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CONFERENCES DE PRESSE - Page 3

  • Programme et sélection officielle du Festival de Cannes 2013 : conférence de presse en direct

    C'est demain, à 11H, qu'aura lieu la conférence de presse d'annonce de la sélection du 66ème Festival de Cannes par Gilles Jacob et Thierry Frémaux. Je vous propose de me suivre en direct sur twitter sur http://twitter.com/moodforcinema . Des éléments du programme ont d'ores et déjà été dévoilés, retrouvez-les sur mon site consacré au Festival de Cannes http://inthemoodforfilmfestivals.com sur lequel vous pourrez aussi trouver de très nombreuses rubriques et informations sur le Festival de Cannes. Accédez à ce site en cliquant sur la photo ci-dessous.

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  • La Conférence de presse du 66ème Festival de Cannes en direct

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    Comme chaque année, j’aurai le plaisir d’assister à la conférence de presse d’annonce de sélection du Festival de Cannes donnée par le Président du festival M. Gilles Jacob et par le délégué général M. Thierry Frémaux et qui aura lieu ce jeudi 18 avril, à 11H, à l’UGC Normandie (alors qu’elle avait auparavant lieu à l’InterContinental Grand hôtel de Paris) et que je vous ferai suivre en direct sur twitter, sur mon compte principal http://twitter.com/moodforcinema et dont vous pourrez bien entendu retrouver le compte-rendu détaillé et commenté ici dès jeudi après-midi.

    Je vous rappelle que vous pourrez me suivre en direct du 66ème Festival de Cannes, de l'ouverture à la clôture sur http://inthemoodforfilmfestivals.com sur lesquel vous pouvez retrouver d'ores et déjà de nombreuses informations sur ce 66ème Festival de Cannes.

  • Conférence de presse de "Pater" d'Alain Cavalier avec Vincent Lindon, Alain Cavalier...

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    C’est une des bizarreries cannoises : alors que pour la conférence de presse de « Pirate des Caraïbes » il était impossible d’entrer (c’est le cas, la plupart du temps, des conférences de presse de films américains), pour celle de « Pater » et alors que je venais simplement attendre pour la conférence suivante (celle de « La Conquête » que je vous raconterai ultérieurement), et alors que celle de « Pater » était déjà commencé, on m’a fait entrer dans la salle ...car quasiment vide et c’est bien dommage car cette conférence était réellement passionnante, et n’a fait qu’accroître mon envie de découvrir le film d’Alain Cavalier. Vincent Lindon s’est révélé passionné, engagé même en parlant du film, mais aussi touchant, drôle, sincère, à fleur de peau.

    Vincent Lindon a notamment parlé d’économie du cinéma, un sujet qui le passionne, rappelant que la qualité d’une scène ou d’un film n’était pas affaire de budget prenant pour exemple la scène d’ « Itinéraire d’un enfant gâté » dont tout le monde se souvient, celle du face-à-face  entre Belmondo et Anconina dans une chambre de bonne et au cours de laquelle il lui apprend à ne pas être surpris, ou celle de Titanic « avec la buée sur la vitre », des films qui ont coûté très chers et dont les scènes les plus mémorables sont les moins coûteuses.

    Vincent Lindon a déclaré que c’était la première fois qu’il voyait le film sur grand écran : « Tous les gens attendaient un OVNI. On confond bizarre avec chiant » a-t-il dit.

    « On ne faisait qu’une prise et si elle ne fonctionnait pas, elle n’était pas dans le film ».

    Cavalier : « On prenait la caméra et on continuait une sorte de conversation. »

    Vincent Lindon a également révélé avoir été très touché par l’accueil dans le Grand Théâtre Lumière (le film le plus applaudi de cette sélection 2011 ) : « Cela faisait 25 ans que j’attendais ce moment, ce n’était pas un bon accueil mais un accueil incroyable. » « Je l’aurai en souvenir toute ma vie. » « On prenait la caméra et on continuait une sorte de conversation. »  « J’adore qu’on m’aime, j’adore qu’on aime ce que je fais quand j’aime autant ce que je fais. » Quant à Cavalier : « Le fait d’être aimé régulièrement dans la vie n’est pas mon problème. » Concernant les artistes, d’après Cavalier : « On ne s’aime pas tellement que ça et on s’abrite derrière ce qu’on fait. »

    Pour Cavalier, concernant les citations du film se rapprochant de citations réelles : « Je sais tout sur ceux qui ont le pouvoir mais c’est moi qui avais le pouvoir. Les citations étaient inconscientes. »

    Pour Vincent Lindon : « On passe son temps à vouloir plaire ou déplaire à son papa ou sa maman, toujours en réaction ».

    Pour lui ce film a changé son regard sur son métier : «  Je crois que, Alain, est en train de m’influencer sur une chose et une idée est en train de naitre » se déclarant las de tout ce qui précède habituellement le tournage (attente, maquillage, répétitions…), ce qui n’était pas le cas pour « Pater ». « Je pense que j’arrêterai ce métier plus tôt que prévu car je n’ai pas envie de devenir un vieil acteur. C’est ça qui a changé chez moi, je ne prends rien au sérieux, tout au tragique ».

