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  • Critique "Le Ruban blanc" de Michael Haneke, palme d'or du Festival de Cannes 2009

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    Je poursuis cette nouvelle rubrique consacrée aux critiques de films ayant obtenu la palme d'or dont vous pouvez retrouver la liste ici. Après "Un homme et une femme" de Claude Lelouch (palme d'or 1966), je vous propose maintenant la critique du film de Michael Haneke qui a obtenu la palme d'or en 2009 "Le ruban blanc", après son prix de la mise en scène, en 2005, pour "Caché". J'en profite pour vous rappeler que le directeur de casting attitré de Michael Haneke, Markus Schleinzer, présentera cette année son premier film en compétition: "Michael".

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    Synopsis : Un village de l’Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre Mondiale. Un instituteur raconte l’histoire d’étranges incidents qui surviennent dans la petite communauté protestante formée par les élèves et leurs familles. Peu à peu, d’autres accidents surviennent et prennent l’allure d’un rituel primitif.

     

    Quel qu’en soit l’enjeu  et aussi âpre soit-elle, Haneke a le don de créer une atmosphère quasi hypnotique, et de vous y plonger. L’admiration pour la perfection formelle  l’emporte toujours sur le rejet de l’âpreté, sur cette froideur qui devrait pourtant nous tenir à distance, mais qui aiguise notre intérêt, notre curiosité. La somptuosité glaciale  et glaçante de la réalisation, la perfection du cadre et des longs plans fixes où rien n’est laissé au hasard sont aussi paralysants que l’inhumanité qui émane des personnages qui y évoluent.

     

    Derrière ce noir et blanc, ces images d’une pureté étrangement parfaite,  à l’image de ces chérubins blonds symboles d’innocence et de pureté (que symbolise aussi le ruban blanc qu’on leur force à porter) se dissimulent la brutalité et la cruauté.

     

    L’image se fige à l’exemple de cet ordre social archaïquement hiérarchisé, et de cette éducation rigoriste et puritaine dont les moyens sont plus cruels que les maux qu’elle est destinée prévenir et qui va provoquer des maux plus brutaux encore que ceux qu’elle voulait éviter. La violence, au lieu d’être réprimé, s’immisce insidieusement pour finalement imposer son impitoyable loi. Cette violence, thème cher à Haneke, est toujours hors champ, « cachée », et encore plus effrayante et retentissante.

     

    Ce ruban blanc c’est le symbole d’une innocence ostensible qui dissimule la violence la plus insidieuse et perverse. Ce ruban blanc c’est le signe ostentatoire d’un passé et de racines peu glorieuses qui voulaient se donner le visage de l’innocence. Ce ruban blanc, c’est le voile symbolique de l’innocence qu’on veut imposer pour nier la barbarie, et ces racines du mal qu’Haneke nous  fait appréhender avec effroi par l’élégance moribonde du noir et blanc.

     

    Ces châtiments que la société inflige à ses enfants en évoquent d’autres que la société infligera à plus grande échelle, qu’elle institutionnalisera même pour donner lieu à l’horreur suprême, la barbarie du XXème siècle. Cette éducation rigide va enfanter les bourreaux du XXème siècle dans le calme, la blancheur immaculée de la neige d’un petit village a priori comme les autres.

     

    La forme démontre alors toute son intelligence, elle nous séduit d’abord pour nous montrer toute l’horreur qu’elle porte en elle et dissimule à l’image de ceux qui portent ce ruban blanc.

     

    Que dire de l’interprétation ? Elle est aussi irréprochable. Les enfants jouent avec une innocence qui semble tellement naturelle que l’horreur qu’ils recèlent en devient plus terrifiante encore.

     

    Avec une froideur et un ascétisme inflexibles, avec une précision quasi clinique, avec une cruauté tranchante et des dialogues cinglants, avec une maîtrise formelle fascinante,  Haneke poursuit son examen de la violence en décortiquant ici les racines du nazisme, par une démonstration implacable et saisissante. Une œuvre inclassable malgré ses accents bergmaniens.

     

    Un film à voir absolument. L'oeuvre austère, cruelle, dérangeante, convaincante, impressionnante d'un grand metteur en scène.

  • Critique de "Un homme et une femme" de Claude Lelouch, palme d'or du Festival de Cannes 1966

    Je commence ma série de critiques de palmes d'or du Festival de Cannes avec "Un homme et une femme" de Claude Lelouch, palme d'or ex-aequo avec "Ces messieurs dames" de Pietro Germo, en 1966.  J'en profite pour vous rappeler que le documentaire  sur les 50 ans de carrière de Claude Lelouch "D'un film à l'autre" est actuellement à l'affiche et que vous pouvez en retrouver ma critique, ici.

     

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    Je ne sais plus très bien si j'ai vu ce film avant d'aller à Deauville, avant que cette ville soit indissociablement liée à tant d'instants de mon existence, ou bien si je l'ai vu après, après que mon premier séjour à Deauville, il y a 17 ans, ait modifié le cours de mon « destin »... Toujours est-il qu'il est impossible désormais de dissocier Deauville du film de Claude Lelouch qui a tant fait pour sa réputation, « Un homme et une femme » ayant créé la légende du réalisateur comme celle de la ville de Deauville, et notamment sa réputation de ville romantique à tel point qu'il y a 4 ans, pendant le Festival du Cinéma Américain 2006, a été inaugurée une place Claude Lelouch, en sa présence et celle d'Anouk Aimée. J'étais présente ce jour-là et l'émotion et la foule étaient au rendez-vous.

