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Stephen Frears

  • La cérémonie de clôture et le palmarès complet du 60ème Festival de Cannes

     

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    Dimanche 27 Mai 2007. Le Mistral s’est levé, soudain. Dernière journée du festival. Dernière projection. Derniers rayons du soleil. Après l’effervescence, son évanescence. J’ai l’impression pourtant encore que cela durera toujours : la musique environnante, incessante, qui rythme mes pas et cœur légers de festivalière aguerrie à l’insouciance, ou à la feindre jusqu'à y croire, la musique qui me donne l’impression d’avancer dans un ralenti langoureux, d’être la protagoniste mélancolique d’un film de Wong Kar-Wai, forcément envoûtant, d’une autre blueberry night, la musique qui enivre et ne laisse plus le temps de penser qu’un jour, peut-être proche, cela se terminera, il le faudra bien, la musique qui magnifie  l’irréalité cannoise, la musique qui donne l’impression que Cyd Charisse et Fred Astaire vont surgir et esquisser quelques pas de danse sur le tapis rouge, la musique qui me donne  envie d’esquisser quelques pas de danse à mon tour, la musique qui ne parvient néanmoins pas à me faire oublier les objectifs braqués sur le tapis rouge qui m’en empêchent, dans un sursaut de conscience, la musique de U2 souvent, réminiscence d’un moment magique de ce festival,  With or without you, protagoniste d’un film de Winterbottom peut-être finalement, la musique qui ne parvient pas à dérider tous les festivaliers, ceux toujours énervés,désabusés, harassés, blasés, aveuglés par leur suffisance, masque de leur frustration d’ignorés des flashs dont ils auraient aimé qu’ils les aveuglent, eux, les déjà aveuglés, la musique qui réunit les aveugles de toutes sortes, dans un tourbillon euphorisant. L’impression que la musique, heureusement, ne se taira jamais donc, l’impression que les journées s’achèveront toujours par des projections dans le Grand Théâtre Lumière, ou qu’elles ne s’achèveront pas même, puis par une cavalcade, souvent effrénée, malheureusement rarement sincère, d’applaudissements, par des déambulations sur la plage, toujours en musique évidemment,  par une frénésie insatiable d’images, de découvertes cinéphiliques, de bruits et rumeurs, de fêtes, et l’illusion que tout cela est la réalité, immortelle, l’impression présomptueuse de l’être, qu’aujourd’hui et  demain ne meurent jamais, la musique qui précède la cérémonie de clôture, qui précède le silence, la tension, le temps de réaliser que je suis dans cette salle où dans quelques secondes s’écrira une page de l’histoire du cinéma, la dernière page de ce 60ème anniversaire surtout, page si dérisoire et essentielle, là où le dérisoire et le futile, l’espace de quelques jours, se sont transformés en essentiel. Faire taire la nostalgie qui pointe son nez, que dis-je, son cap, sa péninsule,  repenser à la musique qui n’en laissait pas le temps, et surtout écouter Diane Krüger, hésitante, solennelle, gênée par son rire nerveux, probablement doublement angoissée puisqu’elle est à la fois la maîtresse de cérémonie et une des actrices principales du film de clôture : « L’âge des ténèbres » de Denis Arcand.

    Cannes, déjà dégrisée, déjà ailleurs, déjà au lendemain, déjà au 61ème, est bien morne en cette soirée de clôture. Elle est déjà bien loin l’atmosphère festive du dimanche 20 Mai, fête d’anniversaire de ces 60 ans. Jamel Debbouze tente l’impertinence avec un succès relatif. Alain Delon réussit à émouvoir de sa belle et charismatique audace, sursaut de magie dans une salle qui en a connu tellement , qui n’en est jamais rassasiée, qui s’en galvanise, pour prolonger encore un peu la musique puis, après les 25 secondes d’applaudissements pour Romy Schneider qu’il a demandées,  il annonce le prix d’interprétation féminine pour l’actrice de Secret Sunshine, la Coréenne Jeon Do-yeon aussi inconnue que son homologue masculin primé pour Le Bannissement, le Russe Konstanton Lavronenko dans un film qui, pour sa réalisation magistrale, aurait mérité le prix de la mise en scène. Je précise que je n’ai pas vu trois des films figurant au palmarès d’où leur absence dans mes pronostics, dont Lumière silencieuse du Mexicain Carlos Reygadas, prix ex aequo du jury avec Persepolis film d’animation de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, satire du régime iranien, que je n’ai pas vu également.

