Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Présentation de "La Grande Bellazza" de Paolo Sorrentino (compétition officielle de Cannes 2013) et critique de "This must be the place"

    C’est avec plaisir que je retrouverai le cinéma de Paolo Sorrentino à Cannes après mon coup de coeur pour « This must be the place », il y a deux ans et dont je vous invite à retrouver ma critique un peu plus bas après mes critiques de « Still life » de Jia Zhang Ke, « Two lovers » et « La Nuit nous appartient » de James Gray, ces derniers jours, à l’occasion des sélections de leurs réalisateurs en compétition officielle de ce 66ème Festival de Cannes.

    Paolo Sorrentino se retrouve ainsi pour la 4ème fois en compétition à Cannes après « Les Conséquences de l’amour » en 2004, « L’ami de la famille » en 2006, »Il Divo » en 2008, et « This must be the place » en 2011 qui avait reçu le prix du jury oecuménique. Il fut par ailleurs président du jury Un Certain Regard en 2009.

    Ce film sortira en salles en France, le 22 Mai 2013. Je vous laisse en découvrir le synopsis, prometteur, ci-dessous. Au casting, son acteur détiche : Toni Servillo.

    Synopsis de « La Grande Bellazza » : C’est l’été à Rome et la cité éternelle brille d’une beauté insaisissable et définitive. Jep Gamberdella a soixante-cinq ans, il continue de dégager un charme sur lequel le temps ne semble pas avoir d’emprise. Auteur dans sa jeunesse d’un seul roman, « L’Appareil humain », il n’a plus rien écrit depuis. Il est devenu un très grand journaliste qui fréquente la haute société romaine et les mondanités. Sa vie est une succession de rendez-vous et de fêtes excentriques dont il est le protagoniste. Jep, cynique, désabusé et souffrant, assiste à la crise d’une société qui semble avoir transformé les hommes en monstres. Seul le souvenir de l’amour innocent de sa jeunesse sortira Jep de la résignation qu’il semble avoir choisie comme existence. Peut-être est-il temps pour lui de se remettre à écrire.

    Je vous rappelle enfin que mon site consacré au Festival de Cannes est désormais http://inthemoodforfilmfestivals.com .

    CRITIQUE DE « THIS MUST BE THE PLACE » DE PAOLO SORRENTINO

    this2.jpg

    « This must be the place » de Paolo Sorrentino était reparti bredouille de la compétition du Festival de Cannes 2011, enfin presque puisqu’il avait reçu le prix du jury œcuménique. Avec son premier film en Anglais, le cinéaste italien était ainsi pour la quatrième fois en compétition à Cannes, trois ans après avoir obtenu un prix du jury pour « Il divo ». Avec « Melancholia », « Minuit à Paris » et « The Artist », c’était un de mes coups de cœur de cette édition 2011 qui a souvent fasciné autant qu’il a agacé les festivaliers. Des réactions aussi extrêmes sont souvent signes d’un univers fort, ce que possède incontestablement Paolo Sorrentino.

    Sean Penn y interprète Cheyenne, 50 ans, une ancienne star du rock. Il vit de ses rentes à Dublin où il traine sa mélancolie et son ennui. La mort de son père avec qui il a coupé les ponts depuis des années le décide à partir pour New York. Là, il découvre que son père pourchassait un ancien criminel de guerre nazi, un bourreau d’Auschwitz qui l’avait humilié. Cheyenne va poursuivre la vengeance de son père et, pour l’accomplir, va traverser les Etats-Unis…

    En revoyant « This must be the place », j’ai pensé à l’écriture de Françoise Sagan. A sa fameuse petite musique des mots qui fait que, au-delà de l’histoire qu’elle nous raconte, le caractère jubilatoire de la forme happe notre attention et nous donne envie de dévorer notre lecture. C’est le cas aussi de la mise en scène de Sorrentino qui nous ensorcelle avec sa « petite musique » des images (des mots d’ailleurs aussi avec, en voix off, parfois le texte du père de Cheyenne). La comparaison n’est d’ailleurs pas aussi absurde, Cheyenne aurait ainsi pu dire telle la Cécile de « Bonjour tristesse » : « Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. »

    Cheyenne, c’est donc Sean Penn, allure gothique et dégingandée, dos courbé, démarche lente et irrésolue, voix traînante, visage maquillé à la Robert Smith et rire triste et improbable. Pour entrer dans le film, il faut évidemment adhérer à son personnage d’enfant capricieux sur les épaules duquel semblent peser tous les malheurs du monde (en tout cas ceux de son histoire et de l’Histoire, rien que ça). Contrairement à ce qu’il a déclaré récemment à propos d’un autre film (indice : ce film a obtenu la palme d’or), il semble vraiment savoir ce qu’il est venu faire là. Ses gestes, son regard, son phrasé : tout nous fait oublier l’acteur pour construire ce personnage de grand enfant innocent, malicieux, capricieux, ce chanteur de rock déchu, à la fois pathétique, touchant, ridicule, flamboyant, décalé. Face à lui, Jane (Frances McDormand), sa femme, aussi forte, présente, décidé qu’il est faible, absent, velléitaire. Leur couple est d’ailleurs symbolique de ce film tout en contradictions et judicieux décalages.

    « Paolo réalise des films rapides sur des gens lents et des films drôles sur des gens tristes », a déclaré Sean Penn lors du dernier Festival de Cannes. Sorrentino recourt en effet à la légèreté pour évoquer le poids de l’existence que Cheyenne semble porter, mais aussi le poids de la tragédie. Contradictions encore avec ce père absent et omniprésent. Entre ce personnage enfantin, sa fragilité apparente et sa terrible, et souvent irrésistible, lucidité (Au départ on se dit « Ce sera ça ma vie » puis « C’est ça la vie » déclare-t-il ainsi). Entre la gravité du sujet et la tendresse loufoque pour l’aborder. Entre les grands espaces américains et la mélancolie irlandaise. Entre le visage fardé et ce qu’il dissimule. Entre la mort omniprésente et la vie absente d’un Cheyenne qui s’ennuie. Contradictions entre la fantaisie parfois dérisoire et son objectif qui est tout sauf dérisoire. Entre l’inoffensivité apparente d’un homme et les crimes qu’il a commis.

    Sorrentino semble prendre autant de plaisir à sublimer cette Amérique que Cheyenne traverse qu’à en souligner les ridicules excès, entre les images d’Epinal de l’American dream, les paysages qui ressemblent à des peintures de Hopper avec ses motels, ses stations service, ses vastes étendues d’une beauté vertigineuse et ses excès (ou contradictions à nouveau) qu’il tourne en dérision : d’un armurier à la plus grande pistache du monde, en passant par une bouteille géante qui entrave sa route. Il nous en montre aussi la diversité des visages et des paysages comme un enfant curieux, celui qu’est encore Cheyenne, qui découvre Le Nouveau Monde, un nouveau monde, un enfant qui s’émerveille et croise des personnages (un Indien silencieux, une oie, un bison…) qui semblent tout droit sortie d’un conte. Les moments de fantaisie poétique sont encore sublimés par la musique comme dans cette scène avec cette chanson interprétée par David Byrne, le chanteur des Talking heads qui a composé la musique du film (pas une première puisqu’il a reçu l’Oscar de la meilleure musique pour la BO du Dernier Empereur de Bertolucci).

    « This must be the place », c’est un parcours initiatique: l’histoire d’un masque qui tombe, d’un enfant qui grandit, d’un homme qui se relève. D’un artiste enfantin qui devient un homme et fume sa première cigarette. Un film inclassable qui mélange habilement les genres, un road movie qui déroute et enchante, ou nous glace par sa lucidité. Un film envoûtant grâce à la musique de David Byrne, la virtuosité de la mise en scène de Sorrentino et de l’interprétation de Sean Penn qui nous plongent dans une atmosphère poétique, onirique et fantaisiste qui dissimule un visage grave et lucide. Un bel hommage à « Paris, Texas » de Wim Wenders, et à « Into the wild » de Sean Penn, aussi. Un personnage et un film qui vous restent dans la tête comme une petite musique. Celle des mots de Sagan. Ou une grande. Celle des Talkings Heads. « Il faut choisir, dans l’existence, un moment, un seul, où la peur disparaît » nous dit-on dans le film. Ce périple en fait partie. Un périple réjouissant et bouleversant, grave et léger, mélancolique et enchanteur, fardé et sincère. Qui donne envie de regarder la vérité derrière le masque. Celle de l’abjection (le bourreau nazi) ou de l’humanité (Cheyenne) qui se mettent à nu (au propre comme au figuré ici). Leur rencontre improbable donne ce grand film construit sur de brillants contrastes.

  • Programme de Cannes Classics 2013 - 66ème Festival de Cannes

    parapluies.jpg

    Chaque année, la section Cannes Classics nous réserve de belles (re)découvertes cinématographiques et de grands moments d'émotion. Avec un tel programme que celui de cette édition 2013 de Cannes Classics que je vous invite à découvrir ci-dessous, cette année ne devrait pas déroger à la règle. Que de choix cornéliens encore cette année. Difficile de résister à "Hiroshima mon amour", "Vertigo", "Cléopâtre", "Les parapluies de Cherbourg" et surtout à "Plein soleil" qui est un de mes films préférés. Nombreux seront aussi les prestigieux invités à cette occasion avec notamment Kim Novak pour "Vertigo". En bonus, retrouvez également ma critique de "Plein soleil " en bas de cet article.

    Jean Cocteau, 20th Century Fox, Liz Taylor et Richard Burton, la World Cinema Foundation, une Palme d’Or 1964, Ted Kotcheff et Duddy Kravitz, des anniversaires, des célébrations, Yasujirô Ozu, le retour à Cannes de Lino Brocka et de Sembene Ousmane, les Jeux Olympiques de Munich, Alain Resnais retrouvé, une Grande Bouffe et un peu de Sake seront les ingrédients de Cannes Classics 2013.


    Parce que le rapport du cinéma contemporain à sa propre mémoire était sur le point d’être bouleversé par l’apparition du numérique, parce que le Festival de Cannes doit aussi enchanter le cinéma du passé, le Festival de Cannes a créé en 2004 Cannes Classics, programmation présentant des films anciens et des chefs d’œuvre de l’histoire du cinéma dans des copies restaurées. Devenu partie aussi naturelle qu’essentielle de la Sélection officielle, idée reprise par les festivals internationaux, Cannes Classics est aussi une façon de rendre hommage au travail de fond effectué désormais par les ayant-droits, les cinémathèques, les sociétés de production ou les archives nationales à travers le monde.