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    Alors sans doute faîtes-vous partie de ceux qui adorent ou détestent Claude Lelouch, ses « instants de vérité », ses hasards et coïncidences. Rares sont ceux qu'il indiffère. Placez son nom dans une conversation et vous verrez. Quelle que soit la catégorie à laquelle vous appartenez, peut-être ce film « d'auteur » vous mettra-t-il d'accord...

    Le 13 septembre 1965, Claude Lelouch est désespéré, son dernier film ayant été un échec. Il prend alors sa voiture, roule jusqu'à épuisement en allant vers Deauville où il s'arrête à 2 heures du matin en dormant dans sa voiture. Réveillé le matin par le soleil, il voit une femme depuis sa voiture, étonné de la voir marcher avec un enfant et un chien. Sa « curiosité est alors plus grande que la tristesse ». Il commence à imaginer ce que peut faire cette femme sur cette plage, avec son enfant, à cette heure matinale. Cela donnera « Un homme et une femme ».

    Synopsis : Anne (Anouk Aimée), scripte, inconsolable depuis la mort de son mari cascadeur Pierre (Pierre Barouh), rencontre à Deauville, en allant chercher sa fille à la pension, un coureur automobile, Jean (Jean-Louis Trintignant), dont la femme s'est suicidée par désespoir. Jean raccompagne Anne à Paris. Tous deux sont endeuillés, et tous deux ont un enfant. C'est l'histoire d'un homme et d'une femme qui s'aiment, se repoussent, se retrouvent et s'aiment encore...

     J'ai vu ce film un grand nombre de fois, tout à l'heure encore et comme à chaque fois, avec le même plaisir, la même émotion, le même sentiment de modernité pour un film qui date de 1966, étonnant pour un cinéaste dont beaucoup de critiques raillent aujourd'hui le classicisme. Cette modernité est bien sûr liée à la méthode Claude Lelouch d'ailleurs en partie la conséquence de contraintes techniques et budgétaires. Ainsi, Lelouch n'ayant pas assez d'argent pour tourner en couleurs tournera les extérieurs en couleurs et les intérieurs en noir et blanc. Le montage et les alternances de noir et blanc et de couleurs jouent alors habilement avec les méandres du temps et de la mémoire émotive, entre le présent et le bonheur passé qui ressurgit sans cesse.

    Je ne sais pas si « le cinéma c'est mieux que la vie » mais en tout cas Claude Lelouch fait partie de ceux dont les films et surtout « Un homme et une femme » nous la font aimer.  Rares sont les films qui donnent à ce point la sensation de voir une histoire d'amour naître et vibrer sous nos yeux, d'en ressentir -partager, presque- le moindre battement de cœur ou le moindre frémissement de ses protagonistes, comme si la caméra scrutait les visages et les âmes. Par une main qui frôle une épaule si subtilement filmée. Par le plan d'un regard qui s'évade et s'égare. Par un sourire qui s'esquisse. Par des mots hésitants ou murmurés. Par la musique éternelle de Francis Lai (enregistrée avant le film) qui nous chavire le cœur. Par une photographie aux accents picturaux qui sublime Deauville filmée avec une lumière nimbée de mélancolie, des paysages qui cristallisent les sentiments de Jean-Louis et d'Anne, fragile et paradoxalement impériale, magistralement (dirigée et) interprétée par Anouk Aimée. Rares sont les films qui procurent cette impression de spontanéité, de vérité presque. Les fameux « instants de vérité » de Lelouch.

    Et puis il y a le charme incomparable du couple Anouk Aimée/ Jean-Louis Trintignant, le charme de leurs voix, notamment quand Jean-Louis Trintignant prononce « Montmartre 1540 ». Le charme et la maladresse des premiers instants cruciaux d'une histoire d'amour quand le moindre geste, la moindre parole peuvent tout briser. Et puis ces plans fixes, de Jean-Louis dans sa Ford Mustang (véritable personnage du film), notamment lorsqu'il prépare ce qu'il dira à Anne après qu'il ait reçu son télégramme. Et puis ces plans qui encerclent les visages et en capturent la moindre émotion. Ce plan de cet homme avec son chien qui marche dans la brume et qui  fait penser à Giacometti (pour Jean-Louis). Tant d'autres encore...

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     Avec « Un homme et une femme » Claude Lelouch a signé une histoire intemporelle, universelle avec un ton très personnel et poétique. La plus simple du monde et la plus difficile à raconter. Celle de la rencontre d'un homme et une femme, de la rencontre de deux solitudes blessées. Il prouve que les plus belles histoires sont les plus simples et que la marque du talent est de les rendre singulières et extraordinaires.

    Alors pour reprendre l'interrogation de Jean-Louis dans le film citant Giacometti « Qu'est-ce que vous choisiriez : l'art ou la vie » Lelouch, n'a certainement pas choisi, ayant réussi a insufflé de l'art dans la vie de ses personnages et de la vie dans son art. Voilà c'est de l'art qui transpire la vie.

