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IN THE MOOD FOR CANNES 2026 - Page 79

  • Affiche de la Quinzaine des Réalisateurs 2011 ( 43ème édition)

    Découvrez l'affiche de la Quinzaine des Réalisateurs 2011, ci-dessous, sous forme de pictogrammes. Qu'en pensez-vous? Découvrez également le site de la Quinzaine des Réalisateurs: http://www.quinzaine-realisateurs.com .

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  • Programme du Festival de Cannes 2011

    woody.jpgPour connaître le programme complet et officiel du 64ème Festival de Cannes, il faudra attendre la conférence de presse du jeudi 14 avril. Pour l'instant, nous savons seulement que "Minuit à Paris" de Woody Allen fera l'ouverture. En attendant le 14 avril, vous pourrez retrouver ici de nombreux bons plans pour profiter au mieux du festival et les premières rumeurs concernant la programmation.

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  • Appel à candidatures pour le prix de la jeunesse du Festival de Cannes 2011

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    Je vous en parle chaque année puisque c'est à ce concours que je dois mon premier Festival de Cannes, il y a 11 ans déjà. Les modalités de sélection sont restées sensiblement les mêmes et le jury jeunes a confirmé ses choix judicieux en 2010 en couronnant les deux meilleurs films de l'année en question en attribuant le Prix de la Jeunesse 2010 à Abbas Kiarostami pour son film "Copie Conforme" film de la de la sélection officielle  et le prix « Regards Jeunes » à Xavier Dolan, pour son film "Les amours imaginaires" . Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site officiel du prix de la jeunesse.

    Le Prix de la jeunesse créé en 1982 et soutenu par le Festival de Cannes est ainsi remis chaque année par un Jury-Jeunes composé de sept jeunes âgés de 18 à 25 ans invités par le Ministère de l'Education Nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative - Secrétariat d'Etat à la Jeunesse et à la Vie Associative. Il est décerné à un film choisi parmi les deux sélections officielles du Festival de Cannes: "La Compétition" et "Un Certain Regard". Le Ministère de l'Education Nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative - Secrétariat d'Etat à la Jeunesse et à la Vie Associative a décidé de reconduire le Prix de la jeunesse en 2011.
    Un appel à candidatures a été lancé. Chaque CRIJ qui le souhaite peut lancer cet appel à candidatures auprès de son public et transmettre les candidatures au Directeur(trice) régional(e) (DRJSCS) pour le 31 mars 2011.

    Je vous rappelle par ailleurs que, comme chaque année, vous pourrez suivre le Festival de Cannes en direct sur ce blog, de l'ouverture à la clôture et sur http://www.inthemoodforcinema.com  .

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  • Mélanie Laurent : maîtresse de cérémonie du 64ème Festival de Cannes

     

    mél.jpgC’est donc l'actrice française Mélanie Laurent  qui sera la maîtresse de cérémonie en ouverture et en clôture du 64e Festival de Cannes dont le jury sera cette année présidé par Robert De Niro, les 11 et 22 mai prochain. Elle succède ainsi dans ce rôle à l'actrice franco-britannique Kristin Scott-Thomas qui avait été remarquable.

    Récemment vue dans « Le Concert », « La Rafle » et « Inglorious basterds » (en compétition du Festival de Cannes 2009), Mélanie Laurent est passée en fin d'année dernière derrière la caméra, pour réaliser son premier long métrage, «Les Adoptés», dans lequel elle joue également aux côtés de Florence Foresti. Par ailleurs: son premier album, «En t'attendant», qui compte 12 titres qu'elle a co-écrits et co-composés pour la musique, sortira le 2 mai sur le label «Atmosphériques». A cette occasion je vous propose de découvrir le clip d' "En d'attendant" ci-dessus .

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  • Le 64ème Festival de Cannes en direct sur ce blog

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    Venant d'avoir la confirmation de mon accréditation cannoise, je peux donc vous annoncer que vous retrouverez ici comme chaque année le Festival de Cannes en direct, du 11 au 23 mai, avec plus que jamais, des évènements inédits.

