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  • Dates du Festival de Cannes 2017 - 70ème Festival de Cannes

    En 2017, le Festival de Cannes célèbrera son 70ème anniversaire du 17 au 28 mai. En attendant de le suivre en direct, retrouvez mon compte rendu de l'édition 2016 en cliquant ici et mon roman au cœur du Festival de Cannes, "L'amor dans l'âme", en cliquant là.

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  • Mon avis sur La Californie (Sénequier), nouveau restaurant à Cannes et coup de coeur du blog

    Retrouvez également cet article en cliquant ici sur Inthemoodforhotelsdeluxe.com.

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    En 16 ans de Festivals de Cannes avec, à chaque fois,  15 jours de présence sur la Croisette, j’ai expérimenté à peu près toutes sortes de restaurants à Cannes (je consacrerai d’ailleurs prochainement un article complet à mes bonnes adresses cannoises, ici et sur mon blog cannois Inthemoodforcannes.com), du restaurant du Carlton aux plus petits restaurants, de dîners de chefs étoilés en déjeuners expéditifs comme tout festivalier qui se respecte, cherchant en général à manger rapidement et à proximité du palais des festivals. Il faut dire que si les restaurants sont nombreux à Cannes, nombreux sont aussi les « attrape-touristes ».  Après avoir tergiversé, j’ai finalement testé ce nouveau restaurant (ouvert juste avant le festival) le dernier soir du festival, regrettant ensuite de ne pas l’avoir fait plus tôt…

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    D’abord, avec ce restaurant, c’est un petit bout de Saint-Tropez qui vient à Cannes puisqu’il appartient à Sénequier. Vous retrouverez les célèbres tables triangulaires même si ce nouveau lieu est en vert et non en rouge comme le café / restaurant emblématique de Saint-Tropez. On y retrouve l’esprit brasserie chic qui a fait le succès de l’établissement tropézien.

    Breton d’origine, le chef de la Californie, Maurice Guillouet travaille depuis 15 ans pour la maison  ! ( après avoir exercé au Ritz et avec Joël Robuchon ).

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    Il faut dire que l’emplacement est idéal pour les festivaliers puisque ce nouveau restaurant  et cocktail bar se situe juste en face le palais des festivals. Les plats proposés sont simples mais particulièrement bien présentés et cuisinés, avec de bons produits.

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    A noter aussi et ce qui n’est pas toujours le cas à Cannes: l’accueil absolument remarquable et le service très prévenant (carrément une exception à Cannes, a fortiori en période de festivals, lorsque la concurrence essaie d’engranger un maximum de couverts et traite le client comme un numéro).

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    Vous pourrez notamment y déguster de la salade niçoise, du homard bleu à la plancha, de l’omelette bio aux truffes,  des crevettes sautées à la thaï  mais aussi de la meringue chantilly,  la célèbre Tropézienne ou un délicieux fondant au chocolat.

    Le restaurant vous propose également une excellente formule du midi à 21,50 euros.

    Vous pourrez aussi y tester un pantagruélique petit déjeuner.

    Alors, tentés ? En tout cas, moi, dès mon prochain séjour à Cannes, j’y cours ! J’y ai dégusté un excellent dîner en plus d’y avoir passé un beau moment.

    La brasserie La Californie est ouverte toute l’année de 7h à 00h30.

    La Californie
    1 Square Mérimée
    Cannes
    Tél. : +33 (0) 93 39 20 10

    lacalifornie.fr

  • Critique de PATERSON de Jim Jarmusch (compétition officielle Cannes 2016)

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    Paterson (Adam Driver) vit à Paterson, New Jersey, cette ville des poètes, de William Carlos Williams à Allan Ginsberg, une ville aujourd’hui en décrépitude. Chauffeur de bus d’une trentaine d’années, il mène une vie réglée aux côtés de Laura (Golshifteh Farahani), qui multiplie projets et expériences avec enthousiasme et de Marvin, l’inénarrable bouledogue anglais. Chaque jour, Paterson écrit des poèmes sur un carnet secret qui ne le quitte pas…

    Le film dont l’intrigue se déroule sur une semaine, est empreint de dualité et est construit en miroir avec une précision fascinante, une fausse simplicité, une douceur hypnotique, un rythme lancinant. Envoûtants. Sa lenteur, certes captivante, en rebutera peut-être plus d’un, pourtant pour peu que vous acceptiez ce rythme, la poésie contemplative du film vous happera progressivement pour vous plonger et vous bercer dans une atmosphère à la fois mélancolique et ouateuse.

    La dualité et la répétition sont partout. Dans le noir et blanc qui obsèdent la compagne de Paterson (un noir et blanc dont elle décore toute la maison, sur les rideaux, sur ses cupcakes, sur ses vêtements). Les jumeaux que le couple voit partout (en rêve pour l’une, dans son étrange réalité pour l’autre). Dans le patronyme « Paterson » qui est aussi celui de la ville où le protagoniste évolue et celle où a vécu le poète dont il s’inspire (William Carlos Williams). Sans oublier les journées répétitives : le réveil, le trajet à pied pour aller en travail, l’écriture d’ un poème dans son carnet secret toujours interrompue par l’arrivée de son patron déprimé, les conversations des passagers de son bus, le retour à la maison en redressant la boîte aux lettres que le chien fait chaque jour malicieusement tomber, les discussions avec sa femme, et la journée qui s’achève par la promenade du chien et la bière au café où une conversation ou un imprévu viennent aussi briser le rythme routinier. Un seul évènement viendra réellement bouleverser ce rythme répétitif tandis que le couple regarde un film de Jacques Tourneur au cinéma, punis d’avoir dérogés à ses habitudes quotidiennes.

    Décrit ainsi, le film pourrait paraître ennuyeux et banal. S’en dégage pourtant une beauté poétique qui sublime l’apparente simplicité de chaque instant, l’ennui routinier qui semble parfois peser sur Paterson (la ville, ville pauvre du New Jersey qui rappelle Détroit dans « Only  Lovers Left Alive » ) et sur Paterson, l’homme. Il regarde ainsi chaque soir les visages célèbres de la ville accrochés dans le bar où s’achèvent ses journées. Admiratif, il écoute une petite fille lui dire le poème qu’elle a écrit et qu’il admire. Il  écoute enfin un touriste Japonais lui vanter les poèmes de William Carlos Williams. Miroirs encore. Ceux de ses regrets, de ses échecs, de sa vie qui semble condamné à cette inlassable routine mais que sublime le plus beau des pouvoirs, celui de savoir jongler avec les mots.

    Jarmusch, avec une acuité remarquable, capte l’extraordinaire dans l’ordinaire, le singulier dans le quotidien. Les vers qui s’écrivent sur l’écran et la voix de Paterson qui les répète inlassablement est une musique qui s’ajoute à celle de Sqürl, le groupe de Jim Jarmusch, et qui nous charme insidieusement pour finalement nous faire quitter à regrets cet univers réconfortant, tendrement cocasse, et poétique.

    La tendre nonchalance du personnage interprété par Adam Driver, sa bienveillance envers l’attendrissante folie de sa femme (Golshifteh Farahani, toujours d’une justesse remarquable) sont pour beaucoup dans le l’enchantement irrésistible de ce poème terriblement séduisant.