    58781468d4ba2956a9815b7e3e7035c6.jpgL’annonce du palmarès se poursuit : le festival de Cannes, plus que jamais fenêtre ouverte sur le monde, récompense cette année essentiellement le jeune cinéma, le cinéma d’auteur…et d’inconnus.  Le scaphandre et le papillon reçoit le prix de la mise en scène, lueur d’espoir malgré son sujet âpre, hymne au pouvoir de l’imagination, de la création artistique, bijou de poésie, de dérision et de grâce. (J’y reviendrai dans une critique). 

     

     Le reste du palmarès laisse de côté les habitués du festival et le cinéma américain (à l’exception du prix du 60ème attribué à Gus Van Sant pour Paranoïd park dans lequel on retrouve la marque du cinéaste : plans séquences, même scène vue sous un angle différent, plans de dos…mais qui n’arrive pas à la hauteur de Elephant et Gerry. Dommage que ce prix n’ait pas été attribué à Wong Kar-Wai, peut-être par ce prix le jury a-t-il souhaité contenter le cinéma américain alors que le cinéma asiatique figurait déjà largement au palmarès, le festival de Cannes est autant affaire de diplomatie que de cinéphilie…)

    Jane Fonda se prend pour Marilyn Monroe et confond Gilles Jacob et Kennedy en susurrant un « happy birthday president » (Ah bon c’est Gilles Jacob qui a 60 ans ?) puis elle annonce la palme d’or attribué à  4 mois, 3 semaines et 2 jours du roumain Cristian Mungiu.

    Les lauréats et les remettants reviennent sur scène, après quelques timides applaudissements. Puis, déjà, on démonte la scène pour projeter le film de clôture.  Cela se termine, toujours brutalement.

    Je m’éclipse. Je ressors du Grand Théâtre Lumière, pour la dernière fois cette année, encore grisée malgré tout, de cinéma, de 12 journées intenses, entre cinéma et réalité, de réalité très cinématographique, d’un cinéma très réel aussi. Je suis surprise de constater qu’il fait encore jour, ce rêve-là n’était pas nocturne, surprise que les passants avancent à un rythme normal, ni au ralenti, ni en accéléré.  C’est terminé, je marche toujours au ralenti, vraiment.

    Dimanche 27 Mai 2007. Le Mistral s’est levé, le soleil imperturbable de ce 60ème festival s’est discrètement éclipsé mais le vent n’a pas tout balayé : les souvenirs, de vie et de cinéma, les illusions retrouvées, la passion, toujours et plus que jamais vivace et irrépressible pour le cinéma et la vie qu’il sait si bien retranscrire, traduire, sublimer, refléter, défendre, moquer...même lors de cette soixantième édition dont les films étaient pour la plupart empreints de douleur (douleur du deuil souvent, douleur de la misère sociale, douleur de la séparation, douleur résultant d’une situation politique)…et empreints de beaucoup d’espoir malgré tout. Quelques minutes plus tard,  des applaudissements spontanés, effrénés ET sincères résonneront dans le restaurant d’un grand hôtel cannois où je me trouve et où Julian Schnabel vient de faire son apparition. Ultime sursaut de magie cannoise. Celle-là, elle ne s’éclipse jamais tout à fait. J’applaudis à mon tour. J’applaudis : son prix, l’émotion que m’a procuré ce film bouleversant, poétique, j’applaudis la fin du festival, j’applaudis ce dénouement rêvé et pourtant réel.

    Je vous laisse avec le palmarès : d’autres aventures, cinématographiques et scénaristiques, m’attendent.

    2b9f4a8be6c92b89e284e5d243e2e37b.jpgPALMARES DU 6Oème FESTIVAL DE CANNES 

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    La photo ci-dessus a été reprise grâce à l'aimable autorisation du site L'Oréal, ce blog participant au concours de blogs L'Oréal.

