29.12.2011
En attendant l’annonce du nom du président du jury du 65ème Festival de Cannes…
L’an passé, c’est le 6 janvier que le nom du Président du jury du 64ème Festival de Cannes avait été annoncé. Saurons-nous la semaine prochaine à qui reviendra ce prestigieux rôle de président (ou présidente) du Jury du Festival de Cannes 2012 ? S’agira-t-il à nouveau d’un acteur ? D’un réalisateur ? En attendant, je vous propose de retrouver ci-dessous la liste, impressionnante, de ceux à qui a auparavant été dévolue cette passionnante mission. Je vous annoncerai évidemment ici le nom du président ou de la présidente 2012 du jury de ce 65ème Festival de Cannes. Vous pouvez laisser libre cours à vos pronostics dans les commentaires…Alors, qui, d'après vous succèdera à Robert De Niro?
1946 Georges Huisman Historien
1947 Georges Huisman Historien
1949 Georges Huisman Historien
1951 André Maurois Écrivain
1952 Maurice Genevoix Écrivain
1953 Jean Cocteau Écrivain, réalisateur
1954 Jean Cocteau Écrivain, réalisateur
1955 Marcel Pagnol Écrivain, réalisateur
1956 Maurice Lehmann Réalisateur, producteur
1957 André Maurois Écrivain
1958 Marcel Achard Écrivain
1959 Marcel Achard Écrivain
1960 Georges Simenon Écrivain
1961 Jean Giono Écrivain
1962 Tetsuro Furukaki Poète, ambassadeur
1963 Armand Salacrou Écrivain
1964 Fritz Lang Réalisateur
1965 Olivia de Havilland Comédienne
1966 Sophia Loren Comédienne
1967 Alessandro Blasetti Réalisateur
1968 André Chamson Écrivain
1969 Luchino Visconti Réalisateur
1970 Miguel Ángel Asturias Écrivain, diplomate
1971 Michèle Morgan Comédienne
1972 Joseph Losey Réalisateur
1973 Ingrid Bergman Comédienne
1974 René Clair Écrivain, réalisateur
1975 Jeanne Moreau Comédienne, chanteuse
1976 Tennessee Williams Écrivain
1977 Roberto Rossellini Réalisateur
1978 Alan J. Pakula Producteur, réalisateur
1979 Françoise Sagan Écrivain, scénariste
1980 Kirk Douglas Comédien
1981 Jacques Deray Réalisateur
1982 Giorgio Strehler Metteur en scène
1983 William Styron Écrivain
1984 Dirk Bogarde Comédien
1985 Miloš Forman Réalisateur
1986 Sydney Pollack Réalisateur, comédien
1987 Yves Montand Comédien, chanteur
1988 Ettore Scola Réalisateur, scénariste
1989 Wim Wenders Réalisateur
1990 Bernardo Bertolucci Réalisateur
1991 Roman Polanski Réalisateur
1992 Gérard Depardieu Comédien, producteur
1993 Louis Malle Réalisateur
1994 Clint Eastwood Comédien, réalisateur
1995 Jeanne Moreau Comédienne, chanteuse
1996 Francis Ford Coppola Réalisateur
1997 Isabelle Adjani Comédienne
1998 Martin Scorsese Réalisateur, producteur
1999 David Cronenberg Réalisateur
2000 Luc Besson Réalisateur, producteur
2001 Liv Ullmann Réalisateur, comédienne
2002 David Lynch Réalisateur
2003 Patrice Chéreau Réalisateur, metteur en scène
2004 Quentin Tarantino Réalisateur
2005 Emir Kusturica Réalisateur, musicien
2006 Wong Kar-wai Réalisateur, producteur
2007 Stephen Frears Réalisateur
2008 Sean Penn Réalisateur, comédien
2009 Isabelle Huppert Comédienne
2010 Tim Burton Réalisateur
2011 Robert de Niro Comédien
2012 ?