    Sur ces paroles péremptoires et finalement très justes me rappelant la devise crétoise « tout est grave, rien n’est sérieux », je vous laisse pour partir vers de nouvelles aventures …un peu frustrée de ne pas avoir le temps de vous en raconter davantage…

  • Festival de Cannes 2011 : Lars von Trier, Almodovar en bref et la conférence de presse de « Pater » d’Alain Cavalier avec Vincent Lindon

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    Cette année, j’ai été plus avare d’articles que jamais, non pas parce que je n’avais rien à raconter mais, au contraire, parce que les évènements, projections, conférences de presse, soirées s’enchaînent sans que je puisse trouver le temps de vous les relater en m’y consacrant comme je le souhaiterais, également sans doute aussi parce que les émotions tumultueuses et contradictoires engendrées par ce festival annihilent le recul nécessaire pour écrire, ou peut-être aussi parce que cela les exacerbe, et que j’ai envie de trier ce que je peux vous raconter ou non, et que je n’ai surtout pas envie de  tomber dans la facilité des phrases lapidaires, finalement imprécises, peut-être aussi parce que, pour une fois, j’ai -un peu seulement- décidé de préférer la vie au cinéma (ou plutôt de la privilégier, non de la préférer) même si je continue à penser comme Truffaut que, le plus souvent, « Les films sont plus harmonieux que la vie » (mais recherchons-nous l’harmonie, vaste question que j’aurai encore moins le temps de développer ici), mais, rassurez-vous, tout est mémorisé et je vous raconterai tout la semaine suivant la fin du festival, du petit-déjeuner en présence de Thierry Frémaux, en passant par ma soirée dans les coulisses du Grand Journal, sans oublier l’essentiel : mes critiques de films mais aussi mes très nombreuses vidéos et photos que je n’ai pas eu le temps de mettre en ligne. Je vous parlerai également plus tard du film d’Almodovar vu hier, un film horriblement fascinant, avec une réalisation incroyablement maîtrisée (comme toujours chez Almodovar) et qui pourrait à nouveau lui valoir un prix (interprétation pour Banderas particulièrement inquiétant ? Un prix de la mis en scène ? Un prix du jury ?) mais sans doute pas la palme d’or qu’il n’a toujours pas réussi à obtenir malgré ses nombreuses sélections à Cannes  et ses nombreux prix.

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    Je vous parlerai également du film de cette édition 2011 qui m’a le plus marquée et dont j’espère qu’il ne sera pas éclipsé par les sinistres déclarations de son réalisateur Lars von Trier. « Melancholia » est ainsi de ces (rares) films qui vous scotchent à votre siège tant ce qui se déroule sur l’écran est une explosion  (implosion serait d’ailleurs peut-être plus juste)  d’une beauté, d’une cruauté, d’une lucidité remarquables. Au contraire de pas mal de festivaliers qui se sont ennuyés, j’ai été totalement captivée par cette allégorie éblouissante, audacieuse, pessimiste et cruelle sur la mélancolie (au sens clinique et non romantique du terme) dont le dernier plan à lui seul mériterait une récompense. Le festival a eu la judicieuse idée de séparer l’œuvre de son réalisateur pour reprendre les termes de Gilles Jacob et en demandant à Lars von  Trier de quitter Cannes, de permettre ainsi au film de rester en compétition. Il serait vraiment étonnant qu’il ne soit pas présent au palmarès à moins que les déclarations désastreuses de Lars von Trier ne dissuadent le jury de lui attribuer un prix. Je vous livrerai demain soir mes pronostics et mon bilan de cette compétition 2011. En attendant, retrouvez ci-dessous, mon résumé de la conférence de presse de « Pater » (LE film de cette compétition 2011 que je souhaite rattraper, espérons que ce sera possible dimanche).

    Conférence de presse de « Pater » d’Alain Cavalier avec Alain Cavalier, Vincent Lindon…

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    C’est une des bizarreries cannoises : alors que pour la conférence de presse de « Pirate des Caraïbes » il était impossible d’entrer (c’est le cas, la plupart du temps, des conférences de presse de films américains), pour celle de « Pater » et alors que je venais simplement attendre pour la conférence suivante (celle de « La Conquête » que je vous raconterai ultérieurement), et alors que celle de « Pater » était déjà commencé, on m’a fait entrer dans la salle ...car quasiment vide et c’est bien dommage car cette conférence était réellement passionnante, et n’a fait qu’accroître mon envie de découvrir le film d’Alain Cavalier. Vincent Lindon s’est révélé passionné, engagé même en parlant du film, mais aussi touchant, drôle, sincère, à fleur de peau.

    Vincent Lindon a notamment parlé d’économie du cinéma, un sujet qui le passionne, rappelant que la qualité d’une scène ou d’un film n’était pas affaire de budget prenant pour exemple la scène d’ « Itinéraire d’un enfant gâté » dont tout le monde se souvient, celle du face-à-face  entre Belmondo et Anconina dans une chambre de bonne et au cours de laquelle il lui apprend à ne pas être surpris, ou celle de Titanic « avec la buée sur la vitre », des films qui ont coûté très chers et dont les scènes les plus mémorables sont les moins coûteuses.

    Vincent Lindon a déclaré que c’était la première fois qu’il voyait le film sur grand écran : « Tous les gens attendaient un OVNI. On confond bizarre avec chiant » a-t-il dit.

    « On ne faisait qu’une prise et si elle ne fonctionnait pas, elle n’était pas dans le film ».

    Cavalier : « On prenait la caméra et on continuait une sorte de conversation. »

    Vincent Lindon a également révélé avoir été très touché par l’accueil dans le Grand Théâtre Lumière (le film le plus applaudi de cette sélection 2011 ) : « Cela faisait 25 ans que j’attendais ce moment, ce n’était pas un bon accueil mais un accueil incroyable. » « Je l’aurai en souvenir toute ma vie. » « On prenait la caméra et on continuait une sorte de conversation. »  « J’adore qu’on m’aime, j’adore qu’on aime ce que je fais quand j’aime autant ce que je fais. » Quant à Cavalier : « Le fait d’être aimé régulièrement dans la vie n’est pas mon problème. » Concernant les artistes, d’après Cavalier : « On ne s’aime pas tellement que ça et on s’abrite derrière ce qu’on fait. »

    Pour Cavalier, concernant les citations du film se rapprochant de citations réelles : « Je sais tout sur ceux qui ont le pouvoir mais c’est moi qui avais le pouvoir. Les citations étaient inconscientes. »

    Pour Vincent Lindon : « On passe son temps à vouloir plaire ou déplaire à son papa ou sa maman, toujours en réaction ».

