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CANNES CLASSICS - Page 4

  • "Le Guépard" de Luchino Visconti dans la sélection Cannes Classics 2010: critique

    Je vous parlais avant-hier du programme de Cannes Classics 2010 (ici) , le chef d'oeuvre de Luchino Visconti, "Le Guépard" et accessoirement un de mes films favoris, y figure. Je vous engage évidemment à (re)voir ce classique. Je vous en propose ma critique ci-dessous:

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    En 1860, en Sicile, tandis que Garibaldi et ses chemises rouges débarquent pour renverser la monarchie des Bourbons de Naples et l’ancien régime, le prince Don Fabrizio Salina (Burt Lancaster) ainsi que sa famille et son confesseur le Père Pirrone (Romolo Valli), quitte ses domaines pour son palais urbain de Donnafigata, tandis que son neveu Tancrède rejoint les troupes de Garibaldi. Tancrède s’éprend d’Angelica, (Claudia Cardinale), la fille du riche maire libéral  de Donnafugata : Don Calogero. Le Prince Salina s’arrange pour qu’ils puissent se marier. Après l’annexion de la Sicile au royaume d’Italie, Tancrède qui s’était engagé aux côtés des Garibaldiens les abandonne pour rejoindre l’armée régulière…

    Les premiers plans nous montrent une allée qui mène à une demeure, belle et triste à la fois. Les allées du pouvoir. Un pouvoir beau et triste, lui aussi. Triste car sur le déclin, celui de l’aristocratie que symbolise le Prince Salina. Beau car fascinant comme l’est le prince Salina et l’aristocratie digne qu’il représente. Ce plan fait écho à celui de la fin : le prince Salina avance seul, de dos, dans des ruelles sombres et menaçantes puis il s’y engouffre comme s’il entrait dans son propre tombeau. Ces deux plans pourraient résumer l’histoire, l’Histoire, celles d’un monde qui se meurt. Les plans suivants nous emmènent à l’intérieur du domaine, nous offrant une vision spectrale et non moins sublime de cette famille. Seuls des rideaux blancs dans lesquels le vent s’engouffre apportent une respiration, une clarté dans cet univers somptueusement sombre. Ce vent de nouveauté annonce l’arrivée de Tancrède, Tancrède qui apparaît dans le miroir dans lequel Salina se mire.  Son nouveau visage. Le nouveau visage du pouvoir. Le film est à peine commencé et déjà son image est vouée à disparaître. Déjà la fin est annoncée. Le renouveau aussi.

    Fidèle adaptation d’un roman écrit en 1957 par Tomasi di Lampedusa, Le Guépard témoigne d’une époque représentée par cette famille aristocrate pendant le Risorgimento, « Résurrection » qui désigne le mouvement nationaliste idéologique et politique qui aboutit à la formation de l’unité nationale entre 1859 et 1870. Le Guépard est avant tout l’histoire du déclin de l’aristocratie et de l’avènement de la bourgeoisie, sous le regard et la présence félins, impétueux, dominateurs du Guépard, le prince Salina. Face à lui, Tancrède est un être audacieux, vorace, cynique, l’image de cette nouvelle ère qui s’annonce.

    medium_guepard4.JPGLa scène du fastueux bal qui occupe un tiers du film est aussi la plus célèbre, la plus significative, la plus fascinante. Elle marque d'abord par sa magnificence et sa somptuosité :  somptuosité des décors, soin du détail du Maestro Visconti qui tourna cette scène en huit nuits parmi 300 figurants. Magnificence du couple formé par Tancrède et Angelica, impériale et rayonnante dans sa robe blanche. Rayonnement du couple qu’elle forme en dansant avec Salina, aussi.  La fin du monde de Salina est proche mais le temps de cette valse, dans ce décor somptueux, le temps se fige. Ils nous font penser à cette réplique de Salina à propos de la Sicile : "cette ombre venait de cette lumière". Tancrède regarde avec admiration, jalousie presque, ce couple qui représente pourtant la déchéance de l’aristocratie et l’avènement de la bourgeoisie. Un suicide de l'aristocratie même puisque c’est Salina qui scelle l’union de Tancrède et Angelica, la fille du maire libéral, un mariage d’amour mais aussi et avant tout de raison entre deux univers, entre l'aristocratie et la bourgeoisie. Ces deux mondes se rencontrent et s’épousent donc aussi le temps de la valse d’Angelica et Salina. Là, dans le tumulte des passions, un monde disparaît et un autre naît. Ce bal est donc aussi remarquable par ce qu’il symbolise : Tancrède, autrefois révolutionnaire, se rallie à la prudence des nouveaux bourgeois tandis que Salina, est dans une pièce à côté, face à sa solitude, songeur,  devant un tableau de Greuze, la Mort du juste, faisant « la cour à la mort » comme lui dira ensuite magnifiquement Tancrède.

