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  • "Le Guépard", la fresque somptueuse de Luchino Visconti: palme d'or 1963

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    Cliquez ici pour accéder à mon article exclusif consacré au "Guépard" de Visconti( vidéos exclusives, critique du film, photos du film...) à l'occasion de sa sortie en version restaurée en DVD /Blu-ray le 1er décembre 2010.

    En 1860, en Sicile, tandis que Garibaldi et ses chemises rouges débarquent pour renverser la monarchie des Bourbons de Naples et l’ancien régime, le prince Don Fabrizio Salina (Burt Lancaster) ainsi que sa famille et son confesseur le Père Pirrone (Romolo Valli), quitte ses domaines pour son palais urbain de Donnafigata, tandis que son neveu Tancrède rejoint les troupes de Garibaldi. Tancrède s’éprend d’Angelica, (Claudia Cardinale), la fille du riche maire libéral  de Donnafugata : Don Calogero. Le Prince Salina s’arrange pour qu’ils puissent se marier. Après l’annexion de la Sicile au royaume d’Italie, Tancrède qui s’était engagé aux côtés des Garibaldiens les abandonne pour rejoindre l’armée régulière…

    Les premiers plans nous montrent une allée qui mène à une demeure, belle et triste à la fois. Les allées du pouvoir. Un pouvoir beau et triste, lui aussi. Triste car sur le déclin, celui de l’aristocratie que symbolise le Prince Salina. Beau car fascinant comme l’est le prince Salina et l’aristocratie digne qu’il représente. Ce plan fait écho à celui de la fin : le prince Salina avance seul, de dos, dans des ruelles sombres et menaçantes puis il s’y engouffre comme s’il entrait dans son propre tombeau. Ces deux plans pourraient résumer l’histoire, l’Histoire, celles d’un monde qui se meurt. Les plans suivants nous emmènent à l’intérieur du domaine, nous offrant une vision spectrale et non moins sublime de cette famille. Seuls des rideaux blancs dans lesquels le vent s’engouffre apportent une respiration, une clarté dans cet univers somptueusement sombre. Ce vent de nouveauté annonce l’arrivée de Tancrède, Tancrède qui apparaît dans le miroir dans lequel Salina se mire.  Son nouveau visage. Le nouveau visage du pouvoir. Le film est à peine commencé et déjà son image est vouée à disparaître. Déjà la fin est annoncée. Le renouveau aussi.

    Fidèle adaptation d’un roman écrit en 1957 par Tomasi di Lampedusa, Le Guépard témoigne d’une époque représentée par cette famille aristocrate pendant le Risorgimento, « Résurrection » qui désigne le mouvement nationaliste idéologique et politique qui aboutit à la formation de l’unité nationale entre 1859 et 1870. Le Guépard est avant tout l’histoire du déclin de l’aristocratie et de l’avènement de la bourgeoisie, sous le regard et la présence félins, impétueux, dominateurs du Guépard, le prince Salina. Face à lui, Tancrède est un être audacieux, vorace, cynique, l’image de cette nouvelle ère qui s’annonce.

    medium_guepard4.JPGLa scène du fastueux bal qui occupe un tiers du film est aussi la plus célèbre, la plus significative, la plus fascinante. Elle marque d'abord par sa magnificence et sa somptuosité :  somptuosité des décors, soin du détail du Maestro Visconti qui tourna cette scène en huit nuits parmi 300 figurants. Magnificence du couple formé par Tancrède et Angelica, impériale et rayonnante dans sa robe blanche. Rayonnement du couple qu’elle forme en dansant avec Salina, aussi.  La fin du monde de Salina est proche mais le temps de cette valse, dans ce décor somptueux, le temps se fige. Ils nous font penser à cette réplique de Salina à propos de la Sicile : "cette ombre venait de cette lumière". Tancrède regarde avec admiration, jalousie presque, ce couple qui représente pourtant la déchéance de l’aristocratie et l’avènement de la bourgeoisie. Un suicide de l'aristocratie même puisque c’est Salina qui scelle l’union de Tancrède et Angelica, la fille du maire libéral, un mariage d’amour mais aussi et avant tout de raison entre deux univers, entre l'aristocratie et la bourgeoisie. Ces deux mondes se rencontrent et s’épousent donc aussi le temps de la valse d’Angelica et Salina. Là, dans le tumulte des passions, un monde disparaît et un autre naît. Ce bal est donc aussi remarquable par ce qu’il symbolise : Tancrède, autrefois révolutionnaire, se rallie à la prudence des nouveaux bourgeois tandis que Salina, est dans une pièce à côté, face à sa solitude, songeur,  devant un tableau de Greuze, la Mort du juste, faisant « la cour à la mort » comme lui dira ensuite magnifiquement Tancrède.

