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IN THE MOOD FOR CANNES 2026 - Page 114

  • Diane Krüger, maîtresse de cérémonie du Festival 2007

    Diane Krüger sera la maîtresse de cérémonie du Festival 2007 et présentera donc les cérémonies d'ouverture, du 16 Mai, et de clôture, du 27 Mai. Elle succédera ainsi à Vincent Cassel. En guise de présentation, je vous propose la critique d'un film dont le tournage s'est échelonné sur plusieurs années, faute de moyens et qui débuta alors que Diane Krüger n'était pas encore connue. Il s'agit de "Frankie" de Fabienne Berthaud.

    Frankie ou le miroir à deux faces...

    medium_frankie.JPGFrankie a 26 ans. Frankie est mannequin. Son travail exige d’elle qu’elle renvoie une image lisse et parfaite, qu’elle ne laisse entrevoir ni la fragilité ni les fêlures qu’elle dissimule. Oui, Frankie est mannequin, pas un top model qui parcourt le monde mais un mannequin en fin de carrière comme il y en a des milliers d’autres, qui erre d’hôtels médiocres en studios, en bars moroses où, esseulée, elle laisse tomber le masque, et n’en a plus que faire. L’image elle aussi s’est fissurée : plus vraiment belle, plus vraiment jeune selon des critères plus cruels dans son métier qu’ailleurs, où les stigmates du temps, si imperceptibles pourtant, ennemi impitoyable et invincible, sont inexcusables. Seule, surtout. Quand l’image se craquelle, il faut sourire avec plus d’entrain encore, dire bonjour avec plus d’enthousiasme, feindre avec un talent démultiplié. Seulement Frankie n’a plus envie. Elle a perdu l’envie d’avoir envie. L’envie de cacher l’être blessé par un paraître irréprochable. N’être qu’un corps qu’on voit sans le regarder devient insupportable. Frankie (Diane Krüger d’une touchante fragilité) est à fleur de peau, dans cet état où un seul mot prononcé ou oublié, un seul geste déplacé peuvent faire basculer et dériver. Au départ le film est un peu comme cet univers dans lequel elle se perd, celui de faux semblant : superficiel, détaché de nous, lointain comme une image de papier glacé ( l’image du film, très réaliste, est d'ailleurs délibérément ici très éloignée d’une image de papier glacé) puis peu à peu sa solitude, son mal être s’emparent subrepticement de nous grâce à un montage savamment déstructuré et chaotique à l’image de celle dont il reflète l’égarement. Les images de sa décadence se mêlent à celles de son séjour en hôpital psychiatrique. La poésie ne vient pas suffisamment de là où on l’attend. La poésie du désenchantement. Une jolie forme de politesse. Celle d’un ange aux ailes brisées. Elle s’égare, elle vacille comme la caméra de Fabienne Berthaud dont c’est ici le premier long métrage, aux allures de faux documentaire. C’est un film imparfait, mais c’est justement cette imperfection qui le distingue et l’enrichit. Il laisse entrevoir ses fêlures, il se met à nu comme celle qu’il immortalise. Comme si Dorian Gray et son portrait se côtoyaient. Sauf qu’ici ce que dissimule le masque est peut-être finalement plus beau que le masque lui-même ; surtout si un regard bienveillant se pose dessus, comme celui de Tom que je vous laisse découvrir… Finalement dériver permet peut-être de mieux retrouver son chemin ? Il faut parfois avoir le courage de sombrer, de se montrer chancelant pour mieux refaire surface, revenir sans un masque en trompe l’œil, pour que les autres regards n’effleurent pas seulement mais voient réellement. Et savoir ainsi à nouveau admirer le bleu du ciel ou retrouver les ailes d’un ange. Un film cruel et poétique. Mélancolique et drôle. Comme les deux faces d'un même visage. Une fin qui justifie les moyens et qui mérite d’être attentif jusqu’au bout, de ne pas nous aussi céder à la tyrannie du temps, de ne pas nous aussi zapper ce qui n’est pas lisse, immédiat, formaté comme nous y sommes trop souvent habitués et encouragés. La fissure en dit peut-être plus que le masque. Oui, Frankie est mannequin mais elle porte le masque et dissimule les blessures de chacun de nous…