    Ainsi, Cannes Classics met le prestige du Festival de Cannes au service du cinéma retrouvé, accompagnant la sortie en salles ou en DVD des grandes œuvres du passé.

    Les films sélectionnés pour cette édition 2013 sont projetés en présence de ceux qui ont restauré ces films et, lorsqu’ils sont encore parmi nous, de ceux qui les ont réalisés.

    Le programme de l’édition 2013 de Cannes Classics se compose de 20 longs métrages, et de 3 documentaires. Les films sont projetés comme voulus par les ayant-droits, en 35mm, DCP 2K ou DCP 4K.


    Comme déjà annoncé, Kim Novak viendra présenter la copie restaurée de VERTIGO d’Alfred Hitchcock. De plus, le programme Cannes Classics 2013 sera placé sous le signe d’un film ayant marqué l’histoire du Festival de Cannes : LA GRANDE BOUFFE de Marco Ferreri, qui suscita lors de sa présentation en 1973 l’un des plus gros scandales de la Croisette.


    Les films sont projetés comme voulus par les ayant-droits, en 35mm, DCP 2K ou DCP 4K.


    • Pour commémorer le 50e anniversaire d’un des péplums les plus célèbres et les plus polémiques de l’histoire du cinéma, la 20th Century Fox, en partenariat avec Bulgari, présente une copie restaurée de CLEOPATRA (CLEOPATRE) de Joseph L. Mankiewicz (1963, 4h03).
    La restauration numérique a été réalisée en 4K par la 20th Century Fox. La projection aura lieu en présence de Kate Burton, fille de Richard Burton et de Chris Wilding, fils d’Elizabeth Taylor.

    • Le film des Jeux Olympiques de Munich 1972 : VISIONS OF EIGHT (1973, 1h49) de Youri Ozerov, Milos Forman, Mai Zetterling, Claude Lelouch, Arhur Penn, Michael Pfleghar, John Schlesinger, Kon Ichikawa. Présenté par le Comité International Olympique.
    Restauration numérique 4K à partir du négatif original par Warner Bros. Motion Picture Imaging, Burbank. Restauration sonore à partir des pistes magnétiques originales par Audio Mechanics, Burbank.

    • LA REINE MARGOT de Patrice Chéreau (1994, 2h39) présentée par Pathé.
    Il y a vingt ans déjà que Patrice Chéreau, produit par Claude Berri, tournait sa Reine Margot, qu’il présenta à Cannes l’année suivante. Vingt ans après, dix ans après avoir été Président du Jury, Patrice Chéreau, revient sur la Croisette, entouré de quelques comédiens du film, dont Daniel Auteuil, membre du Jury de Cannes 2013.
    En prévision du 20e anniversaire de la sortie du film, Pathé a restauré le film en 4K en 2013 et a confié les travaux, sous la direction de Patrice Chéreau, à Eclair Group pour l’image et L.E Diapason pour le son.

    • Dans le cadre de la célébration par Cannes 2013 du centenaire de la naissance du cinéma Indien, RDB Entertainments présente CHARULATA (1964, 1h57), l’un des chefs d’œuvres de Satyajit Ray (1921-1992), cinéaste qui a figuré dès ses premiers au panthéon mondial et dont l’œuvre est peu à peu restaurée dans son pays d’origine.
    Le film est présenté en copie restaurée depuis le négatif, restauration supervisée par RDB Entertainments et réalisée dans les Studios Pixion à Bombay, en Inde.

    • Autre célébration, celle du 110e anniversaire de la naissance du cinéaste japonais Yasujirô Ozu : les studios Schochiku poursuivent la restauration de son œuvre immense en présentant SANMA NO AJI (LE GOUT DU SAKE, AN AUTUMN AFTERNOON) (1962, couleur, 2h13), l’ultime film du cinéaste.
    Restauration numérique par Shochiku Co., Ltd., le National Film Center et le National Museum of Modern Art, à Tokyo. Le film sera distribué en France par Carlotta Films.

    • LE JOLI MAI de Chris Marker et Pierre Lhomme (1963, nouvelle durée 2013 : 2h25) distribué par La Sofra et Potemkine Films.
    Lorsque le projet de restaurer Le Joli Mai a été lancé, Chris Marker était là. Disparu le 29 juillet 2012, la projection à Cannes de ce film devenu très rare sera l’hommage au cinéaste par le Festival de Cannes et par ses amis, dont Pierre Lhomme, co-réalisateur du film et qui en a supervisé la restauration.
    La restauration photochimique puis la numérisation et restauration du film original dans sa version intégrale ont été réalisées, avec le soutien du CNC/Archives Françaises du Film, par Mikros Images. Selon les souhaits de Chris Marker, Pierre Lhomme, co-réalisateur du film, a ensuite effectué des coupes d’une vingtaine de minutes pour la version restaurée.
    Les scans 2K, les restaurations de l’image et du son ont été réalisées par le laboratoire Mikros Images.


    • GOHA de Jacques Baratier (1957, 1h18)
    Comme chaque année, les Archives françaises du film du CNC présentent l’un de leurs travaux de restauration du patrimoine français. C’est un cinéaste rare, Jacques Baratier, réalisateur en 1967 du Désordre à vingt ans, qui est à l’honneur cette année, grâce au soutien de sa fille Diane. A noter que Goha, film présenté à Cannes en 1957 sous pavillon marocain, est le premier film de Claudia Cardinale et qu’Omar Sharif, qui vint à Cannes pour la première fois avec Youssef Chahine, y apparaît sous le nom d’Omar Cherif.
    Restauration à partir du négatif par les Archives françaises du film du CNC en collaboration avec Diane Baratier. Restauration numérique du son (mono d’origine).

    • L’infatigable Martin Scorsese poursuit, depuis New York et grâce à la Film Foundation, la restauration des chefs d’œuvres de l’histoire du cinéma contemporain. En attendant de voir la suite de son Voyage dans le cinéma italien, le voilà qui a trouvé les moyens financiers de présenter une copie 4K restaurée de LUCKY LUCIANO (1973, 1h55) de Francesco Rosi.
    Restauration financée par la Film Foundation et la Hollywood Foreign Press Association et réalisée par la cinémathèque de Bologne au laboratoire L’immagine Ritrovata. En collaboration avec Cristaldi Film et Paramount Pictures.

    • IL DESERTO DEI TARTARI (LE DESERT DES TARTARES) de Valerio Zurlini (1976, 2h20).
    Inspiré du roman de Dino Buzzati, Le Désert des tartares réunit, outre Jacques Perrin qui a produit le film, Vittorio Gassman, Philippe Noiret, Max von Sydow, Jean-Louis Trintignant, Francisco Rabal, Fernando Rey. Devenu impossible à voir sur grand écran, il était temps de le restaurer.
    Travaux numériques effectués par Digimage Classics. Restauration image 4K à partir du négatif original avec l'accord de Cinecitta et sous le contrôle de Luciano Tovoli, directeur de la photographie du film. Restauration son par Gérard Lamps. Produit par Galatée Films et distribué en France à partir du 12 juin par Les Acacias. Ventes Monde : Pathé International.

    • THE APPRENTICESHIP OF DUDDY KRAVITZ (L’APPRENTISSAGE DE DUDDY KRAVITZ) de Ted Kotcheff (1974, 2h)
    Connu dans le monde entier comme le réalisateur du premier Rambo, Ted Kotcheff (né en 1931 à Toronto) est aussi le metteur en scène du grand classique australien Wake in fright (1971), de Who is Killing the Great Chefs of Europe (La grande Cuisine, 1978) et de The Apprenticeship of Duddy Kravitz, avec Richard Dreyfuss, qui eut une grande carrière internationale. Le film sera projeté en présence de Ted Kotcheff, des équipes de restauration et de production, ainsi que des équipes du festival international de Toronto.
    Restauration numérique en 2K par les équipes de Technicolor Creative Services Toronto. Le film a été nettoyé image par image. La correction de couleur et de son a été supervisée par Ted Kotcheff. Le projet a été financé par The Academy of Canadian Cinema and Television, Astral, Technicolor Creative Services Canada, Telefilm Canada, The National Film Board of Canada et la Cinémathèque Québécoise.

    • LES PARAPLUIES DE CHERBOURG de Jacques Demy (1964, 1h31)
    Après La Bataille du rail de René Clément et Le Guépard de Luchino Visconti, voici une autre Palme d’or désormais réservée et visible en numérique. Dans le cadre de l’exposition accueillie par la Cinémathèque française (jusqu’au 4 août 2013), restauration de l’intégralité de la filmographie de Jacques Demy.
    Une restauration numérique 2K d’après le scan 2K de la sélection trichrome, faite par Ciné Tamaris au laboratoire Digimage, avec le soutien du Festival de Cannes, LVMH, la ville de Cherbourg, la région Basse-Normandie et la campagne de crowdfunding sur kisskissbankbank. L’ensemble des travaux de restauration ont été suivis par Agnès Varda, Rosalie Varda-Demy. Mathieu Demy a supervisé l’étalonnage.

    • HIROSHIMA MON AMOUR d’Alain Resnais (1959, 1h32)
    L’an dernier, Alain Resnais présentait Vous n’avez encore rien vu en compétition, et en ce printemps 2013, il tourne son nouveau film, Aimer boire et chanter. Hiroshima mon amour fut son premier film de fiction, produit par Anatole Dauman, dont la fille Florence veille sur le patrimoine, et présenté à Cannes 1959. Le voici, présenté dans les conditions étincelantes d’une nouvelle vie numérique.
    La restauration 4K a été effectuée à partir du négatif original par Argos Films, la Fondation Technicolor, la Fondation Groupama Gan et la Cineteca di Bologna, avec le soutien du CNC. Elle a été supervisée par le directeur de la photographie Renato Berta. Travaux faits par le laboratoire L’Immagine Ritrovata avec fabrication d’éléments de préservation ainsi que d’éléments numériques et 35 mm pour sa diffusion. Ressortie en salles françaises le 17 juillet 2013.