    Angelica, Tancrède et Salina se retrouvent ensuite dans cette même pièce face à ce tableau morbide alors qu’à côté se fait entendre la musique joyeuse et presque insultante du bal. L’aristocratie vit ses derniers feux mais déjà la fête bat son plein. Devant les regards attristés et admiratifs de Tancrède et Angelica, Salina s’interroge sur sa propre mort. Cette scène est pour moi une des plus intenses de ce film qui en comptent pourtant tant qui pourraient rivaliser avec elle. Les regards lourds de signification qui s’échangent entre eux trois, la sueur qui perle sur les trois visages, ce mouchoir qu’ils s’échangent pour s’éponger en font une scène d’une profonde cruauté et sensualité où entre deux regards et deux silences, devant ce tableau terriblement prémonitoire de la mort d’un monde et d’un homme, illuminé par deux bougies que Salina a lui-même allumées comme s’il admirait, appelait, attendait sa propre mort, devant ces deux êtres resplendissants de jeunesse, de gaieté, de vigueur, devant Salina las mais toujours aussi majestueux, plus que jamais peut-être, rien n’est dit et tout est compris.

    medium_guepard3.JPG Les décors minutieusement reconstitués d’ une beauté visuelle sidérante, la sublime photo de Giuseppe Rotunno, font de ce Guépard une véritable fresque tragique, une composition sur la décomposition d’un monde, dont chaque plan se regarde comme un tableau, un film mythique à la réputation duquel ses voluptueux plans séquences (notamment la scène du dîner pendant laquelle résonne le rire interminable et strident d’Angelica comme une insulte à l’aristocratie décadente, au cour duquel se superposent des propos, parfois à peine audibles, faussement anodins, d’autres vulgaires, une scène autour de laquelle la caméra virevolte avec virtuosité, qui, comme celle du bal, symbolise la fin d’une époque), son admirable travail sur le son donc, son travail sur les couleurs (la séquence dans l’Eglise où les personnages sont auréolés d’une significative lumière grise et poussiéreuse ) ses personnages stendhaliens, ses seconds rôles judicieusement choisis (notamment Serge Reggiani en chasseur et organiste), le charisme de ses trois interprètes principaux, la noblesse féline de Burt Lancaster, la majesté du couple Delon-Cardinale, la volubilité, la gaieté et le cynisme de Tancrède formidablement interprété par Alain Delon, la grâce de Claudia Cardinale, la musique lyrique, mélancolique et ensorcelante de Nino Rota ont également contribué à faire de cette fresque romantique, engagée, moderne, un chef d’œuvre du septième Art. Le Guépard a ainsi obtenu la Palme d’or 1963… à l’unanimité.

     La lenteur envoûtante dont est empreinte le film métaphorise la déliquescence du monde qu’il dépeint. Certains assimileront à de l’ennui ce qui est au contraire une magistrale immersion  dont on peinera ensuite à émerger hypnotisés par l’âpreté lumineuse de la campagne sicilienne, par l’écho du pesant silence, par la beauté et la splendeur stupéfiantes de chaque plan. Par cette symphonie visuelle cruelle, nostalgique et sensuelle l’admirateur de Proust qu’était Visconti nous invite à l’introspection et à la recherche du temps perdu.

    La personnalité du Prince Salina devait beaucoup à celle de Visconti, lui aussi aristocrate, qui songea même à l’interpréter lui-même, lui que cette aristocratie révulsait et fascinait à la fois et qui, comme Salina, aurait pu dire : « Nous étions les Guépards, les lions, ceux qui les remplaceront seront les chacals, les hyènes, et tous, tant que nous sommes, guépards, lions, chacals ou brebis, nous continuerons à nous prendre pour le sel de la terre ».