    Angelica, Tancrède et Salina se retrouvent ensuite dans cette même pièce face à ce tableau morbide alors qu’à côté se fait entendre la musique joyeuse et presque insultante du bal. L’aristocratie vit ses derniers feux mais déjà la fête bat son plein. Devant les regards attristés et admiratifs de Tancrède et Angelica, Salina s’interroge sur sa propre mort. Cette scène est pour moi une des plus intenses de ce film qui en comptent pourtant tant qui pourraient rivaliser avec elle. Les regards lourds de signification qui s’échangent entre eux trois, la sueur qui perle sur les trois visages, ce mouchoir qu’ils s’échangent pour s’éponger en font une scène d’une profonde cruauté et sensualité où entre deux regards et deux silences, devant ce tableau terriblement prémonitoire de la mort d’un monde et d’un homme, illuminé par deux bougies que Salina a lui-même allumées comme s’il admirait, appelait, attendait sa propre mort, devant ces deux êtres resplendissants de jeunesse, de gaieté, de vigueur, devant Salina las mais toujours aussi majestueux, plus que jamais peut-être, rien n’est dit et tout est compris.

    medium_guepard3.JPG Les décors minutieusement reconstitués d’ une beauté visuelle sidérante, la sublime photo de Giuseppe Rotunno, font de ce Guépard une véritable fresque tragique, une composition sur la décomposition d’un monde, dont chaque plan se regarde comme un tableau, un film mythique à la réputation duquel ses voluptueux plans séquences (notamment la scène du dîner pendant laquelle résonne le rire interminable et strident d’Angelica comme une insulte à l’aristocratie décadente, au cour duquel se superposent des propos, parfois à peine audibles, faussement anodins, d’autres vulgaires, une scène autour de laquelle la caméra virevolte avec virtuosité, qui, comme celle du bal, symbolise la fin d’une époque), son admirable travail sur le son donc, son travail sur les couleurs (la séquence dans l’Eglise où les personnages sont auréolés d’une significative lumière grise et poussiéreuse ) ses personnages stendhaliens, ses seconds rôles judicieusement choisis (notamment Serge Reggiani en chasseur et organiste), le charisme de ses trois interprètes principaux, la noblesse féline de Burt Lancaster, la majesté du couple Delon-Cardinale, la volubilité, la gaieté et le cynisme de Tancrède formidablement interprété par Alain Delon, la grâce de Claudia Cardinale, la musique lyrique, mélancolique et ensorcelante de Nino Rota ont également contribué à faire de cette fresque romantique, engagée, moderne, un chef d’œuvre du septième Art. Le Guépard a ainsi obtenu la Palme d’or 1963… à l’unanimité.

     La lenteur envoûtante dont est empreinte le film métaphorise la déliquescence du monde qu’il dépeint. Certains assimileront à de l’ennui ce qui est au contraire une magistrale immersion  dont on peinera ensuite à émerger hypnotisés par l’âpreté lumineuse de la campagne sicilienne, par l’écho du pesant silence, par la beauté et la splendeur stupéfiantes de chaque plan. Par cette symphonie visuelle cruelle, nostalgique et sensuelle l’admirateur de Proust qu’était Visconti nous invite à l’introspection et à la recherche du temps perdu.

    La personnalité du Prince Salina devait beaucoup à celle de Visconti, lui aussi aristocrate, qui songea même à l’interpréter lui-même, lui que cette aristocratie révulsait et fascinait à la fois et qui, comme Salina, aurait pu dire : « Nous étions les Guépards, les lions, ceux qui les remplaceront seront les chacals, les hyènes, et tous, tant que nous sommes, guépards, lions, chacals ou brebis, nous continuerons à nous prendre pour le sel de la terre ».

    Que vous fassiez partie des guépards, lion, chacals ou brebis, ce film est un éblouissement inégalé par lequel je vous engage vivement à vous laisser hypnotiser...

    A lire également, dans le cadre du cycle Alain Delon sur inthemoodforcinema.com, mes critiques de :  La Piscine », « Borsalino », « Le Guépard », « Monsieur Klein »,  « Le Cercle rouge », "Le Professeur", "Plein soleil"

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  • Programme Cannes Classics 2010

    La programmation de Cannes classics est toujours un régal pour les cinéphiles, cette année ne déroge pas à la règle. Je vous laisse la découvrir ci-dessous (source: communiqué de presse du Festival de Cannes):

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    Boudu sauvé des eaux 

    Boudu sauvé des eaux de Jean Renoir dans une version restaurée doté d'une séquence inédite. René Clément, Luchino Visconti, Hector Babenco, Volker Schöndorff, Mrinal Sen, et Luis Buñuel à nouveau en sélection officielle. Une rareté de Marcel Lherbier. Une restauration de Psycho d'Alfred Hitchcock dont le travail sur le son donne le film à entendre d'une façon nouvelle. Jack Cardiff, Ingmar Bergman et le « surf au cinéma ».