18:10 Écrit par Sandra Mézière (Webmaster) dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note |
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21.12.2011
Réélection de Gilles Jacob à la présidence du Festival de Cannes, et de Thierry Frémaux en tant que délégué général
Sans surprise, Gilles Jacob a été réélu à la présidence du Festival de Cannes et Thierry Frémaux en tant que délégué général. Une bonne nouvelle néanmoins le premier apportant sa passion pour le cinéma, sa connaissance du festival, et le second son enthousiasme légendaire (que j'ai à nouveau pu constater au Festival Lumière de Lyon dont vous pouvez retrouver mon compte-rendu, ici: http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/10/09/fest... ), son érudition tout en insufflant un peu de nouveauté dans ce festival qui reste le plus grand au monde et celui qui permet la plus belle et grande immersion cinématographique.
Le Conseil d'Administration et l’Assemblée générale de l'Association française du Festival international du Film (AFFIF) - qui organise chaque année le Festival de Cannes – ont ainsi réélu Gilles Jacob en tant que président du Festival de Cannes, pour un mandat de trois ans à compter d’aujourd’hui, et Thierry Frémaux en tant que délégué général, déjà en charge de la programmation artistique, qui se voit conforté dans ses responsabilités opérationnelles.
En bonus, retrouvez, ci-dessous, mon article sur le très beau livre de Gilles Jacob "La vie passera comme un rêve", l'autobiographie de Gilles Jacob entre rêve et réalité.
Pour tout savoir sur cette édition 2012, rendez-vous sur le site officiel du Festival (http://festival-cannes.com ) mais aussi bien entendu ici et sur mon nouveau site http://inthemoodlemag.com sur lequel une large place sera donnée au Festival de Cannes.
"La vie passera comme un rêve" de Gilles Jacob
Alors que dans six mois retentira à nouveau l’électrisante musique de Saint-Saens indissociable du festival, la fébrilité qui précède toujours le plus grand festival de cinéma au monde, dès mars, commencera à s’accroître peu à peu, pour ceux qui auront la chance d’y aller en tout cas, encore que… je me souviens, il y a 10 ans déjà, avant d’aller au Festival pour la première fois, et même bien avant, lorsque je suivais cet évènement avec la plus grande attention et avec une curiosité insatiable, de mon canapé alors ou dans les journaux de cinéma que je dévorais déjà, ce festival illuminait les mois de Mai les plus sombres.
« La vie passera comme un rêve ». La phrase du titre de l’ouvrage de Gilles Jacob est aussi celle que pourraient s’approprier tous ceux qui veulent faire de leur passion une profession, une vie même. Faire que la vie passe comme un rêve. Ressemble à du cinéma, que l’un et l’autre se confondent dans un tango passionné. Et passionnant. Que la vie soit un tourbillon étourdissant comme l’est le Festival de Cannes tout comme il peut, parfois, aussi, être effrayant, ravageur, déstabilisant (mais l’étourdissement l’emporte toujours, la preuve : depuis 11 ans, ce rendez-vous cannois est pour moi incontournable).
Même si vous n’êtes pas des habitués de la Croisette, vous connaissez forcément Gilles Jacob, cet homme à la silhouette longiligne, à l’élégance joliment surannée (tout comme l’est son écriture), au sourire imperturbable, au regard rassurant qui accueille les invités du Festival en haut des marches (ou descendant parfois jusqu’au parvis pour les accueillir, ce dont on apprend dans le livre qu’il s’agit là du privilège suprême).
Plutôt que de n’évoquer que ce tourbillon étourdissant, qui l’est évidemment d’autant plus pour lui qu’il en occupe les plus hautes fonctions depuis plus de trente ans, Gilles Jacob a eu la bonne idée d’y mêler sa propre histoire personnelle et notamment son enfance qu’il a en partie vécue caché dans un séminaire pour échapper aux nazis, après avoir échappé à une arrestation qui aurait probablement été fatale. Sa deuxième bonne idée est la construction de l’ouvrage, d’ailleurs très cinématographique, une (dé)construction judicieuse un peu à la Mankiewicz ou à la Orson Welles, un ouvrage assaisonné d’humour et d’autodérision à la Woody Allen dont Gilles Jacob est un fervent admirateur. La dernière bonne idée est de n’avoir pas céder à cette mode du déballage personnel sans pour autant que ce soit inintéressant ou convenu. Bien au contraire.