     En attendant le festival, vous pourrez donc retrouver toutes les informations sur cette 64ème édition sur mon blog qui y est entièrement consacré In the mood for Cannes et bien sûr sur inthemoodforcinema.com, mais aussi sur mon compte twitter consacré au Festival de Cannes et sur la nouvelle page Facebook d'In the mood for Cannes que je vous invite à rejoindre dès maintenant. Une édition qui s'annonce prestigieuse après une 63ème édition plus décevante que les précèdentes en raison de nombreux facteurs.

     Je vous rappelle que le jury de cette 64ème édition sera présidé par Robert De Niro, que Michel Gondry présidera le jury de la Cinéfondation et des courts-métrages, que Woody Allen fera l'ouverture avec "Minuit à Paris".

     Même si cela n'a pas été confirmé, il est fort probable que Pedro Almodovar présentera son nouveau film "La piel que habito" et que Madonna y présentera le film qu'elle a réalisé W.E., que l'équipe de "La Conquête" montera les marches.

     Bien entendu vous pourrez retrouver toutes les informations sur cette édition 2011 au fur et à mesure de leurs annonces, de même que tous les concours liés au festival et sur mon autre blog In the mood for luxe, je vous donnerai bientôt toutes les bonnes adresses cannoises.

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  • Tout savoir sur la cérémonie des Oscars 2011...

    oscars.jpg    Cliquez ici pour tout savoir sur les Oscars : nominations, pronostics, la cérémonie en direct et mes critiques des films en lice. En attendant de nouvelles informations sur le Festival de Cannes 2011...

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  • Compte rendu et palmarès des César 2011

    césart.jpg   Cliquez ici pour lire mon compte rendu des César vécus en direct du Châtelet et le palmarès commenté.

     

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  • Michel Gondry, Président du Jury des courts métrages et de la Cinéfondation du 64ème Festival de Cannes

    gondry.jpgTout en vous rappelant que vous pourrez, comme chaque année, me suivre en direct du Festival de Cannes sur ce blog et sur In the mood for Cannes (et sans doute aussi sur d'autres supports comme l'an passé) mais aussi sur le compte twitter dédié  d'Inthemoodforcannes ainsi que sur sa toute nouvelle page Facebook , et alors que les premiers éléments concernant cette édition 2011 nous permettent déjà de dire qu'elle sera assez exceptionnelle (cf In the mood for Cannes), nous venons d'apprendre que Michel Gondry présidera le jury des courts-métrages et de la Cinéfondation de ce Festival de Cannes 2011. Retrouvez l'intégralité du communiqué de presse ci-dessous.

    "Le cinéaste Michel Gondry présidera le jury des courts métrages et de la Cinéfondation du 64e Festival de Cannes, succédant à Atom Egoyan, Hou Hsiao Hsien, Martin Scorsese ou John Boorman.
    Michel Gondry, qui est également vidéaste et musicien, a esquissé en sept longs métrages, quelques courts et soixante-dix clips musicaux une œuvre profondément originale, teintée d’onirisme et d’utopie. Artisan virtuose, il réinvente sans cesse, en moderne Méliès, tout l’éventail d’effets et d’enchantements du cinéma.

    Son premier long métrage, Human Nature est sélectionné en 2001 au Festival de Cannes. Il revient en 2008 avec le triptyque Tokyo ! au Certain Regard, et présente en 2009 hors compétition le portrait documentaire L’épine dans le cœur.
    Oscar du meilleur scénario en 2004, Eternal Sunshine of the Spotless Mind fut suivi en 2006 de La Science des rêves, puis de Be Kind, Rewind (Soyez sympas, rembobinez) en 2008. The Green Hornet (Le Frelon vert), sur les écrans français depuis janvier 2011, est à ce jour son plus grand succès en salles.
    Michel Gondry vient d’ouvrir au Centre Pompidou à Paris, dans le cadre du Nouveau Festival, son « Usine de films amateurs », tout à la fois studio de création et atelier de bricolage, où chacun peut réaliser un film court en trois heures.