    Palme d'or: "4 luni, 3 saptami si 3 zile" réalisé par Cristian Mungiu

    Grand prix: "Mogari no mori" réalisé par Naomi Kawase

    Prix du 60ème anniversaire: Gus Van Sant pour "Paranoïd park"

    Prix du scénario: Fatih Akin pour "Auf der Anderen Seite"

    Prix de la mise en scène: Julian Schnabel pour "Le scaphandre et le papillon"¨

    Prix d'interprétation masculine: Konstantin Lavronenko dabs "Izganie" de Alexandrev Zviaguintsev

    Prix d'interprétation féminine: Jeon Do-yeon dans "Secret Sunshine" réalisé par Lee Chang-dong

    Prix du jury: "Persepolis" réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud et "Stellet licht" réalisé par Carlos Reygadas

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    La photo ci-dessus provient du site L'Oréal avec l'aimable autorisation de L'Oréal, ce blog participant au concours de blogs L'Oréal

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    Palme d'or du court métrage: "Ver Llover" réalisé par Elisa Miler

    Mention spéciale court métrage "Run" réalisé par Mark Albiston

    Mention spéciale à Ah Ma réalisé par Anthony Chen

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    Caméra d'or: "Meduzot " réalisé par Etgar Keret et Shira Geffen présenté dans le cadre de la semaine internationale de la critique.

    Caméra d'or-mention spéciale: "Control" réalisé par Anton Corbun présenté dans le cadre de la quinzaine de la réalisateur.

    Prix Un Certain Regard : California dreamin’ réalisé par Cristian Nemescu

    Prix spécial du jury Un Certain Regard : Actrices réalisé par Valeria Bruni Tedeschi

    Coup de cœur du jury Un Certain Regard : Bikur Hatizmoret réalisé par Eran Kolirin

    Prix de la critique internationale:4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu

    Prix Fipresci dans "Un Certain Regard": La visite de la fanfare d'Eran Kolirin

    Prix Fipresci dans la Quinzaine des Réalisateurs et la Semaine de la Critique: Elle s'appelle Sabine de Sandrine Bonnaire

    Cinéfondation :

    Premier prix : Ahora todos parecen contentos réalisé par Gonzalo Tobal

    Deuxième prix : Ru Dao réalisé par Chen Tao

    Troisième prix ex-aequo A reunion réalisé par Hong Sung-Hoon et Minus réalisé par Pavle Vuckovic

     Prochain festival : Festival du Film Romantique de Cabourg où je serai du 14 au 17 juin 2007,  je vous le commenterai au retour sur « In the mood for cinema » sur lequel vous pourrez également trouver toutes les informations concernant ce festival dans quelques jours.

     En attendant, dès demain, retrouvez de nombreux nouveaux articles quotidiens concernant ce 60ème Festival sur « In the mood for Cannes », avec, pour commencer, demain, mon récit de la mémorable leçon de cinéma de Martin Scorsese.

    938aec12161faaa504d290f596d8f9fc.jpg En juillet, vous pourrez également découvrir mon nouveau blog entièrement consacré au Festival du Cinéma Américain de Deauville « In the mood for Deauville », un festival où je serai bien entendu comme chaque année.

    Dans la note ci-dessous, mon album photos de ce 60ème Festival de Cannes (revenez le consulter, il sera progressivement enrichi), en attendant d’autres critiques, vidéos et images inédites bientôt en ligne sur « In the mood for Cannes ».

     

    Sandra.M

  • En attendant la clôture: mes pronostics et préférences!

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    Voici, mes pronostics en bref, en attendant le palmarès qui sera délivré ce soir par Stephen Frears et son jury.