Ce livre qui mêle astucieusement les lumières, souvent aveuglantes de la Croisette (mais par lesquelles il ne s’est jamais laissé éblouir sans pour autant en être blasé), et la mélancolie de l’enfance en apprendra beaucoup à ceux qui ne connaissent rien du festival et ravira encore davantage ceux qui le fréquentent.
On imagine qu’il a dû être difficile de choisir entre la multitude de souvenirs qu’il a engrangés toutes ces années., de choisir ce qui devait rester dans l’ombre ou pouvait passer dans la lumière.
Parmi les anecdotes les plus passionnantes :
La concurrence avec la Quinzaine des Réalisateurs dont on comprend l’origine et la teneur. Son admiration pour les actrices, en particulier Juliette Binoche ; Isabella Rossellini ; Jeanne Moreau qu’il définit comme sensuelle, intelligente, malicieuse , talentueuse ; Catherine Deneuve dont il rappelle la peur de parler en public (et qui avait eu l’immense modestie aussi de l’évoquer, lors de sa venue à SciencesPo ) mais là aussi l’intelligence et l’élégance ; Isabelle Huppert qu’il avait choisie comme présidente pour le festival 2009 et dont deux phrases pourraient justifier le choix :« Je n’ai connu aucune actrice au monde ayant obtenu autant de sélections à Cannes » et « elle est à la fois au centre et à la marge. » Comment Benigni aura le Grand Prix alors que son film ne correspond pas à la définition de ce prix qui est « un film qui manifeste un esprit de recherche et d’originalité. » Les démons attendrissants de Lars Van Triers. Que deux réalisateurs ont refusé la présidence : Carlos Saura et Andrzej Wajda. Son amitié pour Daniel Toscan du Plantier. Les caprices de certains politiques et, plus encore, de leurs entourages. Son émotion lors du cinquantième anniversaire. L’élégance imperturbable de Clint Eastwood, lors d’un tremblement de terre. Le pourquoi du pin’s star d’Alain Delon et son admiration, aussi, pour celui-ci. L’explication des trois récompenses attribuées à « Barton Fink » des frères Coen, l’année où Roman Polanski présidait le jury et les caprices d’enfant gâté de ce dernier. Le cyclone Depardieu, aussi talentueux qu’imprévisible. Les délibérations, les constitutions épiques des jurys. Les revirements de situations. Les tractations palpitantes et invraisemblables pour obtenir un film. Et autant de personnalités qui deviennent ici des personnages dont il dévoile le plus souvent une facette touchante, sans pour autant édulcorer leurs aspects les plus sombres, notamment ceux de Pialat dont il parle à de nombreuses reprises. Et puis évidemment, le personnage principal : le cinéma qu’il sert si bien et que Cannes honore si bien depuis trente ans.
Comme l’écrit Gilles Jacob : « Cannes n’est pas un paradis pour les âmes sensibles ». On imagine aisément (d’autant plus que je l’ai parfois constaté) la violence que peut parfois représenter une projection cannoise pour une équipe. Cannes ne connaît pas la demi-mesure dans la majesté comme dans la brutalité, dans le rêve comme dans le cauchemar, mais c’est aussi ce qui rend ce festival irrésistible et unique.
