalité.  

    A déguster sans modération. Irrfan Khan pour ceux qui se demanderaient où ils l'ont vu a été vu dans « Slumdog millionaire » ou « L’odyssée de Pi » .

  • Le programme complet de la Semaine de la Critique 2013

    Découvrez, ci-dessous, la sélection complète de la Semaine de la Critique qui aura lieu du 16 au 24 Mai 2013. Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site officiel de la Semaine de la Critique : http://www.semainedelacritique.com/ .

    COMPETITION

     

    Long-métrages

     

    Salvo Fabio Grassadonia & Antonio Piazza (Italie/France)

     

    The Lunchbox Dabba Ritesh Batra (Inde/France/Allemagne)

     

    For Those in Peril Paul Wright (Royaume-Uni)

     

    Le Démantèlement The Dismantlement Sébastien Pilote (Canada)

     

    Nos héros sont morts ce soir David Perrault (France)

     

    Los Dueños Agustin Toscano & Ezequiel Radusky (Argentine)

     

    The Major Yury Bykov (Russie)

     

     Courts métrages

     

    Vikingar Magali Magistry (France/Islande)

     

    Agit Pop Nicolas Pariser (France)

     

    Pátio Ali Muritiba (Brésil)

     

    Come and Play Komm und Spiel Daria Belova (Allemagne)

     

    The Opportunist David Lassiter (États-Unis)

     

    Pleasure Ninja Thyberg (Suède)

     

    Océan Emmanuel Laborie (France)

     

    Tau Seru Rodd Rathjen (Inde/Australie)

     

    La lampe au beurre de Yak HU Wei (Chine/France)

     

    Breathe me HAN Eun-young (Corée du Sud)

     

     

    Séances spéciales

     

    Film d’Ouverture

     

    Suzanne Katell Quillévéré (France)

     

    Films de Clôture

     

    La Soirée de Clôture sera annoncée ultérieurement

     

     Séance spéciale

     

    Les Rencontres d’après minuit Yann Gonzalez (France)

     

    Séances spéciale

     

    Les Amants du Texas Ain’t Them Bodies Saints David Lowery (États-Unis)

     

    INVITATIONS

     

    La Collection CANAL+  Festival de Morelia  Talents Cannes Adami

     

  • Reprise de la 51ème Semaine de la Critique (2012) à la Cinémathèque Française

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    Hier, je vous parlais de la reprise des films de la sélection Un Certain Regard au Cinéma Le Reflet Médicis, je vous annonce aujourd'hui que vous pouvez également rattraper les films de "La Semaine de la Critique" à la Cinémathèque Française et notamment le très beau film de Sandrine Bonnaire "J'enrage de son absence" mais aussi (cliquez sur les titres pour en savoir plus):

    Aqui y Allà - Antonio Méndes Esparza

     

     

     

     

    Ces films sont projetés à la Cinémathèque Française du 7 au 11 juin. Rendez-vous sur la page suivante pour en savoir plus: http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retrospectives/fiche-cycle/51-semaine-critique,456.html

  • Critique de « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire (Semaine de la Critique 2012)

     

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    Les jours et les nuits, les projections et les soirées, les moments irréels et irréels se succèdent et se confondent dans une sorte de brouillard éblouissant et le temps me manque pour vous raconter ces journées bien et très agréablement remplies mais, comme chaque année, vous pourrez bien entendu retrouver mon compte-rendu très détaillé après le festival. En attendant, je vais vous parler (trop) brièvement d’un des trois films à m’avoir particulièrement marquée ces derniers jours, avec « A perdre la raison » de Joachim Lafosse, « Trois mondes » de Catherine Corsini » : « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire. Dans les trois cas, des personnages enfermés dans leurs drames et leurs solitudes. Dans les trois cas, des films d’une extrême sensibilité, poignante dans les films de Joachim Lafosse et Sandrine Bonnaire.

    Sandrine Bonnaire nous avait déjà bouleversés avec son documentaire consacré à sa sœur autiste, « Elle s’appelle Sabine », un documentaire ni larmoyant ni complaisant, deux écueils dans lesquels il aurait été si facile de tomber. Il s’agissait alors d’un véritable plaidoyer pour la mise en place de structures d’accueil pour les handicapés, aussi un hommage à ceux qui les encadrent, c’était aussi une véritable déclaration d’amour de Sandrine Bonnaire à sa sœur, un cri du cœur déchirant pour celle que 5 années d’hôpital psychiatrique changèrent à jamais mais qui joue un prélude de Bach avec la même facilité sidérante que des années auparavant. Sandrine Bonnaire parvient à nouveau, magistralement, à nous bouleverser avec son premier long-métrage de fiction, en salles le 31 octobre.

