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  • Festival de Cannes 2018 : le programme de Cannes Classics

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    Chaque année, j’assiste toujours à quelques séances de Cannes Classics dont certaines figurent parmi mes meilleurs souvenirs du Festival de Cannes. Cette année, à nouveau, il sera difficile de résister avec, notamment, au programme, deux femmes de l’histoire du cinéma, Alice Guy et Jane Fonda, les 50 ans de 2001 : l’odyssée de l’espace vus par Christopher Nolan, un essai de Mark Cousins sur Orson Welles, l’hommage à Bergman de Margarethe von Trotta, Fernando Solanas et L’Heure des brasiers, la ressortie de Cinq et la peau de Pierre Rissient, du patrimoine africain, des trésors inconnus et des chefs-d’œuvre reconnus. En projetant des films de patrimoine en version restaurée 2K et 4K ou une recréation photochimique exceptionnelle, Cannes Classics continue son travail d’exploration de l’histoire du cinéma, avec des documentaires produits en 2018 et des longs métrages présentés par des producteurs, distributeurs, fondations, cinémathèques, ayants-droit qui travaillent à la sauvegarde du passé pour le faire revivre au présent.   La plupart des films sont projetés salle Buñuel, salle du Soixantième ou au Cinéma de la Plage. Toutes les séances seront présentées, soit par des réalisateurs, des artistes ou des responsables des restaurations, soit par des professionnels venus des archives ou des cinémathèques.

    En voici le programme

    Alice Guy et Jane Fonda

    Be Natural: The Untold Story of Alice Guy-Blaché (Soyez naturel : L’histoire inédite d’Alice Guy-Blaché) de Pamela B. Green (2018, 2h, États-Unis)

    Première femme réalisatrice, productrice et directrice de studio de l’histoire du cinéma, Alice Guy est le sujet d’un documentaire mené tambour battant telle une enquête visant à faire (re)connaître la cinéaste et son œuvre de par le monde.

    Une présentation de Wildwood Enterprises en association avec Artemis Rising. Produit par A Be Natural Production. En présence de la réalisatrice Pamela B. Green.

    Jane Fonda in Five Acts de Susan Lacy (2018, 2h13, États-Unis)

    La carrière cinématographique de Jane Fonda, sa place dans l’histoire du XXe siècle, sa relation aux hommes de sa vie.

    Une présentation de HBO Documentary Films. Produit par Pentimento Productions. En présence de Susan Lacy et de Jane Fonda.

    Les 50 ans de 2001 : l’odyssée de l’espace

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    2001: A Space Odyssey (2001 : l’odyssée de l’espace) de Stanley Kubrick (1968, 2h44, Royaume-Uni, États-Unis)

    Une présentation de Warner Bros. Copie 70mm tirée à partir d’éléments du négatif original. Il s’agit d’une recréation photochimique fidèle qui n’a fait l’objet d’aucune retouche numérique, effet remasterisé ni modification de montage. Présenté par le réalisateur Christopher Nolan, le film sera projeté en salle Debussy, avec entracte de 15mn, dans l’exacte reproduction de l’expérience vécue par les spectateurs lors de la sortie du film au printemps 1968. En présence également de la fille de Stanley Kubrick, Katharina Kubrick, et de son coproducteur Jan Harlan.

    Orson Welles

    The Eyes of Orson Welles (Les Yeux d’Orson Welles) de Mark Cousins (2018, 1h55, Royaume-Uni)

    Un voyage du critique et historien de cinéma Mark Cousins, auteur de Story of Film, dans l’univers pictural d’Orson Welles, ses dessins, peintures et œuvres de jeunesse, vus pour la première fois à l’écran, grâce à sa fille Beatrice Welles.

    Une présentation de Bofa Productions. Produit par Bofa Productions avec Creative Scotland, the BBC et Filmstruck. En présence du réalisateur Mark Cousins.

    Centenaire Ingmar Bergman

    Searching for Ingmar Bergman (À la recherche d’Ingmar Bergman) de Margarethe von Trotta (2018, 1h39, Allemagne, France)

    La réalisatrice allemande Margarethe von Trotta, qu’Ingmar Bergman appréciait beaucoup, part sur les traces du cinéaste en même temps que celles de son propre passé et interroge la nouvelle génération à propos de la place laissée par le maître suédois.

    Une présentation de C-Films (Deutschland) à Hamburg et Mondex et Cie-France. Ventes internationales, Edward Noeltner, CMG à Los Angeles. En présence de Margarethe von Trotta.

    Bergman — ett år, ett liv (Bergman – A Year in Life) de Jane Magnusson (2018, 1h56, Suède)

    Bergman – A Year in Life retrace l’existence de Bergman pendant l’année 1957 au moment de la sortie des Fraises sauvages et du Septième Sceau. Par Jane Magnusson, déjà auteur en 2013 de Trespassing Bergman avec Martin Scorsese, Woody Allen, Francis Coppola, Wes Anderson.

    Une présentation de B-reel Films. Produit par Mattias Nohrborg, Cecilia Nessen, Fredrik Heinig pour B-reel Film, avec SvT, Nordsvensk, FRSM, Reel Ventures, SF et avec le soutien de SFI, NFI et NFTV. Distribution : Carlotta Films. En présence de Jane Magnusson.

    Det sjunde inseglet (Le Septième Sceau / The Seventh Seal) d’Ingmar Bergman (1957, 1h36, Suède)

    La rencontre d’un chevalier avec la Mort et une partie d'échecs qui fait légende… Le chef-d’œuvre le plus célèbre d’Ingmar Bergman et l’un des rôles les plus marquants de Max von Sydow.

    Une présentation du Swedish Film Institute. Numérisation et restauration 4K à partir du négatif original et du mixage final sur bande magnétique menées par le Swedish Film Institute. Distribution salles : Studiocanal et Carlotta Films.

    Tous les films de Cannes Classics

    Battement de cœur (Beating Heart) d'Henri Decoin (1939, 1h37, France)

    Une présentation Gaumont. Restauration 2K en association avec le CNC. Travaux image effectués par Eclair, son restauré par L.E. Diapason en partenariat avec Eclair.

    Ladri di biciclette (Le Voleur de bicyclette / Bicycle Thieves) de Vittorio De Sica (1948, 1h29, Italie)

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    Une présentation de Fondazione Cineteca di Bologna, Stefano Libassi’s Compass Film et Istituto Luce-Cinecittà. Une restauration de la Fondazione Cineteca di Bologna et Stefano Libassi’s Compass Film, en collaboration avec Arthur Cohn, Euro Immobilfin et Artédis, et avec le soutien d'Istituto Luce-Cinecittà. Restauration menée au laboratoire L’Immagine Ritrovata.

    Enamorada d’Emilio Fernández (1946, 1h39, Mexique)

    Une présentation de The Film Foundation. Restauration menée par UCLA Film & Television Archive et The Film Foundation’s World Cinema Project en collaboration avec Fundacion Televisa AC et Filmoteca de la UNAM et financée par la Material World Charitable Foundation. Le film sera présenté par Martin Scorsese.

    Tôkyô monogatari (Voyage à Tokyo / Tokyo Story) de Yasujiro Ozu (1953, 2h15, Japon)

    Une présentation de Shochiku. Restauration numérique 4K menée par Shochiku Co., Ltd. en coopération avec The Japan Foundation à partir du négatif 35mm chez Shochiku MediaWorX Inc. et IMAGICA Corp. Distribution salles : Carlotta Films.

    Vertigo (Sueurs froides) d’Alfred Hitchcock (1958, 2h08, États-Unis)

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    Une présentation de Park Circus. Restauration numérique 4K à partir du négatif VistaVision faite par Universal Studios. Le film sera projeté au Cinéma de la Plage.

    The Apartment (La Garçonnière) de Billy Wilder (1960, 2h05, États-Unis)

    Une présentation de Park Circus en coopération avec Metro-Goldwyn-Mayer. Restauration numérique 4K à partir du négatif original caméra à la Cineteca di Bologna et supervisée par Grover Crisp pour Park Circus. Étalonnage par Sheri Eissenburg à Roundabout Los Angeles.

    Démanty noci (Les Diamants de la nuit / Diamonds of the Night) de Jan Němec (1964, 1h08, République tchèque)

    Une présentation du National Film Archive, Prague. Restauration menée par Universal Production Partners studio à Prague sous la supervision du National Film Archive, Prague.

    Voyna i mir. Film I. Andrei Bolkonsky (Guerre et paix. Film I. Andrei Bolkonsky / War and Peace. Film I. Andrei Bolkonsky) de Sergey Bondarchuk (1965, 2h27, Russie)

    Une présentation de Mosfilm Cinema Concern. Restauration numérique image par image de l’image et du son à partir d’un scan 2K. Producteur de la restauration : Karen Shakhnazarov.

    La Religieuse (The Nun) de Jacques Rivette (1965, 2h15, France)

    Une présentation de Studiocanal. Restauration 4K d’après le négatif image original. Restauration son à partir du négatif son (seul élément conforme). Travaux réalisés par le laboratoire L’immagine Ritrovata sous la supervision de Studiocanal et de Madame Véronique Manniez-Rivette avec l’aide du CNC, de la Cinémathèque française ainsi que du Fonds culturel franco-américain.

    Četri balti krekli (Quatre chemises blanches / Four White Shirts) de Rolands Kalnins (1967, 1h20, Lettonie)

    Une présentation du National Film Centre of Latvia. Scan 4K et restauration numérique 3K à partir de l’internégatif original 35mm et d’un marron afin d’obtenir un master 2K. Restauration financée par National Film Centre of Latvia et menée par Locomotive Productions (Latvia). En présence du réalisateur Rolands Kalnins.

    La Hora de los hornos (L’Heure des brasiers / The Hour of the Furnaces) de Fernando Solanas (1968, 1h25, Argentine)

    Une présentation de CINAIN - Cinemateca y Archivo de la Imagen Nacional. Restauration 4K à partir des négatifs originaux, grâce à l’Instituto Nacional de Cine y Artes Audiovisuales (INCAA), à Buenos Aires. Sous la supervision du réalisateur. Distribution France : Blaq Out. En présence de Fernando Solanas.

    Le Spécialiste (Gli specialisti / Specialists) de Sergio Corbucci (1969, 1h45, France, Italie, Allemagne)

    Une présentation de TF1 Studio. Version intégrale inédite restaurée en 4K à partir du négatif image original Technicolor - Techniscope et des magnétiques français et italien par TF1 Studio. Travaux numériques réalisés par le laboratoire L’Image retrouvée, Paris/Bologne. Distribution salles : Carlotta Films. Le film sera projeté au Cinéma de la Plage.

    João a faca e o rio (João et le couteau / João and the Knife) de George Sluizer (1971, 1h30, Pays-Bas)

    Une présentation d'EYE Filmmuseum, Stoneraft Film en association avec Haghefilm Digital. Restauration 4K à partir du négatif caméra Techniscope 35mm filmé par Jan de Bont qui présente richesse de couleurs issue du négatif et netteté d’image sans passer par le gonflage en Cinémascope.

    Coup pour coup (Blow for Blow) de Marin Karmitz (1972, 1h30, France)

    Une présentation de MK2. Restauration réalisée par Eclair à partir du négatif original en 2K avec l’aide du CNC et supervisée par le réalisateur. Distribution en France MK2, ressortie le 16 mai 2018. En présence de Marin Karmitz.

    L'une chante, l'autre pas (One Sings the Other Doesn't) d'Agnès Varda (1977, 2h, France)

    Une présentation de Ciné Tamaris.

    Le film sera projeté au Cinéma de la Plage en présence d’Agnès Varda.

    Numérisation en 2k  à partir du négatif original et restauration, étalonnage sous la supervision d’Agnès Varda et Charlie Van Damme. Avec l’aide du CNC, de la fondation Raja, Danièle Marcovici & IM production Isabel Marant, avec le soutien de Women in motion / KERING. Ventes internationales MK2 films. Distribution salles : Ciné Tamaris (sortie en France le 4 juillet 2018).

    Grease de Randal Kleiser (1978, 1h50, États-Unis)

    Une présentation de Park Circus et de Paramount Pictures. Restauration numérique 4K à partir du négatif caméra original. Le film sera projeté au cinéma de la plage en présence de John Travolta.

    Fad,jal (Grand-père, raconte-nous) de Safi Faye (1979, 1h52, Sénégal, France)

    Une présentation du CNC et de Safi Faye. Restauration numérique effectuée à partir de la numérisation en 2K des négatifs 16mm. Restauration réalisée par le laboratoire du CNC. En présence de Safi Faye.

    Cinq et la peau (Five and the Skin) de Pierre Rissient (1981, 1h35, France, Philippines)

    Une présentation de TF1 Studio. Restauration 4K à partir du négatif image original et du magnétique français par TF1 Studio, avec le soutien du CNC et la collaboration du réalisateur Pierre Rissient. Distribution salles : Carlotta Films. En présence de Pierre Rissient.

    A Ilha dos Amores (L’Île des amours / The Island of Love) de Paulo Rocha (1982, 2h49, Portugal, Japon)

    Une présentation de Cinemateca Portuguesa – Museu do Cinema. Scan wet gate 4K de deux interpositifs 35mm image et son. Étalonnage réalisé par La Cinemaquina (Lisbonne, Portugal) avec une copie d’exploitation 35mm de 1982 comme référence. Restauration numérique image par IrmaLucia Efeitos Especiais (Lisbonne, Portugal).

    Out of Rosenheim (Bagdad Café) de Percy Adlon (1987, 1h44, Allemagne)

    Une présentation de Studiocanal. Numérisation et restauration 4K. Travaux confiés au laboratoire Alpha Omega Digital à Munich et effectués sous la supervision constante du réalisateur Percy Adlon. Négatif original, conservé à Los Angeles en excellente condition, traité à Munich pour le scan et la restauration image par image. Le film sera projeté au Cinéma de la Plage en présence de Percy Adlon.

    Le Grand Bleu (The Big Blue) de Luc Besson (1988, 2h18, France, Etats-Unis, Italie)

    Une présentation de Gaumont. Restauration 2K, travaux image effectués par Eclair, son restauré par L.E Diapason en partenariat avec Eclair. Séance organisée à l’occasion des trente ans de la projection du film en ouverture du Festival de Cannes 1988. Le film sera projeté au Cinéma de la Plage.

    Driving Miss Daisy (Miss Daisy et son chauffeur) de Bruce Beresford (1989, 1h40, États-Unis)

    Une présentation de Pathé. Restauration 4K à partir des négatifs 35mm originaux image et son. Restauration réalisée par Pathé au laboratoire L’image Retrouvée (Paris/Bologne) avec la collaboration du réalisateur Bruce Beresford.

    Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau (1990, 2h15, France)

    Une présentation de Lagardère Studios Distribution. Numérisation supervisée par Jean-Paul Rappeneau à partir du négatif original et restauration 4K réalisées par le laboratoire L’Image Retrouvée pour Lagardère Studios Distribution avec le soutien du CNC, de la Cinémathèque française, du Fonds Culturel Franco-Américain, d’Arte France–Unité Cinéma, de Pathé et de Monsieur Francis Kurkdjian. Distribution salles : Carlotta Films (en cours). En présence de Jean-Paul Rappeneau.

    Hyènes (Hyenas) de Djibril Diop Mambéty (1992, 1h50, Sénégal, France, Suisse)

    Une présentation de Thelma Film AG, avec le soutien de la Cinémathèque Suisse. Scan à partir du négatif original, nettoyage et correction colorimétrie en 2K. Travaux menés par Eclair Cinéma SAS. Ventes internationales : Thelma Film AG. Distribution France : JHR Films (en cours).

    Précédé de : Lamb (La Lutte sénégalaise) de Paulin Soumanou Vieyra (1963, 18 min, Sénégal). Une présentation de La Cinémathèque de l’Institut français, Orange et PSV Films. Restauration numérique effectuée à partir de la numérisation en 2K des négatifs 35mm. Restauration réalisée par Eclair.

    El Massir (Le Destin / Destiny) de Youssef Chahine (1997, 2h15, Égypte, France)

    En avant-première de la rétrospective intégrale à la Cinémathèque française en octobre 2018, une présentation d’Orange Studio et MISR International films, avec le soutien du CNC, encouragé par La Cinémathèque française. Restauration en 4K au laboratoire Éclair Ymagis par Orange Studio, MISR International Films et la Cinémathèque française avec le soutien du CNC. Le film sera projeté au Cinéma de la Plage.

  • Festival de Cannes 2018 : compléments de sélection

    Comme promis lors de la conférence de presse du Festival du 12 avril lors de laquelle avait été annoncée la sélection officielle, d'autres films viennent aujourd'hui s'ajouter à cette sélection.

    Compétition

    Les nouveaux films sont :

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    UN COUTEAU DANS LE CŒUR (KNIFE + HEART) du Français Yann Gonzalez, avec Vanessa Paradis.

    AYKA du Russe Sergey Dvortsevoy, réalisateur de Tulpan, vainqueur du Prix Un Certain Regard en 2008.

    Ce sont les deuxièmes films de Yann Gonzalez et de Sergey Dvortsevoy et c’est la première fois qu’ils viennent en Compétition.

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    AHLAT AGACI (THE WILD PEAR TREE / LE POIRIER SAUVAGE) du Turc Nuri Bilge Ceylan, Palme d’or 2014 avec Winter Sleep (dont vous pouvez retrouver ma critique en bas de cet article).

     Passionné de littérature, Sinan a toujours voulu être écrivain. De retour dans son village natal d’Anatolie, il met toute son énergie à trouver l’argent nécessaire pour être publié, mais les dettes de son père finissent par le rattraper…

    La Compétition 2018 est donc désormais composée de 21 films. Retrouvez les autres films en compétition dans mon article à ce sujet, ici.

    Hors Compétition

    "Pierre Lescure, Président du Festival, et son Conseil d’Administration ont décidé d’accueillir le retour du réalisateur danois Lars von Trier, Palme d’or 2000, en Sélection officielle" nous annonce le festival. Son nouveau film sera projeté Hors Compétition.

    THE HOUSE THAT JACK BUILT de Lars von Trier, avec Matt Dillon et Uma Thurman.

     États-Unis, années 70.
    Nous suivons le très brillant Jack à travers cinq incidents et découvrons les meurtres qui vont marquer son parcours de tueur en série. L'histoire est vécue du point de vue de Jack. Il considère chaque meurtre comme une œuvre d'art en soi. Alors que l'ultime et inévitable intervention de la police ne cesse de se rapprocher (ce qui exaspère Jack et lui met la pression) il décide - contrairement à toute logique - de prendre de plus en plus de risques. Tout au long du film, nous découvrons les descriptions de Jack sur sa situation personnelle, ses problèmes et ses pensées à travers sa conversation avec un inconnu, Verge. Un mélange grotesque de sophismes, d’apitoiement presque enfantin sur soi et d'explications détaillées sur les manœuvres dangereuses et difficiles de Jack.

    Retrouvez également ma critique de "Melancholia" de Lars Von Trier en bas de cet article.

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    Un Certain Regard

    MUERE, MONSTRUO, MUERE (MEURS, MONSTRE, MEURS) de l’Argentin Alejandro Fadel.