C’est le livre savoureux d’un homme passionné (de cinéma, par les cinéastes, par son festival évidemment mais aussi par la vie), enthousiaste et enthousiasmant, qui mêle intelligemment, cinéma et réalité, son histoire et l’Histoire, et évidemment l’Histoire du cinéma, un homme doucement ironique, empathique, au regard sensible et aiguisé, pétri de cette inquiétude bien légitime, qui ne l’a pas quitté depuis la guerre, et qui fait qu’il a peut-être aussi toujours gardé ce regard d’enfant inquiet et curieux. Un homme qui a l’humilité et l’élégance des grands. L’élégance de ne pas trop en dire. L’élégance de nous faire partager ce rêve. L’élégance de partager sa passion. L’élégance de faire passer les artistes et les films avant tout. L’élégance qui nous fait comprendre pourquoi Cannes est encore et toujours le premier festival de cinéma au monde. L’élégance mais aussi la folie des passionnés car, comme il le dit lui-même : « Il faut être vraiment fou pour continuer à relever ce défi : révéler, surprendre, faire rêver ». Gageons d’ores et déjà que ce Festival 2012 remplira à nouveau ce beau défi. Révéler. Surprendre. Faire rêver. Un Festival 2012 qui, à n’en pas douter, à nouveau « passera comme un rêve ».
10:58 Écrit par Sandra Mézière (Webmaster) dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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19.12.2011
Mon nouveau blog "In the mood - Le Magazine" avec une rubrique consacrée au Festival de Cannes
Après quelques semaines sans publications ici, je vais recommencer à publier alors que les premières informations concernant l'édition 2012 du Festival de Cannes ne tarderont pas à tomber. Comme chaque année, vous pourrez donc retrouver tout ce qui concerne le Festival ici mais aussi sur mon nouveau blog, plus "professionnel", plus complet, plus généraliste aussi mais sur lequel le cinéma restera prépondérant: "In the mood - Le Magazine": http://inthemoodlemag.com sur lequel figure une rubrique exclusivement consacrée au Festival de Cannes. Pour en savoir plus sur les raisons de ce nouveau blog, rendez-vous dans ses rubriques "A propos" ( http://inthemoodlemag.com/about/ ) et "Dans les Médias" (http://inthemoodlemag.com/presse/ .) Vos avis sont les bienvenus...et très bientôt vous y retrouverez de nouvelles informations sur le Festival de Cannes.
16:18 Écrit par Sandra Mézière (Webmaster) dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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03.11.2011
Séjourner à Cannes après le G20 : conseils et bonnes adresses
Difficile de l'ignorer à moins de provenir d'une autre galaxie: à Cannes, en ce moment, se déroule le G20. Inutile d'espérer pouvoir y séjourner les deux jours que durent l'évènement, d'ailleurs pas la meilleure période pour profiter au mieux de Cannes...mais peut-être cela vous aura-t-il donné envie de venir à Cannes. Alors, en attendant de revenir à l'actualité cinématographique, cliquez ici pour retrouver mon article avec tous mes conseils pour séjourner à Cannes (hôtels, bonnes adresses etc).
15:43 Écrit par Sandra Mézière (Webmaster) dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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17.10.2011
Critique de "The Artist" - prix d'interprétation masculine du Festival de Cannes 2011 pour Jean Dujardin (actuellement à l'affiche)
Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.
Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.
Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film "The Artist".
Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film "The Artist".
C’était un dimanche matin de mai 2011, le début du Festival de Cannes encore, en projection presse. Pas encore vraiment l’effervescence pour le film qui obtint la palme d’or mais un joli bruissement d’impatience parmi les regards déjà las, ou obstinément sceptiques. 1H40 plus tard, la salle résonnait d’applaudissements, pendant dix minutes, fait rare en projection presse. Le soir même, je suis retournée le voir en projection officielle. L’émotion fut la même, redoublée par la présence de l’équipe du film, terriblement émue elle aussi par les réactions enthousiastes du public, par les rires tendres, par cette cavalcade d’applaudissements qui a commencé lors de la dernière scène et ne s’est plus arrêtée pour continuer pendant un temps qui m’a paru délicieusement long. Un beau, rare et grand moment du Festival de Cannes.