    Alors que Claude Lelouch a tourné sans avoir de distributeur, sans même savoir si son film sortirait un jour, il obtint la palme d'or à Cannes en 1966, l'oscar du meilleur film étranger et celui du meilleur scénario et 42 récompenses au total et aujourd'hui encore de nombreux touristes viennent à Deauville grâce à « Un homme et une femme », le film, mais aussi sa musique mondialement célèbre. Vingt ans après, Claude Lelouch tourna une suite « Un homme et une femme 20 ans déjà » réunissant à nouveau les deux protagonistes. Je vous en parle très bientôt.

     

     

  • Liste des palmes d’or du Festival de Cannes de 1946 à 2010

    Avant d’entamer une nouvelle rubrique consacrée à des critiques d’anciennes palmes d’or du Festival de Cannes, retrouvez-ci-dessous la liste complète des anciennes palmes d’or du festival.

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    1946 ex æquo L'Épreuve aka Tourments Alf Sjöberg 

     ex æquo Le Poison Billy Wilder

     ex æquo La terre sera rouge Bodil Ipsen & Lau Lauritzen Jr

     ex æquo La Ville basse Chetan Anand

     ex æquo Brève Rencontre David Lean

     ex æquo Maria Candelaria Emilio Fernández

     ex æquo Le Tournant décisif Fridrikh Ermler

     ex æquo La Symphonie pastorale Jean Delannoy

     ex æquo La Dernière Chance Leopold Lindtberg

     ex æquo Les Hommes sans ailes Frantisek Cáp

     ex æquo Rome, ville ouverte Roberto Rossellini

     ex æquo La Bataille du rail René Clément

    1947 non décerné 

    1948 pas de festival cette année 

    1949 Le Troisième Homme Carol Reed

    1950 pas de festival cette année 

    1951 ex æquo Mademoiselle Julie Alf Sjöberg

     ex æquo Miracle à Milan Vittorio De Sica

    1952 ex æquo Othello Orson Welles

     ex æquo Deux sous d'espoir Renato Castellani

    1953 Le Salaire de la peur Henri-Georges Clouzot

    1954 La Porte de l'enfer Teinosuke Kinugasa

    1955 Marty Delbert Mann

    1956 Le Monde du silence Jacques-Yves Cousteau & Louis Malle

    1957 La Loi du Seigneur William Wyler

    1958 Quand passent les cigognes Mikhaïl Kalatozov

    1959 Orfeu Negro Marcel Camus

    1960 La Dolce Vita Federico Fellini

    1961 ex æquo Une aussi longue absence Henri Colpi

     ex æquo Viridiana Luis Buñuel

    1962 La Parole donnée Anselmo Duarte

    1963 Le Guépard Luchino Visconti

    1964 Les Parapluies de Cherbourg Jacques Demy

    1965 Le Knack... et comment l'avoir Richard Lester

    1966 ex æquo Un homme et une femme Claude Lelouch

     ex æquo Ces messieurs dames Pietro Germi

    1967 Blow-Up Michelangelo Antonioni

    1968 arrêté à cause des événements de mai 68 

    1969 If... Lindsay Anderson

    1970 M*A*S*H Robert Altman

    1971 Le Messager Joseph Losey

    1972 ex æquo La classe ouvrière va au paradis Elio Petri

     ex æquo L'Affaire Mattei Francesco Rosi

    1973 ex æquo La Méprise Alan Bridges

     ex æquo L'Épouvantail Jerry Schatzberg

    1974 Conversation secrète Francis Ford Coppola

    1975 Chronique des années de braise Mohammed Lakhdar-Hamina

    1976 Taxi Driver Martin Scorsese

    1977 Padre Padrone Paolo et Vittorio Taviani

    1978 L'Arbre aux sabots Ermanno Olmi

    1979 ex æquo Apocalypse Now Francis Ford Coppola

     ex æquo Le Tambour Volker Schlöndorff

    1980 ex æquo Que le spectacle commence Bob Fosse

     ex æquo Kagemusha, l'ombre du guerrier Akira Kurosawa

    1981 L'Homme de fer Andrzej Wajda

    1982 ex æquo Porté disparu Costa-Gavras

     ex æquo Yol, la permission Yılmaz Güney et Şerif Gören

    1983 La Ballade de Narayama Shōhei Imamura

    1984 Paris, Texas Wim Wenders

    1985 Papa est en voyage d'affaires Emir Kusturica

    1986 The Mission Roland Joffé

    1987 Sous le soleil de Satan Maurice Pialat

    1988 Pelle le conquérant Bille August

    1989 Sexe, mensonges et vidéo Steven Soderbergh

    1990 Sailor et Lula David Lynch

    1991 Barton Fink Joel et Ethan Coen

    1992 Les Meilleures Intentions Bille August

    1993 ex æquo Adieu ma concubine Chen Kaige

     ex æquo La Leçon de piano Jane Campion

    1994 Pulp Fiction Quentin Tarantino

    1995 Underground Emir Kusturica

    1996 Secrets et Mensonges Mike Leigh

    1997 ex æquo Le Goût de la cerise Abbas Kiarostami

     ex æquo L'Anguille Shōhei Imamura

    1998 L'Éternité et un jour Theo Angelopoulos

    1999 Rosetta Luc et Jean-Pierre Dardenne

    2000 Dancer in the Dark Lars von Trier

    2001 La Chambre du fils Nanni Moretti

    2002 Le Pianiste Roman Polanski

    2003 Elephant Gus Van Sant

    2004 Fahrenheit 9/11 Michael Moore

    2005 L'Enfant Luc & Jean-Pierre Dardenne

    2006 Le vent se lève Ken Loach

    2007 4 mois, 3 semaines, 2 jours Cristian Mungiu

    2008 Entre les murs Laurent Cantet

    2009 Le Ruban blanc Michael Haneke

  • Présentation de « Michael » de Markus Schleinzer – Compétition officielle du Festival de Cannes 2011