    Cannes Classics, créé en 2004, accompagne les œuvres contemporaines de la Sélection officielle par un programme de films restaurés, de films retrouvés, dans le cadre de leur ressortie en salle ou en DVD. Les projections ont lieu dans le Palais des Festival et les rediffusions à La Licorne.



    PROGRAMME

     - LA BATAILLE DU RAIL (France, 1946, 82') de René Clément, Prix du Jury en 1946, restaurée par l'INA et Full Images, sera projetée en présence de Mme. Johanna Clément.

    - BOUDU SAUVE DES EAUX de Jean Renoir (France, 85', 1932), une restauration présentée par Pathé dans une version inédite qui réintègre une scène coupée à l'époque. Copie restaurée par la Cinémathèque de Bologne.

    -TRISTANA (Espagne/France/Italie, 99' 1970) de Luis Buñuel, sélectionné à Cannes en 1970, sera projeté dans le cadre d'une célébration du cinéma espagnol, à l'initiative du Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand qui invite son homologue espagnol et de nombreux artistes espagnols d'aujourd'hui. Copie préservée par la Filmoteca Espagnole. Le film sera présenté par Pedro Almodovar.

    - IL GATTOPARDO (Le Guépard) (Italie, 185', 1963) de Luchino Visconti, Palme d'Or en 1963. Restauré en association avec la Cinémathèque de Bologne, L'Immagine Ritrovata, le Film Foundation, Pathé, Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, Twentieth Century Fox et le Centro Sperimentale di Cinematografia-Cineteca Nazionale. Avec le soutien de Gucci et le Film Foundation. Restauration numérique par Colorworks ; restauration son, L'Immagine Ritrovata. Merci en particulier à Martin Scorsese, Titanus et Giuseppe Rotunno.

    - DIE BLECHTROMEL (Le Tambour) (Allemagne, 140') de Volker Schlöndorff, Palme d'Or en 1979, restaurée et remonté par Kinowelt dans une « director's cut » présentée par l'auteur.

    - KHANDAHAR (Les Ruines) (Inde, 102') réalisé en 1983 par Mrinal Sen, doyen du cinéma indien qui sera présent à la projection. Restauration par Reliance MediaWorks avec le soutien de l'Etat indien et les Archives nationale du film de l'Inde.

    - LA CAMPAGNE DE CICERON (France, 111', 1989) de Jacques Davila, décédé en 1991 en présence de l'équipe du film, reconstituée pour l'occasion. Restauration présentée par la Cinémathèque de Toulouse avec le soutien de la Fondation Groupama Gan pour le cinéma. Le film ressort en DVD chez Carlotta.

    - LA 317e SECTION (France, 94'), Prix du Scénario en 1965, copie restauré par la Cinémathèque française et StudioCanal avec le soutien du Fonds Culturel franco-américain, en présence de son réalisateur Pierre Schoendoerffer et du Président de la Cinémathèque Costa-Gavras.

    - LE GRAND AMOUR (France, 87'), en compétition à Cannes en 1969, réalisé et présenté par Pierre Etaix. Copie restaurée par Studio 37, la Fondation Technicolor pour le Patrimoine du Cinéma, La Fondation Groupama Gan pour le cinéma.

    - AFRICAN QUEEN (Etats-Unis / Royaume-Uni, 105', 1951) de John Huston. Copie restaurée par Paramount Pictures et ITV, et parrainée par Angelica Huston.

    - AU PETIT BONHEUR de Marcel L'Herbier (France, 102', 1946). Copie restaurée par les Archives Française du film (CNC) et StudioCanal.

    - PSYCHO (Psychose) (Etats-Unis, 109', 1960) d'Alfred Hitchcock. Copie restaurée par Universal Pictures et Audionamix. A noter que le film fait l'objet d'une restauration/reconstruction de la bande-son.

    - KISS OF THE SPIDERWOMAN (Le Baiser de la femme-araignée)  (Etats-Unis / Brésil, 120') d'Hector Babenco, (Prix d'interprétation masculine - Cannes - 1985). Copie restaurée par Ascent Media et Prime Focus, en présence de l'équipe du film à l'occasion de son 25e anniversaire. Le film prochainement ressort en France (Carlotta Films).
    Enfin, la World Cinema Foundation, fondée à Cannes par Martin Scorsese en 2007, présente : MEST (La Flute de roseau) d'Ermek Shinarbaev, (Kazakhstan, 96', 1989), KÉT LÁNY AZ UTCÁN (Deux filles dans la rue) d'André de Toth (Hongrie, 85', 1939,) et TITASH EKTI NADIR NAAM (Une rivière nommé Titash) de Ritwik Ghatak (Inde, 158', 1973,). Les copies proviennent des archives cinématographiques nationales du Kazakhztan, de la Hongrie et de l'Inde. Elles ont été restaurées par la Cinémathèque de Bologne / l'Immagine Ritrovata.