    • BOROM SARRET de Ousmane Sembene (1963, 20’) et MANILA IN THE CLAWS OF LIGHT (MANILLE) de Lino Brocka (1975, 2h04) sont présentés par la World Cinema Foundation, association lancée à Cannes en 2007 par Martin Scorsese et de nombreux cinéastes, afin de restaurer les trésors du monde entier, venus en particulier de pays n’ayant pas de tradition de préservation du patrimoine.
    Le court métrage de Sembene Ousmane a été restauré par le laboratoire L’Immagine Ritrovata et le laboratoire Eclair, en collaboration avec l’Institut National de l’Audiovisuel. Le film de Lino Brocka a été l’objet d’une restauration numérique 4K effectuée également par L’Immagine Ritrovata. soutenue par le Conseil National des Philippines.


    • THE LAST DETAIL (LA DERNIERE CORVEE) de Hal Ashby (1973, 1h44)
    A l’occasion du 40ème anniversaire de sa sortie en salles, Sony Pictures redonne vie à l’un des grands films des années soixante-dix américaines : The Last Detail de Hal Ashby, devenu impossible à voir dans de bonnes conditions sur grand écran. Rappelons que Jack Nicholson remporta le Prix d'interprétation masculine lors de la présentation du film à Cannes en 1973.
    Restauration numérique en 4K par Sony Pictures effectuée par Grover Crisp à Sony Pictures Entertainment – Sony Pictures Colorworks. Sortie en salle prévue pour novembre 2013 par Park Circus Films.


    • THE LAST EMPEROR 3D (LE DERNIER EMPEREUR) (1987, 2h43) de Bernardo Bertolucci
    Restauration en 4k par Recorded Picture Company et Repremiere Group dans les laboratoiress de Technicolor Rome. Une restauration supervisée par Bernardo Bertolucci, par le producteur Jeremy Thomas et le cinématographe Vittorio Storaro. La reconversion en 3D a été réalisée par Prime Focus.

    • FEDORA REMASTERED de Billy Wilder (1978, 1h50)
    Restauration de Bavaria Media en coopération avec CinePostproduction, Allemagne.


    • PLEIN SOLEIL de René Clément (1960, 1h55)
    Le film a été restauré en 4K par Studio Canal et La Cinémathèque francaise avec le soutien du Fonds Culturel Franco-Américain (DGA, MPAA, SACEM, WGAW). Les travaux ont été réalisés par L’Immagine Ritrovata à Bologne.



    A l’occasion des cinquante ans de la mort de Cocteau

    Jean Cocteau fut Président du Jury du Festival de Cannes et dans les années cinquante a grandement contribué par sa fidélité et ses contributions à en faire ce qu’il est rapidement devenu. Mort en 1963, Cocteau sera célébré en 2013 : l’écrivain, le poète, le peintre, le diariste. C’est l’homme et le cinéaste que Cannes va consacrer en projetant dans une soirée spéciale La Belle et la Bête, sélectionné à Cannes en 1946 qui sera suivi de Opium, une comédie musicale réalisée dans le cadre de l’année Cocteau par Arielle Dombasle et qui raconte les amours de Raymond Radiguet et de Jean Cocteau, au début des années 20.

    LA BELLE ET LA BETE de Jean Cocteau (1946, 1h34)
    Restauration numérique effectuée par le SNC / Groupe M6 et La Cinémathèque française, avec le soutien du Fonds Culturel Franco-Américain.

    OPIUM (2013, 1h15) comédie musicale réalisée par Arielle Dombasle et produite par MARGO cinéma, avec le soutien de Pierre Bergé et de Canal Plus. Avec Grégoire Colin, Samuel Mercer, Julie Depardieu, Hélène Fillières, Niels Schneider, Philippe Katrine et Anna Sigalevitch. Sortie française octobre 2013 (Ad Vitam).



    DEUX DOCUMENTAIRES PROJETES SALLE BUNUEL

    • CON LA PATA QUEBRADA (2013, 1h23), un documentaire de Diego Galán produit par Enrique Cerezo P.C et El Deseo. Des années 30 à nos jours, une chronique sur la représentation de la femme dans le cinéma espagnol, qui est aussi un retour sur l’histoire du pays.

    • A STORY OF CHILDREN & FILM (2013, 1h40) de Mark Cousins, est le premier portrait global des enfants dans le cinéma. A partir d’extraits tirés de 53 films de 25 pays différents, ce documentaire est une suite « enfantine » de THE STORY OF FILM : AN ODYSSEY du même réalisateur. Un documentaire produit par Mary Bell et Adam Dawtrey de BofA Productions.

    Enfin, pour saluer Joanne Woodward (dont présence reste à confirmer), qu’on aperçoit avec son mari Paul Newman sur l’affiche de sa 66e édition, le Festival projettera un film qu’elle a produit et qu’elle a souhaité montrer : SHEPARD & DARK de Treva Wurmfeld (2013, 1h29).


    Par ailleurs, Cannes Classics s’étend également au cinéma de la plage où seront présentées les copies restaurées des films suivants :


    CINEMA DE LA PLAGE


    JOUR DE FETE de Jacques Tati (France, 1949, 1h27)
    Restauration numérique en 2K par les Films de mon Oncle


    THE GENERAL de Buster Keaton (1926, 1h18)
    Restauration numérique en 4K réalisée par la Modern Videofilm sous la supervision de Cohen Film Collection.


    THE BIRDS (LES OISEAUX) d’Alfred Hitchcock (1963, 2h09)
    Restauration en 4K réalisée par Universal Studios Digital Services à l’occasion de leur Centenaire. (2012)


    SIMEON (1992, 1h55) d’Euzhan Palcy
    Le film d’Euzhan Palcy sera projeté pour saluer le poète Aimé Césaire qui 2013 célèbre le centenaire.


    LE GRAND BLEU (1988, 2h16) de Luc Besson
    Restauration numérique en SCOPE réalisée par Gaumont en partenariat avec le laboratoire Eclair Groupe.


    THE LADIES’ MAN (LE TOMBEUR DE CES DAMES) de Jerry Lewis (1961, 1h35)
    Copie numérique issue de la restauration du négatif réalisé par Technicolor pour Paramount et Swashbuckler Films.


    L’HOMME DE RIO de Philippe de Broca (France, 1964, 1h52)
    Restauration 2K supervisée par TF1 Droits Audiovisuels avec le soutien du CNC. Ressortie en salle le 29 mai et en DVD, Blu Ray et VOD le 15 mai.


    SAFETY LAST (MONTE LA-DESSUS) (USA, 1923, 1h13) de Fred C.Newmeyer et Sam Taylor
    Restauration par Janus Films, Criterion et Harold Loyd Entertainment.

    CRITIQUE DE « PLEIN SOLEIL » DE RENE CLEMENT

    pleinsoleil.jpg

    Après les critiques de « La Piscine », « Borsalino », « Le Guépard », « Monsieur Klein », « Le Cercle rouge », « Le Professeur« , je poursuis donc aujourd’hui le cycle consacré à Alain Delon sur inthemoodforcinema.com avec « Plein soleil » de René Clément, l’un des films que j’ai choisis dans le cadre de la programmation du ciné club du restaurant Les Cinoches.

    Dans ce film de 1960, Alain Delon est Tom Ripley, qui, moyennant 5000 dollars, dit être chargé par un milliardaire américain, M.Greenleaf, de ramener son fils Philippe (Maurice Ronet) à San Francisco, trouvant que ce dernier passe de trop longues vacances en Italie auprès de sa maîtresse Marge (Marie Laforêt). Tom est constamment avec eux, Philippe le traite comme son homme à tout faire, tout en le faisant participer à toutes ses aventures sans cesser de le mépriser. Mais Tom n’est pas vraiment l’ami d’enfance de Philippe qu’il dit être et surtout il met au point un plan aussi malin que machiavélique pour usurper l’identité de Philippe.

    pleinsoleil4.jpg

    « Plein soleil » est une adaptation d’un roman de Patricia Highsmith (écrite par Paul Gégauff et René Clément) et si cette dernière a été très souvent adaptée (et notamment le roman le « Talentueux Monsieur Ripley » titre originel du roman de Patricia Highsmith qui a fait l’objet de très nombreuses adaptations et ainsi en 1999 par Anthony Minghella avec Matt Damon dans le rôle de Tom Ripley), le film de René Clément était selon elle le meilleur film tiré d’un de ses livres.

    Il faut dire que le film de René Clément, remarquable à bien des égards, est bien plus qu’un thriller. Par l’évocation de la jeunesse désinvolte, oisive, désœuvrée, égoïste, en Italie, il fait même penser à la « Dolce vita » de Fellini.

    Cette réussite doit beaucoup à la complexité du personnage de Tom Ripley et à celui qui l’incarne. Sa beauté ravageuse, son identité trouble et troublante, son jeu polysémique en font un être insondable et fascinant dont les actes et les intentions peuvent prêter à plusieurs interprétations. Alain Delon excelle dans ce rôle ambigu, narcissique, où un tic nerveux, un regard soudain moins assuré révèlent l’état d’esprit changeant du personnage. Un jeu double, dual comme l’est Tom Ripley et quand il imite Philippe (Ronet) face au miroir avec une ressemblance à s’y méprendre, embrassant son propre reflet, la scène est d’une ambivalente beauté.

    Si « Plein soleil » est le cinquième film d’Alain Delon, c’est aussi son premier grand rôle suite auquel Visconti le choisit pour « Rocco et ses frères ». Sa carrière aurait-elle était la même s’il avait joué le rôle de Greenleaf qui lui avait été initialement dévolu et s’il n’avait insisté pour interpréter celui de Tom Ripley ? En tout cas, avec « Plein soleil » un mythe était né et Delon, depuis, considère toujours Clément comme son « maître absolu ». Ils se retrouveront d’ailleurs peu après pour les tournages de « Quelle joie de vivre » (1960), « Les Félins » (1964) et enfin « Paris brûle-t-il ? » en 1966.