    Cet illusionniste surdoué, à l’imaginaire généreux, décernera avec son équipe les trois prix de la Cinéfondation le vendredi 20 mai avant de remettre la Palme d’Or du court métrage au cours de la cérémonie du Palmarès le 22 mai 2011."

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  • Palmarès complet du Festival International du film de Berlin 2011 ( 61ème Berlinale) : l’Iran à l’honneur

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    De Cannes à Berlin, difficile désormais de dissocier les prix décernés dans ces festivals de leur impact politique. Même si ceux qui ont vu l’Ours d’or « Nader et Simin, une sépration » de l'Iranien Asghar Farhadi (dont l'ensemble du casting masculin et féminin a également été primé) affirment qu’il s’agit d’une vraie proposition de cinéma, cela n’en est pas moins un nouveau signal fort à l’encontre de l’Iran, cette 61ème édition ayant déjà été placée sous le signe de l'hommage à Jafar Panahi, le cinéaste emprisonné, dont la chaise de membre du jury est restée vide comme à Cannes et dont la présidente du jury Isabella Rossellini, en ouverture de cette Berlinale, avait lu une vibrante lettre. Je vous laisse découvrir le reste du palmarès ci-dessous.

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    Ours d'or:

    NADER ET SIMIN, UNE SEPARATION de Asghar Farhadi

     Grand Prix:

    THE TURIN HORSE de Bela Tarr

     Meilleur réalisateur:

    Ulrich Kohler pour SLEEPING SICKNESS

     Meilleur acteur:

    L'ensemble du casting masculin dans NADER ET SIMIN, UNE SEPARATION 

    Meilleur actrice:

    L'ensemble du casting féminin dans NADER ET SIMIN, UNE SEPARATION

     Meilleur scénario:

    THE FORGIVENESS OF BLOOD

     Meilleure contribution artistique:

    Wojciech Staron et Barbara Enriquez pour EL PREMIO de Paula Markovitch

     Prix de l'innovation (Alfred Bauer):

    IF NOT US, WHO ? de Andre Veiel

     Premier film:

    ON THE ICE de Andrew Okpeaha MacLean

    Ours d'or du meilleur court métrage :

    NIGHT FISHING de Park Chan-wook et Park Chan-kyong


    Ours d'argent, prix du jury :

    BROKEN NIGHT de Yang Hyo-joo


    Mention spéciale :

     FRAGEN AN MEINEN VATER de Konrad Mühe

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  • Critique de "Match point" de Woody Allen, le dimanche 20 février, à 20H35, sur France 2

    Je vous parle très souvent de ce film (oui, oui, je le sais) mais il figure en bonne place dans mon top 10 de tous les temps et donc ce n'est certainement pas la dernière fois que je vous en parle. Alors que le prochain film de Woody Allen "Minuit à Paris" fera l'ouverture du prochain Festival de Cannes, il serait dommage de manquer de chef d'oeuvre d'orfèvrerie scénaristique. Retrouvez ma critique ci-dessous. Vous pouvez également retrouver mon dossier consacré à Woody Allen, en cliquant ici. A ne pas manquer donc, demain soir, à 20H35, sur France 2.

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    Un film de Woody Allen comme le sont ceux de la plupart des grands cinéastes est habituellement immédiatement reconnaissable, notamment par le ton, un humour noir corrosif, par la façon dont il (se) met en scène, par la musique jazz, par le lieu (en général New York).

    Cette fois il ne s'agit pas d'un Juif New Yorkais en proie à des questions existentielles mais d'un jeune irlandais d'origine modeste, Chris  Wilton   (Jonathan Rhys-Meyer), qui se fait employer comme professeur de tennis dans un club huppé londonien. C'est là qu'il sympathise avec Tom Hewett (Matthew Goode), jeune homme de la haute société britannique avec qui il partage une passion pour l'opéra. Chris fréquente alors régulièrement les Hewett et fait la connaissance de Chloe (Emily Mortimer), la sœur de Tom, qui tombe immédiatement sous son charme. Alors qu'il s'apprête à l'épouser et donc à gravir l'échelle sociale, il rencontre Nola Rice (Scarlett Johansson), la pulpeuse fiancée de Tom venue tenter sa chance comme comédienne en Angleterre et, comme lui, d'origine modeste. Il éprouve pour elle une attirance immédiate, réciproque. Va alors commencer entre eux une relation torride...