    La Cinémathèque de Bologne présentera aussi deux courts métrages : IL RUSCELLO DI RIPASOTTILE (Itlaie, 1941, 6') de Roberto Rossellini, et THE ELOQUENT PEASANT de Chadi Abdel Salam (Egyptien, 1970, 8').


    Documentaires

    -HOLLYWOOD DON'T SURF (Etats-Unis, 2010, 85') de Greg MacGillivray, explore le thème du surf dans les films américains avec des témoignages, entre autres, de John Milius et de Steven Spielberg.

    -CAMERAMAN: THE LIFE AND WORK OF JACK CARDIFF (Royaume-Uni, 2010, 90') de Craig McCall, documentaire sur la vie et le travail d'un des plus grands chef-opérateur britannique qui travailla pour Michael Powell et Emeric Pressburger, Alfred Hitchcock, Richard Fleischer, John Huston.

    -MEN FILMEN ÄR MIN ÄLSKARINNA (... Mais le cinéma reste ma maîtresse) (Suède, 2010, 66') de Stig Bjorkman, est le deuxième volet d'images inédites de - et par - Bergman, document produit par l'Ingmar Bergman Foundation.

    -TOSCAN d'Isabelle Partiot-Pieri (France, 2010, 90') est une sorte d'« autoportrait posthume » de Daniel Toscan du Plantier, producteur français, disparu en 2003.

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  • Cannes Classics 2009- "L'Enfer" d'Henri-Georges Clouzot

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    Le Corbeau. La Vérité. Quai des Orfèvres. Les Diaboliques. Le Salaire de la Peur. Cinq films de Clouzot qui font partie de mon panthéon cinématographique et qui ont bercé mon enfance. Cinq films qui montrent à quel point Clouzot était un brillant directeur d'acteurs : Vera Clouzot, Simone Signoret,  Charles Vanel, Yves Montand, Louis Jouvet... et Brigitte Bardot à qui il offrit son plus beau rôle dramatique dans le splendide « La Vérité ». A quel point il était un grand metteur en scène (malgré l'étiquette de « qualité française » qu'on a voulu lui accoler). A quel point ses films témoignent d'audace et de modernité, de suspense auquel Hitchcock même n'aurait rien eu à envier, d'intensité dramatique rare, de cynisme réjouissant... mais ce n'est rien à côté du film qui ne vit jamais le jour et qui, sans nul doute, aurait été un chef d'œuvre. Un film unique et singulier intitulé « L'Enfer » sur la piste duquel Serge Bromberg s'est retrouvé suite aux aléas parfois bienheureux du destin : une panne d'ascenseur qui le conduisit à rester bloqué avec Inès Clouzot, la dernière femme du cinéaste...

     Avec Ruxandra Medrea, il retrace l'histoire de ce film mêlant témoignages de protagonistes de l'époque mais aussi images du film ou des essais. Et si le documentaire s'intitule « L'Enfer de Clouzot » (et non documentaire de Serge Bromberg sur L'Enfer) c'est parce qu'il est avant tout un hommage au film qu'il tente de reconstruire (même si cette reconstruction d'un film qui s'est en quelque sorte lui-même sabordé était vouée à l'échec) avant même d'être un documentaire sur celui-ci et son tournage. Serge Bromberg a choisi de se mettre en retrait pour mettre en valeur l'œuvre de Clouzot, sans pour autant édulcorer le caractère entier (c'est un euphémisme...) du cinéaste que le perfectionnisme (mais avec quel brillant résultat dans ses précédents films !) poussait à exiger le meilleur de ses acteurs, et à les épuiser.

    Ces images époustouflantes, de beauté, d'inventivité, d'audace, ont été bloquées pendant des années pour raisons juridiques essentiellement puis ont été considérées comme perdues. Elles datent de 1964...et pourtant en 2009 on se demande quel film a su concilier avec autant de perfectionnisme et d'imagination  le fond et la forme : « l'Enfer » est ainsi l'histoire d'un homme, Marcel Prieur (Serge Reggiani), patron d'un modeste hôtel de province, saisi par le démon de la jalousie. Chaque plan, chaque son (un travail considérable qui exploite toutes les pistes sonores de la folie) témoigne de cette folie dévastatrice et aveugle avec des images d'une force hypnotique rarement (jamais ?) atteinte...

    Son travail, à la confluence des arts, frôle l'expérimental et l'abstraction (lèvres bleutées : on songe à Warhol, distorsion des images qui rappelle les surréalistes...), certains photogrammes pourraient être exposés dans une galerie d'art moderne sans en rougir. Les tentatives sur les couleurs, les impressions : tout semble inédit, tout est fascinant. Si ce film est, pour les yeux, une réjouissance parfois éprouvante  ( le spectateur se retrouvant à éprouver cette impression de folie, de déconstruction du réel, étant destiné à vivre une expérience autant qu'à assister à un film) autant qu'envoûtante, c'est aussi un crève-cœur de voir qu'une telle œuvre n'a jamais véritablement vu le jour par une suite de déconvenues que je vous laisse découvrir, ce tournage pour lequel la Miramax éblouie par les premières images lui avait donné budget illimité (150 techniciens, trois chefs opérateurs...), s'étant lui aussi véritablement transformé en « Enfer ». Costa-Gavras, Catherine Allégret, Bernard Stora et quelques autres apportent leur témoignage sur le déroulement des évènements.

