23.05.2008

La leçon de cinéma de Quentin Tarantino au 61ème Festival de Cannes

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 Hier a eu lieu ce qui constitue toujours un des temps forts du Festival de Cannes à savoir « Le leçon du cinéma » créée en 1991 et dont le principe est de faire intervenir un cinéaste de renommée internationale. Après Martin Scorsese l’an passé, c’est cette année Quentin Tarantino qui a fait un flash-back passionné et passionnant sur son parcours de cinéphile et de cinéaste devant un nombre impressionnant de caméras et devant un auditoire conquis d'avance , certains spectateurs ayant même attendu 4H30 à l'extérieur, sous la chaleur, pour pouvoir entrer et assister à cette leçon de cinéma unique ! Après la présentation du non moins exalté et passionné Thierry Frémaux (voir vidéo ci-dessous), la leçon de cinéma a débuté sans préambule, Quentin Tarantino étant venu à Cannes spécialement pour la leçon de cinéma. C'est, comme l'an passé, Michel Ciment qui a interviewé Quentin Tarantino avec un professionnalisme sans failles.

1294731847.jpgQuentin Tarantino a commencé par évoquer ses influences: Brian De Palma, Martin Scorsese, Sergio Leone ainsi que le cinéma d'horreur. Il a précisé avoir arrêté ses études au lycée puis avoir étudié pour être acteur, selon lui la meilleure manière d'apprendre l'écriture, davantage qu'en suivant des cours de réalisation. Il a d'ailleurs précisé utilisé beaucoup de " trucs d'acteurs" lorsqu'il écrit ses scénarii. Il a ensuite ajouté que la meilleure école de cinéma consistait à faire son film soi-même, ce qu'il a fait. Ainsi lorsqu'il a fait l'atelier de réalisateurs à Sundance, "Reservoir dogs" était déjà en préparation.

La première séquence, magistrale de maîtrise, du film qui renouvèle le genre du polar "Reservoir dogs" avec ses plans circulaires, vertigineux, enveloppant les acteurs et les spectateurs, a ensuite été projetée. Un extrait et un film d'ailleurs de nouveau fortement inspiré de De Palma. Tandis que l'extrait défile sur l'écran, Quentin Tarantino, de dos au public, face à l'écran et ces images gigantesques (alors dans tous les sens du terme) qu'il a créés, esquisse un sourire en réaction aux rires du public, illustrant magnifiquement cette complicité que crée le cinéma et qu'évoquait Manuel de Oliveira lors de son hommage il y a quelques jours.

Il a ensuite évoqué son amour du langage, certes très différent par exemple de celui de Mankiewicz, d'autant plus que cet amour du langage va de paire avec l'amour de l'action. Un deuxième extrait de Reservoir Dogs  mettant en scène Harvey Keitel est ensuite projeté, un extrait qui exprime toute la douleur, la violence, et en même temps la tendresse du cinéma si singulier de Tarantino. Quentin Tarantino avoue même pour cet extrait avoir emprunté une réplique de Sean Penn dans un film de Brian de Palma.

C'est ensuite un extrait de "Pulp fiction" (palme d'or 1994) qui a été projeté, un plan séquence avec la profondeur de champ qui caractérise aussi le cinéma du cinéaste, qui allie de nouveau humour et tension, à la fois empreint de drôlerie et de tension latente qui explosera...ou pas. Quentin Tarantino fait alors de nouveau référence à Sergio Leone qui maniait si bien scènes "théâtrales et dramatiques".

Il a ensuite évoqué son départ pour l'Europe après "Reservoir dogs", il voulait "savoir ce que c'était que de vivre en Europe".

Interrogé par Michel Ciment sur l'importance de la musique dans son cinéma mais aussi sur l'utilisation constante de musiques préexistantes, Quentin Tarantino a répondu qu'il aimerait savoir faire comme Clint Eastwood à savoir composer ses propres musiques, ce que ce dernier a fair pour "L'échange" présenté en compétition officielle à Cannes, et qu'il ne faisait pas confiance aux compositeurs. Il a ensuite évoqué ce que pour lui représentaient les musiques de films lorsque les vidéos n'existaient pas: une manière de se remémorer des scènes de films, de les imaginer en achetant et écoutant la musique qui les portait.

Il est ensuite revenu sur la définition de son cinéma dans lequel "même les scènes dramatiques tendent vers la comédie", "créant" ainsi "une nouvelle sorte de comédie". Il a ensuite évoqué le rire suscité par l'excitation de choses qui ne sont normalement pas drôles qui unissent alors les spectateurs.

Il a enfin distingué ses films en deux catégories: ses films plus classiques et ses "films filmiques" que regarderaient les personnages de ses films comme "Kill bill" par exemple.

Et puis...et puis j'aurais aimé continuer à suivre cette leçon de cinéma d'un des maîtres du cinéma mais à Cannes dans la réalité comme sur les écrans, une actualité en chasse une autre et je devais filer, coupable, pour un autre rendez-vous, encore porté par l'enthousiasme débordant, la passion communicative de Quentin Tarantino.

Je précise que les vidéos de cette leçon ont été prises avec un appareil photo rudimentaire d'où leur mauvaise qualité. Pour ceux qui voudraient suivre cette leçon de cinéma dans son intégralité vous pouvez la retrouver ici sur TV Festival de Cannes .

Aujourd'hui à mon programme: "La frontière de l'aube" de Philippe Garrel, première vraie controverse du festival entre ceux qui l'ont trouvé poétique et ceux qui l'ont trouvé anachronique, caricatural (Retrouvez bientôt ma critique ici) le huant lors de chacune de ses projections hier et  "Il divo" de Paolo Sorrentino dont je reconnais avoir été totalement allergique à son précédent film également en compétition à Cannes, "L'ami de la famille". A suivre sur "In the mood for Cannes"!