    Fin de l’hiver, une tempête de neige s’abat sur la Cordillère des Andes. Les corps de plusieurs femmes décapitées sont retrouvés près d’un poste frontière isolé, au pied de la montagne. Un homme, David, porté disparu depuis des jours, est recherché en vain par la Police Rurale. Alors que Cruz, l’officier en charge de l’enquête doit élucider ces meurtres, il tombe face à face avec un monstre. David, devenu fou, est-il vraiment coupable ? Le monstre existe-t-il ? Cruz se retrouve seul face à l’évidence.

    CHUVA E CANTORIA NA ALDEIA DOS MORTOS (THE DEAD AND THE OTHERS / LES MORTS ET LES AUTRES) du Portugais João Salaviza et de la brésilienne Renée Nader Messora.

    Ainsi que :

    DONBASS de l’Ukrainien Sergey Loznitsa qui, le mercredi 9 mai, fera l’ouverture de Un Certain Regard 2018.

    "Quand on appelle “paix“ la guerre, quand la propagande est présentée comme la vérité, quand on appelle “amour“ la haine, c’est là que la vie même commence à ressembler à la mort. Le Donbass survit. Manuel pratique de l’enfer."

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    Séance Spéciale

    Le film d’animation ANOTHER DAY OF LIFE de Damian Nenow et Raul De La Fuente.

     Angola, 1970. Le grand reporter de guerre Ryszard Kapuscinski se retrouve en pleine guerre civile.

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    Séances de Minuit

    WHITNEY, un documentaire de l’Ecossais Kevin Macdonald, qui retrace l’existence de la chanteuse Whitney Houston.

    FAHRENHEIT 451 de l’Américain Ramin Bahrani avec Sofia Boutella, Michael B. Jordan et Michael Shannon. Il s’agit de la deuxième adaptation, après celle de François Truffaut, du roman de Ray Bradbury.

     Dans un monde dystopique, la lecture est prohibée et les livres brûlés par les pompiers. Jusqu'au jour où l'un de ces derniers trouve un ouvrage, décide de le cacher, et devient hors-la-loi.

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    Film de Clôture

    En 2018, le Festival de Cannes renoue avec la tradition du film de clôture :

    THE MAN WHO KILLED DON QUIXOTE du Britannique Terry Gilliam, avec Adam Driver, Jonathan Pryce et Olga Kurylenko.

    Toby, un jeune réalisateur de pub cynique et désabusé, se retrouve pris au piège des folles illusions d’un vieux cordonnier espagnol convaincu d’être Don Quichotte. Embarqué dans une folle aventure de plus en plus surréaliste, Toby se retrouve confronté aux conséquences tragiques d’un film qu’il a réalisé au temps de sa jeunesse idéaliste: ce film d’étudiant adapté de Cervantès a changé pour toujours les rêves et les espoirs de tout un petit village espagnol. Toby saura-t-il se racheter et retrouver un peu d’humanité? Don Quichotte survivra-t-il à sa folie? Ou l’amour triomphera-t-il de tout ?

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    Projeté le samedi 19 lors la cérémonie de Clôture, le film sortira en France le même jour.

      En tout, 1906 longs métrages ont été visionnés par les différents comités de sélection.

    Critique de WINTER SLEEP de Nuri Bilge Ceylan

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    « Winter Sleep » a remporté la Palme d’or du 67ème Festival de Cannes, voilà qui complètait le (déjà prestigieux) palmarès cannois de Nuri Bilge Ceylan, un habitué du festival, après son Grand Prix en 2003, pour « Uzak »,  celui de la mise en scène en 2008 pour « Les Trois Singes » et un autre Grand Prix en 2011 pour « Il était une fois en Anatolie ». En 2012, il fut  également récompensé d’un Carrosse d’Or, récompense décernée dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs par la Société des Réalisateurs de Films à l’un de leurs pairs. Son premier court-métrage, « Koza », fut par ailleurs repéré par le festival et devint le premier court turc qui y fut sélectionné, en 1995.  Il fut par ailleurs membre du jury cannois en 2009, sous la présidence d’Isabelle Huppert. Son film « Les Climats » reçut   le prix FIPRESCI de la critique internationale en 2006.

    J’essaie de ne jamais manquer les projections cannoises de ses films tant ils sont toujours brillamment mis en scène, écrits, et d’une beauté formelle époustouflante. « Winter sleep » ne déroge pas à la règle…et c’est d’autant plus impressionnant que Nuri Bilge Ceylan est à la fois réalisateur, scénariste (coscénariste avec sa femme), coproducteur et monteur de son film…et qu’il semble pareillement exceller dans tous ces domaines.

    Inspiré de 3 nouvelles de Tchekhov, se déroulant dans une petite ville de Cappadoce, en Anatolie centrale, « Winter sleep » raconte l’histoire d’Aydin (Haluk Bilginer), comédien à la retraite, qui y tient un petit hôtel avec son épouse de 20 ans sa cadette, Nihal (Melisa Sözen) dont il s’est éloigné sentimentalement, et de sa sœur Necla (Demet Akbağ ) qui souffre encore de son récent divorce. En hiver, à mesure que la neige recouvre la steppe, l’hôtel devient leur refuge mais aussi le théâtre de leurs déchirements… Et dire que tout avait commencé par la vitre d’une voiture sur laquelle un enfant avait jeté une pierre. La première pierre…

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    Sans doute la durée du film (3H16) en aura-t-elle découragé plus d’un et pourtant…et pourtant je ne les ai pas vues passer, que ce soit lors de la première projection cannoise ou lors de la seconde puisque le film a été projeté une deuxième fois le lendemain de la soirée du palmarès, très peu de temps après.

    La durée, le temps, l’attente sont toujours au centre de ses films sans que jamais cela soit éprouvant pour le spectateur qui, grâce à la subtilité de l’écriture, est d’emblée immergé dans son univers, aussi rugueux puisse-t-il être. Une durée salutaire dans une époque qui voudrait que tout se zappe, se réduise, se consomme et qui nous permet de plonger dans les tréfonds des âmes qu’explore et dissèque le cinéaste. Nuri Bilge Ceylan déshabille en effet les âmes de ses personnages.

     Le premier plan se situe en extérieur. Au loin, à peine perceptible, un homme avance sur un chemin. Puis images en intérieur, zoom sur Aydin de dos face à la fenêtre, enfermé dans sa morale, ses certitudes, son sentiment de supériorité, tournant le dos (à la réalité), ou le passage de l’extérieur à l’intérieur (des êtres) dont la caméra va se rapprocher de plus en plus pour  mettre à nu leur intériorité. « Pour bien joué, il faut être honnête », avait dit un jour Omar Sharif à Aydin. Aydin va devoir apprendre à bien jouer, à faire preuve d’honnêteté, lui qui se drape dans la morale, la dignité, les illusions pour donner à voir celui qu’il aimerait -ou croit-être.

    Homme orgueilleux, riche, cultivé, ancien comédien qui se donne « le beau rôle », Aydin est un personnage terriblement humain, pétri de contradictions, incroyablement crédible, à l’image de tous les autres personnages du film (quelle direction d’acteurs !) si bien que, aujourd’hui encore, je pense à eux comme à des personnes réelles tant Nuri Bilge Ceylan leur donne corps, âme, vie.

    Pour Aydin, les autres n’existent pas et, ainsi, à ses yeux comme aux nôtres, puisque Nihal apparaît au bout de 30 minutes de film seulement. Il ne la regarde pas. Et quand il la regarde c’est pour lui demander son avis sur une lettre qui flatte son ego. C’est à la fois drôle et cruel, comme à diverses moments du film, comme lorsqu’il raconte à sa sœur une pièce dans laquelle elle ne se souvient visiblement pas l’avoir vu jouer :  « La pièce où je jouais un imam. J’entrais en cherchant les toilettes ».

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    Que de gravité et d’intensité mélancoliques, fascinantes, dont il est impossible de détacher le regard comme s’il s’était agi de la plus palpitante des courses-poursuites grâce au jeu habité et en retenue des comédiens, au caractère universel et même intemporel de l’intrigue, grâce à la beauté foudroyante et presque inquiétante des paysages de la Cappadoce, presque immobile comme un décor de théâtre. L’hôtel se nomme d’ailleurs « Othello ».  Dans le bureau d’Aydin, ancien acteur de théâtre, se trouvent des affiches de « Caligula » de Camus, et de « Antoine et Cléopâtre » de Shakespeare. La vie est un théâtre. Celle d’Aydin, une représentation, une illusion que l’hiver va faire voler en éclats.

    « Winter sleep », à l’image de son titre, est un film à la fois rude, rigoureux et poétique. Il est porté par des dialogues d’une finesse exceptionnelle mêlant cruauté, lucidité, humour, regrets (« j’ai voulu être ce grand acteur charismatique dont tu rêvais »), comme ces deux conversations, l’une avec sa sœur, l’autre avec Nihal, qui n’épargnent aucun d’eux et sont absolument passionnantes comme dans une intrigue policière, chacune de ces scènes donnant de nouveaux indices sur les caractères des personnages dont les masques tombent, impitoyablement : « Avant tu faisais notre admiration » », « On croyait que tu ferais de grandes choses », « On avait mis la barre trop haut », « Ce romantisme sirupeux », « Cet habillage lyrique qui pue le sentimentalisme », « Ton altruisme m’émeut aux larmes.», « Ta grande morale te sert à haïr le monde entier ».

     Ces scènes sont filmées en simples champs/contre-champs. La pièce est à chaque fois plongée dans la pénombre donnant encore plus de force aux visages, aux expressions, aux paroles ainsi éclairés au propre comme au figuré, notamment grâce au travail de Gökhan Tiryaki, le directeur de la photographie. Nuri Bilge Ceylan revendique l’influence de Bergman particulièrement flagrante lors de ces scènes.

    Les temps de silence qui jalonnent le film, rares, n’en sont que plus forts, le plus souvent sur des images de l’extérieur dont la beauté âpre fait alors écho à celle des personnages. Sublime Nihal dont le visage et le jeu portent tant de gravité, de mélancolie, de jeunesse douloureuse. Pas une seconde pourtant l’attention (et la tension ?) ne se relâchent, surtout pas pendant ces éloquents silences sur les images de la nature fascinante, d’une tristesse éblouissante.

    Nuri Bilge Ceylan est terriblement lucide sur ses personnages et plus largement sur la nature humaine, mais jamais cynique. Son film résonne comme un long poème mélancolique d’une beauté triste et déchirante porté par une musique parcimonieuse, sublimé par la sonate n°20 de Schubert et des comédiens exceptionnels. Oui, un long poème mélancolique à l’image de ces personnages : lucides, désenchantés, un poème qui nous accompagne longtemps après la projection et qui nous touche au plus profond de notre être et nous conduit, sans jamais être présomptueux, à nous interroger sur la morale, la (bonne) conscience, et les faux-semblants, les petitesses en sommeil recouvertes par l’immaculée blancheur de l’hiver. Un peu les nôtres aussi. Et c’est ce qui est le plus magnifique, et terrible.

    Critique de MELANCHOLIA de Lars Von Trier

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    Ce soir, ne manquez pas le chef d'oeuvre de Lars von Trier, "Melancholia", à 20H45, sur Ciné plus Emotion.

    "Melancholia" reste pour moi LE film du Festival de Cannes 2011 dans le cadre duquel je l'avais découvert, le film qui aurait indéniablement mérité la palme d’or, mais aussi LE film de l’année 2011 …et même un  immense  choc, tellurique certes mais surtout cinématographique.

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    De cette projection, je garde une impression à la fois jubilatoire et dérangeante, et de fascination, accentuée par le fait que j’ai vu ce film dans le cadre de sa projection cannoise officielle suite à la conférence de presse tonitruante en raison des déclarations pathétiques de Lars von Trier dont le film n’avait vraiment pas besoin et dont nous ne saurons jamais si elles lui ont coûté la palme d’or que, à mon avis, il méritait beaucoup plus que « Tree of life ».  Rarement (jamais ?) en 13 ans de Festival de Cannes, l’atmosphère dans la salle avant une projection ne m’avait semblée si pesante et jamais, sans doute, un film n’aura reçu un accueil aussi froid (d’ailleurs finalement pas tant que ça) alors qu’il aurait mérité un tonnerre d’applaudissements.

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    Je pourrais vous en livrer le pitch. Ce pitch vous dirait que, à l'occasion de leur mariage, Justine (Kirsten Dunst) et Michael (Alexander Skarsgård ) donnent une somptueuse réception dans le château de la sœur de Justine, Claire(Charlotte Gainsbourg) et de son beau-frère. Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige inéluctablement vers la Terre...

     Mais ce film est tellement plus que cela…

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    Dès la séquence d’ouverture, d’une beauté sombre et déroutante, envoûtante et terrifiante (une succession de séquences et photos sur la musique de Wagner mêlant les images de Justine  et les images de la collision cosmique), j’ai été éblouie, subjuguée, happée par ce qui se passait sur l’écran pour ne plus pouvoir en détacher mon attention. Après ce prologue fantasmagorique et éblouissant,  cauchemardesque,  place au « réalisme » avec les mariés qui sont entravés dans leur route vers le château où se déroulera le mariage. Entravés comme Justine l’est dans son esprit. Entravés comme le sera la suite des évènements car rien ne se passera comme prévu dans ce film brillamment dichotomique, dans le fond comme dans la forme.

    Lars von Trier nous emmène ensuite dans un château en Suède, cadre à la fois familier et intemporel, contemporain et anachronique, lieu du mariage de Justine, hermétique au bonheur. La première partie lui est consacrée tandis que la seconde est consacrée à sa sœur Claire. La première est aussi mal à l’aise avec l’existence que la seconde semble la maitriser jusqu’à ce que la menaçante planète « Melancholia » n’inverse les rôles, cette planète miroir allégorique des tourments de Justine provoquant chez tous cette peur qui l’étreint constamment, et la rassurant quand elle effraie les autres pour qui, jusque là, sa propre mélancolie était incompréhensible.

    Melancholia, c’est aussi le titre d’un poème de Théophile Gautier et d’un autre de Victor Hugo (extrait des « Contemplations ») et le titre que Sartre voulait initialement donner à « La nausée », en référence à une gravure de Dürer dont c’est également le titre. Le film de Lars von Trier est la transposition visuelle de tout cela, ce romantisme désenchanté et cruel. Ce pourrait être prétentieux (comme l’est « Tree of life » qui semble proclamer chaque seconde sa certitude d’être un chef d’œuvre, et qui, pour cette raison, m’a autant agacée qu’il m’a fascinée) mais au lieu de se laisser écraser par ses brillantes références (picturales, musicales, cinématographiques), Lars von Trier les transcende pour donner un film d’une beauté, d’une cruauté et d’une lucidité renversantes.

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     C’est aussi  un poème vertigineux, une peinture éblouissante, un opéra tragiquement romantique, bref une œuvre d’art à part entière. Un tableau cruel d’un monde qui se meurt ( dont la clairvoyance cruelle de la première partie fait penser à « Festen » de Vinterberg) dans lequel rien n’échappe au regard acéré du cinéaste : ni la lâcheté, ni l’amertume, ni la misanthropie, et encore moins la tristesse incurable, la solitude glaçante face à cette « Mélancholia », planète vorace et assassine, comme l’est la mélancolie dévorante de Justine.

    « Melancholia » est un film bienheureusement inclassable, qui mêle les genres habituellement dissociés (anticipation, science-fiction, suspense, métaphysique, film intimiste…et parfois comédie certes cruelle) et les styles (majorité du film tourné caméra à l’épaule) .

    Un film de contrastes et d’oppositions. Entre rêve et cauchemar. Blancheur et noirceur. La brune et la blonde. L’union et l’éclatement. La terreur et le soulagement. La proximité (de la planète) et l’éloignement (des êtres).

    Un film à contre-courant, à la fois pessimiste et éblouissant. L’histoire d’une héroïne  incapable d’être heureuse dans une époque qui galvaude cet état précieux et rare avec cette expression exaspérante « que du bonheur ».

    Un film dans lequel rien n’est laissé au hasard, dans lequel tout semble concourir vers cette fin…et quelle fin ! Lars von Trier parvient ainsi à instaurer un véritable suspense terriblement effrayant et réjouissant qui s’achève par une scène redoutablement tragique d’une beauté saisissante aussi sombre que poignante et captivante qui, à elle seule, aurait justifié une palme d’or. Une fin sidérante de beauté et de douleur. A couper le souffle. D’ailleurs, je crois être restée de longues minutes sur mon siège dans cette salle du Grand Théâtre Lumière, vertigineuse à l’image de ce dénouement, à la fois incapable et impatiente de transcrire la multitude d’émotions procurées par ce film si intense et sombrement flamboyant.

    Et puis… comment aurais-je pu ne pas être envoûtée par ce film aux accents viscontiens (« Le Guépard » et « Ludwig- Le crépuscule des Dieux » de Visconti ne racontant finalement pas autre chose que la déliquescence d’un monde et d’une certaine manière la fin du monde tout comme « Melancholia »), étant inconditionnelle du cinéaste italien en question ?

    Le jury du 64ème Festival de Cannes  a d’ailleurs semble-t-il beaucoup débattu du « cas Melancholia ».  Ainsi, selon Olivier Assayas, lors de la conférence de presse du jury : « En ce qui me concerne, c’est un de ses meilleurs films. Je pense que c’est un grand film. Je pense que nous sommes tous d’’accord pour condamner ce qui a été dit dans la conférence de presse. C’est une œuvre d’art accomplie. »

    Kirsten Dunst incarne la mélancolie (d’ailleurs pas pour la première fois, tout comme dans « Marie-Antoinette » et « Virgin Suicides ») à la perfection dans un rôle écrit au départ pour Penelope Cruz. Lui attribuer le prix d’interprétation féminine était sans doute une manière judicieuse pour le jury de récompenser le film sans l’associer directement au cinéaste et à ses propos, lequel cinéaste permettait pour la troisième fois à une de ses comédiennes d’obtenir le prix d’interprétation cannois (se révélant ainsi un incontestable très grand directeur d’acteurs au même titre que les Dardenne dans un style certes très différent), et précédemment Charlotte Gainsbourg pour « Antichrist », d’ailleurs ici également époustouflante.

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     Un très grand film qui bouscule, bouleverse, éblouit, sublimement cauchemardesque et d’une rare finesse psychologique me laisse le souvenir lancinant et puissant  d’un film qui mêle savamment les émotions d’un poème cruel et désenchanté, d’un opéra et d’un tableau mélancoliques et crépusculaires.

    Alors je sais que vous êtes nombreux à vous dire réfractaires au cinéma de Lars von Trier…mais ne passez pas à côté de ce chef d’œuvre  qui vous procurera plus d’émotions que la plus redoutablement drôle des comédies, que le plus haletant des blockbusters, et que le plus poignant des films d’auteurs et dont je vous garantis que la fin est d’une splendeur qui confine au vertige. Inégalée et inoubliable.

  • L'Oréal Paris donne la parole aux femmes au Festival de Cannes 2018 avec le "Worth It Show", son premier talk-show en direct

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    Aujourd'hui, L'Oréal Paris - maquilleur officiel du Festival de Cannes depuis 21 ans (j'avais même eu le plaisir d'avoir le prix du meilleur blog du Festival de Cannes 2009 grâce à L'Oréal, cf visuel en bas de cette page) - annonce le Worth It Show, un talkshow unique et en direct, s'inspirant de la célèbre signature de la marque.