    D’abord, il faut l’avouer: cette année, je n’ai pas éprouvé de coup de cœur à la hauteur de ceux qu’avaient notamment suscité Babel, Le Labyrinthe de Pan, Indigènes et Le vent se lève l’an passé, peut-être aussi parce que cette année tout particulièrement de nombreux cinéastes en compétition avaient déjà été sélectionnés à Cannes ou même été primés en sélection officielle : Wong Kar-Wai, Joel et Ethan Coen, Gus Van Sant, Emir Kusturica, Quentin Tarantino... Si les films de ces derniers, cette année, étaient tous toujours d’excellente qualité, ils ne bénéficiaient plus de l’effet de surprise pour un univers certes singulier mais déjà connu des spectateurs. 

     Voici dont mes préférences et pronostics tout en 4620a04fd5db9be47852f5772c6743d4.jpgsachant que je n’ai vu « que » 13 films en compétition sur 20 et un film concourant pour la caméra d’or (« Boxes » de Jane Birkin).

    Je reviendrai ultérieurement sur les thématiques récurrentes de ce 60ème Festival même si le deuil était au centre d’un certain nombre de films (« Les chansons d’amour » de Christophe Honoré, « Mogari no mori » de Naomi Kawase…).

                                                                               Palme d’or ?

    Ces dernières années, les jurys cannois ont affectionné les palmes d’or à résonance politique : « Fahrenheit 9/11 » de Michael Moore, palme d’or 2004, « Le vent se lève » de Ken Loach, palme d’or 2006…, cela pourrait être de nouveau le cas cette année avec un président du jury, cinéaste engagé…

    Mon favori pour la palme d’or 2007 n’entre pas dans cette catégorie : c’est « Le scaphandre et le papillon » de Julian Schnabel. « Persepolis » pourrait aussi   se prétendre à ce titre.(Je n’ai pas vu ce film qui a, paraît-il, eu droit à une standing ovation de 30 minutes). Le jury cannois osera-t-il remettre une palme d’or à un film d’animation ? Peut-être créera-t-il un prix spécial pour l’occasion. On murmure ici et là que, comme en 1979 (année où avaient été primés ex-aequo « Le tambour » de Volker Schlöndorff et « Apocalypse now » de Francis Ford Coppola) deux films pourraient se voir attribuer le titre suprême. « Auf der anderen seite » qui a reçu un accueil plus que chaleureux dans le Grand Théâtre Lumière et qui évoque notamment la quête d’identité et la double culture, et le deuil de nouveau pourrait aussi entrer dans cette catégorie. J’ai également particulièrement apprécié « My blueberry nights » qui, s’il n’innove pas formellement par rapport à « In the mood for love » ou « 2046 » reste parmi les films en tête de cette compétition officielle et en tout cas en tête de mon propre palmarès.

     

                                                                               Grand prix du jury ?

    Le grand prix revient en général à un film au parti pris assez radical (« Flandres » l’an passé). Pourquoi pas créer l’originalité en décernant ce prix au film d’animation Persépolis ou l’attribuer à « Mogari no mori », davantage dans la lignée de cette catégorie du palmarès.

                                                                     Prix d’interprétation masculine ?

    C’est certainement le prix pour lequel existent le plus grand nombre de prétendants : tout d’abord Louis Garrel (une manière de récompenser le très bon film de Christophe Honoré, voir ma critique ici), Joaquin Phoenix dans le palpitant polar familial de James Gray,  In-Hyung Kang dans « Souffle » de Kim Ki-Duk, les deux enfants du film Tehilim (Michael Moshonov et  Yonathan Alster), Gabe Nevins dans « Paranoïd park », ce qui serait une manière de récompenser ce film bien en dessous  d’ « Elephant » mais néanmoins de très bonne qualité, Mathieu Amalric, néanmoins son rôle est essentiellement vocal et inexpressif et donc finalement selon moi il justifie moins que les autres ce prix d’interprétation, Fu’ad Ait Aattou dans « Une vieille maîtresse » de Catherine Breillat pour ce film dont, à l’image de l’affligeant, complaisant, grotesque « Import-Export » on se demande pourquoi il figure en sélection officielle, peut-être le désir d’un parfum de scandale sans lequel Cannes ne serait plus Cannes qu’il ne suscite pourtant même pas ; Shigeki Uda dans « Mogari No Mori ». Ma préférence va vers Louis Garrel et vers le jeune protagoniste de « Paranoïd Park » , deux films dont il serait dommage qu’ils ne figurent pas au palmarès.                                                

                                                                                            Prix d’interprétation féminine ?