Le pari était pourtant loin d’être gagné d’avance. Un film muet (ou quasiment puisqu’il y a quelques bruitages). En noir et blanc. Tourné à Hollywood. En 35 jours. Par un réalisateur qui jusque là avait excellé dans son genre, celui de la brillante reconstitution parodique, mais très éloigné de l’univers dans lequel ce film nous plonge. Il fallait beaucoup d’audace, de détermination, de patience, de passion, de confiance, et un peu de chance sans doute aussi, sans oublier le courage -et l’intuition- d’un producteur (Thomas Langmann) pour arriver à bout d’un tel projet. Le pari était déjà gagné quand le Festival de Cannes l’a sélectionné d’abord hors compétition pour le faire passer ensuite en compétition, là encore fait exceptionnel.
Le film débute à Hollywood, en 1927, date fatidique pour le cinéma puisque c’est celle de l’arrivée du parlant. George Valentin (Jean Dujardin) est une vedette du cinéma muet qui connait un succès retentissant…mais l’arrivée des films parlants va le faire passer de la lumière à l’ombre et le plonger dans l’oubli. Pendant ce temps, une jeune figurante, Peppy Miller (Bérénice Béjo) qu’il aura au départ involontairement placée dans la lumière, va voir sa carrière débuter de manière éblouissante. Le film raconte l’histoire de leurs destins croisés.
Qui aime sincèrement le cinéma ne peut pas ne pas aimer ce film qui y est un hommage permanent et éclatant. Hommage à ceux qui ont jalonné et construit son histoire, d’abord, évidemment. De Murnau à Welles, en passant par Borzage, Hazanavicius cite brillamment ceux qui l’ont ostensiblement inspiré. Hommage au burlesque aussi, avec son mélange de tendresse et de gravité, et évidemment, même s’il s’en défend, à Chaplin qui, lui aussi, lui surtout, dans « Les feux de la rampe », avait réalisé un hymne à l'art qui porte ou détruit, élève ou ravage, lorsque le public, si versatile, devient amnésique, lorsque le talent se tarit, lorsqu’il faut passer de la lumière éblouissante à l’ombre dévastatrice. Le personnage de Jean Dujardin est aussi un hommage au cinéma d’hier : un mélange de Douglas Fairbanks, Clark Gable, Rudolph Valentino, et du personnage de Charles Foster Kane (magnifiques citations de « Citizen Kane ») et Bérénice Béjo, avec le personnage de Peppy Miller est, quant à elle, un mélange de Louise Brooks, Marlène Dietrich, Joan Crawford…et nombreuses autres inoubliables stars du muet.
Le cinéma a souvent parlé de lui-même… ce qui a d’ailleurs souvent produit des chefs d’œuvre. Il y a évidemment « La comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz, « La Nuit américaine de Truffaut », « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, enfin « Une étoile est née » de George Cukor et encore « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen et Gene Kelly auxquels « The Artist », de par son sujet, fait évidemment penser. Désormais, parmi ces classiques, il faudra citer « The Artist » de Michel Hazanavicius. Ses précèdents films étaient d'ailleurs déjà des hommages au cinéma. On se souvient ainsi des références à "Sueurs froides" ou "La Mort aux trousses" d'Hitchcock dans "OSS 117 : Rio ne répond plus".
Hazanavicius joue ainsi constamment et doublement la mise en abyme : un film muet en noir et blanc qui nous parle du cinéma muet en noir et blanc mais aussi qui est un écho à une autre révolution que connaît actuellement le cinéma, celle du Numérique.
Le mot jubilatoire semble avoir été inventé pour ce film, constamment réjouissant, vous faisant passer du rire aux larmes, ou parfois vous faisant rire et pleurer en même temps. Le scénario et la réalisation y sont pour beaucoup mais aussi la photographie (formidable travail du chef opérateur Guillaume Schiffman qui, par des nuances de gris, traduit les états d’âme de Georges Valentin), la musique envoûtante (signée Ludovic Bource, qui porte l’émotion à son paroxysme, avec quelques emprunts assumés là aussi, notamment à Bernard Herrmann) et évidemment les acteurs au premier rang desquels Jean Dujardin qui méritait amplement son prix d’interprétation (même si Sean Penn l’aurait également mérité pour « This must be the place »).