    Du 8 au 14 mai, 7 émissions diffusées en direct depuis la plage mythique du Martinez, rassembleront les talentueuses actrices et égéries de la marque mais aussi des personnalités renommées pour honorer et donner la parole aux femmes du monde du cinéma. Accessible au grand public depuis la Croisette de Cannes, le Worth It Show de L'Oréal Paris est un moment qui rend hommage au cinéma et à la beauté, deux univers intrinsèquement liés à l'ADN de la marque.

    Marquée par un changement sociétal majeur pour les femmes du cinéma cette année, cette édition 2018 du Festival de Cannes ne pouvait être qu'une simple expression du glamour des stars de cinéma… A travers cette agora unique ouverte au public, L'Oréal Paris décide, cette année, d'engager la conversation sur le thème de l'empowermentféminin.

    Un moment fort pendant le Festival de Cannes, qui mettra la voix des femmes sur le devant de la scène et révèlera la femme qui se cache derrière chaque actrice, à travers son histoire, ses réussites mais aussi ses obstacles sur le chemin du « parce qu'elle le vaut bien ».

    Pour aller plus loin dans cette expérience cannoise inédite, L'Oréal Paris ouvre le L'Oréal Paris Beauty Bar : un pop-up store éphémère, accessible à tous, dans lequel la marque illustrera son expertise beauté à travers des ateliers créatifs, des sessions individuelles avec des make-up artistes et la découverte des derniers produits phares de la marque.

    The Worth It Show

    EN DIRECT DEPUIS CANNES, du 8 mai au 14 mai. 20h30. Sur la Plage du Martinez. Ouvert au public.

    Restez connectés pour la programmation intégrale: invités exclusifs, interviews, performances et plus!

    A visionner en live depuis la page Facebook L'Oréal Paris.

    @lorealmakeup

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  • Festival de Cannes 2018 - Création du prix de la citoyenneté : interview de Line Toubiana (cofondatrice du prix)

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    Line Toubiana (retrouvez son interview en bas de cet article), Françoise Camet, Guy Janvier, Jean-Marc Portolano ont créé en 2017 une association, Clap Citizen Cannes. Ces quatre fondateurs de l'association, tous critiques et cinéphiles passionnés, sont attachés aux valeurs d'humanisme, d'universalisme et de laïcité de la Citoyenneté.   Le président  de l'association est Laurent Cantet (palme d'or 2008 pour  son mémorable Entre les murs).

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    Photo - Copyright Haut et Court

    Cette association a pour but de décerner le prix de la citoyenneté  à un des films de la sélection officielle du Festival du Film International de Cannes dont l'édition 2018 aura lieu du 8 au 19 Mai.

    Le film primé incarnera des valeurs humanistes, laïques et universalistes. Le président du jury de la première édition du prix de la citoyenneté sera le cinéaste Abderrhamane Sissako.

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    Le prix a obtenu le soutien et l’appui logistique de Pierre Lescure et Thierry Frémaux, respectivement Directeur général et Délégué général du Festival de Cannes pour décerner ce "Prix de la Citoyenneté" qui sera remis à un film de la sélection officielle et pour la première fois à l’issue du Festival de  Cannes 2018.

    Encore un prix vous direz-vous certainement. Certes, mais celui-ci me semble tout particulièrement nécessaire "parce que le monde change et parce que notre société est de plus en plus ouverte sur le monde". Il  est ainsi  destiné à accompagner son évolution : "Quel meilleur vecteur que le cinéma et sa puissance créatrice pour évoquer, analyser et réfléchir à l'évolution des réalités humaines, sociales, politiques, territoriales ?" peut-on ainsi lire sur le site officiel du prix.

    Ce Prix s'inscrit dans 2 traditions :

    • Celle de la citoyenneté telle qu’elle a été définie dans la Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen de 1789 
    - Article 11 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » 
    • Celle de la résistance à l’oppression
     ...sous toutes ses formes que symbolise si bien Jean Zay, ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts qui a créé le premier Festival de Cannes en 1939, en opposition à la Mostra de Venise soutenue à l'époque par le pouvoir fasciste. 
     
    Cet prix met en avant des valeurs humanistes, des valeurs universalistes et des valeurs laïques. Ce nouveau « Prix »  célèbre ainsi l'engagement d'un film, d'un réalisateur et d'un scénariste en faveur de ces valeurs.   "Le prix de la citoyenneté du Festival International du Film de Cannes doit permettre l'émergence de valeurs humanistes, universelles et laïques, fondatrices d'une communauté de destins". Je vous recommande ainsi les pages passionnantes du site officiel du prix de la citoyenneté qui définissent ces valeurs.
     
    Abderrhamane Sissako  présidera le jury. Le Prix de la citoyenneté pour sa première édition pouvait difficilement trouver meilleur président tant ses films, dont son chef-d'œuvre Timbuktu, défendent ces valeurs.
    A ses côtés :
    -Francescoa Giai Via, critique de cinéma et professionnel de la culture et notamment directeur artistique du festival Annecy cinéma italien.
    -Danièle Heymann, journaliste française et critique de cinéma officiant notamment au Masque et la plume sur France inter. Elle a également été membre du jury du Festival de Cannes 1987.
    -Patrick Bézier, directeur général d'Audiens, groupe de protection sociale des secteurs de la culture, de la communication et des médias.
    -Léa Rinaldi, réalisatrice et productrice indépendante (Alea Films), spécialisée dans le documentaire d'immersion.

    Pour en savoir plus, je vous encourage à découvrir le site internet du prix de la citoyenneté, extrêmement bien conçu sur lequel vous pourrez également participer à un quizz sur la citoyenneté et ainsi tester vos connaissances : https://www.prix-de-la-citoyenneté.fr

    Pour adhérer à l'association (vous recevrez alors une invitation à la remise des prix au salon des Ambassadeurs à Cannes. Une projection privée du film primé sera par ailleurs réalisée à l'automne 2018 à Paris, en compagnie de Laurent Cantet et des membres du jury) : https://www.helloasso.com/associations/clap-citizen-cannes/adhesions/bulletin-adhesion-prix-de-la-citoyennete-festival-de-cannes-2018

     INTERVIEW DE LINE TOUBIANA

    Line Toubiana est cofondatrice du prix de la citoyenneté, elle est également romancière. Je vous recommande ainsi vivement Un lieu à soi, écriture croisée sur deux lieux très différents, Cannes  et Beaumont du Gâtinais, petit village ignoré en campagne française, savoureux jeu d'oppositions et d'échos symboliques. Elle est aussi journaliste : retrouvez ici sa passionnante interview de Gilles Jacob dans son émission Le cinéma parlant pour son excellent Dictionnaire amoureux du Festival de Cannes (dont je vous parle également longuement, ici, LE livre incontournable pour tous ceux que le Festival de Cannes intrigue ou intéresse). 

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    Dictionnaire amoureux du Festival de Cannes de Gilles Jacob - Plon.gif

     

    Bonjour Line Toubiana,

    -Vous êtes cofondatrice de ce nouveau prix, le prix de la citoyenneté, une judicieuse initiative qui permettra de récompenser un film défendant des valeurs citoyennes parmi les films de la compétition officielle du Festival de Cannes. Pouvez-vous nous parler de la genèse de ce prix ?  En quoi, selon vous, un nouveau prix et celui-ci en particulier, était-il nécessaire ?

    L'idée de ce prix est née à la faveur du 70 ème anniversaire du Festival de Cannes qui rappelle la mémoire de Jean Zay, fondateur du Festival de Cannes. Il nous a semblé nécessaire de remettre à l'honneur les valeurs essentielles de la citoyenneté qui étaient siennes : résistance à l’oppression, humanisme, universalisme et laïcité.

    - On imagine aisément que la création d’un tel prix au sein du plus grand festival de cinéma au monde nécessite une importante logistique mais aussi des moyens conséquents. Pourquoi est-ce important d’adhérer à l’association ?

    Nous avons d’abord obtenu l’accord du président Pierre Lescure qui nous a assuré du soutien logistique du Festival. Nous avons de ce fait créé notre association Clap Citizen Cannes et avons demandé à Laurent Cantet (Palme d’or 2008) d’en être le Président. Les trois autres membres fondateurs, Françoise Camet, Guy Janvier, Jean-Marc Portolano  et moi-même sommes fiers de la constitution de notre jury dont le président est Abderrhamane Sissako.

    La mise en œuvre de ce Prix en amont, et sur place à Cannes, exige un investissement important et des partenaires. Si nous avons quelques contributions, celles-ci restent encore très justes. C’est pourquoi le soutien d’adhérents nombreux nous aiderait à réaliser cette manifestation dans de bonnes conditions. Je ne peux qu’encourager l’adhésion qui est en ligne sur notre site. Je tiens à signaler, si besoin est, que nous sommes tous les 4 fondateurs et organisateurs de ce Prix, parfaitement bénévoles.  Le site : https://www.prix-de-la-citoyenneté.fr

    Les adhérents seront invités à la projection du film primé en avant-première lors de la sortie nationale du film, à Paris ou à Cannes, en présence du réalisateur.

    Nous sommes ravis d’avoir également un partenariat au Festival de Cannes avec France média Monde qui va contribuer à donner un rayonnement et une visibilité internationale à notre prix.

    -Vous êtes également auteure (vous avez notamment coécrit Un lieu à soi  - Editions L’Harmattan, déclaration d’amour à Cannes, pleine de sensibilité et de douce mélancolie) mais aussi critique de cinéma. Vous animez ainsi une émission de cinéma. Et vous couvrez le Festival de Cannes depuis de nombreuses années. Depuis quand couvrez-vous ainsi le festival ? Quel regard portez-vous sur celui-ci et sur son évolution ? Si un film projeté dans le cadre du festival depuis sa création devait pour vous symboliser les valeurs que défend le prix de la citoyenneté, quel serait-il ?

    Cela fait effectivement très longtemps que je suis passionnée de cinéma, du Festival de Cannes et de la ville de Cannes. Comme l’indique le titre de mon ouvrage Un lieu à soi je me sens cannoise à part entière, mais aussi citoyenne du monde ! J’ai couvert le festival aussi bien pour la presse écrite que pour la radio et je l’ai vu grandir et évoluer jusqu’à devenir le plus grand évènement artistique mondial. Grâce à Gilles Jacob, ses prédécesseurs et successeurs, le Festival promeut le cinéma international d’auteur, de qualité, de haut niveau artistique. Si je garde bien sûr un regard quelque peu nostalgique sur l’Ancien Palais et le Blue bar, je ne suis pas moins admirative des proportions gigantesques qu’a pris ce festival d’année en année.

     Il est difficile de choisir un film le plus citoyen parmi des centaines, mais je mettrais en avant le cinéma  des frères Dardenne qui est le plus en accord avec les valeurs de ce prix.

    - Si vous aviez eu à remettre le prix de la citoyenneté parmi un film de la compétition officielle du Festival de Cannes  2017, lequel selon vous aurait le mieux incarné les valeurs défendues par le prix ?

    Sans hésiter pour le film The Square de Ruben Ostlund, film dérangeant et provocateur mais qui prône sans concession, avec force et talent, la nécessité de la vraie solidarité et de l’altruisme dans notre société en proie à la violence et à la misère.

    -Que pensez-vous de la sélection officielle 2018, en particulier au regard du prix de la citoyenneté qui sera décerné parmi un de ces films ?

    Il y a beaucoup de cinéastes engagés dans cette sélection très prometteuse des valeurs que défend ce Prix : Asghar Farhadi, Stéphane Brizé, Spike Lee, Kirill Serebrennikov… Mais un film citoyen n’est pas seulement militant. Je pense que le Jury a pour cette première année, la chance d’avoir une matière idéologique et artistique à débattre, de superbe tenue.

    - Vous avez l’honneur d’avoir pour président de l’association Laurent Cantet et pour président du jury de la première édition, Abderrhamane Sissako. Pouvez-vous nous dire en quoi ils incarnent les valeurs défendues par ce prix, les raisons de ces choix et comment ces derniers ont accueilli la création de ce prix ?

    Ces deux grands cinéastes se sont imposés tout naturellement dans le choix des deux présidences. Nous avons eu effectivement le grand honneur qu’ils acceptent tout aussi volontiers d’être les personnalités phares de l’association et du premier Jury du Prix de la citoyenneté.

    Leurs filmographies respectives interrogent le monde sur les questions de liberté, de tolérance, de transmission, de respect de l’homme et de sa dignité.. Aussi bien les films Timbuktu d’Abderrhamane Sissako qu’Entre les murs de Laurent Cantet portent, chacun à sa manière, au plus haut point, les valeurs que défend ce Prix d’une citoyenneté toujours vigilante.

    Pour plus de précision consulter le site : https://www.prix-de-la-citoyenneté.fr

     

     

     

  • Nespresso à l'affiche du Festival de Cannes 2018 : découvrez les entractes Nespresso

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    Chaque année, je vous parle ici de la plage Nespresso, the place to be pendant le Festival de Cannes depuis 11 ans. Située à deux pas du palais des festivals, c'est l'endroit idéal pour faire une pause entre deux projections ou pour réaliser des interviews dans un cadre idyllique, à la fois au cœur de la Croisette et à l'abri du tumulte. La plage Nespresso, ce sont aussi des dîners mémorables comme celui, inoubliable, de Pierre Gagnaire l'an passé (mon récit, ici).

     

     

    Cliquez ici pour retrouver mon compte rendu complet et détaillé du 70ème Festival de Cannes.

     

     Cette année, du 8 au 19 mai, Nespresso et Le Fooding inventent les « Entractes Nespresso » ! Au programme ? Quatre dîners organisés par des stars de cinéma avec leur chef préféré, la Grande Battle opposant trois chefs du guide Fooding à trois chefs du guide Michelin et, le matin, un petit déjeuner healthy, locavore et ciné autour d’un café Vertuo pour tout effacer et mieux repartir…

     

    Du 8 au 19 mai 2018, Nespresso fêtera ainsi le 11ème anniversaire de son partenariat avec le Festival International du Film de Cannes. Comme à l’accoutumée, la création sera mise à l’honneur sous toutes ses formes : Côté cuisine, fort de son engagement envers la gastronomie, Nespresso, comme chaque année, invite  des Chefs virtuoses à imaginer des dîners d’exceptions sur la Plage Nespresso tout au long du Festival. Côté 7ème art, le Grand Prix Nespresso de la Semaine de la Critique ainsi que le concours de courts métrages Nespresso Talents récompenseront les talents émergents du cinéma en France et à l’international. La Plage Nespresso vit au rythme du festival du matin au soir à travers des petits déjeuners, déjeuners, cocktails et dîners gastronomiques.

    Pour en savoir plus :

    Le hashtag #NespressoCannes

    Le Grand Prix Nespresso sera remis le 16 mai 2018 lors de la cérémonie de clôture de la 57ème Semaine de la Critique. 

    Les Entractes Nespresso

    - Les petits déjeuners Vertuo se dérouleront à partir de 9h les 10, 12, 13, 15 et 16 mai 2018

    -  Les dîners Chefs à la Carte Nespresso x Le Fooding se dérouleront les 10, 12, 14 et 15 mai 2018  (sur invitation uniquement).

    -  Le dîner Nespresso Battle Le Fooding x Michelin aura lieu le 11 mai 2018 à partir de 21h (sur invitation)

    La Plage Nespresso sera ouverte du 8 au 19 mai 2018 et accueillera en libre accès les journalistes accrédités au Festival de Cannes sous limite des places disponibles.


    La Plage Nespresso (en face de l’Hôtel Marriott) Boulevard de la Croisette 06400 Cannes https://www.nespresso.com/evenements/

  • Le jury du Festival de Cannes 2018

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    Ci-dessus, photo de Cate Blanchett au Festival du Cinéma Américain de Deauville ... peut-être une photo prémonitoire puisque Vincent Lindon sera à nouveau en lice cette année pour le prix d'interprétation avec En guerre de Stéphane Brizé.

    Comme chaque année, c'est quelques jours après la conférence de presse de l'annonce de la sélection officielle (dont vous pouvez retrouver le compte rendu, ici) que nous connaissons la composition du jury du Festival de Cannes. Nous savions déjà que la présidente en serait l'actrice et productrice australienne Cate Blanchett (retrouvez ici, mon article à ce sujet avec 3 critiques de films dans lesquels joue l'actrice). 5 femmes (souvent très engagées) et 4 hommes composent ce jury dont les membres appartiennent à 5 continents et 7 nationalités.

    Voici les membres de ce jury comme toujours prestigieux et éclectique :

    Chang Chen

    (Acteur, chinois)

    Ava DuVernay

    (Scénariste, réalisatrice, productrice, américaine)

    Robert Guédiguian

    (Réalisateur, scénariste, producteur, français)

     Khadja Nin

    (Auteur, compositeur, interprète, burundaise)

     Léa Seydoux

    (Actrice, française)

     Kristen Stewart

    (Actrice américaine)

     Denis Villeneuve

    (Réalisateur, scénariste canadien)

     Andrey Zvyagintsev

    (Réalisateur, scénariste russe)

    A l'occasion de la présence de son réalisateur dans le jury, je vous propose à nouveau la critique de FAUTE D'AMOUR, mon coup de cœur du Festival de Cannes 2017, prix du jury.

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    Cette critique est extraite de mon compte rendu du Festival de Cannes 2017 à retrouver ici.

    « Faute d’amour » est mon grand coup de cœur de cette édition que je retournerai voir pour vous en parler plus longuement et plus précisément.

    Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser... Aucun des deux ne semble avoir d'intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu'à ce qu'il disparaisse.

    En 2007, Konstantin Lavronenko, remportait le prix d’interprétation masculine pour son rôle dans « Le Bannissement » de Zvyagintsev. Avec « Elena », Zvyangintsev remportait le Prix spécial du jury  Un  Certain Regard en 2011. Et le Prix du scénario pour « Leviathan » en 2014. Avec ce cinquième long-métrage, il frôle la perfection.

    Ce film palpitant m’a littéralement scotchée à l’écran du premier au dernier plan. Premiers plans de ces arbres décharnés, morts, comme un avertissement. Et de ce drapeau russe flottant sur le fronton d’une école déserte. « Je voulais parler d’absence d’empathie et d’égoïsme permanent et l’arrière-plan politique contribue à votre perception ». Voilà comment Zvyagintsev a évoqué son film lors de la conférence de presse des lauréats. Il a obtenu le grand prix, son film avait aussi tout d’une palme d’or. Et dans ces premiers plans, déjà, tout était dit.

    Chaque séquence, portée par une mise en scène vertigineuse d’une précision stupéfiante (perfection du cadre, des mouvements de caméra, de la lumière, du son même), pourrait être un court-métrage parfait et le tout esquisse le portrait d’êtres ne sachant plus communiquer ni aimer. La mère passe ainsi son temps sur Facebook et à faire des selfies. Métaphore de la Russie et plus largement d’un monde, individualiste, matérialiste et narcissique, où il est plus important de parler de soi sur les réseaux sociaux que de s’occuper de ses enfants. Où l’entreprise devient un univers déshumanisé dans l’ascenseur de laquelle les employés sont  silencieusement alignés tels des zombies.