     

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    Je mets au défi quiconque n'ayant pas vu le nom du réalisateur au préalable de deviner qu'il s'agit là d'un film de Woody Allen, si ce n'est qu'il y prouve  son génie, dans la mise en scène, le choix et la direction d'acteurs, dans les dialogues et dans le scénario, « Match point » atteignant d'ailleurs pour moi la perfection scénaristique.

     

    Woody Allen réussit ainsi à nous surprendre, en s'affranchissant des quelques « règles » qui le distinguent habituellement : d'abord en ne se mettant pas en scène, ou en ne mettant pas en scène un acteur mimétique de ses tergiversations existentielles, ensuite en quittant New York qu'il a tant sublimée. Cette fois, il a en effet quitté Manhattan pour Londres, Londres d'une luminosité obscure ou d'une obscurité lumineuse, en tout cas ambiguë,  à l'image du personnage principal, indéfinissable.

    Dès la métaphore initiale, Woody Allen nous prévient (en annonçant le thème de la chance) et nous manipule (pour une raison que je vous laisse découvrir), cette métaphore faisant écho à un rebondissement (dans les deux sens du terme) clé du film. Une métaphore sportive qu'il ne cessera ensuite de filer : Chris et Nola Rice se rencontrent ainsi autour d'une table de ping pong et cette dernière qualifie son jeu de « très agressif »...

    « Match point » contrairement à ce que son synopsis pourrait laisser entendre n'est pas une histoire de passion parmi d'autres (passion dont il filme d'ailleurs et néanmoins brillamment l'irrationalité et  la frénésie suffocante que sa caméra épouse) et encore moins une comédie romantique (rien à voir avec « Tout le monde dit I love you » pour lequel Woody Allen avait également quitté les Etats-Unis) ; ainsi dès le début s'immisce une fausse note presque imperceptible, sous la forme d'une récurrente thématique pécuniaire, symbole du mépris insidieux, souvent inconscient, que la situation sociale inférieure du jeune professeur de tennis suscite chez sa nouvelle famille,  du sentiment d'infériorité que cela suscite chez lui mais aussi de sa rageuse ambition que cela accentue ; fausse note qui va aller crescendo jusqu'à la dissonance paroxystique, dénouement empruntant autant à l'opéra qu'à la tragédie grecque. La musique, notamment de Verdi et de Bizet, exacerbe ainsi encore cette beauté lyrique et tragique.

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    C'est aussi le film des choix cornéliens, d'une balle qui hésite entre deux camps : celui de la passion d'un côté, et de l'amour, voire du devoir, de l'autre croit-on d'abord ; celui de la passion amoureuse d'un côté et d'un autre désir, celui  de réussite sociale, de l'autre (Chris dit vouloir  « apporter sa contribution à la société ») réalise-t-on progressivement. C'est aussi donc le match de la raison et de la certitude sociale contre la déraison et l'incertitude amoureuse.

     A travers le regard de l'étranger à ce monde, Woody Allen dresse le portrait acide de la « bonne » société londonienne avec un cynisme chabrolien auquel il emprunte d'ailleurs une certaine noirceur et une critique de la bourgeoisie digne de  La cérémonie que le dénouement rappelle d'ailleurs.

    Le talent du metteur en scène réside également dans l'identification du spectateur au (anti)héros et à son malaise croissant qui trouve finalement la résolution du choix cornélien inéluctable, aussi odieuse soit-elle. En ne le condamnant pas, en mettant la chance de son côté, la balle dans son camp, c'est finalement notre propre aveuglement ou celui d'une société éblouie par l'arrivisme que Woody Allen stigmatise. Parce-que s'il aime (et d'ailleurs surtout désire) la jeune actrice, Chris aime plus encore l'image de lui-même que lui renvoie son épouse : celle de son ascension.