Flamboyant puis sombre et poignant, parfois les trois en même temps, il fait passer dans son regard (et par conséquent dans celui du spectateur), une foule d’émotions, de la fierté aux regrets, de l’orgueil à la tendresse, de la gaieté à la cruelle amertume de la déchéance. Il faut sans doute beaucoup de sensibilité, de recul, de lucidité et évidemment de travail et de talent pour parvenir à autant de nuances dans un même personnage (sans compter qu’il incarne aussi George Valentin à l’écran, un George Valentin volubile, excessif, démontrant le pathétique et non moins émouvant enthousiasme d’un monde qui se meurt). Il avait déjà prouvé dans « Un balcon sur la mer » de Nicole Garcia qu’il pouvait nous faire pleurer. Il confirme ici l’impressionnant éclectisme de sa palette de jeu et d'expressions de son visage.
Une des plus belles et significatives scènes est sans doute celle où il croise Peppy Miller dans un escalier, le jour du Krach de 1929. Elle monte, lui descend. A l’image de leurs carrières. Lui masque son désarroi. Elle, sa conscience de celui-ci, sans pour autant dissimuler son enthousiasme lié à sa propre réussite. Dujardin y est d’une fierté, d’une mélancolie, et d’une gaieté feinte bouleversantes, comme à bien d’autres moments du film. Et je ne prends guère de risques en lui prédisant un Oscar pour son interprétation, ou en tout cas un Oscar du meilleur film étranger pour Hazanavicius. Bérénice Béjo ne démérite pas non plus dans ce nouveau rôle de « meilleur espoir féminin » à la personnalité étincelante et généreuse, malgré un bref sursaut de vanité de son personnage. Il ne faudrait pas non plus oublier les comédiens anglo-saxons : John Goodman, Malcolm McDowell et John Cromwell (formidablement touchant dans le rôle du fidèle Clifton).
Il y aura bien quelques cyniques pour dire que ce mélodrame est plein de bons sentiments, mais Hazanicius assume justement ce mélodrame. « The Artist » est en effet aussi une très belle histoire d’amour simple et émouvante, entre Peppy et Georges mais aussi entre Georges et son cabot-in Uggy : leur duo donne lieu à des scènes tantôt drôles, tantôt poétiques, tantôt touchantes, et là encore parfois au trois en même temps. Hommage aussi à ce pouvoir magique du cinéma que de susciter des émotions si diverses et parfois contradictoires.
Michel Hazanavicius évite tous les écueils et signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures et la noble fragilité.
Ce film m’a éblouie, amusée, émue. Parce qu’il convoque de nombreux souvenirs de cinéma. Parce qu’il est une déclaration d’amour follement belle au cinéma. Parce qu’il ressemble à tant de films du passé et à aucun autre film contemporain. Parce qu’il m’a fait ressentir cette même émotion que ces films des années 20 et 30 auxquels il rend un vibrant hommage. Parce que la réalisation est étonnamment inspirée (dans les deux sens du terme d’ailleurs puisque, en conférence de presse, Michel Hazanavicius a revendiqué son inspiration et même avoir « volé » certains cinéastes). Parce qu’il est burlesque, inventif, malin, poétique, et touchant. Parce qu’il montre les artistes dans leurs belles et poignantes contradictions et fêlures.
Il ne se rapproche d’aucun autre film primé jusqu’à présent à Cannes…et en sélectionnant cet hymne au cinéma en compétition puis en le primant, le Festival de Cannes a prouvé qu’il était avant tout le festival qui aime le cinéma, tous les cinémas, loin de la caricature d’une compétition de films d’auteurs représentant toujours le même petit cercle d’habitués dans laquelle on tend parfois à l’enfermer.
