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Le jury de la Cinéfondation et des courts-métrages du 65ème Festival de Cannes

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Photo inthemoodforcannes (Festival de Cannes 2009, leçon de cinéma à Cannes)

Voici le communiqué de presse du Festival de Cannes concernant la composition du jury de la Cinéfondation et des courts-métrages présidé par Jean-Pierre Dardenne. Pour l'occasion, retrouvez la critique du "Gamin au vélo", en compétition du 64ème Festival de Cannes, ci-dessous.

Le Festival de Cannes accueillera le 23 mai son Jury de la Cinéfondation et des courts métrages qui sera présidé cette année par Jean-Pierre DARDENNE (réalisateur, scénariste et producteur belge) récompensé, avec son frère Luc, en 2011, par le Grand Prix pour le Gamin au vélo, après deux Palmes d’or en 1999 pour Rosetta et 2005 pour l’Enfant et le Prix du scénario en 2008 pour le Silence de Lorna.
Le jury, composé de cinq personnalités du cinéma et de la littérature, réunira Arsinée KHANJIAN (actrice canadienne), Karim AÏNOUZ (réalisateur et scénariste brésilien), Emmanuel CARRÈRE (écrivain, scénariste et réalisateur français) et YU Lik-wai (directeur de la photographie et réalisateur chinois).

 Ils devront choisir parmi les films d'écoles de cinéma de la Sélection Cinéfondation, les trois premiers Prix, dotés de 15 000€, 11 250€ et 7 500€.
Le Jury décernera ces prix vendredi 25 mai à Cannes, lors d’une cérémonie salle Buñuel, suivie de la projection des films primés.
Le jury devra également désigner la Palme d’or du court métrage, remise lors de la cérémonie de Clôture du Festival, dimanche 27 mai.
La compétition des courts métrages, composée d’œuvres inédites, a révélé dans le passé des artistes de renom : Jane CAMPION ou Nuri Bilge CEYLAN, Xavier GIANNOLI ou encore Lynne RAMSAY et Catalin MITULESCU ont tous été remarqués à leurs débuts par un court métrage en compétition à Cannes.
Pour sa part, la Sélection de la Cinéfondation, créée en 1998, a présenté les films d’école de nombreux réalisateurs dont le talent fut confirmé par la suite avec un long-métrage comme Vimukthi JAYASUNDARA (Caméra d’or 2005), Corneliu PORUMBOIU (Caméra d’or 2006), Kornél MUNDRUCZÓ (Compétition 2008 & 2010) ou Jessica HAUSNER (Un Certain Regard 2001 & 2004).

Critique- "Le Gamin au vélo"

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Synopsis : Cyril, bientôt 12 ans, n'a qu'une idée en tête : retrouver son père qui l'a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et qui accepte de l'accueillir chez elle pendant les week-ends. Mais Cyril ne voit pas encore l'amour que Samantha lui porte, cet amour dont il a pourtant besoin pour apaiser sa colère ...

Dès les premières minutes, ce qui frappe chez les Dardenne, c’est « la vitalité » (pour reprendre un terme de François Truffaut à propos d’un autre cinéaste que je cite souvent ici), c’est aussi la force de l’interprétation. Comme toujours, ce sont des êtres blessés par la vie dont les souffrances se heurtent et s’aimantent. Comme toujours, c’est un cinéma à la fois de l’intime et de l’universel dans lequel tout peut basculer en une précieuse et douloureuse seconde, cette seconde ou Cyril s’accroche à Samantha comme il s’accrochait à ce téléphone, cette seconde aussi où il fera une mauvaise rencontre. Comme toujours, la direction d’acteurs est époustouflante. Comme souvent, les Dardenne s’attache au thème de l’enfance et des relations parents-enfants, comme (« Le Fils », « La Promesse », « L’enfant »). Comme toujours, ils ne jugent pas mais considèrent leur personnage avec empathie et clairvoyance.

Comme toujours ou presque. Presque comme toujours parce que pour une fois ils ont dérogé à leurs règle d’acteurs non professionnels en attribuant un des rôles principaux à Cécile de France face à l’acteur non professionnel, le jeune Thomas Doret, remarquable avec son air frondeur, buté, presque renfrogné, ses gestes vifs (également à signaler la présence d’Olivier Gourmet et de Jérémie Rénier). Presque parce qu’on retrouve la noirceur humaine qui caractérise leur cinéma avec un père effroyablement indifférent ou un ado qui exploite le jeune garçon. De la noirceur mais moins d’ âpreté, d’abord par la bienveillance du personnage incarné par Cécile de France (dont on ne connaîtra jamais vraiment les motivations qui n’obéissent d’ailleurs à aucun calcul sans doute à une tendresse spontanée même s’il n’est pas anodin qu’il la rencontre dans un cabinet médical et on peut imaginer que la raison pour laquelle elle s’y trouvait n’est pas étrangère à son affection pour cet enfant) qui illumine la route du jeune garçon mais aussi par une photographie plus lumineuse (l’action se déroule en plein été) que celle des précédents films des Dardenne. Presque comme toujours parce que cette fois les Dardenne ont recouru à la musique, certes pas n’importe laquelle, des extraits du concerto n°5 de Beethoven qui apportent une force, une puissance, une émotion indéniable et qui n’enlève rien à la pudeur caractéristique du cinéma des Dardenne, règle à laquelle ce film ne déroge par ailleurs pas.

Et pourtant, ce film me semble en-dessous de leurs précédents pendant lesquels mon souffle restait suspendu, où, chaque seconde, tout semblait pouvoir basculer. Différent aussi parce que plus elliptique et concentré avant tout sur ce « gamin au vélo », au centre de l’action et l’attention. Ce film n’en résonne pas moins comme un cri de colère. Un film lumineux, enragé, énergique, puissant, tendre et lucide qui a la force et la beauté sombre d’un concerto de Beethoven. D’un téléphone qui amène au néant à une route qui mène, peut-être, à la lumière, les Dardenne nous auront encore une fois brillamment embarqués avec leurs personnages avec ce qui est sans aucun doute leur film le plus « grand public ».

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