    FILMOGRAPHIE DE DIANE KRÜGER

    Benjamin Gates et le Livre des Secrets (Prochainement), de Jon Turteltaub  

    Copying Beethoven (Prochainement), de Agnieszka Holland  

    L'Age des ténèbres (2007), de Denys Arcand  

    Goodbye Bafana (2007), de Bille August

    Les Brigades du Tigre (2006), de Jérôme Cornuau

    Frankie (2006), de Fabienne Berthaud  

    Joyeux Noël (2005), de Christian Carion

    Rencontre à Wicker Park (2005), de Paul McGuigan  

    Benjamin Gates et le trésor des Templiers (2004), de Jon Turteltaub  

    Narco (2004), de Gilles Lellouche  

    Troie (2004), de Wolfgang Petersen   

    Michel Vaillant (2003), de Louis-Pascal Couvelaire

    Ni pour, ni contre (bien au contraire) (2003), de Cédric Klapisch  

    Mon idole (2002), de Guillaume Canet Clara  

    The Piano player (TV) (2002), de Jean-Pierre Roux Erika

    Sandra.M

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  • Stephen Frears, king of the jury 2007!

    medium_queen.JPGDeux protagonistes de ce festival 2007 sont d’ores et déjà connus: Diane Krüger qui succède à Vincent Cassel et qui présentera les cérémonies d’ouverture, le 16 Mai, et de clôture, le 27 Mai, et Stephen Frears, qui présidera  cette 60ème édition et qui, lui, succède à Wong Kar Wai, Steven Spielberg ayant paraît-il décliné l’offre pour la énième fois.  

    Le réalisateur britannique est déjà venu de nombreuses fois sur la Croisette notamment pour Prick up Your Ears en 1987 . Il  fêtera ainsi les 20 ans de sa première sélection en compétition officielle, il  avait alors reçu le prix de la contribution artistique.

    C’est en 1988 que les Liaisons dangereuses consacre son succès international. Il alterne depuis les grands films de genre (Héros Malgré lui, les Arnaqueurs) et les sujets plus intimistes ou engagés (The Snapper, High Fidelity, Dirty Pretty Things).                                                      

    Critique du dernier film de Stephen Frears, The Queen, (notamment présenté au dernier Festival du Film Britannique de Dinard) pour lequel il a obtenu de nombreuses récompenses, Helen Mirren venant notamment d’obtenir le prix de la meilleure actrice aux Oscars 2007.

    Dans The Queen, Stephan Frears nous dresse le portrait d’Elisabeth II alors que l’image du  pouvoir monarchique est ébranlé, après le séisme médiatique et émotionnel (surtout irrationnel) provoqué par la mort de Diana, le 31 août 1997. Tony Blair qui vient d’être élu perçoit la vague d’émotion et de chagrin qui submerge le pays tandis que la Reine, enferrée dans ses traditions et son orgueil reste à Balmoral, sa résidence d’été, silencieuse, distante, indifférente, refusant obstinément de mettre le drapeau en berne pour celle qui « n’appartient plus à la famille royale ». Aveugle, aveuglée par sa fierté. Tony Blair va œuvrer pour la rapprocher de ses sujets éplorés et plongés dans l’incompréhension face à son attitude aussi imperturbable que les gardes de Buckingham Palace. Helen  Mirren interprète brillamment la reine avec un mélange de froideur, de dignité, de sarcasmes jubilatoires pour le spectateur. Mais c’est aussi le portrait d’une femme qu’a voulu dresser Stephen Frears, une femme qui certes est reine d’Angleterre, une femme enfermée dans son royal rôle pleurant à la mort d’un cerf, symbole d’une liberté qu’elle ne semble plus avoir,  et qui reste de marbre à la mort de cette belle-fille qu’elle n’a semble-t-il jamais aimée. Le principal intérêt réside dans la drôlerie du contraste entre le quotidien de Tony Blair au 10 Downing street et celui de la reine à Balmoral, entre l’assurance de la reine et la maladresse de son premier ministre, contraste et drôlerie atteignant leurs paroxysmes lors de leurs épiques conversations téléphoniques. Leurs existences sont constamment mises en parallèle. L’un et l’autre regardent les informations à la télévision, informations par lesquelles ils apprennent l’accroissement irraisonné de l’émoi populaire  provoqué par la mort de Diana. La famille royale va à la chasse. Tony Blair mange ses plateaux repas. Et le prince Phillip résume la situation : « Même morte, Diana nous aura emmerdés ». Stephen Frears a eu l’intelligence de ne pas tomber dans la caricature et le rapport de force va s’inverser. Malgré les railleries de sa femme Cherie, Tony Blair éprouve une admiration presque filiale pour cette reine fière et imperturbable.  Elisabeth II va prendre conscience de sa maladresse, elle va revenir à Londres pour parler aux britanniques, le plus maladroit des deux n’étant finalement pas celui qu’on croyait. Le montage mêle astucieusement une dizaine de minutes d’images d’archives et images de fiction crédibilisant cette histoire dont nous n’avons finalement pas envie de savoir si elle est conforme à la réalité mais que nous suivons du début à la fin avec beaucoup d’intérêt tant les personnages en sont vraisemblables et d’une humaine ambivalence. Un film que la caricature, l’excès auraient desservi mais que sa mesure rend d’autant plus caustique qu’elle est  plausible notamment grâce à un scénario ciselé et grâce au judicieux choix de ses deux interprètes principaux. Peut-être pouvons-nous juste regretter que Stephen Frears ait été trop révérencieux envers la monarchie, la reine, sarcastique mais humaine, ressortant finalement grandie de ce portrait.