    Bérénice Béjo et Jacques Gamblin interprètent quant à eux quelques scènes qui n'ont jamais été tournées  dans le dépouillement le plus total qui ne pardonne pas la moindre fausse note : on retient notre souffle et si les deux acteurs sont irréprochables on ne peut s'empêcher de songer au supplément d'âme  que leur auraient apporté Romy Schneider et Serge Reggiani. Progressivement on imagine ainsi ce qu'aurait été ce film aussi improbable que magistral. Mais était-ce bien nécessaire de couper ainsi le rythme tant les images de Clouzot suffisent à nous laisser imaginer ce que son film aurait été... ?

    Et puis il y a Romy Schneider... Romy qui hante, capture, captive, éblouit, séduit l'écran alors qu'elle n'avait que 26 ans, Romy dont le jeu, les attitudes et le regard témoignaient d'une fascinante modernité, et pourtant à l'époque, elle n'avait pas encore tourné « La Piscine » et n'était encore que l'ingénue « Sissi » dans l'esprit des spectateurs. Face à elle, Serge Reggiani épouse le visage de la folie maladive avec une rage bouleversante. Le tout dans ce cadre à la fois familier inquiétant du Cantal et du Viaduc de Garabit.

    Ce film, d'une étrange beauté, sans nul doute, aurait à jamais permis à Henri-Georges Clouzot de décoller l'étiquette de « qualité française »à laquelle on l'a injustement associé. Cela aurait été bien dommage que ce qui subsiste de ce film reste dans les limbes de l'enfer et d'en être privés. Le titre du film est ainsi sous-titré: "la légende d'un film inachevé", cela pourrait aussi être "un film légendaire inachevé...  Chabrol s'en est ainsi certes inspiré pour son film  « L'Enfer » en 1994, indéniablement un très grand film qui n'est cependant pas cette expérience visuelle et sonore sensuelle, novatrice et éblouissante qu'aurait été le film de Clouzot, un chef d'œuvre qui revient de loin et que je vous engage à découvrir... et comme dirait Henri-Georges Clouzot :

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  • Le programme intégral de Cannes Classics 2009

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    Sous la présidence d’honneur 2009 de Martin Scorsese, Cannes Classics, section créée en 2004, accompagne les œuvres contemporaines de la Sélection officielle par un programme de films restaurés, de films retrouvés, dans le cadre de leur ressortie en salle ou en DVD. Les projections ont lieu dans le Palais des Festivals et les rediffusions à La Licorne.


    Le programme détaillé


    The Red Shoes / Les Chaussons rouges présenté salle Debussy

    Cannes Classics invite Martin Scorsese pour présenter le chef d’œuvre de Michael Powell et Emeric Pressburger, THE RED SHOES (Les Chaussons rouges, 1948, Royaume-Uni) restauré par UCLA Film & Television Archive, le BFI, la Film Foundation, ITV Global Entertainment Ltd. et Janus Films, avec l’aide financière de la Hollywood Foreign Press Association, la Film Foundation et la Louis B. Mayer Foundation. Le film sera présenté salle Debussy en présence de Martin Scorsese et de Thelma Schoonmaker-Powell.


    L’Enfer retrouvé, souvenirs d’Henri-Georges Clouzot

    En 1964, le tournage mouvementé du film L’ENFER d’Henri-Georges Clouzot, avec Romy Schneider et Serge Reggiani, est interrompu. Il ne sera jamais repris, le film ne sera jamais terminé, restant avec ses images et sa légende à l’état de mythe. En retrouvant les boîtes qui contenaient les essais et les plans déjà tournés, Serge Bromberg qui s’est fait connaître au sein de Lobster Films par son inlassable activité patrimoniale, a réussi une « recomposition » de l’œuvre disparue, créant ainsi un nouveau film qui permet au projet d’exister enfin.


    World Cinema Foundation 2009

    Inaugurée à Cannes en 2007 pour aider les pays en voie de développement à sauvegarder leur patrimoine cinématographique, la World Cinema Foundation, présidée par Martin Scorsese, présente trois films (restaurés ?) que viennent soutenir des cinéastes-parrains :
    A BRIGHTER SUMMER DAY d’Edward Yang (1991, 237’ Taiwan), version inédite.
    AL-MOMIA (La Momie) de Shadi Abdel Salam (1969, 103’ Egypte)
    REDES d’Emilio Gomez Muriel et Fred Zinnemann (1936, 61’ Mexique)

    Ajoutons que la World Cinema Foundation a aidé la Fondation Bergman qui présentera également JEUX DE TOURNAGE de Stig Björkman (29’ Suède), des images restaurées inédites, issus des « homes movies » tournés par Ingmar Bergman lui-même à chacun de ses films.