    Face à lui, Ronet est cynique et futile à souhait. Le rapport entre les deux personnages incarnés par Delon et Ronet est d’ailleurs similaire à celui qu’ils auront dans « La Piscine » de Jacques Deray, 9 ans plus tard, le mépris de l’un conduisant pareillement au meurtre de l’autre. Entre les deux, Marge se laisse éblouir par l’un puis par l’autre, victime de ce jeu dangereux mais si savoureux pour le spectateur qui ne peut s’empêcher de prendre fait et cause pour l’immoral Tom Ripley.

    pleinsoleil2.jpg

    L’écriture et la réalisation de Clément procurent un caractère intemporel à ce film de 1960 qui apparaît alors presque moins daté et plus actuel que celui de Minghella qui date pourtant de 1999 sans compter la modernité du jeu des trois acteurs principaux qui contribue également à ce sentiment de contemporanéité. « Plein soleil » c’est aussi « la confrontation entre l’éternité et l’éphémère, la beauté éternelle et la mortalité »*, la futilité pour feindre d’oublier la finitude de l’existence et la fugacité de cette existence. Les couleurs vives avec lesquelles sont filmés les extérieurs renforcent cette impression de paradoxe, les éléments étant d’une beauté criminelle et trompeuse à l’image de Tom Ripley. La lumière du soleil, de ce plein soleil, est à la fois élément de désir, de convoitise et le reflet de ce trouble et de ce mystère. Une lumière si bien mise en valeur par le célèbre chef opérateur Henri Decaë. L’éblouissement est celui exercé par le personnage de Tom Ripley qui est lui-même fasciné par celui dont il usurpe l’identité et endosse la personnalité. Comme le soleil qui à la fois éblouit et brûle, ils sont l’un et l’autre aussi fascinants que dangereux.

    Acte de naissance d’un mythe, thriller palpitant, personnage délicieusement ambigu, lumière d’été trompeusement belle aux faux accents d’éternité, « Plein soleil » est un chef d’œuvre du genre dans lequel la forme coïncide comme rarement avec le fond, les éléments étant la métaphore parfaite du personnage principal. « Plein soleil », un film trompeusement radieux par lequel je vous conseille vivement de vous laisser éblouir !

    *Phrase extraite de l’ouvrage de de D. Bantcheva, René Clément, de même que les citations d’Alain Delon extraites de l’interview publiée dans le livre en question.

    Enfin, j’en profite pour vous rappeler que, si vous aimez les festivals de cinéma, la semaine prochaine sortira mon roman « Les Orgueilleux » qui se déroule entièrement dans le cadre d’un festival de cinéma. Pour en savoir plus dès à présent, suivez sa page Facebook, ici : http://facebook.com/LesOrgueilleux .

  • Complément de sélection du 66ème Festival de Cannes

    Vous aviez pu lire, ici, il y a 10 jours mon compte-rendu de la conférence de presse de sélection du Festival de Cannes 2013. Comme chaque année, quelques jours plus tard ont été dévoilés le jury puis un complément de sélection que je vous invite à découvrir ci-dessous avec, notamment, le film de Claude Lanzmann, ce qui n’est pas vraiment une surprise, celui-ci ayant évoqué sa fort probable présence à Cannes lors du dernier Salon de Livre dont je vous avais parlé sur http://inthemoodlemag.com .

    COMPÉTITION

    ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim JARMUSCH
    HORS COMPETITION

    LE DERNIER DES INJUSTES de Claude LANZMANN
    UN CERTAIN REGARD

    MY SWEET PEPPERLAND de Hiner SALEEM
    TORE TANZT de Katrin GEBBE 1er Film
    WAKOLDA de Lucia PUENZO

    La sélection Cannes Classics 2013 sera annoncée lundi 29 avril.

  • Critique de "Still life" de Jia Zhang Ke et présentation de "A Touch of Sin" (sélection officielle - Cannes 2013)

    stilllife1.jpg

    Comme chaque année, chaque jour, ici, vous pourrez retrouver la critique d’un ou plusieurs films d’un cinéaste en sélection officielle de ce Festival de Cannes 2013. Ce sera aussi pour moi l’occasion de vous dire à nouveau quelques mots sur les films sélectionnés. Après les critiques, ici, de « Two lovers » et « La nuit nous appartient » de James Gray, à l’occasion de sa sélection en compétition officielle pour « The Immigrant », je vous propose aujourd’hui la critique de « Still life » de Jia Zhangke sélectionné en compétition officielle pour » A Touch of Sin ».

    Jia Zhangke est déjà venu à Cannes, la première fois, en 2002 pour « Plaisirs inconnus », avant d’être président du jury de la Cinéfondation en 2007, puis à nouveau compétition en 2008 pour « 24 City » et en 2010 avec « I Wish, I Knew » à Un Certain Regard.

    Concernant « A Touch of Sin », nous savons pour le moment uniquement qu’il s’agit d’ »un film en quatre histoires au coeur de la Chine d’aujourd’hui, des nouvelles métropoles aux zones plus rurales du pays. » et que Wu Jiang fera partie du casting.

    Si j’ai choisi de vous parler de « Still life » c’est que ce film m’avait forte impression (cf ma critique ci-dessous) mais aussi parce qu’il est lié à un souvenir particulier pour moi puisque après avoir remporté un concours de critiques de films suivi d’un entretien j’avais été chroniqueuse d’un jour sur l’émission « Le Cercle », justement pour présenter une séquence de ce film puis pour en débattre.

    Je vous rappelle enfin que, cette année, c'est sur mon nouveau site http://inthemoodforfilmfestivals.com que vous pourrez me suivre en direct de Cannes.

    CRITIQUE : STILL LIFE de Jia Zhang Ke ou à la recherche du temps perdu…

    Dès l’admirable plan séquence du début, ensorcelés et emportés déjà par une mélodieuse complainte, nous sommes immergés dans le cadre paradoxal du barrage des 3 Gorges situé dans une région montagneuse du cœur de la Chine : cadre fascinant et apocalyptique, sublime et chaotique. En 1996, les autorités chinoises ont en effet entrepris la construction du plus grand barrage hydroélectrique du monde. De nombreux villages ont été sacrifiés pour rendre possible ce projet.

    Là, dans la ville de Fengjie nous suivons le nonchalant, morne et taciturne San Ming courbé par le poids du passé et des années, parti à la recherche du temps perdu. Il voyage en effet à bord du ferry The World (du nom du précèdent film du réalisateur, référence loin d’être anodine, témoignage d’une filiation évidente entre les deux films) pour retrouver son ex-femme et sa fille qu’il n’a pas vues depuis 16 ans.

    Pendant ce temps, Shen Hong, dans la même ville cherche son mari qu’elle n’a pas vu depuis deux ans. Leurs déambulations mélancoliques se succèdent puis alternent et se croisent le temps d’un plan dans un univers tantôt désespérant tantôt d’une beauté indicible mis en valeur par des panoramiques étourdissants.

    Tandis que les ouvriers oeuvrent à la déconstruction, de part et d’autre de la rivière, ces deux personnages essaient de reconstruire leur passé, d’accomplir leur quête identitaire au milieu des déplacements de population et des destructions de villages. Engloutis comme le passé de ses habitants.

    Ce film présenté en dernière minute dans la catégorie film surprise de la 63ème Mostra de Venise a obtenu le lion d’or et a ainsi succédé à Brokeback Mountain.

    The World était le premier film du réalisateur à être autorisé par le gouvernement chinois. Jusqu’ici ils étaient diffusés illégalement sur le territoire, dans des cafés ou des universités. Dans The World Jia Zhang Ke traitait déjà du spectacle triomphant de la mondialisation et de l’urbanisation accélérée que subit la Chine.

    A l’étranger, ses films étaient même présentés dans des festivals comme Cannes en 2002 avec Plaisirs inconnus. Son parcours témoigne avant tout de son indépendance et de sa liberté artistique.

    Ancien élève de l’école des Beaux-Arts de sa province, il étudie le cinéma à l’Académie du film de Pékin, avant de fonder sa structure de production le Youth Experimental Film Group. Son œuvre entend révéler la réalité de la Chine contemporaine.

    En 2006, Jia Zhang-Ke réalise Dong, un documentaire autour de la construction du barrage des Trois Gorges à travers les peintures de son ami, le peintre Liu Xiaodong, présenté dans la section Horizons lors de la 63e Mostra de Venise.

    Entre brumes et pluies, d’emblée, le décor nous ensorcelle et nous envoûte. Qu’il présente la nature, morte ou resplendissante, ou la destruction Jia Zhang Ke met en scène des plans d’une beauté sidérante. Le décor est dévasté comme ceux qui l’habitent. La lenteur et la langueur reflètent la nostalgie des personnages et le temps d’une caresse de ventilateur, la grâce surgit de la torpeur dans cet univers âpre.

    Jia Zhang Ke se fait peintre des corps, en réalisant une véritable esthétisation de ceux-ci mais aussi de la réalité et, si son tableau est apocalyptique, il n’en est pas moins envoûtant. Le film est d’ailleurs inspiré de peintures, celles du peintre Liu Xiaodong qui a peint le barrage des 3 Gorges à plusieurs reprises dont Jia Zhang Ke avoue s’être inspiré.

    Ces personnages sont « encore en vie » malgré la dureté de leurs existences et le poids des années, du silence, des non dits. C’est un cinéma à l’image de la vie, l’ennui est entrecoupé d’instants de beauté fulgurante et fugace.

    Still life, malgré son aspect et son inspiration documentaires n’en est pas moins un film éminemment cinématographique : par l’importance accordée au hors champ (comme ces marins qui mangent leur bol de nouilles tandis que San Ming leur parle, hors champ), par des plans séquences langoureux et impressionnants, et puis par des références cinématographiques notamment au néoréalisme et à Rossellini et Rome, ville ouverte ou à John Woo avec cet enfant qui imite Chow Yun Fat ou encore celui qui regarde le Syndicat du crime de John Woo.

    C’est un film polysémique qui, comme dans The World, nous parle des rapports entre tradition et modernité comme avec cet enfant qui chante des musiques sentimentales surannées ou ces portables qui jouent des musiques sentimentales ou ces comédiens en costumes traditionnelles qui s’amusent avec leurs portables.

    Jia Zhang Ke ausculte subtilement les contradictions de son pays en pleine mutation. Le barrage des 3 Gorges, c’est la Chine en concentré, la Chine d’hier avec ces immeubles que l’on détruit, la Chine intemporelle avec ses décors majestueux, pluvieux et embrumés et la Chine de demain. La Chine écartelée entre son passé et son présent comme le sont les deux personnages principaux dans leur errance. Les ruines qui contrastent avec le barrage scintillant allumé par les promoteurs comme un gadget symbolisent cette Chine clinquante, en voie de libéralisme à défaut d’être réellement sur la voie de la liberté.