« The Artist » fait partie de ces films qui ont fait de cette édition cannoise 2011 une des meilleures de celles auxquelles j’ai assisté, pour ne pas dire la meilleure…avec des films aussi différents et marquants que « This must be the place » de Paolo Sorrentino, « Melancholia » de Lars von Trier, « La piel que habito » de Pedro Almodovar.
Un film à ne manquer sous aucun prétexte si, comme moi, vous aimez passionnément et même à la folie, le cinéma. Rarement un film aura aussi bien su en concentrer la beauté simple et magique, poignante et foudroyante. Oui, foudroyante comme la découverte de ce plaisir immense et intense que connaissent les amoureux du cinéma lorsqu’ils voient un film pour la première fois, et découvrent son pouvoir d’une magie ineffable, omniprésente ici.
Sortie en salles : le 12 octobre 2011. Vous pourrez également découvrir ce film lors de la soirée du palmarès du Festival du Cinéma Américain de Deauville, le 10 septembre…et si j’en ai la possibilité, je ne manquerai certainement pas d’y retourner une troisième fois, pour vous en livrer une critique plus précise (celle-ci étant basée sur mes souvenirs « vieux » d’il y a 4 mois).
Un dernier petit conseil : ne regardez pas la bande-annonce (dont je n’ai pas peur de dire qu’elle m’a émue, comme le film), pour conserver le plaisir de la découverte.
En bonus :
- Ma critique de « La Comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz
-Ma critique de « OSS 117 : Rio ne répond plus » de Michel Hazanavicius
14:59 Écrit par Sandra Mézière (Webmaster) dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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14.09.2011
Les (nouvelles) dates du Festival de Cannes 2012: du 16 au 27 Mai 2012
Le 65ème Festival de Cannes aura finalement lieu du 16 au 27 Mai 2012, soit un peu plus tard qu'initialement annoncé (du 9 au 20 mai), pour cause d'élections présidentielles.
Vous pourrez bien sûr le suivre comme chaque année en direct sur mes différents blogs, évidemment sur http://www.inthemoodforcannes.com avec, tout au long de l'année, la publication des différentes informations concernant le festival que vous pourrez suivre en direct du 16 au 27 mai, mais aussi sur la page Facebook dédiée d'Inthemoodforcannes.com (http://Facebook.com/inthemoodforcannes ) et sur son compte twitter dédié (http://twitter.com/moodforcannes ) que je vous invite à rejoindre dès maintenant.
Vous pourrez également suivre le festival en direct sur mon blog quotidien principal inthemoodforcinema.com .
18:44 Écrit par Sandra Mézière (Webmaster) dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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10.08.2011
La nouvelle affiche de "Polisse" de Maïwenn, prix du jury du Festival de Cannes 2011
Je vous invite à découvrir la nouvelle affiche de "Polisse" de Maïwenn qui sortira en salles le 19 octobre prochain (cliquez ici pour retrouver ma critique du film et le compte rendu de la conférence de presse cannoise).
L'ancienne affiche:
16:36 Écrit par Sandra Mézière (Webmaster) dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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19.07.2011
Le 37ème Festival du Cinéma Américain de Deauville en direct
Avant de revenir prochainement sur tous les films de cette édition 2011 du Festival de Cannes qui sortiront cet été (Et non des moindres! Ne manquez "Mélancholia" de Lars Von Trier sous aucun prétexte...), et avant de vous donner les premiers éléments d'informations sur le Festival de Cannes 2012, je vous rappelle que vous pourrez suivre le Festival du Cinéma Américain de Deauville 2011 en direct sur In the mood for Deauville et sur In the mood for cinema.