    Il y a aussi du Renoir dans ce Woody Allen là qui y dissèque les règles d'un jeu social, d'un match fatalement cruel ou même du Balzac car rarement le ballet de la comédie humaine aura été aussi bien orchestré.

     Woody Allen signe un film d'une férocité jubilatoire, un film cynique sur l'ironie du destin, l'implication du hasard et  de la chance. Un thème que l'on pouvait notamment trouver dans « La Fille sur le pont » de Patrice Leconte. Le fossé qui sépare le traitement de ce thème dans les deux films est néanmoins immense : le hiatus est ici celui de la morale puisque dans le film de Leconte cette chance était en quelque sorte juste alors qu'elle est ici amorale, voire immorale, ...pour notre plus grand plaisir. C'est donc l'histoire d'un crime sans châtiment dont le héros, sorte de double de Raskolnikov, est d'ailleurs un lecteur assidu de Dostoïevski (mais aussi d'un livre sur Dostoïevski, raison pour laquelle il épatera son futur beau-père sur le sujet), tout comme Woody Allen à en croire une partie la trame du récit qu'il lui « emprunte ».

    Quel soin du détail pour caractériser ses personnages, aussi bien dans la tenue de Nola Rice la première fois que Chris la voit que dans la manière de Chloé de jeter négligemment un disque que Chris vient de lui offrir, sans même le remercier . Les dialogues sont tantôt le reflet du thème récurrent de la chance, tantôt d'une savoureuse noirceur (« Celui qui a dit je préfère la chance au talent avait un regard pénétrant sur la vie », ou citant Sophocle : « n'être jamais venu au monde est peut-être le plus grand bienfait »...). Il y montre aussi on génie de l'ellipse (en quelques détails il nous montre l'évolution de la situation de Chris...).

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    Cette réussite doit aussi beaucoup au choix des interprètes principaux : Jonathan Rhys-Meyer qui interprète  Chris, par la profondeur et la nuance de son jeu, nous donnant l'impression de jouer un rôle différent avec chacun de ses interlocuteurs et d'être constamment en proie à un conflit intérieur ; Scarlett Johansson d'une sensualité à fleur de peau qui laisse affleurer une certaine fragilité (celle d'une actrice en apparence sûre d'elle mais en proie aux doutes quant à son avenir de comédienne)  pour le rôle de Nola Rice qui devait être pourtant initialement dévolu à Kate Winslet ; Emily Mortimer absolument parfaite en jeune fille de la bourgeoisie londonienne, naïve, désinvolte et snob qui prononce avec la plus grande candeur des répliques inconsciemment cruelles(« je veux mes propres enfants » quand Chris lui parle d'adoption ...). Le couple que forment Chris et Nola s'enrichit ainsi de la fougue, du charme électrique, lascif et sensuel de ses deux interprètes principaux.

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    La réalisation de Woody Allen a ici l'élégance perfide de son personnage principal, et la photographie une blancheur glaciale semble le reflet de son permanent conflit intérieur.

     Le film, d'une noirceur, d'un cynisme, d'une amoralité inhabituels chez le cinéaste, s'achève par une balle de match grandiose au dénouement d'un rebondissement magistral qui par tout autre serait apparu téléphoné mais qui, par le talent de Woody Allen et de son scénario ciselé, apparaît comme une issue d'une implacable et sinistre logique  et qui montre avec quelle habileté le cinéaste a manipulé le spectateur (donc à l'image de Chris qui manipule son entourage, dans une sorte de mise en abyme). Un match palpitant, incontournable, inoubliable.  Un film audacieux, sombre et sensuel qui mêle et transcende les genres et ne dévoile réellement son jeu qu'à la dernière minute, après une intensité et un suspense rares allant crescendo. Le témoignage d'un regard désabusé et d'une grande acuité sur les travers et les blessures de notre époque. Un chef d'œuvre à voir et à revoir !

    « Match point » est le premier film de la trilogie londonienne de Woody Allen avant « Scoop » et « Le rêve de Cassandre ».

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