    « Faute d’amour » est un film très ancré dans le pays dans lequel il se déroule mais aussi très universel. Le pays en question c’est une Russie qui s’essouffle (au propre comme au figuré, et tant pis pour ceux qui trouveront le plan le matérialisant trop symboliste). A l’arrière-plan, l’Ukraine. « Il y a une dimension métaphysique. La perte de l'enfant pour ces deux parents, c'est pour la Russie la perte de la relation naturelle et normale avec notre voisin le plus proche, l'Ukraine », a ainsi expliqué le cinéaste. Et quand la caméra explore le bâtiment fantôme, surgi d’une autre époque, figé, chaque pas dans cette carcasse squelettique nous rappelle ainsi à la fois les plaies béantes d’un pays et celles d’un enfant qui venait s’y réfugier.

    Le film est éprouvant, par moment étouffant, suffocant même. Il décrit des êtres et un univers âpres, abîmés,  cela ne le rend pas moins passionnant comme un éclairage implacable sur une société déshumanisée, pétrie de contradictions. Ainsi, le père travaille dans une société avec un patron intégriste qui ne supporte pas que ses employés divorcent tandis que la mère travaille dans un institut de beauté et passe son temps à s’occuper de son corps.

    Les scènes de disputes entre les parents sont d’une violence inouïe et pourtant semblent toujours justes, comme celle, féroce, où la mère dit à son mari qu’elle ne l’a jamais aimé et a fortiori celle que l’enfant entend, caché derrière une porte, dont nous découvrons la présence à la fin de celle-ci, dispute qui avait pour but de s’en rejeter la garde. L’enfant semble n’être ici qu’un obstacle à leur nouveau bonheur conjugal. Une séquence d’une force, d’une brutalité à couper le souffle. Et lorsque l’enfant se réfugie pour pleurer, secoué de sanglots, exprimant un désarroi incommensurable que personne ne viendra consoler, notre cœur saigne avec lui.

    Zvyangintsev, s’il stigmatise l’individualisme à travers ceux-ci, n’en fait pas pour autant un portrait manichéen des parents. La mère, Genia, a ainsi vécu elle aussi une enfance sans amour avec une mère surnommée « Staline en jupons » qui, elle-même, après une séquence dans laquelle elle s’est montrée impitoyable avec sa fille, semble s’écrouler, visiblement incapable de communiquer autrement qu’en criant et insultant, mais surtout terriblement seule. Genia apparaît au fil du film plus complexe et moins détestable qu’il n’y paraissait, la victime d’un système (humain, politique) qui broie les êtres et leurs sentiments. Son mari nous est presque rendu sympathique par la haine que sa femme lui témoigne et par son obstination silencieuse à aider aux recherches menées par des bénévoles qui témoignent d’une générosité qui illumine ce film glaçant et glacial.

    Des décors de l’appartement, d’une froideur clinique, à ces arbres squelettiques, à l’entreprise du père avec ses règles et espaces rigides, en passant par les extérieurs que la neige et l’obscurité envahissent de plus en plus au fil du film, tout semble sans âme et faire résonner ces pleurs déchirantes d’un enfant en mal d’amour (auxquelles d’ailleurs feront écho d’autres pleurs et d’autres cris lors de séquences ultérieures  également mémorables et glaçantes). Des plans qui nous hanteront bien après le film. Bien après le festival. Un très grand film qui m’a rappelée une palme d’or qui nous interrogeait sur les petitesses en sommeil recouvertes par l’immaculée blancheur de l’hiver, un film rude et rigoureux,« Winter sleep » de Nuri Bilge Ceylan. Une palme d’or que Zvyagintsev  (reparti avec le prix du jury) aurait indéniablement méritée pour ce film parfait de l’interprétation au scénario en passant par la mise en scène et même la musique, funèbre et lyrique, qui renforce encore le sentiment de désolation et de tristesse infinie qui émane de ces personnages que la richesse du scénario nous conduit finalement à plaindre plus qu’à blâmer. Du grand art.

  • Concours en partenariat avec UniversCiné - Gagnez des locations de films liés au Festival de Cannes

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    Je vous ai déjà parlé ici du site UniversCiné et de ses 5674 films en location. J'y vais régulièrement lorsque je souhaite rattraper des films récents manqués lors de leur sortie en salles ou lorsque je souhaite (re)voir des classiques. 

    Avec l'approche du Festival de Cannes 2018 (que vous pourrez suivre en direct ici et sur mes autres blogs In the mood for Cinéma et In the mood for film festivals) et les nombreux films des cinéastes en lice en location sur le site UniversCiné (retrouvez, ici, mon article sur la compétition officielle du festival), c'est en effet le moment où jamais pour découvrir UniversCiné.

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    Sur ce site, vous trouverez ainsi un large choix de films indépendants mais pas seulement. Vous pourrez aussi y découvrir des courts-métrages, y souscrire un abonnement illimité ou encore y retrouver les interviews de la semaine. Vous pourrez aussi y découvrir les films qui ont le plus de succès sur le site et effectuer votre sélection parmi ceux-ci. Les films sont classés par thèmes et par genres. Vous pourrez notamment sélectionner les drames, les premiers longs-métrages ou encore les films en sélection au Festival de Cannes. Pour l'édition 2018, le site est une vraie mine d'or puisque sur cette page d'UniversCiné sont sélectionnés pour vous tous les films des cinéastes qui figurent dans la sélection officielle 2018. De quoi préparer au mieux votre séjour cannois si vous allez au festival et de vous immerger à distance dans son ambiance.

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    Je vous invite aussi à découvrir mon corner sur UniversCiné avec ma sélection de films du site. Que pensez-vous de ma sélection ? Vous pouvez bien sûr trouver les critiques de la plupart de ces films sur Inthemoodforcinema.com.

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    Comme je souhaite vous faire en profiter à votre tour, en partenariat avec UniversCiné, je vous fais aujourd'hui à nouveau gagner des codes de location pour 5 films  parmi la sélection UniversCiné liée au Festival de Cannes.

    J'ai d'abord sélectionné le film d'un cinéaste que j'affectionne tout particulièrement, pour lequel Vincent Lindon avait obtenu le prix d'interprétation à Cannes en 2015. Il s'agit de La loi du marché de Stéphane Brizé.  Je suis ce cinéaste, Stéphane Brizé, depuis la découverte de son film Le bleu des villes (qui avait obtenu le prix Michel d’Ornano au Festival du Cinéma Américain de Deauville), il m’avait ensuite bouleversée avec Je ne suis pas là pour être aimé et Mademoiselle Chambon. Une nouvelle fois et comme dans ce film précité, le mélange de force et de fragilité incarné par Lindon, de certitudes et de doutes, sa façon maladroite et presque animale de marcher, la manière dont son dos même se courbe et s’impose, dont son regard évite ou affronte : tout en lui nous fait oublier l’acteur pour nous mettre face à l’évidence de ce personnage, un homme bien (aucun racolage dans le fait que son fils soit handicapé, mais une manière simple de nous montrer de quel homme il s’agit), un homme qui incarne l’humanité face à la loi du marché qui infantilise, aliène, broie. Criant de vérité. Dès cette première scène dans laquelle le film nous fait entrer d’emblée, sans générique, face à un conseiller de pôle emploi, il nous fait oublier l’acteur pour devenir cet homme à qui son interprétation donne toute la noblesse, la fragilité, la dignité. Comme point commun à tous les films de Stéphane Brizé, on retrouve cette tendre cruauté et cette description de la province, glaciale et intemporelle. Ces douloureux silences. Cette révolte contre la lancinance de l’existence. Et ce choix face au destin. Brizé filme Lindon souvent de dos, rarement de face, et le spectateur peut d’autant mieux projeter ses émotions sur cette révolte silencieuse. Une prestation magistrale. Nous retrouverons Stéphane  Brizé et Vincent Lindon à Cannes en compétition officielle pour En guerre qui, apparemment parlera aussi de loi du marché puisque le synopsis est le suivant : malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l'usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site.

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    J'ai ensuite choisi un classique du septième art, un chef-d'œuvre, un de mes films préférés, palme d'or en 1963 : Le Guépard de Luchino Visconti que j'avais eu l'immense plaisir de revoir lors de la projection exceptionnelle de sa version restaurée au Festival de Cannes 2010 (photo personnelle ci-dessous).

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    Pour vous donner peut-être envie de le découvrir, voici un extrait de ma critique (à lire en entier ici) :

    Les décors minutieusement reconstitués d’ une beauté visuelle sidérante, la sublime photo de Giuseppe Rotunno, font de ce Guépard une véritable fresque tragique, une composition sur la décomposition d’un monde, dont chaque plan se regarde comme un tableau, un film mythique à la réputation duquel ses voluptueux plans séquences (notamment la scène du dîner pendant laquelle résonne le rire interminable et strident d’Angelica comme une insulte à l’aristocratie décadente, au cour duquel se superposent des propos, parfois à peine audibles, faussement anodins, d’autres vulgaires, une scène autour de laquelle la caméra virevolte avec virtuosité, qui, comme celle du bal, symbolise la fin d’une époque), son admirable travail sur le son donc, son travail sur les couleurs (la séquence dans l’Eglise où les personnages sont auréolés d’une significative lumière grise et poussiéreuse ) ses personnages stendhaliens, ses seconds rôles judicieusement choisis (notamment Serge Reggiani en chasseur et organiste), le charisme de ses trois interprètes principaux, la noblesse féline de Burt Lancaster, la majesté du couple Delon-Cardinale, la volubilité, la gaieté et le cynisme de Tancrède formidablement interprété par Alain Delon, la grâce de Claudia Cardinale, la musique lyrique, mélancolique et ensorcelante de Nino Rota ont également contribué à faire de cette fresque romantique, engagée, moderne, un chef d’œuvre du septième Art. Le Guépard a ainsi obtenu la Palme d’or 1963… à l’unanimité. La lenteur envoûtante dont est empreint le film métaphorise la déliquescence du monde qu’il dépeint. Certains assimileront à de l’ennui ce qui est au contraire une magistrale immersion dont on peinera ensuite à émerger hypnotisés par l’âpreté lumineuse de la campagne sicilienne, par l’écho du pesant silence, par la beauté et la splendeur stupéfiantes de chaque plan. Par cette symphonie visuelle cruelle, nostalgique et sensuelle l’admirateur de Proust qu’était Visconti nous invite à l’introspection et à la recherche du temps perdu. La personnalité du Prince Salina devait beaucoup à celle de Visconti, lui aussi aristocrate, qui songea même à l’interpréter lui-même, lui que cette aristocratie révulsait et fascinait à la fois et qui, comme Salina, aurait pu dire : « Nous étions les Guépards, les lions, ceux qui les remplaceront seront les chacals, les hyènes, et tous, tant que nous sommes, guépards, lions, chacals ou brebis, nous continuerons à nous prendre pour le sel de la terre ».

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    Enfin, j'ai choisi de vous faire gagner un code pour découvrir Moi, Daniel Blake de Ken Loach (palme d'or 2016).  Dix ans après l’avoir déjà obtenu la palme d'or pour Le vent se lève, Ken Loach intégrait ainsi le cénacle des cinéastes ayant reçu deux palmes d’or : les Dardenne, Francis Ford Coppola, Shohei Imamura, Emir Kusturica, Michael Haneke. Alors qu’il avait annoncé deux ans plus tôt, après Jimmy’s hall (en compétition officielle du Festival de Cannes 2014) qu’il ne tournerait plus, Ken Loach était donc revenu à Cannes. Sa sélection était une évidence tant ce film capte et clame les absurdités cruelles et révoltantes d’un monde  et d’une administration qui broient l’individu, l’identité, la dignité comme celles de Daniel Blake (formidable Dave Johns), menuisier veuf, atteint d’une maladie cardiaque mais que l’administration ne considère pas comme suffisamment malade pour avoir droit à une pension d’invalidité.  Le regard plein d’empathie, de compassion que pose Loach sur Daniel Blake, et celui plein de clairvoyance sur le monde qui l’entoure et plein de colère contre les injustices dont il est victime contribuent à cette  œuvre à la fois très personnelle et universelle. Que Daniel Blake évoque sa femme décédée, que Ken Loach dessine les contours d’ une famille qui se reconstitue (Daniel Blake rencontre une jeune mère célibataire de deux enfants contrainte d’accepter un logement à 450 kms de sa ville natale pour ne pas être placée en famille d’accueil), son point de vue est toujours plein de tendresse sur ses personnages, teinté d’humour parfois aussi, et de révolte contre ces « décisionnaires » qui abusent de leur pouvoir, presque de vie et de mort, dans des bureaux qui ressemblent aux locaux labyrinthiques, grisâtres et déshumanisés  de Playtime  comme un écho à cette époque d’une modernité  aliénante, déshumanisante et parfois inhumaine que Tati savait déjà si bien tourner en dérision et envelopper dans un vaste manège. Moi, Daniel Blake, c’est l’histoire d’un homme qui veut rester maître de son existence, qui se réapproprie son identité et son honneur que cette administration étouffante essaie de lui nier, qui prend le pouvoir, celui de dire non, de clamer son patronyme, son existence, lors de deux scènes absolument bouleversantes. Le poing levé de Ken Loach  qui nous lance un uppercut en plein cœur, ce cœur qui (ce n’est sans doute pas un hasard que le mal se situe là)  lâche peu à peu Daniel Blake, lui qui en possède tant. Moi, Daniel Blake, c’est un film qui donne la parole à tous ceux qu’un système inique veut murer dans le silence et leur détresse. Moi, Daniel Blake,  c’est la démonstration implacable de la férocité meurtrière d’un système, un film d’une force, d’une simplicité, d’une beauté, mais aussi d’une universalité redoutables et poignantes. Un film en forme de cri de colère, de douleur, et d’appel à l’humanité dont les lueurs traversent le film et nous transpercent le cœur, bien après les derniers battements de ceux de Daniel Blake. 

     

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    CONCOURS :

    5 gagnants (1 code chacun pour 1 des films précités ou pour le film de votre choix parmi la sélection UniversCiné des films du Corner Cannes à retrouver ici, je vous en suggère deux autres que j'affectionne tout particulièrement dont figurent les affiches ci-dessous ). Répondez correctement aux questions suivantes en spécifiant pour quel film vous voulez remporter un code (le film de votre choix parmi la sélection du corner). Tirage au sort parmi les bonnes réponses.  Participations jusqu'au 1er mai 2018. Réponses à envoyer à inthemoodforfilmfestivals@gmail.com avec, pour intitulé de votre email "Concours UniversCiné". Les questions sont toutes basées sur les films de mon corner sur UniversCiné.

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    1. Dans quel film auront-ils "toujours Paris" ?

    2. Si je vous dis "Montmartre 1540", à quel film cela vous fait-il penser ? 

    3. Si je vous dis qu'ils tournèrent aussi ensemble dans un film de Deray, aux acteurs de quel film de la liste cela fait-il référence ?

    4. Dans lequel de ces films trouve-t-on le pont de Roseman ?

    5. De quel film provient  ce début de citation : "Quand des hommes, même s'ils l'ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d'entre eux et ils peuvent suivre des chemins divergents."

    6. Dans quel film tout se joue-t-il sur le simple rebond d'une balle ?

    7. Citez 5 films dans la liste primés à Cannes et les prix qu'ils reçurent.

    8. Quelle est la particularité technique de "Victoria" ?

    9. Si je vous dis que ce film est une adaptation et qu'il évoque la déliquescence de la bourgeoisie et la fin d'un monde, à quel film de la liste cela fait-il référence ?

    10. Quel réalisateur d'un des films de la liste a pour épitaphe sur sa tombe "Garder le calme devant la dissonance."

     

  • Critique - Livre - Le DICTIONNAIRE AMOUREUX DU FESTIVAL DE CANNES de Gilles Jacob (Plon)

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    Qui mieux que Gilles Jacob pouvait écrire un dictionnaire amoureux du Festival de Cannes, lui qui en connaît les arcanes mieux que nul autre pour l’avoir fréquenté depuis 1964  « 52 fois 3 semaines, 5 ans » de sa vie, comme journaliste, comme directeur, comme président,  lui dont chaque livre est une déclaration d’amour au cinéma et à ceux qui le font ? Personne, sans aucun doute ! Ne vous laissez pas impressionner ou rebuter par ce mot de dictionnaire, n’oubliez pas l’adjectif amoureux qui lui est adjoint (cette collection comprend ainsi de nombreux ouvrages qui vont de l’architecture à la politique en passant par les chats, Versailles, Mozart..., à chaque fois écrits par des spécialistes dans ces domaines). Dans chaque page palpite et transpire ainsi cet amour éperdu, et non moins lucide, du cinéma, de ses artistes et de ses artisans. C’est d’ailleurs le point commun à chacun des livres de Gilles Jacob, qu’il s’agisse de romans, d’autobiographies, d’échanges épistolaires, réels ou imaginaires avec, aussi, cet amour des mots avec lesquels il jongle malicieusement qui nous emportent dans une valse étourdissante, la valse dont il possède l’élégance qui imprègne ce livre. Plus qu’un dictionnaire, il s’agit ici d’histoires amoureuses du cinéma et même d’Histoire, la grande, qui souvent s’invite au festival et dans ces pages. C’est instructif comme le serait un dictionnaire. Mais c’est surtout captivant et ciselé comme le serait un roman.

    J’étais impatiente de me délecter de ce dictionnaire amoureux, après avoir savouré :

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     - La vie passera comme un rêve (2009 – Robert Laffont), autobiographie entre rêve et réalité dans laquelle s’entremêlent les lumières de la Croisette et les ombres mélancoliques de l’enfance, une (dé)construction judicieuse un peu à la Mankiewicz ou à la Orson Welles, un ouvrage assaisonné d’humour et d’autodérision à la Woody Allen.

    -  Les pas perdus (2013 – Flammarion), savoureux et mélodieux tourbillon de (la) vie, de mots et de cinéma, « en-chanté » et enchanteur dont  les pages exhalent et exaltent sa passion du cinéma mais aussi des mots, avec lesquels il jongle comme il y jongle avec les années, les souvenirs, les films. Avec une tendre ironie. Un voyage sinueux et mélodieux dans sa mémoire, une vie et des souvenirs composés de rêves et, sans doute, de cauchemars.

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    - Le Fantôme du Capitaine ( 2011 – Robert Laffont), une correspondance imaginaire, une soixantaine de lettres comme autant de nouvelles, une évasion pleine de fantaisie dans le cinéma et la cinéphilie, la littérature, et en filigrane une réflexion sur l'art, un  hommage à l’écriture, au pouvoir salvateur et jouissif des mots qui vous permettent les rêveries les plus audacieuses, les bonheurs les plus indicibles, et un hommage au pouvoir de l’imaginaire, à la fois sublime et redoutable, ce pouvoir qui fait « passer la vie comme un rêve ».

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    - Le Festival n’aura pas lieu ( 2015 – Grasset).  Un roman  qui vous emmène notamment sur le tournage de Mogambo sur lequel Lucien Fabas est envoyé en reportage en 1952, au Kenya, où il côtoie John Ford, Clark Gable, Ava Gardner et Grace Kelly.  Et quand Gilles Jacob y écrit à propos de son personnage Lucien Fabas, « Le bonheur de transmettre s’imposait à lui comme une évidence » on pense a fortiori après la lecture de ce Dictionnaire amoureux que ce personnage est loin de lui être étranger.