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    « Michael » est le premier film de Markus Schleinzer, directeur de casting attitré de Michael Haneke depuis « La Pianiste » visiblement très imprégné par le cinéma de ce dernier. Il raconte ici l’histoire d’un homme qui enlève viole et séquestre un enfant. Ce film autrichien a été influencé par l’histoire de Natacha Kampusch.

    Markus Schleinzer est aussi comédien et était ainsi  à l’affiche du « Braqueur » de Benjamin Heisenberg dont je vous avais d’ailleurs parlé puisque ce film en compétition du festival Paris Cinéma avait reçu le prix des blogueurs.

    Casting : Michael Fuith, David Rauchenberger, Gisela Sacher, Ursula Strauss, Christine  Kain, Nora Von Waldstätten

    Durée: 1H36

    Synopsis : Les cinq derniers mois de vie commune involontaire de Wolfgang, 10 ans, et de Michael, 35 ans.

    En tant que premier film, tout comme « Sleeping beauty », « Michael » concourt à la caméra d’or.

  • Présentation de « Sleeping beauty » de Julia Leigh – Compétition officielle du Festival de Cannes 2011

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    sleeping7.jpgJe poursuis mes présentations quotidiennes des films de la compétition officielle 2011 qui présente notamment comme particularité de comprendre 4 films réalisés par des femmes, fait rare puisque bien souvent aucun film réalisé par une femme ne figurait en compétition et puisqu’une seule femme a reçu la récompense suprême, la palme d’or : Jane Campion, en 1993, pour « La Leçon de piano ». Cela tombe bien puisque Jane Campion a soutenu le projet de Julia Leigh.

    « Sleeping beauty » est le premier film (voilà qui devrait faire taire ceux qui reprochent au festival de choisir toujours les mêmes cinéastes) de l’australienne Julia Leigh, une romancière à succès qui avait vu son premier roman porté à l’écran (« The Hunter »). « Sleeping beauty » est néanmoins son premier scénario original.

    C’est Emily Browning qui incarne le rôle principal, cette belle au bois dormant d’un genre particulier,  un rôle très différent de celui qu’elle incarnait dans « Sucker punch » de Zack Snyder. Mia Wasikowska avait été auparavant pressentie mais a été embarquée sur d’autres projets.

     Son sujet audacieux, mi-conte de fées, mi-érotique,  aurait d’ailleurs suscité la controverse en Australie suite à son obtention d’aides publiques. Emily Browning incarne en effet ici « une dormeuse» : elle se drogue, oubliant le lendemain matin ce que les hommes ont fait avec son corps

    Un film portait déjà ce titre, réalisé par James B.Harris.

    Casting : Emily Browning, Michael Dorman, Mirrah Foulkes, Rachael Blake, Ewen Leslie

    Synopsis : Ce que les hommes lui font la nuit, elle ne s’en souvient pas quand le jour se lève…  Une jeune étudiante qui a besoin d’argent multiplie les petits boulots. Suite à une petite annonce, elle intègre un étrange réseau de beautés endormies. Elle s’endort. Elle se réveille. Et c’est comme si rien ne s’était passé…

     

  • Zinedine Soualem, parrain de l’édition 2011 du prix de la jeunesse au Festival de Cannes

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    soualem2.jpgJe vous parle fréquemment du Prix de la Jeunesse qui m'avait permis d'être accréditée au Festival de Cannes, pour la première fois, en 2001 et qui sélectionne désormais 7 jurés jeunes.

    Zinedine Soualem sera ainsi le parrain du 30 ème prix de la jeunesse du 64e Festival de Cannes.

    Il accompagnera et apportera son expérience aux jeunes jurés afin de les guider dans leur mission d’évaluation pour qu’ils puissent récompenser une œuvre et son auteur, et ainsi exprimer leur jugement critique.

    Depuis 1993, le Jury-Jeunes est accompagné dans son aventure cannoise par une marraine ou un parrain, représentant du 7e art. Cette présence aux côtés d’un acteur, d’un professionnel de la réalisation ou de la production enrichit la démarche des jeunes jurés, sans pour autant les influencer, le Jury-Jeunes gardant l’entière liberté de ses choix

    Marraines et parrains des éditions précédentes du Prix de la Jeunesse:

    2010 : Mathilda MAY

    2009 : Pascal LEGITIMUS

    2008 : Luc BESSON

    2007 : Sara FORESTIER

    2006 : Marie GILLAIN

    2005 : Thierry FRÉMONT

    2004 : Cécile de FRANCE

    2003 : Zabou BREITMAN

    2002 : Emma de CAUNES

    2001 : Clotilde COURAU

    2000 : Emmanuelle DEVOS

    1999 : Charles BERLING

    1998 : Catherine JACOB

    1997 : Marin KARMITZ

    1996 : Virginie LEDOYEN

    1995 : Judith GODRECHE

    1994 : Valéria BRUNI-TEDESCHI

    1993 : Irène JACOB

    Rappel : La remise des « Prix de la jeunesse » et « Prix Regard Jeune » aura lieu le samedi 21 mai 2011 à Cannes.