Sandra.M

11.04.2008

La leçon de cinéma de Quentin Tarantino

1842948812.jpgLes leçons de cinéma constituent chaque année un des temps forts du festival  (accessibles sur badge) et cette année 2008 ne devrait pas déroger à la règle puisqu’on vient de nous annoncer que Quentin Tarantino donnerait cette année la traditionnelle leçon de cinéma.

De grands noms l’ont précédé à commencer par Martin Scorsese l’an passé (cliquez ici pour lire mon récit de la leçon de cinéma de Martin Scorsese au Festival de Cannes 2007) ou encore Stephen Frears, Nanni Moretti, Wong Kar Wai, Sydney Pollack ou encore des comédien(ne)s comme Catherine Deneuve (cliquez ici pour lire mon récit de la leçon de cinéma de Catherine Deneuve au Festival de Cannes 2005).

Quentin Tarantino est un habitué de la Croisette qu’il a d’abord arpentée en tant que sélectionné de la compétition officielle avec « Reservoir Dogs » , en 1992. En 1994 il revenait en compétition avec « Pulp Fiction », le jury présidé par Clint Eastwood lui avait alors attribué la palme d’or.

En 2004, c’est en tant que président du jury qu’il revenait à Cannes (Michael Moore avait alors reçu la palme d’or pour "Fahrenheit 9/11"), tout en présentant « Kill bill  2 » hors compétition.

Enfin, il est revenu l’an passé en compétition avec « Death proof » (Boulevard de la mort), vous pouvez voir la vidéo de la montée des marches de l’équipe du film dans la colonne de gauche du blog.

Vous pourrez bien sûr retrouver le récit de la leçon de cinéma de Quentin Tarantino sur ce blog.

FILMOGRAPHIE DE QUENTIN TARANTINO

En tant qu’acteur

Sukiyaki Western Django (Prochainement), de Takashi Miike

1294731847.jpgDiary of the Dead - Chronique des morts vivants (2008), de George A. Romero  

Planète terreur - un film Grindhouse (2007), de Robert Rodriguez

Boulevard de la mort - un film Grindhouse (2007), de Quentin Tarantino

Michael Moore : Polémique Système (2007), de Rick Caine

Z Channel : Une Obsession Magnifique (2004), de Alexandra Cassavetes

Alias (2003) - Saison 3 SÉRIE TV épisode : 13

Alias (2001) - Saison 1 SÉRIE TV  épisode : 12,

Little Nicky (2000), de Steven Brill  

Jackie Brown (1998), de Quentin Tarantino

Full Tilt Boogie (1997), de Sarah Kelly

Une nuit en enfer (1996), de Robert Rodriguez

Girl 6 (1996), de Spike Lee

Desperado (1995), de Robert Rodriguez

Somebody to love (1995), de Alexandre Rockwell

302169733.jpgGroom service (1995), de Allison Anders Chester

Sleep With Me (1994), de Rory Kelly

Pulp Fiction (1994), de Quentin Tarantino

Reservoir Dogs (1992), de Quentin Tarantino

Le Magicien d'Oz des Muppets, de Kirk R. Thatcher

En tant que réalisateur

  Kill Bill : volume 3 (Prochainement)

Kill Bill : volume 4 (Prochainement)

The Inglorious Bastard (projet) (Prochainement)

Boulevard de la mort - un film Grindhouse (2007)

Grindhouse (2007)

Sin City (2005)

Kill Bill : volume 2 (2004)

Les Experts (2004) - Saison 5 SÉRIE TV

épisode : 24, 25

  Kill Bill : volume 1 (2003)  

Jackie Brown (1998)

Groom service (1995)

Pulp Fiction (1994)

Urgences (1994) - Saison 1 SÉRIE TV épisode : 25

Reservoir Dogs (1992)

En tant que scénariste

Kill Bill : volume 3 (Prochainement), de Quentin Tarantino

Kill Bill : volume 4 (Prochainement), de Quentin Tarantino

The Inglorious Bastard (projet) (Prochainement), de Quentin Tarantino

Boulevard de la mort - un film Grindhouse (2007), de Quentin Tarantino

Grindhouse (2007), de Quentin Tarantino

Kill Bill : volume 2 (2004), de Quentin Tarantino

Kill Bill : volume 1 (2003), de Quentin Tarantino

Jackie Brown (1998), de Quentin Tarantino

Rock (1996), de Michael Bay

Une nuit en enfer (1996), de Robert Rodriguez

Groom service (1995), de Allison Anders

Pulp Fiction (1994), de Quentin Tarantino

Tueurs nés (1994), de Oliver Stone

True Romance (1993), de Tony Scott

Reservoir Dogs (1992), de Quentin Tarantino

En tant que producteur

Hell Ride (Prochainement), de Larry Bishop

Planète terreur - un film Grindhouse (2007), de Robert Rodriguez

Boulevard de la mort - un film Grindhouse (2007), de Quentin Tarantino

Grindhouse (2007), de Quentin Tarantino

Kill Bill : volume 2 (2004), de Quentin Tarantino

En tant que directeur de la photographie

Boulevard de la mort - un film Grindhouse (2007), de Quentin Tarantino

En tant que producteur exécutif

Daltry Calhoun (Prochainement), de Katrina Holden Bronson

Killshot (Prochainement), de John Madden

Hostel - Chapitre II (2007), de Eli Roth

Hostel (2006), de Eli Roth  

Sang-froid (1997), de Reb Braddock

Une nuit en enfer (1996), de Robert Rodriguez

 Groom service (1995), de Allison Anders

Killing Zoe (1994), de Roger Avary

En tant que producteur associé

Past Midnight (1992), de Jan Eliasberg