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cannes 2014

  • L'affiche de la Quinzaine des Réalisateurs 2014

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    L'affiche de la Quinzaine des Réalisateurs vient d’être dévoilée, une affiche décalée et intrigante qui invite à plonger la tête la première dans le cinéma. L’affiche est signée par Michel Welkinger et la photographie, Cécile Burban (comme l’an passé).

     

    "Il y a deux manières extrêmement opposées de voir cette affiche. Soit nous voyons un spectateur qui s'échappe, prend la tangente en pénétrant dans l'écran ... L'échappée belle. Soit cet homme se faufile dans le monde sombre tel qu'il est représenté dans un certain cinéma de l'année 2014, un cinéma qui pourrait en effet être estampillé série noire... si le mot n'était pas déjà breveté" pour Edouard Waintrop, le délégué de la Quinzaine des Réalisateurs. "Comme le suggère cette affiche, les films que nous vous présenterons vous feront entrer dans la dimension du cinéma qui continue d'être du moins nous l'espérons, plus grand que la vie", a-t-il poursuivi.

     

    L’an passé la Quinzaine avait couronné « Les Garçons et Guillaume, à table ! » de Guillaume Gallienne dont je vous propose la critique à cette occasion.

    Critique de "Les Garçons et Guillaume, à table!" de Guillaume Gallienne

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    Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Guillaume Gallienne, vous pourrez difficilement l’oublier après avoir vu « Les Garçons et Gauillaume, à table ! ».

     

    « Jet set », « Fanfan la tulipe », « Narco », « Fauteuils d’orchestre »,  « Le concert », « Ensemble, nous allons vivre une très très grande histoire d’amour », « Sagan »,  « Marie-Antoinette » , tels sont quelques-uns des films dans lesquels ce Sociétaire de la Comédie Française a joués jusqu’à présent mais rien de comparable avec « Les garçons et guillaume, à table ! », adaptation du spectacle éponyme de Guillaume Gallienne qui en est le chef d’orchestre…et l’orchestre puisqu’il en signe le scénario, la mise en scène…et deux des rôles principaux (dans son spectacle, il incarnait tous les rôles). Pour son premier film, il ne s’est donc pas facilité la tâche.

     Guillaume Gallienne a déjà reçu de multiples récompenses pour ce film, notamment à la Quinzaine des réalisateurs, où je l’ai vu la première fois, et où il a été acclamé, puis au Festival du Cinéma Américain de Deauville où il a reçu le prix Michel d’Ornano, où je l’ai vu, et avec au moins autant de plaisir, une deuxième fois…et où il a été à nouveau ovationné (cf ma vidéo ci-dessus). Il a également reçu le prix du public au Festival du Film francophone d’Angoulême.

     Ne vous arrêtez donc pas à ce titre de série B qui ne vous semblera plus du tout l’être une fois que vous aurez vu le film, le titre se justifiant alors parfaitement. C’est ainsi que sa mère les appelait, son frère et lui, pour qu’ils viennent dîner : « Les Garçons ET Guillaume, à table ! ». A part déjà. Tout un programme. Très efféminé, il a toujours été considéré par tout le monde comme la fille que sa mère n’a jamais eue, enfin surtout par lui-même, fasciné par cette mère à qui il aurait tant aimé ressembler. Un amour fusionnel (le fond rejoignant alors la forme puisqu’il interprète son rôle) dont il va peu à peu dénouer les fils pour apprendre à savoir qui il est et aime vraiment...   

     Cela débute dans la loge d’un théâtre, celle de Guillaume Gallienne qui se (dé)maquille, enlève son masque de clown (triste ?) avant d’entrer en scène. A nu. La salle retient son souffle. Nous aussi. Dès le début, il happe notre attention et emporte notre empathie, par son autodérision, son écriture précise, cinglante, cruelle et tendre à la fois, ne ressemblant à aucune autre. Puis sa voix, posée et précise comme s’il lisait une partition, nous emporte dans son tourbillon de folie, de dérision, de lucidité tendre et caustique : « Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : "Les garçons et Guillaume, à table !" et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant: "Je t’embrasse ma chérie"; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus. »

     Et s’il ne s’est pas facilité la tâche, c’est parce que non seulement il interprète le rôle de sa mère, aimante (trop ou mal peut-être), sachant rester élégante tout en étant vulgaire, masquant sa tendresse derrière un air revêche et des paroles (fra)cassantes, mais parce qu’il joue aussi son propre rôle… à tous les âges ! Avec un talent tel qu’on oublie d’ailleurs rapidement et totalement qu’il n’a pas l’âge du personnage. La magie du cinéma. Et le talent d’un grand acteur, à tel point qu’il en devient follement séduisant malgré son allure parfois improbable.