    Que vous fassiez partie des guépards, lion, chacals ou brebis, ce film est un éblouissement inégalé par lequel je vous engage vivement à vous laisser hypnotiser...

    Sandra.M

    Catégories : CRITIQUES DE FILMS PRIMES A CANNES Lien permanent 4 commentaires Pin it! Imprimer
  • Toutes les informations concernant le logement et l'accréditation

    medium_photosordi_1585.2.JPGPour beaucoup, le palais des festivals de Cannes d’ailleurs surnommé blockhaus en raison de son architecture glaciale et imposante s’apparente à une forteresse inaccessible et l’ascension de ses célèbres marches s'apparente à un Everest inatteignable aux étrangers à un cénacle donc seuls quelques initiés semblent détenir les inestimables clefs. Je vais donc vous donner tous les éléments pour obtenir le précieux sésame ou pour accéder aux projections si vous en êtes dépourvus.

                                         Les accréditations professionnelles

    L’idéal est bien évidemment d’être accrédité professionnel. Pour cela, il vous faut effectuer votre demande le plus tôt possible (pour chaque catégorie, il existe un nombre limité d’accréditations), en général il est possible d’effectuer la demande à partir de début février.

    Les accréditations presse sont réservées aux journalistes, photographes et techniciens de médias qui doivent bien entendu fournir toutes les pièces justificatives scrupuleusement vérifiées par le service des accréditations. La date limite d’inscription pour cette accréditation est fixée au 31 Mars 2007.

    Les acheteurs, vendeurs, producteurs et institutionnels de l'industrie cinématographique, français et étrangers, également pièces justificatives à l’appui, peuvent être accrédités par le marché du film et peuvent s’inscrire jusqu’au 30 Avril 2007.

     medium_photosordi_1380.2.JPGEnfin vous pouvez également solliciter l’accréditation Festival destinée aux professionnels français et étrangers pour laquelle la date limite d’inscription est fixée au 21 Avril 2007. Concernant ce dernier type d’accréditation, elle peut être aussi bien attribuée à un éminent producteur ou réalisateur qu’à un étudiant en cinéma (à condition qu’il appartienne à une des quelques rares écoles de cinéma permettant d’être accrédité et/ou qu’il envoie un dossier argumenté  constitué de pièces justificatives, ce nombre d’accréditations existant en nombre très limité). Evidemment ces deux accréditations présentent quelques différences. La première permet de réserver ses places parfois plusieurs jours à l’avance. La seconde vous rend tributaire des places remises en circulation et non utilisées par les premiers, (qui sont pénalisés s’ils les réservent et ne les utilisent pas) vous ne savez donc pas plus d’une journée à l’avance quels films vous irez voir mais ce système à l’avantage (normalement, ce qui n’est pas toujours le cas) qu’aucune place ne reste inutilisé.

    medium_cannes4.2.JPGCes trois types d’accréditation Festival, Marché du Film, Presse vous permettent donc d’assister à la sélection officielle au Palais des festivals. Si le précieux sésame vous a été refusé, pas de panique, il vous reste encore quelques solutions...

                                                                             Cannes cinéphiles

    medium_cinephiles.JPGD’abord, il est possible qu’en guise de lot de consolation on vous propose un pass « Cannes Cinéphiles » attribué en masse aux Cannois, membres d’associations de cinéphiles, étudiants en cinéma, groupes divers, (et pas toujours cinéphiles comme le nom du badge ne l’indique pas) et refoulés des pass professionnels. Ne vous réjouissez pas trop vite. Tout d’abord ce pass ne permet pas d’entrer dans le palais des festivals, et vous risquez même de vous faire déchirer votre carte si vous enfreignez la règle. Vous ne pouvez donc (normalement) pas accéder  à la sélection officielle. Ce pass vous donne néanmoins accès aux sélections parallèles : Semaine de la Critique, Quinzaine des Réalisateurs dont la qualité des films projetés est bien souvent égal voire supérieur à celle du palais des festivals. Vous pouvez normalement aussi assister aux projections « Un Certain Regard » sachant que tous les badges professionnels passent avant vous (de même pour la Semaine de la Critique et la Quinzaine des Réalisateurs où l’affluence est néanmoins moins importante) et ne seront eux-mêmes pas certains de tous entrer. Autant vous le dire, il n’est pas rare qu’à certaines projections aucun détenteur du pass Cannes Cinéphiles ne puisse entrer. Si, malgré cela, vous souhaitez solliciter ce pass, vous le pouvez jusqu’au 9 Mars 2007.