    Jia Zhang Ke a ainsi voulu signer une œuvre ouvertement politique avec « le sentiment d’exil permanent des ouvriers, tous plus ou moins au chômage, tous plus ou moins sans domicile fixe », « les ouvriers détruisent ce qu’ils ont peut-être eux-mêmes construits ».

    Un plan nous montre une collection d’horloges et de montres. Comme le cinéma. Dans une sorte de mise en abyme, il immortalise doublement le temps qui passe. C’est donc aussi un film sur le temps. Celui de la Chine d’hier et d’aujourd’hui. Celui de ces deux ou seize années écoulées. Ce n’est pas pour rien que Jia Zhang Ke a étudié les Beaux-Arts et la peinture classique. Il dit lui-même avoir choisi le cinéma « parce qu’il permet de saisir et de montrer le temps qui passe ». C’est l’idée bouddhiste qui « si le destin est écrit, le chemin importe d’autant plus ».

    Comme dans J’attends quelqu’un dont je vous parlais il y a quelques jours , ici aussi on prend le temps (ce n’est d’ailleurs pas leur seul point commun comme évoqué plus haut). De s’ennuyer. Un ennui nécessaire et salutaire. Pour se dire qu’on est « encore en vie » ou pour déceler la beauté derrière et malgré la destruction car Still life (=Encore en vie ) est un film de contrastes et paradoxes judicieux : à l’image de son titre, il sont encore en vie malgré les années, malgré la destruction, malgré tout. Prendre le temps de voir aussi : l’histoire devant l’Histoire et l’Histoire derrière l’Histoire, les plans de Jia Zhang Ke mettant souvent l’intime au premier plan et le gigantisme (des constructions ou déconstructions) au second plan.

    C’est aussi un hommage à la culture chinoise du double, des opposés yin et yang, entre féminin et masculin, intérieur et extérieur, construction-destruction et nature, formes sombres et claires, le tout séparé par la rivière, frontière emblématique de ce film intelligemment dichotomique.

    C’est un film en équilibre et équilibré à l’image de son magnifique plan final du funambule suspendu entre deux immeubles. Parce que, ce qu’il faut souligner c’est que ce film plaira forcément à ceux qui ont aimé « The World » mais qu’il pourra aussi plaire à ceux qui ne l’ont pas aimé, notamment par son aspect surréaliste, ses plans imaginaires qui instillent de la légèreté et un décalage salutaire comme ce plan de l’immeuble qui s’écroule ou ces plans poétiques de ces couples qui dansent sur une passerelle aérienne contrebalançant la dureté des paroles échangées ou la douleur du silence, l’impossibilité de trouver les mots.

    Enfin il faut souligner la non performance et le talent éclatant de ses acteurs principaux Han Sanming et Zhao Thao qui ont d’ailleurs joué dans presque tous les films de Jia Zhang Ke. C’est en effet leur quatrième collaboration commune.

    Je vous invite donc à partir dans cette errance poétique à la recherche du temps perdu au rythme d’une complainte nostalgique et mélancolique…

  • THE IMMIGRANT de James Gray (compétition officielle - Festival de Cannes 2013) - Critiques de "Two lovers" et "La nuit nous appartient"

    Pour mon plus grand plaisir, James Gray sera à nouveau en compétition cette année à Cannes avec, « The immigrant » (auparavant intitulé « Lowlife »), un film dans lequel jouent notamment Marion Cotillard, Joaquin Phoenix et Jeremy Renner. Il sortira en France en novembre 2013. Ce sera ainsi son 4ème film projeté dans le cadre de la compétition après « The Yards » (en 2000), « La nuit nous appartient » (en 2007) et, enfin, « Two lovers » en 2008. Il fut également membre du jury des longs-métrages en 2009.

    Synopsis: 1920, Ewa Cybulski et sa sœur Magda quittent leur Pologne natale pour la terre promise, New York. Arrivées à Ellis Island, Magda est atteinte de tuberculose et est placée en quarantaine. Ewa, seule et désemparée, tombe dans les filets de Bruno, un souteneur sans scrupules et avide de réussite. Pour sauver sa sœur, elle est prête à tous les sacrifices et se livre, la mort dans l’âme, à la prostitution. L’arrivée d’Orlando, illusionniste et cousin de Bruno, lui redonne confiance, mais la jalousie de Bruno va les précipiter dans la folie meurtrière.

    1920, Ewa Cybulski et sa sœur Magda quittent leur Pologne natale pour la terre promise, New York. Arrivées à Ellis Island, Magda est atteinte de tuberculose et est placée en quarantaine. Ewa, seule et désemparée, tombe dans les filets de Bruno, un souteneur sans scrupules et avide de réussite. Pour sauver sa sœur, elle est prête à tous les sacrifices et se livre, la mort dans l’âme, à la prostitution. L’arrivée d’Orlando, illusionniste et cousin de Bruno, lui redonne confiance, mais la jalousie de Bruno va les précipiter dans la folie meurtrière.

    En attendant de découvrir ce film à Cannes et de vous en livrer ma critique, ici, je vous propose, ci-dessous, mes critiques de « La Nuit nous appartient » et « Two lovers ».

    CRITIQUE – LA NUIT NOUS APPARTIENT de James Gray

    8abd9ac9b0acebe5a36c3e94d34f50d4.jpg

    La nuit nous appartient. Voilà un titre très à-propos pour un film projeté en compétition officielle au dernier Festival de Cannes. Cannes : là où les nuits semblent ne jamais vouloir finir, là où les nuits sont aussi belles et plus tonitruantes que les jours et là où les nuits s’égarent, délicieusement ou douloureusement, dans une profusion de bruits assourdissants, de lumières éblouissantes, de rumeurs incessantes. Parmi ces rumeurs certaines devaient bien concerner ce film de James Gray et lui attribuer virtuellement plusieurs récompenses qu’il aurait amplement méritées (scénario, interprétation, mise en scène…) au même titre que « My blueberry nights », mon grand favori, ou plutôt un autre de mes grands favoris du festival, l’un et l’autre sont pourtant repartis sans obtenir la moindre récompense…

    Ce titre poétique (« We own the night » en vo, ça sonne encore mieux en Anglais non ?) a pourtant une source plus prosaïque qu’il ne le laisserait entendre puisque c’est la devise de l’unité criminelle de la police de New York chargée des crimes sur la voie publique. Ce n’est pas un hasard puisque, dans ce troisième film de James Gray ( « The Yards » son précèdent film avait déjà été projeté en compétition au Festival de Cannes 2000) qui se déroule à New York, à la fin des années 80, la police en est un personnage à part entière. C’est le lien qui désunit puis réunit trois membres d’une même famille : Bobby Green (Joaquin Phoenix), patron d’une boîte de nuit appartenant à des Russes, à qui la nuit appartient aussi, surtout, et qui représentent pour lui une deuxième et vraie famille qui ignore tout de la première, celle du sang, celle de la police puisque son père Burt (Robert Duvall) et son frère Joseph (Mark Walhberg) en sont tous deux des membres respectés et même exemplaires. Seule sa petite amie Amada (Eva Mendes), une sud américaine d’une force fragile, vulgaire et touchante, est au courant. Un trafic de drogue oriente la police vers la boîte détenue par Bob, lequel va devoir faire un choix cornélien : sa famille d’adoption ou sa famille de sang, trahir la première en les dénonçant et espionnant ou trahir la seconde en se taisant ou en consentant tacitement à leurs trafics. Mais lorsque son frère Joseph échappe de justesse à une tentative d’assassinat orchestrée par les Russes, le choix s’impose comme une évidence, une nécessité, la voie de la rédemption pour Bobby alors rongé par la culpabilité.

    Le film commence vraiment dans la boîte de nuit de Bobby, là où il est filmé comme un dieu, dominant et regardant l’assemblée en plongée, colorée, bruyante, gesticulante, là où il est un dieu, un dieu de la nuit. Un peu plus tard, il se rend à la remise de médaille à son père, au milieu de la police de New York, là où ce dernier et son frère sont des dieux à leur tour, là où il est méprisé, considéré comme la honte de la famille, là où son frère en est la fierté, laquelle fierté se reflète dans le regard de leur père alors que Bobby n’y lit que du mépris à son égard. C’est avec cette même fierté que le « parrain » (les similitudes sont nombreuses avec le film éponyme ou en tout cas entre les deux mafias et notamment dans le rapport à la famille) de la mafia russe, son père d’adoption, regarde et s’adresse à Bobby. Le décor est planté : celui d’un New York dichotomique, mais plongé dans la même nuit opaque et pluvieuse, qu’elle soit grisâtre ou colorée. Les bases de la tragédie grecque et shakespearienne, rien que ça, sont aussi plantées et même assumées voire revendiquées par le cinéaste, de même que son aspect mélodramatique (le seul bémol serait d’ailleurs les mots que les deux frères s’adressent lors de la dernière scène, là où des regards auraient pu suffire…)

    Les bons et les méchants. L’ordre et le désordre. La loi et l’illégalité. C’est très manichéen me direz-vous. Oui et non. Oui, parce que ce manichéisme participe de la structure du film et du plaisir du spectateur. Non, parce que Bobby va être écartelé, va évoluer, va passer de l’ombre à la lumière, ou plutôt d’un univers obscur où régnait la lumière à un univers normalement plus lumineux dominé par des couleurs sombres. Il va passer d’un univers où la nuit lui appartenait à un autre où il aura tout à prouver. Une nuit où la tension est constante, du début et la fin, une nuit où nous sommes entraînés, immergés dans cette noirceur à la fois terrifiante et sublime, oubliant à notre tour que la lumière reviendra un jour, encerclés par cette nuit insoluble et palpitante, guidés par le regard lunatique (fier puis désarçonné, puis déterminé puis dévasté de Joaquin Phoenix, magistral écorché vif, dont le jeu est d’ailleurs un élément essentiel de l’atmosphère claustrophobique du film). James Gray a signé là un film d’une intensité dramatique rare qui culmine lors d’une course poursuite d’anthologie, sous une pluie anxiogène qui tombe impitoyablement, menace divine et symbolique d’un film qui raconte aussi l’histoire d’une faute et d’une rédemption et donc non dénué de références bibliques. La scène du laboratoire (que je vous laisse découvrir) où notre souffle est suspendu à la respiration haletante et au regard de Bob est aussi d’une intensité dramatique remarquable.