     Gallienne multiplie les mises en abyme  et effets narratifs suscitant ainsi un comique de situation en plus de celui du langage qu’il manie avec une dextérité déconcertante et admirable, et qu’il aime visiblement d’un amour immodéré, comme sa mère, à la folie même, avec pour résultat un rythme effréné, un film sans temps mort, d’une drôlerie ravageuse au moins autant que la tendresse et l’émotion qui nous cueillent aux moments parfois les plus inattendus, à l’image d’un autre clown, à la canne et au chapeau melon, qui savait nous bouleverser autant que nous faire rire.

     Dommage que deux scènes cèdent à la facilité, notamment une avec Diane Krüger,  alors que, auparavant, jamais le film n’essayait d’être consensuel ou de répondre aux codes de la comédie. L’interprétation réjouissante nous les fait néanmoins regarder avec indulgence tant la performance de Gallienne est exceptionnelle, y compris dans cette scène et du début à la fin, avec des scènes d’anthologie, sans parler de rôles secondaires tout aussi réjouissants notamment celui incarné par Françoise Fabian, la grand-mère fantasque et doucement folle.

     

    Ce film est aussi et avant tout une déclaration d’amour fou  à sa mère (quel personnage !) et aux femmes dont il aime et scrute jusqu’à la respiration, mais aussi aux mots, avec lesquels il jongle admirablement, et au théâtre, qui libère, et même au cinéma avec les codes duquel il s’amuse ici. Même s’il lorgne parfois du côté d’Almodovar, Woody Allen ou de Wilder (avec une réplique finale comme un écho à son « nobody’s perfect »), ce film peut difficilement être plus personnel tout en étant universel et il faut sans aucun doute une tonne de talent et de sensibilité pour transformer son mal être en film burlesque, en ce rafraichissant plaidoyer pour la différence (qui n’est jamais militant), en film aussi atypique, inclassable que celui qui en est l’auteur et l’acteur. Un grand auteur et un très grand acteur. Et une comédie tendre et caustique à voir absolument.

     

  • Jane Campion Présidente du jury du 67ème Festival de Cannes

     

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    Jane Campion recevant le Carrosse d'or l'an passé (photo Inthemoodforcannes.com)

     
     
    L'an passé, la réalisatrice, productrice et scénariste néo-zélandaise Jane Campion  présidait le jury des courts métrages de la Cinéfondation. Elle aura cette année l'honneur d'être présidente, cette fois du jury du Festival de Cannes dont la 67ème édition aura lieu du 14 au 25 mai 2014 et que vous pourrez bien entendu suivre en direct comme chaque année sur mes différents sites http://inthemoodforcannes.com, http://inthemoodforfilmfestivals.com, http://inthemoodlemag.com et http://inthemoodforcinema.com  .
     
    Seule femme réalisatrice à avoir obtenu la palme d'or (en 1993 pour sa sublime "Leçon de piano") après avoir obtenu la palme d'or du court métrage pour "Peel" en 1986, elle succèdera ainsi à Steven Spielberg.
     

     

    J'en profite pour vous recommander de re(voir), bien sûr "La Leçon de piano" mais aussi "Bright star", récit de l'amour contrarié du jeune poète anglais John Keats et  de sa voisine Fanny Brawne. Ce film présenté à Cannes en 2009 est aussi lié pour moi à un souvenir particulier puisque j'avais alors gagné le concours du meilleur blog sur Cannes l'année précédente  (organisé par L'Oréal, partenaire officiel du festival) qui m'avait permis de vivre trois jours et cette projection en particulier dans des conditions exceptionnelles.