    Liens: accréditations

    Pour les 4 types d’accréditations précédemment évoquées vous trouverez tous les renseignements nécessaires et les formulaires sur le lien suivant : http://www.festival-cannes.fr/pratique/accreditation/index.php?langue=6001

    Site de Cannes Cinéphiles: http://www.cannes-cinema.com/-Cannes-Cinephiles

    Site internet de la Semaine de la Critique: http://www.semainedelacritique.com

    Quinzaine des Réalisateurs: http://www.quinzaine-realisateurs.com/

    A noter: la Semaine de la Critique et la Quinzaine des Réalisateurs, beaucoup plus acessibles, délivrent aussi leurs propres accréditations donnant accès à leurs sélections, vous pouvez également acheter un ticket pour une séance.

                                                                                                      Les concours :

    1-Le prix de la jeunesse

    medium_prix.2.JPGLe premier d’entre eux est celui qui me permit d’aller à Cannes la première fois, en 2001, comme à 40 jeunes européens alors, 60 désormais. Il s’agit du prix de la jeunesse. : 60 jeunes de France et d’Europe sont ainsi invités par le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, au Festival, et sont donc accrédités professionnels pour toute la durée de leur séjour, à savoir une semaine. 7 d’entre eux sont sélectionnés pour être membres du « jury jeunes » du 16 au 27 mai 2007 pour décerner le Prix de la jeunesse. Tous les autres jeunes présélectionnés participent aux «  Rencontres professionnelles » dans la semaine du 20 au 27 mai : accès aux projections, initiation à l’image, critique de films, écriture de scénarios, reportages, parcours "à la rencontre des métiers du cinéma", incluant la réalisation de portraits / témoignages de professionnels présents à Cannes pendant le Festival (producteur, réalisateur, acteur, scénariste, scripte, cadreur, ingénieur du son, chef monteur, chef décorateur…).

    Conditions de participation :

     -être âgé de 18 à 25 ans (au 31 mars 2007).

    -Ne pas avoir été précédemment invité par le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative dans le cadre du Prix de la Jeunesse.

      -Adresser avant le 29 mars au  Centre Régional Information Jeunesse de votre région :

    -1 texte (de 2 à 4 pages) sous forme libre (critique, poésie, chanson, conte…) exprimant votre rapport au cinéma et aux films, à travers le thème : La lumière.

    - une lettre de motivation

    -Un CV détaillé

    -4 photos d’identité

    L’accréditation, l’hébergement, les repas, le transport (sur la base d’un aller-retour en 2ème classe, carte 12-25 ans) est pris en charge par le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative.

    Vous pourrez trouver de plus amples renseignements ici : http://www.prixdelajeunesse.com

    2-Lycéens à la Semaine de la Critique

    La Semaine Internationale de la Critique organise, en collaboration avec l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) et avec le soutien du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la vie associative et de l’Oroleis la (Toute) Jeune Critique, une opération autour de la critique de cinéma. Chaque année, la Semaine de la Critique invite des lycéens français à visionner sa Sélection sur la Croisette. Depuis 2005, les organisateurs ont souhaité associer l’OFAJ à cette opération et permettre à des lycéens allemands d’être invités. Comme de vrais critiques de cinéma, les lycéens français et allemands assistent ensemble quotidiennement aux projections des sept longs et sept courts métrages de la Sélection. Après avoir rencontré les équipes des films, ces apprentis journalistes écrivent leurs articles, dont les meilleurs sont publiés dans les médias partenaires (presse écrite, radio et Internet). A la fin de la Semaine, les lycéens français et allemands constituent un jury et délibèrent pour décerner le Prix de la (Toute) Jeune Critique au meilleur long métrage de la Sélection.
     