    « La nuit nous appartient », davantage qu’un film manichéen est donc un film poignant constitué de parallèles et de contrastes (entre les deux familles, entre l’austérité de la police et l’opulence des Russes,-le personnage d’Amada aussi écartelé est d’ailleurs une sorte d’être hybride, entre les deux univers, dont les formes voluptueuses rappellent l’un, dont la mélancolie rappelle l’autre- entre la scène du début et celle de la fin dont le contraste témoigne de la quête identitaire et de l’évolution, pour ne pas dire du changement radical mais intelligemment argumenté tout au long du film, de Bob) savamment dosés, même si la nuit brouille les repères, donne des reflets changeants aux attitudes et aux visages. Un film noir sur lequel plane la fatalité : fatalité du destin, femme fatale, ambiance pluvieuse. James Gray dissèque aussi les liens familiaux, plus forts que tout : la mort, la morale, le destin, la loi.

    Un film lyrique et parfois poétique, aussi : lorsque Eva Mendes déambule nonchalamment dans les brumes de fumées de cigarette dans un ralenti langoureux, on se dit que Wong Kar-Wai n’est pas si loin… même si ici les nuits ne sont pas couleur myrtille mais bleutées et grisâtres. La brume d’une des scènes finales rappellera d’ailleurs cette brume artificielle comme un écho à la fois ironique et tragique du destin.

    C’est épuisés que nous ressortons de cette tragédie, heureux de retrouver la lumière du jour, sublimée par cette plongée nocturne. « La nuit nous appartient » ne fait pas partie de ces films que vous oubliez sitôt le générique de fin passé (comme celui que je viens de voir dont je tairai le nom) mais au contraire de ces films qui vous hantent, dont les lumières crépusculaires ne parviennent pas à être effacées par les lumières éblouissantes et incontestables, de la Croisette ou d’ailleurs…

    CRITIQUE – TWO LOVERS de James Gray

    lovers4.jpg

    Direction New York, ville fétiche du cinéma de James Gray, où, après avoir tenté de se suicider, un homme hésite entre suivre son destin et épouser la femme que ses parents ont choisie pour lui, ou se rebeller et écouter ses sentiments pour sa nouvelle voisine, belle, fragile et inconstante, dont il est tombé éperdument amoureux, un amour dévastateur et irrépressible.

    L’intérêt de « Two lovers » provient avant tout des personnages, de leurs contradictions, de leurs faiblesses. Si James Gray est avant tout associé au polar, il règne ici une atmosphère de film noir et une tension palpable liée au désir qui s’empare du personnage principal magistralement interprété par Joaquin Phoenix avec son regard mélancolique, fiévreux, enfiévré de passion, ses gestes maladroits, son corps même qui semble crouler sous le poids de son existence, sa gaucherie adolescente.

    Ce dernier interprète le personnage attachant et vulnérable de Leonard Kraditor (à travers le regard duquel nous suivons l’histoire : il ne quitte jamais l’écran), un homme, atteint d’un trouble bipolaire (mais ce n’est pas là le sujet du film, juste là pour témoigner de sa fragilité) qui, après une traumatisante déception sentimentale, revient vivre dans sa famille et fait la rencontre de deux femmes : Michelle, sa nouvelle voisine incarnée par Gwyneth Paltrow, et Sandra, la fille d’amis de ses parents campée par l’actrice Vinessa Shaw. Entre ces deux femmes, le cœur de Leonard va balancer…

    Il éprouve ainsi un amour obsessionnel, irrationnel, passionnel pour Michelle. Ces « Two lovers » comme le titre nous l’annonce et le revendique d’emblée ausculte la complexité du sentiment amoureux, la difficulté d’aimer et de l’être en retour, mais il ausculte aussi les fragilités de trois êtres qui s’accrochent les uns aux autres, comme des enfants égarés dans un monde d’adultes qui n’acceptent pas les écorchés vifs. Michelle et Leonard ont, parfois, « l’impression d’être morts », de vivre sans se sentir exister, de ne pas trouver « la mélodie du bonheur ».

    Par des gestes, des regards, des paroles esquissés ou éludés, James Gray dépeint de manière subtile la maladresse touchante d’un amour vain mais surtout la cruauté cinglante de l’amour sans retour qui emprisonne ( plan de Michelle derrière des barreaux de son appartement, les appartements de Leonard et Michelle donnant sur la même cour rappelant ainsi « Fenêtre sur cour » d’Hitchcock de même que la blondeur toute hitchcockienne de Michelle), et qui exalte et détruit.

    James Gray a délibérément choisi une réalisation élégamment discrète et maîtrisée et un scénario pudique et la magnifique photographie crépusculaire de Joaquin Baca-Asay qui procurent des accents lyriques à cette histoire qui aurait pu être banale, mais dont il met ainsi en valeur les personnages d’une complexité, d’une richesse, d’une humanité bouleversantes. James Gray n’a pas non plus délaissé son sujet fétiche, à savoir la famille qui symbolise la force et la fragilité de chacun des personnages (Leonard cherche à s’émanciper, Michelle est victime de la folie de son père etc).

    Un film d’une tendre cruauté, d’une amère beauté, et parfois même d’une drôlerie désenchantée, un thriller intime d’une vertigineuse sensibilité à l’image des sentiments qui s’emparent des personnages principaux, et de l’émotion qui s’empare du spectateur. Irrépressiblement. Ajoutez à cela la bo entre jazz et opéra ( même influence du jazz et même extrait de l’opéra de Donizetti, L’elisir d’amore, « Una furtiva lagrima » que dans le chef d’œuvre de Woody Allen « Match point » dans lequel on retrouve la même élégance dans la mise en scène et la même « opposition » entre la femme brune et la femme blonde sans oublier également la référence commune à Dostoïevski… : les ressemblances entre les deux films sont trop nombreuses pour être le fruit du hasard ), et James Gray parvient à faire d’une histoire a priori simple un très grand film d’une mélancolie d’une beauté déchirante qui nous étreint longtemps encore après le générique de fin. Trois ans après sa sortie : d’ores et déjà un classique du cinéma romantique.

  • Programmation de l'ACID pour Cannes 2013

     

    Acid-Cannes_2013.jpg

     

    2 AUTOMNES 3 HIVERS
    Sébastien Betbeder
    France, 2013, fiction, 90'
    Première mondiale
    •Avec
    Vincent Macaigne, Maud Wyler, Bastien Bouillon, Audrey Bastien, Thomas Blanchard, Pauline Etienne, Jean-Quentin Châtelain, Olivier Chantreau
    •Synopsis
    A 33 ans, Arman a décidé de changer de vie.
    Pour commencer il court. C’est un bon début.
    Amélie poursuit la sienne (de vie) et court, elle aussi.
    La première rencontre est un choc.
    La seconde sera un coup de couteau en plein cœur.
    [Le film commence avec un barbu déprimé qui fait un footing à Paris, parce qu’il ne sait pas quoi faire de ses journées. On pourrait s’attendre au pire. Et le pire arrive en effet. Sauf qu’on en rit beaucoup.]

    AU BORD DU MONDE
    Claus Drexel
    France, 2013, documentaire, 98'
    Première mondiale
    •Synopsis
    Paris, la nuit. C’est ici que vivent Jeni, Wenceslas, Christine, Pascal et les autres. Sans-abri, ils hantent trottoirs, ponts et couloirs du métro, au bord d’un monde où la société ne protège plus. Ils nous font face, ils nous parlent.
    [Dans un Paris de carte postale, des clochards nous parlent. De plain-pied, la caméra les filme, leur fait épouser le décor. Remisés au bord du monde, le cinéaste les ramène au centre du plan... Dans le collage qu’ose la mise en scène, entre le trivial et le sublime, entre l’indigence et la beauté séculaire, comment nous situer ?]

    LA BATAILLE DE SOLFERINO
    Justine Triet
    France, 2013, fiction, 94' / 1er long métrage
    Première mondiale
    •Avec
    Laetitia Dosch, Vincent Macaigne, Arthur Harari, Virgil Vernier, Marc-Antoine Vaugeois
    •Synopsis
    6 mai 2012, Solférino. Laetitia, journaliste télé, couvre les présidentielles. Mais débarque Vincent, l'ex, pour voir leurs filles. Gamines déchaînées, baby-sitter submergé, amant vaguement incrust, avocat misanthrope, France coupée en deux : c’est dimanche, tout s'emmêle, rien ne va plus !
    [Son impressionnante maîtrise du cadre et son sens précis de la mise en scène permettent à la jeune réalisatrice de mêler dans une même dynamique comédie, drame, suspens et plongée dans le réel. Elle nous livre un film touchant et juste sur notre condition d’animal social.]

    BRADDOCK AMERICA
    Jean-Loïc Portron et Gabriella Kessler
    France, 2012, documentaire, 100' / 1er long métrage
    Première mondiale
    •Synopsis
    Braddock, Pennsylvanie. Quelques rescapés teigneux trouvent la force de s’accrocher à ce lieu ingrat car ils ont conscience que cette infime parcelle du territoire américain porte en elle, enfouie dans le sol et dans les mémoires, les traces d’événements essentiels qui font l’histoire de leur nation.
    [Exploration d’un territoire qui raconte autant les prémices de l’Amérique que son évolution industrielle et économique jusqu’à la déglingue d’aujourd’hui. Qualité du filmage des lieux et beau travail sur les archives qui ont une charge fictionnelle autant qu’informative.]

    C'EST EUX LES CHIENS...
    Hicham Lasri
    Maroc, 2013, fiction, 85' / 2e long métrage
    Première mondiale
    •Avec
    Hassan Badida, Yahya El Fouandi, Imad Fijjaj, Jalal Boulftaim
    •Synopsis
    L’histoire de Majhoul, emprisonné en 1981 pendant les émeutes du pain au Maroc, qui ressort, 30 ans plus tard, en plein printemps arabe. Une équipe de télévision publique, qui réalise un reportage sur les mouvements sociaux au Maroc, décide de le suivre dans la recherche de son passé...
    [Un univers filmique fort pour un portrait du Maroc contemporain et de ses casseroles, hors des sentiers battus...]