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    - J’ai vécu dans mes rêves (2015 – Grasset). Ping-pong jubilatoire entre deux rêveurs, passionnants passionnés de cinéma, Michel Piccoli et Gilles Jacob. Caustiques échanges épistolaires (je vous recommande tout particulièrement la lecture des morceaux choisis qui figurent à la fin du livre et qui vous donneront une idée de leurs joutes verbales) mais aussi  confidences sous forme de correspondance. Au gré des évocations des autres, c’est finalement le portrait de Piccoli qui se dessine. Sa liberté. Sa franchise. Sa complexité. Sa peur de paraître prétentieux. Ses blessures. Et surtout son amour immodéré pour son métier, sa passion plutôt en opposition à ses parents, son « contre-modèle », dont il regrette tant qu’ils en fussent dénués.

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    - Mon préféré, enfin, Un homme cruel (2016 - Grasset). Un voyage à travers une vie aussi romanesque que celles des personnages que Sessue Hayakawa (l’homme cruel) a incarnés. Une vie tumultueuse entre  Tokyo, Los Angeles, Monaco et Paris. La vie multiple d’un homme qui de star mondiale et adulée en passant par « agent péril jaune » pour la résistance française termina sa vie comme frère Kintaro, avec les moines bouddhistes. En paix, enfin. L’histoire de Sessue Hayakawa  est  surtout l’histoire vraie d’une star tombée dans l’oubli. L’éternelle histoire de la versatilité du public et du succès, de la gloire éblouissante et de l’oubli assassin.  C’est bien sûr cette dichotomie entre son être et l’image qui est passionnante mais aussi le portrait de l’être plus sensible, avec sa femme,  Tsuru Aoki.  Un homme cruel nous raconte aussi une passionnante histoire d’amour qui a surmonté le temps et la distance et le succès et les infidélités, et une autre, impossible, chacune révélant une autre facette du personnage. Gilles Jacob décrit magnifiquement les tourments de l'âme et du cœur, une autre histoire dans l'Histoire. C’est aussi un trépidant voyage dans l’Histoire du 20ème siècle qui nous fait croiser ses figures illustres : Claudel, Stroheim, et tant d’autres. Mais aussi les drames du 20ème siècle entre séisme meurtrier, racisme, guerre ("Sessue hait le racisme, la chasse aux migrants et aux réfugiés") là aussi tristement intemporels. Je n’ai pas résisté à l’envie de vous en dire à nouveau quelques mots tant ce livre m’avait enthousiasmée…

    Je me souviens encore à quel point j’avais le cœur en vrac après les dernières lignes d'Un homme cruel qui résonnaient en écho avec   "ce quelque chose plus fort que la mélancolie" dont Gilles Jacob parlait dans J’ai vécu dans mes rêves mais aussi en écho avec le chapitre  "Vieillir" dans Le festival n’aura pas lieu, un chapitre sur le temps ravageur, destructeur, impitoyable qui emporte tout, nous rappelant l’essentiel aux ultimes instants ou parfois même trop tard. Nous rappelant aussi la célèbre phrase de Mme de Staël en exergue du roman précité "La gloire, le deuil éclatant du bonheur." Ce petit flashback pour dire que c’est aussi tout cela que l’on retrouve dans ce dictionnaire amoureux, bien éloigné d’un dictionnaire classique donc… Comme dans ses précédents ouvrages, Gilles Jacob n’est jamais aussi passionnant lorsqu’il laisse la mélancolie affleurer, ou lorsque qu’il devine et dépeint celle des autres même si toujours l’humour, cette si bien surnommée "politesse du désespoir", vient judicieusement contrebalancer la mélancolie qui surgit.

    Chaque mot et chaque nom sont autant de déclarations d’amour enflammées et passionnantes au cinéma, caustiques, tendrement ironiques, admiratives, sincères, parfois délicatement saupoudrées de jeux de mots ou de regrets. Gilles Jacob porte sur chacun un regard à l’image de ce que le sien, pétillant, reflète : bienveillance et malice, affabilité et curiosité, élégance et ironie. S’il a surplombé pendant tant d’années les marches les plus convoitées et célèbres au monde, il n’a pas pour autant regardé ceux qui les gravissaient avec hauteur, ce qui n’empêche pas la clairvoyance et la facétie, souvent réjouissantes, ce qui ne l’empêche pas d’être en phase avec son temps (incroyablement), avec les cinéphiles comme avec les grands cinéastes.

    Alors qu’il vient d’être injustement évincé du conseil d’administration du festival à la renommée et à l’essor duquel il a tant contribué, Gilles Jacob a récemment répondu avec beaucoup de malice dans une émission, C à vous, au sujet d’une question sur son meilleur souvenir du Festival que ce fut le jour de son départ parce que Cannes, ce jour-là, l’avait fêté. Si la réponse était malicieuse, son intérêt réciproque pour ce Cannes-là n’est pas feint. Ce Cannes, c’est cette "armée des ombres" qu’il n’oublie jamais (surtout pas dans ce livre) et qui le lui rend bien. Cette déclaration d’amour à Cannes, au cinéma, n’en est ainsi pas pour autant aveugle et c’est ce qui la rend passionnante. Elle est érudite sans être pédante. Elle lève le voile sur certains secrets  sans jamais être impudique ni faire perdre au festival de son mystère. Et s’il est parfois et même souvent admiratif, il n’est jamais dupe. Au fil des pages se construit le portrait du festival mais aussi celui de son auteur dont les vies sont à jamais indissociables (Gilles Jacob est toujours président d’honneur du Festival et président de la Cinéfondation, une autre de ses initiatives destinée à la recherche de nouveaux talents, créée en 1998). C’est un tableau du festival en autant de petites touches dont la citation d’exergue signée Jeanne Moreau résume si bien le ton : "Du Festival de Cannes, je connais bien les visages : la foire aux vanités, la comédie des erreurs, le marché du film et la vitrine des films du monde,

    Ceux qui en disent pis que pendre s’y précipitent chaque année, pour retrouver leurs habitudes et piétiner aux mêmes endroits en smoking ou en robe décolleté. J’attends les rencontres inespérées, les beaux films, les nouvelles gloires. J’entends les voix, les rires de ceux que j’aime tant et que ne viendront plus…".

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    Je vais essayer de ne pas trop en dévoiler mais ce dictionnaire amoureux est si riche et foisonnant d’anecdotes, d’histoires, d’Histoire, de descriptions flamboyantes  et amoureuses de films que chacun s’attardera certainement sur des passages différents selon sa sensibilité. En parcourant ces pages, en y croisant des cinéastes ou des films que j’aime tant, je me suis souvenue pourquoi j’aimais ce festival et le cinéma, follement, parce que, comme l’avait aussi écrit Gilles Jacob dans un autre livre si « Cannes n’est pas un paradis pour les âmes sensibles » c’est aussi et avant tout cela, le lieu des « beaux films », ceux qui vous transportent et vous élèvent l’âme, ceux qui sont une « fenêtre ouverte sur le monde ». Cannes, c’est cette bulle d’irréalité, ce lieu où une sorte de « fièvre » qui vous coupe de la réalité s’empare de vous, paradoxalement tout en projetant des films qui souvent sont un miroir grossissant de cette réalité. Et surtout comme  le rappelle si justement Gilles Jacob, « la passion collective réunificatrice  est logée là. »

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    La première vertu de ce livre qui, pour cette raison notamment, intéressera autant les cinéphiles que les simples curieux ou amateurs de cinéma, c’est de donner envie de voir ou de revoir un grand nombre de films, certains ayant figuré au palmarès, d’autres non. Ainsi m’a-t-il donné furieusement envie de découvrir Accident de Losey grand prix spécial du jury 1967, moi qui aime tant son Monsieur Klein, j’avoue honteusement qu’il s’agit d’une lacune dans ma culture cinématographique, mais aussi de revoir tant de classiques que j’ai déjà vus tant de fois  dont il parle avec une contagieuse émotion :   l’Eclipse d’Antonioni, Irène de Cavalier , Le salaire de la peur de Clouzot, Le troisième homme de Reed,  Ascenseur pour l'échafaud de Malle (ah, quand il évoque son solo de trompette de Miles Davis sur l'errance nocturne de Jeanne Moreau, Boulevard Haussmann !), PlayTime et son « échec terrible » à cause duquel Tati fut ruiné, « son chef-d’œuvre qu’il faut voir à plusieurs reprises pour en déceler toutes les intentions, les finesses et les beautés ».

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    Copyright Solaris Distribution

    Il m’a donné envie de revoir encore Partie de campagne de Jean Renoir dont il rappelle « Quel grand cinéaste français peut se vanter de ne rien devoir à Jean Renoir ? Sûrement pas Pialat, ni Rivette, ni Truffaut,  ni Tavernier, ni Dumont, ni Beauvois, ni Patricia Mazuy, pour n’en citer que quelques-uns.». Il m’a aussi donné envie de revoir des films plus récents comme Toni Erdmann « qui part lentement et devient au fur et à mesure de plus en plus mirobolant » dont il regrette l’absence au palmarès 2016  alors que le jury avait « l’occasion rêvée de récompenser un film allemand, réalisé par une femme (Maren Ade) ».

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    Parfois il m’a donné envie de revoir des filmographies entières tant il aime les auteurs.  « Il ne faut pas reprocher aux grands auteurs un manque d’humilité, pour ne pas dire une arrogance : c’est la contrepartie des humiliations qu’ils subissent de toute part», souligne-t-il ainsi. Il m’a ainsi donné envie de revoir tous les films de Naomi Kawase,  de revoir tous les films de « Leone qui a porté le western-spaghetti à un point d’incandescence inégalé »,  les films de Visconti qui tous «  méritent la Palme, il le sait, il en est sûr…» et encore mon film préféré, le Guépard,  «  le génie à l’état pur, l’accomplissement artistique le plus sacré», « l’art à son apogée, l’art total » ou encore tous les films de Lynch car « surréalistes ou intimes,  ses films plaisent aux jurys, aux critiques et au public parce qu’ils sont l’essence même du cinéma, c’est-à-dire des rêves éveillés. »

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    Et puis on est heureux d’apprendre que de grands cinéastes sont aussi de belles personnes comme Jane Campion « lady Jane », présidente du jury l’année où il quitta celle du festival, 2014,  Wong Kar Wai avec son regard qui « possède un éclat d’une singulière noblesse » (il évoque avec lyrisme In the mood for love qui « restera  comme une des œuvres les plus acclamées du Festival de Cannes »),  Almodovar dont il fait l’éloge de la classe et qui n’a accédé au festival qu’en 1999 avec son 15ème film. Chacun y trouvera des phrases sur les cinéastes qu’il affectionne comme Sautet  pour moi « Et, qu’on l’accepte ou non, il était injustement frappé du sceau dédaigneux pour ne pas dire infamant de la perfection à la française, alors qu’en réalité « en hiver » ou pas, il serre le cœur ».

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    L’évocation de ses regrets est encore prétexte à la description émue de films  « J’aurais adoré montrer au Festival 1997 On connaît la chanson, cette réussite parfaite où Agnès Jaoui interprète une guide étudiante préparant une thèse sur « les chevaliers paysans de l’an mil au lac de Paladru », sans compter la belle brochette de comédiens et les irrésistibles départs de chanson célèbres, en allusion à la situation. »  Tout aussi vibrante est sa colère face au jury qui n’a pas su aimer et récompenser Two lovers de James Gray comme il aurait dû l’être, très grand film d’une mélancolie d’une beauté déchirante  « Ils n’ont pas senti les pulsions, les tristesses raisonnées, le New York des petites blanchisseries, l’anti-Mélodie du bonheur… »,  résume-t-il ainsi après avoir fait l’éloge du film en question.

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    Il regrette aussi que certains qui, à n’en pas douter, auraient été de grands présidents du jury, n’aient jamais exercé cette fonction comme Alain Resnais « parti à quatre-vingt-onze ans sans avoir eu le temps d’assumer cette fameuse présidence où son élégance morale, son sérieux et sa parfaite connaissance du cinéma mondial auraient fait merveille. Au lieu de quoi, rarement un grand metteur en scène a été aussi maltraité le festival ». Parmi les regrets encore, n’avoir pas su honorer le cinéma japonais, Mizoguchi, Ozu,  et Godard, qui n’a jamais été sélectionné au cours des années soixante.

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    Chaque évocation de cinéaste est comme une nouvelle leçon de cinéma, une  nouvelle définition de celui-ci aussi. Ainsi évoque-t-il Milos Forman dont la leçon de cinéma se résume par ces mots "Dites la vérité, sans être ennuyeux. C'est tout.".  Ou ainsi évoque-t-il Pialat " Plus sérieusement, Pialat a une hantise : l'art doit capter la vie. À n'importe quel prix, fût-ce celui de mettre le film en danger. Pour lui, quelques minutes de vérité sauvent un film inégal, c'est à cela qu'il s'est toujours efforcé de parvenir." Ou parfois une phrase suffit à brosser le portrait d’un cinéaste comme lorsqu’il évoque ce déjeuner en tête à tête avec le mystérieux Terrence Malick lors de sa venue à  Cannes pour L'arbre de vie "J'avais enfin deviné son secret qui n'est autre que savourer la liberté de disparaître" ou comme lorsqu’il parle de Louis Malle "Le goût de Malle pour la perfection technique venait peut-être aussi d'un manque de confiance en soi". "..., il y avait surtout que Louis était un cinéaste qui doutait d'abord de lui-même, ayant fait le tour des rébellions. Défections pardonnées au cinéaste de la mauvaise  conscience, sauf pour Au revoir les enfants (1987) qui est notre lien puisqu'il s'est inspiré en partie de ma propre histoire, quand je m'étais caché derrière l'harmonium tandis que les enfants allemands fouillaient le séminaire où j'étais réfugié. » Et soudain, je me souviens, à la cérémonie de clôture 2014, l’année du  départ de Gilles Jacob de la présidence du Festival, avoir assisté au bouleversant « au revoir les enfants » inscrit sobrement sur la scène du palais des festivals lorsque ce dernier avait remis la caméra d’or, comme un passage de relai, cette caméra d’or qu’il a initiée et qui a révélé tant de grands cinéastes, une inscription qui, à la lecture de ces mots, résonne encore plus fort.

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    Photo ci-dessus copyright Inthemoodforcinema.com, cérémonie de clôture 2014 Gilles Jacob et Nuri Bilge Ceylan avec sa palme d'or reçue pour "Winter Sleep"

    Il évoque autant ceux que l'on nomme les habitués (Ken Loach, 18 fois à Cannes dont 4 en sélection parallèle,  Haneke sur 12 films tournés 11 sélectionnés)  que des cinéastes émergents ou des cinéastes dont la carrière n’a pas éclos après leur passage en sélection et qui n’ont fait qu’un passage éclair au festival. Un savant équilibre comme doit l’être la sélection du festival (ce passage sur la sélection et son alchimie est aussi passionnant). Que de vibrantes déclarations !  Aux films. Aux cinéastes. Aux acteurs. Aux actrices. Les actrices, bien sûr, dont il brosse le portrait  comme il le ferait pour des personnages de romans. D’ailleurs, souvent, ce sont des personnages de romans. Comme Adjani « Elle apparaît, elle disparaît. Elle se toque, elle s’aperçoit qu’elle est trahie, elle jette. Les déceptions laissent des bleus à l’âme et les regrets des cicatrices invisibles. Elle croit qu’on les voit, alors il lui arrive d’oublier sa main le long de sa joue, trouve des poses nonchalantes qui masquent à demi son visage de déesse pour toujours. »

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    Il faudrait aussi citer, parmi d’autres, les sublimes portraits d’Anouk Aimée, de Juliette Binoche, de Catherine Deneuve "sans conteste la plus grande actrice française de sa génération" venue 19 fois à Cannes et qui " aurait mérité mille fois le prix d'interprétation qui lui est toujours passé sous le nez", Huppert "...aujourd'hui, après le long règne de Jeanne Moreau et de Catherine Deneuve, elle est devenue la patronne." Et bien sûr l’inoubliable Jeanne Moreau qu’il décrit en  reprenant ainsi la célèbre formule de Truffaut : "Elle a toutes les qualités qu'on attend d'une femme, plus celles qu'on attend d'un homme, sans les inconvénients des deux..." à laquelle Gilles Jacob ajoute "Car il est des comédiennes pour lesquelles, indépendamment de leur gloire, la classe et l'élégance morale sont un art de vivre. Jeanne Moreau était de celles-là.  C'est pourquoi, à la Bresson, un seul mot pour conclure : Ô, Jeanne." En une formule, poignante, tout est dit, avec pudeur…

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    Les acteurs ne sont pas oubliés. Là aussi, il a le don de percer à jour, de nous laisser deviner l’être parfois blessé et mélancolique derrière l’acteur joyeux et exubérant:

    -  Rochefort, ainsi magnifiquement portraituré « Jean était revenu à la case départ, à sa nostalgie existentielle et ce désespoir solaire qu’il cachait derrière des pulls de couleur et des absurdités délicieuses », « cette voix sans pareille dans l’éloquence tranquille et la verve narquoise », « Jean méritait l’admiration collective de ses contemporains ; c’était quelqu’un ».

    -Depardieu, "Gérard n'est pas d'aujourd'hui ; comme les génies, il est de toujours." 

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    - Cary Grant, "L'aisance. Comme celle de ses personnages."

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    -Piccoli, "Il aura tout joué avec la même sincérité, la même virtuosité, la même force intérieure capable d'exprimer la folie furieuse comme la tendresse la plus délicate. C'est aussi un homme de bien qui inspire les plus beaux mots de la langue française : allure, générosité, élégance, pudeur, tendresse, extravagance ..."

    -Ou encore DiCaprio  qui sait « faire preuve d’une incroyable authenticité », qui « peut tout se permettre », un « grand » qui se reconnaît au fait de « passer sans dommages » (comme dans Les Infiltrés) « pour l’être le plus inhumain de la terre. »

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    Au-delà de ces déclarations d’amour à ceux qui font le cinéma, c’est aussi une passionnante plongée dans l’Histoire du festival. A qui en douterait encore, ce dictionnaire démontre l’importance du Festival de Cannes et de son palmarès pour une œuvre ou un auteur lorsqu'ils y figurent. Ainsi, rappelle-t-il qu’un tiers des Français seraient plus enclins à voir un film s’il a été primé à Cannes. Gilles Jacob donne au lecteur l’impression d’être une petite souris qui, avec lui, se faufile dans l’histoire du festival. Ainsi nous apprenons comment ET  de Spielberg fut le film le clôture le plus prisé, comment fut élaborée cette folle et merveilleuse idée qui a donné lieu aux pépites cinématographiques de Chacun son cinéma, comment le Festival de Cannes aurait pu être celui de Biarritz...