Vous êtes nombreux à me demander le programme du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2011. Celui-ci n'a pas encore été annoncé. Les informations commenceront prochainement à être délivrées. Pour l'heure nous savons seulement:
- qu'il aura lieu du 2 au 11 septembre 2011
- que le jury des longs-métrages sera présidé par le cinéaste Olivier Assayas
-que deux nouvelles sections seront ajoutées cette année au programme du festival. Ces deux nouvelles sections s'intitulent "Carte blanche" et "Nouvel hollywood". Pour la première "une personnalité du monde des arts et des lettres fait découvrir et partager sa préférence de cinéma, son Amérique personnelle." Pour la seconde, il s'agira "d'honorer l'avenir en invitant au festival une comédienne ou un comédien, fleuron du cinéma américain de demain."
-que "17 filles", un premier film de Muriel Coulin et Delphine Coulin recevra cette année le prix Michel d'Ornano le samedi 10 septembre, lors de la cérémonie du palmarès par le président du jury Olivier Assayas et Jean-Guillaume d'Ornano
- que la Cinémathèque permet au festival de reprendre une partie de sa rétrospective intégrale Blake Edwards qui aura lieu à la Cinémathèque du 24 août au 17 octobre.
-que les demandes d'accréditations sont ouvertes (renseignements sur le tout nouveau site officiel du festival: http://www.festival-deauville.com ).
Comme chaque année, sur ce blog et sur mon blog entièrement consacré à ce festival (http://www.inthemoodfordeauville.com ), je couvrirai le festival en direct de l'ouverture à la clôture (avant-premières, compétition, conférences de presse etc), du 2 au 11 septembre au soir et vous pourrez rertouver ici, détaillée, l'intégralité du programme de cette 37ème édition ainsi que de très nombreuses informations complémentaires et bons plans engrangés au cours de mes très nombreuses années de pérégrinations deauvillaises. Vous pouvez d'ores et déjà en trouver un certain nombre dans mes articles consacrés aux éditions passées.
Après une petite pause estivale, l'actualité reviendra sur ce blog quotidiennement courant août pour vous donner chaque jour des informations utiles et des détails sur le programme de cette 37ème édition mais aussi des dossiers complets sur la programmation.
Je vous rappelle que "In the mood for Deauville" possède désormais une nouvelle page Facebook dédiée: http://facebook.com/inthemoodfordeauville ainsi qu'un compte twitter ( http://twitter.com/moodfdeauville ) sur lesquels vous trouverez également de très nombreuses informations sur le festival (programme, informations pratiques, concours, soirées etc) avant de l'y suivre en direct à partir du 2 septembre.
En attendant le retour de l'actualité quotidienne sur ce blog, courant août, vous pouvez toujours me contacter par email pour toute demande de renseignements, de partenariat etc : à inthemoodforcinema@gmail.com .
09:58 Écrit par Sandra Mézière (Webmaster) dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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21.06.2011
Dates du 65ème Festival de Cannes : du 9 au 20 Mai 2012
Le Festival de Cannes 2012 aura lieu du 9 au 20 mai. Ce sera la 65ème édition et vous pourrez bien entendu la suivre en direct ici et sur http://www.inthemoodforcinema.com et, en attendant, vous retrouverez toutes les informations concernant cette édition ici.
13:17 Écrit par Sandra Mézière (Webmaster) dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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25.05.2011
Reprises de la Semaine de la Critique 2011 à la Cinémathèque Française du 3 au 6 juin
Après leur présentation cannoise, la Semaine de la Critique entend accompagner les films de sa Sélection et les aider à trouver leur public. C’est dans ce sens qu’elle organise des reprises en France et à travers le monde. En France, les films de la Semaine de la Critique 2011 seront ainsi repris à la Cinémathèque Française du 3 au 6 juin.
Cliquez ici pour connaître le programme des projections. Je n'ai eu le temps de voir qu'un film de cette sélection cette année mais je vous le recommande vivement. Il s'agit du très beau deuxième long métrage de Valérie Donzelli "La guerre est déclarée", je vous en reparlerai.
14:52 Écrit par Sandra Mézière (Webmaster) dans IN THE MOOD FOR NEWS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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