    Ô HEUREUX JOURS !
    Dominique Cabrera
    France, 2013, documentaire, 93'
    •Synopsis
    Il y a dix ans mon frère Bernard qui vit à Boston s’est remarié, on est tous allés au mariage, c’était comme si on était à nouveau petits, les quatre enfants avec papa et maman. J’avais apporté une caméra pour filmer le mariage, je me suis retrouvée à filmer notre famille jusqu’à aujourd’hui...
    [En questionnant sans relâche la généalogie singulière de son identité, la cinéaste réussit à interroger la nôtre ; en tentant de compenser sa perte, elle s’évertue à combler les nôtres.]

    SWANDOWN
    Andrew Kötting
    Angleterre, 2013, documentaire, 94'
    •Avec
    Andrew Kötting, Iain Sinclair, Stewart Lee, Alan Moore
    •Distribution
    E.D. Distribution
    •Synopsis
    Swandown relate l’équipée humoristique de deux Anglais parcourant pendant 4 semaines plus de 230 km sur un pédalo en forme de cygne. En route, ils font la connaissance de riverains du canal et prêtent une oreille attentive aux échos ambiants de la culture historique, littéraire et politique britannique.
    [L'art non-sensique anglais dans toute sa splendeur, poésie et pas seulement celle de l'absurde, épopée mythologique et puissance narrative des petits riens du fil de l’eau, Beckett, Homère, Debord, les bretelles rouges du charpentier de navire...]

    THE STRANGE LITTLE CAT
    Ramon Zürcher
    Allemagne, 2013, fiction, 72' / 1er long métrage
    Première française
    •Avec
    Jenny Schily, Anjorka Strechel, Mia Kasalo, Luk Pfaff, Armin Marewski
    •Synopsis
    Une famille se retrouve dans un appartement berlinois. Derrière l’apparence d’une journée partagée, chaque membre est enclos dans son imaginaire...
    Conçu dans un atelier dirigé par Béla Tarr, le film est librement inspiré des Métamorphoses de Kafka.
    [Des lieux filmés comme le cadre de scènes subtilement surréalistes où s’agitent dans un ballet chorégraphié les membres d’une famille dont chaque membre, derrière l’apparence d’une journée partagée, est enclos dans son imaginaire et ses obsessions ... On pense à Resnais dans cette proposition de donner à voir l’inconscient sous le manifeste.]

    WAJMA
    Barmak Akram
    France /Afghanistan, 2013, fiction, 85' / 2e long métrage
    Première française
    •Avec
    Wajma Bahar, Hadji Gul, Mustafa Habibi, Breshna Bahar
    •Synopsis
    A Kaboul, Mustafa séduit la jolie étudiante Wajma. Les deux débutent une relation clandestine : ils sont espiègles et passionnés, mais aussi prudents face aux règles de la société qu'ils enfreignent...
    [Un drame poignant qui interroge avec beaucoup de justesse le passage difficile à la modernité d'une société patriarcale...]
    ____________________________

    Après avoir célébré 20 ans d'indépendance par des programmations spéciales, notamment à la Cinémathèque française, au Forum des Images et au Festival du Réel, mais aussi à Istanbul, Buenos Aires ou New York, l'ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) présentera à nouveau 9 films cette année à Cannes.
    Du 16 au 25 mai, ces longs métrages, documentaires ou de fiction, productions indépendantes françaises ou internationales, avec ou sans distributeur en France, seront projetés en présence des équipes des films et de leurs parrains de l'association, lors de séances ouvertes à tous les publics.
    L’ACID a sa propre programmation au Festival International du Film de Cannes depuis 1993, qui repose sur le coup de cœur des cinéastes.
    En 20 ans, les cinéastes de l'association ont fait découvrir de nombreux auteurs en s’engageant sur plus de 450 films, dont près de 200 montrés à Cannes.
    Parmi ceux-ci, beaucoup de premiers films : ceux, entre autres, de Serge Bozon, Lucas Belvaux, Alain Gomis, Claire Simon, Djinn Carrénard, Pierre Schoeller, Vincent Dieutre, Arnaud et Jean-Marie Larrieu, Rachid Djaïdani, Nicolás Pereda, Ursula Meier, Avi Mograbi, Yolande Moreau et Gilles Porte...
    Soucieuse du devenir des films après Cannes, l'ACID les propose à d'autres festivals ainsi qu’à des distributeurs et les accompagne à leur sortie auprès de ses 300 salles partenaires.
    L’ACID, c’est aussi depuis 20 ans nombre de textes politiques et de propositions pour améliorer la diffusion des œuvres, de même que de nombreuses actions en direction des publics : animation d’un réseau de spectateurs relais, édition de documents pédagogiques, organisation de projections scolaires...
    La programmation ACID - CANNES 2013 sera reprise du 27 au 29 septembre 2013 au Nouveau Latina à Paris et dans une trentaine de salles en Ile-de-France et en régions.


    ACID

    www.lacid.org

  • Le jury du Festival de Cannes 2013

    Le jury du 66ème Festival de Cannes

     

    Quel beau jury pour ce 66ème Festival de Cannes! Nous savions déjà qu’il serait présidé par Steven Spielberg. Voici les noms des prestigieux jurés qui l’entoureront:

    - Vidya Balan (Actrice indienne)

    - Naomi Kawase (Réalisatrice japonaise)

    - Nicole Kidman (Actrice / productrice australienne)

    - Lynne Ramsay (Scénariste / réalisatrice / productrice britannique)

    -Daniel Auteuil (Acteur / réalisateur français)

    - Ang Lee (Réalisateur / producteur / scénariste taïwanais)

    - Cristian Mungiu (Scénariste / réalisateur / producteur roumain)

    - Christoph Waltz (Acteur autrichien)

    Le Jury du 66e Festival de Cannes aura à départager les films en Compétition pour composer le Palmarès qui sera annoncé sur scène lors de la cérémonie de Clôture, le 26 mai prochain, cérémonie qui culminera avec l’attribution de la Palme d’or.

  • Sélection d'hôtels pour un séjour de détente à Cannes: festival ou thalasso

     

    maj7.jpg

    Ci-dessus, photos de l'Hôtel Barrière Majestic Cannes

     

    Il y a quelques jours, je vous donnais, ici,tous mes conseils pour trouver un logement, même tardivement, pour ce 66ème Festival de Cannes.

     

     

    Aujourd'hui, suite aux nombreux emails reçus après cet article, je vous propose une petite sélection très subjective d'hôtels pour un séjour de détente à Cannes, en particulier si vous êtes friands de thalassothérapie, de luxe et d'activités balnéaires.

    1/ L'hôtel Majestic

     

    maj8.jpg

    maj10.jpg

    maj20.jpg

    maj21.jpg

    majesticc.jpg

    majestic8.jpg

     

    Majestic4.jpg
    majestic3.jpg
    majestic01.jpg
     
    Je vous le disais déjà dans mon précèdent article, mon hôtel cannois de prédilection est sans aucun doute le Majestic qui, en 2010, à l'occasion de l'ouverture du Festival de Cannes avait révélé sa nouvelle aile spectaculaire lors d'une inauguration qui l'avait également été. Avaient ainsi été dévoilés :
     
    -10.000 m2 supplémentaires,
    -44 nouvelles suites dont 2 suites duplex de 450 m2
    -un spa de 450 m2
    -1500 m2 de luxueuses boutiques
     
    L'hôtel se situe à la fois en plein centre de Cannes et un peu en retrait de son agitation. C'est aussi l'adresse idéale pour les festivaliers puisqu'il se trouve juste en face du palais des festivals. Il est également située sur la Croisette et à deux pas des boutiques de la rue d'Antibes.
     
    Pour les gastronomes, il comprend également 3 restaurants (le Fouquet's Cannes, la Petite Maison de Nicole -qui vient récemment d'ouvrir également au Fouquet's de Paris-,et un restaurant sur la plage privée le B-sud) et 1 bar. Je vous recommande vivement "Le Fouquet's" ou de prendre un verre dans les salons, un moment toujours hors du temps.
     
    L'hôtel compte 265 chambres, 84 suites dont 2 penthouses d'exception comme la sublime suite Christian Dior (cf photo plus haut, vous la reconnaîtrez aisément puisque celle-ci emprunte les teintes grises et chics chères au grand couturier), un espace au sixième et splendide étage de l’aile ouest de l’hôtel, conçu par l’architecte Renaud d’Hauteserre.
     
    A certaines périodes, vous pourrez y trouver des promotions, comme actuellement avec une chambre à 175 euros!
     
    L'hôtel vous propose de nombreuses activités:
     
    -spa my Blend by Clarins avec les activités suivantes:
    - Zumba
    - LIA (Low Impact Aerobic)
    - TRX
    - Core training
    - Freedom Spirit
    - Pilates
    - PNL (Programmation Neuro-Linguistique)
    - LPG
    - Intraceuticals Oxygen Infusion
     
    -une plage privée avec de nombreuses activités nautiques (attention: celle-ci est louée pendant le Festival du Film de Cannes).
     
    L'hôtel dispose également d'une salle de projection privée, un bar à champagne, un club Diwi and co pour les enfants.
     
    Evidemment, pour des tarifs avantageux, je vous déconseille la période du Festival du Film. L'hôtel est de toute façon actuellement complet pour la période même s'il peut y avoir des désistements.
     
    Si vous voulez vous détendre tout en profitant du luxe ultime, en étant en plein centre de Cannes, n'hésitez pas : choisissez le Majestic Barrière.
     

    radi7.jpg

    radisson.jpg

     

    2/ C'est vers l'hôtel Radisson Blu 1835 Hotel & Thalassoque se porte mon 2ème choix. J'avais profité d'une journée de présence supplémentaire après le festival l'an passé pour le visiter et je n'ai pas regretté cette escapade qui m'a embarquée ailleurs, un délicieux ailleurs.

    L'hôtel est situé à l'emplacement de l'ancien Sofitel qui devint ensuite White Palm après de gros travaux et qui est désormais un Radisson.

    Cet hôtel est un véritable havre de paix et de luxe sur le port de Cannes, entièrement reconstruit, doté d’un splendide spa et d’une vue à couper le souffle sur la baie de Cannes. Les photos ci-dessous et les deux ci-dessus ont toutes été prises du Radisson.