    Pour lui ce film a changé son regard sur son métier : «  Je crois que, Alain, est en train de m’influencer sur une chose et une idée est en train de naitre » se déclarant las de tout ce qui précède habituellement le tournage (attente, maquillage, répétitions…), ce qui n’était pas le cas pour « Pater ». « Je pense que j’arrêterai ce métier plus tôt que prévu car je n’ai pas envie de devenir un vieil acteur. C’est ça qui a changé chez moi, je ne prends rien au sérieux, tout au tragique ».

    Sur ces paroles péremptoires et finalement très justes me rappelant la devise crétoise « tout est grave, rien n’est sérieux », je vous laisse pour partir vers de nouvelles aventures …un peu frustrée de ne pas avoir le temps de vous en raconter davantage…

  • Festival de Cannes 2011 - Conférence de presse de « Polisse » de Maïwenn avec Joeystarr, Emmanuelle Bercot, Marina Foïs, Sandrine Kiberlain, Nicolas Duvauchelle, Jérémie Elkaïm…

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    Pour ceux qui ne sont pas à Cannes (mais aussi pour les autres), cette année plus que jamais, j’ai décidé de vous permettre de vivre les différents aspects de ce festival et donc également les conférences de presse.

    Hier midi avait lieu la conférence de presse de « Polisse » de Maïwenn, film figurant en compétition officielle, en présence de l’équipe au grand complet (retrouvez ma critique du film en cliquant ici). C’est aussi cela Cannes pour les équipes de films : le marathon journalistique et les conférences de presse qui peuvent parfois se révéler tendues en raison des enjeux. La conférence était présentée par Jean-Pierre Lavoignat. La fébrilité et l’anxiété, comme souvent dans les conférences de presse cannoises, étaient palpables (même si un(e)membre de l’équipe a essayé de détendre l’atmosphère avec son humour pince sans-rire et qu’un autre semblait un peu ailleurs et las sauf pour désapprouver certaines questions, je vous laisse deviner de qui il s’agit).

    Cette conférence a ainsi été l’occasion pour Maïwenn d’évoquer ses motivations en choisissant ce sujet : « ce qui m’a transcendée, c’est le thème de l’enfance, point commun entre mes films. » Sur la défensive, et s’avouant impressionnée, Maïwenn a en tout cas montré une vraie connaissance de son sujet et une véritable empathie pour ces policiers « qui ne restent jamais plus de 10 ans à la Brigade des mineurs ».

     « Ce qui motivait les enfants, c’est lorsque je leur disais qu’il s’agissant d’histoires vraies a-t-elle ajouté. Ce sont des choses très pures et dignes qui les poussaient à jouer. » Concernant les dialogues très crues sur la sexualité, entre les membres de la brigade des mineurs lors de leurs moments de pauses, c’est « un moyen de décompresser ». « Les policiers de la brigade des mineurs ont en tout cas tous des raisons personnelles d’être dans cette brigade ». Maïwenn est également revenue sur son rôle dans le film : « ce n’est pas quelque chose que j’ai bien vécu de jouer dans ce film et ce personnage est très renfermé, en contradiction avec l’énergie que nécessite la réalisation  et ce n’est pas un rôle que j’aurais dû jouer, », « C’est une erreur de casting ».

     Maïwenn a répondu à une question sur le nombre de femmes en compétition cette année à Cannes : « Je trouverais ça déplorable qu’il y ait des quotas de femmes. », « C’est très dur sur un plateau. C’est un milieu très masculin. C’est difficile d’être face à des financiers parfois misogynes. »

    Vient ensuite une question pour Joeystarr, un journaliste lui demandant si son personnage de policier a changé son regard sur la police, question à laquelle l’intéresse n’a pas répondu (ou si, par quelques onomatopées).

     Maïwenn s’est dit « frappée de voir que le soir ces policiers ne voulaient pas se quitter. »

    Elle a également évoqué la fin du film « seul moment du film où grâce à la parole et un pardon on comprend qu’un enfant peut se reconstruire. », l’occasion aussi de raconter l’histoire réelle (glaçante) qui lui a inspiré l’histoire de ce petit garçon.

     Sur ses inspirations : « Je crois que j’aime bien Tavernier mais je crois que je préfère Maurice Pialat. C’est surtout les documentaires qui m’ont aidée. »

     Marina Foïs a évoqué la travail de Maïwenn en tant que réalisatrice : « Elle nous fait croire que nous allons inventer ce qui se passe. » Pour Karin Viard, « sa méthode est sans chichis et très direct ». Maïwenn l’a d’ailleurs montré lors de la conférence qualifiant de « scolaire » l’aide d’Emmanuelle Bercot…avant de se rattraper. Pour Sandrine Kiberlain, il n’y a pas « la frontière habituelle », cela l’a aidée à ce qu’il n’y ait pas « le rituel » habituel.

    Maïwenn a également précisé que, pendant le tournage elle était constamment accompagnée d’une psychologue et par une personne de la Dass, qu’elle devait respecter le texte scrupuleusement pour les enfants et qu’elle « n’aurait pu se regarder en face » si elle ne l’avait pas fait en raison d’éventuelles séquelles ultérieures pour les enfants.