    Centenaire de Joseph Losey

    Cent ans après la naissance de Joseph Losey, dix ans après la disparition de Dirk Bogarde, son interprète principal, et un an après celle du dramaturge et scénariste Harold Pinter, ACCIDENT (1967, 105’ Royaume-Uni) restauré par le BFI National Archive et Studio Canal, sera présenté en leur hommage salle Buñuel. Il est à noter qu’une copie neuve de DON GIOVANNI (1979, 176’ Italie) sera projetée dans le cadre de la programmation thématique du Cinéma de la Plage.


     Documentaires sur le cinéma

    LES DEUX DE LA VAGUE (90’ France), un film d'Antoine de Baecque et Emmanuel Laurent.
    A l’occasion du cinquantenaire de la naissance de la Nouvelle vague, ce documentaire évoque la présentation à Cannes en 1959 des Quatre cent coups et la genèse de A bout de souffle, évoquant ainsi les débuts de deux des cinéastes emblématiques de la Nouvelle vague : François Truffaut et Jean-Luc Godard.

    PIETRO GERMI, IL BRAVO, IL BELLO, IL CATTIVO (60’ Italie) de Mario Bondí.
    La carrière et la personnalité d’un cinéaste injustement oublié : Pietro Germi, qui a montré sept de ses films en compétition au Festival de Cannes et obtenu la Palme d’Or en 1966 pour SIGNORE E SIGNORI (119’ Italie) dont une copie neuve sera également projetée, à l’occasion de la ressortie du film en salle.


    Une sélection de copies neuves et restaurées

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    L’AVVENTURA de Michelangelo Antonioni (1960, 143’ Italie), qui a inspiré l’affiche du Festival 2009. Copie neuve.
     

    AN UNS GLAUBT GOTT NICHT MEHR (Dieu ne croit plus en nous) d’Axel Corti (1982, 104’ Autriche). Copie restaurée par Le Pacte.
     

    GIU LA TESTA (Il était une fois… la révolution) de Sergio Leone (1971, 153’ Italie). Copie restaurée par Cineteca di Bologna, laboratoire Immagine Ritrovata.
     

    LOIN DU VIETNAM de Joris Ivens, William Klein, Claude Lelouch, Agnés Varda, Jean-Luc Godard, Chris Marker, Alain Resnais (1967, 115’ France). Copie restaurée par Archives françaises du film du CNC.
     

    PIERROT LE FOU de Jean-Luc Godard (1965, 107’ France). Restauration et projection numérique de Studio Canal.
     

    PRINCE YEONSAN de Shin Sang-ok (1961, 133’ Corée). Copie restaurée par Korean Film Archive, le laboratoire HFR.
     

    SENSO de Luchino Visconti (1954, 123’ Italie). Copie restaurée par StudioCanal, Centro Sperimentale de Cinematografia, Cineteca Nazionale, Cineteca di Bologna / l'Immagine Ritrovata, avec l’aide de GUCCI et la Film Foundation.

    LES VACANCES DE M. HULOT de Jacques Tati (1953, 88’ France). Copie restaurée par la Fondation Thompson, la Fondation Groupama Gan, Les Films de Mon Oncle et la Cinémathèque française.
     

    VICTIM (Victime) de Basil Dearden (1961, 101’ Angleterre). Copie neuve.
     

    WAKE IN FRIGHT (Réveil dans la terreur) de Ted Kotcheff (1971, 109’ Australie). Copie restaurée par le National Film & Television Archive.
     

    LES YEUX SANS VISAGE de Georges Franju (1960, 91’ France). Copie restaurée par Gaumont.

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  • La programmation détaillée de "Cannes Classics" 2008

    Pour la 5e année consécutive, Cannes Classics met le rayonnement du Festival au service du cinéma retrouvé, des copies restaurées et des ressorties en salles ou en DVD des grandes œuvres du passé. Cette programmation est présentée dans le Palais des Festivals (salle Buñuel et Salle du Soixantième) ainsi qu’au Cinéma de la Plage et dans la salle La Licorne.


    Cannes Classics 2008 est placé sous le signe de Manoel de Oliveira auquel le Festival rend un vibrant hommage à l’occasion de ses 100 ans en présentant son premier film DOURO, FAINA FLUVIAL (1931, 18’, Portugal) dans le grand amphithéâtre Lumière et de Wong Kar Wai qui présentera ASHES OF TIME REDUX (1994, 120’, Hong-Kong) salle Debussy.