    Beaucoup moins de prétendantes que de prétendants pour le prix d’interprétation, cette sélection ayant présenté davantage de rôle masculins forts que de rôle féminins. Pourquoi pas Anne Consigny dans « Le scaphandre et le papillon » vers laquelle irait mon choix ? Il est aussi beaucoup question  de l’actrice de « Alexandra » de Alexander Sokourov, Galina Vishnevskaya, autre cinéaste habitué de la Croisette qui pourrait bien (enfin !) ne pas repartir bredouille. 

                                                                               Prix de la mise en scène ?

    1171a15c4abdc518604027e5b2ee5650.jpgMa préférence irait  vers « Blueberry nights » de Wong Kar-Wai qui a cependant déjà reçu ce titre en 1997 pour « Happy together », et quelques années plus tard, le prix d’interprétation masculine pour « In the mood for love » (pour Tony Leung) avec une mention spéciale pour la sublime mise en scène du « Bannissement » de Andreï Zviaguintsev qui pourrait par conséquent davantage encore prétendre à ce titre.

                                                                                    Prix du scénario ?

    Ma préférence va sans aucun doute à « La nuit nous appartient » de James Gray. « Auf der Anderen Seite » pourrait aussi prétendre à ce titre s’il ne figure pas au palmarès dans une autre catégorie.

                                                                                           Prix du jury ?

    Un des réalisateurs habitués de la Croisette pourrait se voir attribuer ce prix en guise de lot de consolation ( Gus Van Sant, Tarantino, les frères Coen). Ma préférence irait néanmoins vers « Tehilim » de Raphaël Nadjari. Si « Auf der Anderen Seite » ou « Tehilim » ne reçoivent pas le grand prix, ils pourraient également se voir attribuer le prix du jury.                                                                                        

    Caméra d’or ?

    a689948dcc1887e4b2f6b1509166abb0.jpgJe n’ai vu qu’un seul film concourant dans cette catégorie («Boxes » de Jane Birkin) mais en raison de ses très nombreuses qualités évoquées dans un article précèdent, j’espère qu’il obtiendra ce prix tant convoité décerné à un premier film parmi toutes les sélections officielles.

    Vous l’aurez compris, mes coups de cœur de ce festival sont :

    « Le scaphandre et le papillon » de Julian Schnabel

                                                    « My blueberry nights » de Wong Kar-Wai

                                                       

                                                                “We own the night” de James Gray

    “ Auf der anderen seite” de Fatih Akin

    Avec des mentions spéciales pour des qualités bien spécifiques à  « Paranoïd park » de Gus Van Sant, « Le Bannissement » de Andreï Zviaguintsev, « Tehilim » de Raphaël Nadjari, « Les chansons d’amour », la comédie musicale de Christophe  Honoré qui pourrait également créer la surprise…

     Tout en précisant que je n’ai pas vu un des grands favoris : « Persépolis », grand fravori, sur lequel je ne me prononcerai donc pas et « 4 mois, 3 semaines, et 2 jours » de Cristian Mungiu , que je n'ai pas vu non plus et qui a reçu le prix de la critique internationale et qui pourrait également figurer au palmarès.

    Enfin, le festival délivrera peut-être un prix spécial, rappelons que le prix des 50 ans du festival de Cannes était revenu au « Destin » de Youssef Chahine…

    A partir de mercredi, je reviendrai quotidiennement, en critiques, en vidéos et en images sur ce 60ème Festival, sa sélection et ses plus grands évènements.

     

     N’hésitez donc pas à revenir sur « In the mood for Cannes ». Je vous invite à laisser vos commentaires et votre propre palmarès  ci-dessous.

     

    Je reviendrai également sur ce palmarès auquel j’aurai la chance d’assister en direct ce soir!