    Filmographie de Stephen Frears :

     Bloody United (Prochainement)

    The Queen (2006)

    Madame Henderson présente (2006)

    Le Court des grands (2005)

    Dirty pretty things, loin de chez eux (2003)

    The Deal (TV) (2003)

    Point limite (TV) (2001) 

    Liam (2001) 

    High fidelity (2000) 

    The Hi-Lo Country (1999) 

    The Van (1996)

    Mary Reilly (1996)

    The Snapper (1993)

    Héros malgré lui (1993)

    Les Arnaqueurs (1991)

    Les Liaisons dangereuses (1989)

    Sammy et Rosie s'envoient en l'air (1988)

    Prick up Your Ears (1987)

    My Beautiful Laundrette (1986)

    The Hit (1984)

    Walter and June (1983) 

    Bloody Kids (1979)

    Gumshoe (1971)

    The Burning (1967)

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  • Editorial n°1. Pourquoi ce blog? Pour qui?

    medium_photosordi_1470bis.JPG« Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion. » Telle est la citation d’exergue (empruntée au philosophe Saint-Augustin) de mon autre blog « In the mood for cinema » dont celui-ci est la continuité. Se perdre avec délice et non s’y égarer. Ce blog entièrement consacré au Festival de Cannes et à ses 60 ans est là pour vous guider dans ses méandres labyrinthiques. Vous guider en vous donnant de nombreuses clefs pour en entrouvrir les portes nimbées de mystère, pour en gravir les marches auréolées de secrets et d’images mythiques. Par des critiques de films. Par des articles sur l’ambiance, les coulisses, les jurys, toutes les sélections : Quinzaine des Réalisateurs, Un Certain Regard, Semaine de la Critique, Sélection officielle (films en compétition et hors compétition), Cinéfondation, Cannes Classics, courts métrages, leçons de cinéma. En vous emmenant au Marché du film, aussi. Par de nombreux renseignements pratiques également, notamment grâce à de nombreux liens. Par des interviews inédites et si possible, à terme, des reportages vidéo sur le festival.  Par un ton personnel, singulier donc . Par des récits sur son atmosphère frénétique, vertigineuse, grisante et hypnotique. Sur sa vie diurne et nocturne. Des salles obscures aux lumières, parfois aveuglantes, de la Croisette. A l’exemple de mes comptes-rendus sur le Festival de Cannes 2005 et sur le Festival de Cannes 2006 publiés sur « In the mood for cinema ».