    LE PROGRAMME DETAILLE DE CANNES CLASSICS 2008:

    Evénement : Lola Montes de Max Ophüls

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    La restauration Technicolor de Lola Montès, réalisé en 1955 par Max Ophüls, est présentée par la Cinémathèque française en avant-première mondiale, le samedi 17 mai. Inspiré par la vie scandaleuse de la comtesse de Landsfeld, dite Lola Montès, le film est la dernière œuvre de Max Ophüls mais aussi son unique film en couleur. Sous le regard attentif de Marcel Ophuls, en suivant l’expertise technique de François Ede, et grâce aux Laboratoire Technicolor, la Cinémathèque française s’est engagée à restaurer Lola Montès dans son montage initial, en lui restituant ses couleurs, le son et le format d’origine, offrant ainsi à ce film culte la possibilité d’émerveiller les jeunes spectateurs et de séduire à nouveau celles et ceux que le film avait déjà conquis. La présentation de cette restauration sera l’occasion de rendre hommage à Max Ophüls, disparu en 1957, peu de temps après la sortie du film.


    Documentaires sur le cinéma

    NO SUBTITLES NECESSARY : LASZLO & VILMOS (105’, Etats-Unis) de James Cressanthis
    . Un documentaire racontant le parcours et l’amitié de Laszlo Kovacs et Vilmos Zsigmond, les célèbres directeurs de la photographie d’origine hongroise ayant contribué à l’âge d’or d’Hollywood des années 70 et 80.

    LA COLLECTION CINEMA CINEMAS (104’, France, 1980-1990) de Claude Ventura. Deux épisodes choisis parmi les dizaines d’heures de programmes tournés dans les années 80.

    « YOU MUST REMEMBER THIS » : UNE HISTOIRE DE LA WARNER (120’, 2008, Etats-Unis)
    Warner Bros. fête ses 85 ans avec le documentaire de Richard Schickel, YOU MUST REMEMBER THIS sur l’histoire du studio.
    Programme accompagné par une « projection Warner » chaque soir au Cinéma de la Plage dont une soirée exceptionnelle « Looney Tunes » regroupant le meilleur de l’animation de l’entreprise de Burbank.


    Un sélection de 9 copies neuves ou restaurées

    GUIDE de Vijay Anand (1965, 179', Inde)
    LOLA MONTES de Max Ophüls (1955, 115’, France)
    DE L’INFLUENCE DES RAYONS GAMMA SUR LE COMPORTEMENT DES MARGUERITES de Paul Newman (1972, 100’, Etats-Unis)
    LET’S GET LOST de Bruce Weber (1988, 120’, USA)
    SANTA SANGRE de Alejandro Jodorowsky (1989, 123’, Mexique)
    ORPHEE de Jean Cocteau (1949, 93’, France)
    FINGERS (Mélodie pour un tueur) de James Toback (1977, 90’, Etats-Unis)
    GAMPERALIYA (Changements au village) de Lester James Peries (1965, 105’)
    THE SAVAGE EYE de Ben Maddow, Sydney Meyers, Joseph Strick (1960, 71’, Etats-Unis)



    1968 : 40 ans après
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    En 1968, le Festival fut interrompu quelques jours après son ouverture en raison des événements liés au mouvement social. Montrer quelques films qui ne l’ont pas été projeté cette année-là sera une façon active et joyeuse de faire un clin d’œil à l’édition 1968 du Festival, en présence de Carlos Saura dont le film Peppermint Frappé fut précisément celui sur lequel la manifestation ferma son rideau.

     PEPPERMINT FRAPPE de Carlos Saura (92’, 1968, Espagne), en présence de Carlos Saura.

    13 JOURS EN FRANCE de Claude Lelouch (115’, 1968, France), en présence de Claude Lelouch, présenté dans une copie restaurée.
    ANNA KARENINE d’Aleksandr Zarkhi (145’, 1968, URSS)
    THE LONG DAY’S DYING (Un jour parmi tant d’autres) de Peter Collinson (95’, 1968, Grande-Bretagne)
    24 HEURES DE LA VIE D’UNE FEMME de Dominique Delouche (80’, 1968, France), en présence de Dominique Delouche.


    Centenaire David Lean (1908-1991)

    THE PASSIONATE FRIENDS (Les Amants passionnées) (1949, 91', Royaume-Uni)
    THIS HAPPY BREED (Heureux mortels) (1944, 114', Royaume-Uni)
    IL ETAIT UNE FOIS... LAURENCE D’ARABIE (52’, 2008, France) de Anne Kunvari


    Kawakita Memorial Film Institute

    L’Institut Kawakita promeut les films japonais dans les festivals, les mussées et centre culturels autour du monde. Regroupé sur l’enseigne de Kawakita on retrouve une bibliothèque, un musée et un prix annuel décerné à une personne ou une société qui aide au développement du cinéma japonais.
    Le Centenaire de la Kawakita Memorial Film Institute sera célébré avec la projection du film de Seijun Suzuki, ZIGEUNERWEISEN (Mélodie tzigane, 1980, 145', Japon)