     
     
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    « Je suis venue à Cannes pour la première fois en 1986 », déclare-t-elle, « et depuis, mon admiration pour la reine des manifestations de cinéma n’a fait que grandir. Le glamour et le professionnel s’y marient de façon unique. C’est le pays des stars, des fêtes, des plages et du business mais on ne perd jamais de vue ce qu’est le festival : une célébration du cinéma comme Art et une célébration du cinéma du monde entier. »

    Pour Gilles Jacob (je vous recommande au passage la lecture de sa "Vie passera comme un rêve" dans lequel vous pourrez ainsi croiser le chemin de la présidente du jury de cette édition 2014) : « Il était une fois une jeune réalisatrice inconnue venue des antipodes qui aurait été fière que le Festival de Cannes présentât un des trois courts-métrages qu’elle venait d’achever. Ils affirmaient déjà une telle vaillance, une telle humanité, un tel univers que se refusant de choisir, le Festival montra les trois d’un coup – car c’en était un. Jane Campion était née. Et un style avec elle. Ensuite ce furent Sweetie, La Leçon de piano ou récemment Bright Star, ce merveilleux film où la poésie circule comme jamais. Etonnez-vous après tant d’émotions que je l’appelle ma Lady Jane. »

     « C’est la passion qui rend Cannes incontestable, poursuit Jane Campion. C’est un lieu mythique et surprenant où des acteurs se révèlent, des films trouvent leurs producteurs et des carrières démarrent. Je le sais : ça m’est arrivé ! »

    Pour Thierry Frémaux : « C’est une grande fierté que Jane Campion ait accepté. Après Michèle Morgan, Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Isabelle Adjani, Liv Ullmann et Isabelle Huppert en 2009, elle complète la liste prestigieuse des Présidentes de Jury. Originaire d’un pays et d’un continent où le cinéma est rare et puissant, elle fait partie de ces cinéastes qui incarnent à la perfection l’idée qu’on peut faire du cinéma en artiste et séduire un public planétaire. Et nous savons que son exigence personnelle sera aussi celle de son jury. »

    « C’est un grand honneur pour moi que d’avoir été choisie pour être la Présidente du Jury, conclut Jane Campion. Et, pour dire la vérité : je suis très impatiente ! »
     
    Biographie de Jane Campion (source: site officiel du Festival de Cannes):

    Issue d’une famille d’artistes, Jane Campion étudie l’anthropologie puis la peinture, avant de se tourner vers le cinéma où elle effectue des débuts fulgurants : remarquée pour ses courts-métrages, couronnée par une Palme d’or, elle captive la critique internationale avec Sweetie (1989), son premier long métrage, sélectionné en compétition au Festival de Cannes. Après Un ange à ma table (1990), inspiré de l’œuvre de Janet Frame, où elle esquisse déjà un portrait de femme hors du commun à la douloureuse conquête de son identité, elle est de retour en compétition à Cannes en 1993 avec La Leçon de piano qui remporte la Palme d’or et un prix d’interprétation pour Holly Hunter (qu’accompagnait l’inoubliable Harvey Keitel). Quelques mois plus tard, Jane Campion, nommée pour l’Oscar du meilleur réalisateur, reçoit celui du meilleur scénario.
    Par la suite, son œuvre, traversée de personnages de femmes aussi intenses qu’entravés dans leur épanouissement, se décline en de multiples variations : Portrait of a Lady en 1996 avec Nicole Kidman, Holy Smoke en 1999 avec Kate Winslet, In the Cut (2003) avec Meg Ryan.
    Son dernier film pour le cinéma, Bright Star, vision originale et biographie romancée du poète Keats et de sa muse est présenté en Compétition à Cannes, en 2009.
    Jane Campion vient de tourner une série pour la télévision, Top of the Lake, saluée par un remarquable succès public et critique. Elle y développe ses thèmes de prédilection, dépeignant la splendeur de la nature, le jaillissement des passions romantiques et la révolte de femmes contre des sociétés dominées par la violence et le machisme.
     Elle y résume l’œuvre d’une cinéaste majeure et d’une infatigable pionnière.