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    Est  aussi minutieusement décrite la création d’Un Certain Regard (à l’origine de laquelle il se trouve, comme la Caméra d’or) ou encore la difficile opération de la sélection des films, mais aussi du film d’ouverture (celui que l’on doit "quitter heureux") ou de l’affiche. Par exemple, pour l’affiche, nous apprenons comment très vite l’hommage à un grand cinéaste s’associa à l’œuvre commandée. Fellini en eut ainsi les honneurs 3 fois.  Il y eut aussi cette sublime affiche reprenant Le baiser des Enchaînés d’Hitchcock. Et pour Gilles Jacob, s’il ne devait en garder que deux, ce seraient celle de 1985 et 2007.

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    affiche du Festival de Cannes 1985.jpg

    affiche du Festival de Cannes 2007.jpg

    C’est aussi passionnant de voir comment le  festival a influé sur des destins personnels mais aussi des cinématographies entières, comment par exemple le grand prix du jury  2010 pour Saleh Haroun pour L’homme qui crie a changé tant de choses pour le cinéma tchadien. On réalise qu’il n’y a eu qu’une seule palme d’or africaine en 1975, Chronique des années de braise de Mohammed Lakhdar-Hamina et une seule palme d'or chinoise avec Adieu ma concubine en 1993. On se souvient qu’une seule femme a obtenu la palme d’or, Jane Campion pour La leçon de piano (la même année, ex-aequo). On découvre comment il n’y eut qu’une seule séance de Il était une fois en Amérique, séance payante au profit de l’institut  Pasteur. On comprend la malédiction de l’année 2003 ou encore comment le festival a sauvé Cinéma Paradiso. Et tant et tant de choses encore…

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    Et puis il y a ce ton singulier, cette élégance distanciée, cette lucidité caustique que résume si bien cette description de sa première fois à Cannes en 1964 que pourraient s’approprier tant de festivaliers, cette envie bravache de crier devant Cannes comme Rastignac devant Paris "A nous deux maintenant".

    "La Méditerranée était froide, je m'en fichais, c'est dans le bonheur que je nageais. Je me sentais particulier,  différent, promis à quelque chose d'extraordinaire. Je pense qu'il en est de même pour tous les nouveaux venus, à toutes les époques, tant l'excitation naît de l'aventure du festival, de la découverte des films, de l'attrait des rencontres... (...)Même si plus tard, l'occasion me serait donnée de réviser quelque peu cette naïve appréciation". 

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    Le livre est aussi parsemé d’anecdotes savoureuses et le moins épargné est sans doute lui-même car il sait  toujours faire preuve de cette autodérision exquise à lire.  Nous apprenons ainsi comment il a confondu deux maîtres du cinéma (je vous laisse découvrir lesquels…), ou encore comment Adjani présidente du jury du 50ème a traité Mike Leigh de nain de jardin ou comment il avait pris The end of violence de Wenders par amitié, « j’assume » conclut-il et c’est tout à son honneur. Parfois, l’espace d’un instant, on a l’impression de humer l’atmosphère comme dans le passage intitulé La Veille du festival, une véritable nouvelle qui nous plonge amoureusement dans l’ambiance et qui nous donne envie et même la sensation d’y être. Et quand il nous emmène avec lui à la villa Domergue avec le jury en délibérations, on le remercie de nous en laisser deviner tant sans en dire trop, d’avoir à la fois conscience de la préciosité, de l’importance et du dérisoire de l’instant. Bien sûr, on retrouve ce regard acéré dans la description de la montée des marches, « montée vers la gloire ou la guillotine en cas d’échec », un des rites du festival qui se devait d’être là.

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    On regrette de ne pas avoir été là le jour de l’ouverture avec Ridicule, ce film que je ne peux en effet jamais voir sans penser au festival tant ceux prêts à tuer pour et avec un bon mot, pour voir une lueur d'intérêt dans les yeux de leur public roi, pour briller dans le regard  du pouvoir ou d'un public, fut-ce en portant une estocade lâche, vile et parfois fatale, dans leur quête effrénée du pouvoir et des lumières, rappellent tant les manigances de certains au moment du festival : « Un triomphe salué comme tel. Entourages de ministres, de hauts fonctionnaires, de puissants, voire de directeurs de festivals, salués de rire devant ce ballet des courtisans sans voir le miroir que Leconte leur tendait », raconte ainsi Gilles Jacob.

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    Irrésistibles sont les pages dans lesquelles il évoque le choix d’Intolérance de Griffith en ouverture et ce qui en découla, leTBO (tribunal de bouche à oreille),  quand il n’ épargne pas, mais toujours le sourire et l’ironie aux lèvres, les flagorneurs, les hypocrites,  les fêtes (c’est bien connu, la plus fastueuse et mémorable est forcément celle où vous n’étiez pas), la posture péremptoire de la critique (excellent passage Ah, la critique !), les journalistes, "Ces journalistes qui critiquent sans avoir vu les films ou parce qu'ils ne les ont pas vus", " La mer est bleue. Il sait qu'elle est là, mais dans son parcours du combattant il ne la voit même pas", quand il évoque  ces lieux où il faut être, "en être", "On peut tout diagnostiquer aux 140000 personnes voire davantage qui assistent au Festival de Cannes, sauf une carence en égocentrisme".

    Le livre foisonne aussi de réflexions sur le cinéma : "que vont devenir les festivals alors que la cinéphilie elle-même s'est profondément transformée ? Que les séries télévisuelles rendent le jeune spectateur impatient ?", "Dans ce monde qui sacrifie au superficiel, au zapping, à la banalisation, ce qui fait notre force, c'est l'enracinement dans  une passion pour le Cinéma d'auteur et pour ceux qui la portent : les grands."

    "Quand j'ai pris mon poste à la tête du festival je me suis fait une promesse. Celle de promouvoir un cinéma populaire intelligent ou, comme je l'ai dit alors, du cinéma d'auteur pour grand public- et j'ai tenu parole" écrit Gilles Jacob.  Oui, promesse tenue, indéniablement. Et c’est ce que reflète magnifiquement ce livre qui est une plongée dans l’âme du festival, une âme vivante, vibrante, constituée de tant de tumultueux et joyeux paradoxes.

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    Son livre Les Pas perdus s’achevait par un hommage à la vie, une douce confusion entre cinéma et réalité, et par « Woody », évidemment par Woody Allen dont le plaisir à mélanger fiction et réalité, l’enthousiasmante et enthousiaste curiosité, l’amour du cinéma et plus encore l’humour, décidément, le rapprochent tant. Et cette rose pourpre qui à nouveau clôt ce dictionnaire qui mêle là aussi astucieusement cinéma et réalité…

    Vous  pourrez lire ce dictionnaire dans l’ordre comme un roman (Cannes et ses mythologies, quel décor, si romanesque !) ou piocher au gré de vos envies et de vos curiosités et vous immerger dans la Comédie humaine cannoise qui, sous le regard espiègle, d’une étonnante modernité, de Gilles Jacob et sous sa plume alerte devient plus attendrissante et non moins ravageuse que celle de Balzac.

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    En terminant ce livre, j’ai pensé à la sublime affiche du film Café Society sur laquelle une larme dorée coule sur un visage excessivement maquillé tel un masque. Celui de la société que ce café d’apparats et d’apparences métaphorise.  Un « café society » qui nous laisse longtemps avec le souvenir de deux âmes seules au milieu de tous, d’un regard lointain et d’un regard songeur qui, par-delà l’espace, se rejoignent. Deux regards douloureusement beaux. Bouleversants. Comme un amour impossible, aux accents d’éternité. Un inestimable et furtif instant qui, derrière la légèreté feinte, laisse apparaître ce qu’est ce film savoureux : un petit bijou de subtilité dont la force et l’émotion vous saisissent à l’ultime seconde. Lorsque le masque, enfin, tombe. C’est aussi l’impression que m’a laissée ce livre, comme si cette palme en laissant voir ce qu’elle dissimule derrière ses dorures, bien loin d’en perdre son éclat, en devenait plus émouvante encore.

    A 34 jours de l’ouverture du 71ème Festival de Cannes, doucement commence à renaitre cette insatiable envie de découvertes cinématographiques dans laquelle nous immerge le plus grand festival de cinéma au monde et déjà il me semble entendre la musique de Saint-Saëns qui nous appelle de ses notes envoûtantes, réminiscences de tant d’instants magiques de vie et de cinéma qui, à Cannes plus qu’ailleurs, s’entrelacent. Ceux qui résisteraient à cette mélopée ensorcelante, à n’en pas douter,  à la lecture  de cette déclaration d’amour au Festival de Cannes et plus largement au cinéma, devraient y succomber. Ce dictionnaire amoureux du Festival de Cannes est et restera l’ouvrage indispensable pour les curieux et amoureux du festival et du cinéma, et pour ceux qui veulent découvrir le festival par le regard de celui qui le connaît le mieux et qui en parle si amoureusement, avec à la fois l’honnêteté et les élans passionnés qu’implique l’amour véritable : « Citizen Cannes ». Oui, amoureux, ce dictionnaire aux accents si romanesques l'est indubitablement, terriblement. A savourer et  à relire sans modération !

    Et pour en savoir plus, la quatrième de couverture :

    "Il y a les films, les évènements, les palmarès. Il y a l’air du temps.
    Les stars que j’ai aimées et dont je tire le portrait - personnel, artistique, réel, rêvé.
    Il y a les metteurs en scène venus de partout, et qui me sont proches. Les pays, les
    écoles, les genres. La presse. Les photos.
    Les jurys, les discussions, les rires. Les pleurs aussi.
    Il y a la palme d’or.
    Il y a les fêtes, les surprises, les polémiques, les excentricités.
    Il y a les festivaliers, tout ce monde mystérieux du cinéma que le public envie et
    auquel chacun voudrait appartenir.
    Ce  dictionnaire amoureux conte le roman vrai du plus grand festival de cinéma au
    monde, et en révèle quelques secrets.
    Tour à tour historien, romancier, diariste, commentateur,  j’ai souhaité témoigner de
    ces moments tragi-comiques qui forment la folle aventure du Festival.
    J’aimerais que le lecteur se coule dans l’esprit d’un sélectionneur, d’un juré, d’un
    critique, d’un cinéaste, et suive en coulisses le spectacle inouï de ces années éblouissantes."

  • L'hôtel Barrière Le Majestic : le palace de rêve pour séjourner pendant le Festival de Cannes

     

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    A moins d’un mois du 71ème Festival du Film de Cannes qui aura lieu du 8 au 19 mai et alors que vient d’être annoncée la sélection officielle de cette édition 2018 (retrouvez-la, détaillée, dans mon article à ce sujet, ici), je vous emmène aujourd’hui rêver un peu dans le plus beau palace de la Croisette et celui qui est à mon avis l’endroit idéal pour séjourner pendant le festival :  le fastueux hôtel Barrière Le Majestic.

    En 17 Festivals de Cannes couverts du premier au dernier jour, j’ai eu l’occasion d’expérimenter toutes sortes d’hôtels cannois  (du plus au moins luxueux) et toutes sortes de restaurants sur la Croisette. J’ai ainsi choisi de vous parler aujourd’hui de l’un de ces hôtels cannois, celui que j’affectionne plus que les autres, le palace qui  sert aussi de cadre à mon premier roman, « L’amor dans l’âme » (Editions du 38), un roman dont l’intrigue se déroule au cœur du Festival de Cannes. Les passages qui se déroulent à l’hôtel Majestic ont ainsi pour décor son restaurant Le Fouquet’s,  le hall mais aussi  la somptueuse suite Mélodie inspirée du film de Verneuil Mélodie en sous-sol (mes photos souvenirs ci-dessous, encore merci à l’équipe de l’hôtel pour l’écho donné à mon roman et pour les photos réalisées dans la suite lors du Festival de Cannes 2017).

    Ci-dessus, publication de la page officielle de l’hôtel Barrière Le Majestic pendant le Festival de Cannes 2017.

    Ci-dessus, photos personnelles avec mon roman « L’amor dans l’âme » dans la suite Mélodie de l’hôtel Barrière Le Majestic.

    Si j’avais une baguette magique, c’est sans aucun doute en effet l’Hôtel Barrière Le Majestic que je choisirais pour séjourner pendant le festival, en raison de ses multiples atouts (que je vous présente ci-dessous) notamment de sa proximité avec le palais des festivals (c’est le palace le plus proche du palais) qui en font le lieu  de séjour rêvé pour les festivaliers, et bien sûr en raison de l’accueil et du service, toujours irréprochables dans les hôtels Barrière, comme ce fut par exemple le cas  lors de mon séjour de 10 jours à l’hôtel Barrière Le Royal de Deauville pendant le Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017 (mon article, ici).

    Photo ci-dessus à l’hôtel Barrière le Royal de Deauville lors du Festival du Cinéma Américain 2017 © Dominique Saint

    Si je n’ai jamais séjourné au Majestic, j’y ai tant de souvenirs glanés au fil de mes 17 festivals de Cannes (comme ci-dessous en 2009 lorsque j’avais gagné le prix L’Oréal du meilleur blog, le hall a changé depuis mais est toujours aussi splendide) que je peux vous en parler comme si tel avait été le cas… Né en 1926, le Majestic n’a cessé de s’embellir et s’agrandir. Le 1er février 1926, l’Hôtel Majestic voit le jour : 250 Chambres avec Salles de bain, des salles de réception décorées par le peintre Francis di Signori, l’un des artistes les plus en vue de l’époque, des escaliers monumentaux en marbre de Carrare, un dallage en marbre rouge des Pyrénées, matériau précieux et lumineux… L’hôtel, déjà, est somptueux. En 1999, 40 nouvelles chambres voient le jour ainsi qu’une piscine moderne et raffinée parée de mosaïques réalisées par les verriers de Murano, un jardin terrasse et, directement sur la Croisette, une série de boutiques de luxe. La deuxième aile voit le jour en 2010 après un chantier colossal de plus de quatre ans.

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    L’hôtel , à l’image de sa plage dont je vous parlerai plus bas, se situe à la fois en plein centre de Cannes et un peu en retrait de son agitation.  Il est également situé sur la Croisette et à deux pas des boutiques de la rue d’Antibes, du port et du Suquet. Son concierge clefs d’or répondra à vos demandes avec affabilité et professionnalisme remarquables (je peux en témoigner).

    L’hôtel Le Majestic Barrière est aussi affilié aux Leading hôtels of the world, ce qui est aussi un indéniable gage de qualité. Le Majestic a reçu de nombreux prix et distinctions. Elu tour à tour « Luxury Hotel » aux « World Luxury Hotel Awards », « Best Hotel », « Hotel Best Architecture » et « Best resort Hotel » aux « International Hotel Awards » de Londres… Nommé « Meilleur Hôtel de bord de mer » au monde en 2012, il a reçu en 2015 les « Best Hotel France » et « Best Convention Hotel France » aux « International Hotel Awards ».

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    A fortiori pendant le festival, il est impossible de ne pas avoir le regard attiré par son entrée majestueuse qui est alors d’autant plus spectaculaire que, souvent, des studios américains rivalisent d’imagination pour la mettre en scène. Chaque année, plus de cinquante chambres deviennent ainsi des bureaux éphémères. L’hôtel affiche complet plusieurs mois à l’avance. Cela n’empêche pas certains de débarquer au dernier moment, comme cet Américain qui, en 1983, posa ses valises devant la loge, au plus fort du Festival. Lucien Barrière en personne lui céda son appartement privé. Il faut dire que l’homme en question se nommait… Paul Newman !

      La magie du Festival se vit tout au long de l’année grâce à une remarquable collection de plus de 2 500 clichés. Retraçant soixante ans de Festival, ces murs d’images donnent à voir les plus grands talents d’Hollywood (Al Pacino, Robert de Niro, Steven Spielberg…) et les monstres sacrés du cinéma français : Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Romy Schneider, Catherine Deneuve.  Pendant les douze jours du Festival, Le Majestic multiplie également les chiffres records : 14 000 serviettes de bain, 15 000 draps et 8 000 peignoirs,  16 000 savonnettes, 1000 litres de bain moussant, 8 000 roses déposées par les femmes de chambre dans les chambres,  500 pantalons et chemises à nettoyer et repasser par jour, •des effectifs qui passent de 350 à 700 personnes,  25 000 repas servis au restaurant ou dans les réceptions privées,  15 % de la recette annuelle de l’hôtel en matière de restauration, 2 tonnes de homard, 3 de poisson, 40 de fruits et légumes, 160 000 oeufs, 50 kilos de caviar, 350 kilos de foie gras et 800 de langoustes,  18 500 bouteilles de vin, dont plus de la moitié de champagne.

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    Une fois l’entrée franchie, vous découvrirez un hall aux proportions vertigineuses qui n’en reste pas moins particulièrement élégant, cosy et chaleureux. Si le luxe est présent, il est toujours synonyme de chic et jamais d’ostentation. En 2016, le Majestic Cannes a ainsi vu son décor évoluer et plusieurs de ses lieux emblématiques une nouvelle fois sublimés par les plus grands noms de la décoration.  La nouvelle décoration du lobby du Majestic, dévoilée à l’occasion du Festival de Cannes 2016, est assurée par les plus grands noms du monde de l’architecture : le Cabinet Danan s’est inspiré de Jacques-Emile Ruhlmann, l’un des acteurs principaux du style Art Déco des années 1920 – 1930. La lustrerie du hall et de la conciergerie a été confiée à la «poétesse de la lumière», Sylvie Maréchal.

    Le choix de chambres et suites est tellement pléthorique qu’il faudrait être particulièrement difficile pour ne pas trouver son bonheur. Dans la suite Mélodie précédemment évoquée,  dans laquelle fut tourné le film de Verneuil en 1963, vous pourrez profiter de la terrasse panoramique sur la Méditerranée mais aussi du service d’un Majordome dédié et d’un accueil Top VIP. Tels Jean Gabin et Alain Delon dont les portraits surmontent la tête de lit, vous serez ainsi la star de la Suite Mélodie. La superbe fenêtre en demi-lune qui s’étend du sol au plafond, la salle de bain de marbre rose et l’accès illimité au Centre de remise en forme et à l’Espace sensoriel avec sauna, hammam et douche expérience du Spa Diane Barrière sublimeront votre séjour. Un bijou de 150 m² lové sous la coupole Est. Comme en témoigne ma photo ci-dessous, la vue y est réellement à couper le souffle et même délicieusement vertigineuse !

    Ci-dessus, photo personnelle.

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     Ci-dessus, photos officielles de l’hôtel.
     
     
    Parmi les nombreuses chambres et suites proposées, j’ai également un faible pour la récente suite Michèle Morgan qui, comme la précédente, enchantera les amoureux du septième art.  La Suite Michèle Morgan, d’une superficie de 85m2, offre 2 chambres à coucher avec leurs salles de bains en marbre privatives, séparées par un agréable et spacieux salon central. Une suite créée à l’image de l’inoubliable interprète du Quai des brumes qui l’a inspirée: lumineuse et d’un chic intemporel. « J‘ai créé une suite à l’image de l’immense artiste qui l’a inspirée : lumineuse, d’un chic intemporel… » a ainsi déclaré la décoratrice Chantal Peyrat qui, au printemps 2017, a signé l’atmosphère de la Suite Michèle Morgan.
     
     
    Photos ci-dessus issues du site officiel de l’hôtel.
     