    Parallèlement, deux Prix sont remis par l’OFAJ aux auteurs de la meilleure critique en français et de la meilleure critique en allemand. Les lauréats sont invités au Festival International du Film de Berlin (Berlinale) en 2008. 32 participants seront sélectionnés par le biais d’un jeu-concours (16 jeunes Français et 16 jeunes allemands).
    La date limite d’envoi des candidatures est fixée au 8 avril 2007.

    Lien avec tous les renseignements sur les conditions de participation : http://www.semainedelacritique.com/sites/rubrique.php3?id_rubrique=7

    3-Concours Allo Ciné

    Cette année Allo Ciné a lancé un concours pour fêter ses 10 ans et les 60 ans du Festival. L’heureux lauréat pourra accompagner la rédaction au Festival pour toute sa durée du 16 au 27 Mai ! Pour cela, vous avez jusqu’au mois d’Avril pour réaliser un blog  sur Allociné le plus original, réussi, convaincant, personnel, un blog bien sûr entièrement consacré au Festival de Cannes et à ses 60 ans. Lien : http://allocine.blogs.allocine.fr/  

    Si vous n’êtes ni professionnel, ni cinéphile, ni lauréat d’un de ces concours comment faire me direz-vous (et si pour vous Cannes ne se limite pas à vous installer sur un escabeau dès 7 heures du matin pour espérer tenter d’apercevoir la robe d’une starlette à la montée des marches de 19H30, si, si, ça existe…) :

                                                                            Derniers recours:

    1-Chaque hôtel reçoit un certain nombre d’invitations du Syndicat des hôteliers, le plus souvent pour des projections en journée. Vérifiez bien que cette accréditation soit bleue, si elle est rose vous devrez l’échanger contre une bleue les roses étant réservées aux détenteurs de badges. Ne me demandez pas pourquoi, à Cannes s’établissent une hiérarchie et un règlement parfois iniques et aux frontières de l’absurde mais vous verrez : il est de bon ton de protester (le festivalier cannois est toujours mécontent, blasé, insatisfait) mais on s’y habitue vite. Donc si vous demandez gentiment à votre hôtel(ier) adoré, il n’est pas impossible qu’il vous donne des invitations. Plus la catégorie de l’hôtel est élevée, et a fortiori si l’hôtelier se transforme en concierge prêt à tout pour vous satisfaire, il est fort possible qu’il s’agisse aussi d’invitations pour les séances du soir.

    2-L’an passé le festival avait mis au point un système très judicieux appelé « accès dernière minute » situé derrière les marches permettant aux professionnels retardataires ou à ceux n’ayant pas eu d’invitations et même aux détenteurs du pass Cannes cinéphiles d’accéder aux séances officielles (même parfois à celles du soir, voire de l’ouverture et de la clôture m’a-t-on dit). Comme son nom l’indique, il vous faudra attendre jusqu’à la dernière minute pour savoir s’il reste des places libres et donc attendre parfois deux heures, en plein soleil et debout.

    3-Enfin, si vous ne correspondez à aucun cas de figure ci-dessus et si vous n’êtes pas non plus le fils  ou le neveu de Gilles Jacob, sachez  que devant le palais il arrive que certaines invitations soient distribuées par les retardataires qui n’ont pas le temps ou l’envie de les restituer au guichet du « last minute ticket ». Sachez enfin qu’en aucun  cas on ne doit vous vendre une place. C’est évidemment totalement interdit et risquerait de vous bloquer l’accès au palais pour le restant du Festival.

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    -N’oubliez pas que pour la séance du soir (19H30 et 22H30)  la tenue de soirée est de rigueur, relativement libre pour les femmes, en revanche pour les hommes le nœud papillon et le costume sont obligatoires. Le protocole est intransigeant avec cette formalité…et pensez aux chaussures, les baskets sont formellement prohibées et risqueraient de vous bloquer l’accès aux marches, même en possession du précieux sésame ET de l’invitation, qui que vous soyez!