     Informations sur www.prixdelajeunesse.com

  • Présentation de « La Source des femmes » de Radu Mihaileanu – Compétition officielle du Festival de Cannes 2011

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    Je poursuis mes présentations des films en compétition officielle. Après « La Piel que habito » de Pedro Almodovar, « Le Gamin au vélo » de Jean-Pierre et Luc Dardenne, « The Tree of life » de Terrence Malick, j’ai choisi de vous parler aujourd’hui du film de Radu Mihaileanu « La Source des femmes ».

    Ce film, comme souvent dans le cinéma de Radu Mihaileanu, est inspiré d’une histoire vraie et, comme souvent également dans son cinéma, il y mêle drame et comédie.

    C’est ce dernier qui a écrit le scénario en collaboration avec Alain-Michel Blanc.

     C’est Armand Amar qui s’est chargé de la musique (comme pour « Le Concert » dont vous pourrez retrouver ma critique et mon compte rendu de l'avant-première exceptionnelle au Châtelet en cliquant ici).

    Radu Mihaileanu avait notamment reçu le César du meilleur scénario original en 2005 pour « Va, vis et deviens » ( un film remarquable que je préfère, et de loin au « Concert »)

     Le tournage a eu lieu à Marrakech. Il s’agit de la première sélection cannoise en compétition de Radu Mihaileanu.

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    Avec : Leïla Bekhti, Hafsia Herzi, Zinedine Soualem, Sabrina Ouazani, Biyouna…

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    Synopsis : Dans un petit village, quelque part entre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, la tradition impose aux femmes d'aller chercher l'eau à la source, en haut de la montagne, sous un soleil de plomb. Leïla, jeune mariée, propose aux femmes de faire la grève de l'amour : plus de sexe tant que les hommes n’apportent pas l’eau au village.

    Coproduction Roumanie/France/Maroc

    Durée : 2H15

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    Filmographie de Radu Mihaileanu en tant que réalisateur

    1980 : Les Quatre Saisons (court métrage)

    1990 : Shuroo

    1993 : Trahir

    1997 : Bonjour Antoine (téléfilm)

    1998 : Train de vie

    2002 : Les Pygmées de Carlo (téléfilm)

    2005 : Va, vis et deviens

    2007 : Opération Moïse (documentaire)

    2009 : Le Concert

    2011 : La Source des femmes

     

  • Présentation de « La Piel que habito » (La Peau que j’habite) de Pedro Almodovar – Compétition officielle du Festival de Cannes 2011

                                       piel9.jpgAprès « Le Gamin au vélo » de Jean-Pierre et Luc Dardenne et « The Tree of life » de Terrence Malick, aujourd’hui gros plan sur « La Piel que habito » de Pedro Almodovar avec Antonio Banderas,  Elena Anaya, Marisa Paredes (qui avait d’ailleurs évoqué ce film et son travail avec Pedro Almodovar lorsque je l’avais rencontré pour la sortie du film « Les Yeux de sa mère » de Thierry Klifa) et qui avait alors évoqué ce film comme « plus complexe » que les précédents du cinéaste.

    Il s’agit d’une adaptation de « Mygale » de Thierry Jonquet, paru en 1995 (une adaptation très libre néanmoins). Un film dont la cruauté le placerait aux frontières du film d’horreur et qui a bien failli ne pas être sélectionné,  en raison essentiellement du perfectionnisme du cinéaste.

    Pedro Almodovar revient donc à Cannes en compétition deux ans après le très beau « Etreintes brisées » (voir ma critique ci-dessous) pour lequel il était reparti bredouille. Cette année,  il présentera son 18ème long-métrage avec pour objectif la palme d’or qu’il regrettait parait-il de ne pas avoir obtenu pour « Volver ». Le tournage a duré trois mois et a emmené l’équipe du film à Madrid, Pazo de Oca et Tolède.

    Alors, Pedro Almodovar créera-t-il le choc de l’édition 2011 avec son 4ème film en compétition annoncé comme dérangeant, cruel et sombre et obtiendra-t-il « enfin » la palme d’or, après le prix de la mise en scène pour « Tout sur ma mère » en 1999, le prix du scénario pour « Volver » en 2006 (sans oublier le prix d’interprétation collectif pour ses actrices) ? Réponse dans trois semaines…

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    Durée : 2 heures

    Synopsis : Depuis que sa femme est morte carbonisée dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire.  Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. De toute façon, les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant à la femme cobaye…  Au fil des ans, des dizaines de jeunes gens disparaissent de chez eux, souvent de leur plein gré. L’un d’eux se retrouve à partager avec Robert et Marilia la splendide demeure d’El Cigarral. Et ce, contre sa volonté…

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     Films déjà présentés à Cannes par Pedro Almodovar

     2009 - LOS ABRAZOS ROTOS (ETREINTES BRISEES) - En Compétition Réalisation, Scénario & Dialogues