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    Autre suite de rêve,  particulièrement glamour et élégante, la suite Christian Dior : somptueux appartement de 450 m² avec une terrasse à 180° sur la Méditerranée. La magnifique Suite Christian Dior reprend les codes de la célèbre maison de couture parisienne. Vous pourrez apprécier la préciosité de la décoration inspirée de celle du 30 avenue Montaigne et les prestations haut de gamme des lieux. Majordome aux petits soins, délicate parure de linge brodé, home cinéma dernier cri et somptueuse salle à manger Louis XVI : rien ne manque ! Chaque détail des deux Suites qui composent ce vaste appartement est soigné. La terrasse panoramique et l’accès gratuit au Centre de remise en forme et à l’Espace sensoriel avec sauna, hammam et douche expérience du Spa Diane Barrière ajoutent au plaisir de ces lieux enchanteurs.
     
     
     
     
    Photos ci-dessus issues du site officiel de l’hôtel.
     
    Difficile aussi de ne pas succomber au charme de la suite Majestic Barrière : le luxe à son paroxysme avec cette suite située au 7ème étage, la plus somptueuse suite d’Europe dit-on. Elle possède ainsi une piscine chauffée à contre-courant en apesanteur sur une terrasse de 150 m² !  Ambiance yachting et vue spectaculaire sur la mer garanties. Confort et raffinement ultimes sur 450 m² avec un Majordome à votre service.  Egalement à disposition : un vaste dressing, un home cinéma avec écran motorisé de 3×2 mètres, une sublime salle à manger en chêne blanc et acajou, un espace fitness avec une douche expérience et un Majordome dédié. Vous pourrez aussi profiter d’une vue vertigineuse sur le Palais des Festivals et des Congrès, les îles de Lérins et l’Estérel. Une sublime oasis de paix et d’évasion, réalisée par l’architecte français Pascal Desprez.
     
     
     
     
    Photos ci-dessus issues du site officiel de l’hôtel.
     
    Bien sûr, les chambres plus « classiques » n’en sont pas moins luxueuses et singulières, comme la chambre Deluxe ville ci-dessous, de 25 m5. Vous n’aurez ainsi que l’embarras du choix parmi les 349 chambres et suites que compte l’hôtel.
     
     Photo ci-dessus issue du site officiel de l’hôtel.
     
    Parmi les multiples atouts de l’hôtel Barrière Le Majestic, celui-ci devrait ravir les cinéphiles (et me ravit en tout cas !) : l’hôtel dispose en effet d’une somptueuse Cinémathèque et même désormais d’un ciné-club. La Cinémathèque Diane peut ainsi contenir 35 personnes maximum. Un vaste choix de DVD vous est proposé par la Conciergerie… Films d’aventure, romantiques, pour enfants, blockbusters, en plusieurs langues ou sous-titrés : vous n’aurez que l’embarras du choix. L’Hôtel Le Majestic propose tous les dimanches soir le “Barrière Ciné-Club”. Une belle occasion de finir le week-end sur une note glamour en version grand écran, confortablement assis dans les fauteuils en velours, accompagné d’une coupe de Champagne et d’un mélange salé. Voilà ce à quoi vous donne accès cette offre à 35 euros par personne : accès à la projection privée, coupe de Champagne servie dans la salle de projection, accompagnée d’un mélange salé, visite d’une des cinq suites signatures. Le rêve ! Sur réservation uniquement. Le prochain ciné-club vous permettra de (re)découvrir The Revenant (2015) de Alejandro González Iñárritu avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy et Domhnall Gleeson dont vous pouvez retrouver ma critique détaillée, ici. Exceptionnellement,  vous pourrez visiter la Suite Michèle Morgan à cette occasion.
     
     
    Comme tout palace digne de ce nom, le Majestic vous propose un vaste choix de restauration. Le Fouquet’s est un peu ma Madeleine de Proust puisque j’y fêtais autrefois chaque année mon anniversaire qui a la bonne idée de tomber toujours pendant le festival du film. Je garde ainsi l’inénarrable souvenir d’un dîner lors duquel est arrivé dans la salle du Fouquet’s Pedro Almodovar et ses actrices qui venaient d’obtenir le prix d’interprétation féminine pour l’ensorcelant Volver en 2006 et qui étaient venus patienter là avant le dîner de clôture. De concert, la salle les avait applaudis. Et je me souviens encore avec émotion de la tape bienveillante de Pedro Almodovar sur le dos de mon père.
     
    Je suis retournée y déjeuner en mai dernier. Le service y était absolument parfait et d’une rare et exceptionnelle amabilité.

    Ci-dessus, publication du compte Instagram du Majestic. lors du Festival de Cannes 2017

     Le Fouquet’s Cannes cultive l’esprit brasserie de son prestigieux modèle parisien. À la carte, élaborée en collaboration avec Pierre Gagnaire (comme au Royal Barrière de La Baule où la cuisine est là aussi réellement excellente comme je vous le racontais, ici), des plats “canailles” réunissent célèbres gourmets et stars gourmandes. Vous pourrez par exemple opter pour la formule du midi : suggestion du chef ou choix d’un plat signalé sur la carte , le plateau de pâtisserie Fouquet’s (une pâtisserie au choix) et un café Grande Réserve. Le tout pour 32 euros par personne. Tous les jours au déjeuner de 12h00 à 16h00 du lundi au vendredi. Vous pourrez aussi choisir le menu Pierre Gagnaire,  tous les soirs, à 68 euros. Pour ma part, j’avais opté pour le Fish and chips. Un régal !
     
     
     
     Photos personnelles du déjeuner au Fouquet’s.
     
     
     
    Vous pourrez également opter pour le restaurant La petite maison de Nicole où les saveurs méridionales et les crustacés, notamment, sont à l’honneur.  Là, vous pourrez profiter des Soirées Musique Live ( tous les jeudis, vendredis et samedis soir), de l’ambiance musicale 100% Années 80 ( tous les mercredis soir -hors période de congrès-) avec entrée, plat, dessert, un verre de vin et 1/2 bouteille d’eau pour 52€ prix net par personne. Vous pourrez également profiter de la Formule du jeudi ( soirée musique live autour d’un dîner à partager-hors période de congrès-). Vous pourrez alors choisir 6 saveurs à partager, un dessert au choix, 1/2 bouteille d’eau minérale et  1/2 bouteille de vin par personne (59€ prix par personne, à partir de 2 personnes).
     
    Photo ci-dessus issue du site officiel de l’hôtel.
     
    Petite parenthèse pour vous recommander aussi l’excellent restaurant de plage de l’hôtel Barrière Le Gray d’Albion (photos ci-dessous), située non loin du Majestic.
     
     
     
    L’hôtel Majestic vous propose également 3 bars : la Rotonde Veuve Clicquot, le bar galerie du Fouquet’s, et la terrasse piscine.
     

    Photo ci-dessus de la plage Majestic issue du site officiel de l’hôtel.

    Autre atout de l’hôtel : sa sublime plage aménagée. C’est là que chaque année est célébré le début du festival mais aussi le clôture et, à chaque fois, l’élégance est au rendez-vous lors de fêtes auxquelles Gatsby le Magnifique n’aurait rien eu à envier. C’est sur la plage que se trouve désormais le BFire by Mauro Colagreco où vous pourrez déguster la délicieuse cuisine au feu de bois du chef. Vous pourrez aussi y rester alanguis sur un transat ou profiter de ses multiples activités nautiques.

    C’est là, sur la plage du Majestic, que se tiendra la Welcome Party du Festival de Cannes du mercredi 9 mai et, le lendemain, la soirée d’ouverture du Marché du Film. Bien d’autres événements leur succèderont jusqu’au bouquet final : le Dîner du Palmarès, organisée le samedi 19 mai, dont le menu est signé Pierre Gagnaire qui, le reste de l’année, supervise la carte des Fouquet’s. 650 invités se régaleront de mets imaginés par celui que ses pairs ont élu « le meilleur chef du monde ».

     

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    Vous pourrez aussi profiter de la splendide piscine extérieure chauffée à 27 degrés toute l’année.

    Photo ci-dessus issue du site officiel de l’hôtel.

    Vous pourrez également profiter du fitness center où vous pourrez notamment bénéficier d’une remise en forme personnalisée. Autre remarquable atout de l’hôtel : son Spa Diane Barrière dans un cadre au luxe infiniment zen avec stimulation multisensorielle, parcours personnalisés ou modelage sur-mesure. Vous pourrez profiter de 450 m² dédiés à votre seul bien-être. Vous pourrez savourer la signature du Spa Diane Barrière, associé à 2 marques reconnues de l’univers du bien-être: Biologique Recherche et son approche clinique du soin esthétique et LIGNE ST BARTH dont les soins vous transportent dans la douceur de vivre du monde Caraïbe.  Vous pourrez vous abandonner à des soins holistiques personnalisés, conçus pour détendre, restaurer et élever le corps, l’âme et l’esprit… Vous pourrez également opter pour un soin seconde peau,  un massage Chill Out avec des coquillages chauds ou faire appel à l’expertise d’un coach. Le Spa Diane Barrière c’est aussi un Espace Fitness avec cours collectifs et appareils cardio – musculation, 4 cabines de soins dont une double, une cabine coiffure ainsi qu’un Espace Sensoriel avec sauna et hammam. (Espace Sensoriel, accès libre et gratuit – Ouvert tous les jours de 9h00 à 20h00.)

    Je vous laisse découvrir le site officiel, l’excellent compte instagram et la page Facebook de l’hôtel qui vous réservent bien d’autres surprises. Par exemple, vous découvrirez que sur le toit du Majestic, au 7ème étage, sont installées des ruches, dont le miel multifleurs est utilisé pour la création des cocktails. Vous découvrirez également les nombreuses nouveautés 2018 du Spa et du fitness Center.

    Quelques clichés supplémentaires sur le ponton de la plage Majestic et en mer lors du tournage de Télématin réalisé lors du Festival de Cannes 2017.

    Cliquez ici pour revoir l’émission Télématin en direct de Cannes –

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    Comme chaque année, c’est l’agence ADR qui s’occupera de la plage Majestic pendant le festival. Voici le décor de la plage Majestic 71 en avant-première.
     
    Hôtel Majestic Barrière
    10 Boulevard de la Croisette, 06400 Cannes
     
  • Sélection officielle du Festival de Cannes 2018 : bilan de la conférence de presse

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    Ce matin, à l’UGC Normandie sur les Champs-Elysées, avait lieu la traditionnelle conférence de presse du Festival de Cannes à l’occasion de laquelle a été annoncé la majeure partie du programme de la sélection officielle de cette 71ème édition qui aura lieu du mardi 8 au samedi 19 mai 2018, une édition qui commencera ainsi un jour plus tôt mais aura une durée identique aux années précédentes.

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    Festival de Cannes 2018 l'affiche.jpg

    Comme d’habitude,  le président du festival, Pierre Lescure, et le délégué général, Thierry Frémaux, ont présenté la sélection. Pierre Lescure, en préambule, a simplement évoqué « 3 days in Cannes », l’opération qui permettra aux cinéphiles et cinévores de 18 à 28 ans de découvrir la sélection officielle avant tout le monde et en exclusivité les 17, 18 et 19 Mai (à condition d’envoyer une lettre de motivation et d’être sélectionné). Il a ainsi souligné qu’en une seule journée 600 lettres ont déjà été reçues. Pour ma part, ayant réalisé mon rêve de venir au festival pour la première fois il y a 18 ans grâce, aussi, à un concours qui se nommait à l’époque le Prix de la Jeunesse (alors organisé par le Ministère de la Jeunesse et des sports), si vous répondez aux critères, je ne peux que vous encourager à tenter votre chance !

    C’est ensuite le délégué général du festival, Thierry Frémaux, qui a pris la parole précisant tout d’abord que 1906 longs-métrages ont été visionnés, insistant sur la "vitalité du désir cinématographique" dont témoignent ces films. Il  a ainsi souligné le "fort renouvellement générationnel, de cinéastes, de gens que vous aviez peu ou dont vous n’aviez pas entendu parler, ce qui est le résultat de ce processus de sélection". Sept premiers films figurent ainsi en sélection officielle. Il a également souligné la "présence assez forte du cinéma coréen, un cinéma toujours plein de vitalité."

    La conférence de presse a aussi été l'occasion de revenir sur l'affiche dévoilée hier. "Nous avons beaucoup réfléchi ne sachant pas si l’esprit des temps en janvier serait le même au mois de mai. Nous avons voulu redire aussi après ces débats qui ont traversé l’automne et l’hiver que le cinéma et la vie c’est aussi l’amour" a ainsi déclaré Thierry Frémaux. Ce dernier a également souligné "la symbolique d’un homme et d’une femme" et Pierre Lescure le caractère "exubérant, joyeux et libre" de l'affiche.

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    L'affiche 2018 s'inspire ainsi de Pierrot le fou de Jean-Luc Godard.  Georges Pierre (1927-2003) est l’auteur du visuel de l’affiche du 71e Festival de Cannes, extrait de Pierrot le fou de Jean-Luc Godard (1965). Cet immense photographe de plateau a immortalisé les tournages de plus d’une centaine de films en 30 ans d’une carrière qui débuta en 1960 avec Jacques Rivette, Alain Resnais et Louis Malle. Il engagea ensuite des collaborations avec Robert Enrico, Yves Robert, Claude Sautet, Bertrand Tavernier, Andrzej Żuławski, Andrzej Wajda, et donc Jean-Luc Godard. Engagé en faveur de la reconnaissance du statut d’auteur pour le photographe de plateau, Georges Pierre a fondé l’Association des Photographes de Films, chargée de la défense des intérêts matériels et moraux des photographes de cinéma. La graphiste Flore Maquin signe la maquette de cette affiche.

    Cate Blanchett présidera le jury du Festival de Cannes 2018. Retrouvez mon article complet à ce sujet en cliquant ici avec trois critiques de films avec Cate Blanchett.

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    Photo personnelle ci-dessus prise lors de l'hommage rendu à l'actrice dans le cadre du Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    Pour l'instant, 18 films en compétition officielle ont ainsi été annoncés. Ils sont signés : Asghar FARHADI, Stéphane BRIZÉ, Matteo GARRONE, Jean-Luc GODARD, Ryusuke HAMAGUCHI, Christophe HONORÉ, Eva HUSSON, JIA Zhang-Ke, JIA Zhang-Ke, KORE-EDA Hirokazu, Nadine LABAKI, LEE Chang-Dong, Spike LEE, David Robert MITCHELL, Jafar PANAHI, Pawel PAWLIKOWSKI, Alice ROHRWACHER, Kirill SEREBRENNIKOV, A.B SHAWKY.

    Parmi les films à découvrir :

    -Le 71ème Festival de Cannes s’ouvrira ainsi le 8 mai  avec la projection en compétition d’Everybody Knows (Todos Lo Saben), le nouveau film d’Asghar Farhadi  en salles le 9 Mai.  Devant la caméra du cinéaste iranien, l’un des couples les plus emblématiques du cinéma actuel : Penelope Cruz et Javier Bardem. Entièrement tourné en espagnol dans la péninsule ibérique, le 8ème long métrage d’Asghar Farhadi suit Laura qui vit avec son mari et leurs enfants à Buenos Aires. À l’occasion d’une fête de famille, elle revient dans son village natal, en Espagne, avec ses enfants. Un événement inattendu va bouleverser le cours de leur existence. La famille, ses secrets, ses liens, ses traditions et les choix moraux qu’ils imposent sont, comme chacun des scénarios du cinéaste, au cœur de l’intrigue.

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    Copyright Memento Films Distribution 

    -En séance spéciale, le film de Romain Goupil et Daniel Cohn-Bendit, La Traversée, un film selon Thierry Frémaux  "sur la France de 2018" dans lequel ils  "sont partis à la recherche d’une certaine vérité des gens de ce pays". Ce documentaire de 90 minutes est une "mosaïque de la France sans vouloir rien prouver" et sera une observation du quotidien des Français, 50 ans après mai 1968.

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    - En séance spéciale également, nous pourrons découvrir le documentaire de Wim Wenders Le Pape François - Un homme de parole.

    -Pour l'instant, seulement deux séances de minuit ont été programmées : Arctic de Joe Penna et Gongjak de Yoon Jong-Bing. Quelques-unes seront ajoutées ensuite.

    -Hors compétiton, nous pourrons découvrir le film de Gilles Lellouche, Le Grand bain, dans lequel  "une poignée de quadras, au bord de la dépression, décide du jour au lendemain de faire de la natation synchronisée masculine." Au casting : Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Marina Foïs, Jean-Hugues Anglade, Virigine Efira, Philippe Katerine, Virginie Efira, Félix Moati, Leïla Bekhti... Ce film a été pour Thierry Frémaux l'occasion de rappeler que « Le cinéma français d’auteur grand public est toujours le bienvenu sur la Croisette."

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    - Hors compétition, il sera également possible de découvrir le nouveau film de la galaxie Star Wars Movies™, Solo : A Star Wars story sera ainsi en Sélection officielle (hors compétition).  En 2002, ce fut Star Wars II : L’Attaque des clones et en 2005, Star Wars : La Revanche des Sith. En 2018, l’un des plus grands mythes de l’histoire du cinéma revient Hors Compétition sur le tapis rouge du Festival de Cannes.  Le deuxième spin-off de la saga sera dévoilé sur l’écran du Grand Théâtre Lumière. L’épisode revient sur la jeunesse du célèbre contrebandier, as du pilotage et charmant vaurien, Han Solo.   Écrit par Lawrence et Jonathan Kasdan, le film est réalisé par Ron Howard.   Autour d’Alden Ehrenreich  qui incarne Han Solo, le casting compte Woody Harrelson  Emilia Clarke, Donald Glover, Thandie Newton, Phoebe Waller-Bridge, Joonas Suotamo et Paul Bettany.  Solo est distribué par la Walt Disney Company. Il sortira en France le 23 mai, deux jours avant sa sortie aux États-Unis.

    -Parmi les films d'Un Certain Regard, nous suivrons avec attention le premier film syrien nommé Mon tissu préféré de Gaya Jiji. Synopsis : Damas, mars 2011. Nahla est une jeune femme célibataire qui mène une vie morne dans une banlieue syrienne, aux côtés de sa mère et ses deux sœurs. Le jour où on lui présente Samir, un expatrié Syrien en provenance des États-Unis à la recherche d’une épouse, elle rêve d’une vie meilleure. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Contre toute attente, il décide de se marier à sa cadette, Myriam. Dès lors, Nahla se rapproche de Mme Jiji, une voisine récemment installée dans l’immeuble qui dirige une maison-close deux étages plus haut. Alors que les tensions s’intensifient dans le pays et que la famille est occupée à l’organisation du mariage de sa sœur, Nahla va explorer le monde de Mme Jiji. Un lieu rempli de fantasmes où elle sera confrontée à ses propres peurs et désirs.

    -Egalement à voir à Un Certain Regard, A genoux les gars d'Antoine Desrosières au sujet duquel Thierry Frémaux a précisé qu'il a été "cocréé avec ses actrices qui ont écrit le scénario et les dialogues" et que ce film se situe  "au cœur d’un certain nombre de choses qui ont traversé les films que nous avons vus au sujet des nouveaux rapports femmes, hommes dont  l'affiche est également le témoin."