    Emmanuelle Bercot a évoqué son admiration pour le « détachement absolu » de Maïwenn, sa « liberté qui a quelque chose de très exaltant ».

     En préambule, j’évoquais les enjeux de Cannes, le producteur Alain Attal a justement répondu à une question à ce sujet. Pour lui « il n’y a pas d’enjeu, c’est une joie énorme » car « c’est un film qui ne peut pas passer sur les chaînes hertziennes traditionnelles » mais il a admit que « les enjeux nous rattrapent. » en parlant de « l’exposition mondiale  pour le film. » Il a également évoqué son admiration pour Maïwenn la remerciant de l’avoir « choisi ».

  • Sélection officielle complète du Festival de Cannes 2011 et compte rendu de la conférence de presse du 14 avril

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    Pour la première fois, j’étais cette année à la conférence de presse de sélection du Festival de Cannes (vous avez ainsi pu me suivre, pour certains, mes commentaires sur cette annonce en direct sur twitter), au Grand Hôtel Intercontinental (je vous en reparlerai prochainement sur In the mood for luxe mais ce n’est pas le sujet du jour), lieu symbolique et mythique puisque c’est là, dans le Salon Indien du Grand Café, le 28 décembre 1895, qu’eut lieu la première projection publique des frères Lumière. Le salon somptueux procure une certaine solennité à l’évènement. La fébrilité s’empare progressivement de la salle, comble.  Les rumeurs circulent dans les travées, chacun s’enorgueillissant de connaître LE film en sélection que les autres ignorent…forcément. Puis, précédé d’une nuée de caméras arrive Thierry Frémaux suivi un peu plus tard de Gilles Jacob. La salle retient son souffle, enfin moi, je retiens mon souffle. N’en déplaisent à certain(e)s, le plaisir est le même que lors de mon premier Festival de Cannes, il y a 11 ans déjà, et mes blogs, plus que jamais, ont et auront vocation à défendre et partager ma passion, toujours viscérale, avec, je l’espère, un regard singulier par des comptes-rendus "d’atmosphère » et non des critiques, prétextes à l’exercice (facile d’ailleurs) d’une plume vengeresse (mais je reviendrai sur le sujet à l’occasion d’un documentaire intitulé « Tous critiques ? » diffusé en mai et dans lequel je suis intervenue pour parler de la critique et des blogs ), ce qui ne m’empêchera pas d’évoquer autant les films que j’aurai appréciés que les autres pour ce festival, exception cannoise au parti pris de ces blog qui est de parler avant tout de mes coups de cœur (et de temps à autre de quelques coups de gueule quand un film, pour une raison ou une autre, me révolte) et non de tous les films auxquels j’assiste. La devise n’en demeurera pas moins celle empruntée à la citation de Saint-Augustin qui a longtemps figuré en exergue de ce blog « Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion ».  Mais revenons à l’essentiel, à Cannes, au cinéma, à la vie qui passera comme un rêve, pour paraphraser le titre du livre de Gilles Jacob, et à cette liste tant attendue, particulièrement enthousiasmante, confirmant un cru hétéroclite et d’exception comme les premiers éléments d’informations diffusés ces dernières semaines le laissaient déjà entendre.

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     La conférence débute par un discours de Gilles Jacob, et notamment par l’éloge du cinéma d’auteur «  de nature à faire progresser le cinéma » et par l’évocation de la vocation du festival à défendre un cinéma plus confidentiel. « Le talent ne peut se mesurer au nombre de billets vendus » a-t-il ajouté rappelant que le but du festival est aussi de « permettre aux œuvres non formatées de s’exprimer ». Il a notamment pris l’exemple du cinéma israélien avec des « films faits dans l’urgence sur des problèmes contemporains, un cinéma qui rencontre son époque. » Pour Gilles Jacob, « de ses composantes, le festival tire son efficacité et son élan ». Il  est également revenu sur le rôle de diplomate du festival (que la palme d’or reflète d’ailleurs souvent même si le jury est souverain dans son choix, il est vrai, mais sans doute non moins conscient des répercussions autres que cinématographiques d’un prix cannois) avec un mot pour « Jafar Panahi toujours au centre de nos préoccupations ». Il a également évoqué l’Egypte « pays à l’honneur », ainsi que le Japon et la Tunisie pour lesquels il a eu une pensée.

    Puis, Thierry Frémaux a pris le relai pour présenter la sélection : 49 longs-métrages sur 1715 reçus dont 40 premières mondiales pour 13 pays représentés.

    Il a scindé en deux groupes les 19 films sélectionnés en compétition. Les films des « habitués » d’un côté, ou du moins intitulés comme tels, le plus souvent d’ailleurs dans une acception péjorative par les détracteurs du festival, une « tradition du festival » d’ailleurs revendiquée par Thierry Frémaux (et à raison, comment ne pas sélectionner un film des Dardenne ou d’Almodovar à chaque fois de petits bijoux ?) et le deuxième groupe constitué de jeunes cinéastes. Pour lui, le festival reste ainsi « un voyage, une proposition artistique ».