    2006 - VOLVER - En Compétition Réalisation, Scénario & Dialogues

    2004 - LA MALA EDUCACIÓN (LA MAUVAISE EDUCATION) - Hors Compétition Réalisation, Scénario & Dialogues

    1999 - TODO SOBRE MI MADRE (TOUT SUR MA MERE) - En Compétition Réalisation, Scénario & Dialogues

     Le Palmarès de Pedro Almodovar à Cannes

     2006 - Prix du scénario - VOLVER - Long métrage

    1999 - Prix de la mise en scène - TODO SOBRE MI MADRE (TOUT SUR MA MERE) - Long métrage

    Membre du Jury

    1992 - Sélection officielle – Membre

     Filmographie de Pedro Almodovar :

     1978 : Salome (court métrage)

    1978 : Folle, folle, folleme Tim ! (court-métrage)

    1980 : Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier (Pepi, Luci, Bom y otras chicas del montón)

    1982 : Le Labyrinthe des passions (Laberinto de pasiones)

    1983 : Dans les ténèbres (Entre tinieblas)

    1984 : Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? (¿Qué he hecho yo para merecer esto?)

    1986 : Matador

    1987 : La Loi du désir (La ley del deseo)

    1988 : Femmes au bord de la crise de nerfs (Mujeres al borde de un ataque de nervios)

    1989 : Attache-moi ! (¡Átame!)

    1991 : Talons aiguilles (Tacones lejanos)

    1993 : Kika

    1995 : La Fleur de mon secret (La flor de mi secreto)

    1997 : En chair et en os (Carne trémula)

    1999 : Tout sur ma mère (Todo sobre mi madre)

    2002 : Parle avec elle (Hable con ella)

    2004 : La Mauvaise Éducation (La mala educación)

    2006 : Volver

    2009 : Étreintes brisées (Los abrazos rotos)

    2009 : La Conseillère anthropophage (La Concejala antrópofaga) (court-métrage)

    2011 : La Peau que j'habite (La piel que habito)

    Critique d' "Etreintes brisées" de Pedro Almodovar

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    Lorsque vous voyez un film dans l’effervescence du Grand Théâtre Lumière, dans l’euphorie cannoise, de surcroît à côté de l’équipe du film, votre avis est forcément vicié et imprégné de cette atmosphère excessive, c’est pourquoi j’ai tenu à retourner voir « Les Etreintes brisées » quelques jours après l’avoir vu sur la Croisette. Inutile de spécifier à quel point c’est étrange de voir un film dans une salle quasiment vide, qui ne réagit donc pas,  après l’avoir vu quelques jours auparavant en présence de l’équipe du film avec un public particulièrement réactif. Alors ? Alors, même loin de l’agitation cannoise, certes « Les Etreintes brisées » n’est pas le film le plus fou, le plus extravagant, le plus délirant de Pedro Almodovar mais il n’en demeure pas moins remarquable à de nombreux points de vue… et l’un de ses meilleurs films, peut-être même le plus maîtrisé. En tout cas, l’un de mes favoris de cette compétition cannoise 2009 avec, notamment « Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino (que Pedro Almodovar, en cinéphile, est d’ailleurs allé voir en séance du lendemain).

     

    Synopsis : Il y a 14 ans, dans un violent accident de voiture dans l’île de Lanzarote, un homme (Lluis Homar) a perdu la vue mais aussi la femme de sa vie, Lena (Penelope Cruz). Sa vie se partage alors en deux parties à l’image de ses deux noms : Harry Caine, pseudonyme ludique sous lequel il signe ses travaux littéraires, ses récits et scénarios ; et Mateo Blanco, qui est sonnom de baptême sous lequel il vit et signe les films qu’il réalise. Après l’accident, il n’est alors plus que son pseudonyme : Harry Caine. Dans la mesure où il ne peut plus faire de films, il s’impose de survivre avec l’idée que Mateo Blanco est mort à Lanzarote aux côtés de Lena.

     

    Pedro Almodovar, habitué de la Croisette et de la compétition cannoise (juré en 1992, en compétition pour « Tout sur ma mère » en 1999- prix de la mise en scène -, pour « La mauvaise éducation » en 2004 –présenté hors compétition- ; pour « Volver » en 2006 –prix du scénario et d’interprétation collectif-) est, cette année reparti bredouille pour un film dont la mise en scène d’une impressionnante beauté et maîtrise,  le scénario impeccable et l’interprétation remarquable de Penelope Cruz auraient pourtant pu lui permettre de figurer au palmarès, à ces différents titres.

     

    Aussi invraisemblable que cela puisse paraître certains cinéastes ne sont pas des cinéphiles (j’aurais bien des exemples mais je m’abstiendrai) mais au même titre que Picasso maîtrisait parfaitement l’histoire de la peinture, condition sine qua non au renouvellement de son art, il me semble qu’un cinéaste se doit de connaître et d’être imprégné de l’histoire du cinéma, comme Pedro Almodovar qui, dans ce film, en plus de témoigner de sa cinéphilie livre une véritable déclaration d’amour au cinéma (il rend notamment hommage à Hitchcock, Antonioni, Malle, Rossellini… ).  Et à Penelope Cruz qu’il sublime comme jamais, en femme fatale, brisée et forte, à la fois Marylin Monroe, lumineuse et mélancolique, et Audrey Hepburn, gracile et déterminée.