     

    sofi1.jpg

    sofi2.jpg

    sofi3.jpg

    sofi4.jpg

    sofi5.jpg

    sofi6.jpg

    sofi7.jpg

    sofi8.jpg

    sofi9.jpg

    La chaîne Radisson choisit toujours des emplacements de choix comme le nouveau Radisson de Nantes situé dans l'ancien palais de justice. C'est aussi un des nombreux atouts de cet hôtel à Cannes. La vue depuis sa terrasse est sans aucun doute la plus vertigineuse et spectaculaire de Cannes. Vous découvrirez toute la baie et elle vous procurera un délicieux sentiment d'ailleurs.

    Si vous ne séjournez pas à l'hôtel, je vous recommande tout de même d'y aller, ne serait-ce que pour y prendre un verre. Vous pourrez aussi y dîner au restaurant 360 qui, comme son nom l'indique, offre une vue panoramique unique de la baie de Cannes, les collines d'Esterel et de la vieille ville. Les menus du 360 sont conçus pour prolonger l’extase de l’expérience de la Thalasso et du Spa de l’hôtel. Vous pourrez aussi y siroter des boissons rafraîchissantes depuis le bar où la vue est inoubliable. La Terrasse Panoramique attenante de 400m² offre une vue imprenable sur la mer. Elle accueille jusqu'à 250 personnes pour des événements.

    L'autre grand atout de cet établissement sont ses Thermes Marins qui vous plongeront dans une atmosphère de quiétude et de bien-être rares, des installations haute performance qui offrent 2 700 m2 de technologies de pointe en matière de remise en forme et d'environnement.

    Situé dans un cadre élégant à la lumière tamisée, Les Thermes Marins de Cannes se trouvent juste en face de la Mer Méditerranée et offre un accès direct à la plage et à l'hôtel. Ce centre offre 46 salles de soins, trois tables de gommage en marbre chauffées, et un menu beauté avec des soins du visage, des manucures, des pédicures et un salon de coiffure.


    Il est recommandé de réserver vos soins au moins deux semaines avant votre arrivée pour disposer des meilleurs disponibilités.

    L'établissement dispose également d'un centre de conditionnement physique où vous trouverez un équipement de musculation ultramoderne et pourrez suivre des cours de remise en forme individuels: du yoga, du jogging, d’une piscine d’eau de mer intérieure et extérieure, des vestiaires privés, un sauna, un hammam (bain turc), un caldarium (bain romain), et des jacuzzis.

    Le restaurant Le Bio se trouve dans le centre de bien-être et sert des tisanes, boissons et plats sains, en mettant l'accent sur le concept « Bento Box ».

    Les Thermes Marins de Cannes vous proposent:

    • avec accès direct à la plage
    • Soins harmonieux dans une philosophie holistique pour ressourcer le corps et l'esprit
    • Un équipement haute performance, adapté spécifiquement aux soins
    • Un cadre luxurieux à la lumière tamisée, des matériaux nobles et une ambiance chaleureuse
    • Une attention permanente portée à l'hygiène et à la sécurité
    • Une équipe de professionnels et une supervision médicale
    • 46 salles de soins, y compris trois salles doubles
    • Un caldarium (bain romain)
    • Des soins du visage
    • Une salle de sport avec équipement de musculation
    • Un hammam (bain turc)
    • Un salon de coiffure avec services de manucure et de pédicure
    • Des cours de remise en forme individuels qui comprennent du yoga et du jogging (sur réservation)
    • Une piscine d’eau de mer intérieure et extérieure
    • Un bain japonais et une douche multi-sensorielle
    • Des massages et soins physiques de luxe
    • Un restaurant bio avec tisanes, boissons, et plats sains
    • Des vestiaires privés
    • Un sauna
    • Trois tables de gommage en marbre chauffées

    thermes5.png

     

    Les chambres sont modernes, bien conçues et bien équipées et disposent d'internet haut débit sans fil gratuit.

    Vous pourrez aussi choisir une de ses nombreuses suites comme l'unique suite sky qui fait environ 100 m2 et qyu offre le summum du confort et de la commodité à l'hôtel Radisson Blu 1835 Hotel & Thalasso. La suite Sky offre aux voyageurs exigeants une chambre séparée, un coin repas et un salon séparés, ainsi que deux dressings et des vues inoubliables sur la mer ou le Vieux Port. Les hôtes de la suite Sky peuvent également profiter d'un accès internet haut débit sans fil gratuit.

     

    cezanne6.jpg

    3/Mon dernier choix se portera sur l'Hôtel Cézanne, un Boutique hôtel qui possède également un spa, récemment rénové et "redesigné". Je choisirais cet hôtel sans aucun doute pour son emplacement en retrait, au calme, dans un oasis de verdure mais aussi pour sa décoration particulièrement soignée, pour son petit nombre de chambres et suites (28) et l'intimité qui en découle mais aussi pour son service personnalisé et son spa.
     
    Les 28 chambres et suites de l'hôtel sont climatisées, insonorisées, spacieuses et très bien équipées. L'hôtel comprend 5 chambres classiques et 5 Junior suite. Dans chacune, vous serez accueillis par des produits d’accueil personnalisés, des peignoirs et chaussons, ainsi qu’un mini bar très complet !
     
    L'hôtel ne propose pas de restaurant (mais ils sont suffisamment nombreux aux alentours à commencer par ceux des hôtels précités) mais un pink bar situé dans un jardin paysager, ouvert midi et soir, et qui vous permettra de vous poser entre deux promenades, virées shopping ou à la plage.

    cézanne1.jpg

    cezanne2.jpg

    cezanne5.png

     
    Enfin, je vous laisse découvrir les nombreus services que propose cet hôtel rénové avec goût.
     
    • Bagagiste,
    • Personnel multilingue,
    • Conciergerie 24H/24,
    • Réveil par téléphone,
    • Climatisation,
    • Ascenseur, non fumeur,
    • Coffre-fort
    • Garage fermé télé surveillé (17€),
    • Service de blanchisserie,
    • Service baby-sitting,
    • Petits animaux domestiques acceptés (20€/jour),
    • Salle fitness et Hammam, coach sur demande
    • Plage partenaire (réservation de matelas)
    • Massages, soins du corps & du visage (sur demande),
    • Coiffeur en chambre (sur demande),
    • Petit déjeuner buffet ou servi en chambre, (servis l’un et l’autre de 7H30 à 10H30),
    • Room service 24H/24,
    • Service couverture tous les soirs,
    • Presse régionale & nationale à disposition,
    • Outil informatique à disposition,
    • Connexion Wi Fi gratuite,
    • Réservation de restaurants et de soirées,
    • Réservation de vos transferts aéroports Mandelieu et Nice,
    • Organisation de vos déplacements : train, avion, hélicoptère, …
    • Réservation de vos transports (Véhicule de prestige, taxi, limousine)
     
  • Quinzaine des Réalisateurs 2013 : programme

    >>> LONGS METRAGES / FEATURE FILMS

    A Strange Course of Events de / by Raphaël Nadjari Première mondiale / World première
    Les Apaches* de / by Thierry de Peretti Première mondiale / World première
    Ate ver a luz / Après la nuit* de / by Basil Da Cunha Première mondiale / World première
    Blue Ruin de / by Jeremy Saulnier Première mondiale / World première
    The Congress / Le Congrès de / by Ari Folman
    La danza de la realidad de / by Alejandro Jodorowsky Première mondiale / World première
    L’Escale* de / by Kaveh Bakhtiari Première mondiale / World première
    La Fille du 14 Juillet* de / by Antonin Peretjatko Première mondiale / World première
    Henri de / by Yolande Moreau Première mondiale / World première
    Ilo Ilo* de / by Anthony Chen Première mondiale / World première
    Jodorowsky’s Dune* de / by Franck Pavich Première mondiale / World première
    Last Days on Mars* de / by Ruairi Robinson Première mondiale / World première
    Les Garçons et Guillaume, à table !* de / by Guillaume Gallienne Première mondiale / World première
    Magic Magic de / by Sebastian Silva Première internationale / International premiere
    On the Job de / by Erik Matti Première mondiale / World première
    The Selfish Giant / Le Géant égoïste de / by Clio Barnard Première mondiale / World première
    Tip Top de / by Serge Bozon Première mondiale / World première
    Ugly de / by Anurag Kashyap Première mondiale / World première
    Un voyageur de / by Marcel Ophuls Première mondiale / World première
    El verano de los peces voladores / L’Eté des poissons volants de / by Marcela Said Première mondiale / World première
    We Are What We Are de / by Jim Mickle Première internationale / International première
    * Film concourant pour la Caméra d’Or / Film competiting for the « Caméra d’Or » Prize

    >>> COURTS METRAGES / SHORT FILMS

    Gambozinos de / by João Nicolau Première mondiale / World première
    Lágy Eső de / by Dénes Nagy Première mondiale / World première
    Le Quepa sur la vilni ! de / by Yann Le Quellec Première mondiale / World première
    Man kann nicht auf einmal alles tun, aber man kann auf einmal alles lassen de / by Marie-Elsa Sgualdo
    O umbra de nor de / by Radu Jude Première mondiale / World première
    Pouco mais de um mês de / by André Novais Oliveira Première internationale / International première
    Que je tombe tout le temps de / by Eduardo Williams Première mondiale / World première
    Solecito de / by Oscar Ruiz Navia Première mondiale / World première
    Swimmerde / by Lynne Ramsay Première internationale / International première

  • La Terrazza Martini : programme pour le Festival de Cannes 2013

    Le programme exceptionnel de la Terrazza Martini au Festival de Cannes 2013 pour les 150 ans de la marque

    C’est chaque année mon lieu de prédilection pour terminer les soirées cannoises et discuter tardivement des projections de la journée et cette année ne devrait pas déroger à la règle puisque, pour les 150 ans de la marque, la Terrazza Martini prévoit un programme exceptionnel avec, notamment, parmi de très nombreuses autres surprises, un live exclusif de Woodkid. Comme chaque année, ce sera convivial et chaleureux, avec un exprit « factory » avec notamment la possibilité d’y jouer au ping-pong (!). Le dispositif sera cool et vintage avec, aussi, la possibilité très ludique d’envoyer des instagrams en temps réel sur le mur avec le hashtag #TERRAZZA150. Rendez-vous très bientôt sur la plage du Gray d’Albion et ici prochainement pour de nouvelles informations.

     

    Je vous rappelle que, cette année, c'est sur http://inthemoodforfilmfestivals.com que vous pourrez me suivre en direct du festival.