    Il a souligné « la diversité stylistique et de production » de cette année avec un mot sur chaque film, avec son enthousiasme habituel (si vous suivez les séances d’Un Certain Regard qu’il présente chaque année, vous le constaterez). Il a notamment évoqué le dernier film de Kim Ki-Duk comme « un journal intime, un film passionnant » (que j’attends d’ailleurs avec impatience) tout en tenant à préciser qu’il n’avait subi aucune pression, dans un sens ou dans l’autre pour la sélection ou la non sélection de la « La Conquête ». Il a également précisé que la sélection serait « d’une tonalité moins sombre cette année. »

    Nous connaissions déjà les noms des présidents des différents jurys : Robert De Niro pour le jury des longs métrages, Michel Gondry pour le jury de la Cinéfondation et des courts-métrages, Emir Kusturica pour le jury Un Certain Regard, Bong Joon-Ho pour le jury de la caméra d’or et nous savions déjà que le film d’ouverture serait « Minuit à Paris » de Woody Allen qui, comme toujours, ne figure pas en compétition (il paraît qu’il s’y refuse toujours obstinément) tandis que le film d’ouverture d’Un Certain Regard sera « Restless » de Gus Van Sant, dont je vous parlais hier.

    Michel Gondry décernera les trois prix de la Cinéfondation, le vendredi 20 mai entouré des membres de son jury, ainsi que la palme d’or du court-métrage au cours de la cérémonie du palmarès le 22 mai.

     Le prix de la caméra d’or sera également remis lors de la cérémonie de clôture, le 22 mai.

    Emir Kusturica décernera le prix Un Certain Regard et l’ensemble du palmarès lors du week end de clôture.

    C’est toujours le 17 mai qu’aura lieu la soirée spéciale en l’honneur de Jean-Paul Belmondo. Ce dernier assistera ainsi à la première du documentaire de Vincent Perrot et Jeff Domenech « Belmondo, Itinéraire… ».

    Une palme d’or d’honneur sera remise à Bernardo Bertolucci le mercredi 11 mai lors de la cérémonie d’ouverture.

    C’est (comme nous le savions également déjà) Mélanie Laurent qui sera la maîtresse de cérémonie de l’ouverture et de la clôture, succédant ainsi à Kristin Scott Thomas. Elle vient de réaliser son premier film « Les adoptés ».

    Cannes Classics, qui accompagne la sélection contemporaine de projections de chefs d’œuvre du patrimoine présentés dans des copies restaurés, débutera cette année avec « Portrait d’une enfant déchue » de Jerry Schatzberg, le jeudi 12 mai, en présence du réalisateur et de son actrice Faye Dunawaye dont la photo sur l’affiche 2011 du festival a ainsi été prise par Jerry Schatzberg.

    L’exposition du festival sera cette année consacrée aux pin-ups rappelant que si Cannes est le plus grand festival de cinéma au monde, c’est aussi un spectacle…

    Un programme encore une fois diversifié et de qualité également dans la section Un certain regard qui  accueillera cette année  Gus Van Sant, Robert Guédiguian, Bruno Dumont, Hong Sangsoo, Kim Ki-Duk…

    Dans la sélection des « habitués » déjà primés par le festival : Lars von Trier avec « Melancholia », « le Gamin au vélo » des frères Dardenne  ou encore Nanni Moretti pour  « Habemus Papam »,  Pedro Almodovar avec « La Piel que habito » (inspiré de Mygale, de Thierry Jonquet) dont Marisa Paredes m’avait parlé, les yeux brillants, suscitant ma curiosité lors du déjeuner presse des « Yeux de sa mère ». Almodovar aurait été au départ réticent à le montrer à Cannes avant sa sortie en Espagne, c'est donc une des bonnes surprises de cette sélection.

    Côté films français, on retrouvera en compétition Alain Cavalier avec  Pater dans lequel le cinéaste  joue avec Vincent Lindon ;  Maïwenn avec Polisse, son troisième film et le premier présenté à Cannes et Bertrand Bonnello avec Apollonide – souvenirs de la maison close.

    La Conquête, de Xavier Durringer sera donc finalement projetée à Cannes, hors compétition, le 18 mai, le  jour de sa sortie en salles. Thierry Frémaux a ainsi tenu à affirmer que le film ne serait pas montré avant cette date.

    4 femmes seront cette année en compétition : Lynne Ramsay, Naomi Kawase, Maïwenn, Julia Leigh.

    Quant aux inconditionnels des montées des marches, sans doute déçus par un générique moins prestigieux qu’à l’accoutumé l’an passé, ils seront ravis cette année, ne serait-ce qu’avec les présidents de jurys et les cinéastes en compétition mais aussi notamment  avec « Pirates des caraïbes : la fontaine de Jouvence » qui donnera l’occasion à Penelope Cruz et à Johnny Depp de monter les marches, ou encore avec « Tree of life » pour lequel Brad Pitt montera les marches, ainsi que vraisemblablement Angelina Jolie. Sean Penn, absent l’an passé malgré un film en compétition, devrait revenir cette année avec deux films en sélection (celui de Terrence Malick et celui de Paolo Sorrentino). Générique de rêve également pour le film de Lars Von Trier : Charlotte Gainsbourg, Kirsten Dunst et Charlotte Rampling.

     Nombreux sont les films que je ne souhaite pas manquer, le choix sera donc cornélien. Il me sera évidemment impossible de vous parler de tout mais j’essaierai de vous livrer une vue d’ensemble du festival.

    Il ne s’agit là que d’un résumé et chaque jour, jusqu’à l’ouverture, je vous détaillerai ici chacun des films de la compétition en attendant de vous livrer ici mes critiques en direct de Cannes et mes Live tweets à partir du 11 mai sur http://twitter.com/moodforcannes .  Je continuerai aussi à vous livrer de nombreuses informations pratiques et notamment les blogs et sites sur lesquels je vous recommanderai de suivre le festival comme Cannesenlive (des cinéphiles en direct de Cannes et habitués de Cannes qui vous parleront aussi bien des soirées que des films, un des premiers blogs consacrés au festival), Hugo Mayer Leblogreporter (le roi des soirées cannoises –et parisiennes- également aux manettes de l’excellent site Cannes Addict d'Adr Prod , lui aussi un des « vétérans » des sites en direct de Cannes) et Cinedouard (qui parle sur son blog d’opéra et évidemment de cinéma que vous pourrez retrouver sur Artistik Rézo) également croisés avec plaisir à la conférence ce matin.