    -Enfin, si vous n’êtes pas à Cannes, sachez que la plupart des films sortent désormais en salles en même temps, l’attente…et l’atmosphère, électrique, incomparable, survolté, révolté, mais magique aussi, malgré tout,  en moins. Le film des 60 ans sera également diffusé en simultané sur Canal plus qui diffuse également les soirées d’ouverture ou de clôture.

                                                                      Le logement pendant le festival, à Cannes :

    medium_cannes2.2.JPGQuant au logement, il s’agit, là aussi, d’un véritable parcours du combattant la plupart des hôtels et résidences étant réservés d’une année sur l’autre et donc TOUS d’ores et déjà complets...officiellement. Je ne peux que vous conseiller de vous armer de patience, de vous mettre sur liste d’attente, de rappeler régulièrement, les annulations des options posées sur les chambres ayant en général lieu les semaines et les jours précédant le festival. Vous pouvez également essayer dans les communes avoisinantes (Antibes, Mandelieu etc) néanmoins bien souvent également prises d’assaut (parfois jusqu’à Monaco, en sachant que le Grand Prix qui se déroule en général à la même période suscite également une très forte affluence ) et sachant également qu’aux heures des projections des films en compétition (à partir de 18H en général) Cannes devient totalement inaccessible, et la circulation, même des transports en commun fonctionne au ralenti en raison des nombreux embouteillages que cela provoque. Dans la plupart des hôtels, on vous obligera bien souvent à réserver pour la totalité du festival, parfois à régler la totalité du séjour avant votre arrivée (de même les prix en période de festival sont rarement affichés, sachant qu’ils doublent …au minimum), mais si vous venez plutôt vers la fin, vous pourrez certainement réserver seulement pour quelques jours, en réservant la semaine même.

    Vous trouverez toute la liste des hôtels et résidences et des éventuelles disponibilités ici :  http://www.cannes-hotel-reservation.fr/  .

    Bonne chance…et bon festival !

    Sandra.M

    Catégories : HÔTELS ET RESTAURANTS A CANNES, INFORMATIONS PRATIQUES Lien permanent 0 commentaire Pin it! Imprimer
  • Semaine de la critique: présentation

    Bien sûr la compétition de la Sélection Officielle projetée au Palais des Arts est celle qui reçoit le plus d’échos médiatiques mais en parallèle existent d’autres sélections parfois aussi, voire plus intéressantes. La  première d'entre elles a été  créée en 1962. Il s'agit de la Semaine de la Critique.

     Remarque: Contrairement aux autres articles de ce blog entièrement personnels, ce à quoi je tiens tout particulièrement, ce blog voulant adopter un ton singulier et ne surtout pas se contenter de faire un "copier coller",  exceptionnellement, afin de présenter au mieux et avec le plus de fidélité possible cette Semaine de la Critique je me suis permis de reprendre certaines expressions du site internet de la Semaine de la Critique, néanmoins les deux critiques qui suivent sont bien entendu entièrement personnelles.

    La Semaine Internationale de la Critique se consacre ainsi depuis ses débuts à la découverte des jeunes talents. Dès sa création par le Syndicat Français de la Critique de Cinéma en 1962, elle s’est fixée pour mission de mettre à l’honneur les premières et deuxièmes œuvres des cinéastes du monde entier. Bernardo Bertolucci, Ken Loach, Wong Kar Wai, Jacques Audiard, Gaspar Noé, Arnaud Desplechin ou encore François Ozon ont fait leurs débuts à la Semaine de la Critique. Un rôle de tête chercheuse qui lui a permis, ces dernières années, de faire découvrir et de primer Amores Perros du Mexicain Gonzalez Iñarritu (qui a depuis réalisé 21 grammes), Respiro d’Emanuele Crialese, Depuis qu’Otar est parti de Julie Bertuccelli , Brodeuses d’Eléonore Faucher et Les Amitiés maléfiques d’Emmanuel Bourdieu. Depuis 3 ans, la Semaine de la Critique est en haut de l’affiche de Cannes pour avoir remporté 3 Caméras d’Or consécutives (meilleur premier film à Cannes toutes sections confondues) : Reconstruction de Cristoffer Boe (2003), Or (Mon trésor) de Keren Yedaya (2004) et Moi, toi et tous les autres de Miranda July(2005).
    La Semaine de la Critique propose une programmation très sélective de 7 longs et 7 courts métrages. Elle accueille également des films hors compétition qui témoignent de démarches et de regards originaux et réserve une place toute particulière aux courts et moyens métrages. Ouverte au grand public pour lequel elle multiplie les projections et les rencontres avec les réalisateurs, la Semaine développe aussi un travail sur le jeune public à travers la (Toute) Jeune Critique, une opération réunissant à Cannes une cinquantaine de lycéens français et allemands autour de la critique de cinéma dont je vous reparlerai prochainement à l’occasion d’un article consacré aux divers moyens de venir accrédité au festival.