     

     

     

    Ce film nous raconte l’histoire d’un couple, Jacques (William Hurt) et Mado (Alexandra Lamy), dont le fils est décédé accidentellement, quelques années auparavant. Lorsqu’ils se retrouvent, le père devient obsédé par le petit garçon de 7 ans que Mado a eu d’une autre union. Entre cet homme et ce petit garçon, un lien fort et inquiétant se crée dans le secret d’une cave.

     

    Sandrine Bonnaire, pour son premier film, dès la première seconde, fait preuve d’une maitrise étonnante, d’une manière de nous « impliquer » dans son drame, avec intensité et empathie.

     

    Le regard à la fois doux et perdu, un peu fou mais surtout fou d’amour et de la rage de l’absence, de William Hurt auquel sa caméra s’accroche souvent, y est pour beaucoup. Sa prestation  est une des plus magistrales qu’il m’ait été donné de voir et son personnage, aux portes de la folie, un des plus bouleversants de tendresse, de détresse, d’humanité. Il va peu à peu s’enterrer, se recroqueviller au propre comme au figuré, pour aller au bout de cette détresse. Quant à Augustin Legrand, il impose une belle et forte présence sans oublier le jeune Jalil Meheni, bouleversant dans la tendresse qu’il témoigne à ce deuxième père interprété par William Hurt.

     

    Jamais Sandrine Bonnaire ne tombe dans le pathos, toujours à hauteur de ses personnages, de leur cauchemar dans lequel elle nous enferme peu à peu, créant une tension croissante, bientôt suffocante. Elle ne juge jamais ses personnages mais les comprend, les suit pas à pas dans cette descente aux enfers.

     

    Ce sont aussi deux appréhensions du deuil. L’un qui tait sa douleur et l’autre qui la fait exploser, descend jusqu’au plus profond de celle-ci. Deux personnages abîmés par les terribles vicissitudes de l’existence et d’autant plus humains et touchants.

     

    Sandrine Bonnaire, si elle a certainement appris beaucoup avec tous les grands cinéastes avec lesquels elle a tournés (le prénom de Mado fait ainsi songer au film éponyme de Claude Sautet, d’ailleurs ce mélange des genres peut aussi faire penser à « Quelques jours avec moi » de ce même cinéaste, un film dans lequel Sandrine Bonnaire était d’ailleurs magistrale ; elle filme par ailleurs souvent la nuque et le dos d’Alexandra Lamy comme Claude Sautet avait coutume de le faire, notamment avec Romy Schneider), elle impose, dès son premier film, un style bien à elle, et surtout un regard et un univers, marques des grands cinéastes que d’imposer ainsi d’emblée leur style.

     

    En plus d’être une grande comédienne, Sandrine Bonnaire s’affirme donc ici comme une grande cinéaste en devenir. Elle filme la violence de la douleur avec une rage à la fois douce et âpre, sans jamais lâcher ses personnages tout comme cette douleur absolue ne les lâche jamais. Paradoxalement, un film qui fera du bien à tous ceux qui ont connu ou connaissent la douleur ineffable, étouffante et destructrice du deuil malgré un dernier plan d’une tristesse déchirante.

     

    Avec ce film dramatique, absolument bouleversant, entre drame familial et thriller, à la fois terriblement tendre et terriblement inquiétant, Sandrine Bonnaire met des images sur l’indicible douleur et donne à William Hurt et Alexandra Lamy leurs meilleurs rôles (un premier rôle et une nouvelle fois un beau personnage de mère qui montre toute l’étendue de l’immense talent de cette dernière, à la fois ici sensuelle et terrienne) et signe une première fiction sobre, palpitante, poignante, d’une maîtrise étonnante qui vous fera chavirer d’émotion pour ces beaux personnages enragés de douleur.

     

  • La grille de programmation de la Semaine de la critique 2012

    Cliquez ici pour télécharger la grille de programmation de la Semaine de la critique 2012

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