    Je vous laisse découvrir ci-dessous en détails la sélection officielle : compétition, hors compétition, séances spéciales, séances de minuit, Cinéfondation, Un Certain Regard.

    Sachez enfin qu’une application officielle « Festival de Cannes » bilingue et très détaillée (avec un espace dédié aux professionnels) sera téléchargeable gratuitement à partir du 7 mai 2011

    Je vous rappelle que, comme chaque année, vous pourrez suivre le 64ème Festival de Cannes en direct sur ce blog mais aussi sur deux de mes autres blogs, http://wwwinthemoodforcinema.com et http://www.inthemoodforluxe.com . Suivez-moi également sur mon compte twitter spécial Cannes  (http://twitter.com/moodforcannes ) et sur la nouvelle page Facebook d’Inthemoodforcannes (http://facebook.com/inthemoodforcannes )

    Sélection officielle- Compétition

    Woody ALLEN MIDNIGHT IN PARIS (Hors competition)

    Films en compétition

    Pedro ALMODÓVAR LA PIEL QUE HABITO

    Bertrand BONELLO L'APOLLONIDE - SOUVENIRS DE LA MAISON CLOSE

    Alain CAVALIER PATER

    Joseph CEDAR HEARAT SHULAYIM

    Nuri Bilge CEYLAN BIR ZAMANLAR ANADOLU'DA (ONCE UPON A TIME IN ANATOLIA)

    Jean-Pierre et Luc DARDENNE LE GAMIN AU VÉLO

    Aki KAURISMÄKI LE HAVRE

    Naomi KAWASE HANEZU NO TSUKI

    Julia LEIGH SLEEPING BEAUTY

    MAÏWENN POLISSE

    Terrence MALICK THE TREE OF LIFE

    Radu MIHAILEANU LA SOURCE DES FEMMES

    Takashi MIIKE ICHIMEI

    (HARA-KIRI: DEATH OF A SAMURAI)

    Nanni MORETTI HABEMUS PAPAM

    Lynne RAMSAY WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN

    Markus SCHLEINZER MICHAEL

    Paolo SORRENTINO THIS MUST BE THE PLACE

    Lars VON TRIER MELANCHOLIA

    Nicolas WINDING REFN DRIVE

    Sélection officielle – Un Certain Regard

    Film d’Ouverture

    Gus VAN SANT RESTLESS

    Bakur BAKURADZE THE HUNTER

    ANDREAS DRESEN HALT AUF FREIER STRECKE

    Bruno DUMONT HORS SATAN

    SEAN DURKIN MARTHA MARCY MAY MARLENE

    Robert GUEDIGUIAN LES NEIGES DU KILIMANDJARO

    Olivier HERMANUS SKOONHEID

    Hong Sangsoo THE DAY HE ARRIVES

    Cristian JIMENEZ BONSAÏ

    Eric KHOO TATSUMI

    Kim Ki-Duk ARIRANG

    Nadine LABAKI ET MAINTENANT ON VA Où

    Catalin MITULESCU LOVERBOY

    Na Hong-Jin YELLOW SEA

    Gerardo NARANJO MISS BALA

    Juliana ROJAS, Marco DUTRA TRABALHAR CANSA (Travailler fatigue)

    Pierre SCHOELLER L’EXERCICE DE L’ETAT

    Ivan SEN TOOMELAH

    Joachim TRIER OSLO, AUGUST 31ST

    Hors Compétition :

    Xavier DURRINGER LA CONQUETE

    Jodie FOSTER THE BEAVER (LE COMPLEXE DU CASTOR)

    Michel HAZANAVICIUS THE ARTIST

    Rob MARSHALL PIRATES OF THE CARIBBEAN: ON STRANGER TIDES

    (PIRATES DES CARAÏBES : LA FONTAINE DE JOUVENCE)

    Séances de minuit :

    CHAN Peter Ho-Sun WU XIA

    Tekla TAIDELLI DIAS DE GRACIA (JOURS DE GRÂCE)

    Séances spéciales :

    Frederikke ASPÖCK LABRADOR

    Rithy PANH LE MAÎTRE DES FORGES DE L'ENFER

    Michael RADFORD MICHEL PETRUCCIANI

    Christian ROUAUD TOUS AU LARZAC

    Sélection Cinéfondation 2011 :

    ARAMISOVA

    FAMU, République Tchèque CAGEY TIGERS

    Nathanael CARTON

    NYU Asie, Singapour     SUU ET UCHIKAWA

    Simão CAYATTE

    Columbia University, États-Unis A VIAGEM

    Anat COSTI

    Bezalel Academy, Israël BEFETACH BEITY

    D. Jesse DAMAZO, Joe BOOKMAN

    University of Iowa, États-Unis THE AGONY AND SWEAT OF THE HUMAN SPIRIT

    Pieter DIRKX

    Sint-Lukas University, Belgique BENTO MONOGATARI

    Doroteya DROUMEVA

    dffb, Allemagne  DER BRIEF

    Alice FURTADO

    Universidade Federal Fluminense, Brésil DUELO ANTES DA NOITE

    Kamal LAZRAQ

    La fémis, France DRARI

    Mariano LUQUE

    Universidad Nacional de Córdoba, Argentine SALSIPUEDES

    Gastón MARGOLIN, Martín MORGENFELD

    Universidad del Cine, Argentine LA FIESTA DE CASAMIENTO

    Pasquale MARINO

    Centro Sperimentale di Cinematografia, Italie L'ESTATE CHE NON VIENE

    Jefferson MONEO

    Columbia University, États-Unis BIG MUDDY

    Ma'ayan RYPP

    Tel Aviv University, Israël AL MARTHA LAUF

    SON Tae-gyum

    Chung-Ang University, Corée du Sud YA-GAN-BI-HANG

    Maria STEINMETZ

    HFF ''Konrad Wolf'', Allemagne DER WECHSELBALG

     
  • La conférence de presse du 64ème Festival de Cannes avec Gilles Jacob et Thierry Frémaux, en direct