     

    « Les Etreintes brisées » est un film labyrinthique d’une grande richesse : un film sur l’amour fou, le cinéma, la fatalité, la jalousie, la trahison, la passion, l’art. Un film dans lequel,  à l’image du festival de Cannes, cinéma et réalité se répondent, s’imbriquent, se confondent.

     

    La mise en abyme, à l’image de tout ce film, est double : il y a d’une part le film que réalise Harry Caine mais aussi le making of de son film.  Harry Caine est lui-même double puisque c’est le pseudonyme de Mateo Blanco. Il meurt doublement : il perd la vue, la cécité étant la mort pour un cinéaste ; il perd la femme qu’il aime, une étreinte brisée qui représente la mort pour l’homme amoureux qu’il est aussi. Un film morcelé à l’image de ces photos en mille morceaux de Lena, d’une beauté tragique.

     

    Et puis que dire de la réalisation… Flamboyante comme ce rouge immédiatement reconnaissable comme celui d’un film de Pedro Almodovar.  D’un graphique époustouflant comme ce film que Mateo Blanco réalise. Sensuelle comme ces mains qui caressent langoureusement une image à jamais évanouie. Son scénario joue avec les temporalités et les genres (film noir, comédie, thriller, drame) avec une apparente facilité admirable.

     

    Peut-être la gravité mélancolique a-t-elle désarçonnée les aficionados du cinéaste qui n’en oublie pourtant pas pour autant sa folie jubilatoire comme dans ce film dans le film « Filles et valises », hommage irrésistible à « Femmes au bord de la crise de nerfs ».

     

    Un film gigogne d’une narration à la fois complexe et limpide, romantique et cruel, qui porte la poésie langoureuse, la beauté mélancolique et fragile de son titre, un film qui nous emporte dans ses méandres passionnées, un film pour les amoureux, du cinéma. Un film qui a la beauté, fatale et languissante, d’un amour brisé en plein vol… Un film qui a la gravité sensuelle de la voix de Jeanne Moreau, la beauté incandescente d’une étreinte éternelle comme  dans « Voyage en Italie » de Rossellini, la tristesse lancinante de Romy Schneider auxquels il se réfère.

     

    Penelope Cruz, d’une mélancolie resplendissante, pour cette quatrième collaboration,  aurait de nouveau mérité le prix d’interprétation et sa prestation (mais aussi celles de tous ses acteurs et surtout actrices auxquels il rend ici hommage, parfois juste le temps d’une scène comme pour Rossy de Palma)  prouve à nouveau quel directeur d’acteurs est Pedro Almodovar qui sait aussi, en un plan, nous embraser et embrasser dans son univers, immédiatement identifiable, la marque, rare, des grands cinéastes.

     

    Un film empreint de dualité sur l’amour fou par un (et pour les) amoureux fous du cinéma… le cinéma qui survit à la mort, à l’aveuglement, qui sublime l’existence et la mort, le cinéma qui reconstitue les étreintes brisées, le cinéma paré de toutes les vertus. Même celle de l’immortalité… Un film par lequel je vous recommande vivement de vous laisser charmer et enlacer…

  • "La guerre est déclarée" de Valérie Donzelli, en ouverture de la Semaine de la Critique 2011

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    J'avais beaucoup aimé le premier film de Valérie Donzelli "La Reine des pommes" dont vous pourrez retrouver ma critique en bas de ce article.  Avec son second long métrage "La guerre est déclarée", elle fera ainsi l'ouverture de la Semaine de la Critique 2011, le 12 mai, un film avec Valérie Donzelli (réalisatrice et interprète comme dans "La Reine des pommes" et Jérémie Elkaïm qui sortira en salles, le 31 août.

    Synopsis: Un couple, Roméo et Juliette. Un enfant, Adam. Un combat, la maladie. Et surtout, une grande histoire d'amour, la leur...

    Pour suivre l’actualité du film rendez vous sur la page facebook :
    https://www.facebook.com/pages/LA-GUERRE-EST-DECLAREE/188759694492682

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    Adèle (Valérie Donzelli) une jeune trentenaire se fait quitter par Mathieu (Jérémie Elkaïm), l'amour de sa vie. Anéantie, suffoquée, Adèle ne pense plus qu'à une chose : mourir. Rachel (Béatrice de Staël), une cousine éloignée, la prend en charge. Elle décide d'aider Adèle en essayant de lui trouver du travail, de lui redonner goût à la vie et de la conseiller sentimentalement. Son principal conseil : coucher avec d'autres hommes afin de désacraliser cette histoire. Ce sera Pierre, Paul et Jacques (dans les trois cas, Jérémie Elkaïm).

    Adèle donc. Déjà tout un programme truffaldien, Truffaut à qui Valérie Donzelli n'emprunte pas seulement le nom d'une de ses héroïnes mais aussi une tristesse désinvolte, un ton ludique, une légèreté, une narration, un personnage décalé et anachronique à la Antoine Doinel, un jeu agréablement suranné à la Jean-Pierre Léaud. Ajoutez à cela un marivaudage qui relève de Rohmer, des passages en-chantés, enchanteurs à la Demy et une note d'Agnès Varda ou d'Emmanuel Mouret et vous obtiendrez un premier film aussi singulier qu'attachant. Ces multiples références assumées et même proclamées auraient pu alourdir et plomber l'ensemble, et nous agacer mais Valérie Donzelli a l'intelligence de ne pas se prendre au sérieux et de se tourner en ridicule juste à temps pour que son film ne le soit pas. Loin de là !