     

    Sandra.M (photo, copyright Sandra.M)

  • Le programme et les jurys dévoilés!

    medium_afficge.3.JPGAnnoncés ce midi, voici toute la programmation du 6Oème Festival de Cannes ainsi que ses jurys. medium_Sfar.3.JPGJ’y reviendrai très prochainement pour les commenter. En attendant, je vous laisse déguster le programme de cette savoureuse et tant attendue 60ème édition…

    Le jury des longs métrages de la compétition officielle

    Stephen Frears, Président, entouré de :

    Maggie Cheung (actrice – Hong Kong)

    Toni Collette (actrice – Australie)

    Maria De Medeiros (actrice, Réalisatrice – Portugal)

    Sarah Polley (actrice, Réalisatrice –Canada)

    Marco Bellocchio (réalisateur – Italie)

    Orhan Pamuk (écrivain)

    Michel Piccoli (acteur et réalisateur – France)

    Abderrahmane Sissako (réalisateur – Mauritanie)

    ----------------------------------------------------------------------------------

    Jury de la Cinéfondation et des courts métrages :

     Jia Zhang Ke, Président (Réalisateur-Chine)

    Niki Karimi (Actrice-Iran)

    Deborah Nadoolman Landis (Créatrice de costumes-Etats-Unis)

    J.M.G Le Clézio (Ecrivain-France)

    Dominik Moll (Réalisateur-France)

    -----------------------------------------------------------------------------------

    Jury Un Certain Regard

    Présidente : Pascale Ferran

    Jasmine Trinca

    Cristi Puiu

    Kent Jones

    Bian Qin

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    Jury de la Caméra d’or :

    Président : Pavel Longuine

    Julie Bertucelli

    Clotilde Courau

    Renato Berta

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    Sélection Officielle :

    La compétition

    Film d’ouverture : My Blueberry nights de Wong Kar Wai

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    4 Mois, 3 semaines et 2 jours - Cristian Mungiu

    Alexandra - Alexandre Sokurov

    Death proof- Quentin Tarantino

    Breath - Kim Ki-duk

    De l'autre côté - Fatih Akin

    Import / Export - Ulrich Seidl

    Izgnanie - Andrei Zviaguintsev

    La Forêt de Mogari - Naomi Kawase

    La Nuit nous appartient - James Gray

    Le Scaphandre et le papillon - Julian Schnabel

    Les Chansons d'amour - Christophe Honoré

    L'Homme de Londres - Bela Tarr

    Lumière silencieuse - Carlos Reygadas

    No country for old men - Ethan & Joel Coen

    Paranoid Park - Gus Van Sant

    Persépolis - Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud

    Promets-le moi - Emir Kusturica

    Secret sunshine - Lee Chang-Dong

    medium_zodiac.JPGTehilim - Raphaël Nadjari

    Une vieille maîtresse - Catherine Breillat

    Zodiac - David Fincher

                                                   --------------------------------------------------------------------

    Un Certain Regardmedium_regard07.JPG

    Le rêve de la nuit d’avant-Valeria Bruni-Tedeschi

    Calle Santa Fe – Carmen Castillo

    Chung Lee-Isaac-Muyurangabo

    Lola Doillon- Et toi t’es sur qui?

    Enrique Fernandes

    Cesar Charlone-El Bano del Papa

    Eran Kolirin-La Visite de la Fanfare

    Harmony Korine-Mister Lonely

    Kadri Kousaar-Magnus

    Li Yang-Mang  Shan

    Danuele Luchetti-Mon Frère est Fils Unique

    Cristian Nemescu-California Dreamin’(Sans Fin)

    Jaime Rosales-La Soledad

    Barbet Schroeder-L’avocat de la terreur

    Céline Sciamma-Les pieuvres

    Robert Thalheim-Am Ende Kommen Touristen

    Ekachai Uekrongtham-Kuaile Gonchang

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    Sélection officielle : films présentés hors compétition

     