    World Cinema Foundation : deuxième année, deuxième récolte.
    La World Cinema Foundation est une association à but non lucrative créée afin d’aider les pays les pays en voie de développement à la sauvegarde de leurs trésors cinématographiques. Présidée par Martin Scorsese, elle consiste à demander à des cineastes de parrainer chaque année une restauration.
    SUSUZ YAZ (Dry Summer) de Metin Erksan (1964, 85’, Turquie) – film présenté par Fatih Akin
    HANYO (La Servante) de Kim Ki-young (1960, 109’, Corée)
    TOUKI BOUKI (Le Voyage de la hyène) de Djibril Diop Mambéty (1973, 88’, Sénégal)

    Source: Site internet du Festival de Cannes

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  • "Lola Montès" de Max Ophüls en ouverture de Cannes Classics

    1627730524.jpg"En 2007, la Cinémathèque française et les Films du Jeudi (Laurence Braunberger) ont entrepris avec l’aide de Marcel Ophuls la restauration de Lola Montès, réalisé en 1955 par Max Ophuls.

    Cette restauration a été rendue possible grâce à une étroite collaboration avec la Fondation Thomson pour le Patrimoine du Cinéma et de la Télévision (qui a notamment mis à disposition les laboratoires Technicolor), avec le soutien du Fonds Culturel Franco Américain, et grâce au mécénat de L’Oréal et agnès b.

    La Cinémathèque française, sous l’égide de Serge Toubiana, présentera cette nouvelle restauration Technicolor de Lola Montès en avant-première mondiale, lors du 61è Festival de Cannes.

    Inspiré par la vie scandaleuse de la comtesse de Landsfeld, dite Lola Montès, le film est la dernière œuvre de Max Ophuls mais aussi son unique film en couleur.

    Sous le regard attentif de Marcel Ophuls, en suivant l’expertise technique de François Ede, et grâce aux prouesses techniques des Laboratoire Technicolor, la Cinémathèque française s’est engagée à restaurer Lola Montès dans son montage initial, en lui restituant ses couleurs, sa bande son et son format d’origine, offrant ainsi à ce film culte la possibilité d’émerveiller les jeunes spectateurs et de séduire à nouveau celles et ceux que le film avait déjà conquis.

    Cette présentation de cette restauration sera l’occasion de rendre hommage à Max Ophuls, disparu en 1957, peu de temps après la sortie du film."

    Pitch: Anoblie par le roi de Bavière, Lola Montès (Martine Carol) était l'une des courtisanes les plus en vue de son époque. Dans ce cirque de New Orleans, sa déchéance ne lui permet d'être qu'une artiste de second plan...

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  • Mai 68 au Festival de Cannes 2008 (suite)

    1199358963.jpgJe vous en parlais il y a quelques jours: Mai 68 sera à l'honneur de ce Festival de Cannes 2008. Nous en savons désormais un peu plus sur cette programmation. Voici le communiqué de presse du Festival à ce sujet avec les noms des films qui seront projetés à cette occasion:

    "Le 10 mai 1968 s’ouvre le 21e Festival de Cannes. Alors que la France manifeste et que les universités ferment, les étudiants envahissent le Festival dès le 13 mai et des meetings sont organisés contre la décision de Malraux de démettre Henri Langlois de son poste de directeur de la Cinémathèque. Le 18, juste avant la projection en compétition de Peppermint Frappé de Carlos Saura, des cinéastes de la Nouvelle Vague menés par François Truffaut et Jean-Luc Godard, s’accrochent au rideau de scène pour manifester leur solidarité avec les mouvements sociaux dans le pays. 
     Le Festival est déclaré clos le 19 mai à midi. Le Jury, présidé par André Chamson, ne pourra pas composer de palmarès.
    Quarante ans plus tard, Cannes revisite ce chapitre en projetant dans le cadre de Cannes Classics quelques-uns des films annulés cette année-là, dont Peppermint Frappé en présence de Carlos Saura qui ouvrira le cycle, suivi par 24 heures de la vie d'une femme de Dominique Delouche, The Long Day’s Dying de Peter Collinson, Je t’aime, je t’aime d’Alain Resnais, Anna Karenina d’Alexandre Zarkhi, ainsi que Treize jours en France de Claude Lelouch.

     

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  • Célébration des 40 ans de Mai 68 au Festival de Cannes 2008

    699510393.jpgLe Festival de Cannes 2008 célèbrera les quarante ans de mai 68, dans le cadre de la programmation Cannes Classics. Ainsi, plusieurs films non projetés pendant le festival 1968 le seront cette année. En effet,  l’édition de 68 avait été annulée dix jours après son ouverture et sans que le palmarès ait été proclamé  Un groupe de cinéastes parmi lesquels Jean-Luc Godard, François Truffaut et Louis Malle avaient dénoncé « l'indécence qu'il y a à festoyer sur la Côte d'Azur en ignorant égoïstement la crise sociale qui fait souffrir la France ».

    Sandra.M

    Ci-dessus, l'affiche du film d'Alain Resnais, "Je t'aime, je t'aime", qui figurera peut-être dans la sélection Cannes Classics 2008

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