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    Nouveauté pour les blogs in the mood. Cette année, je serai en effet pour la première fois à la conférence de presse de l'annonce de la programmation et de la sélection officielle du 64ème Festival de Cannes par Thierry Frémaux et Gilles Jacob qui aura lieu ce jeudi 14 avril, à 11H. Je vous invite donc à la suivre en direct sur mon compte twitter (http://twitter.com/moodforcannes ) et bien sûr vous pourrez en retrouver le compte rendu détaillé dès mon retour sur http://www.inthemoodforcannes.com et http://www.inthemoodforcinema.com / en attendant d'y suivre le festival en direct, du 11 au 23 mai. (ainsi que sur http://www.inthemoodforluxe.com pour un aspect plus "gastronomique" et "festif".)

  • Conférence de presse de « La nostra vita » de Daniele Luchetti : avec Elio Germano …

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    Je n'ai pas (encore) vu « La nostra vita » (le festivalier cannois se retrouve parfois confronté  à des choix cinématographiques cornéliens...), film italien de Daniele Luchetti figurant en compétition du Festival de Cannes 2010, en revanche j'ai assisté à sa conférence de presse animé par Jean Gili, en présence d'Elio Germano, prix d'interprétation masculine pour ce film (ex-aequo avec Javier Bardem qui a également reçu ce même prix pour « Biutiful ») et de toute l'équipe du film. La cérémonie de clôture a été l'occasion pour Elio Germano  de donner une fois de plus une résonance politique à ce palmarès dont le retentissement dépasse bien souvent les frontières cinématographiques, en déclarant ainsi « Je voulais dédier ce prix à l'Italie et aux Italiens qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour faire de l'Italie un pays meilleur malgré la classe dirigeante ».

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     Voici mes photos de cette conférence et quelques extraits des différentes interventions des membres de l'équipe du film.

    Pour Daniele Luchetti, le but initial était de « faire un documentaire sur une ville balnéaire à quelques kilomètres de Rome avec des appartements peuplés de familles simples. » Ce qui l'a frappé c'est la différence entre ce qu'il voyait dans la réalité et ce qu'il voyait dans les films italiens. 

    Pour le scénariste Sandro Petraglia le « milieu est essentiel dans le film italien pour raconter l'Italie. Dans ce film il s'agit d'une famille traditionnelle normale et tout à coup survient la perte de la femme. Le père ne sait plus ce qu'il doit faire. Comment trouver un sens dans cette union familiale ? C'est un sentiment difficile en Italie qui fait que l'argent se substitue aux relations humaines mais aussi aux idéologies. » «  C'est un voyage plein de vitalité qui l'aidera à trouver une autre manière d'être avec l'autre. » « Au début, l'idée était celle de l'espace externe puis de l'espace interne émotionnel des acteurs. Il y a un problème d'identité en Italie. Notre pays en ce moment est déconnecté. »

    Selon Daniele Luchetti, il ne s'agit « pas vraiment d'une critique de la société italienne. Il s'agissait plutôt de la raconter, la regarder en s'abstrayant de tout jugement. C'est un film qui épouse une certaine miséricorde envers l'être humain. »

    Pour Elio Germano c'est l'aspect dramatique du personnage qui a été le plus difficile à affronter.

    Selon le comédien Raoul Bova, son personnage est « ingénu, mélancolique, naïf, il a beaucoup aimé la famille et voulait maintenir les vieilles traditions créées avec ses parents. » C'est un rôle qui lui a beaucoup plu en raison de la sincérité de ses personnages. « La famille est la seule chose qui puisse donner la force de surmonter certaines difficultés. C'est un personnage qui peut sembler faible et qui se dépasse pour l'amour de son frère même s'il a fait des choses qu'il ne partage pas. »

    Pour la comédienne Stefania Montorsi, son personnage est une « sorte de remplacement maternel pour ses frères mais elle n'est pas en mesure de transmettre de l'affection. »

    Pour le comédien Luca Zingaretti il y a « du changement profond dans le pays. La vie des gens s'est profondément modifiée.  L'Italie n'est pas devenue immorale mais amorale  même si la barrière entre l'immoralité et l'amoralité devient de plus en plus fine. » Son personnage, selon lui, est le reflet de ce changement, est le personnage de cette nouvelle classe sociale Il est le « résultat de la désagrégation de la société. »

  • Conférence de presse de « Hors-la-loi » de Rachid Bouchareb

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    La conférence de presse du film de Rachid Bouchareb (« Hors-la-loi ») qui revenait sur la Croisette 4 ans après la présentation d' « Indigènes » en compétition, était sans aucun doute la plus attendue de ce festival en raison de la polémique évoquée dans mon article précédent. C'est pourtant ( et heureusement) le cinéma qui fut davantage évoqué lors de cette conférence. En voici un résumé.