    A Mighty Heart - Michael Winterbottom

    Boarding gate - Olivier Assayas

    Go Go Tales - Abel Ferrara

    Ocean's 13 - Steven Soderbergh

    Sicko - Michael Moore

    U2 3D - Catherine Owens & Mark Pellington

    Séances spéciales

    Chronique d'une femme chinoise - Wang Bing

    La Guerre - Ken Burns & Lynn Novick

    Le Dernier virage - Leila Conners Petersen & Nadia Conners

    Retour en Normandie - Nicolas Philibert

    Film du 60e anniversaire

    Chacun son cinéma - Théo Angelopoulos, Olivier Assayas Olivier, Bille August, Jane Campion, Youssef Chahine, Michael Cimino, Joel Coen, Ethan Coen, David Cronenberg, Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne, Manoel de Oliveira, Raymond Depardon, Atom Egoyan, Amos Gitaï, Hou Hsiao Hsien, Alejandro González Inárritu, Chen Kaige, Wong Kar-Wai, Aki Kaurismäki, Kiarostami Abbas, Takeshi Kitano, Andrei Konchalovsky, Claude Lelouch, Ken Loach, Tsai Ming-liang, Nanni Moretti, Roman Polanski, Raoul Ruiz, Walter Salles, Elia Suleiman, Gus Van Sant Gus, Lars von Trier, Wim Wenders et Zhang Yimou.

    Hommages du 60e anniversaire

    Boxes - Jane Birkin

    Centochiodi - Ermanno Olmi

    Roman de gare - Claude Lelouch

    Ulzhan - Volker Schlöndorff

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    Les rendez-vous du festival :

    -La leçon de cinéma de Martin Scorsese

    -La leçon d’acteur de Sergio Castellito

    -La leçon de musique de Howard Shore, en présence de David Cronenberg

    -Un hommage à Henry Fonda, en présence de sa fille Jane Fonda

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    Cannes classics- Documentaires sur le cinéma :

    Maurice Pialat, l’amour existe par Anne-Marie Faux et Jean-Pierre Devillers

    Brando par Mimi Freedman et Leslie Greif

    Lindsay Anderson, never apologize par Mike Kaplan

    Pierre Rissient par Todd McCarthy

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    Le concert anniversaire :

    Dimanche 20 Mai, un concert public de musique de films sera organisé plage Macé.

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    La rencontre ouverture : Cinéma, vers le public de demain

    Débat entre professionnels sur les liens entre création cinématographique, nouvelle plateforme de promotion et de diffusion, et de l’évolution de pratique des spectateurs.

    La journée de l’Europe

    Le Festival de Cannes accueille la cinquième journée de l’Europe, samedi 26 Mai, réunissant les ministres européens de la culture et des personnalités du cinéma pour approfondir ls réflexions de la rencontre d’ouverture et chercher des solutions politiques aux mutations du paysage numérique.

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    Pour en savoir plus sur les films de la Cinéfondation et les courts métrages en compétition dont je vous parlerai ultérieurement, je vous renvoie vers le site officiel du Festival de Cannes : http://www.festival-cannes.org .

    Sandra.M

  • Stephen Frears, king of the jury 2007!

    medium_queen.JPGDeux protagonistes de ce festival 2007 sont d’ores et déjà connus: Diane Krüger qui succède à Vincent Cassel et qui présentera les cérémonies d’ouverture, le 16 Mai, et de clôture, le 27 Mai, et Stephen Frears, qui présidera  cette 60ème édition et qui, lui, succède à Wong Kar Wai, Steven Spielberg ayant paraît-il décliné l’offre pour la énième fois.  

    Le réalisateur britannique est déjà venu de nombreuses fois sur la Croisette notamment pour Prick up Your Ears en 1987 . Il  fêtera ainsi les 20 ans de sa première sélection en compétition officielle, il  avait alors reçu le prix de la contribution artistique.

    C’est en 1988 que les Liaisons dangereuses consacre son succès international. Il alterne depuis les grands films de genre (Héros Malgré lui, les Arnaqueurs) et les sujets plus intimistes ou engagés (The Snapper, High Fidelity, Dirty Pretty Things).                                                      

    Critique du dernier film de Stephen Frears, The Queen, (notamment présenté au dernier Festival du Film Britannique de Dinard) pour lequel il a obtenu de nombreuses récompenses, Helen Mirren venant notamment d’obtenir le prix de la meilleure actrice aux Oscars 2007.