    Avec un  sujet galvaudé, grâce à un ton et un personnage burlesques, à des situations cocasses, à des dialogues décalés, Valérie Donzelli nous emporte dans sa comédie légère aux airs de Nouvelle Vague rafraîchissante et dans son univers (scénariste, réalisatrice, actrice, elle a aussi composé, écrit, interprété la musique du film).

     La légèreté des moyens rend service au sujet puisque le même acteur interprète tous les hommes que rencontre Adèle, tous les hommes en qui elle voit celui qu'elle a perdu, qu'ils s'appellent (avec beaucoup d'ironie) Pierre, Paul ou Jacques.

    Seule la fin, à new York (où Adèle a un nouveau regard sur un nouveau monde, quand la reine des pommes se retrouve dans la grosse pomme) redevient sérieuse là où le film aurait peut-être gagné à rester dans le décalage et la légèreté.

    Sélectionné à la Quizaine des réalisateurs pour son court-métrage « Il fait beau dans la plus belle ville du monde »,  avec « La Reine des pommes » Valérie Donzelli a reçu le prix du public du festival d'Angers.

    Un film fantaisiste, attachant, parfois même touchant qui sort du cadre formaté des comédies habituelles et on aurait bien tord de s'en priver et de ne pas se laisser enchanter par cet air connu et joliment singularisé.

    Remarque :  Les plus cinéphiles s'amuseront à reconnaître Serge Bozon, Dominik Moll et Gilles Marchand.

  • "Belmondo, du rêve à la réalité": le parcours de Jeff Domenech dans un livre disponible le 18 mai

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    Je vous en ai déjà parlé, le 17 mai, le Festival de Cannes rendra hommage à Jean-Paul Belmondo (et j'essaierai bien entendu d'y être pour vous en parler).

     Retrouvez à cette occasion mes critiques de "La Sirène du Mississipi" de François Truffaut et de "Borsalino" de Jacques Deray.

     Le documentaire diffusé le 17 mai est écrit et co-produit par Jeff Domenech et est co-produit et réalisé par Vincent Perrot. Ce documentaire sera également diffusé en prime time sur France 2 le 17 mai. Jeff Domenech raconte son parcours étonnant et atypique dans un livre à paraître le 18 mai aux Editions Democratic Books. Le livre est préfacé par Georges Lautner. Et comme j'aime les parcours atypiques comme celui-ci et évidemment Belmondo, je vous ferai prochainement un compte rendu du livre en question. En attendant, voici le communiqué de presse:

    C’est l’histoire d’un gamin de Marseille qui réalise son rêve à quarante ans.

    C’est l’histoire d’un fan qui entre dans le cercle intime de l’une des plus grandes stars du cinéma français.

    C’est l’histoire d’un ancien serveur dans une chaine de fast-food qui devient auteur et produc­teur d’un documentaire diffusé en prime-time sur France 2.

    Jeff Domenech est depuis toujours incondition­nel de Jean-Paul Belmondo. Il aime autant sa décontraction insolente dans À bout de souffle que son goût des cascades dans Peur sur la ville ou son tempérament comique dans L’as des as. Il a toujours rêvé de le rencontrer. Il va faire mieux : le convaincre de participer à un film retraçant sa carrière.

    Rien ne le prédisposait pourtant à pareille réussite : entré comme serveur chez Mc Donald’s, devenu directeur de la succursale de Grasse, dans les Alpes Maritimes, il n’avait aucun rapport avec le monde du cinéma. Mais Jeff Domenech est de ces hommes qui savent saisir les opportunités : il deviendra ami avec le réalisateur Georges Lautner qui lui présentera son légendaire interprète de Flic ou voyou.

    Comment devient-on ami avec une star ? Comment vit Jean-Paul Belmondo au quotidien ? Quel homme est-il ? Comment réussit-on à convaincre les plus grands stars françaises de participer à un tel projet ? A travers les coulisses d’un documentaire exceptionnel, ce livre est une manière de découvrir Jean-Paul Belmondo dans son intimité et sa simplicité chaleureuse. Une manière aussi pour Jeff Domenech de dire : tout est possible, il suffit d’y croire.

    L’auteur

    Entré comme serveur en 1989 au Mc Donald’s de Marseille, Jeff Domenech a gravit tout les échelons de responsabilités de la chaîne internationale de restauration rapide jusquà diriger le restaurant de Grasse qu’il quittera en Janvier 2011 pour se consacrer exclusivement à l’écriture et à la production audiovisuelle.

    Son premier documentaire en tant qu’auteur et producteur avec Vincent Perrot qui en est aussi le réalisateur, Belmondo, Itinéraire est projeté au Festival de Cannes, dans le cadre d’un hommage à Jean-Paul Belmondo, le mardi 17 mai et diffusé le même jour en prime time dans le cadre d’une soirée spéciale Jean-Paul Belmondo sur France 2.