    Rachid Bouchareb  a tout d'abord tenu à remercier Thierry Frémaux. Puis il a précisé que le film n'était « pas fait pour mettre en place un affrontement  mais au contraire pour avoir un débat .» « Que cela suscite une telle violence autour du film » est exagéré a-t-il ajouté. « Il n'y a aucune raison pour que les générations qui arrivent héritent du passé. »

    Jamel Debbouze évoquant son personnage et l'attitude qu'il aurait eu dans les mêmes circonstances : « Mon personnage ne rentre pas complètement dans la révolution. Je pense que c'est ce que j'aurais fait et en même temps ceux qui l'ont fait n'avaient pas d'autre alternative. » Rachid Bouchareb a également démenti la rumeur selon laquelle Matignon aurait fait des pressions pour que le film ne soit pas sous pavillon français au festival.

    Rachid Bouchareb a défini ainsi son film : « Mon film parle de la violence politique. Cette violence politique est liée à tout mouvement révolutionnaire et pas seulement à la révolution algérienne. » « Je voulais aussi que mon film soit un western. » Concernant la réaction parfois virulente des pieds noirs, Rachid Bouchareb a précisé : « Quand j'ai vu « Le coup de Sirocco » j'ai été très ému mais chacun a son histoire dans la grande Histoire. » « Mon film n'est pas un film contre. Il a le même esprit qu' »Indigènes ». Dans ce film chacun a sa place. La douleur c'est l'histoire de toutes les mères. C'est la meilleure réponse qu'on peut donner. »

    Pour Jamel Debbouze, « une polémique n'existe que si elle est en résonance avec le présent. Pour aborder l'avenir il faut bien avoir fait le point sur le passé. » Pour Rachid Bouchareb, le film est « un voyage dans le passé colonial. Pour moi c'est aussi découvrir des choses quand je fais un film, par exemple comment le public et la presse réagissent. »

    A la fin de la conférence Rachid Bouchareb a tenu à déclarer que « les promesses faîtes aux anciens combattants n'ont pas été tenues ». Enfin pour clore la polémique : « Je ne discuterai pas avec les gens qui veulent faire du film un champ de bataille car il y a eu trop de violence dans le passé. On ne va pas remettre ça aujourd'hui. »

  • Conférence de presse de l’équipe de « Carlos » d’Olivier Assayas

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    C'est un peu tardivement hier que j'ai découvert que mon pass me donnait accès aux conférences de presse (je pensais que les télévisions étaient prioritaires et donc n'avoir que peu de chances d'y accéder). C'est avec surprise que j'ai découvert que non seulement il m'était simple d'y accéder mais qu'en plus certaines étaient très loin de faire le plein de journalistes. (A noter que vous pouvez également suivre ces conférences de presse en direct sur TV festival). Hier, j'ai donc profité de ce privilège découvert un peu tardivement en assistant à deux conférences de presse dont celle du film « Carlos » d'Olivier Assayas (je vous parlerai de l'autre ultérieurement).

    Assayas y raconte l'existence du célèbre terroriste né en 1949 à Caracas, un  triptyque pour Canal + de plus de 5H30. Pour certains, cette série tournée initialement pour la télévision n'avait pas sa place sur la Croisette. L'équipe du film est revenue sur ce sujet ainsi que les tentatives de Carlos pour faire interdire le film.

    Ainsi pour Olivier Assayas «  il y a 120 personnages dans le film. S'il avait fallu demander une opinion à chacun, on n'aurait pas envisagé de faire ce film. Carlos est une figure médiatique controversée dont les actions ont suscité des thèses contradictoires. Il ne s'agit pas d'une biographie mais d'une interprétation d'un mythe contemporain. Dire que Carlos doit être consulté est une vision très enfantine de ce que peut être le cinéma ».

     Pour l'acteur principal qui incarne Carlos, le charismatique et polyglotte Edgar Ramirez ce n'est pas « l'histoire de Carlos mais une histoire basée sur les événements publics . C'est une interprétation de la vie de Carlos. » « Le but n'était pas de faire une biographie. C'est une fiction basée sur des faits historiques. Carlos est une métaphore entre l'envie de défendre des causes collectives et les ambitions individuelles, le tout lié par le pouvoir, l'argent, le sexe, l'amour. »

     Pour le producteur, Daniel Leconte,  Carlos c'est « la figure excentrique de la violence terroriste, un décrypteur formidable de l'époque. Carlos a ainsi traversé un monde, la fin d'un monde et le début d'un autre. » 

    Assayas quant à lui s'est dit intéressé par « les contradictions qui définissent l'humanité » et que reflète la personnalité de Carlos. « Ce n'est pas un film politique mais un film sur la politique. », « Ce qui incluait de recréer la complexité de la politique », « Carlos est fascinant car déterminé par la géopolitique ».

    A un journaliste qui demandait à Olivier Assayas pourquoi il avait fait de Carlos une rockstar ce dernier a répondu : « il est une rockstar car il s'est construit comme ça. » « S'il n'avait pas été aussi visible il serait aujourd'hui libre. Il a été un visage arrogant du terrorisme. Son charisme est aussi la caractéristique de son déclin. Carlos a toujours vécu avec une image médiatique de star ».

     Pour Daniel Leconte  « Carlos a érigé le terrorisme en communication exceptionnelle. »

     Concernant le fait qu'un film initialement destiné à la télévision soit sélectionné à Cannes, Assayas a répondu que « Cannes doit rendre compte de la transformation du cinéma au présent. Tous les choix que j'ai faits relèvent de trouver ou se trouver une zone de liberté. » « Je crois que ce film bouscule autant le cinéma que la télévision. »

    Je vous parlerai ultérieurement de la conférence de presse de « La nostra vita » à laquelle j'ai également assisté hier pour aller à celle de « Hors-la-loi » de Rachid Bouchareb qui promet d'être mouvementée en raison de la polémique suscitée par le film. A suivre demain sur les blogs inthemood !