    Cette année la Semaine de la Critique se déroulera du 17 au 25 Mai 2007.

                      CRITIQUES DE FILMS PRESENTES A LA SEMAINE DE LA CRITIQUE

    Je vous propose les critiques de deux films projetés et remarqués lors de l'édition 2005 de la Semaine de la Critique : tout d'abord La petite Jérusalem de Karin Albou. Ce film y a été présenté en 2005 et a reçu le prix SACD du scénario, ensuite Moi, toi et tous les autres de Miranda July qui a obtenu la caméra d’or et le grand prix de la Semaine de la Critique 2005.

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    La petite Jérusalem est un quartier de Sarcelles, en banlieue parisienne où de nombreux juifs ont émigré. Laura (Fanny Valette), 18 ans, est tiraillée entre  son éducation religieuse  et ses études de philosophie qui la passionnent et lui offrent une autre vision du monde. Alors que sa sœur Mathilde (Elsa Zylberstein) tente de redonner vie à son couple, Laura succombe à ses premières émotions amoureuses. Karin Albou « esquive », avec la même subtilité que le film éponyme, ce qui aurait pu être une caricature sur la banlieue, nous livrant un film au discours et aux questionnements identitaires et philosophiques universels. Le titre renvoie autant à la judéité qu’à la féminité, au fond les deux sources d’atermoiement du personnage principal. Est-on libre en enfreignant la loi ou en la respectant ? Loi du désir ou loi religieuse ? Loi philosophique ou Torah ?  Laura oscille entre l’un et l’autre, entre ses désirs et la raison, sa liberté et la loi, le choix de sa propre loi ou l’obéissance à la loi -religieuse- pour finalement trouver le chemin de sa propre liberté. Je vous laisse découvrir l’itinéraire tortueux et passionnant, passionné aussi, qu’elle aura emprunté pour y parvenir.  Karin Albou nous fait cheminer dans sa conscience fiévreuse, sans jamais juger, nous laissant parfois choisir, douter avec elle, nous renvoyant habilement et constamment à nos propres questionnements. Un film sur le doute amoureux, philosophique, religieux qui n’en laisse planer aucun quant au talent de sa réalisatrice et de son interprète principale. Les dialogues sont aussi bien écrits que les silences, admirablement filmés, plongés dans une obscurité métaphorique. Un film intense sur la liberté. Libre. Mon coup de cœur du festival…du film américain, aussi français soit-il. 