    Dans The Queen, Stephan Frears nous dresse le portrait d’Elisabeth II alors que l’image du  pouvoir monarchique est ébranlé, après le séisme médiatique et émotionnel (surtout irrationnel) provoqué par la mort de Diana, le 31 août 1997. Tony Blair qui vient d’être élu perçoit la vague d’émotion et de chagrin qui submerge le pays tandis que la Reine, enferrée dans ses traditions et son orgueil reste à Balmoral, sa résidence d’été, silencieuse, distante, indifférente, refusant obstinément de mettre le drapeau en berne pour celle qui « n’appartient plus à la famille royale ». Aveugle, aveuglée par sa fierté. Tony Blair va œuvrer pour la rapprocher de ses sujets éplorés et plongés dans l’incompréhension face à son attitude aussi imperturbable que les gardes de Buckingham Palace. Helen  Mirren interprète brillamment la reine avec un mélange de froideur, de dignité, de sarcasmes jubilatoires pour le spectateur. Mais c’est aussi le portrait d’une femme qu’a voulu dresser Stephen Frears, une femme qui certes est reine d’Angleterre, une femme enfermée dans son royal rôle pleurant à la mort d’un cerf, symbole d’une liberté qu’elle ne semble plus avoir,  et qui reste de marbre à la mort de cette belle-fille qu’elle n’a semble-t-il jamais aimée. Le principal intérêt réside dans la drôlerie du contraste entre le quotidien de Tony Blair au 10 Downing street et celui de la reine à Balmoral, entre l’assurance de la reine et la maladresse de son premier ministre, contraste et drôlerie atteignant leurs paroxysmes lors de leurs épiques conversations téléphoniques. Leurs existences sont constamment mises en parallèle. L’un et l’autre regardent les informations à la télévision, informations par lesquelles ils apprennent l’accroissement irraisonné de l’émoi populaire  provoqué par la mort de Diana. La famille royale va à la chasse. Tony Blair mange ses plateaux repas. Et le prince Phillip résume la situation : « Même morte, Diana nous aura emmerdés ». Stephen Frears a eu l’intelligence de ne pas tomber dans la caricature et le rapport de force va s’inverser. Malgré les railleries de sa femme Cherie, Tony Blair éprouve une admiration presque filiale pour cette reine fière et imperturbable.  Elisabeth II va prendre conscience de sa maladresse, elle va revenir à Londres pour parler aux britanniques, le plus maladroit des deux n’étant finalement pas celui qu’on croyait. Le montage mêle astucieusement une dizaine de minutes d’images d’archives et images de fiction crédibilisant cette histoire dont nous n’avons finalement pas envie de savoir si elle est conforme à la réalité mais que nous suivons du début à la fin avec beaucoup d’intérêt tant les personnages en sont vraisemblables et d’une humaine ambivalence. Un film que la caricature, l’excès auraient desservi mais que sa mesure rend d’autant plus caustique qu’elle est  plausible notamment grâce à un scénario ciselé et grâce au judicieux choix de ses deux interprètes principaux. Peut-être pouvons-nous juste regretter que Stephen Frears ait été trop révérencieux envers la monarchie, la reine, sarcastique mais humaine, ressortant finalement grandie de ce portrait.

    Filmographie de Stephen Frears :

     Bloody United (Prochainement)

    The Queen (2006)

    Madame Henderson présente (2006)

    Le Court des grands (2005)

    Dirty pretty things, loin de chez eux (2003)

    The Deal (TV) (2003)

    Point limite (TV) (2001) 

    Liam (2001) 

    High fidelity (2000) 

    The Hi-Lo Country (1999) 

    The Van (1996)

    Mary Reilly (1996)

    The Snapper (1993)

    Héros malgré lui (1993)

    Les Arnaqueurs (1991)

    Les Liaisons dangereuses (1989)

    Sammy et Rosie s'envoient en l'air (1988)

    Prick up Your Ears (1987)

    My Beautiful Laundrette (1986)

    The Hit (1984)

    Walter and June (1983) 

    Bloody Kids (1979)

    Gumshoe (1971)

    The Burning (1967)