    medium_photosordi_1585.JPG Cannes passionnément : tour à tour haïssable et adorable donc. Effrayante et fascinante. Là où la réalité titube, où la vie virevolte.  Là où le cinéma est omniprésent, omniscient, omnipotent même. Fête du cinéma. De tous les cinémas. Des courts métrages notamment avec la Cinéfondation. Des premiers et des seconds films avec la Semaine de la Critique etc. Fête des cinémas du monde entier. Cannes, miroir grossissant et informant du monde, déroutant parfois aussi. Reflet de ses colères, de ses blessures, de sa poésie.  Cannes qui brandit le poing comme Pialat. Cannes qui embrasse, complimente et encense comme Benigni. Qui émeut aussi, violemment même parfois. Cannes, tourbillon de la vie, envoûtant comme la voix de Jeanne Moreau. Tourbillon de cinéma aussi, évidemment. Cannes et ses rituels, sublimes et parfois ridicules, futiles et nécessaires, dérisoires et essentiels. Cannes hiérarchique et arrogante où, soudain, subrepticement, magnifiquement surgissent des instants de grâce. Cannes et ses applaudissements effrénés, ses réactions exacerbées, ses émotions démultipliées, ses regards parfois blasés, harassés,  rassasiés. Rassasiés de feindre d’être blasés. Rassasiés d’images. Rassasiés d’hypocrisie, là où, medium_photosordi_793.jpgaussi, elle est « un vice à la mode » et, là où aussi, elle « passe pour vertu ». Ou, comme le mien, captivé et curieux, le plus souvent. Cannes et sa frénésie : de fêtes, de bruit, de rumeurs, de scandales, de cinéma, surtout, malgré tout. Cannes effervescente qui s’enivre de murmures, qui se grise de lumières éphémères, qui s’en étourdit oubliant presque celles du Septième Art. Cannes magique, insaisissable. Cannes versatile. Cannes excessive. Prompte à magnifier ou détruire. A déifier ou piétiner. Cannes où des rêves achoppent, où des illusions se brisent, où des projets s’esquissent, où des carrières s’envolent, où des films vous éblouissent, où des regards étincellent, où des cinéastes émergent, se révèlent au monde, nous révèlent un monde. Le leur. Le nôtre. Cannes et sa palme. D’or et de bruit et de lumières. Tonitruante, retentissante, scintillante. Cannes aux intentions pacifistes, aux débats presque belliqueux. Cannes paradoxale.  Multiple et unique. Inimitable.

    medium_ans.2.JPGCannes fête ses 60 ans. Ce sera mon septième festival de Cannes. D’abord, je l’ai vu de loin, si medium_cannes4.JPGproche et si inaccessible. Antre du cinéma dont les portes me paraissaient hermétiquement closes. Puis, j’y suis retournée, en 2001, grâce au prix de la jeunesse qui permet, suite à un concours, à des cinéphiles de France et d’Europe de participer au festival. Puis, j’y suis retournée, une année accréditée Cannes Cinéphiles. Puis, depuis 4 ans, accréditée professionnelle (étudiante ou scénariste selon les années).  Avec toujours, plus que jamais, cette même soif insatiable medium_photosordi_1380.JPGde septième art, de découvertes, cette avidité d’aiguiser mon regard, de le confronter, de le faire briller aussi, souvent. Avec cette envie de partager cette passion, ce périple palpitant, ces instants surréalistes, presque irréels, ces moments insolites, parfois improbables, de vous faire partager mon enthousiasme pour des cinéastes ou des films, ma passion viscérale et dévorante pour le cinéma, ma perplexité medium_photosordi_1124.jpgaussi parfois. Susciter absolument votre curiosité de cinéphile en tout cas. Ce blog est donc affranchi de toute influence et bien sûr entièrement indépendant du site officiel. Ma liberté d’écriture s’arrête néanmoins où commence la sensibilité artistique des autres. Je sais trop à quel point un film est une aventure prenante, un combat de chaque instant, magnifique et périlleux, pour  exercer ici une critique gratuitement assassine.

    medium_cannes1.JPGDix jours hors du temps, hors du monde, à le scruter medium_cannes2.JPGpourtant, à s’y immerger, à s’y noyer presque dans une profusion d’images. Dix jours à dérouler des kilomètres de pellicules. A fouler des kilomètres de tapis rouge. Dix jours intenses que je veux vous faire partager. Dix jours d’immersion cinématographique et festivalière. Ce blog est ainsi autant destiné aux festivaliers qu’à ceux qui veulent suivre le festival de loin, aux professionnels qu’aux cinéphiles…mais avant tout aux passionnés. Qui veulent se perdre dans leur passion sans s’égarer donc.

    medium_cannes_2003.JPGPlongez avec nous « In the mood for Cannes »… Viva il cinema !

     

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    Pour en savoir plus sur l'auteur de ce blog c'est ici: CV cinématographique.

    Sandra.M

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