     medium_moi.JPGAvec Moi, toi et tous les autres , son premier long-métrage, c’est  un tout autre univers que nous invite à découvrir l’actrice, scénariste, réalisatrice, Miranda July, et déjà tout simplement à « un univers » qui la caractérise d’emblée, qui ne ressemble à aucun autre.  Elle y interprète (filme et scénarise aussi donc) Christine Jesperson, une jeune artiste touchante et spontanée, qui mélange dans son quotidien, art et réalité. Richard Swersey, vendeur de chaussures, père de deux garçons et tout juste redevenu célibataire, est prêt à tenter de nouvelles expériences. Mais quand Christine entre sur la  pointe des pieds dans sa vie, il panique… Dès les premières images, nous sommes envoûtés par ce monde qu’elle retrace, qui est le nôtre et pas tout à fait, plutôt le nôtre vu par le prisme de son singulier regard. La difficulté de communiquer est là encore au centre de l’histoire. Les moyens de communiquer n’ont jamais été aussi rapides et nombreux et pourtant la communication s’avère plus difficile que jamais avec ces « tous les autres » plus proches et plus lointains qu’ils ne l’ont jamais été, le paradoxe d’une mondialisation qui enferme plus qu’elle n’ouvre au monde et aux autres. A une célérité déconcertante tout peut alors basculer dans l’interdit ou la poésie, et Miranda July n’oublie ni l’un, ni l’autre. L’art contemporain auquel s’est adonnée la réalisatrice et que pratique son personnage principal imprègne également fortement le film et lui procure cet aspect iconoclaste, celui d’une œuvre lunaire et riche, à la fois poétique et réaliste, en tout cas attrayante du début à la fin, nous hypnotisant comme un œuvre d’art moderne, aux contours et au signifié flous dont on ne demande qu’à percer le délicieux mystère… Entre l’art et la réalité, pourquoi faudrait-il choisir ? Pourquoi ne pas faire de sa vie un art ? Le plus beau des défis, certainement. J’attends avec impatience son deuxième film, le prochain voyage dans son univers esquissé, si  intelligemment dépeint.

    Sandra.M    

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  • "Chacun fait son cinéma": les films des 60 ans du Festival!

    medium_ans.3.JPGAvec ce soixantième anniversaire les organisateurs, selon les propres termes de Gilles Jacob, aspirent à donner un « nouvel élan » au festival. Pour cela ils veulent notamment rassembler ceux qui ont fait du Festival de Cannes ce qu’il est aujourd’hui, à savoir l’évènement cinématographique le plus important au monde, et l’évènement le plus médiatisé (avec les Jeux Olympiques) et ceux pour qui Cannes a contribué en partie à ce qu’ils soient ce qu’ils sont aujourd’hui, des cinéastes parfois hier inconnus que leur passage sur la Croisette a mis sous les feux de la rampe et qui sont pour toujours sortis de l’ombre. D’où l’idée du film à sketchs pour réunir tous ces talents aussi variés que leur provenance, des 5 continents et de 25 pays différents dont voici la liste impressionnante :  Theo Angelopoulos, Olivier Assayas, Bille August, Jane Campion, Youssef Chahine, Chen Kaige, Michael Cimino, Ethan & Joel Coen, David Cronenberg, Jean-Pierre & Luc Dardenne, Manoel De Oliveira, Raymond Depardon, Atom Egoyan, Amos Gitai, Hou Hsiao Hsien, Alejandro Gonzalez Iñarritu, Aki Kaurismaki, Abbas Kiarostami, Takeshi Kitano, Andrei Konchalovsky, Claude Lelouch, Ken Loach, Nanni Moretti, Roman Polanski, Raoul Ruiz, Walter Salles, Elia Suleiman, Tsai Ming Liang, Gus Van Sant, Lars Von Trier, Wim Wenders, Wong Kar Wai, Zhang Yimou.

     L’idée est donc celle d’une promenade autour d’un thème unique  et que soit alloué un même budget modeste à tous ces éminents cinéastes. Ils livreront en 3 minutes leur "actuel état d’esprit inspiré par la salle de cinéma".

    Selon Gilles Jacob, aucun réalisateur n’a eu connaissance des synopsis de ses confrères et ils les découvriront normalement le 20 Mai, jour de la projection à Cannes et de sa diffusion en simultané sur Canal plus. Le titre est déjà connu, il s’agit de « Chacun son cinéma ». Cela promet d’être un voyage inventif et inattendu dont je ne manquerai pas de vous faire le récit.

    Le dernier film à sketchs présenté à Cannes avait  créé l’évènement. Il s’agissait de Paris, je t’aime, film d’ouverture de la Sélection Un Certain Regard l’an passé. Voir le récit ici. Cela nous laisse entrevoir le caractère évènementiel de ce film anniversaire de ce sémillant sexagénaire !

    Sandra.M

    Catégories : EVENEMENTS DES 60 ANS DU FESTIVAL Lien permanent 0 commentaire Pin it! Imprimer