    -A découvrir également dans le cadre d'Un Certain Regard Euphoria de Valéria Golino dans lequel  "Une situation difficile donne à deux frères éloignés l'occasion de se connaître davantage. Matteo est un jeune entrepreneur prospère, ouvert d'esprit, charmant et dynamique. Son frère Ettore vit toujours dans la petite ville de province où ils sont nés et enseigne au collège local. C'est un homme prudent et honnête. Tous les deux vont découvrir qu'un lien très étroit les rapproche. "

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    -Toujours dans le cadre d'Un Certain Regard, Gueule d'ange de Vanessa Filho, avec Marion Cotillard et Alban Lenoir : Une jeune femme vit seule avec sa fille de huit ans. Une nuit, après une rencontre en boîte de nuit, la mère décide de partir, laissant son enfant livrée à elle-même.

    -En compétition officielle, Stéphane Brizé  revient avec En guerre après La loi du marché pour lequel Vincent Lindon avait obtenu le prix d'interprétation masculine en 2015. Ce dernier est également au casting de ce film dont voici le synopsis : malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site. Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte‑parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi.

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    -Egalement en compétition officielle, Jean-Luc Godard avec Le livre d’image, 4 ans après son prix du jury pour Adieu au langage : "Rien que le silence, rien qu'un chant révolutionnaire, une histoire en cinq chapitres, comme les cinq doigts de la main." Une réflexion sur le monde arabe en 2017 à travers des images documentaires et de fiction.

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    -Christophe Honoré revient également en compétition pour Plaire, aimer et courir vite, qui marquera sa  deuxième apparition en compétition après Les chansons d’amour (2007).

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    - Eva Husson, pour son deuxième film, Les filles du soleil sera également à suivre avec attention pour ce film qui nous emmènera au Kurdistan : Bahar, commandante des Filles du Soleil, un bataillon composé de femmes soldates kurdes, est sur le point de reprendre la ville de Gordyene, où elle avait été capturée par les extrémistes. Mathilde, journaliste française, couvre les trois premiers jours de l’offensive. A travers la rencontre de ces deux femmes, on retrace le parcours de Bahar depuis que les hommes en noir ont fait irruption dans sa vie. "Le film d'Eva Husson - et nous n’aimons pas distinguer tel ou tel film de la compétition - gageons que vous direz comme je l’affirme que c’est un film de femmes, un film qui évoque la guerre des kurdes et des femmes combattantes kurdes" a précisé Thierry Frémaux.

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    -Trois ans après Au-delà des montagnes, le réalisateur chinois Jia Zhang-ke  revient en compétition à Cannes avec Ash is purest white.

    -Le réalisateur américain David Robert Mitchell, quant à lui, viendra présenter Under the Silver Lake, un thriller. Précédemment, son film It Follows avait été présenté à la Semaine de la critique en 2014.

    - Spike Lee qui n'était pas venu depuis plus de 20 ans sera de retour à Cannes pour Blackkklansman, selon les termes de Thierry Frémaux, un « film très inspiré à la fois de l’actualité bien qu'il raconte une histoire des années 70. Spike Lee est tout à fait en colère sur la situation de la communauté noire américaine et en même temps apaisé sur le dialogue entre les communautés. Un film qui se termine par l'évocation du très contemporain de la société américaine. Harry Belafonte y joue et devrait être présent ». C'est l’histoire vraie de Ron Stallworth qui fut le premier officier de police afro-américain de Colorado Springs à s’être infiltré dans l’organisation du Ku Klux Klan. Étonnamment, l’inspecteur Stallworth et son partenaire Flip Zimmerman ont infiltré le KKK à son plus haut niveau afin d’empêcher le groupe de prendre le contrôle de la ville.

    -Jafar Panahi sera pour la première fois en compétition pour Three faces, ainsi annoncé par Thierry Frémaux : "road movie dans l’Iran d’aujourd’hui,  road feel good movie, pour un homme qui n’est pas dans une situation personnelle très confortable mais qui parvient quand même à faire son travail d’artiste. Nous voulons dire aux autorités iranniennes qu’ils recevront une lettre de notre part pour l’autoriser à venir faire son travail puis à rentrer dans son pays, lui qui avait gagné l’ours d’or pour Taxi Téhéran." Son synopsis précise que c'est un "road movie qui raconte trois portraits de femmes".

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    -Leto, du Russe Kirill Serebrennikov qui raconte l'histoire du rock à l'époque de l'URSS de Leonid Brejnev devra aussi donner lieu à une autorisation spéciale, cette fois du Kremlin, puisque son réalisateur est lui aussi assigné à résidence.

    -Pawel Pawlikowski,  réalisateur de Summer of love et d'Ida (oscar meilleur film étranger) viendra présenter un film en noir et blanc coproduit par Amazon : Zimna Wojna. Pendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 1950, un musicien épris de liberté et une jeune chanteuse passionnée vivent un amour impossible dans une époque impossible.

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    - Alice Rohrwacher  fera également sa deuxième entrée en compétition avec Lazzaro Felice, après le grand prix obtenu pour Les Merveilles en 2014. Elle revient avec un film tourné en super 16, elle qui, selon Thierry Frémaux, "s’interroge sur les conditions de survie dans une planète que nous malmenons applique ça aussi dans ses conditions de production et de tournage."

    -Parmi les films en compétition attendus, également Capharnaüm de la Libanaise Nadine Labaki, un film «qui dit des choses que seul le cinéma peut dire» selon Thierry Frémaux. Le synopsis est le suivant : un enfant se rebelle contre la vie qu'on cherche à lui imposer et entame un procès contre ses parents.

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    -A suivre également avec attention, Yomeddine de A.B Shawky, jeune cinéaste égyptien, dont le film a ainsi été présenté par Thierry Frémaux : "road movie dont le personnage principal est un lépreux, acteur non professionnel, film qui nous emmène dans un pays, une société du monde, un pays représentatifs d’autres pays et là encore le cinéma nous donne des nouvelles du monde, des femmes et des hommes, d’une façon remarquablement forte et singulière. Il s'agit d'un petit film d’1h30 que nous avons l’audace de mettre en compétition. Nous avons souhaité donner leur chance à un certain nombre de jeunes cinéastes."

    Thierry Frémaux a annoncé que comme d'habitude "quelques rajouts" auraient lieu  "dans les jours à venir comme ce fut le cas pour The Square ou Entre les murs il y a quelques années" a-t-il malicieusement précisé, nous rappelant ainsi qu'un film annoncé après la conférence de presse pouvait obtenir la palme d'or.

    -Côté Cannes Classics et classiques du cinéma, à l’occasion du 50ème anniversaire de la sortie de 2001 : L’Odyssée de l’espace, le samedi 12 mai 2018 à Cannes vous pourrez (re)découvrir en avant-première mondiale le film culte de Stanley Kubrick, dans sa version originale 70mm. La copie sera présentée dans le cadre de Cannes Classics par Christopher Nolan qui a étroitement collaboré avec Warner Bros. Entertainment sur le processus de re-masterisation et qui honorera le Festival de Cannes de sa première venue.  

    Christopher Nolan participera en effet également à une Masterclass le dimanche 13 mai 2018, au cours de laquelle il évoquera sa filmographie et partagera sa passion pour l’œuvre singulière de Stanley Kubrick.

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    Thierry Frémaux a précisé qu'il ne sagissait pas d’une copie restaurée, Nolan ayant souhaité qu’on retire une copie 70mm afin qu’à Cannes l’expérience d’avril 1968 puisse être renouvelée.

    Concernant Cannes Classics, le programme sera annoncé ultérieurement même si Thierry Frémaux a évoqué les  30 ans de la célébration du Grand bleu de Besson et  La religieuse de Rivette.

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    "On aimerait bien montrer le film de Carlos Saura non projeté cette année-là", a également précisé Thierry Frémaux à propos des 50 ans de Mai 68.

    Les questions des journalistes après l'annonce de la sélection ont permis à Thierry Frémaux et Pierre Lescure de rappeler l'interdiction des selfies et des photographies par le public sur les marches : « Il y a 2200 personnes à faire entrer et cela ralentit l’arrivée du public. C’est une immense pagaille et ce n’est pas beau. Cannes est basé sur le désir, le secret, sur une tradition d’élégance. On pense que ça vient endommager le tapis. A Berlin, à Venise, aux Oscars, aux César, le public ne passe pas par le tapis rouge. Là où nous sommes, c’est mieux de se regarder dans les yeux que de se regarder dans l’écran. A Cannes on vient pour voir et pas pour se voir."

    Ils sont également revenus sur les modifications annoncées de la grille de programmation : "On voudrait modifier la grille de programmation de Cannes. On a souhaité faire un certain nombre de changements pour questionner nos pratiques. Ce que nous voulons faire, ce n’est pas en direction de la presse. C’est en direction des projections de gala."

    Ils ont également rappelé que 3 femmes cinéastes figuraient en compétition et au total 10 en sélection officielle. A propos de l'affaire Weinstein : "Je présente ce matin la sélection officielle et nous nous reparlerons de ces questions pendant le festival. Le festival n’a pas légitimité ni compétence à évoquer ces questions-là. En revanche, nous accueillerons et recevrons un certain nombre d’organisations, d’instances pour évoquer cela. Il y a des gens dont c’est le combat et c’est à eux qu’il faut donner la parole." "Nous veillons à la présence des femmes en sélection. Nous avons commencé à évoquer nos propres pratiques."

    Ils ont également souligné la parité dans les jurys en rappelant que Cate Blanchett présiderait le jury de la compétition officielle et Ursula Meier le jury de la caméra d'or. 5 femmes et 4 hommes constitueront ainsi le jury de la compétition cette année annoncée comme chaque année après la conférence de presse, dans quelques jours. Ursula Meier présidera  en effe tle Jury de la Caméra d’or. "Depuis 1994, la réalisatrice suisse façonne une cinématographie audacieuse qui souligne la complexité du monde. Ses 5 courts métrages, 2 œuvres télévisées, 2 documentaires et 2 longs métrages ont chacun rivalisé d’inventivité, et lui ont permis de s’imposer dans le paysage européen" a souligné le Festival de Cannes. Avec 6 professionnels à ses côtés, Ursula Meier désignera la meilleure première œuvre présentée en Sélection officielle, à la Semaine de la Critique - Cannes ou à la Quinzaine des Réalisateurs lors de la soirée de Clôture du Festival de Cannes, le samedi 19 mai.

    "On a veillé à rééquilibrer les comités" ont-ils également précisé. "Nous déplorons comme tout le monde qu’il y ait une seule femme palme d’or. Nous n’aimons pas qu’on dise que c’est une demi palme d’or."

    "Nous avons un dialogue fructueux avec Netflix" a également précisé Thierry Frémaux.  Il  a ainsi précisé que deux films Netflix auraient pu être sélectionnés: un film en compétition, qui aurait dû trouver un distributeur français pour sortir en salles, un autre hors compétition, The Other Sign of the wind, film inachevé d'Orson Welles.

    A propos du film de Xavier Dolan qui ne sera finalement pas à Cannes : "Nous avions vu le film, nous souhaitions l’inviter mais il est reparti en montage. Vous retrouverez ce film-là en automne."

    Concernant Audiard, "vous savez que c’est un film très cher produit par des Américains encore soumis à des ventes et donc là il y a des questions stratégiques. Une stratégie qui est une stratégie d’automne."

    A une question concernant l'absence de Lars von Trier, Thierry Frémaux :  "on répondra à cette question dans quelques jours on l’espère", ce qui laisse penser que le cinéaste pourrait être présent.

    "Au moment où on se parle, nous n’avons pas de film de clôture. Si on n’a pas trouvé, on montrera peut-être la palme d’or en clôture" a conclu Thierry Frémaux.

    La sélection officielle complète : 

    En Compétition

    Film d'ouverture

    Asghar FARHADI

     

    TODOS LO SABEN

     

    2h10

      ***  
    Stéphane BRIZÉ

    EN GUERRE

    1h45
    Matteo GARRONE
            
    DOGMAN 2h
    Jean-Luc GODARD
     
    LE LIVRE D’IMAGE 1h30
    Ryusuke HAMAGUCHI NETEMO SAMETEMO (ASAKO I & II) 1h59
    Christophe HONORÉ PLAIRE AIMER ET COURIR VITE 2h12
    Eva HUSSON LES FILLES DU SOLEIL  2h
    JIA Zhang-Ke ASH IS PUREST WHITE 2h30
    KORE-EDA Hirokazu SHOPLIFTERS 2h01
    Nadine LABAKI CAPHARNAÜM 2h30
    LEE Chang-Dong BUH-NING 2h28
    Spike LEE BLACKKKLANSMAN 2h08
    David Robert MITCHELL UNDER THE SILVER LAKE 2h20

    Jafar PANAHI
    THREE FACES 1h24
    Pawel PAWLIKOWSKI ZIMNA WOJNA 1h25
    Alice ROHRWACHER

     LAZZARO FELICE

    2h10
    A.B SHAWKY YOMEDDINE 1er film  -  1h37
    Kirill SEREBRENNIKOV

    LETO

    (L’ÉTÉ)

    2h

     

    Un Certain Regard

    Ali ABBASI GRÄNS 1h41
    Meyem BENM’BAREK SOFIA 1er film - 1h30

    Andréa BESCOND

    Eric METAYER

    LES CHATOUILLES 1er film - 1h43
    BI Gan LONG DAY'S JOURNEY INTO NIGHT 1h50
    Nandita DAS MANTO 1h50
    Antoine DESROSIÈRES À GENOUX LES GARS 1h38
    Lukas DHONT GIRL 1er film - 1h40
    Vanessa FILHO GUEULE D’ANGE 1er film - 2h
    Valeria GOLINO EUPHORIA 2h
    Gaya JIJI MON TISSU PRÉFÉRÉ 1er film - 1h36
    Wanuri KAHIU RAFIKI 1h22
    Etienne KALLOS

    DIE STROPERS

    (LES MOISSONNEURS)

    1er film - 1h42
    Ulrich KÖHLER IN MY ROOM 2h
    Luis ORTEGA EL ANGEL 2h06
    Adilkhan YERZHANOV THE GENTLE INDIFFERENCE OF THE WORLD 1h39

     

    Hors Compétition

    Ron HOWARD SOLO: A STAR WARS STORY  2h15
    Gilles LELLOUCHE LE GRAND BAIN   

     

    Séances de minuit

    Joe PENNA ARCTIC  1h50
    YOON Jong-Bing GONGJAK  2h27

     

    Séances Spéciales

    Aditya ASSARAT
    Wisit SASANATIENG
    Chulayarnon SRIPHOL
    Apichatpong WEERASETHAKUL

    10 YEARS IN THAILAND  1h32
    Nicolas CHAMPEAUX
    Gilles PORTE
    THE STATE AGAINST MANDELA AND THE OTHERS  1h45
    Carlo DIEGUES

    O GRANDE CIRCO MÍSTICO

    (LE GRAND CIRQUE MYSTIQUE)

    1h34
    Romain GOUPIL LA TRAVERSÉE  2h21
    Michel TOESCA À TOUS VENTS  1h40
    WANG Bing LES ÂMES MORTES  8h15
    Wim WENDERS

    POPE FRANCIS – A MAN OF HIS WORD

    (LE PAPE FRANÇOIS – UN HOMME DE PAROLE)

    1h36

    Ce que nous savions déjà sur l'édition 2018 : 

    -Le cinéaste français Bertrand Bonello présidera le Jury de la Cinéfondation et des Courts métrages : « Qu’attendons-nous de la jeunesse, des cinéastes inconnus, des premiers films ? Qu’ils nous bousculent, qu’ils nous fassent regarder ce que nous ne sommes pas capables de voir, qu’ils aient la liberté, le tranchant, l’insouciance et l’audace que parfois nous n’avons plus. La Cinéfondation s’attache depuis 20 ans à faire entendre ces voix et je suis extrêmement fier cette année de pouvoir les accompagner. »

    -Vivier de nouveaux talents du 7ème art, l’Atelier de la Cinéfondation 2018 accueille ainsi 15 réalisateurs internationaux et leurs prometteurs projets de films. Cette 14ème édition sera, comme chaque année, l’occasion pour ces cinéastes et leurs producteurs de rencontrer des partenaires financiers à Cannes. Un précieux sésame pour passer à la réalisation ! Retrouvez les heureux sélectionnés de l'édition 2018 sur http://www.cinefondation.com/fr/.

    -La sélection des courts-métrages en compétition est également à découvrir ici.

    - Cette année encore, c'est Edouard Baer qui sera le maître des Cérémonies d'ouverture et de clôture du Festival de Cannes pour sa 71ème édition !  Produites par CANAL+, les Cérémonies seront retransmises sur la chaîne en clair, en direct et en exclusivité les 8 et 19 mai 2018.

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    Dans les sélections parallèles :

    -L’affiche de la compétition de la Semaine de la Critique au prochain Festival de Cannes. Sur cette affiche figure l'actrice Noée Abita, révélation du film Ava de Léa Mysius dont vous pouvez retrouver ma critique ici.

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    -L'affiche de la Quinzaine des Réalisateurs (qui célèbrera cette année ses 50 ans)a été « réalisée à partir d’une photo de William Klein. L’artiste présent avec son film Festival panafricain d’Alger 1969 lors des jeunes années de la Quinzaine nous a fait l’honneur d’illustrer cette édition anniversaire. Sa conception graphique est de Michel Welfringer. »

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    -Le 9 mai, la Quinzaine des Réalisateurs remettra le Carrosse d’Or à Martin Scorsese. En 1974, il avait présenté "Mean Streets" à la quinzaine.  A cette occasion, le film sera projeté  et une rencontre exceptionnelle avec le cinéaste sera proposée. La sélection de la Quizaine des Réalisateurs sera annoncée le 17 avril.

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    -Le réalisateur et scénariste norvégien Joachim Trier présidera le jury de la 57ème Semaine de la Critique qui décernera 3 prix à Cannes. Il sera entouré de l’actrice et jeune réalisatrice américaine Chloë Sevigny, du comédien argentin Nahuel Pérez Biscayart, récent lauréat d’un César pour son rôle dans 120 Battements par minute de Robin Campillo, Eva Sangiorgi, nouvelle directrice de la Viennale, Festival international du film de Vienne et du journaliste culturel français Augustin Trapenard. Le programme de la Semaine de la Critique sera annoncé le 16 avril.

    En attendant l'édition 2018 du Festival de Cannes en direct, retrouvez, en cliquant ici, mon compte rendu de l'édition 2017.

    Retrouvez également mon article sur le Dictionnaire amoureux du Festival de Cannes de Gilles Jacob, la lecture idéale pour préparer au mieux le festival.

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    Comme chaque année, pour ce qui sera mon 18ème Festival de Cannes, vous pourrez suivre ici en direct le festival (ainsi que sur mes autres blogs dont Inthemoodforcinema.com, Inthemoodforfilmfestivals.com pour la partie cinéma et, pour la partie "luxe", Inthemoodforhotelsdeluxe.com). Vous pourrez également le suivre sur mes différents réseaux sociaux : @moodforcannes et @Sandra_Meziere pour twitter, @sandra_meziere pour Instagram et facebook.com/inthemoodforcannes et http://facebook.com/inthemoodforcinema.

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